Sophie Abida, privée de ses enfants par leur père - C à Vous l’intégrale - 09/09/2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Très heureuse de vous retrouver. On est ensemble en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe. Salut à tous les 5.
Ce soir, une démission et peut-être une nomination. - C'est officiel, F.Bayrou est Premier ministre démissionnaire. - Tous les regards vont se tourner vers E.Macron. - Le président veut aller vite. - Demain, il y a une forte mobilisation. - Il y a beaucoup de rumeurs dans les ministères. - Le nom de S.Lecornu circule. - La réponse pourrait arriver dès aujourd'hui, à moins que les choses ne soient plus compliquées qu'elles n'en ont l'air. - A.-E.Lemoine: Il est 19h et on attend toujours. - P.Cohen: C'est mal parti pour que ce soit aujourd'hui.
Les nominations en soirée ne sont pas très fréquentes. Le président reste maître des horloges et des nominations. - A.-E.Lemoine: Et s'il s'agissait d'une Première ministre?
Bonsoir, Y.Braun-Pivet. Merci de votre présence ce soir.
Ce matin, vous avez déclaré ne pas être candidate pour le poste mais être disponible pour oeuvrer dans l'intérêt du pays. Vous nous direz ce que ça veut dire dans un instant, même si votre rendez-vous avec "C à vous" a été pris de longue date et n'a rien à voir avec cette déclaration. La situation politique fait réagir. - E.Tran Nguyen: "Les Français changent de Premier ministre comme on change de sous-vêtements".
C'est ce qu'on peut lire dans un journal danois. - A.-E.Lemoine: A la une également, une veillée d'armes. - J'espère que ça ne va pas s'arrêter au 10.
Nous, on a mis "à partir du 10". Si, le 11, on rentre chez nous, le gouvernement va rigoler. - L.Amar: Demain, beaucoup de secteurs seront concernés. - L.Sénéchal: Cette nuit, des têtes de cochons ont été déposées devant au moins 9 mosquées de Paris et la petite couronne. - A.-E.Lemoine: En 2de partie, nous recevrons A.Lutz, M.Thierry et B.Bouillon.
Tout de suite, l'édito de P.Cohen. Un gouvernement démissionnaire à nouveau à la tête de la France. - P.Cohen: Celui de F.Bayrou, qui expédie les affaires courantes dans l'attente de la nomination de son successeur.
C'est la 3e fois que ça arrive depuis l'été 2024, quand G.Attal avait expédié les affaires courantes durant 2 mois pendant les JO. - G.Attal: Depuis 1 an et la dissolution, tout a été fait à l'envers.
Les Premiers ministres ont été nommés en se disant que derrière, ils auraient une majorité dans un contexte où l'Assemblée nationale est divisée et aucune force politique n'a une majorité seule. Ce que je propose, c'est qu'après la chute de ces 2 gouvernements, renverser la méthode et de parler du quoi avant du qui. - P.Cohen: C'est-à-dire du programme avant de savoir qui va le mettre en musique.
G.Attal suggère de nommer un négociateur, une personnalité en dehors de la politique pour trouver ce compromis qui permettrait de gouverner comme cela se fait dans d'autres régimes parlementaires européens. - A.-E.Lemoine: Il a des chances d'être entendu? - P.Cohen: Aucune.
Ca fait un an et demi qu'E.Macron n'écoute plus G.Attal.
Le président s'apprête à faire le contraire, à recommencer comme les 2 autres fois en nommant probablement S.Lecornu, fidèle ministre de la Défense Chargé de réussir ce grand écart aux allures de mission impossible: rallier le PS et obtenir un accord de non-censure suffisamment large pour faire passer un budget et peut-être quelques réformes. - A.-E.Lemoine: On est sûrs que ce sera S.Lecornu? - P.Cohen: On n'est sûrs de rien.
C'est l'acte manqué de décembre dernier, S.Lecornu, celui que le président de la République voulait nommer avant que F.Bayrou ne vienne lui tordre le bras à l'Elysée pour imposer sa propre nomination.
Cette fois, on a des indices solides. X.Bertrand était cité parmi les possibles Premiers ministres et a affirmé lors d'une réunion de direction LR que ce ne serait pas lui et que S.Lecornu était en train de constituer son gouvernement.
Il sera difficile de dissiper l'impression persistante de tourner en rond. Et encore, pour les citoyens les plus bienveillants. J.Fourquet disait ce matin dans "Le Figaro" Qu'on avait l'impression que la vie politique était une pièce de théâtre décalée, se jouant devant une salle vide.
Chacun est encore dans son couloir. Notre invitée pourra en témoigner tout à l'heure, puisqu'elle a réuni les présidents de tous les groupes parlementaires à l'Assemblée ce matin. Voyons ce que disent les principaux dans les médias.
O.Faure ne disait rien de ses intentions, faisant mine d'espérer encore être appelé à gouverner. - O.Faure: Je crois à la lucidité.
Je vois un pays exaspéré. Je pense qu'il est temps de cohabiter. - P.Cohen: "Il est temps de cohabiter", dit-il sans y croire.
Le RN dit ne plus rien espérer non plus. - J.Bardella: Si le prochain Premier ministre, si monsieur Macron fait le choix de nommer un nouveau Premier ministre, il n'aura aucune autre possibilité que de rompre avec la politique menée depuis 8 ans.
Auquel cas, les mêmes causes entraîneront les mêmes effets et entraîneront une censure du gouvernement. - P.Cohen: J.Bardella dit le contraire de ce qu'il voulait dire.
Il n'y aura pas de rupture et il y aura censure de la part du RN. Les insoumis non plus n'attendent rien, sauf la démission du président, mais J.-L.Mélenchon se distingue en conservant l'alerte sur notre endettement. - J.-L.Mélenchon: J'ai très mal vécu les 15 jours ou 10 jours de monsieur Bayrou passant sur tous les plateaux pour dire à la finance internationale que la France, c'est la catastrophe.
Ce n'est pas vrai. A un moment donné, je me suis demandé s'il n'essayait pas d'attirer la crise financière sur la France pour qu'on cède. - Il n'y a pas de problème de dette en France? - J.-L.Mélenchon: Non. - P.Cohen: LFI a déposé cet après-midi à l'Assemblée nationale une proposition de résolution pour engager une nouvelle procédure de destitution contre le président de la République. - A.-E.Lemoine: Un 3e gouvernement démissionnaire en un peu plus d'un an.
C'est une fois de trop, Y.Braun-Pivet? Est-ce qu'il faut aller plus vite pour éviter le sentiment de flottement? - Y.Braun-Pivet: Ca montre que nous n'arrivons toujours pas à créer cette culture de la coalition.
On voit bien cette Assemblée...
Elle est éclatée comme jamais. Aucune majorité. Pourtant, certains continuent à revendiquer le pouvoir à eux tout seuls.
Ca ne marchera pas comme ça. C'est la raison pour laquelle...
Se réunir pour se dire sur quoi nous pouvons nous mettre d'accord pour assurer de la stabilité à notre pays, c'est tout ce dont nous avons besoin et c'est ce que réclament les Français, les chefs d'entreprise et nos partenaires internationaux. Je reviens d'un G7 au Canada où j'ai rencontré l'ensemble des présidents de Parlements des pays membres du G7. Chaque entretien bilatéral s'est commencé par: "Qu'est-ce qui se passe en France, madame la présidente?
Qu'est-ce qu'on va faire? Est-ce que vous pouvez nous assurer qu'il va y avoir de la stabilité et que la France va pouvoir continuer à assurer sa mission?" Je leur réponds que je suis convaincue qu'on peut y arriver.
On me dit que je suis optimiste ou idéaliste. Moi, je pense que le pragmatisme va l'emporter et surtout, l'intérêt des Français. Dimanche, j'ai passé 3 heures avec mes compatriotes au salon des associations de Sartrouville.
Ils disent un truc: "Entendez-vous. Ce n'est pas si compliqué que ça." Ce n'est pas si compliqué, non.
Il faut se mettre autour d'une table. "On est en 2025. On va jusqu'en 2027.
Sur quoi on peut se mettre d'accord d'ici là?" - A.-E.Lemoine: Donc l'idée de G.Attal n'est pas si mauvaise que ça. - Y.Braun-Pivet: Je pense que c'est important... - A.-E.Lemoine: Le président de la République n'écoute pas G.Attal? - Y.Braun-Pivet: Je pense qu'il faut changer de méthode pour avoir quelque chose de solide.
Ce qui est en jeu, c'est certes le budget...
C'est fondamental, le budget de la France, mais c'est aussi les mois qui suivent. Les Français disent quoi? Ils veulent de la stabilité en janvier, en mars, en octobre prochain.
Ce n'est pas uniquement pour avoir un budget. Il faut réussir à créer quelque chose de plus large, de plus long, plus pérenne. Il faut créer cette fameuse coalition en disant, et ça me paraît fondamental...
Ca ne vaut pas quitus de la gestion et ça ne vaut rien pour 2027, mais nous sommes responsables. Nous sommes des personnalités politiques. Nous prenons nos responsabilités.
Nous devons assurer la stabilité dans notre pays. Je suis sûre que nous en sommes capables parce que nous sommes entre gens, je l'espère, de bonne volonté. - P.Cohen: Quelle était l'ambiance ce matin à la réunion des présidents de groupe?
C'était plus constructif que les réactions qu'on vient d'entendre dans ces vidéos? - Y.Braun-Pivet: On a déjà eu des échanges avec les 11 présidents de groupe en personne autour de moi à l'Assemblée nationale.
L'idée était de parler des affaires courantes. Qu'est-ce qu'on va faire? On a décidé ensemble qu'on allait continuer ou interrompre.
Il y a quand même une commission qui se réunit aujourd'hui, sur un projet de loi sur la résilience des installations face à toutes les attaques cyber. C'était important. En ce moment, l'Assemblée nationale est en train de travailler en commission sur ce texte.
Après, j'ai souhaité qu'il y ait un certain nombre de choses...
J'ai souhaité que les missions d'information et de contrôle puissent continuer. Ca, c'est constructif. Après, on s'est demandé si certains sujets sur lesquels l'Assemblée nationale pourrait travailler de façon concertée.
Depuis 3 ans, les députés de l'opposition et de la majorité déposent des textes ensemble. C'est comme ça qu'on a voté la création d'un CHU en Corse à l'unanimité ou d'un centre national contre le cancer. On a créé aussi l'aide d'urgence pour les femmes victimes de violences conjugales.
On s'est demandé si on pouvait les thématiser autour de grands thèmes d'intérêt pour les Français. On avait évoqué le thème du logement, celui des collectivités territoriales et celui du grand âge. Il y a des échanges.
Je suis convaincue qu'on peut aller beaucoup plus loin parce que c'est l'intérêt des Français qui doit primer. - A.-E.Lemoine: On a le sentiment que chaque parti est dans son couloir en voulant imposer ses priorités avec, en tête, l'élection présidentielle dans 18 mois et les municipales. - Y.Braun-Pivet: En effet et les Français nous en veulent beaucoup.
Ils veulent la dissolution, la démission. Je le reconnais. Collectivement, c'est le moment du sursaut.
A l'Assemblée nationale, c'est ce que j'essaie de faire. J'espère qu'on y arrivera. - E.Tran Nguyen: Là, il s'agit de trouver un budget.
Il y a eu des propositions de la gauche. On a eu J.-F.Copé à votre place qui nous disait qu'il ne pouvait pas être d'accord avec la gauche et faire des compromis avec elle parce que c'était le grand écart idéologique. - Y.Braun-Pivet: Vous savez, un compromis, ça coûte.
Sinon, ce n'est pas un compromis. Les compromis devront coûter à tout le monde. Il faut que chacun fasse un effort.
Je crois que le jeu en vaut la chandelle. Je crois que ça vaut le coup. Notre pays vaut le coup.
La stabilité, ça vaut le coup. Il faut faire le maximum d'efforts pour ce faire. C'est ce que j'essaie de faire à mon niveau en tant que présidente de l'Assemblée nationale, en essayant de maintenir le dialogue avec l'ensemble des présidents de groupe et en essayant de trouver des chemins.
Peut-être qu'on n'y arrivera pas, mais je crois qu'on serait impardonnables de ne pas essayer. - A.-E.Lemoine: Si on vous écoute, il faut commencer par négocier, trouver un compromis, une coalition et trouver un Premier ministre qui mettra ça en musique.
Si E.Macron ne suit pas cette méthode, il fait tout à l'envers? - Y.Braun-Pivet: Ce qui est sûr, c'est qu'on doit mettre sur pied cette coalition et s'assurer de sa stabilité.
Evidemment, il ne faut pas que, une fois le Premier ministre nommé, on soit dans des lignes rouges. On n'y arrivera pas. Si on pouvait se mettre d'accord avant cette cohabitation sur une base commune de travail...
Ca ne veut pas dire qu'on sera d'accord sur le fond des sujets, mais on peut se dire que l'accès aux soins est un sujet d'intérêt commun qu'on peut travailler ensemble. On y gagnerait beaucoup. - A.-E.Lemoine: Ce matin, chez nos confrères de RTL, vous avez dit ne pas être candidate pour le poste, mais disponible pour oeuvrer dans l'intérêt du pays.
Une déclaration qui a suscité cette réaction de S.Chenu. - S.Chenu: Je ne comprends pas ces minauderies.
Bon, elle a envie. Pourquoi elle ne dit pas qu'elle a envie d'être Premier ministre? Pourquoi tourner toujours autour du pot?
Ces gens manquent toujours de sincérité. Elle ose à peine dire qu'elle a envie de devenir Premier ministre. Si elle mène la politique d'E.Macron, elle sera censurée. - Y.Braun-Pivet: Ce n'est pas mon mode de fonctionnement.
Je ne cherche pas une place. Je suis présidente de l'Assemblée nationale aujourd'hui. Je pourrais très bien dire que je reste dans mon confort de l'Assemblée et que je regarde les choses se passer.
Ce n'est pas mon genre. Je veux faire le maximum, que ce soit à l'Assemblée nationale ou ailleurs, ça m'importe peu. - A.-E.Lemoine: Vous l'avez dit au président de la République, ça? - Y.Braun-Pivet: Il le sait.
Je ne suis pas une professionnelle de la politique. Ca ne fait que 8 ans que j'ai décidé de m'engager pour mon pays, pour être utile à mes compatriotes. C'est ça qui m'importe.
Aujourd'hui, je suis présidente de l'Assemblée nationale et c'est une place qui me convient très bien. Il se trouve que je mène un dialogue constructif avec beaucoup et que je suis respectée en tant que présidente par tous les groupes. Si je peux être utile à ma place ou ailleurs, je le serai. - P.Cohen: Est-ce qu'on peut dire que vous pourriez parler plus facilement au PS que monsieur S.Lecornu qui vient de LR? - Y.Braun-Pivet: Ce n'est pas à moi ou à vous de le dire.
C'est plutôt à eux. Après, c'est le président de la République qui choisira la meilleure personne. Je crois vraiment que ce qui est fondamental est de se mettre d'accord sur le fond, assurer la continuité jusqu'en 2027 et se mettre d'accord sur un budget. - A.-E.Lemoine: Est-ce qu'E.Macron vous avait déjà proposé le poste dans le passé? - Y.Braun-Pivet: Jamais. - A.-E.Lemoine: Et comment a-t-il réagi au fait que vous vous fassiez valoir, que vous disiez que vous seriez prête à être utile? - Y.Braun-Pivet: Déjà, on est tous les 2 en tête à tête, donc je ne révèle pas les conversations qu'on a en tête à tête.
Je pense que c'était important qu'il sache que c'était une voie possible, une voie parmi d'autres. Il fallait qu'il le sache parce que je sais que beaucoup se sont dit: "Elle est dingue. Elle est présidente de l'Assemblée nationale." Moi, je suis inamovible.
On pourrait se dire...
Beaucoup se sont dit: "Elle est très bien sur son perchoir et elle va y rester." Ce n'est pas mon genre. J'essaie de faire en sorte d'être la plus sincère possible, contrairement à ce que dit monsieur Chenu et d'être la plus utile possible.
Je me suis engagée pour ça. - A.-E.Lemoine: Vous quitteriez ce poste amovible pour un siège éjectable? - Y.Braun-Pivet: Dans la situation dans laquelle nous sommes, où nous n'avons plus de gouvernement, où 2 gouvernements sont tombés en 9 mois...
On est dans une situation qui appelle chacun à la responsabilité. Je prends les miennes et c'est important, je crois, en ce moment, d'avoir des responsables politiques qui sont sincères et qui disent simplement: "Je ne suis pas intéressé par les postes, mais par ce que je peux faire." - A.-E.Lemoine: S.Lecornu non plus n'est pas candidat, mais il semble tenir la corde.
Ce serait un bon profil? - Y.Braun-Pivet: A partir du moment où c'est le choix du président de la République, c'est un bon profil.
Moi, je n'ai pas à me prononcer là-dessus. J'ai toujours très bien travaillé avec Sébastien. On se connaît depuis que je fais de la politique, depuis 8 ans.
Ce qui m'importe, c'est d'être utile. Je sais que je le suis à la présidence de l'Assemblée nationale. Si le président de la République pense que je peux être utile ailleurs, j'irai.
En tout cas, aujourd'hui, j'ai le sentiment d'être utile. En réunissant les 11 présidents de groupe aujourd'hui, j'ai le sentiment d'avoir été utile dans la séquence. C'est ça qui est important pour moi, c'est d'assurer la stabilité de nos institutions.
Avec le président du Sénat, nous sommes dans une entente très fructueuse qui nous permet de stabiliser les institutions dans des moments où ça tangue. Je ne suis demandeuse de rien. A nouveau, je ne suis pas ici pour faire campagne.
C'était prévu de longue date. On m'a dit que je devais annuler parce qu'on croirait que...
Je ne crois rien. Je suis cash. C'est aussi ça qu'attendent les Français. - P.Lescure: Vous avez évoqué cette réunion de travail avec les présidents de groupe.
Il ne peut pas y avoir de travail législatif stricto sensu. Plusieurs projets vont devoir encore attendre, comme le texte sur la certification de la vie économique ou celui sur la fin de vie, que le Sénat devait examiner à partir du 7 octobre. Vous espérez qu'ils seront tous remis ensuite à l'ordre du jour?
Ils devront attendre encore longtemps? - Y.Braun-Pivet: Certains pourront être remis à l'ordre du jour rapidement.
Le texte sur la fin de vie, j'y suis particulièrement attachée, comme vous le savez. J'espère qu'on ne reperdra pas 6 mois ou 1 an dans l'examen de ce texte. Ca voudrait dire que ce sera foutu pour cette législature.
Je crois qu'on peut tenir le calendrier qui était prévu avec F.Bayrou et qui nous amenait à un vote de ce texte pour l'été 2026. Je suis convaincue qu'on peut tenir ce délai.
C'est rigolo...
Je ne sais pas si c'est rigolo...
Je souhaitais une session extraordinaire en juillet. Je faisais partie des rares qui la voulait. On me demandait pourquoi.
Je disais que je préférais qu'on engrange les textes qu'on avait déjà travaillés. J'avais insisté pour qu'on passe Mayotte, etc. J'ai eu gain de cause sur un certain nombre de textes, mais pas sur tous.
Un texte était en préparation sur le droit des femmes, une grande loi-cadre. Je pense que c'est un texte important attendu par les associations et qui pourrait être consensuel. Il y a un texte sur la fraude sociale et sur la fraude fiscale.
Tous les profiteurs, où qu'ils soient, je pense qu'il faut les traquer. Ce texte a été important. Il y a une réforme des collectivités territoriales, une espèce d'éclaircissement des compétences qui permettrait de faire 6 à 7 milliards d'économies par an.
C'est le rapport de B.Ravignon. Je pense qu'il faut s'y attaquer rapidement.
Il y a plein de choses qu'on pourrait faire. Je ne pense pas que tout est foutu et qu'on ne pourra rien faire. J'entends le RN qui parle de dissolution, LFI qui parle de destitution. - E.Tran Nguyen: C'est une situation qui fait réagir nos voisins à l'étranger.
La situation fait la une des journaux télévisés. ... - E.Tran Nguyen: Un chiffre est beaucoup répété, c'est les 9 mois qu'a tenus F.Bayrou.
Un autre chiffre peut donner cette impression d'une République fatiguée, c'est qu'en 3 ans, on va connaître pas moins de 5 Premiers ministres. Le "Guardian" a carrément revisité notre devise: "Liberté, égalité, instabilité". Voici la une d'un journal danois.
Ca peut prêter à sourire, mais il y a une réelle inquiétude chez nos voisins européens. A Berlin, on s'inquiète de voir la France entraîner l'Europe dans le chaos. Même question en Suède.
Regardez cette une. Ce qui affecte aussi l'image d'E.Macron, qui arrivait pourtant à la préserver jusqu'ici à l'extérieur.
Macron est "au bord du gouffre" pour ce quotidien espagnol. C'est intéressant de s'arrêter sur le point de vue de l'Italie qui a souvent été présentée comme le mauvais élève avec une dette plus importante que la nôtre, mais qui arrive aujourd'hui à la faire reculer. Sachez que, depuis ce matin, on emprunte, nous en France, plus cher que l'Italie.
On a eu envie de réagir et d'aller recueillir la réaction du journaliste italien P.Levi. Pour lui, il est temps que les Français ouvrent les yeux. - P.Levi: Les Italiens regardent la France avec stupeur et inquiétude.
Les Français ont beaucoup de qualités, mais ils sont souvent perçus comme des donneurs de leçons chez leurs voisins européens. C'est un peu l'arroseur arrosé parce que la France nous a souvent indiqués comme le malade de l'Europe. L'Italie et les Italiens, pendant 10 ou 15 ans, ont fait des efforts monstrueux.
A un moment, on vous dit que la Ferrari dépense trop d'essence, que c'est trop cher et qu'il faut circuler avec une Renault Clio... - A.-E.Lemoine: Est-ce que les Français sont prêts à faire des efforts? - Y.Braun-Pivet: Je le crois, oui, s'ils savent que ces efforts sont équitablement partagés et que ça vaut le coup, que c'est pour quelque chose.
Ces 2 conditions sont essentielles. Quand on voit cette revue de presse, c'est exactement ce que m'ont dit mes homologues au G7. Mon homologue italien se moquait un peu de nous en disant que d'habitude, c'était Italie qui était instable Et qu'on se moquait de l'Italie alors qu'on n'était pas capable d'être stable.
Tout le monde est étonné. Eux, dans leur pratique politique, ils font ces coalitions et ces accords. En Allemagne, les 2 partis qui sont au gouvernement sont des partis qui sont de vrais adversaires politiques, qui portent des programmes différents et ils sont capables de se mettre ensemble. - P.Cohen: Ils ont beaucoup plus de choses en commun que le centre droit et le centre gauche en France. - Y.Braun-Pivet: A nous de faire les efforts pour créer ce commun.
En tout cas, ils ont cette culture, comme les Italiens ou les Espagnols. J'en ai marre qu'on s'abrite derrière le fait qu'en France, on n'a pas cette culture et qu'on ne peut rien faire. Ce n'est pas une question de culture, c'est une question d'hommes et de femmes qui ne se mettent pas autour de la table. - A.-E.Lemoine: Restez avec nous.
C'est l'heure de la story de L.Amar. - L'idée, c'est qu'on puisse bloquer le pays parce que de toute façon...
Coupure de son. - A.-E.Lemoine: On a un petit problème de son. - L.Amar: C'est l'histoire d'un mouvement social qui a précipité la chute du gouvernement.
Si le vote de confiance a eu lieu hier, c'est aussi à cause de la colère. Le 10 septembre, la date est connue depuis longtemps et le mot d'ordre aussi: "Bloquons tout". Des actions sont prévues partout.
Regardez cette carte qui recense toutes les initiatives et les rassemblements prévus. Ca a commencé dès hier avec des pots de départ organisés juste après la chute de F.Bayrou. - Pourquoi vous êtes là ce soir? - Pour nous féliciter de la première victoire de la mobilisation du 10, qui est le départ de Bayrou. - On est prêts, on est là.
On attend après-demain. - Il n'y a plus Bayrou, mais on ne veut pas un autre Barnier ou un autre macroniste. - M.Aubry: C'est un immense soulagement.
C'est aussi un encouragement pour continuer avec le 10 qui arrive et qui doit être l'occasion de faire partir E.Macron. - L.Amar: M.Aubry était la seule responsable politique à ce pot de départ hier.
LFI soutient officiellement le mouvement du 10 septembre. Pour J.-L.Mélenchon, c'est un moyen d'accentuer la pression sur E.Macron.
Le chef de l'Etat, dont la démission est l'objectif ultime d'une grande partie de ceux qui vont se mobiliser demain, notamment les étudiants, qui étaient réunis en AG à Jussieu tout à l'heure. Nous n'avons pas pu y participer. Certains étudiants nous ont transmis des images.
Certains étudiants ont répondu à nos questions. - Un ras-le-bol général de tous les Français qui souffrent de ce quinquennat interminable. - On a compris que le gouvernement s'en fout un peu qu'on marche de République à Nation. - Ce serait bien qu'on mette l'économie à l'arrêt. - C'est important de faire converger toutes les luttes avec des revendications différentes dans chaque secteur, mais qui touchent à l'ensemble du système.
Il est temps de revenir à une réelle démocratie. Ca ne sera pas le cas tant que Macron est au pouvoir. - L.Amar: Le mot d'ordre, c'est la convergence des luttes.
De nombreux secteurs seront mobilisés demain, notamment l'éducation, la restauration, où le paiement en carte bleue sera découragé, les transports...
Vous allez voir les prévisions. Les trains en Ile-de-France seront affectés et les aéroports risquent d'être bloqués. Bien sûr, le gouvernement surveille ça de près. 80 000 policiers et gendarmes seront déployés, comme une trentaine d'hélicoptères, des drones et des véhicules blindés de la gendarmerie.
Pour chacune de ces actions, il y aura un encadrement. On ne tolérera aucune dégradation. Pour les blocages, il y aura des interventions systématiques des forces de sécurité intérieure.
Il y a un certain nombre de craintes qui tiennent à 2 choses: c'est un mouvement où il n'y a pas réellement d'organisateur. On a un appel général à bloquer le pays avec une multitude d'actions attendues et sans interlocuteur pour les pouvoirs publics. - L.Amar: Le gouvernement redoute que ce mouvement s'installe dans la durée et dans la violence, comme celui des "gilets jaunes" il y a 7 ans.
Les ressemblances sont déjà nombreuses, y compris dans les modes d'action. Nous sommes allés sur un rond-point déjà occupé. - On combat depuis le début l'injustice. - Il y a un mouvement qui se crée.
On rentre dans la danse. On ne sait pas ce qui va se passer demain. - Est-ce que vous diriez que la colère est encore plus grande? - Bien sûr qu'elle est plus grande! - Si mes enfants doivent faire une grève générale, je suis prête à leur payer une grève générale. - Nous, on veut que ce soit à partir du 10, mais il faut que ça dure après. - L.Amar: J'aimerais qu'on écoute ce que vous disiez en 2019 après la crise des "gilets jaunes". - Y.Braun-Pivet: Les "gilets jaunes", nous les avons entendus.
Leur message va irriguer notre façon d'être et de faire de la politique jusqu'à la fin de notre mandature et probablement jusqu'à la fin de notre vie politique. - L.Amar: Cette mobilisation de demain est la preuve que vous n'y êtes pas arrivés? - Y.Braun-Pivet: Evidemment que oui.
Depuis que je fais de la politique, je plaide pour plus de participation citoyenne, pour des consultations régulières des Français par le biais de référendums nationaux et locaux, qu'on change notre façon de légiférer pour s'associer... - L.Amar: En 7 ans, ça n'a pas été fait. - Y.Braun-Pivet: Non, ça ne s'est pas produit.
Il faut progresser. On a cette culture du compromis et du consensus. Il faut aussi qu'elle nous permette de faire du compromis avec la société, avec les corps intermédiaires, les syndicats, les associations et les citoyens.
On a une délibération qui ne se fait pas correctement dans notre pays. C'est la présidente de l'Assemblée nationale qui vous le dit. Cet été, 2 millions de Français ont signé une pétition contre la loi Duplomb.
Moi, j'ai tenu et je tiens à ce qu'il y ait un débat dans l'Hémicycle pour donner un débouché démocratique à cette pétition. C'est important d'entendre les gens. J'ai pris une habitude.
Depuis que je préside l'Assemblée nationale, il y a eu des casserolades. A chaque fois, systématiquement, j'ai toujours refusé d'annuler mes déplacements, même quand les préfets me le demandaient. A chaque fois, je vais arrêter la voiture, je vais voir les manifestants et je discute avec eux.
Les hommes et femmes politiques doivent être à portée d'engueulades. C'est ce que j'ai toujours fait. S'il faut que je le fasse demain, je le ferai demain.
On est à disposition. On est des serviteurs du peuple. - A.-E.Lemoine: Il vous paraît interminable, ce quinquennat? - Y.Braun-Pivet: Pas moi.
Je pense qu'on agit dans l'intérêt des Français. On ne fait pas tout bien, mais il y a des grandes réussites dans ce quinquennat. Quand j'entends les pyromanes qui veulent la destitution ou la dissolution pour avoir ensuite une démission...
Il faut faire marcher cette démocratie avec les citoyens et avec les femmes et les hommes politiques de bonne volonté. - A.-E.Lemoine: Pourquoi les 4 enfants de S.Abida vivent-ils aujourd'hui chez leur père, pourtant sous le coup d'une enquête pour inceste et déjà condamné pour violences physiques et psychologiques?
S.Abida a enfreint la loi. Elle a été condamnée pour non-représentation d'enfant et s'est vu privée il y a 30 mois de la garde de ses 2 grands garçons et ses 2 petites filles.
Comme elle, des centaines de mères se trouvent exclues de leur foyer pour avoir voulu protéger leurs enfants. La plupart ne les voient plus, sinon en présence d'éducateurs ou derrière l'écran de leur téléphone. On les appelle les mères désenfantées et elles manifestaient tout à l'heure place de la République. - Je veux que ma fille soit en sécurité. - On est là pour protéger nos enfants.
On dit la vérité et on écoute nos enfants. - C'est une urgence. Je récupère des témoignages de mamans tous les jours où il y a étranglement avec viol.
A chaque fois, c'est la même finalité en justice. - La justice est complice. - On n'est pas entendues et soutenues. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, S.Abida, présidente du Mouvement des mères en révolte.
R.Royer, vous représentez plus d'une vingtaine de mères privées de la garde de leur enfant après avoir porté plainte contre leur conjoint. Vous avez porté plainte en 2022 quand votre fille de 4 ans et demi vous révèle des faits d'inceste.
Vous dissimulez un enregistreur dans le doudou de votre petite fille. Ce que vous entendez vous glace le sang. C'est à ce moment-là que ça devient inimaginable de confier à nouveau votre enfant à votre ex-compagnon? - S.Abida: Tout à fait.
J'ai été légaliste. J'ai utilisé les voies de recours judiciaires, que tout justiciable a à sa portée. J'ai cru mes enfants.
J'ai tenté de les protéger. Ils m'ont révélé des faits graves. Quand j'étais en couple avec mon ex-mari, j'ai été témoin des violences sur mes enfants. - A.-E.Lemoine: Pour lesquelles il a été condamné. - S.Abida: A partir du moment où ma petite fille de 4 ans régresse, a des symptômes étranges et me révèle que lors du droit de visite et d'hébergement du père, elle subit des violences sexuelles, effectivement, je crois ma fille et je suis en état de sidération.
Je me demande comment faire pour prouver à la justice, aux gendarmes, qu'il n'y a pas que la parole de mon enfant. C'est là que m'est venue cette idée de dissimuler cet enregistreur espion dans son doudou. C'était très compliqué pour moi d'écouter ce qu'il a capté. - A.-E.Lemoine: Vous avez décidé de ne plus lui confier vos enfants, ce qui est un délit.
Vous avez été condamnée à 10 mois de prison pour non-représentation d'enfant, ce qui est assorti de la perte de la garde. On vous a arraché vos enfants. - S.Abida: En 30 mois de combat, je les ai vus 20 heures.
Ce n'est même pas l'équivalent d'une journée. A chaque fois, on me grignote des droits parce que je médiatise mon affaire. Ils bafouent les droits de mes enfants.
Entre-temps, le père a été condamné en mai 2024 pour violences physiques et psychologiques. Les magistrats maintiennent la garde exclusive chez le père. Il est en instruction pénale ouverte avec un juge d'instruction depuis septembre 2023 et on maintient toujours une garde exclusive des enfants, parce que je ne me tais pas. - A.-E.Lemoine: C'est au nom de la présomption d'innocence du conjoint que la justice prend une telle décision? - Me R.Royer: Oui.
C'est d'une part au nom de la présomption d'innocence et...
Lorsque les mères refusent de présenter les enfants après les très graves dénonciations des enfants, les juges aux affaires familiales décident que, finalement, l'enquête est soit en cours, soit il y a un classement sans suite. Au nom de la présomption d'innocence, on transfère la résidence chez le père, parce qu'il ne faudrait surtout pas couper le lien entre le parent et l'enfant. - A.-E.Lemoine: On peut comprendre des femmes qui prennent le risque de se mettre hors-la-loi, mais la justice ne leur accorde aucune circonstance atténuante?
On interprète parfois leur décision comme une toute-puissance de mère? - Me R.Royer: Dans 100 % des dossiers dont mon cabinet s'occupe...
On fait du droit de la famille. A chaque fois qu'il y a un volet pénal, ça fait basculer le dossier. Le juge aux affaires familiales transfère systématiquement les résidences avant même l'issue de l'enquête pénale, avant qu'on ait une certitude ou pas sur ce qui se passe. - A.-E.Lemoine: Vous dites que la justice traite vos clientes comme des criminelles. - S.Abida: On est diabolisées, criminalisées.
Les violences institutionnelles continuent dans nos affaires. On a défoncé ma porte. 6 gendarmes armés et casqués m'ont arraché mes enfants, comme à une narcotrafiquante.
Est-ce que je mérite ce traitement? Est-ce que mes enfants méritent ce traitement? Je ne sais pas.
Les traumatismes, les dégâts...
J'entends toujours les hurlements de mes enfants. "La police! La police!" Et la détention...
J'ai été en détention pendant 3 mois, placée à l'isolement par le tribunal de Chartres. Pourquoi je suis placée à l'isolement? Je ne suis pas un danger pour les autres codétenues ou les agents pénitentiaires.
On est criminalisées encore plus que des narcotrafiquants. C'est pas possible. On n'a fait que croire nos enfants, que tenter des procédures.
Est-ce que la violence...
Est-ce que nos enfants méritent cette violence? Qu'est-ce que j'aurais dû faire en tant que parent? Le devoir d'un parent, c'est de protéger son enfant du harcèlement scolaire, des violences physiques d'un parent ou en dehors de la cellule familiale.
Je n'ai fait que mon devoir. J'ai été légaliste et on me reproche d'intenter des procédures. - A.-E.Lemoine: Vous avez utilisé tous les recours à votre disposition avant de décider de ne pas présenter vos enfants? - S.Abida: Quand je vois ce transfert de résidence, qui est violent, je me demande comment la juge peut transférer la résidence aussi violemment.
L'enquête n'est pas classée. Elle est en cours. Les gendarmes ont retranscrit les audios glaçants.
Je me demande où est l'intérêt supérieur de l'enfant. Est-ce que c'est d'être arraché brutalement à son parent qui tente de le protéger pour être placé chez l'agresseur présumé ou en foyer de l'Aide sociale à l'enfance? - A.-E.Lemoine: Pourquoi les enfants ne sont pas confiés à un tiers? - Me R.Royer: C'est ce qu'on se demande.
Et pourquoi dans 100 % des cas, on accuse la mère de manipulation et, anciennement, d'aliénation parentale? Pourquoi on ne part pas tout simplement du principe qu'un enfant dit la vérité? Surtout, je ne vois pas comment des enfants peuvent imaginer des scènes de viol, imaginer...
C'est des scènes très difficiles. Ils sont extrêmement précis, en général, dans tous les dossiers que j'ai. - E.Tran Nguyen: Dans le dossier de Sophie, il n'y a pas que la parole de l'enfant, il y a aussi les audios du père.
Vous avez des éléments. - Me R.Royer: Les magistrats ont tous considéré que c'était encore une fois une interprétation de la part de madame Abida. "Vous pouvez le voir comme ça et vous pouvez le voir autrement." On n'a pas de preuves matérielles irréfutables.
C'est un peu le même problème que quand il y avait des violences conjugales, avant toutes les évolutions qu'on connaît. Dès qu'une femme se plaignait de violences conjugales, on demandait des preuves matérielles irréfutables. On en est au même stade avec les enfants. - A.-E.Lemoine: Le ministre de la Justice envisage une ordonnance de mise à l'abri de l'enfant, qui pourrait être prononcée avant la mise en examen éventuelle du parent accusé.
Si ça voit le jour, ça serait suffisant? - S.Abida: La loi Santiago n'est pas applicable en l'état.
Très peu de pères vont jusqu'à une mise en examen. Quand il y a un classement sans suite, très peu de mères se constituent partie civile auprès du doyen des juges d'instruction. Très peu de dossiers vont jusqu'à l'instruction.
La loi Santiago n'est malheureusement pas applicable en l'état pour les enfants, pour qu'ils soient protégés. Une ordonnance de sûreté comme a prononcée le garde des Sceaux en août permettrait, dès les signalements, de mettre à l'abri mes enfants. Ca sauverait mes enfants, qui subissent un martyr depuis 30 mois, avec des signalements répétés.
Un voisin, en plein mois de juillet, a alerté les forces de l'ordre. Elles sont intervenues chez le père. Mes enfants appelaient au secours suite à des violences.
On a ressaisi un juge des enfants. La réponse, c'est: "On a possiblement d'autres enfants maltraités. On n'a pas que ça à faire." - A.-E.Lemoine: Un mot, Y.Braun-Pivet? - Y.Braun-Pivet: On est tous parents.
Je suis maman. On ne peut qu'être bouleversé d'entendre cette situation tragique. Vous avez parlé de la loi Santiago.
Nous avons légiféré sur ce sujet pour essayer de retirer l'autorité parentale au parent maltraitant le plus rapidement possible. C'est une loi qui a été votée à l'unanimité des groupes politiques, je crois. J'entends que ça ne va pas assez loin.
Il faut avancer. Ce sont des situations éminemment douloureuses, sans remettre en cause l'indépendance de l'autorité judiciaire. Si on peut faire bouger les choses pour que la loi soit mieux faite, il faut le faire. - A.-E.Lemoine: Merci, S.Abida et maître R.Royer.
Je rappelle le nom de votre collectif, Mères en colère... - S.Abida: Mouvement des mères en révolte. - A.-E.Lemoine: C'est le 5/5 de L.Sénéchal.
Des têtes de cochon retrouvées devant plusieurs mosquées d'Ile-de-France. - L.Sénéchal: Le porc est considéré comme impur par l'islam.
On voit l'insulte avec ce geste. Des têtes de cochon ont été découvertes sur la voie publique, avec parfois "Macron" griffonné dessus. 9 en tout, 4 à Paris et 5 en petite couronne.
Parfois, les auteurs ont été filmés par les caméras de vidéosurveillance. La mosquée de Javel fait partie de la liste. La rectrice de ce lieu de culte dit sa stupeur. - Tout le monde a été sous le choc.
On se dit qu'une tête de cochon, finalement, c'est pas grand-chose, mais se retrouver avec une tête de cochon ensanglantée devant la mosquée, c'est écoeurant et ça fait peur. On se demande pourquoi, à quoi ça sert. On est en colère.
En même temps, on a peur et besoin d'être sécurisés. - L.Sénéchal: "C'est une triste étape dans la montée de la haine antimusulmane", dénonce le recteur de la grande mosquée de Paris.
Condamnation également de B.Retailleau. - B.Retailleau: C'est l'indignation.
Je l'ai fait savoir. C'est inadmissible. J'espère bien qu'on retrouvera celles et ceux qui ont pu commettre cette profanation.
J'entends que nos compatriotes musulmans puissent exercer leur foi dans la sérénité. - L.Sénéchal: Le ministre de l'Intérieur est nommément mis en cause dans cette affaire par J.-L.Mélenchon.
Il estime que l'islamophobie se déchaîne en France, "chauffée à blanc" par B.Retailleau. Il cite les saillies de B.Retailleau.
Une enquête est ouverte. On ne peut s'empêcher de faire des rapprochements avec des actions précédentes dont il a été avéré que c'était des actions d'ingérence étrangère. C'est ce que déclare L.Nunez.
Il fait référence aux étoiles de David ou aux mains rouges peintes sur les murs de bâtiments juifs. B.Payan, maire de Marseille, disait être victime de menaces de mort après ces images.
Il mange un couscous. C'était un plat mis à l'honneur dans un festival culinaire marseillais. Y.Braun-Pivet, vous êtes inquiète pour les Français musulmans? - Y.Braun-Pivet: Je suis inquiète de voir que ce climat perdure dans notre pays.
On va fêter les 120 ans de la loi de 1905 en décembre prochain. Cette loi, c'est préserver la liberté de croire ou de ne pas croire. Je pense que chacun doit pouvoir exercer son culte paisiblement dans notre pays.
Ces attaques sont inadmissibles et intolérables. On se pose toujours la question de qui, pourquoi...
On voit bien que parfois, je ne sais pas si c'est le cas là, mais il y a des manipulations de puissances étrangères qui viennent surfer sur cela pour nous nuire. Il faut être dans l'union pour les dénoncer et être aux côtés de nos compatriotes de confession musulmane, juive ou catholique, puisqu'il y a aussi des actes envers les catholiques. - A.-E.Lemoine: Israël frappe le Hamas au Qatar. - L.Sénéchal: Le Qatar est pourtant un médiateur pour obtenir un cessez-le-feu à Gaza.
E.Macron dénonce des attaques inacceptables. Les frappes israéliennes risquent d'intensifier l'escalade, selon le Royaume-Uni.
Ce sont les domiciles de représentants du Hamas au Qatar qui ont été frappés, d'après Israël. Il n'y a pas eu de mort des chefs du Hamas. Le mouvement palestinien revendique l'attaque de Jérusalem hier.
Elle a fait 6 morts. La tension est maximale. L'enclave de Gaza est sous la menace d'une nouvelle offensive israélienne de grande ampleur. - L.Sénéchal: L'aide humanitaire entre toujours au compte-goutte à Gaza.
Une partie de la gauche européenne se mobilise avec une flottille de la liberté. 25 navires qui veulent percer le blocus, au moins de manière symbolique. A bord, les militants craignent une attaque de drones.
La nuit dernière, il y a eu ce qui ressemble à une frappe sur un navire de cette flottille. - L.Sénéchal: Les autorités tunisiennes démentent toute frappe de drones et évoquent un mégot de cigarette au départ d'un feu dans les gilets de sauvetage.
Ca ne ressemble pas aux images que vous avez vues. A.Haenel, la comédienne présente sur place, nous a adressé un message. - A.Haenel: C'est une violation très grave du droit international.
C'est une attaque...
Je la lis comme une tentative d'intimider toutes les personnes dans cette mission humanitaire et pacifiste, les intimider afin qu'elles renoncent. C'est une attaque qui a pour but de détourner le regard des atrocités commises aujourd'hui dans la bande de Gaza par Israël, de cette phase finale du génocide. On me demande souvent pourquoi je fais ça.
Comment fait-on pour ne pas agir? Je sais le risque que je prends. Je le prends aussi parce que je pense que c'est la seule manière de pouvoir essayer de vivre dignement dans ce monde. - A.-E.Lemoine: Aux Etats-Unis, les démocrates publient ce qu'ils présentent comme le dessin et le message adressé par D.Trump à J.Epstein. - L.Sénéchal: Le dessin d'une femme nue avec des mots énigmatiques. "Nous avons certaines choses en commun.
Joyeux anniversaire, Jeffrey." D.Trump aurait écrit ça en 2003, pour les 50 ans de J.Epstein.
Autre document: un chèque de 22 500 dollars, signé Trump. Ca montrerait la proximité entre les 2 hommes. La Maison-Blanche rétorque que ce sont des faux.
Les victimes ont manifesté pour réclamer de la transparence. D.Trump est poursuivi dans cette affaire.
La vie politique américaine ressemble de plus en plus à une mauvaise émission de téléréalité. Voici la démonstration d'un sénateur républicain en guerre contre les crevettes étrangères. - L.Sénéchal: C'est délirant.
Il parle de crevettes radioactives indonésiennes vendues dans des magasins de plusieurs Etats américains. Ces crevettes pourraient vous faire pousser une 3e oreille, d'après cet élu, qui s'appelle Kennedy, mais il n'a pas de lien avec R.Kennedy Jr, dont la politique a déjà des conséquences néfastes chez nous.
La Floride a supprimé toutes les obligations vaccinales pour les enfants. Chez nous, les antivax sont galvanisés par les Etats-Unis. Ils sont plus violents, plus actifs.
Nos scientifiques craignent un impact sur la couverture vaccinale. - A.-E.Lemoine: Ca vous inquiète évidemment. - Y.Braun-Pivet: Je suis censée répondre? - A.-E.Lemoine: Non, non, non... - Y.Braun-Pivet: C'est délirant et inquiétant.
On voit des propos qui, après, se répandent. Quand ça vient d'un élu, ça leur donne de la crédibilité. C'est inquiétant. - A.-E.Lemoine: On finit avec les prénoms rétros qui gardent la cote. - L.Sénéchal: Louise et Gabriel devraient rester en tête l'an prochain, d'après "L'Officiel des prénoms".
J'ai pris des noms un peu au hasard...
Par exemple, Sébastien. C'est un peu dans l'air du temps. "Respecté, vénéré." Sébastien fait peu d'émules en France avant que "Belle et Sébastien" soit diffusé.
Personnalité: ténacité et détermination. Il y a aussi Yaël. "Chèvre sauvage". - Y.Braun-Pivet: Oui, c'est une petite gazelle. - L.Sénéchal: Caractérologie: connaissance, sagacité. - Y.Braun-Pivet: C'est une guerrière. - L.Sénéchal: J'avais aussi Gérald.
Ca veut dire "gouvernement". - A.-E.Lemoine: C'est germanique. - P.Lescure: Et Lorrain? - L.Sénéchal: Il n'y est pas. - A.-E.Lemoine: Y.Braun-Pivet, il nous reste peu de temps.
F.Roussel a publié une lettre pour s'adresser à B.Retailleau en contestant la sanction infligée au PC parce qu'ils n'ont pas respecté la parité au moment des législatives.
Ah, ça y est? - L.Sénéchal: S.Lecornu Premier ministre, c'est imminent. - Y.Braun-Pivet: Ce n'est pas annoncé. - P.Cohen: Ca va être annoncé. - Y.Braun-Pivet: Ce qui est important, c'est qu'on assure de la stabilité.
Je serai évidemment aidante et facilitante. - A.-E.Lemoine: Pas déçue de ne pas aller à Matignon?
Pas cette fois? - Y.Braun-Pivet: Pas cette fois.
Yaël Braun-Pivet