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interviewBFM TV (sur Dailymotion)· 5 juin 2026 19 min

Le corps retrouvé est bien celui de Lyhanna - 05/06

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

C'est donc désormais officiel, le parquet d'Agin confirme que le corps découvert hier au sein d'un site agricole désaffecté près de Puy-Casquier dans le Gers, c'est bien celui de Liana. Liana, cette collégienne de 11 ans disparue, il y a maintenant 7 jours à Florence.

0:15
Présentateur

Bonsoir Mathias Tesson, merci d'être avec nous, vous êtes à Florence pour BFM TV. Racontez-nous ce que nous révèle le parquet d'Agin, notamment les conditions dans lesquelles les gendarmes ont réussi à retrouver le corps de Liana.

0:25
Invité

Oui, ce communiqué de presse transmis par le procureur de la République d'Agin, Olivier Naboulay, au journaliste, en fin de journée, est instructif à plusieurs égards. D'abord parce que, vous l'avez rappelé, il donne des précisions sur les circonstances dans lesquelles le corps de la petite Liana a pu être découvert hier en début d'après-midi. En fait, c'est à la faveur d'un renseignement humain parvenu aux gendarmes, indiquant que le suspect, Jérôme Barrella, avait travaillé pendant plusieurs années sur cet endroit agricole, sur ce silo agricole. Et c'est dans ces conditions-là que les enquêteurs ont décidé de s'intéresser à cet endroit en particulier.

C'est dans ces conditions-là qu'ils ont ensuite fait la terrible découverte. Et puis, dans un second temps, est venu le temps de l'identification. Et c'est aussi ce que nous indique ce communiqué de presse. Ce matin, très tôt, aux alentours de 4h du matin, le corps de la petite fillette a été levé. Il a été transporté par hélicoptère à l'IRCGN à Pontoise, en région parisienne. L'IRCGN, c'est l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale. Et c'est à ce moment-là qu'une comparaison ADN a eu lieu. Et c'est à ce moment-là, plus tard dans la matinée, que les techniciens de ce laboratoire de la gendarmerie ont eu la conviction qu'il s'agissait bien de la petite Liana.

Et puis, dans un dernier temps, est venu aussi le temps de l'autopsie, bien sûr. Mais ce communiqué de presse ne nous a pas permis d'en savoir plus. Pourquoi ? Parce qu'à ce stade, il n'y a pas d'éléments permettant de savoir quelle est la cause précise du décès de la fillette. Il va falloir maintenant pratiquer sur son corps des examens complémentaires pour peut-être tenter d'en savoir un peu plus. Merci Mathias Tesson avec Thierry Bouillet ce soir à Florence. Pour développer les derniers développements de cette affaire, Liana avec nous en plateau. Karine Dabadi, bonsoir, vous êtes médecin légiste.

Et vous allez nous expliquer dans un instant, puisque l'autopsie de Liana, on le disait, vient de démarrer. Et vous allez nous expliquer à quel point elle est précieuse. On va pouvoir avoir un certain nombre d'indices. Philippe Ziankevitch, ancien gendarme, enquêteur, bénévole à assistance et recherche de personnes disparues. Pardon, c'est pas ça. Non, excusez-moi, je ne suis plus, enfin, brièvement, je ne suis plus à l'association. Je suis dans une autre association qui s'appelle l'IndiceA, qui s'occupe des Colqués. Voilà. Donc voilà, c'est rétabli. C'est rétabli. Pauline Revenach, à l'histoire de la justice de BFM TV. Toujours à BFM. Toujours à BFM. Et Dominique Rizet.

2:48
Présentateur

J'ai pas bougé, je suis toujours avec Dominique.

2:49
Invité

Et toujours avec Dominique autour de la table consultant. Pauline Justice, Sacha Stroopkan, porte-parole du ministère de la Justice, est restée avec nous. Bonsoir à tous.

2:59
Présentateur

Karine Nabadi, la priorité, on l'a vue et Mathias nous l'a rappelé, c'était de confirmer l'identité de la jeune femme. Mais l'autopsie ne fait que commencer. Comment vont se passer les examens complémentaires ? Et quand aura-t-on les causes précises de la mort de la jeune femme ?

3:11
Invité

Alors, l'autopsie, elle a différents temps puisqu'elle est précédée toujours d'un scanner du corps en entier. Le but étant de rechercher des lésions traumatiques ou des corps étrangers à tonalité métallique. Puis après, il y a différentes étapes. On a donc l'examen externe du corps où on va regarder effectivement de façon minutieuse, centimètre par centimètre, à la recherche effectivement de traces de violence. Alors, le corps est possible. C'est vice sexuel, c'est vice physique, si elle a été attachée à un moment donné. Déjà, même des lésions traumatiques récentes ou pas récentes.

En fait, on va tout analyser pour pouvoir tout décrire, qui sert entre autres aussi à l'identification, mais à trouver aussi les causes traumatiques. On va rechercher des lésions de prise ou de défense, c'est-à-dire des lésions qui peuvent être au niveau des avant-bras quand on essaie de se protéger ou même avec les gens. Si elle s'est débattue par exemple, c'est ça qu'on doit pouvoir savoir. Exactement, ça c'est extrêmement très important, ça fait partie de l'examen externe. Et puis, on recherche effectivement s'il y a des plaies, s'il y a des traces de traumatisme par objet contendant, ou des coups portés à main nue, ou des blessures par arme à feu.

4:09
Présentateur

Mais certains disent que ça peut aller jusqu'à un mois avant qu'on connaisse les causes précises de sa mort ?

4:13
Invité

Non, en fait, l'autopsie, elle se fait sur la journée. Après, on va faire des prélèvements, et l'analyse des prélèvements peut prendre plusieurs mois.

4:20
Présentateur

Oui, c'est ça. Ça veut dire qu'on ne saura peut-être pas les circonstances précises avant un mois ?

4:23
Invité

Alors, soit, là dans le cas présent, donc moi je ne sais pas tous les éléments, mais a priori, la cause exacte du décès n'est pas connue. Ça veut dire, en clair, qu'on n'a pas trouvé de cause traumatique évidente à l'origine du décès. Donc, pardon, traduction, il n'y a pas de lésions sur son corps apparente ? Ça ne veut pas dire ça. En fait, il y a peut-être des lésions apparentes, mais ces lésions ne sont pas à l'origine du décès. Elles n'ont pas entraîné de lésions d'organes vitaux, en fait. Maintenant, par exemple, il y a des choses qui se recherchent de façon extrêmement minutieuse, c'est tout ce qui est des manœuvres asphyxiques, tout ce qui est étouffement, par exemple.

Il y a différentes façons de le faire. Je ne vais pas rentrer trop dans les détails, mais on peut asphyxer quelqu'un avec un sac qu'on va mettre sur la tête, ou en appuyant très fortement sur ses lèvres, ou en les tranglant, ou en appuyant très très fort sur son thorax. Et ça, effectivement, c'est une recherche qui est très minutieuse. Il y a des manœuvres, on fait un masque facial, on fait des choses comme ça, on recherche des infiltrations de sang au niveau des gencives, au niveau des organes. Le corps est abîmé, donc en fait, on voit moins de choses. Donc, en fait, ce qui est certain, c'est que là, ça va être aussi des analyses.

Il y a différents prélèvements qui sont faits, des prélèvements à viser, analyse toxicologique, ANAPAT, ADN. Il y a des fois, effectivement, quand le corps est trop abîmé, et bien, ce sont les analyses ANAPAT, par exemple, qui vont nous permettre de déterminer la poséterie du décès.

5:39
Présentateur

Mais là, au bout de 7 jours, le corps n'est pas si abîmé que ça, au bout de 7 jours, vous diriez quoi ?

5:42
Invité

En fait, on peut penser que le corps est relativement abîmé, puisque ça fait 7 jours, c'est dans un silo, c'est un espace clos, il a fait chaud. Donc, bien évidemment, est-ce que le corps a été recouvert ? On n'est pas forcément sûr que ce soit 7 jours. C'est-à-dire que ça, ça voudrait dire qu'il a mis le corps de la petite Lyanna dans le silo. Il y a 7 jours, il peut avoir transporté le corps, il peut avoir... Oui, sauf que si on part du principe que... Ça, c'est pareil, l'autopsie permettra de le déterminer ? Exactement. On aura une datation.

On aura une datation qui sera plus ou moins précise, puisque, en fait, plus le corps est abîmé, et moins on peut aller de façon précise, parce qu'autrement, on utilise une méthode des températures, avec un homogramme qu'on appelle de 1G, qui nous permet de dater le décès. Mais là, c'est beaucoup... A priori, si ça date de plus de 2 jours, on ne peut pas le faire. Le parquet d'Agin confirme donc qu'il s'agit bien de Lyanna, ce qui veut dire que les parents de la jeune fille l'ont formellement reconnue ? Non, pas forcément du tout. On a fait une comparaison ADN ? Je pense que ce sont soit des analyses ADN, soit des analyses en terre.

Là, je crois que dans le cas présent, ce sont des analyses ADN qui sont allées d'ailleurs très rapides, parce que généralement, on fait plutôt les analyses en terre, puisque c'est beaucoup plus rapide. Sacha, je trouve que vous dites comme votre ministre,

6:50
Présentateur

c'est un immense échec ce soir ?

6:51
Invité

De fait, c'est un échec collectif de l'ensemble de l'appareil de l'État, de l'institution judiciaire que je représente, probablement en partie des forces de l'ordre, éventuellement de l'éducation nationale. On verra ce que diront les inspections. Mais oui, quand on en arrive au décès d'une jeune fille, maintenant qu'on connaît le parcours criminel probable de cet individu, de fait, c'est un échec collectif. Et on devra en tirer les conclusions, à la fois en tant que système, c'est-à-dire comment est-ce qu'on peut mieux protéger nos enfants. Je vous donne un autre exemple qui a beaucoup agité le débat médiatique.

7:20
Présentateur

Oui, il l'a dit, Gérard Araner, nous ne protongeons pas assez les enfants.

7:22
Invité

De fait, vous avez cet exemple-là, vous avez l'exemple du périscolaire à Paris. Je pense que vos téléspectateurs ont découvert de façon assez choquée et à juste titre qu'on pouvait embaucher des gens, par exemple, dans un périscolaire, sans même vérifier leurs antécédents judiciaires, au casier judiciaire. De fait, tout ça relève d'un système qui ne fonctionne plus et qui n'arrive pas à protéger, il faut dire les choses clairement, qui n'arrive pas à protéger de façon satisfaisante nos enfants. Et donc, c'est ça dont il faudra tirer les conclusions. Au-delà des responsabilités individuelles, peut-être qu'il y en a, on verra ce que diront les enquêtes administratives.

Mais ce qui est intéressant pour vos téléspectateurs, c'est comment on fait pour que ça ne se reproduise pas. Beaucoup d'incompréhension, en tout cas, et pour l'instant, beaucoup de colère aussi. On va retourner tout de suite à Florence, où les habitants ont appris, Mathéo Rivière, ce qu'ils redoutaient. Comment réagissent-ils, ce soir, à la communication du parquet d'agents ? On imagine la colère, l'émotion, deux jours avant cette marche blanche, prévue donc dimanche à 15h.

Oui, vous imaginez l'effroi et la tristesse des habitants ici, qui se mélangent pour beaucoup à de la colère, liée donc à cette nouvelle révélation, mais également à ces dysfonctionnements de la justice, reconnus par le gouvernement. Et depuis plusieurs jours, sur cette place de la commune de Florence, au niveau des bars, des restaurants, on observe des chaînes de télévision qui sont connectées, parce que tout le monde scrute l'avancée de l'enquête, et également, tout le monde essaye de comprendre comment est-ce qu'on a pu arriver à ce drame. C'est le cas, justement, de Nathalie. Merci beaucoup, Nathalie, d'avoir accepté notre invitation. Bonsoir.

Comment décririez-vous, ce soir, le sentiment qui prédomine dans la commune de Florence ? C'est beaucoup de colère, beaucoup d'incompréhension. J'avoue que, moi, étant maman, c'est très compliqué d'imaginer ce que ressent la famille. Voilà, il y a beaucoup de colère. Moi, je ne comprends pas comment on en arrive là, aujourd'hui. On voit beaucoup d'émotions, un poil d'inquiétude également ? Oui, tout à fait. On se dit que dans une ville comme Florence, 6 000 habitants, on est plus ou moins protégés, mais à tort, en fait, parce que, finalement, on s'aperçoit que ça peut arriver n'importe où. Merci.

Merci à vous, Nathalie, qui, comme beaucoup de Florentins et de Florentines, souhaitent démontrer tout leur soutien, et également toute leur solidarité à la famille de Liana, notamment lors de cette marche blanche, prévue dimanche à 15h. Merci beaucoup, Mathéo Rivière. Sacha Stropkane, vous entendez ses habitants, ils sont en colère. Le ministre dit lui-même, ce soir, je ne sais pas comment c'est possible. Comment c'est possible ? Vous avez, comme je vous le disais, probablement des failles systémiques, des problèmes de système, d'organisation. Vous avez peut-être aussi des questions de responsabilité individuelle.

Et puis ensuite, ce qui est incompréhensible du point de vue de la chancellerie, c'est que vous avez deux priorités de politique pénale. Vous avez la lutte contre la criminalité organisée et la protection des enfants et des mineurs. Et donc, on ne peut pas comprendre qu'un dossier de ce type-là n'ait pas été considéré comme prioritaire. Un dossier comme ça, il est normalement au-dessus de la pile ? Tout à fait. Quand il arrive ? C'est ce que je disais un peu avant sur votre antenne. Il y a à peu près 0,25% des dossiers qui concernent des atteintes sexuelles sur mineurs.

On peut quand même tout de même considérer que ces 0,25% de dossiers en stock sont prioritaires et que c'est normal qu'ils soient traités de façon prioritaire. Dominique, je crois que vous aviez un débat juste avant sur les moyens. Absolument. Vous disiez tout à l'heure que le tribunal d'Auch était... Staffé. Staffé, voilà. Il y avait les magistrats, quatre magistrats. Comment est-ce que vous évaluez la jauge ? C'est quoi pour un tribunal comme Roche ? C'est la population sur place ?

10:58
Présentateur

Le nombre de dossiers ?

10:59
Invité

Le nombre de dossiers ? C'est la criminalité ? Parce que sinon, ça veut dire que Bobigny, c'est pas la même chose que... Comment ça marche ? C'est un mélange de tout ça. C'est-à-dire qu'à la fois, évidemment, vous avez une notion de population puisque globalement, plus la population est nombreuse, plus il y a d'infractions. Et puis ensuite, vous avez aussi la réalité territoriale. De fait, probablement que dans le Gers, la criminalité organisée est un phénomène moins massif que si vous allez à Bobigny, à Marseille ou à Lyon. Et donc, de fait, on en tient compte aussi. Et donc ça, après, c'est la responsabilité du ministère, de la direction des services judiciaires, de...

C'est un peu technique, mais de donner ce qu'on appelle une clé de répartition. C'est-à-dire de dire dans tel tribunal, au regard de tous ces facteurs, voilà le nombre de magistrats. Et je vous donnais une donnée hors antenne que je donne aussi à vos téléspectateurs. La cour d'appel d'Agen, qui ont été mis sur la trajectoire budgétaire 2023-2027. Donc, on voit bien que les moyens y sont mis. Bien sûr qu'on peut toujours faire plus qu'on part de très loin, mais en vérité, il y a quand même un investissement conséquent. Plus 1 500 magistrats en 4 ans, plus 1 800 greffiers en 4 ans également.

12:03
Présentateur

Et quand sur notre antenne, pardon, il y avait un agriculteur qui disait qu'il avait été convoqué 4 fois pour des publications Facebook et qu'il a eu des gardes à vue et que c'était autant de temps perdu finalement. Il mettait ça au regard de l'actualité en disant si vous n'avez pas fait ma garde à vue, Liana ne m'a peut-être pas dit

12:17
Invité

C'est aussi ce qu'avait dénoncé le maire de Florence justement. Peut-être que c'est à raccourci, mais j'aimerais bien

12:20
Présentateur

vous entendre là-dessus.

12:21
Invité

Comme je vous l'ai dit, les priorités de politique pénale du ministère de la Justice, il y en a deux. Depuis 18 mois, c'est toujours les mêmes. Elles sont très claires. C'est 1, la lutte contre la criminalité organisée. 2, la protection des mineurs. Il ne me semble pas que dans ces directives de politique pénale prioritaire, il y avait la répression des mouvements d'agriculteurs. Donc, chacun en tira des conclusions. Ce sont les préfets qui ont fait ça, qui ont décidé de demander aux magistrats ? Je ne sais pas.

En tout cas, j'ai la faiblesse de croire qu'un procureur de la République ne répond qu'à une seule personne, c'est à son procureur général et éventuellement au ministre et pas à un préfet. Si les préfets avaient autorité sur les procureurs, ça se saurait. Alors, en faisant l'autorité sur la police judiciaire ? Oui, ça c'est autre chose. J'ai une question, si vous permettez. Alors, très vite. Oui, parce qu'après, il va partir. Très, très vite. Il manque quand même beaucoup de magistrats, de greffiers, etc. Par rapport à l'Europe, on est vraiment en France en forte diminution. Est-ce que vous pensez que dans un avenir proche, on va pouvoir un petit peu combler ce manque ?

Parce qu'il manque des greffiers, des assistants juridiques. La vérité, c'est que les moyens, il y en a. On partait de tellement loin, personne ne conteste le fait que le rattrapage se fait progressivement. Maintenant, je pense que dans ce qui nous occupe ce soir, ce n'est pas une question de moyens. C'est une question de priorité mise sur certains dossiers. Peu importe qu'on ait des moyens ou pas en vérité, c'est comment est-ce qu'on prioritarise certains dossiers. Je voudrais que vos téléspectateurs l'entendent. 0,25% des dossiers concernent des infractions sexuelles sur les mineurs.

Je pense qu'à moyen, peu importe moyen ou pas, on peut considérer que 0,25% des dossiers, c'est une priorité. D'accord, merci.

13:47
Présentateur

Avant de s'intéresser sur les procédures qui ont visé le principal suspect, Dominique, quelles sont les zones d'ombre qui subsistent encore ce soir ? Là, on va s'intéresser aussi aux analyses qui vont continuer notamment sur ce véhicule, cette Peugeot 3008 Antracite.

14:01
Invité

On l'a dit, les zones d'ombre, c'est les circonstances de la mort, les causes de la mort de la jeune fille. Ensuite, oui, évidemment, travailler sur le véhicule. C'est comment,

14:13
Présentateur

en fait, comment toutes ces informations peuvent être reliées à la personne qui est placée en détention provisoire ? Parce que pour l'instant, nous, en tout cas, le lien, on ne l'a pas encore.

14:19
Invité

On ne l'a pas. Il y a tout ce que lui n'a pas dit et tout ce que le corps de la jeune fille va nous dire, ce que sa voiture nous dira, ce que ses déplacements qui ont été vus peut-être par des vidéos de surveillance vont nous raconter, ce que les témoignages de personnes qui l'ont vu passer vont nous dire et puis, ce que les expertises, parce qu'on va demander à des personnes sachantes est-ce qu'il a, est-ce qu'il était repéré, est-ce qu'il était soigné, est-ce qu'il a vu des spécialistes, des psychologues, des psychiatres, sa vie privée ?

14:53
Présentateur

On va éplucher son téléphone ?

14:54
Invité

Ses enfants ?

14:55
Présentateur

De potentielles autres victimes s'il y en a ?

14:57
Invité

Absolument. J'imagine qu'on a déjà démarré et qu'on a déjà commencé à éplucher. On parlait de sa femme, de ses enfants, de ses proches, tout ça. Tout ça, c'est en cours. Est-ce qu'il est possible d'avoir des éléments ? Est-ce que le parquet peut-il communiquer là-dessus ? Qui communique ? Ça, ça appartient au secret de l'enquête qui deviendra maintenant le secret de l'instruction.

15:15
Présentateur

Alors, Pauline, au-delà de cette enquête criminelle, il y a un élément qui suscite une forte incompréhension, c'est que le principal suspect est déjà connu des autorités. Il y a plusieurs plaintes, plusieurs signalements qui ont été déposés contre Jérôme Barrella. Ça commence en décembre 2017. Il y a au total six procédures en plus de l'affaire Liana. La dernière plainte, elle date d'hier, c'est ça ? Oui, nouvelle plainte hier soir. Une maman qui a déposé plainte alors à Saint-Brieuc pour viol contre Jérôme Barrella. Sa petite fille, elle avait une dizaine d'années et elle a reconnu en fait le visage de Jérôme Barrella. Je vais vous expliquer.

Les faits remontent à 2023 et elle avait déjà déposé plainte. Elle avait déposé plainte en avril 2026, mais sans avoir l'identité de l'auteur présumé. Donc, c'était plainte contre X à l'époque ? La plainte était déposée contre X et l'enquête n'avait jusque-là pas progressé. Mais en voyant le lieu d'habitation de Jérôme Barrella qui est le lieu où la maman et la petite fille étaient habitées au moment des faits, la maman, elle a eu l'idée de faire quoi ? De montrer la photo de Jérôme Barrella qui a été largement diffusée, de la montrer à sa petite fille qui a reconnu son regard et elle a décidé de porter plainte. Donc, des mamans comme ça, moi, je ne sais pas combien il y en a.

Et c'est l'enquête effectivement qui nous le dira.

16:21
Invité

On est vraiment face à un... Si c'est bien lui, en tout cas, face à une forme de prédateur, de prédation. On parlait de ses plaintes, ses stratagèmes utilisés pour inviter des copines de ses filles chez lui. Il peut y en avoir effectivement beaucoup des plaintes comme ça dans les prochains jours, dans les prochaines semaines ?

16:37
Présentateur

Il peut, parce qu'en fait là, depuis 2017, il y a déjà six procédures. Donc effectivement, ça peut être vertigineux et c'est effectivement ce sur quoi aussi travaillent les enquêteurs. Vincent Lamorandière, qu'est-ce qui dans cette affaire suscite le plus d'étonnement, d'agacement peut-être de votre part ? Est-ce que c'est... On s'est beaucoup cristallisé sur cette plainte en août 2025 de la petite Rosa, dont la maman aussi voulait avoir des nouvelles et qui appelle les gendarmes pour avoir des nouvelles de sa plainte et à qui on répond aussi.

C'était un témoignage sur BFM TV recueilli par Juan Palencia cette semaine qui les gendarmes lui disent en fait arrêtez de nous appeler parce que sinon on va déposer plainte pour harcèlement. On sait que c'était le tribunal de Toulouse qui ensuite envoie la plainte. Il y a beaucoup de... Comment dirais-je ? Peut-être de ratés dans ce qui s'est passé entre le tribunal de Toulouse et le tribunal d'Auche puisqu'on a envoyé cette plainte par voie postale dans un premier temps ?

17:27
Invité

En fait, il y a tout ça et tout ce que vous dénoncez là, ce que vous précisez là, en fait, ce n'est pas des cas isolés. C'est votre quotidien ? C'est plutôt le quotidien, c'est le mode de fonctionnement, malheureusement, je vais vous le dire, habituel des enquêtes. On va partir de la base, la plainte. Quand vous déposez une plainte, elle tombe, on va le dire concrètement, dans un espèce de trou noir administratif. C'est-à-dire qu'en fait, il faut avoir la chance de tomber sur un enquêteur qui lui-même va être sensibilisé ou qui va être mobilisé et qui va dire là, il y a quelque chose d'important, je vais me battre peut-être même. Il va s'investir, quoi.

Et qui va s'investir peut-être même avec le procureur de la République pour avoir les autorisations pour récupérer rapidement les réquisitions. Mais pour de vrai, il y a un aléa là-dessus. Et je le disais tout à l'heure, un peu plus tôt, à 11 heures sur votre plateau, il suffit que de remplir peut-être un QCM avec 10 questions ou 20 questions à chaque fois qu'il y a un dépôt de plainte pour pouvoir en fait recouper, faire ressortir des dossiers qui sont urgents, avec une urgence vitale qui concerne des mineurs et les autres. Et peut-être, on sait que la difficulté, vous le savez, ce n'est pas que la justice est lente. Ce n'est plus du tout ça. La justice, elle n'est pas lente.

Elle est saturée. C'est-à-dire que... C'est-à-dire que quand vous déposez une plainte avec votre client, par exemple, vous dépendez du bon vouloir. Du bon vouloir. Du bon vouloir de celui qui va instruire la plainte et qui va...

18:50
Présentateur

D'abord de celui qui ouvre le courrier, qui va la poser, qui va voir comment il va la traiter et comment ça va se passer.

18:55
Invité

Il veut la prendre parce que déjà, tous les citoyens qui vont déposer une plainte apprennent qu'il y a une résistance des enquêteurs. Mais je vais au-delà. Moi, j'ai une cliente qui est participée dans un procès pour viol et tentative d'assassinat. Elle a reçu 11 coups de couteau. Ça va être jugé dans les prochaines semaines, peut-être dans les prochains mois. Quand elle a déposé plainte, pour ce qu'elle avait subi, il y avait déjà 4 plaintes antérieurement déposées pour des faits de même nature, c'est-à-dire des faits criminels, qui étaient posées contre l'auteur.

Le corps retrouvé est bien celui de Lyhanna - 05/06 · Pourquijevote