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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 20 juin 2026 11 min

"Regime Change" : une taupe à la Maison-Blanche

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Ce qui se joue, c'est les 20 % restants de ceux qui étaient des trumpistes de stricte obédience et qui sont troublés par ses aventures militaires et aussi par ses turpitudes intimes. Ca peut ébranler ce qui reste de l'édifice. - A.Casse: On va aller dans le détail des révélations de ce livre.

Les bonnes feuilles ont déjà fuité. - Le livre fait déjà l'effet d'une bombe aux Etats-Unis avant même sa parution. Une enquête sur D.Trump et son second mandat. - La Maison-Blanche a été ébranlée par des révélations stupéfiantes du "New York Times". - Des hauts responsables de la Maison-Blanche pensent que les journalistes du "New York Times" M.Haberman et J.Swan ont obtenu des enregistrements audio de réunions dans la Situation Room pour leur livre à venir. - Ces nouvelles révélations dévastatrices venues de l'intérieur, la Maison-Blanche ne les qualifie pas de tissu de mensonges. - 500 pages, 14 mois d'enquête, près de 1000 entretiens menés par de réputés journalistes du "New York Times".

Par le passé, le duo s'est montré très bien informé. L'un de leurs derniers scoops: le récit des derniers jours avant la guerre en Iran. - Le 26 février, le président Trump a tenu une dernière réunion décisive avec son équipe dans la Situation Room. - Trump est à table avec son cercle restreint. - Il a demandé ce que les gens en pensaient. - Rubio a dit: "Le changement de régime, nous ne devrions pas le faire." - Alors, que révèle le nouveau livre?

Des scènes de la vie du président américain très détaillées et son goût pour le luxe très prononcé. ...

Une folie des grandeurs et des projets pharaoniques, comme celui de sa salle de bal lancé l'automne dernier. Coût estimé: 600 millions de dollars. - Pourquoi le coût de la salle a doublé? - D.Trump: Car j'ai doublé sa taille, espèce d'imbécile.

Tu n'es pas une personne intelligente. - Un D.Trump qui, désormais, semble tout se permettre.

Dès son 1er mandat, le président américain rêvait de ces grands chantiers, mais il craignait alors les critiques de la presse. Selon les journalistes du "New York Times", cela a bien changé. ...

Un président américain qui se sent tout-puissant et qui se compare même à des leaders autoritaires et à des dictateurs. - Trump a montré aux journalistes un document affirmant qu'il était plus puissant que certains des leaders les plus redoutés de l'histoire, comme Gengis Khan, Napoléon, Staline et Hitler. - C'est effrayant qu'il se compare à eux.

Il croit qu'il a un pouvoir illimité. Il dit, en substance, qu'il est très semblable à un dictateur. - Et dans sa dérive autoritaire, D.Trump aurait tout tenté pour étouffer une affaire qui lui colle à la peau: l'affaire Epstein.

Le président américain refusait que les dossiers soient publiés. Panique au sein de son administration. - Pendant l'été 2025, certains des plus proches conseillers de Trump au plus haut niveau du gouvernement se sont réunis dans la Situation Room... - Qui est normalement utilisée pour les questions de sécurité nationale pour répondre à des catastrophes nationales... - Pour trouver un moyen de se sortir de cette situation. - Pas avec le président, mais entre eux.

C'est la réunion pour trouver la façon de gérer les crises politiques autour de la Maison-Blanche. - Face à ces révélations, des critiques virulentes d'élus démocrates. - Même pendant le Watergate, vous n'aviez pas le vice-président assis avec le procureur général dans la Situation Room en train de dire "nous devons étouffer ça, il y a des documents qui pourraient être compromettants pour le président, nous avons un problème si nous publions ces dossiers".

Là, ils étudiaient ce qu'il était possible de faire pour que D.Trump ne perde pas sa base électorale. - Le livre-enquête doit paraître mardi prochain en anglais dans plus de 200 pays. - A.Casse: Qu'avez-vous à dire de plus? - A.Bauer: Au moment du Watergate, tout ce petit monde ne s'est pas réuni dans la Situation Room, mais tout le monde sait qu'ils se sont réunis.

Le vice-président, le procureur général, qui a d'ailleurs été victime du Watergate comme les autres...

C'est une revisite de l'histoire que de sous-estimer ce qu'a été le Watergate. C'est un mini-Watergate ou un 2e Watergate, mais un Watergate très différent. D.Trump a créé les conditions de ces fuites.

Comme je le raconte dans "Le Système Epstein", D.Trump a fait une partie de sa campagne sur le fait que "le système Epstein, c'est que des pourris". Il y a eu un retour de boomerang assez brutal.

C'est ce qui a inquiété son entourage. Quand les plus durs MAGA se sont dit qu'il y avait beaucoup à aller voir chez les républicains, il a tenté par tous les moyens de bloquer. P.Bondi, devant la commission d'enquête du Congrès républicain, a dit "moi, le caviardage, on a peut-être exagéré, c'est pas moi, c'est mon adjoint, j'y suis pour rien, on n'aurait pas dû"...

Il y a 3,5 millions de documents publiés, 1 million qui ne le sont pas. Quelques éléments sont encore caviardés illégalement par rapport au vote du Congrès. Certains le sont de façon logique... - A.Casse: Donc on aura bientôt de nouvelles révélations? - A.Bauer: Il y en a tous les jours!

B.Gates dit qu'il a été l'objet d'un chantage et que "ce n'est que le début de cette affaire". En Angleterre, la BBC a découvert un lupanar d'Epstein que personne ne connaissait.

Tous les mois, il payait 4 loyers que personne ne connaissait. Vous pensez qu'en France, où il avait un appartement, il n'y a rien? Ce n'est que le début d'une longue affaire, triste et traumatisante, autant que ce qu'on découvre sur les dossiers pédocriminels en France.

C'est aussi ce qui traumatise D.Trump, parce qu'il est encore mis nommément et directement en cause dans une affaire lancée. Dans tous les autres, il y a doute, incertitude, invraisemblabilité ou "ça n'est pas vrai". - A.Casse: Dans quelle affaire est-il nommément cité? - A.Bauer: Dans une affaire.

Il y en a une. - A.Casse: C'est ce qui explique la panique à la Maison-Blanche pour tenter d'étouffer cette affaire.

On va essayer de rassembler les pièces du puzzle. On en aura plus la semaine prochaine. Essayons de comprendre quel est le système Trump, comment il fonctionne.

Il se dit qu'il peut étouffer cette affaire Epstein? - V.Hugeux: Un chapitre du bouquin conclut en disant que D.Trump peut tout se permettre, mais qu'il n'arrivera jamais à escamoter le cadavre de J.Epstein.

C'est la réalité écrasante qui doit troubler ses nuits. Ce qui est aussi passionnant, c'est ce qu'on mesure les lignes de faille qui se dessinent sur la stratégie adoptée. Le vice-président J.D.Vance sort cette idée extravagante à un moment d'inciter T.Carlson, ancien présentateur de Fox News, d'interviewer Ghislaine Maxwell pour qu'elle dédouane D.Trump.

Les interlocuteurs se demandent si c'est bien raisonnable. Cette panique suscite des fêlures à l'intérieur du système Trump. - A.Casse: On a les portraits de tous ceux qui étaient présents à la réunion qui a fuité dans ce livre.

Parmi tous ces protagonistes, selon vous, il y a la taupe? - A.Bauer: Ils sont peut-être tous les taupes.

Ils sont tous les taupes! - A.Casse: Ca pourrait être S.Wiles, la directrice de cabinet? - N.Bacharan: Je rejoins Alain, ce sont pas des gens discrets.

L'interview de S.Wiles à "Vanity Fair", c'était surréaliste. C'était sur une dizaine de pages.

Elle a eu des discussions régulières avec le journaliste de "Vanity Fair". Non seulement ces gens sont prompts à parler, mais ils sont prompts à essayer de sauver leur peau, leur avenir, leur poste futur, et à ne pas suivre le chef dans la tombe si les choses se passent mal. Je pense qu'ils sont tous suspects. - A.Casse: Il y en a un qui est plus suspect que les autres? - N.Bacharan: Il y a de bons candidats.

Bongino, K.Patel... - A.Casse: Qui a intérêt à faire tomber D.Trump?

Il semble au crépuscule de lui-même. On peut superposer les révélations aux photos de la semaine où D.Trump semble égaré, ne comprenant pas qu'il y a une photo à prendre...

Il semble aussi plus seul que jamais. Tout le monde se parle et le laisse seul, à un moment. - B.Barnier: Ce qu'on sème, on le récolte.

Trump a fait quasiment toute sa campagne de 2024 en disant que J.Biden, c'était "Sleepy Joe", celui qui dort tout le temps. Ca se retourne contre lui.

Je suis les images et les conférences. Les interventions de Trump sont longues, parfois. 1 heure 30, c'est long et répétitif.

Il n'y a pas une semaine où on le voit pas s'assoupir. Il est l'auteur de son propre malheur, puisqu'il a décidé de tout faire filmer tout le temps. On le voit autour d'une équipe de foot universitaire, d'enfants qui font tel ou tel programme, de gens dont l'énergie...

Ces réunions sont hyper longues. Et il s'assoupit. - A.Casse: C'est Sleepy Trump.

"Regime Change" : une taupe à la Maison-Blanche — Gérard Israel · Pourquijevote