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interviewBFMTV· 17 avril 2023 6 min

Incendie dans les Pyrénées-Orientales: la prise de parole de Gérald Darmanin en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Gérald Darmanin

— Bonjour à toutes et à tous. Avec Dominique Faure et au nom du président de la République, je suis venu ce matin pour remercier les sapeurs-pompiers, les quasiment 600 sapeurs-pompiers et personnels militaires du ministère de l'Intérieur qui, hier, se sont déployés, continuent à se déployer aujourd'hui ici dans les Pyrénées-Orientales. Alors, c'est lui également les maires, notamment le maire de Cerbère, le maire de Bagnouls et puis le maire d'Argelès qui, hier, ont fait face à des feux extrêmement importants et, bien sûr, les gendarmes qui ont contribué à évacuer les populations.

Il y a eu hier, en début de journée, un départ de feu, mais il y en a eu également 9 autres dans le département des Pyrénées-Orientales du fait singulièrement de la sécheresse extrêmement forte ici. Il y a à peu près 50 à 70% d'eau en moins par rapport à ce qui se passe d'habitude. Et aidé par un vent, par la tramontagne, ce feu a parcouru la végétation, la magnifique végétation de ce petit coin de France qui a ravagé quasiment 1000 hectares, si l'on compte également les 130 hectares qui ont été touchés du côté espagnol, puisque le feu a traversé la frontière.

Et il a fallu beaucoup se battre contre ce feu qui n'est pas éteint, même s'il est maîtrisé aujourd'hui au moment où nous parlons, mais qui vaudra encore de nombreuses heures de travail pour les sapeurs-pompiers pour pouvoir évacuer, évidemment, tout risque de propagation envers les maisons, puisque la commune de Cerbère, notamment, a été particulièrement inquiétée avec des feux qui se sont déroulés jusque dans les jardins des propriétés. Grâce à l'action des sapeurs-pompiers, que je remercie une nouvelle fois, des moyens du SDIS, des moyens aériens du ministère de l'Intérieur, puisqu'il y a eu 7 avions hier qui ont été mobilisés pour faire des largages, à peu près 25 largages.

Et grâce à l'activité des gendarmes et des élus municipaux, on a évité tout drame. Il n'y a eu aucun mort et il n'y a eu qu'un seul pompier qui, par ailleurs, a été blessé légèrement hier dans le combat contre le feu. Le message que je veux passer ici, et M. le procureur de la République reviendra, s'il le souhaite, sur l'enquête qu'il a ouverte pour l'origine de ce feu, c'est évidemment un message de prévention très important au moment où débute le plus grand feu de l'année 2023, à une date extrêmement précoce. Il est l'habitude d'évoquer la saison des feux qui commence en général au mois de juin, à la fin juin jusqu'au début septembre. Là, nous voyons que nous sommes en avril.

On a déjà connu plusieurs départs de feux importants, notamment dans le sud de la France. Aujourd'hui, c'est un feu de plus de 1000 hectares que nous déplorons et nous ne sommes que mi-avril.

Sachant que 9 feux sur 10 sont d'origine humaine, qu'ils soient volontaires ou involontaires, il est extrêmement important que chaque Française et chaque Français, quel que soit l'endroit où ils se trouvent, et notamment dans les zones où l'humidité est la plus importante, c'est-à-dire singulièrement au sud de la Loire, d'avoir un comportement extrêmement responsable, ne pas jeter de mégots, ne pas faire de feux dans les forêts, éteindre ses véhicules lorsque l'on est à l'arrêt, puisque l'on voit que chaque petit fait, chaque petite impolitesse, chaque petite incartase fait naître des feux extrêmement importants et des désastres écologiques.

Aujourd'hui, le désastre, il est écologique dans les Pyrénées. Il est également touristique et économique. Je veux dire aux élus de ce beau département qu'au nom du président de la République et du gouvernement, nous serons à leur côté pour les accompagner, tant dans le reboisement, bien évidemment, que dans l'activité économique et touristique. Mais je veux dire à quel point la saison des feux commence tôt, du fait du réchauffement climatique. Et tout en saluant l'action des sapeurs-pompiers, nous avons tous une part de responsabilité dans les jours, les semaines et les mois d'été qui viennent.

3:54
Présentateur

Monsieur le ministre, on sait que vous avez présenté il y a quelques semaines le nouveau plan de prévention des feux de forêt. Est-ce qu'on est prêt à affronter justement cette saison qui s'annonce très particulière ?

4:01
Gérald Darmanin

Oui, on est prêt à l'affronter grâce au travail extrêmement important des sapeurs-pompiers, qu'ils soient volontaires ou professionnels, grâce aux moyens militaires du ministère de l'Intérieur. J'ai d'ailleurs annoncé une quatrième formation de ce qu'on appelle les Formix, c'est-à-dire ces militaires qui sont partout en France formés à intervenir dans des conditions très difficiles, 600 militaires de plus, des moyens aériens en augmentation. Il y avait 37 avions et moyens aériens. On a augmenté ça de 25% rien que pour cet été. Ils sont déjà évidemment en place. Vous avez vu qu'hier, ils sont intervenus dans des conditions de vent extrêmement dures.

Et puis nous avons aussi beaucoup travaillé avec l'ensemble de la communauté, de la protection des lieux comme les forêts. Je pense évidemment aux forestiers, aux communes bien sûr, et puis au travail qu'elles peuvent faire les forces de sécurité au sens large. Après, il ne faut pas se leurrer. Nous avons connu un été 2023 extrêmement... Nous allons connaître un été 2023 extrêmement difficile, sans doute au moins aussi difficile que l'été 2022, dans les moments où les feux touchent aussi le nord de la Loire.

Ce qui est très impressionnant, c'est à la fois l'avancée dans le temps de la saison des feux, du fait du réchauffement climatique, et le fait que 50% des feux l'été dernier ont touché le nord de la Loire, des départements comme le Finistère, comme le Jura, comme les Vosges, comme le Ménéloire, qui n'avaient pas du tout l'habitude d'intervenir. Donc on a mis beaucoup, beaucoup de moyens pour cet été. Je pense qu'ils démontrent encore aujourd'hui leur efficacité. Pas un mort, pas un blessé grave chez les pompiers, pas de maison détruite. Hier, le combat des sapeurs-pompiers, ça a été de lutter pour que les maisons, les biens ne soient pas détruits. Mais ce sont des catastrophes écologiques.

Et lorsqu'il y aura plusieurs feux en même temps sur le territoire national, c'est ça la difficulté, lorsque nous en aurons dans le sud de la France, dans le sud-ouest de la France et dans le nord de la France, il faudra évidemment que nous soyons au rendez-vous. Les moyens sont là. Mais il faut que chacun se sente extrêmement mobilisé pour éviter ces départs de feu. Merci.