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Podcast / conversationLCP — La Politique et moi (sur Podcast)· 29 juin 2026 14 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & familleInstitutions & élections

Romain Eskenazi, député "Socialistes et apparentés" du Val-d'Oise | La politique et moi

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:56OuverteRéponse directe

    Et alors le DJ derrière les platines, c'était vous ?

  • 1:15OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez réussi à amener Olivier Faure, François Hollande sur la piste ce soir-là ?

  • 1:29OuverteRéponse directe

    Et vous avez un nom de scène en tant que DJ ?

  • 1:35OuverteRéponse directe

    La musique, elle a tenu une place importante dans votre vie.

  • 1:49OuverteRéponse directe

    C'était une autre façon pour vous de s'engager dans votre ville, ce café-concert ?

  • 2:26OuverteRéponse directe

    Le problème de mise aux normes qui était à vos frais.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:04Invité politiqueFait
    « C'était mon job étudiant en fait de 16 à 21, 22 ans. »
  • 2:05Invité politiqueFait
    « je vais gagner 1 000 euros par mois pendant 6 ans, je veux tout de suite un tiers. »
  • 2:10Invité politiqueChiffre
    « Ils m'ont donné 20 000 euros tout de suite. »
  • 2:38Invité politiqueFait
    « La norme, c'est 16. Il faut tout casser, mettre une arme type 3, un élévateur. »
  • 2:57Invité politiqueChiffre
    « Montmorency, c'est une ville de 22 000 habitants. »
  • 3:33Invité politiqueFait
    « Mon père et ses parents sont arrivés d'Égypte dans les années 50. »
  • 4:07Invité politiqueFait
    « Effectivement, trois ans plus tard, j'ai pris ma carte au Parti Socialiste. »
  • 5:47Invité politiqueChiffre
    « Il y a trois quartiers à Montmorency, donc on a créé trois conseils de quartier. »
  • 6:44Invité politiqueChiffre
    « Oui, 200 voix sur 26 000, oui, tout à fait. »
  • 7:16Invité politiqueChiffre
    « jusqu'à, effectivement, cette victoire de 2024, mais c'était, à 39 ans, la huitième fois que j'avais mon nom sur un bulletin de vote, oui. »
  • 7:31PrésentateurChiffre
    « Je suis payé 2,31 euros de l'heure, je rentre chez moi, il est à peu près minuit tous les soirs de la semaine »
  • 7:57Invité politiqueChiffre
    « mais en tout cas, on n'est pas beaucoup au-dessus du SMIC, ça c'est sûr, mais on n'est pas à 2,31 euros. »
  • 8:01PrésentateurChiffre
    « 2,31 euros, ça fait 85 heures de travail par jour, 7 jours sur 7 pour un député qui gagne 5953 euros par mois. »
  • 11:09Invité politiqueChiffre
    « 12 millions par jour en Europe des produits qu'on n'aurait ni le droit de vendre ni le droit de fabriquer en France »
  • 11:31Invité politiqueFait
    « le gouvernement a fait deux procès à Chine parce qu'il avait vendu des poupées pédopornographiques et des armes »

Temps de parole

  • Romain Eskenazi67 %
  • Présentateur31 %
  • Locuteur non identifié3 %

4,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Mon invité pratique la boxe française, d'où peut-être son style de puncher en politique qui lui vaut d'être porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée. Bonjour Romain Esquenazy. Bonjour. Alors les députés ont une vie en dehors de la politique. Ils ont même des passions, heureusement pour eux. En ce qui vous concerne, on a pu en avoir un aperçu. C'était au campus du Parti Socialiste l'été dernier à Blois. C'était lors de la soirée de clôture du campus socialiste, soirée baptisée Léon Boum. Tout à fait. J'aime bien le titre. Et alors le DJ derrière les platines, c'était vous ?

0:58
Romain Eskenazi

C'était moi. Pour la première heure seulement, ma mission c'était de remplir la piste. Je pense que j'ai plutôt bien réussi ma mission. Puis j'ai laissé les platines aux professionnels. C'était mon job étudiant en fait de 16 à 21, 22 ans. J'ai fait régulièrement des soirées étudiantes, des anniversaires, des mariages. Ça faisait très longtemps que je n'avais pas mixé. Ils m'ont fait ce cadeau de me laisser les platines. C'était très sympa.

1:15
Présentateur

Est-ce que vous avez réussi à amener Olivier Faure, François Hollande sur la piste ce soir-là ?

1:18
Romain Eskenazi

Alors Hollande n'était pas là, mais oui, Faure, Vallaud. J'ai réussi à faire danser les socialistes ensemble. Les trois Théo, vous vous en êtes compte ? Les trois Théo étaient réunis sur la piste. Alors Théo, peut-être pour les... Texte d'orientation, c'est les courants internes du Parti Socialiste.

1:29
Présentateur

D'accord. Et vous avez un nom de scène en tant que DJ ?

1:31
Romain Eskenazi

Alors c'était DJ Esken, comme je m'appelle Eskenazi. C'était ça, oui. D'accord.

1:35
Présentateur

La musique, elle a tenu une place importante dans votre vie. D'abord parce qu'en plus de mixer, vous jouez de la batterie. Oui, tout à fait. J'ai découvert ça. Et puis parce qu'en parallèle de votre engagement politique à Montmorency, pardon, vous avez monté un café-concert. C'était une autre façon pour vous de s'engager dans votre ville, ce café-concert ?

1:54
Romain Eskenazi

C'était ma première expérience professionnelle. Moi, je suis fils d'entrepreneur et du coup, j'avais un petit peu cette fibre de création d'entreprise. Après ma licence de sciences politiques à la fac de Saint-Denis, j'ai été élu adjoint au maire très jeune, à 21 ans. Et je suis tout de suite allé voir ma banque en disant, bon, je vais gagner 1 000 euros par mois pendant 6 ans, je veux tout de suite un tiers. Donc, ils m'ont donné 20 000 euros tout de suite. Et donc, un emprunt sur 6 ans. Et j'ai pu investir du coup dans une ancienne concession automobile, réunir des associés, des actionnaires. Et on a mis 2 ans à transformer ce garage en café-concert. On est resté ouvert 2 ans.

Ça marchait très bien. On a eu pas mal de problèmes avec le bâtiment. Donc, j'ai dû arrêter l'activité.

2:26
Présentateur

Le problème de mise aux normes qui était à vos frais.

2:28
Romain Eskenazi

Exactement.

2:29
Présentateur

J'avais découvert ce que c'est que d'être chef d'entreprise.

2:32
Romain Eskenazi

Exactement. Là, pour le coup, vraiment, je pensais qu'on mettait un bar et une scène. En 2 semaines, on aurait pu ouvrir. Mais non, non, les marches font 17. La norme, c'est 16. Il faut tout casser, mettre une arme type 3, un élévateur. Voilà. Créer des places de parking. Donc, j'ai pu exploiter que la moitié du bâtiment. Donc, c'était une belle expérience. Mais ce qui marchait très bien, il y avait beaucoup de clients.

2:48
Présentateur

Mais malheureusement, on a dû arrêter. C'est une histoire qui est née, en fait, au lycée. J'ai découvert, c'est ça ?

2:51
Romain Eskenazi

Oui, c'est ça. En fait, on était avec quelques amis. On se disait, il n'y a rien dans notre ville. Montmorency, c'est une ville de 22 000 habitants. Et il n'y avait rien. Tous les bars à 20h étaient fermés. Il n'y avait rien pour écouter de la musique live. Moi, j'ai toujours beaucoup aimé la musique live. J'avais un groupe au lycée, etc. Et du coup, effectivement, on avait 3 concerts par semaine. Donc, c'était une activité assez importante. Et c'était vraiment sympa. Je ne regrette absolument pas ces années. Même si j'ai fini de payer mes dettes il y a quelques mois. Vous voyez, alors que j'ai fermé en 2012. Mais non, non. C'était une catastrophe financière.

Mais une très belle expérience commerciale, humaine et culturelle.

3:20
Présentateur

Alors, la politique, elle est entrée dans votre vie en deux temps. Le premier marqueur politique, c'est quand vous aviez 16 ans. Le 21 avril 2002. Jean-Marie Le Pen qui se qualifie pour le second tour de la présidentielle. Qu'est-ce que vous ressentez ce jour-là ?

3:33
Romain Eskenazi

Moi, je suis issu d'un couple, disons, mixte. Mon père et ses parents sont arrivés d'Égypte dans les années 50. Il est juif. Et ma mère est chrétienne en France depuis très, très longtemps. Et du coup, c'est un peu un mélange. Et ma mère, du coup, ses enfants, on porte un nom juif. Et quand elle a vu que quelqu'un condamné pour négationnisme, antisémitisme, qui avait quelques sympathies pour le régime de Pétain, allait peut-être arriver comme président de la République, elle était tétanisée. Elle a eu très peur. Et du coup, je me suis dit, le jour où moi, je pourrais m'engager pour lutter contre ses idées, pour lutter contre ce personnage, et bien, je le ferais.

Effectivement, trois ans plus tard, j'ai pris ma carte au Parti Socialiste. C'était ma première manif à 16 ans, du coup, pour rappeler des manifs entre les deux tours de la présidentielle en 2002.

4:15
Présentateur

Et alors, le deuxième moment qui a été déterminant dans votre engagement politique remonte à vos années de fac. Vous étiez en master de sciences politiques. Alors, vous découvrez ce discours qui a été prononcé à la tribune de l'Assemblée le 17 septembre 1981.

4:27
Locuteur non identifié

« Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs les députés, J'ai l'honneur au nom du gouvernement de la République de demander à l'Assemblée nationale l'abolition de la peine de mort en France. »

4:48
Présentateur

Alors, c'est assez fréquent chez les hommes et les femmes politiques de citer Robert Badinter en référence. Mais, quand même, ce n'est pas votre génération. En général, c'est plutôt la génération d'avant qui fait référence à Badinter. Pourquoi, lui, vous, à ce moment-là ?

5:02
Romain Eskenazi

Je suis en licence 2, plus précisément. J'ai 19 ans et j'ai à étudier ce discours dans le cadre de mes études. Et je l'ai trouvé absolument brillant. Quand j'étais jeune, j'avais plutôt tendance à penser que la gauche, c'était plutôt le cœur, les valeurs. Et la droite, c'était le raisonnement, la rationalité. Et j'ai trouvé que, finalement, ce discours mêlait les deux. C'est qu'à la fois, il y avait la puissance des valeurs humanistes et, en même temps, la force d'un raisonnement rationnel absolument implacable. Et je me suis dit, c'est à la fois l'intelligence et les valeurs. Il faut que j'ai ma carte dans le même parti politique que ce monsieur.

5:29
Présentateur

– Et donc, c'est ce qui vous a convaincu de vous engager au Parti Socialiste. Et cet engagement, il s'est traduit très concrètement dans votre ville de Montmorency, puisqu'à 21 ans, vous êtes devenu adjoint au maire en charge de la jeunesse, je crois. – Et de la vie des quartiers.

5:43
Romain Eskenazi

C'est-à-dire à la fois la création et l'animation de conseils de quartier. Il y a trois quartiers à Montmorency, donc on a créé trois conseils de quartier. Et la politique jeunesse pour essayer, notamment, d'avoir un peu plus de coordination entre tous les acteurs qui agissent localement sur la jeunesse, la ville, le département, les associations.

5:57
Présentateur

– On vous voit, à l'époque, adjoint au maire, très jeune adjoint. Comment on gère de telles responsabilités à 21 ans ?

6:02
Romain Eskenazi

– Eh bien, effectivement, j'ai été très jeune. Le vendredi soir, mes copains m'appelaient à 22 ans. « Allez, viens, tu nous retrouves dans un bar. » Je dis « Ben non, là, je suis en train de décider où le spectacle des 12-14 ans va se faire à la Caisse des écoles de Montmorency. » Donc, je suis en réunion le vendredi jusqu'à 23 heures. Donc, c'est vrai que très tôt, j'ai été, le soir et le week-end, mobilisé par cet engagement, en plus de mon activité de café-concert. Donc, c'est vrai que j'ai eu un emploi du temps très dense, très jeune.

6:26
Présentateur

– Alors, la suite de votre parcours politique a été un peu plus compliquée, on va dire, parce que vous avez enchaîné les défaites électorales aux départementales, aux régionales, aux municipales et même aux législatives, d'abord comme suppléant en 2017, puis comme candidat en 2022. Alors là, ça s'est joué à pas grand-chose, 200 voix d'écart, je crois. – En 2022 ? – En 2022.

6:44
Romain Eskenazi

– Oui, 200 voix sur 26 000, oui, tout à fait.

6:45
Présentateur

– Il n'y a pas un moment où vous vous êtes dit, la politique, c'est peut-être pas fait pour moi, à force d'enchaîner ces revers électoraux ?

6:51
Romain Eskenazi

– Non, en fait, sur cette circonscription-là, la ville est très difficile, le canton est ingagnable, mais voilà, je me disais que, aussi, le fait d'occuper le terrain, de montrer de gagner en crédibilité, de connaître de plus en plus de personnes à chaque campagne, vous savez, je retenais ce dicton de Nelson Mandela, « Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j'apprends ». Et très concrètement, à chaque défaite électorale, j'ai progressé, j'ai rencontré plus de monde, je me suis amélioré dans mes prises de parole, mes documents de campagne, jusqu'à, effectivement, cette victoire de 2024, mais c'était, à 39 ans, la huitième fois que j'avais mon nom sur un bulletin de vote, oui.

7:23
Présentateur

– Donc, vous êtes élu après la dissolution de 2024, et alors là, vous découvrez la vie de député. Dans une émission radio, vous avez expliqué, « Je suis payé 2,31 euros de l'heure, je rentre chez moi, il est à peu près minuit tous les soirs de la semaine, mon fils a pris ma carte de visite avec la photo en me disant, je la garde parce que, comme ça, ça me rappelle la tête de papa ». Alors, d'abord, 2,31 euros de l'heure, avec mes collègues, on a cherché à comprendre comment vous avez pu arriver.

7:48
Romain Eskenazi

– Je pense que j'ai fait une erreur de calcul. – Les calculs ne sont pas bons, Romain Eskenazi. – Je pense que j'ai fait une erreur de calcul. En fait, je ne sais plus sur quelle base je me suis basé pour calculer ça, mais en tout cas, on n'est pas beaucoup au-dessus du SMIC, ça c'est sûr, mais on n'est pas à 2,31 euros.

8:01
Présentateur

– 2,31 euros, ça fait 85 heures de travail par jour, 7 jours sur 7 pour un député qui gagne 5953 euros par mois.

8:08
Romain Eskenazi

– Je conviens que je ne vais pas être très réveillé sur Sud Radio, c'est une matinale. Donc non, non, je conviens que le calcul est très mauvais et je m'en excuse. – Mais qu'est-ce que vous vouliez dire à travers ça ? – Non, ce que je veux dire, c'est qu'il y a une réelle défiance des citoyens vis-à-vis des politiques, en particulier vis-à-vis des élus nationaux. Les gens, généralement, aiment leur maire, c'est un élu de proximité, à portée de claque, comme on dit, et qui fait des choses extrêmement concrètes. Nous, on est arrivés, il n'y avait pas de cinéma, on est reparti, il y avait un cinéma.

On est arrivés, il y avait le même tarif pour tout le monde à l'école de musique, on a mis des tarifs différenciés en fonction des revenus. On a pu voir des gamines du quartier populaire d'à côté qui s'inscrivent au violon. Donc on arrive vraiment concrètement à changer la vie des gens. Les élus nationaux, ils semblent beaucoup plus éloignés. C'est à nous de refaire un pas vers les citoyens, vers les habitants, en rendant des comptes, en travaillant pour eux, en votant des lois qui améliorent leur vie du quotidien. Mais il faut aussi désacraliser un certain nombre de choses. On imagine les députés totalement déconnectés, qui gagnent 15 000 euros par mois avec voiture, avec chauffeur.

Ce n'est pas tout à fait la réalité, on travaille beaucoup. Mais ça veut dire quoi ?

9:03
Présentateur

Ça vous agace comme ça le regard que les gens peuvent porter sur les députés en général ?

9:08
Romain Eskenazi

Ça ne m'agace pas, mais il me semble qu'il y a une vertu pédagogique à expliquer la réalité. Effectivement, souvent quand je décris ma semaine, en disant que là il y a un soir où j'ai une séance de nuit, je rentre chez moi à une heure du matin, le lendemain il y a une réunion associative, le lendemain il y a un truc en mairie, et que finalement j'ai eu un soir par semaine chez moi et que sur deux jours de week-end, il y a un jour et demi où je ne suis pas là, ça me paraît important d'expliquer la réalité de l'engagement et du sacrifice que représente la défense de l'intérêt général. C'est un sacrifice qui est dur pour vous au quotidien par rapport à votre famille, vos enfants ?

Oui, en fait c'est le seul point négatif. Les insultes sur les réseaux sociaux, je m'y suis fait, les horaires extrêmement larges aussi, le fait qu'on travaille beaucoup pour parfois aboutir à pas grand-chose, quand on travaille trois semaines pour améliorer un budget que ça finit en 49-3, on se demande un petit peu à quoi on sert. Mais vraiment le plus dur, c'est ça, c'est de ne pas pouvoir passer assez de temps avec mes enfants et mes proches.

9:57
Présentateur

Parmi tous les combats que vous menez à l'Assemblée, il y a la lutte contre la concurrence déloyale des plateformes de commerce en ligne, par exemple Chine. Et alors à ce sujet, vous avez présidé une mission d'information sur les contrôles des produits importés via ces plateformes, et vous avez convoqué plusieurs fois les dirigeants de Chine, ils ne sont jamais venus. Est-ce que ça ne fait pas relativiser un peu le pouvoir des députés ?

10:20
Romain Eskenazi

– Si, tout à fait, d'ailleurs on nous prête souvent beaucoup de pouvoirs, moi je suis souvent en train d'expliquer qu'on est le pouvoir législatif, qu'on a du contrôle sur rien, on ne dirige aucun fonctionnaire, on ne dépense aucun budget, le seul pouvoir qu'on a c'est de voter la loi. Effectivement, moi je les ai convoqués pour ma mission, ils ne sont pas venus, et on est passé à l'étape au-dessus. Donc c'est la présidente de la commission développement durable, d'où t'es su ma mission, qu'ils les ont convoqués. 1 500 euros d'amende s'ils ne venaient pas, ils ont préféré payer l'amende que d'être soumis aux questions de 80 députés sur leur pratique commerciale.

10:48
Présentateur

– Vous n'êtes pas grand-chose face à eux finalement ?

10:52
Romain Eskenazi

– Non mais en tout cas, vraiment cette affaire et cette mission d'information était un énorme révélateur pour moi. J'ai toujours considéré que l'état de droit c'était une chance, c'était un moyen de nous protéger, de protéger les entreprises, les consommateurs. Aujourd'hui je réalise que l'état de droit c'est une vraie opportunité de business pour ces plateformes Chine, Temuel et Express pour déverser par millions, 12 millions par jour en Europe des produits qu'on n'aurait ni le droit de vendre ni le droit de fabriquer en France parce qu'ils sont dangereux et qu'ils ne respectent à peu près aucune de nos normes techniques, environnementales.

– Il n'y a pas des leçons à en tirer quand même de ce qui est pour vous un peu un échec ? – Si, la leçon c'est qu'en tout cas s'agissant des droits de douane c'est une compétence exclusive de l'Union Européenne c'est que finalement effectivement l'état français a peu de pouvoir vous savez que le gouvernement a fait deux procès à Chine parce qu'il avait vendu des poupées pédopornographiques et des armes, l'état et le gouvernement a perdu ces deux procès contre certaines reprises étrangères. Ça prouve bien qu'il y a des choses à changer dans la loi pour adapter notre loi à ces pratiques commerciales.

11:42
Présentateur

– On va parler juste en quelques mots de votre façon de faire de la politique. Vous dites que vous aimez débattre en particulier avec des adversaires qui sont bons. Il n'y a pas un côté un peu maso ?

11:52
Romain Eskenazi

– Non, pas du tout. Moi j'ai fait pas mal de sports individuels, la boxe française, le tennis et très franchement plus votre adversaire est bon plus vous êtes bon. Quand vous avez des adversaires qui ne savent pas faire les coups, qui sont maladroits, vous l'êtes finalement vous aussi un petit peu, c'est un peu perturbant. Quand vous avez quelqu'un en face de vous qui est vraiment bon, ça vous pousse à être meilleur. Et moi j'aime la confrontation du moment qu'elle est dans le respect. Je n'ai jamais fait d'attaque personnelle, individuelle auprès de mes concurrents, adversaires. Vous savez en boxe française on se salue et ensuite on frappe.

Mais on peut frapper très fort, jamais dans le dos, jamais sous la ceinture, mais on frappe très fort. Une fois que c'est fini, on se salue à nouveau. Effectivement c'est une confrontation d'idées, un débat que je trouve intéressant. Il n'y a rien de plus ennuyeux que de débattre avec quelqu'un qui est d'accord avec vous surtout.

12:30
Présentateur

– Allez, on va conclure l'émission avec notre quiz de La Politique et moi. Vous allez donc devoir compléter les phrases que je vais vous proposer. – Très bien. – La cigarette et moi.

12:38
Romain Eskenazi

– J'ai réussi à arrêter. Le jour de mes 40 ans, il y a un mois, je suis passé à la vapette et pour l'instant ça tient.

12:42
Présentateur

– Un bon coup de savate de temps en temps. Vous en avez parlé,

12:46
Romain Eskenazi

la boxe française. – Ça ne fait pas de mal. Le fait de prendre quelques coups ou d'en donner quelques-uns, ça remet l'idée en place et ça permet de se défouler donc c'est très bien.

12:53
Présentateur

– Ça fait combien d'années que vous pratiquez ?

12:55
Romain Eskenazi

– J'en ai fait trois ans au lycée. Là, j'ai repris depuis une douzaine d'années donc je dois avoir 15 ans de pratique.

12:58
Présentateur

– Vous y arrivez ?

13:00
Romain Eskenazi

– Difficile. J'espère pouvoir y aller ce soir.

13:03
Présentateur

– Enfin, devenir maire de Montmorency un jour.

13:05
Romain Eskenazi

– Ce n'est pas une ambition absolue de devenir un jour maire de ma ville. J'aime beaucoup ma ville, j'y habite toujours, j'y ai grandi, mes enfants y grandissent mais ce n'est pas une ambition politique particulière. J'ai l'impression que j'ai donné localement pour ma ville déjà sans avoir été maire forcément.

13:17
Présentateur

– Merci beaucoup Romain Eskenazi

13:18
Romain Eskenazi

d'être venu dans La Politique et moi. – Merci à vous. – Merci à vous.

Romain Eskenazi, député "Socialistes et apparentés" du Val-d'Oise | La politique et moi — Romain Eskenazi · Pourquijevote