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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 3 juin 2025 8 min

Affaire Nahel : le policier sera jugé pour meurtre

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Je disais au début de l'émission que il y a d'un côté ces condamnations extrêmement faibles pour les casseurs et puis de l'autre côté il y a ce procès pour meurtre. On a appris que le policier qui est impliqué dans l'affaire du la mort de Naël en juin 2023, Floriant M va être jugé pour meurtre. C'est une qualification extrêmement grave.

Il en court 30 années de de prison. Euh on va faire le point euh sur cette affaire avec euh Mathieu Devz et je vous passe la parole Red Bellad. 2 ans après la mort de Naël lors d'un refus d'obtempéré à Nanterre, deux juges d'instruction ordonnent que le policier hauteur du tir soit jugé aux assises pour meurtre.

Rien ne démontre que le policier Floriant M était autorisé dans la circonstance à faire usage de son arme en méconnaissance des principes de proportionnalité et d'absolue nécessité. Les magistrats suivent donc les réquisitions du parquet qui avait demandé début mars le renvoi du policier mise en examen devant la cour d'assise. Son avocat, maître Laurent Franck Lienard, dénonce une décision absurde.

Les juges d'instruction nous disent qu'il y avait d'autres moyens d'arrêter la voiture sans nous dire lesquels puisque en réalité il n'y avait pas d'autres moyens d'arrêter cette voiture et 50 m derrière il y avait des gens qui passaient sur un passage piéton et qui auraient été renversé immanquablement. Et donc le rôle du policier son travail c'était d'appliquer un tir à ce moment-là. Le point de départ d'une semaine d'émeute à travers le pays.

L'avocat de la mère de Naë, maître Franck Berton, se dit satisfait de cette décision de justice. Selon lui, il ne fait aucun doute que la qualification de meurtre devait être retenue. Une décision qui, d'après Éric Henry du syndicat de police alliance pourrait avoir de lourdes conséquences pour le reste de la profession.

Est-ce que mes collègues vont pas finir par détourner le regard sur certaines infractions, les infractions qui les mettent en danger au risque s'ils interviennent de se retrouver devant un tribunal, devant une cour d'assise alors qu'on fait son métier pour protéger ? Le tribunal précise dans un communiqué que le procès pourrait se tenir devant la cour d'assise des haut de scène au 2e ou au 3e trimestre 2026. Voilà, d'Abella.

Alors, personne n'est au-dessus de la loi et ce policier sera jugé. On va la laisser la justice passera. Mais est-ce que c'est un signal qui est envoyé à à toute la police qui est dire mais n'intervenez pas en réalité parce que vous risquez gros.

Vous risquez vous de vous retrouver en prison ? Je je le dis depuis le début de cette affaire. Déjà, j'apporte mon soutien plein et on lâchera pas Floriant, on s'occupe de lui.

On ne le lâchera pas. que les gens soient clairs, que les gens qui détestent la police, les les filles, la députée de euh de Nanterre qui a encore dit euh à la au à l'anniversaire du drame contre de lutter contre les polices, les violences policières, enfin, on mélange tout. Euh, on ne lâchera pas Floriant parce que ça aurait pu arriver à n'importe quel d'entre nous en service.

Euh tous les policiers ont au moins une fois sorti leurs leur armes euh sur quand ils sont trouvés face à une difficulté ou face à un individu qui estimaient dangereux pour lui-même, pour autrui. Ça nous arrivait à tous. Moi, j'ai pris une vie sur un refus d'obtempéré.

J'en suis pas fier. Je vis avec tous les jours mais c'était mon travail et il m'a fallu un vrai travail avec un psychologue pour arriver à à rentrer ça. Mais les gens aujourd'hui enfin je vais pas faire de généralité, certaines personnes ça, ils en ont rien à faire.

Ils pensent que nous on est des robots qu'on est en capacité de de calculer au centimèt près, à la seconde près au quel moment il va nous foncer dessus, ce qu'on peut esquiver, ce qu'on peut pas esquiver. Et c'est ça qui va être le vrai sujet. Et moi je vais pas vous voilà, je vais on va attendre le le temps du jugement.

Mais bien sûr que ça me touche, ça me touche le le pour moi un meurtrier, c'est quelqu'un qui se lève le matin et qui va commettre, qui va se lever le matin, qui va dire tiens, aujourd'hui je vais monter au braquage. Tiens, aujourd'hui, je vais monter au cambriolage, je prends une arme au cas où je tombe sur sur les propriétaires ou quoi. Non, là c'est un policier qui est père de famille, qui a une médaille de sécurité intérieure qui est quasiment la plus haute distinction et la plus difficile à avoir.

C'est un collègue qui a deux médailles de ha courage et dévomement, qui est brigadier de police, donc qui a passé ses examens, qui a un gamin qui a zéro blâme, zéro avertissement, qui a un dossier complètement vierge et sa vie elle a basculé et sa vie elle a basculé parce qu'il a essayé de se faire son travail et il avait 1 milliè de secondes pour pour prendre une décision, il se retrouve jugé pour meurtre. Pour moi, c'est terrible. Je vais respecter la justice, on va continuer à le soutenir et on va respecter sa demande parce que je pense qu'il faut pas donner euh il faut que ça se passe bien jusqu'au jugement en fait parce que voilà aujourd'hui tout à l'heure vous avez parlé de camps, il y a des camps aujourd'hui en France et il faut pas donner euh à un certain camp, d'accord, euh l'opportunité de s'en prendre encore une fois à la police.

Bien sûr, Eric Revel, vous avez très bien résumé les choses. Je je rajouterai quand même parce que les policiers ne l'oublieront pas et moi je l'ai pas oublié. Le 28 juin 2023, le chef de l'État prend la parole sur l'affaire Naël et dit et dit piétinant au pied la présomption d'innocence, il dit "Cet acte est inqualifiable et inexcusable." Il l'a pas fait pour de part Dieu.

Voilà. Non mais ce que je veux dire c'est que quand vous dites ça sans savoir ce qui s'est passé en fait vous essayez de récupérer l'émotion de la nation mais surtout surtout vous mettez une pression médiatique qui s'exerce sans doute sur le pouvoir judiciaire aujourd'hui. Donc ayant confiance dans la justice mais je pense que du côté de la police et de la gendarmerie personne n'oubliera les qualificatifs qu' employaé le chef de l'État dans cette affaire dramatique qui a coûté la vie à ce garçon de 17 ans.

Personne ne les oubliera. Inqualifiable et inexcusable. Vous comprenez pourquoi quand j'ai été invité sur ce plateau, on me demandait pour est-ce que vous voulez faire comme les anglais faire le aller au contact.

Jamais de la vie en fait, jamais de la vie. Vous imaginez déjà là juste en en respectant comme on peut le règlement là si vous allez au contact le gamin il a 16 ans, il a pas de casque la France va brûler. On va encore nous dire que qu'on est inexcusable, inexplicable.

On va aller en détention provisoire. Il va devir une cour d'assise. Il aurait pu aussi aller devant un tribunal correctionnel pour homicide d' volontaire.

Moi c'est la qualification pénale qui me choque. Meurtre, ça veut dire que volontairement vous avez la volonté de tuer. Il aurait pu aussi être poursuivi homicide involontaire décidé le procureur un accident.

Bah oui, mais c'est ça qui devrait nous alerter en fait, c'est la qualification pénale. Mais c'est quand même, c'est la phrase quand même dans l'ordonnance de mise en accusation, les policiers ne pouvaient pas se sentir en danger. Mais je me dis alors je suis pas spécialiste mais on regarde la situation, on regarde tout le monde a vu les images, tout le monde a vu la vidéo, personne ne peut se dire que les policiers ne pouvaient pas se sentir en danger dans la mesure où en plus Naël avait fait plusieurs refus d'obtempéré avant d'arriver à cet endroit-là.

Donc je me dis mais dans quel monde on vit ? Par ailleurs, je rebondis sur ce que vous dites à l'instant Red Bellage et et je vois l'espèce d'injonction contradictoire mais le grand écart entre d'un côté la justice qui entrave le travail des policiers et de l'autre la population la société qui demande plus de protection et je comprends entre les lignes dans ce que vous dites. En gros, les policiers à partir enfin, ils essayent de se battre, il a toujours cette cette combativité mais vous dites nous en gros comptez pas sur nous pour aller faire des des courses poursuites des chasses parce qu'en réalité on veut pas se mettre dans des situations impossibles.

Donc toutes ces décisions participent à aniler complètement l'action de la police. Cette décision au final, elle va donner quoi aussi au délinquants parce que quand vous voyez les images de de Drancy il y a 3 semaines où un collègue fait un tir de sommation, le gars il va au contact malgré le tir de sommation. plus peur.

Exactement. C'est ça aussi le revers de la médaille pour vous disiez tout à l'heure qu'on a pas peur d'eux. Le problème c'est que eux non plus n'ont pas du tout peur de vous.

On a pas peur d'eux mais nous on a on a peur du système avec ce qui s'est passé avec Floriant. On a protégé mais ils ont pas peur du système.

Affaire Nahel : le policier sera jugé pour meurtre — Marina Ferrari · Pourquijevote