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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 14 octobre 2025 25 min

Budget, réforme des retraites... le 8h30 de François-Xavier Bellamy

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour François-Xavier Bellamy. Bonjour. Vous êtes membre des LR proche de Bruno Rotaillot. On va revenir sur la crise que traverse votre parti, la classe politique aussi. Comment les Républicains ont-ils pu provoquer la chute de Le Cornu 1 ? Vous allez nous dire ce que vous attendez de la déclaration de politique générale du Premier ministre cet après-midi à l'Assemblée. Mais d'abord on écoute Philippe Aguillon, économiste français à qui le prix Nobel d'économie a été décerné hier. RCT sur France 2, il était interrogé sur la réforme des retraites alors que la question de sa suspension déchire la classe politique. Écoutez.

0:39
Invité

Il faut arrêter l'horloge maintenant jusqu'aux élections présidentielles. C'est-à-dire qu'on est à 62 ans et 9 mois, on stoppe jusqu'aux élections présidentielles. On peut absolument se perpendre, ça ne coûte pas très cher.

0:50
Présentateur

Même Philippe Aguillon, Nobel d'économie, estime qu'on peut suspendre cette réforme sans trop de casse jusqu'en 2027 au moins. Mais vous, ALR, vous menacez le gouvernement s'il cédait sur ce point ?

1:03
François-Xavier Bellamy

Moi d'abord je voudrais féliciter Philippe Aguillon pour son prix Nobel et pour ses travaux très impressionnants sur la question de l'innovation. Le fait est que Philippe Aguillon en revanche en politique a des engagements qui sont clairs. Il a soutenu François Hollande, il a soutenu Emmanuel Macron. Avant de s'en démarquer, de dire qu'il avait un pouvoir trop vertical. En tous les cas, les choix politiques qu'il a fait dans les dix dernières années ont conduit la France à la situation de crise économique et budgétaire majeure que nous connaissons aujourd'hui.

Ce n'est pas parce que Philippe Aguillon nous dit aujourd'hui, après avoir exprimé ses préférences, qu'il fallait désormais suspendre la réforme des retraites,

1:43
Présentateur

Il s'exprime aussi en tant qu'économiste et il dit par exemple, vous pointez son appartenance plutôt au centre-gauche, il dit aussi qu'il est contre la taxe Zuckmann, mais pour une taxation des plus riches. Donc sur la réforme des retraites, vous vous dites qu'il s'exprime en économiste et en politique et pas du tout en économiste.

1:59
François-Xavier Bellamy

Là c'est clairement, son expression hier est une expression politique, il parle de la situation politique du pays en disant que... Quand il dit que ça ne coûterait pas grand chose, c'est une position d'économiste. Je crois que... Je voudrais me mettre une seconde à la place de tous les Français qui ont entendu des dirigeants leur dire pendant des années que cette réforme était indispensable. Je cite Emmanuel Macron. Cette réforme est indispensable, disait Emmanuel Macron, pour sauver notre système de retraite.

Et aujourd'hui, ces mêmes dirigeants politiques, je pense à Madame Borne, je pense à beaucoup de ministres de l'actuel gouvernement, nous disent que non, non, en fait, on peut la suspendre. Ils ne le disent pas parce qu'ils croient qu'on peut la suspendre. Ils le disent pour une seule raison, c'est qu'ils veulent rester au gouvernement, c'est qu'ils veulent rester au pouvoir. Et que le Parti Socialiste, dans un accès de démagogie magnifique, après avoir exigé des nouvelles taxes dans le pays le plus taxé du monde, est maintenant en train de demander qu'on revienne sur cette réforme de l'âge de l'État.

2:56
Présentateur

Pardon François-Xavier Villamy, mais si on comprend bien, les Républicains sont désormais farouchement attachés à une réforme à laquelle ils se sont opposés en grande partie à l'époque, en 2023. 19 députés, les Républicains, avaient voté contre la censure d'Elisabeth Borne, en représailles justement à l'adoption par 49% de cette réforme des retraites. Mais aujourd'hui, vous dites, tout le monde est aligné, c'est pas vrai, c'est pas la réalité.

3:17
François-Xavier Bellamy

Cette réforme des retraites, c'était pas la nôtre, et elle a beaucoup de défauts sur la question de la pénibilité, sur la question de la place des femmes. Donc bien sûr, il faudra remettre un jour cette réforme sur le métier. Mais cette réforme, elle était nécessaire, et elle ne serait pas passée, sans le soutien très majoritaire des parlementaires, les Républicains, à l'Assemblée et au Sénat. Pas lui comme un seul. Et au Sénat, à l'Assemblée et au Sénat. Mais parce qu'encore une fois, elle était imparfaite, et je comprends qu'il y ait eu un débat.

Mais cette réforme, elle était nécessaire, et la meilleure preuve de cela, c'est que les Républicains défendaient, en 2022, avec Valérie Pécresse, la nécessité de porter l'âge de départ à la retraite à 65 ans. C'était également le cas avec François Fillon en 2017. Et on n'en serait pas là aujourd'hui si on avait fait ces choix courageux avant. Mais encore une fois, je voudrais le redire. En fait, la question de la suspension de la réforme des retraites, je le dis avec beaucoup de gravité, ça n'est pas la question des retraites. C'est la question du sens de la politique. C'est la question, pardon, du sens de la responsabilité politique.

Les gens qui vous disent aujourd'hui qu'on peut suspendre la réforme des retraites, savent très bien que notre système de retraite est déjà déficitaire, et que dans quelques années, il est mort, si on accepte de reculer sur cette réforme fondamentale. Et pardon de le dire, mais ce n'est pas eux qui en paieront les conséquences. Pardon, pardon. Ils le disent aujourd'hui... Aussi qu'on puisse vous poser des questions. Ils le disent aujourd'hui, juste parce qu'ils veulent faire un tour de manège supplémentaire, parce qu'ils veulent... Qu'on comprenne bien, monsieur Bellamy, qu'on comprenne bien, s'il vous plaît.

4:34
Intervenant

C'est de l'irresponsabilité absolue. S'il vous plaît. Si le Premier ministre, dans son discours de politique générale, parle de suspension immédiate et complète, est-ce que vous, à droite, vous le censurez ? Oui ou non ?

4:47
François-Xavier Bellamy

Ce sera la preuve qu'on a eu bien raison, et que Bruno Retailleux a eu bien raison de ne pas monter dans ce bateau. Nous étions rentrés au gouvernement il y a un an avec Michel Barnier pour essayer d'être utile aux Français et pour éviter que le programme de la gauche n'arrive au pouvoir.

4:59
Présentateur

Et ça, on va y revenir, mais est-ce que vous censurez Sébastien Le Gordet qui suspend la réforme ? On va en parler en longueur de cette crise aux Républicains et de la raison pour laquelle vous n'êtes plus au gouvernement aujourd'hui. Est-ce que si Sébastien Le Cornu décide de suspendre la réforme des retraites, les LR le censurent ?

5:14
François-Xavier Bellamy

Non, mais ce qui est absolument certain, c'est qu'on ne peut pas soutenir cela. Nous, notre but n'est pas de censurer par plaisir.

5:20
Présentateur

On n'est pas comme Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen.

5:24
François-Xavier Bellamy

Ce que nous disons simplement, c'est que la France, bien sûr, a besoin de stabilité. Elle a besoin qu'on arrive à trouver une voie de passage dans ces situations compliquées. Mais la France n'a absolument pas besoin du déni de réalité. Et on ne peut pas laisser croire aux Français que suspendre cette réforme des retraites serait sans dommage. Encore une fois, je le redis, c'est la question qui se pose ici. C'est la question de notre vision de la politique. Les gens qui proposent de suspendre cette réforme des retraites ne paieront pas les conséquences.

Je pense à tous les retraités de ce pays qui ont travaillé toute leur vie et qui savent que si cette réforme est suspendue, c'est leurs pensions qui seront remises en cause. Pas dans dix ans, pas dans cinq ans, mais demain. Demain, parce que la France, elle est en train de bavarder sur cette question au bord du précipice budgétaire. Donc vous ne censurez pas le gouvernement ? Je pense à tous les travailleurs qui ne vous répondez pas. Pourquoi vous ne vous répondez pas ? Oui ou non, on censure. Ça fait 15 fois qu'on vous pose la question. Mais je vous réponds. On ne soutiendra pas. On ne censure pas pour le plaisir. Voilà, vous ne censurez pas, mais vous ne soutenez pas. D'aggraver le chaos.

On vous entend. Mais on va évidemment, et je le redis, ça confirme le choix courageux qu'a fait Bruno Retailleau de dire, dès la semaine dernière, nous ne pouvons plus, nous ne pouvons plus, bien que nous ayons tout fait pour pouvoir être utile aux Français, nous ne pouvons plus participer à un gouvernement qui va dans la mauvaise direction.

6:32
Présentateur

Sur ce choix de Bruno Retailleau, justement, arrêtons-nous sur ce qui a agité les Républicains ces derniers jours. Le nouveau gouvernement, François-Xavier Bellamy, compte six membres des Républicains, alors que la ligne fixée par le parti, par Bruno Retailleau, dont vous êtes très proche, c'était pas de participation. Ce même Bruno Retailleau, qui il y a dix jours, au contraire, avait tout fait pour inciter la droite à participer au gouvernement Lecornu 1. Il voulait être reconduit à Beauvau. Il avait accepté le poste juste avant de faire exploser ce même gouvernement. Qu'est-ce qu'il se passe chez vous ? Et est-ce que vous avez honte du spectacle envoyé par votre parti ces derniers jours ?

7:06
François-Xavier Bellamy

Non, j'ai honte du spectacle envoyé par la vie politique française ces derniers jours, mais je crois que dans cette situation...

7:10
Présentateur

Vous n'avez aucune responsabilité à droite ?

7:12
François-Xavier Bellamy

Mais regardons les choses lucidement. Ce n'est pas la droite qui a fait tomber le gouvernement Lecornu 1. Ah bon ? Non ? Il faut nous expliquer ça. C'est extrêmement simple. Dimanche dernier, Sébastien Lecornu annonce son gouvernement. Toutes les oppositions ont dit ce que tous les Français ont vu et ce que nous avons ressenti, que ce gouvernement était en fait une manière d'annuler le résultat de la dissolution. C'était le gouvernement le plus macroniste qu'on ait jamais vu depuis 2017. Nous étions arrivés autour de Michel Barnier.

Après la dissolution, Emmanuel Macron avait fait le choix de nommer un Premier ministre qui n'était pas de son camp, pour montrer qu'il avait perdu la majorité et qu'il ne devait plus gouverner le pays. Mais le gouvernement de Sébastien Lecornu, malheureusement, c'était un retour en arrière. C'était une manière pour Emmanuel Macron de reprendre tout le pouvoir. Et c'est ce que tous vos confrères disent et ce que tous les Français observent. Ce que nous avons dit en conscience, c'est que nous devions réinterroger notre participation. Avant même que nous ayons tranché sur ce sujet, Sébastien Lecornu a présenté sa démission. Mais pourquoi ?

Parce que c'était une évidence qu'il allait être censuré.

8:11
Présentateur

Non mais attendez, François-Xavier Blamy, Bruno Retailleau a été dans le gouvernement d'Elisabeth Borne avec Manuel Valls. Non, non, non, il n'était pas dans le gouvernement d'Elisabeth Borne. Non, mais avec Elisabeth Borne en tant que ministre, avec Manuel Valls en tant que ministre, il a été dans le gouvernement de François Bayrou, qui est l'ennemi juré de la droite. Et vous nous dites qu'il ne peut pas être dans un gouvernement de Sébastien Lecornu ?

8:29
François-Xavier Bellamy

Michel Barnier était précisément le choix que nous n'avions pas fait. C'est le président de la République qui avait fait ce choix. Le choix qui disait la nécessité d'une forme de cohabitation entre le gouvernement et un président de la République qui avait perdu deux fois les élections législatives. François Bayrou s'était imposé à Emmanuel Macron. Tout le monde le sait et vous l'avez raconté. Il y avait toujours une forme d'indépendance qui était, encore une fois, difficile. Et pour nous, participer à ce gouvernement n'avait rien d'une évidence.

Mais l'idée était de faire en sorte que dans cette situation où il n'y avait pas de majorité, nous prenions notre part pour faire que le pays avance. Avec Sébastien Lecornu, nous croyions possible, nous avions cru possible de continuer ce travail-là. Mais ce que nous avons compris, c'est qu'en fait, il ne s'agissait plus d'être utile au pays, mais de prolonger indéfiniment le système politique macronien qui a été à plusieurs reprises désavoué par les Français.

9:19
Intervenant

Et du coup, Bruno Retailleau a fait un tweet qui a contribué à la chute en une nuit du gouvernement Lecornu 1. Et on va juste, s'il vous plaît, écouter Marc Fénaud qui était notre invité.

9:29
Locuteur non identifié

Arrêtons de jeter à la figure des noms pour dire ça je veux, ça je veux pas. Nous sommes dans cette situation parce que dimanche soir, il nous a mis dans cette situation. S'il vient nous dire qu'il veut ajouter sa pierre au chaos, c'est pas ce que j'avais compris de son entrée au gouvernement et de l'entrée au gouvernement des LR en septembre dernier.

9:45
Intervenant

Entre les tweets, les exclusions, les coups de fil à Matignon, c'est un parti politique ou une thérapie de groupe, le LR là ?

9:50
François-Xavier Bellamy

Écoutez, nous, la décision qui a été prise, elle était très claire. Elle a été prise pas seulement par Bruno Retailleau. Moi, je lui suis reconnaissant d'avoir pris cette décision forte. Il aurait pu rester accroché à son siège lui aussi. Il aurait pu se coller à son fauteuil en disant je suis ministre, je veux le rester. Non, il a dit en conscience, ce choix n'est plus possible. Étant donné la situation devant laquelle nous sommes placés. Et ce choix, il a été confirmé par une écrasante majorité de notre bureau politique. Et en ce moment, au moment où nous vous parlons, il est soumis au vote de nos adhérents.

10:19
Présentateur

Parce que vous avez besoin de vous relégitimer, François-Xavier Bellamy, parce que tout le monde n'était pas d'accord.

10:23
François-Xavier Bellamy

Non, mais parce que ça s'appelle la vie de la démocratie interne d'un parti qui respire et qui demande à ceux qui le font vivre ce qu'ils veulent de leur famille politique. Donc oui, nous demandons à nos adhérents s'ils confirment ou non ce choix de ne pas participer au gouvernement de Sébastien Le Corneau.

10:37
Présentateur

Pour revenir sur Le Corneau 1...

10:39
François-Xavier Bellamy

Je crois qu'il n'y a pas beaucoup de partis politiques en France qui fonctionnent avec une telle transparence. Et quand la ligne est claire, il est normal que la ligne soit partagée par tout le monde.

10:46
Présentateur

Est-ce que ce coup de sang de Bruno Retailleau, officiellement, parce qu'il y avait trop de macronistes au gouvernement et notamment la présence de Bruno Le Maire qui avait été nommé aux armées, il n'est pas lié plutôt au fait que Bruno Retailleau espérait que vous, qui êtes l'un de ses amis, vous entriez, qui êtes vice-président de LR, vous entriez au gouvernement et que ça a été refusé par Matignon ? Est-ce que ce n'est pas ça la vraie raison ?

11:09
François-Xavier Bellamy

D'abord, je ne courais derrière aucun poste. Bruno Retailleau... Mais il a essayé. Il a essayé de gérer un poste pour vous. Bruno Retailleau ne demandait aucun nombre, aucun quota particulier. Nous n'étions pas là pour notre parti politique. Il n'a pas suggéré votre nom. Bruno Retailleau a suggéré votre nom aux armées. Il a peut-être suggéré mon nom. Si c'est le cas, je lui en suis très reconnaissant. Mais le fait est qu'il n'a pas pris cette décision parce que je n'étais pas nommé. La vérité, c'est que comme tous les Français, ce n'est pas nous, c'est tous les Français qui ont ressenti la même chose. Quand ce gouvernement a été nommé, qu'est-ce que nous avons ressenti ?

C'était un retour en arrière. C'était un retour vers le futur. C'était comme si on était en 2017 et que rien ne s'était passé et que les Français n'avaient pas trois fois, aux deux élections législatives depuis 2022 et aux élections européennes, trois fois désavoué Emmanuel Macron. Encore une fois, je le redis, et ce que nous avons dit pendant toute cette semaine, c'est que nous étions prêts à continuer d'assurer au pays la stabilité dont il a besoin à la condition que le Premier ministre ne soit pas un fidèle du premier cercle d'Emmanuel Macron. Parce que je crois qu'il faut respecter nos institutions. Nous n'avons pas gagné les élections.

12:09
Présentateur

La version, elle a changé plusieurs fois depuis ici parce qu'il n'était pas au courant de la présence de Bruno Le Maire.

12:15
François-Xavier Bellamy

Mais parce que cette rupture de confiance, elle était aussi symptomatique de cela. Mais ce que nous disions, nous ne le disions pas pour nous-mêmes, nous le disions pour les Français, parce qu'il faut respecter le vote des Français. Nous n'avons pas non plus gagné les élections législatives. Évidemment, nous ne revendiquions pas le pouvoir. Ce que nous disions simplement, c'est que ce ne peut pas être toujours les mêmes qui reviennent toujours au même poste quand ils ont été désavoués.

12:36
Présentateur

Avec François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains, député européen, six ministres LR au gouvernement malgré les consignes de Bruno Retailleau.

12:50
Intervenant

Oui, dont évidemment la ministre de la Culture, Rachida Dati, et la ministre de la Culture, Annie Venevar, qui ont été immédiatement exclues quelques minutes après leur re-nomination. Ce n'est pas un peu excessif ?

13:02
François-Xavier Bellamy

Mais encore une fois, c'est le choix que ces ministres ont fait. Ce n'est pas seulement la consigne de Bruno Retailleau, c'était la décision très majoritaire de notre bureau politique. Une formation politique, c'est un collectif. Et à un certain moment, on décide. On a élu un président, on vote pour une ligne précise. et quand cette ligne est exprimée par nos instances les plus importantes, chacun doit s'y tenir.

13:26
Intervenant

Donc vous n'allez pas investir Rachida Dati à Paris ? Elle n'aura pas l'investiture à l'air si elle est exclue ?

13:30
François-Xavier Bellamy

Encore une fois, ce que nous disons est très simple, c'est que ces personnes qui ont fait ce choix, on le regrette, ça ne retire rien.

13:37
Intervenant

Ce n'est pas très simple, parce que vous l'excluez avant de l'investir potentiellement dans quelques semaines, ça ne me paraît pas du tout très simple. Est-ce que c'est compréhensible cette position ?

13:42
François-Xavier Bellamy

Colline après colline, comme dit Bruno Retailleau. La seule chose qui compte aujourd'hui, c'est de garantir la clarté. Et notre famille politique a pris la décision autour de Bruno Retailleau, mais encore une fois, avec toutes nos instances, et ce soir, avec les adhérents qui vont se prononcer, on verra bien ce qu'ils disent, ils se prononcent librement. Eh bien, s'ils confirment que nous ne devons pas participer, vous savez, on n'est pas représentant d'un parti politique pour ses propres titres ou ses propres mérites, on l'est au nom de ceux qui nous ont fait confiance. Et si les militants disent que vous devez y retourner,

14:09
Intervenant

Bruno Retailleau va demander à retourner au gouvernement, s'il le suit bien ? Parce que c'est acté, là, non ?

14:13
François-Xavier Bellamy

C'est fini, non ? Non, mais si les militants, si les adhérents, si on a, vous savez, le Parti de France qui a le plus grand nombre d'adhérents, donc on compte sur eux pour nous dire ce qu'ils attendent de nous. Si nos adhérents nous disent que nous devons participer au gouvernement, j'en doute fort parce que ce n'est pas ce que j'entends d'eux, mais s'ils nous disaient cela, eh bien, évidemment, c'est leur ligne qui s'impose.

14:28
Présentateur

Et vous pouvez vous permettre de perdre six membres de LR,

14:31
François-Xavier Bellamy

dont des anciens ministres ? Je crois que ce qu'on ne peut pas se permettre de perdre, aujourd'hui, c'est la clarté. Et moi, je voudrais vous dire, j'en veux beaucoup, beaucoup, beaucoup à Emmanuel Macron. Pas parce qu'il a pris des positions politiques qui sont différentes des miennes, ça, c'est la vie politique, c'est la démocratie, c'est le pluralisme, et j'ai bien sûr du respect pour sa fonction. Mais j'en veux beaucoup à Emmanuel Macron de contribuer à cette ambiance qui salit toute la politique.

14:55
Présentateur

C'est de la faute d'Emmanuel Macron, si Annie Genevard dit, moi, en tant qu'en responsabilité pour servir mon pays, j'étais à l'agriculture dans cette période de crise, je veux rester à l'agriculture.

15:04
François-Xavier Bellamy

Est-ce que ce n'est pas ça la responsabilité ? C'est la même situation que celle qu'on a vécue en 2017. Une succession de débauchages individuels. Et Sébastien Lecornu, d'ailleurs, avait dit qu'il ne s'y livrerait pas. Et je regrette qu'il ait fait le contraire. Parce que je crois que ça salit tout. Quand un parti politique, ce n'est pas seulement nous, d'ailleurs, c'est aussi Horizon, c'est aussi l'UDI. Quand un parti politique dit, en conscience, nous ne souhaitons pas participer au gouvernement, eh bien, aller chercher des individus qui vont brouiller ce message-là, c'est en fait salir toute la politique. Et personne ne se fait d'illusion.

Vous savez, qu'est-ce qu'ils pensent, les Français aujourd'hui ? Les Français se disent « Tous ces gens-là sont attachés qu'à leur place, à leur poste, à leur petite fonction. » Et ils se moquent absolument du reste. Eh bien, malheureusement, cette impression-là, elle laissera des traces durables sur la confiance que les Français ont dans la politique. Moi, je crois que la politique, c'est autre chose. Je crois que la politique, c'est de la constance, de la cohérence, de la clarté des convictions. Et c'est ça qu'on défendra avec les Républicains qui sont fidèles à leurs idées.

15:57
Présentateur

Encore aujourd'hui, de la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu, il doit s'exprimer cet après-midi à 15h à l'Assemblée.

16:03
François-Xavier Bellamy

Mais moi, j'attends et j'espère que Sébastien Lecornu résiste à cette exigence complètement folle des socialistes. Je le redis, quand je vais aujourd'hui prendre mon train vers Bruxelles pour aller au Parlement européen, je vais retrouver mes collègues de tous les pays d'Europe qui nous regardent avec sidération. Nous sommes le seul pays...

16:20
Présentateur

Avec sidération, vraiment.

16:21
François-Xavier Bellamy

Avec sidération. Le Portugal a annoncé hier faire des excédents budgétaires. Ils baissent les impôts et ils augmentent les pensions de retraite. La Grèce est à 1% de déficit sur son PIB. Nous sommes le seul pays en Europe qui est en train de décrocher sur le plan budgétaire d'une manière extrêmement grave. Nous sommes aussi en train de décrocher dans notre capacité de produire ce dont nous avons besoin. Nous sommes un pays qui s'appauvrit collectivement et revenir sur l'âge de départ à la retraite, ce sera accélérer cet appauvrissement et aggraver le risque budgétaire qui pèse sur le pays. Toute l'Europe nous regarde en nous disant...

16:54
Présentateur

Mais François-Xavier Benhamie, il n'y a pas de majorité. Il n'y a pas de majorité.

16:57
François-Xavier Bellamy

Mais si, il y a une majorité.

16:58
Présentateur

La place de Sébastien Lecornu ne tient qu'à un fil. Vous voyez bien que les socialistes menacent de le censurer. Il faut vous mettre d'accord. Vous qui avez l'habitude des compromis au Parlement européen, vous n'êtes pas capable de dire qu'il faut aussi le faire en France.

17:09
François-Xavier Bellamy

Mais le compromis, ça ne veut pas dire renoncer à l'essentiel. Et là, encore une fois, je le redis, nous sommes en train de bavarder au bord d'un volcan. Évidemment, la vérité, c'est que tous les Français le savent, le sentent. La réalité de cet appauvrissement, nous la connaissons aujourd'hui. Aujourd'hui, le décrochage du niveau de vie d'un Français par rapport à un Allemand, c'est une réalité que tous les Français sentent dans leur vie quotidienne maintenant. Mais tous les Français savent aussi le risque budgétaire majeur. Si demain, nous rentrons dans une crise financière... Justement. Et la Grèce l'a connu, d'autres pays européens l'ont connu.

Si nous rentrons dans une crise financière majeure, quel responsable politique pourra regarder les Français dans les yeux en disant « Oui, j'ai lâché sur la suspension de cette réforme que j'avais défendue hier, mais c'est parce que j'avais envie de garder mon petit poste, de garder ma petite place. » Mais vous savez, tous ces gens-là, je le redis, aujourd'hui, ils sont en train de mettre de l'argent de côté. Tous ceux qui peuvent mettre de l'argent de côté en se disant « Il faut se mettre à l'abri parce que c'est déjà foutu. » « Et moi, je pense à tous les jeunes, je pense à tous les jeunes sur qui on accumule de la dette de manière totalement...

» « C'est ça le sujet de la suspension de la FFM. »

18:05
Intervenant

« Il faut qu'on puisse vous poser des questions, s'il vous plaît. » « Le gouvernement va présenter le budget en Conseil des ministres tout à l'heure. » « Un budget qui sera discuté, vous le savez, 149.3, qui aurait permis de l'adopter sans vote, ce qui signifie donc qu'il sera très largement amendable par les oppositions. Est-ce que ça vous inquiète ? »

18:21
François-Xavier Bellamy

Non, Michel Barnier avait fait la même chose par respect du Parlement. Il n'avait pas utilisé le 49.3 jusqu'à la dernière étape de l'adoption du budget. Le seul problème, c'est est-ce qu'il y a une chance que le budget soit adopté par 149.3 ? Et la question qui se pose, du coup, c'est est-ce que finalement, ça n'est pas un subterfuge qui redonnera tout le pouvoir au gouvernement au moment où il s'agira de faire passer un budget par ordonnance ?

18:42
Présentateur

François-Xavier Bellamy, un candidat soutenu par le Rassemblement National a remporté dimanche la législative partielle dans le Tarn-et-Garonne face à une candidate socialiste. Quelques jours plus tôt, Bruno Retailleau avait lancé cet appel. Pas une voix à la gauche. Est-ce que c'est ça l'avenir de LR ? Un fonds républicain inversé avec le RN contre les socialistes ?

19:01
François-Xavier Bellamy

Écoutez, moi j'ai écouté hier ce que Jean-Luc Mélenchon a dit sur la situation à Gaza. Alors que le président Trump vient de faire un accord de paix qui, j'espère, apportera la sécurité à Israël et au peuple palestinien qui était piégé dans ce conflit par le Hamas depuis longtemps, Jean-Luc Mélenchon met sur le même plan des prisonniers terroristes du Hamas et les otages qui viennent d'être libérés.

19:26
Présentateur

Tous les prisonniers palestiniens ne sont pas des terroristes.

19:28
François-Xavier Bellamy

Non mais en l'occurrence, parmi eux, il y en a beaucoup qui étaient détenus parce qu'ils avaient participé à des activités terroristes ou à une organisation terroriste comme le Hamas. Mettre sur le même plan des otages et des terroristes, c'est ce que fait Jean-Luc Mélenchon.

19:41
Présentateur

Alors ça, j'entends, mais là, je vous parle des socialistes. Oui, oui, mais moi, je vous parle des socialistes aussi.

19:46
François-Xavier Bellamy

Je vous parle des socialistes aussi parce que dans cette même législative partielle, sur une autre circonscription, celle des Français de l'étranger, les socialistes soutenaient à nouveau le candidat LFI parce que le NFP n'est pas mort, parce que les socialistes ont toujours choisi de s'allier avec la France.

19:58
Présentateur

Ça veut dire qu'un second tour PS-RM à la présidentielle, en cas de présidentielle anticipée ou en 2027, vous votez RM.

20:05
François-Xavier Bellamy

Et Bruno Retailleau a été très clair.

20:06
Présentateur

Non mais vous, je vous pose la question à vous, François-Xévé Bellamy.

20:08
François-Xavier Bellamy

Et moi, je vous réponds, mais je vous réponds de manière très claire. Je soutiens la ligne que Bruno Retailleau a défendue. Et je pense...

20:13
Présentateur

C'est-à-dire pas une voix pour la gauche, même le Parti Socialiste en cas de seconde tour à la présidentielle face RM.

20:17
François-Xavier Bellamy

On verra si le Parti Socialiste arrive à s'émanciper radicalement de la France insoumise. Aujourd'hui, il fait le contraire, y compris sur le plan du contenu. Il y a des sociodémocrates dans toute l'Union Européenne qui font des réformes des retraites courageuses. Le Danemark, pardon, le Danemark, pays gouverné par les sociodémocrates, vient de faire passer l'âge de la retraite à 70 ans.

Tant que les socialistes français auront un programme qui ressemble plus à celui de l'ancien Parti Communiste et qui s'aligne avec celui de Jean-Luc Mélenchon sur tous les sujets, y compris les plus graves, comme celui de la lutte contre l'antisémitisme, qui malheureusement est devenu le grand drame, la grande trahison, le grand reniement de la gauche. Quand le Parti Socialiste continuera de s'allier avec le NFP, moi je pense que c'est la même chose que Roger Carucci, qui est qu'effectivement, aujourd'hui, il faut une forme de front républicain contre la France.

20:58
Présentateur

Est-ce qu'il faut une union des droites ? Ce front républicain, est-ce que ça veut dire qu'il faut une union des droites de LR au RN pour battre la gauche ?

21:04
François-Xavier Bellamy

Là, pour le coup, il suffit d'écouter ce que dit Marine Le Pen, qui dit « je ne suis pas un parti de droite », qui, elle, pour le coup, quand on lui demande de choisir entre Olivier Faure et Bruno Retailleau au deuxième tour, dit qu'elle ne peut pas faire la différence. Donc, je crois qu'il faut juste écouter ce que dit Marine Le Pen. Et en parler à l'instant de la suspension de la réforme des retraites. Mais moi, je suis obligé de le dire, en un mot, je suis obligé de le dire, la suspension de la réforme des retraites, c'est le programme de Jean-Luc Mélenchon, c'est le programme d'Olivier Faure, c'est le programme de Marine Le Pen.

Si nous sommes les seuls à défendre la rationalité nécessaire pour sauver les retraités de ce pays, pour sauver les travailleurs de ce pays, pour sauver les jeunes de ce pays...

21:36
Intervenant

Pardon, je suis vraiment obligé de vous interrompre, parce qu'on a encore deux questions très importantes à vous poser. On a appris hier la date d'incarcération de l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, ce sera à la prison de la Santé, le 21 octobre, donc mardi prochain. Qu'est-ce que vous pensez de ce fait politique majeur ? Et considérez-vous, comme notre invité David Lissin, il y a quelques jours, que Nicolas Sarkozy n'est plus une figure tutélaire de la droite ?

21:55
François-Xavier Bellamy

Moi, je pense que cette incarcération, je ne suis pas un spécialiste du droit, je ne suis pas un juriste, mais comme un citoyen parmi tant d'autres, je suis profondément préoccupé de ce que cette incarcération signifie. Parce que Nicolas Sarkozy a été privé de la possibilité d'un appel qui soit suspensif. Le fait que cette incarcération ait été appliquée à titre d'exécution provisoire, pour moi, ne peut pas se fonder.

22:21
Présentateur

Mais c'est la loi écrite par les députés, François-Claire Boulamé.

22:23
François-Xavier Bellamy

La loi dit que l'exécution provisoire, elle est nécessaire quand la personne condamnée représente un danger pour la société, quand il y a un risque de récidive, de réitération, quand il y a un risque majeur qui pèse sur la possibilité d'appliquer la justice.

22:39
Présentateur

C'est aussi la gravité des faits reprochés.

22:41
François-Xavier Bellamy

Et moi, je me fonde sur des analyses de juristes éminents qui, regardant cette décision, ont dit qu'un jour, elle sera étudiée comme un cas très préoccupant de la manière qu'on peut avoir de tordre le droit. Dire que Nicolas Sarkozy devait aller immédiatement en prison parce que c'est ce que requiert l'ordre public, mais pardon, mais ça n'a pas de sens. Nicolas Sarkozy pouvait faire appel, et il va faire appel. Et si les juges de première instance étaient si certains de leur verdict, je ne vois pas ce que la société avait à redouter du fait que la décision qu'il prenait soit réexaminée en appel avant qu'éventuellement elle ne s'applique. Il va être 8h59, je suis obligé de vous interrompre

23:19
Intervenant

parce que c'est l'heure de la question qui ? On ne peut pas finir une émission sans la question qui ? La question qui fait du toboggan aujourd'hui. Bruno Retailleau perd quand même 7 points dans le dernier sondage d'Ipsos la Tribune dimanche. Il reste à 20%, c'est beaucoup, mais il perd quand même 7 points. Il fait du toboggan dans les sondages. Est-ce que ce n'est pas le grand perdant de cette séquence par sa propre faute ? François-Xavier Bellamy.

23:37
François-Xavier Bellamy

Mais Bruno Retailleau a fait une seule faute majeure. C'est d'avoir été fidèle à sa conscience et à ce que les Français attendent. Une forme de droiture et de loyauté. Si Bruno Retailleau était resté au gouvernement dimanche dernier, que ce gouvernement était tombé 48 heures plus tard dans une censure déshonorante, je pense que vous auriez aussi dit qu'on avait beaucoup perdu. C'est pas ça.

23:55
Présentateur

Sébastien Lecornu, lui, il gagne des points, François-Xavier Bellamy.

23:58
François-Xavier Bellamy

C'est très bien. C'est à la fin de l'histoire qu'on verra qu'il y avait raison. Nous avons tenu bon sur nos convictions et moi je crois profondément que quoi que disent les sondages qui sont par définition variables et contingents, on ne perd jamais à être fidèle à ses convictions.

24:10
Présentateur

C'est avec un score comme ça et avec 6 membres de LR en moins que vous allez aller à la présidentielle ?

24:15
François-Xavier Bellamy

Mais la présidentielle, c'est dans un an et demi. Beaucoup de choses peuvent se passer d'ici là. Et encore une fois, je le redis, je pense qu'on prend date aujourd'hui. Et je voudrais dire à tous les Français qui nous écoutent que ceux qui vous vendent aujourd'hui la suspension de la réforme des retraites, qui pourraient vous dire aussi bien « Allez, la retraite a 55 ans, la retraite a 50 ans », ils vous mentent, ils se moquent de vous, ils méprisent votre avenir. Et ceux qui aujourd'hui refusent de vous mentir seront ceux qui pourront demain incarner l'espérance dont la France aura besoin pour pouvoir se reconstruire.

24:38
Présentateur

Merci beaucoup François-Xavier Bellamy d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci Paul, on se retrouve demain ?

24:43
François-Xavier Bellamy

A demain Agathe.

24:44
Présentateur

Vous nous restez avec nous, vous nous retrouvez tout de suite pour les informer avec Renaud Délis. Sous-titrage Société Radio-Canada