Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewC à vous· 26 novembre 2024 15 min

Mairie de Paris : Anne Hidalgo ne briguera pas de 3e mandat - C à Vous

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

avec S.Chikirou, mais ce n'est pas encore certain. Vu loin de Paris, ça fait beaucoup d'inconnues, mais c'est l'une des particularités de Paris et de la loi PLM, Paris-Lyon-Marseille, où on vote par arrondissement et par secteur.

Les Parisiens peuvent désigner leur maire sans voter directement pour lui. - A.-E.Lemoine: Votre réaction, à cette annonce d'A.Hidalgo?

Vous vous sentez libéré, ce soir, C.Consigny? - C.Consigny: Non.

Je suis réaliste. Je pense que le mode de scrutin à Paris ne permettra pas une alternance, une vraie alternance à Paris. Ce vote par arrondissement, qui favorise énormément la gauche, compte tenu de la sociologie et de la démographie à Paris, va faire que quelqu'un, un autre enténébré de gauche, remplacera madame Hidalgo et continuera sa politique criminelle. - P.Cohen: Jusqu'à présent, c'est possible sur le papier que, comme aux Etats-Unis, le vote populaire ne corresponde pas avec la désignation du maire.

Mais ce n'est formellement jamais arrivé. Il y avait quasiment jeu égal en 2014 entre N.Kosciusko-Morizet et la liste Hidalgo. - C.Consigny: Si seul le suffrage universel direct ne permettait pas de faire gagner quelqu'un d'autre que quelqu'un du parti de madame Hidalgo, elle ne se serait pas opposée de toutes ses forces au changement du mode de scrutin.

Or, elle a tout fait pour que rien ne soit changé. Je pense que ce mode de scrutin lui convient et reproduira la même politique criminelle. - A.-E.Lemoine: On va y revenir, et sur le bilan.

C'est une surprise, tout de même? - O.Pérou: Oui.

C'est une sortie ratée, précipitée. Quand les hommes et femmes politiques partent, souvent, on se demande ce qu'ils vont laisser. A.Hidalgo laisse un duel entre 2 de ses héritiers.

On ne comprend pas pourquoi. Surtout, cette interview à 6h, on ne comprend pas trop...

Elle avait fuité la veille dans un autre journal, visiblement de la part de la Mairie de Paris...

Tout ça semble un peu précipité. - P.Cohen: Elle répond à une question qu'on ne lui pose pas: "Je ne serai pas candidate à la présidentielle." - C.Consigny: Une question qu'elle est la seule à se poser! - O.Pérou: Son prédécesseur, B.Delanoë, avait préparé sa succession en la désignant. - A.-E.Lemoine: Elle désigne un dauphin, R.Féraud, très fidèle mais totalement inconnu. - O.Pérou: Elle le désigne précipitamment.

Ca sort d'il y a quelques semaines, après avoir fait monter E.Grégoire, son premier adjoint, il y a des années. Il y a un mois ou deux, c'était L.El Aaraje, dont vous parliez, une de ses très proches, qui était pressentie.

On a l'impression qu'aujourd'hui, A.Hidalgo fait tout pour que ce soit contre E.Grégoire.

Je ne comprends pas pourquoi. Je l'ai vue en janvier, dans le cadre d'une interview, et je suis ressorti de son bureau en me disant qu'elle repartait pour un 3e mandat. Ca navigue un peu à vue, aujourd'hui, j'ai l'impression.

On ne sait pas ce qui va rester du bilan politique d'A.Hidalgo. - A.-E.Lemoine: Ce qui est sûr, c'est qu'on ne revivra pas le duel Hidalgo-Dati pour la Mairie de Paris.

Leurs passes d'armes sont devenues des classiques. - A.Hidalgo: Vous êtes convoqués au Dati show! - R.Dati: C'est aussi anecdotique que votre score à la présidentielle de 1,7 %.

Oui, ça fait mal! - A.Hidalgo: Ca m'avait échappé que vous aviez gagné une élection.

Je vous demande de bien vouloir libérer les locaux. - R.Dati: Vous pouvez nous faire changer de locaux, mais je serai toujours là.

Il est temps de changer Paris. Je vous remercie. - A.Hidalgo: C'est un voeu que vous formulez depuis 20 ans, mais les Parisiens ne vous suivent pas.

Faites-vous élire ici et on en reparlera! - A.-E.Lemoine: G.Attal était en tête des personnalités qui feraient un bon maire, pour les Français.

Il n'est pas candidat, mais la bataille va être féroce. - O.Pérou: Il y a beaucoup de candidats.

De par le mode de scrutin assez étrange à Paris, c'est étrange de lire ce sondage...

Ce ne sont pas les Parisiens qui décident directement. Ce sera le problème d'E.Grégoire, s'il est candidat: Paris fonctionne comme une cour du château, avec ses courtisans.

On peut considérer que les maires d'arrondissement sont des courtisans. Le déjeuner hier autour d'A.Hidalgo était assez étrange.

Certains avaient le sentiment en sortant d'avoir eu un pistolet sur la tempe pour soutenir R.Féraud plutôt qu'E.Grégoire.

On est un peu dans une situation...

E.Grégoire aura certes l'avantage de la fédération socialiste de Paris, mais il va devoir s'assurer du soutien des maires d'arrondissement, ce qui n'est pas fait. - A.-E.Lemoine: "Je veux être le maire de la réconciliation pour apaiser cette ville", c'est une manière de dire qu'A.Hidalgo a été une maire de la division? - C.Consigny: Non seulement de la division, mais de l'émigration.

Elle a fait fuir beaucoup de Parisiens. - A.-E.Lemoine: 140 000 Parisiens... - C.Consigny: Voilà, ce qui ne l'a pas fait douter, d'ailleurs.

C'est fascinant, cette absence de doute, qu'on retrouve en général chez les pires idéologues et chez les profils les plus autoritaires. Elle a fait fuir beaucoup de gens, à mon avis hostiles à sa politique. Ce sera difficile de battre le candidat qui défendra la continuité de sa politique. - P.Cohen: Grâce à sa politique, mais aussi au prix de l'immobilier.

Il ne faut pas tout lui mettre sur le dos. - C.Consigny: Je ne suis pas sûr que ce soit le prix de l'immobilier uniquement qui fasse fuir les familles.

J'ai souvent des témoignages...

J'ai le malheur d'habiter dans le centre de Paris. - O.Pérou: Quel malheur! - A.-E.Lemoine: Vous avez le privilège, les moyens... - C.Consigny: Le privilège, les moyens, le malheur, tout en même temps!

Quand vous parlez avec des familles qui commettent le crime d'habiter dans l'ouest de Paris, évidemment, le 16e, c'est la droite, des gens égoïstes...

Ils sont infréquentables. Quand ils veulent se rendre, pour prendre un train, par hypothèse, pour aller respirer un peu...

Vous avez les enfants, les valises, vous vous dites que vous allez prendre un taxi. Aujourd'hui, quand vous habitez dans l'ouest de Paris, vous ne pouvez pas raisonnablement vous rendre dans une gare parisienne en taxi sans prévoir 2 heures de délai. Je suis désolé, elle a divisé la ville et l'a rendue impraticable pour beaucoup. - A.-E.Lemoine: Il fallait laisser la ville à la voiture comme avant? - C.Consigny: Non.

Je dis qu'il fallait faire les choses de manière mesurée. Dans toutes les grandes capitales du monde, on réduit la place de la voiture individuelle, même dans des villes comme Dubaï. On remplace la voiture individuelle par des moyens de transports collectifs, des taxis, etc.

Mais il faut quand même admettre qu'à Paris, tout le monde ne peut pas se balader en vélo ou en transports en commun. D'abord, tout le monde ne le veut pas et les gens ont le droit de ne pas le vouloir. Et quand vous êtes une personne âgée, handicapée, une famille, vous ne pouvez pas toujours vous balader...

Tout le monde n'est pas un trentenaire mangeur de quinoa. Il y a d'autres gens dans cette ville. Si on doit rester une grande capitale du monde, on doit admettre que la population de Paris est plurielle. - A.-E.Lemoine: La limitation à 30 km/h dans la majeure partie de Paris satisfait plus de la moitié des Parisiens. - C.Consigny: C'est tout le drame. - A.-E.Lemoine: C'est la manière dont les décisions ont été prises, surtout, qui soulève des critiques? - O.Pérou: Ca a été une question de méthode.

La méthode Hidalgo a été allègrement critiquée. Je ne sais pas si c'est une question de conducteurs de voitures, de SUV, ou de pilotes de vélo...

La grande erreur d'A.Hidalgo a été de considérer que Paris, ce n'était que des Parisiens. - P.Cohen: Ce sont ses électeurs. - O.Pérou: Moi, je suis originaire de Bretagne.

J'ai habité longtemps en banlieue. Quand je rentre en Bretagne, on m'appelle quand même "le Parisien". Enormément de banlieusards viennent travailler ou vivre à la journée à Paris.

Qu'ils viennent en voiture ou qu'ils utilisent le RER B, qui est un enfer...

Le grand sujet d'A.Hidalgo aurait dû être cette question du Grand Paris. Tout comme S.Khan a fait le Grand Londres...

Ca restera le point noir de son mandat. Je note d'ailleurs qu'E.Grégoire a choisi, dans son équipe de campagne, quelqu'un de la mairie de Montreuil.

Montreuil, c'est le "21e arrondissement". Ca va être le défi des prochaines élections. - A.-E.Lemoine: Ca n'a rien de criminel, la politique d'A.Hidalgo?

Le mot est un peu fort. - O.Pérou: Je le trouve un peu fort.

Surtout sachant qu'il y a peu de temps, un cycliste est mort à cause d'une voiture. Il est légitime de s'interroger sur la place de la voiture à Paris. - C.Consigny: Ou sur l'extrême tension que madame Hidalgo a créée dans Paris...

Les gens se mettent à faire n'importe quoi. - O.Pérou: Il y a 2 millions de Parisiens.

Ce sont les tensions françaises qui, aujourd'hui, renaissent à l'aune d'une ville de 2 millions de personnes. - C.Consigny: Je trouve que c'est une incurie, cette politique.

J'observe d'abord que madame Hidalgo est incapable de faire travailler ses propres fonctionnaires. A Paris, les 55 000 agents de la Ville de Paris ne font même pas leurs 35 heures hebdomadaires. Donc j'observe déjà une mauvaise gestion, quand on sait ce qui est prélevé comme impôts.

Ensuite, je suis déjà assez vieux pour avoir connu un autre Paris. Certes, il y avait un peu trop de voitures, des rues un peu pénibles...

Mais de là à fermer des rues entières à la circulation, comme elle le fait dans le centre de Paris, qui est totalement détruit...

Le quartier du Marais est devenu un parc d'attraction pour touristes, avec des boutiques qui vendent des bougies stupides et des fringues inutiles. Ce n'est plus la belle rue du Temple, avec des grossistes, la belle rue des Archives avec des bars très connus...

Ca circulait. Maintenant, il n'y a plus que des touristes. Je me fiche d'être old school.

Je me déplace encore en scooter 50 cm3 à essence. En Vespa! - P.Cohen: En pleine nuit, vous réveillez des milliers de Parisiens! - C.Consigny: Je suis contre la proposition d'interdire les deux-roues la nuit, d'ailleurs.

On n'a qu'à interdire les Parisiens! Le maire de Paris Centre, extrémiste de la politique d'Hidalgo, a répondu récemment que pour les zones à trafic limité, les gens pourraient rentrer chez eux. Encore heureux!

J'ai fait l'expérience, pendant la préparation des JO, de ne pas pouvoir rentrer chez moi...

Je maintiens que cette politique est criminelle. - E.Tran Nguyen: Les JO, on peut peut-être le laisser à son bilan. - A.Hidalgo: Ras-le-bol du bashing des JO, à tous ces peines à jouir qui n'ont pas envie qu'on puisse célébrer quelque chose ensemble!

Ras la casquette! - Ca y est, A.Hidalgo est dans la Seine.

Chose promise, chose due. - A.Hidalgo: On y va! "Parade", V.Le Masne. - A.Hidalgo: Les Jeux, ça a bouleversé notre quotidien mais ça nous a donné des idées pour aller plus loin. - E.Tran Nguyen: Vous allez nous dire que vous n'avez pas aimé Paris pendant les JO? - C.Consigny: Déjà, j'ai très peur des idées de madame Hidalgo, "pour aller plus loin".

J'aimerais pas d'idées et pas plus loin. Je l'ai vécue directement, la préparation des JO. J'ai trouvé que c'était une horreur, ce qu'on a fait vivre aux gens concernés par les zones en question. - A.-E.Lemoine: Ca a été balayé par l'euphorie...

Il n'y a jamais eu un tel... - C.Consigny: Ca, c'est formidable.

Les Parisiens ont été chassés de chez eux. - A.-E.Lemoine: Beaucoup ont décidé de partir... - C.Consigny: On leur a bien fait comprendre qu'il fallait partir, quand même. - E.Tran Nguyen: C'est étrange qu'elle décide de partir.

Elle aurait pu se servir des JO dans son bilan. - O.Pérou: Même s'il y avait une petite musique ces dernières semaines, avec un de ses conseillers qui est parti, une autre nommée au conseil d'administration de l'Accor Arena...

On ne se doutait pourtant pas que ça allait être aussi rapide. Les JO, c'était un bilan dont elle pouvait tirer quelque chose de très fort. Peut-être qu'elle n'a pas dit son dernier mot.

Elle ne va pas s'arrêter là. Elle ne va pas arrêter la politique. - C.Consigny: Elle va travailler pour M.Bloomberg. - O.Pérou: Elle a démenti cette information du "Canard enchaîné".

On sait que les maires de grandes villes comme San Francisco ou New York...

Elle se destine plus à une carrière internationale. - C.Consigny: On l'a vue avec S.Khan, elle a essayé de parler anglais.

La vidéo est extraordinaire, sur le quai de l'Eurostar! - A.-E.Lemoine: N'en jetez plus! - P.Cohen: Elle le fait en toutes circonstances. - C.Consigny: Alors, qu'elle prenne des cours d'anglais! - A.-E.Lemoine: "Le Grand Amour", c'est le titre de votre dernier ouvrage... - C.Consigny: C'est un peu contre-intuitif. - A.-E.Lemoine: Vous n'êtes pas le seul contradicteur d'A.Hidalgo.