Pas de reconfinement, désobéissance civile, vaccins, Birmanie... Le "8h30 franceinfo" de Gabriel Attal
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Bonjour Gabriel Attal. Bonjour. Il y a cinq jours exactement, vous expliquiez dans un autre média que le gouvernement planchait sur un confinement très serré, confinement qui n'a pas eu lieu. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Ce que j'ai dit il y a cinq jours, et d'ailleurs il y a une semaine quand on a commencé à me poser la question, c'est qu'il y avait plusieurs scénarios sur la table, depuis un renforcement du cadre actuel avec le couvre-feu à 18h et des mesures supplémentaires, jusqu'à effectivement un confinement très serré. En transparence, vous savez moi je me rends compte, quand on n'en dit pas suffisamment, on nous dit qu'on en dit trop peu, et quand on met tout sur la table et qu'on dit nos pistes de travail, on nous dit mais vous en dites trop.
Non, moi je pense que les français ils attendent qu'on soit transparent, qu'on leur dise au moment T sur quoi on planche, quelles sont les données sanitaires, quelles sont les pistes possibles, et puis à la fin on tranche et on prend une décision. Et la décision qui a été prise, c'est Emmanuel Macron, c'est le président de la République, avec le Premier ministre, le gouvernement, et la décision que nous avons prise vendredi dernier, c'est de faire le choix de la confiance et de la responsabilité des français.
C'est de considérer que nous pouvons encore éviter un reconfinement, que les chances sont peut-être limitées, parce que la situation est compliquée, la situation sanitaire, elle est fragile, elle est précaire, mais que ça vaut le coup de l'essayer, parce qu'on sait l'impact d'un confinement sur les français, pour l'économie, pour le moral, pour la santé psychologique des français. Et donc tout ce qu'on peut faire, tout ce qu'on peut essayer pour éviter d'avoir à reconfiner le pays, il faut le tenter.
Alors les chances elles sont limitées, à quel point ? Parce que selon Olivier Véran, les ministres de la Santé, les experts scientifiques lui disent que les variants peuvent provoquer une vague majeure. À quel point on prend un risque à ne pas reconfiner tout de suite ?
Je vais vous dire, on ne prendra jamais de risque pour la santé des français et pour notre hôpital. Et c'est ce que nous avons rappelé vendredi, quand nous avons échangé en Conseil de défense, c'est ce que le Premier ministre a redit, je crois, dans son intervention, c'est ce que Olivier Véran a redit hier. Dès lors que le confinement apparaît comme inéluctable pour contraindre la circulation du virus et protéger notre hôpital, et que c'est la seule et unique solution, évidemment, qu'il faut l'emprunter. Aujourd'hui, ça n'est pas le cas et c'est pourquoi nous tentons d'autres possibilités.
Alors quel délai on se laisse là ?
On regarde au jour le jour l'évolution de la situation, au jour le jour, au fil de l'eau. Évidemment, en regardant sur les derniers jours, il y a un indicateur qu'on regarde, c'est la moyenne du nombre de cas positifs sur les sept derniers jours. Vous avez vu que la semaine dernière, les contaminations avaient augmenté de l'ordre de 10-15%. La semaine qui vient de s'écouler, elles ont augmenté de l'ordre de 4%. Donc on voit qu'il y a eu une décélération, entre guillemets, de la hausse de l'épidémie. Donc il est possible que, contrairement à ce qu'on nous explique depuis des semaines, le couvre-feu à 18h suffise ? En tout cas, il a un effet. Et ça, on l'a toujours dit.
La question qui a été posée était de savoir s'il avait un effet suffisant pour contrer le développement des variants. Ce qui est certain, c'est que nous ne sommes pas aujourd'hui à un niveau de circulation du virus que nous considérons comme acceptable, au sens où il nous permet de maîtriser totalement les chaînes de contamination. Et donc l'objectif est évidemment toujours de freiner, voire de faire reculer la circulation du virus. C'est pour ça qu'on a renforcé les mesures qui entourent le couvre-feu à 18h.
Ce sera quand le prochain point d'étape ?
Toutes les semaines, on a un rendez-vous avec le président de la République, le Premier ministre en Conseil de Défense. Donc c'est mercredi ? Il y en a un chaque semaine. On n'a pas encore reçu les convocations, mais en général, c'est en milieu de semaine. Et à ce moment-là, on fera un point sur la circulation du virus et sur l'épidémie.
Est-ce que la décision de l'exécutif acte le fait qu'on a complètement débranché le Conseil scientifique ? Pas du tout. Les décisions qu'on prend... Qui plaidaient pour des restrictions plus dures dans son dernier rapport, qui a maintenant plusieurs semaines.
Oui, je peux vous dire que le Conseil scientifique ne nous disait pas à vendredi dernier, il faut impérativement confiner tout de suite. Ce qu'ils disent, c'est qu'il faut être extrêmement vigilant face à la circulation des variants. Et dès lors que cela apparaîtra nécessaire, le confinement est une solution pour stopper la circulation du virus.
Gabriel Attal, dans la décision du Président de la République, est-ce qu'il y a eu cette crainte de la désobéissance civile ? On voit ce qui se passe aux Pays-Bas. Les Hollandais manifestent violemment contre les mesures restrictives. Est-ce qu'il y a eu cette crainte-là dans l'esprit du Président de la République ? Que les Français désobéissent ?
Ça n'a pas pesé dans les décisions. D'abord parce que ça fait maintenant de nombreux mois qu'on parle de ce sujet-là. Il y a eu des images de désobéissance dans certains pays européens depuis maintenant plusieurs mois, dès l'été dernier. Et on a entendu ça au moment du deuxième confinement en France, beaucoup brandir ce risque. Et la réalité, c'est quoi ? C'est que l'écrasante majorité des Français, ils respectent les règles. Ils font attention. Quand on leur dit, oui, il faut limiter au maximum ces contacts, ils savent que c'est pour des motifs et des raisons sanitaires. Et donc, ils le font.
Et donc, on ne prend pas nos décisions en fonction d'une petite minorité qui ne veut pas respecter les règles. La boussole de nos décisions, c'est toujours de protéger la santé des Français. Et évidemment aussi de tenir compte de l'impact psychologique des décisions qu'on prend et de l'impact économique.
Des restaurateurs aujourd'hui, Gabriel Attal, dont on ignore le nombre précis, ont annoncé qu'ils allaient ouvrir leurs établissements, accueillir du public. Qu'est-ce que vous leur dites ?
Là, c'est pareil. Je pense qu'on parle d'une très petite minorité. Moi, je parle beaucoup avec des restaurateurs. C'est difficile pour eux. Ils ont envie de rouvrir. Ils ont envie de rouvrir pas uniquement pour des raisons financières, puisqu'ils reçoivent des aides qui leur permettent de tenir. D'ailleurs, les restaurateurs qui aujourd'hui disent on va rouvrir, c'est des restaurateurs qui sont encore là. Parce que ça fait des mois que le gouvernement et l'État les aident.
Alors, quelle réaction face à ceux qui veulent rouvrir ?
La réaction, c'est qu'on a décidé que pour des restaurateurs qui ne respecteraient pas les règles, qui décideraient d'ouvrir alors même qu'ils sont fermés administrativement, il y aura des sanctions financières. C'est-à-dire qu'un restaurateur qui ouvrirait alors qu'il n'a pas le droit d'ouvrir, il n'aura pas accès aux fonds de solidarité pendant un mois. Et s'il réitère, il sera exclu du fonds de solidarité jusqu'à la fin de la crise.
Il y a un restaurateur en fin de semaine dernière à Nice qui a ouvert son établissement, qui a accueilli des dizaines et des dizaines de clients sans être verbalisé. Il a fini par être placé en garde à vue pour toute autre chose parce que l'un de ses salariés était, semble-t-il, sans papier. Est-ce que c'est normal ?
Écoutez, là-dessus, on travaille beaucoup au sein du gouvernement, en lien avec le garde des Sceaux, Eric Dupont-Moretti. Il faut voir chaque situation.
Là, sa situation était connue. Il avait convoqué la presse, les radios, les télé.
Vous avez sans doute vu les images vous-même. Oui. J'ai aussi connaissance d'autres situations. Je pense par exemple à quelqu'un qui a une boîte de nuit, qui l'ouvrait clandestinement et organisait des soirées clandestines où il n'y avait pas de gestes barrières, pas de masques. Cette personne a été poursuivie pour mise en danger de la vie d'autrui et a pris un an de prison. Donc, vous voyez bien que la sanction peut être extrêmement lourde.
Mais le restaurateur en question, il n'a rien ?
Je n'ai pas connaissance de la sanction qu'il a eue. Je ne sais même pas s'il n'y a pas. Je crois qu'il est convoqué encore dans plusieurs semaines, il me semble.
Mais parce qu'il avait embauché, justement, une personne qui n'avait pas de papier ?
Là-dessus, les choses sont très claires, encore une fois. Sanctions financières pour ceux qui ouvriront alors qu'ils n'ont pas le droit. Et puis, travail avec les services judiciaires pour que ce motif de mise en danger de la vie d'autrui soit retenu, autant que faire se peut, dans le cadre des poursuites qui se sont faites.
8h40 sur France Info. Le fil d'info avec Mélanie Delonnet. Et on poursuit avec vous, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement. Dans un instant.
L'Union Européenne obtient plus de vaccins d'AstraZeneca. La France recevra finalement 6 millions de doses. Cela représente un tiers de ce qui est initialement prévu. C'est demain que la Haute Autorité de Santé doit donner son feu vert pour ce troisième vaccin. Tous ceux qui peuvent télétravailler doivent le faire. Cette règle, rappelée vendredi par Jean Castex, sera au cœur de la réunion en fin de journée entre les syndicats, le patronat et la ministre du Travail. Les inondations font un mort dans les Hauts-de-France. Un homme de 70 ans, pris au piège de la montée des eaux près de Maubeuge. 25 départements du nord et du sud-ouest restent en vigilance orange.
En Birmanie, le coup d'état de l'armée qui promet d'organiser des élections au terme d'un an d'état d'urgence. La chef du gouvernement, Aung San Suu Kyi, a été arrêtée à l'aube. Un putsch condamné à travers le monde par l'ONU, l'Union Européenne, les Etats-Unis ou encore la Chine. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. A Paris, hier soir, des automobilistes ont été contrôlés après le couvre-feu. Écoutez ce qu'en dit Emmanuel Grégoire, le premier adjoint à la mairie de Paris. Je trouve qu'il y a un petit peu un manque de discernement de la part des forces de police parce qu'en faisant les opérations de contrôle, elles contribuent à ralentir encore plus le trafic. Puis il faut bien comprendre que les gens qui sont dans leur voiture, on le comprend, rentrent chez eux. Ils ne font courir aucun risque à eux-mêmes et aux autres puisqu'ils sont dans un milieu confiné et que souvent ils sont pris dans les bouchons et c'est très difficile d'anticiper.
Qu'est-ce que vous répondez à ça ? Est-ce que les Français sont responsables des bouchons maintenant ? Ils doivent être verbalisés pour ça ?
Là-dessus, ce qui est clair, c'est qu'on a fait le choix de tout faire pour éviter un reconfinement. La contrepartie de ça, c'est évidemment que les règles actuelles et notamment le couvre-feu à 18h soient pleinement respectées. Ça veut dire, oui, qu'il y a une augmentation des contrôles sur le couvre-feu à 18h. Moi, j'observe qu'il y a quelques jours ou quelques semaines, quand je venais sur les plateaux, on me disait « vous avez mis en place un couvre-feu à 18h, mais il n'y a pas de contrôle, il n'est pas suffisamment respecté. » On augmente les contrôles et là, on nous dit « il y a trop de contrôles ». Ça, c'est la première chose.
Deuxième chose, il y a aujourd'hui dans les motifs pour être en dehors de chez soi après 18h, des motifs de retour au domicile, notamment pour les personnes qui travaillent. Mais pas pour ceux qui sont partis en week-end. Si vous travaillez, mais pas pour ceux qui sont partis en week-end. Troisième chose, il peut y avoir dans des situations particulières où il y a des bouchons, j'imagine, une compréhension, une tolérance pour des personnes qui seraient parties plus tôt. Il faut regarder ce qui s'est passé hier. Mais encore une fois, la règle générale, c'est quand même qu'à 18h, il faut être chez soi, sauf si on a un motif, et notamment le motif d'aller travailler.
Je peux juste prendre un exemple bête, c'est-à-dire que si je pars en Normandie en week-end et je dois rentrer à Paris, si je ne pars pas à 15h de la Normandie pour arriver à Paris avant 18h, je vais être verbalisée.
Mais c'est des contraintes, Salia Braquillère, pour tout le monde, le couvre-feu. Au risque d'avoir des contrôles au PS. Mais je veux dire, si on part du principe, et j'entendais ce que disait à l'instant l'élu qui s'exprimait, si on part de ce principe de dire, de toute façon, si vous êtes dans votre voiture, ça vaut absence de couvre-feu.
Ce qui a agacé hier une partie des automobilistes, et on va arrêter ensuite avec Paris, c'est que pour faire ces contrôles, les policiers ont en partie stoppé le périphérique. Et donc ajouter des bouchons au bouchon pour verbaliser ensuite.
J'entends que cette situation et ces images créent des interrogations. Voilà, moi je n'y étais pas, on va regarder ce qui s'est passé. Mais encore une fois, l'important c'est quand même de dire et de rappeler que c'est bien de respecter les règles.
Tout entrer en France et toute sortie à destination d'un pays en dehors de l'Union Européenne sont désormais interdits, réservés aux motifs impérieux. Là encore, question toute simple, un Français à l'étranger qui serait parti ces derniers mois, qui veut rentrer en France, c'est un motif impérieux ? Oui, si sa résidence principale est en France. Uniquement si sa résidence principale est en France ?
C'est ça qui permet d'attester que son motif intérieux, c'est de rentrer chez lui. s'il est à l'étranger, mais que sa résidence est à l'étranger, pour venir en France, il doit respecter l'un des motifs impérieux.
S'il veut voir sa famille qui réside en France ?
Malheureusement, ça ne fait pas partie des motifs.
Même si lui-même est Français ?
Même si lui-même est Français, c'est là le changement. C'est-à-dire que je rappelle que depuis près d'un an, les frontières avec les pays extérieurs à l'Union Européenne étaient fermées. Ça veut dire qu'il n'y a que ceux qui ont la nationalité française qui avaient le droit de revenir en France. Il n'y avait pas de limitation des motifs pour revenir en France pour nos compatriotes. On a augmenté ces mesures avec des tests PCR obligatoires à faire avant de partir. Ça fait maintenant plusieurs mois qu'ils étaient en place. Et là, on est passé un cran au-dessus. Mais là aussi, c'est une contrepartie pour éviter le reconfinement.
Où maintenant, il faut avoir un motif impérieux pour revenir en France. Et donc, il y a dans ces motifs, il y a notamment des motifs familiaux. Par exemple, si vous avez un proche qui est décédé, évidemment, on vous permet de revenir en France. Si vous avez un proche qui est en fin de vie, dont le pronostic vital est engagé, évidemment, on vous permet d'être auprès de lui. Il y a des motifs impérieux en termes de santé aussi. Si vous avez besoin de vous faire soigner, que vous êtes français, que vous devez vous faire soigner en France, évidemment, on vous laisse revenir. Et puis, quelques motifs professionnels.
Si vraiment votre employeur atteste que si vous ne vous déplacez pas, ça met en péril votre situation professionnelle, là aussi, on vous laisse revenir en France.
Juste rapidement, ces motifs impérieux, ce sont les compagnies aériennes qui les vérifient. Vous leur faites confiance à ces compagnies aériennes ?
Alors, d'abord, il y a un double contrôle. Il y a les compagnies aériennes qui vérifient au moment d'embarquer. Et puis, il y a la police aux frontières qui vérifie aussi. Oui, on leur fait confiance, mais évidemment qu'on contrôle aussi.
Il y en a qui ont été laxistes là-dessus, sur les tests PCR, par exemple.
Oui, il y en a qui ont été laxistes sur les tests PCR. Qu'est-ce qui s'est passé la semaine dernière ? Elles ont été convoquées. Il y a l'une d'entre elles qui a déjà fait l'objet de sanctions. Ethiopian Airlines s'est rendu compte qu'elle ne vérifiait pas les tests PCR. Parfois, des personnes arrivaient avec des faux tests PCR, ça se voyait, et donc elle aurait pu le voir. On a dit, pendant telle durée, vous n'aurez plus le droit d'opérer en France. Je peux vous dire que c'est extrêmement dissuasif comme sanction à l'encontre des compagnies aériennes. Et comme on revérifie derrière, on a assez facilement la possibilité de voir si elles respectent ou pas les règles.
Et donc, il y a d'autres compagnies aériennes qui ont été convoquées, qui ont reçu des avertissements. Et on va regarder, dans les jours qui viennent, vérifier qu'elles respectent bien les règles. Et si ce n'est pas le cas, il y aura d'autres sanctions qui seront prises contre les compagnies aériennes.
Gabriel Attal, les vacances scolaires débutent dans quelques jours, en fin de semaine pour les familles de la zone A. Est-ce que vous pouvez nous dire si les vacances se dérouleront normalement ou pas ? Pour eux et pour les autres, comme toutes les zones.
Ce que je peux leur dire, c'est qu'il n'a pas été décidé un reconfinement vendredi dernier. Ce que je peux leur dire ensuite, c'est que l'épidémie, évidemment, nous la suivons au jour le jour. Que nous essayons de prendre les mesures les moins contraignantes pour la vie des Français, tout en étant les plus protectrices de la santé des Français, qu'il peut arriver à l'avenir, il pourrait arriver qu'il y ait des mesures plus importantes qui seraient prises. Mais aujourd'hui, ce n'est pas l'objectif.
Moi, ce que j'entends et ce qui me dérange parfois dans le débat, c'est qu'on prend une décision, on prend des mesures pour un objectif et tout de suite, on se met à s'interroger, à se demander si un reconfinement est possible.
Oui, mais ça se prépare, par exemple, les vacances, si les parents doivent garder leurs enfants à la maison. Les coups divorcés.
Totalement, absolument. Je crois que ce qu'on a montré depuis le début de cette crise, je mets de côté le tout début, quand finalement cette épidémie nous a pris tous dans le monde par surprise et qu'on a pris des mesures en extrême urgence, c'est qu'on a toujours donné quand même les moyens aux Français de s'organiser. Voilà. On leur a toujours donné la possibilité de s'adapter aux règles.
Là, vous leur dites, préparez-vous à tout pour les vacances de février, soit un calendrier normal, soit des vacances qui pourraient être rallongées. Pour l'instant, la question n'est pas tranchée. Ce que je dis, c'est que par principe, on n'exclut jamais rien,
mais qu'on essaye tout pour, encore une fois, que la situation soit la moins difficile pour les Français possible. On prendra toujours les décisions nécessaires pour protéger leur santé.
Le retour des étudiants à la fac une fois par semaine, c'est ce qu'avait annoncé Emmanuel Macron il y a quelques jours, c'est maintenu ?
Oui, c'est maintenu.
Malgré le contexte ?
Absolument. C'est une décision qui est très importante parce qu'il y a énormément d'étudiants qui sont en détresse, qui ont besoin de pouvoir retourner, ne serait-ce qu'une journée à l'université, pour recréer du lien avec d'autres étudiants, pour échanger avec leurs enseignants. Et ça, c'est une mesure qui est maintenue.
Jean Castex a annoncé vendredi soir dans son allocution que le télétravail, qu'on allait augmenter le recours au télétravail. Alors, on vient de changer la règle il y a tout juste un mois, plutôt dans le sens d'un allègement sur le télétravail, puisqu'il est désormais possible pour tous les gens qui étaient en télétravail cinq jours sur sept, de revenir au moins une journée par semaine en entreprise. Quel est l'objectif cette fois-ci ?
Alors, la règle, elle reste que tout ce qui peut être télétravaillé doit être télétravaillé. Et que des personnes qui peuvent télétravailler à 100% doivent le faire. On a mis en place un assouplissement, là aussi pour des personnes en grande détresse, qui avaient besoin de revenir une journée par semaine physiquement au travail. Principalement, ceux qui ont recours à cet assouplissement, c'est des jeunes et c'est des personnes qui résident en Ile-de-France dans des très petits appartements. Et on peut le comprendre. On ne revient pas sur cet assouplissement qui a été donné.
La question, c'est comment est-ce qu'on fait pour que, de manière effective, les règles qui sont actuellement en vigueur soient davantage respectées ? Il y a eu une légère érosion du télétravail depuis le mois de novembre dernier. Je crois de l'or de 10, 15 points de moins, c'est-à-dire de personnes qui pourraient télétravailler, qui ne le font pas. Donc aujourd'hui, Elisabeth Borne, ma collègue ministre du Travail, a rendez-vous avec les partenaires sociaux pour regarder avec eux comment on fait pour que le cadre soit plus effectif, qu'il y ait plus de recours au télétravail.
L'objectif, c'est que le nombre de personnes en télétravail augmente à nouveau et qu'on garde ce sas d'une journée au moins par semaine. Absolument, c'est ça. C'est ça le cadre des discussions qui débutent tout à l'heure avec les partenaires sociaux.
C'est ce qui est prévu dans les discussions aujourd'hui.
Et vous allez intensifier les contrôles ?
Oui, il y a des contrôles nombreux qui ont été mis en place depuis le début de la crise. Là aussi, je crois que c'est plus de 60 000 contrôles qui ont eu lieu. Et ça fait évidemment partie des possibilités d'accroître les contrôles pour vérifier que les règles soient respectées. Mais encore une fois, je crois aussi beaucoup à la responsabilité collective des employeurs, des salariés.
Dans un moment, encore une fois, où on se dit comment est-ce qu'on se retrousse tous les manches pour freiner la circulation du virus, éviter d'avoir à en revenir à des mesures extrêmement difficiles de reconfinement, je pense que là, il peut y avoir une belle mobilisation collective indépendamment de la sanction.
On va parler des vaccins et des traitements, si vous voulez bien, dans quelques instants. D'abord, le fil info à 8h50 avec Mélanie Delaunay.
Depuis cette nuit, nous ne pouvons plus voyager hors d'Europe. Tout entrer en France en provenance d'un pays non européen est interdit. Sauf qu'à particulier, c'est l'une des règles pour tenter de freiner les contaminations par le Covid. Malgré l'interdiction, des restaurateurs veulent ouvrir ce midi pour le déjeuner. Ils desservent la cause, estime le principal syndicat du secteur. Tous ceux qui ouvrent seront suspendus pendant un mois de l'accès aux fonds de solidarité, prévient ce matin sur France Info le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Cela concerne 20 millions de foyers. Les tarifs réglementés de l'électricité augmentent. À partir d'aujourd'hui, 1,6% de hausse.
Cela représente 15 euros de plus sur la facture à la fin de l'année. Même tendance à la hausse pour les tarifs réglementés du gaz. On connaîtra ce midi les candidats à la diffusion de la Ligue 1 de football après le retrait de Mediapro, un championnat désormais dominé par Lille qui a battu Dijon 1-0, le LOSC profite de la défaite du Paris Saint-Germain à l'Orient. France Info
Le 8.30 France Info Toujours avec le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Gabriel Attal, la France a vacciné un peu moins d'un million et demi de personnes pendant le mois de janvier. Nous sommes maintenant début février. Savez-vous combien de personnes pourront recevoir pendant les 28 jours de ce mois leur première injection ?
Au moins un million de personnes.
Il y en aura moins en février qu'en janvier. Parce qu'il faut donner la deuxième dose.
Je dis au moins parce qu'en disant un million de premières injections au mois de février, je me base sur les vaccins qui ont été autorisés par les agences de santé indépendantes. C'est-à-dire à ce stade, le vaccin Pfizer et le vaccin Moderna. Vous savez qu'il y a le vaccin AstraZeneca qui a été autorisé par l'agence européenne, qui doit être autorisé, on l'espère, par l'agence, la Haute Autorité de Santé en France demain. Et que, évidemment, les doses qui arriveront d'AstraZeneca en février viendront en plus. Mais je pense que c'est important de s'exprimer à cadre constant.
C'est donc à la fin du mois de février, au moins deux millions et demi de personnes qui ont reçu au moins leur première injection. Et le million et demi de Français qui ont été vaccinés au mois de janvier, et évidemment recevront leur deuxième injection au mois de février.
En parlant d'AstraZeneca, ils ont donc accepté de revoir légèrement à la hausse hier soir leur livraison. Mais elles restent largement inférieures à ce qui était prévu au moment de la signature du contrat avec l'Europe. Est-ce que l'Europe s'est faite avoir par AstraZeneca ?
D'abord, je trouve que ce qui s'est passé hier soir à ces annonces montre aussi l'intérêt du cadre européen. Parce que si on ne discutait pas à 27 avec AstraZeneca, on n'aurait probablement pas réussi à obtenir des doses supplémentaires et on n'aurait pas cette pression pour que les engagements qui ont été pris soient respectés.
Ils ne le seront pas.
Tel qu'ils ont été repris hier soir par AstraZeneca.
En gros, AstraZeneca avait réduit trois quarts ses promesses de vaccination. Ils ont accepté de les remonter très légèrement. On est à un tiers aujourd'hui de ce qui va être fourni. Donc il y a deux tiers des vaccins qui pour l'instant n'arrivent pas.
On a une première étape hier qui a été franchie. Évidemment, les discussions continuent. Je vais vous dire, il y a deux sujets. On est, avec la vaccination, dans un progrès absolument historique dans l'histoire de la santé dans le monde. La première personne qui a été vaccinée contre le Covid dans le monde, elle l'a été moins d'un an avant que la première personne soit contaminée au Covid dans le monde. Ce n'est jamais arrivé dans une telle épidémie qu'on trouve un vaccin moins d'un an après la première contamination. Les laboratoires ont été très vite. Ils ont réussi à trouver des vaccins qui fonctionnent.
Et plus vite dans le cadre d'AstraZeneca pour le Royaume-Uniq, pour le reste de l'Europe.
Dans ces conditions, on peut entendre et on peut comprendre s'il y a des problèmes de production. S'il y a une cuve qui ne fonctionne pas, s'il y a une chaîne de production qui doit être adaptée. J'y viens.
Ce n'est pas vraiment cette histoire.
Je vais vous dire. Ça, on peut l'entendre. Et c'est pour ça qu'on a dans nos contrats des clauses d'audit pour aller regarder ce qui se passe dans les usines, y compris pour saisir des documents si c'est nécessaire et vérifier que c'est bien ça qui explique qu'il y ait moins de livraison que ce qui a été prévu. Après, il peut y avoir d'autres raisons. Et ça, ce n'est pas acceptable. Si on a des contrats qui pourraient être tenus, qui ne sont pas respectés, pour d'autres raisons que celles de production, ça, ce n'est pas acceptable. Et c'est ce qu'on est en train de regarder.
Les usines britanniques qui produisent AstraZeneca, le vaccin d'AstraZeneca, doivent aussi produire pour l'Europe.
Nous, ce qu'on demande, c'est que les contrats qui ont été signés soient honorés. Aujourd'hui, ce que dit le laboratoire, c'est qu'ils ont des problèmes de rendement dans des usines européennes qui doivent fournir le marché européen.
Et ce que dit AstraZeneca également, c'est rien dans le contrat que nous avons signé avec l'Europe ne nous obliger à faire fonctionner nos deux usines britanniques pour le reste de l'Europe. Et, accessoirement, on avait signé avec le Royaume-Uni trois mois avant de signer avec le reste de l'Europe.
C'est précisément pour ça qu'on continue à discuter avec eux. Et je peux vous dire que le fait de discuter à 27 avec la présidente de la Commission européenne en face du laboratoire, c'est un atout. Parce que si on était chacun, entre guillemets, chaque pays seul à devoir discuter de son côté, je pense qu'on aurait moins d'impact sur le laboratoire.
On aurait signé plus vite.
Écoutez, ça reste à prouver. Je vais vous dire, les discussions avec les laboratoires, elles ont commencé en juin dernier. Les contrats, ils ont été signés extrêmement rapidement. On a fait énormément de commandes pour le marché européen. Et là aussi, la coordination européenne a été utile.
Est-ce qu'il faut garder ce vaccin AstraZeneca pour les étudiants ? C'est une proposition de Jean-Christophe Lagarde, le patron de l'UDI, qui dit qu'il semblerait inefficace pour les plus de 65 ans. Pourquoi ne pas le réserver aux étudiants ?
Écoutez, heureusement, c'est des décisions qui sont prises à la lumière des recommandations des spécialistes, des scientifiques indépendants, des grands spécialistes du vaccin. Je ne crois pas, c'est pas lui faire offense, que c'est le cas de M. Lagarde. Donc, chacun peut donner son avis et dire, moi, j'aimerais que ce vaccin, il aille à telle personne. Mais enfin, heureusement, c'est des scientifiques, c'est la Haute Autorité de Santé qui nous guide dans ces décisions. Parce que ce qui compte avant tout, c'est que ça soit sûr et efficace pour les personnes qui reçoivent le vaccin.
D'un mot, est-ce qu'il est possible que la France achète des vaccins russes, les vaccins Spoutnik, qui aujourd'hui sont en train d'être envoyés dans de très nombreux pays partenaires de la Russie ?
Un vaccin, on ne regarde pas sa nationalité. Ce qu'on veut, c'est qu'il soit sûr et efficace. Et donc, dès lors qu'un laboratoire demande un enregistrement de son vaccin auprès de l'Agence Européenne du Médicament, c'est examiné, sans regarder sa nationalité. Ce qu'on veut, c'est que ce soit sûr et efficace. Je crois que c'est le cas pour le vaccin russe. Et donc, il va être examiné, comme tous les vaccins ont été examinés. Et si l'Agence Européenne du Médicament considère qu'il est sûr et efficace, la Haute Autorité de Santé française procédera à la même évaluation. Et il pourrait, évidemment, être proposé aux citoyens français, si c'était le cas.
Sur la course au vaccin, voici ce que disait il y a quelques mois Emmanuel Macron. Écoutez.
L'accès au vaccin, une fois trouvé, sera octroyé au plus grand nombre. Je défends cette vision d'un bien public mondial. Le vaccin, un bien public mondial, est-ce qu'on peut imaginer racheter les licences pour les fabriquer en masse, ces différents vaccins ?
En tout cas, c'est une initiative très forte qu'avait lancée le Président de la République, une initiative COVAX, pour lever des fonds, pour permettre d'avoir des vaccins pour les pays qui, aujourd'hui, ne peuvent pas en avoir. Et donc, je peux vous dire qu'il y a une mobilisation très forte et que notre objectif, c'est évidemment que d'ici à la fin de l'année, on puisse leur permettre d'obtenir des vaccins. Mais est-ce qu'on peut aller jusqu'à racheter les licences ? Moi, je pense que dans cet objectif-là, je n'ai pas connaissance qu'on ait exclu des pistes. Sur quoi je veux être extrêmement clair, parce que j'ai vu des expressions qui ont été faites encore ce week-end.
Aujourd'hui, ce qui freine l'accès au vaccin en plus grand nombre, ce n'est pas une question de propriété intellectuelle et de licence, c'est une question de chaînes de production. Les laboratoires, ils sont d'accord pour que d'autres usines produisent leurs vaccins. On a signé des accords avec des usines pour ça. L'enjeu, c'est d'avoir des chaînes de production qui peuvent le faire, parce que ces vaccins, c'est une nouvelle technologie, l'ARN messager, et qu'elles n'avaient jamais été produites en dehors des laboratoires de recherche. Donc, ça met un peu de temps pour adapter les chaînes de production. C'est ça, aujourd'hui, qui freine une production plus massive.
Ce n'est pas le fait que les laboratoires disent « On ne veut pas que vous utilisiez notre molécule et on ne veut pas lâcher notre licence ». Donc, il faut être très clair là-dessus.
Un mot, Gabriel Attal, de ce qui s'est passé ces dernières heures en Birmanie. La jeune militaire a repris le pouvoir. L'ancienne prix Nobel de la PN a été arrêtée. Quelle est la position de la France ?
D'abord, on suit heure par heure et de très près ce qui se passe en Birmanie. Et ce que nous redisons, c'est qu'il y a eu des élections, je crois, au mois de novembre dernier, que Mme Aung San Suu Kyi a été élue. Et que dans ces conditions, nous appelons à ce que le résultat des urnes en Birmanie, le résultat du vote des Birmans, soit respecté.
La France souhaite une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies.
discute évidemment avec nos partenaires dans le cadre des instances internationales et notamment l'Organisation des Nations Unies. Et on suit de très près cette situation, mais on appelle à ce que le résultat des urnes soit respecté en Birmanie.
Avec une inquiétude pour les Français qui vivent là-bas ?
Évidemment, à chaque fois qu'il y a ce type de situation qui se manifeste, on a une préoccupation forte. Et évidemment, les services du ministère des Affaires étrangères sont mobilisés pour suivre et être en contact avec nos ressortissants sur place.
Merci à vous, Gabriel Attal, et bonne journée.
Gabriel Attal