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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 9 mai 2023 20 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesRetraitesInstitutions & électionsSolidarités & famille

"En avoir pour mes impôts" : Comment vous financez les fake news de la macronie

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 95 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:50OuverteRéponse partielle

    Quelle est l'attente de la classe moyenne sur les impôts et le travail ?

  • 1:22OuverteÉludée

    Que permettra le site en avoir pour mes impôts.gouv.fr ?

  • 2:06OuverteRéponse directe

    Bonjour Guillaume Etievan, votre article critique le site. Pouvez-vous nous expliquer ?

  • 6:43RelanceRéponse directe

    Vous parlez de biais dans le questionnaire. Donnez-nous des exemples.

  • 7:10OuverteRéponse directe

    Quels sont les biais du questionnaire selon vous ?

  • 8:59FerméeRéponse directe

    Est-ce qu'ils récupèrent les données personnelles des répondants ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:27InvitéFait
    « c'est le contribuable qui le paye, c'est l'entrepreneur, c'est le salarié qui paye ses aides, c'est pas mon argent, c'est l'argent du contribuable. »
  • 1:32PrésentateurChiffre
    « Tout le monde ne sait pas qu'un enfant, une année dans une école primaire, c'est 8000 euros d'argent public. »
  • 3:41InvitéChiffre
    « On pourrait dire qu'en moyenne, selon l'INSEE, les deux tiers des Français ont plus de prestations de services publics, etc., qu'ils ne versent d'impôts. »
  • 5:15InvitéChiffre
    « Ils avaient payé ça autour de 300 000 euros, ce cabinet de conseil, qui avait conclu qu'il ne fallait pas le faire. »
  • 7:21InvitéFait
    « est-ce que vous pensez que les impôts ces dernières années ont plutôt baissé, plutôt augmenté, sont restés stables ou vous n'avez pas d'opinion ? »
  • 8:02InvitéFait
    « quels impôts ont été supprimés ces dernières années ? »
  • 8:06InvitéFait
    « la CVAE, qui est un impôt qui va être complètement supprimé »
  • 11:03InvitéFait
    « le financement de la protection sociale, c'est financé par les cotisations sociales. »
  • 11:46InvitéFait
    « pour une entreprise, c'est très difficile d'échapper au paiement des cotisations sociales. »
  • 15:06InvitéFait
    « la dette française, ces taux d'intérêt qui sont payés sont tout à fait mesurés, des taux d'intérêt parfois même négatifs. »
  • 17:40InvitéFait
    « les marchés financiers ne demandaient pas absolument à ce qu'est ce type de réforme »

Temps de parole

  • Invité70 %
  • Invité 225 %
  • Présentateur2 %

2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Passer à autre chose. En France, depuis que l'exécutif Macron-Borne a imposé par tous les moyens possibles sa réforme des retraites, l'objectif absolu du pouvoir est de passer à autre chose, c'est-à-dire braquer les regards sur autre chose que la guerre frontale aux classes laborieuses que représente cette réforme. Par exemple, sur les immigrés, tiens. Nos compatriotes, légitimement, en ont ras-le-bol de la fraude. Ils en ont ras-le-bol de voir des personnes qui peuvent toucher des aides qu'ils payent eux-mêmes, c'est le contribuable qui le paye, c'est l'entrepreneur, c'est le salarié qui paye ses aides, c'est pas mon argent, c'est l'argent du contribuable.

Il n'a aucune envie de voir que des personnes peuvent en bénéficier, le renvoyer au Maghreb ou ailleurs, alors qu'ils n'y ont pas droit. Ou alors, sur les cassos, ces vilains profiteurs qui mangeraient le pain des classes moyennes, obligés de payer beaucoup trop d'impôts.

0:50
Présentateur

Je pense qu'il y a aujourd'hui une attente extrêmement forte de la classe moyenne qui travaille, qui nous disent quoi ? On nous dit qu'on travaille, et on a le sentiment qu'on nous en demande toujours plus, pour financer un modèle qui permet parfois à des gens de ne pas travailler.

1:02
Invité

C'est un peu pour occuper ce terrain que Gabriel Attal, le ministre du Budget, a lancé une énorme opération de communication autour d'un site internet lancé, c'est le cas de le dire, avec les sous de nos impôts. Un site dont le nom rappelle vaguement les émissions à la fois éco et conso sur M6, les dimanche soir, en avoir pour vos impôts.

1:22
Présentateur

Ce site en avoir pour mes impôts.gouv.fr, qui ouvrira, vous l'avez dit, en fin d'après-midi, qui permettra au niveau national de dire de manière très concrète à quoi sert l'argent public. Tout le monde ne sait pas qu'un enfant, une année dans une école primaire, c'est 8000 euros d'argent public.

1:37
Invité

Mais en réalité, il s'agit d'un site bidon rempli de fake news. C'est ce qu'affirme, dans un article fouillé, le site d'info Frustration Magazine. Un article écrit par Guillaume Etievan, responsable de la rubrique économie de ce média indépendant, dirigé par notre camarade Nicolas Framont. Un article au titre offensif, en avoir pour nos impôts, Attal nous enfume. Bonjour Guillaume Etievan. Bonjour. Dans votre article, et c'est dans le style Frustration Magazine, vous n'y allez pas avec le dos de la cuillère. Je lis votre attaque. Gabriel Attal a toujours vécu de l'argent public en grenouillant dans les milieux politiques.

Il est désormais ministre des Comptes Publics et veut donner aux contribuables l'opportunité de s'informer et d'exprimer leur avis sur l'utilisation qui est faite de leurs impôts à l'aide d'un nouveau site, à la con, c'est votre expression, en avoir pour mes impôts. Si déjà nos impôts pouvaient ne pas servir à rémunérer Gabriel Attal, ce serait un grand pas en avance. C'est ce que vous écrivez, comme vous y allez. Oui, tout à fait.

C'est vrai que quand j'ai entendu Gabriel Attal à la radio commencer à parler de ce site, ça m'a agacé parce que le problème du consentement à l'impôt dans notre pays, ce n'est pas de savoir individuellement, personnellement, ce que nous rapportent les impôts qu'on verse. On n'est pas dans une logique consumériste en France. En tout cas, on ne devrait pas l'être. Donc, c'est agaçant ce terme d'en avoir pour ses impôts. Et donc, surtout, si c'est pour présenter un site d'une si piètre qualité, c'est assez lamentable. C'est vrai que si déjà nos impôts servent à faire ce genre de site, ce genre de communication, c'est assez consternant. On peut parler de propagande ?

Oui, c'est de la propagande. C'est normal qu'un gouvernement fasse de la propagande, que l'opposition fasse de la propagande. Après, avoir une propagande aussi faible, aussi pauvre, ça ne fait pas très sérieux. C'est un peu dommage. Le sujet de l'impôt, il est fondamental dans notre pays. On pourrait le traiter sérieusement. On pourrait dire qu'en moyenne, selon l'INSEE, les deux tiers des Français ont plus de prestations de services publics, etc., qu'ils ne versent d'impôts. C'est un chiffre, notamment, que l'économiste Christophe Rameau a bien récemment en avant, qui vient de l'INSEE. Évidemment, sur le site du gouvernement, on ne va pas vous parler de ça.

On va plutôt essayer de vous montrer que vous payez trop d'impôts en faisant une grande confusion, en mélangeant tout, en mélangeant cotisations sociales et impôts, en étant systématiquement dans un grand flou, en faisant un questionnaire qui est très orienté. On va revenir dessus. Mais quel est l'objectif politique du gouvernement, et en particulier de Gabriel Attal, quand il lance ce site Internet à grand renfort de publicité ? Je pense qu'effectivement, ils cherchent des sujets pour sortir du conflit des retraites. Ils ont du mal, ils essayent plein de choses. Je pense que là, ils ont fait à l'arrache ce site qui, en fait, existait déjà. Ça avait été lancé par Darmanin en 2018.

Quand il était le ministre du Budget. Voilà. Et ça s'appelait à l'époque « À quoi servent mes impôts ? ». Donc, c'était un intitulé qui était un peu différent, un peu moins putassier qu'un intitulé actuel. Et d'ailleurs, à l'époque, Darmanin avait commandé à un cabinet de conseil une étude pour voir si ça pourrait être intéressant de présenter plutôt un site qui irait voir si vraiment les gens en ont pour leur argent avec leurs impôts, en listant les différentes dépenses de l'État. Ils avaient payé ça autour de 300 000 euros, ce cabinet de conseil, qui avait conclu qu'il ne fallait pas le faire. Qu'en fait, c'est plutôt négatif d'aller sur ce terrain.

Il aurait pu me demander, il aurait dit gratuitement. Alors, bon, oui, ça c'est clair. Ça aurait coûté moins cher et on aurait eu vite la réponse. Mais en tous les cas, on voit bien que Gabriel Attal, ce conseil-là, il n'en a pas du tout pris en compte parce que là, le but, il est vraiment politique et ils savent que les effets sur l'opinion, bon, si les gens vont sur ce site, ce qui est peu probable, la plupart des gens ne vont pas y aller, ils auront bien raison, mais si les gens y vont, le but, c'est justement qu'on puisse se dire « Ah, ben, en fait, je paye vraiment trop d'impôts, ça ne va pas, il faudrait qu'il y ait des baisses d'impôts importantes pour ma part.

» Non pas du tout une amélioration du consentement à l'impôt, contrairement à ce que prétend Gabriel Attal, mais l'inverse.

À mon avis, c'est plutôt l'inverse pour, à moyen terme, annoncer à nouveau des baisses d'impôts pour les entreprises et pour les plus riches en se basant sur cette pseudo-consultation que constitue ce site Internet, où il y a ce questionnaire auquel on peut répondre et on imagine bien, dans quelques mois, pouvoir dire, que le gouvernement puisse dire « Ben voilà, à partir de cette grande consultation, on voit que les Français considèrent qu'ils payent trop d'impôts, donc qu'on va diminuer les impôts, mais comme d'habitude, ce sera les impôts des plus riches et ce ne sera pas la TVA que tout le monde paye, notamment.

» Vous êtes justement intéressé au questionnaire proposé par ce site, un questionnaire biaisé, comme vous venez de le dire. Vous donnez quelques exemples assez révélateurs des biens qu'a introduit ce questionnaire-là. Oui, oui, tout à fait. On a fait des captures d'écran directement du questionnaire sur le site Frustration. L'article est en accès libre, comme tous nos articles, donc j'invite ceux qui nous regardent à les regarder dans le détail. Donc effectivement, on voit les biais, c'est-à-dire que, bon, déjà, il y a très peu de questions. Donc ça ne va pas du tout dans des niveaux de précision.

Et ça va demander, par exemple, est-ce que vous pensez que les impôts ces dernières années ont plutôt baissé, plutôt augmenté, sont restés stables ou vous n'avez pas d'opinion ? À aucun moment, on va demander est-ce que l'impôt sur les sociétés, par exemple, a baissé ? Donc il est passé de 33% à 25%, ce qui est considérable comme baisse. À aucun moment, on peut dire dans ce questionnaire, les impôts des entreprises ont baissé. Par contre, les impôts des plus pauvres qui payent le taux de TVA, celui-là n'a pas baissé. C'est impossible.

Donc on a une simplification comme ça de ces questions volontaires, puisque du coup, qu'est-ce qu'on peut répondre à ce genre de questions si on considère que les impôts ont trop baissé pour les entreprises, par exemple ? Et puis après, il y a certaines questions, ils vont demander quels impôts ont été supprimés ces dernières années. Donc on va avoir, par exemple, la CVAE, qui est un impôt qui va être complètement supprimé, mais on ne va pas nous parler de l'impôt sur la fortune qui a été supprimé. Ils font une liste des impôts qui ont été ou pas été supprimés, et ils oublient l'impôt supprimé dont la suppression fait le plus d'issensus.

– Ben oui, c'est celui que tout le monde a en tête, que ce soit positivement pour les plus riches ou négativement pour l'immense majorité de la population, et ben ils n'en parlent pas. – Peut-être qu'ils ont oublié, soyons pas complotistes. – Ah ben peut-être, c'est vrai qu'ils sont tellement nuls qu'ils peuvent faire des oublies de cette taille. Mais bon, on voit bien, c'est encore une fois un outil de propagande assez mal fait, fait sans doute à la va-vite. Je pense qu'ils ont voulu communiquer là, dans la période, rapidement sur ce sujet.

Ils ont actualisé un site déjà existant, en faisant rapidement un questionnaire, une pseudo-consultation, parce qu'en plus, on peut y répondre autant de fois qu'on veut. J'ai essayé. Donc de toute manière, c'est complètement… – Est-ce qu'ils récupèrent les données, le mail ou le numéro de téléphone ? Est-ce qu'on passe par des applications précises pour pouvoir voter un certain nombre de fois ou non ? – Non, même pas. Donc à la fois, comme on n'a pas à remplir d'informations personnelles, au moins, ils ne les récupèrent pas. Donc ça, c'est un côté plutôt positif de ce point de vue-là.

Mais du coup, on peut voter autant de fois qu'on veut, parce qu'on n'a pas besoin de mettre un mail avec après un code d'accès ou quoi que ce soit. C'est vraiment, on se connecte et puis on répond autant de fois qu'on veut. – Bon, on va voir si les bots peuvent voter. Appel à tous ceux qui ont des bots à essayer de faire voter autant que… – Essayer, ouais. – Vous avez essayé ? – Non, non, non, je leur dis d'essayer. Après, il ne faut pas y mettre trop d'efforts, parce que ce site n'a quand même pas tellement d'intérêt. Nous, on a fait cet article pour se moquer un petit peu, une fois de plus, de Gabriel Attal.

Et surtout, au-delà du site lui-même, où il n'y a pas grand monde qui va le voir, c'est tous ces passages radio, télé, où il dit que ça va permettre aux Français de voir la gabegie des services publics, etc. C'est insupportable, ce genre d'espoir. – On va dire que ce site, c'est un peu comme les livres politiques qui sont sortis et qui se vendent à quelques centaines d'exemplaires. Alors, même s'ils sont très peu lus, il donne l'occasion à celui ou celle qu'il a écrite de passer à la radio, à la télé et de faire beaucoup de bruit. Et là, en fait, ce site est un prétexte idéologique pour occuper l'espace médiatique.

Et vous expliquez que, comme souvent sur ce site officiel, les notions d'impôts et de cotisations sociales sont confondues, amalgamées. Racontez-nous comment ils les confondent et, dans le fond, pourquoi, une fois de plus, ils jouent à ce petit jeu-là. – Alors, effectivement, ça, ça a été d'ailleurs relevé par d'autres articles. C'est vraiment le problème de fond de ce site Internet, au-delà de ce qu'on évoquait. C'est la confusion entre l'impôt et la cotisation sociale. Et donc là, on voit qu'on est vraiment dans de la propagande par rapport à ça. Donc, on le voit dans certaines informations qui sont mises dans ce site. Ils ne distinguent pas les deux.

Or, le financement de la protection sociale, c'est financé par les cotisations sociales. Alors, ces dernières années, on a eu une fiscalisation progressive du financement de la protection sociale puisqu'on fait des exonérations de cotisations sociales pour les entreprises, qui en payent donc moins. Et le budget de l'État, financé par l'impôt, les compense en grande partie. Donc, on a petit à petit cette fiscalisation-là. Et il joue là-dessus pour confondre tout ça, puisqu'on sait que l'objectif à long terme du patronat, c'est de mettre fin au financement par les cotisations sociales, de regrouper tout cela pour plusieurs raisons.

L'une des raisons qui est très concrète, qui est le fait que pour une entreprise, c'est très difficile d'échapper au paiement des cotisations sociales. Puisque la cotisation sociale, c'est une socialisation du salaire. C'est une partie du salaire. Il y a la partie qui est le salaire net que vous allez toucher directement dans votre compte en banque à la fin de chaque mois. Il y a la partie de votre salaire qui va aller alimenter les caisses pour financer la protection sociale. Donc, vous avez le bulletin de paie et le salaire. Il y a la cotisation qui part. Pour un employeur, quasi impossible d'y échapper.

Alors que l'impôt, en particulier l'impôt sur les sociétés par exemple, déjà le taux a beaucoup baissé, mais en plus il y a de nombreuses niches fiscales. Il y a de nombreux montages financiers via des refacturations entre les filiales d'un même groupe, etc., qui permettent de laisser un niveau de bénéfice à zéro en France et de ne pas payer ou très très peu d'impôts sur les sociétés. Donc, les entreprises, elles échappent facilement à l'impôt, très difficilement aux cotisations sociales. Ils sont rattachés aux salariés qui sont une partie de l'argent que le salarié finalement met dans le pot commun pour l'intérêt commun. Voilà.

C'est une partie de son salaire qu'il ne touche pas lui maintenant, dont d'autres vont bénéficier s'ils ont besoin de protection sociale à ce moment-là et lui plus tard s'il leur a besoin. Donc, c'est une socialisation du salaire. Donc, c'est quelque chose de très important dans notre modèle social. Et la confusion dans les termes. Donc là, sur le site Internet, on a sous le terme impôt tout ce qui est cotisation sociale. Ils appellent ça impôt. Ils regroupent tout ça dans la même chose. Et ce qui permet, quand ils montrent un peu la proportion de la contribution de chaque impôt au budget de l'État, c'est complètement faussé.

Puisque dans la contribution des entreprises, ils mélangent l'impôt et les cotisations sociales. Ils ont rattaché aux salariés pourtant. Là, on est en pleine fake news. Ce n'est plus que de la propagande. Complètement. C'est pour ça que là, même les articles dont la presse mainstream l'évoquent, parce que là, on est vraiment dans le mensonge complet. Et ça permet aussi que la part du financement par la TVA soit beaucoup plus faible. Comme on fait une partie financière entreprise qui comprend les cotisations sociales, la part TVA dans ce grand ensemble est plus faible. Alors qu'en réalité, c'est la TVA qui est la principale contributrice au budget de l'État.

Et la TVA, eh bien, tout le monde la paye. En proportion de son revenu, évidemment, c'est les plus pauvres qui la payent le plus. Et ça, évidemment, quand on lit le site Internet du gouvernement, c'est impossible de le voir. Alors, le paragraphe sur la dette publique vous a fait sursauter. Et il sonne quelque part comme un aveu. Pourquoi ? Alors, le paragraphe sur la dette publique, oui, il est étonnant. Parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, c'est vraiment mis en avant par le gouvernement ce problème de la dette.

Alors, ils ont commencé, il y a quelques semaines, à dire, si on n'arrive pas à faire la réforme des retraites, on va du coup être dégradé par les agences de notation et avoir du coup des taux d'intérêt sur notre dette qui vont augmenter. Ça va être une catastrophe. Nous, on avait fait un article pour démonter cette propagande en indiquant que l'annonce de réforme des retraites, de toute manière, n'avait eu aucun effet sur les taux d'intérêt à ce moment-là, que la dette française, ces taux d'intérêt qui sont payés sont tout à fait mesurés, des taux d'intérêt parfois même négatifs. Sur la dernière période, ils étaient négatifs. Donc, ça coûtait très peu.

Il faut savoir que la France paye chaque année les intérêts justement sur cette dette, mais ne paye pas la dette elle-même. La dette elle-même, elle est remboursée quand elle arrive à l'échéance par un nouvel emprunt. Donc, ce qui pèse vraiment, c'est cette charge d'intérêt qui est assez mesurée. Donc, il n'y a pas du tout de problème de ce côté-là. Et là, de voir sur le site Internet du gouvernement qu'en deux phrases qu'on cite dans l'article, ils disent que les taux d'intérêt sont très mesurés, voire même négatifs sur la dernière période et qu'il n'y a pas de problème de dette, c'est étonnant. Mais ils vous donnent raison ? Ils nous donnent raison. Je ne sais pas qui a écrit ça.

Mais ils n'en tirent pas les conséquences. Ils n'en tirent aucune conséquence effectivement dans leur discours. Et là, c'est intéressant de voir actuellement, comme on le disait sur notre article concernant ces taux d'intérêt il y a quelques semaines, que la dégradation par les agences de notation, elle vient en fait de la conflictualité sociale actuelle qui fait dire aux agences de notation que faire des réformes structurelles à l'avenir va être plus compliqué pour le gouvernement.

Donc finalement, c'est le fait d'avoir voulu imposer cette réforme de retraite de cette manière-là qui va dégrader la note de la France et ce n'est pas du tout une potentielle impossibilité de la mettre en place qui aurait dégradé la note puisque les agences de notation, encore une fois, n'avaient pas du tout réagi à l'annonce de la réforme. Donc ça, c'est intéressant pour le mouvement social actuel, je trouve. C'est l'une de ses réussites, il faut s'en féliciter. C'est-à-dire que quand on arrive à ce niveau de conflictualité-là, ça commence à menacer les marchés financiers et donc ça peut être, dans le rapport de force par rapport au gouvernement, ça peut être un élément qui est important.

Quelque part, c'est le gouvernement d'Emmanuel Macron qui est sanctionné dans la mesure où l'ONU et les grandes ONG internationales attirent l'attention sur les violences policières en France, la violence du gouvernement, les grands médias américains, les grands médias anglo-saxons, disons, qui dictent un peu la doxa démocratique, libérale, condamnent le gouvernement d'Emmanuel Macron. Ça, c'est sur le plan politique et sur le plan économique. Les agences de notation, finalement, constatent l'incapacité du gouvernement à tenir le pays, quelque part. Ah bah oui, complètement.

C'est-à-dire que les marchés financiers, ils souhaitent qu'il y ait, ça leur va, qu'il y ait une réforme des retraites, évidemment. L'enjeu, à notre sens, c'est ce qu'on écrit aussi dans un article pour Frustration là-dessus, c'est surtout le développement de la capitalisation. Les marchés financiers ne demandaient pas absolument à ce qu'est ce type de réforme. Mais ils veulent aussi qu'il y ait plutôt le calme dans le pays pour que les affaires continuent à tourner.

Donc là, le gouvernement, en s'entêtant de cette manière-là, je suis certain qu'il y a une partie du grand pastorcounat, des marchés financiers, qu'ils auraient préféré qu'ils ne mettent pas en œuvre cette réforme des retraites pour qu'on ait plutôt une stabilité dans le pays. Et ce qui est certain, c'est que si le gouvernement avait renoncé à sa réforme des retraites, il n'y aurait pas eu de dégradation de sa note par certaines agences de notation. Alors que là, il a cette dégradation de la note. Donc là, il y a un entêtement dont socialement, il faut d'une certaine manière se servir en continuant à le contester, à le contester, parce que son image, du coup, se détériore.

Si ça limite sa capacité à l'avenir, comme le craignent les agences de notation, à mettre en place de futures réformes structurelles qui seront forcément en défaveur de la population, ce sera un acquis. Ce sera déjà quand même un acquis positif de la lutte. Donc, les casserole-là ne sont pas vaines d'une certaine manière. Non, non, non. Il faut continuer. Ça n'est pas vain. On construit l'avenir. Merci beaucoup, Guillaume Etievan. Je rappelle que vous êtes responsable de la rubrique économie du site Frustration Magazine, un site d'information que vous pouvez soutenir.

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