Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 18 décembre 2025 26 min

Catherine Morin-Desailly : « Nous voulons instaurer une hygiène numérique sur les réseaux sociaux »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Catherine Morin de Sey, merci d'être notre invitée de cette sénatrice union centriste de la Seine-Maritime. Et on va revenir sur votre texte pour protéger nos enfants des écrans, des réseaux sociaux. Il est examiné aujourd'hui au Sénat, mais d'abord on commence par la une de la presse régionale. On va en regarder trois. La une de Ouest-France, le Mercosur, l'autre étincelle de la colère agricole. Alors que la gestion de la dermatose mobilise contre elle, les agriculteurs s'opposent aussi à ce traité de libre-échange. Une manifestation est prévue aujourd'hui à Bruxelles. L'Est républicain, seconde une, hôpital.

Les violences ne diminuent pas. Les violences qui ne cessent au sein de l'hôpital de Nancy, notamment près de 600 signalements depuis le début de l'année, dans de nombreux services et plus seulement aux urgences. Et puis la dernière une, c'est celle de la Dordogne-Lim sur les artisans du bâtiment qui méritent mieux. Le monde du bâtiment qui est inquiet entre les changements liés à la prime rénov', la gestion des déchets, le cas des micro-entreprises, la Confédération de l'artisanat et des entreprises du bâtiment tirent la sonnette d'alarme. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

1:11
Invité

C'est très difficile parce que tous les sujets sont importants. J'aurais envie peut-être de m'exprimer sur l'actualité, qui est celle de la crise existentielle que vivent les agriculteurs aujourd'hui, tout simplement parce que je suis membre de la Commission des affaires européennes et que nous avons beaucoup travaillé sur cet accord dont on parle tellement en ce moment et d'actualité, le Mercosur. Vous savez que notre Commission s'est prononcée contre cet accord en l'État, demande son report à 2026, demande que la Cour de justice de l'Union européenne soit saisie parce que nous considérons que les parlements nationaux dans cette affaire sont contournés.

et nous connaissons aussi les problèmes de l'agriculture et c'est un sujet extrêmement important qui renvoie en réalité à une question plus large qui est tout à fait existentielle, qui est celle de notre souveraineté alimentaire. Plutôt que d'importer des produits à bas prix ou qui ne respectent pas les normes, je crois qu'on aurait plutôt intérêt et une urgence à se mobiliser pour que les filières de l'agriculture soient confortées et que l'on puisse à nouveau bénéficier d'une souveraineté alimentaire.

2:18
Présentateur

Est-ce que vous pensez qu'Emmanuel Macron fait ce qu'il faut ? Est-ce que la France va réussir à empêcher la ratification de ce Mercosur ?

2:26
Invité

Il est mobilisé. Vous savez que les gouvernements constituent le Conseil européen. Donc je pense que fort du vote justement du Parlement, en tout cas celui du Sénat, la quasi-unanimité, ce sont des armes aussi pour faire valoir à Bruxelles tout groupe politique confondu. C'est surtout ça qu'il faut pointer du doigt. Eh bien la revendication peut-être particulière de la France. La France en réalité c'est un pays d'agriculture. Vous comme moi, tout le monde ici, on a peu ou prou quelques racines du milieu rural. Et donc on est très attaché à cette terre. Et donc nous défendons notre agriculture. La France a quand même été initiative de la PAC. Il faut quand même aussi le rappeler.

C'est politique en faveur du soutien à l'agriculture. Donc la mobilisation est pleine et entière aujourd'hui. J'espère qu'elle pourra aboutir et qu'on pourra en faire entendre notre voix particulière. Car l'Europe c'est ça. Elle doit renvoyer aussi à la volonté de chaque État membre, bien sûr de faire cause commune, mais aussi de pointer du doigt des sujets éminemment stratégiques qui ont cours. Vous savez la question de la souveraineté aujourd'hui, de notre autonomie stratégique au niveau européen, elle n'est plus que jamais posée. Elle se pose dans le domaine alimentaire, elle se pose dans le domaine industriel, elle se pose dans le domaine de la cybersécurité.

On pourrait aussi en parler des heures. Voilà, donc il y a un vrai sujet, le domaine de l'énergie, il y a un vrai sujet de souveraineté.

3:56
Présentateur

– Autre sujet, c'est la question du narcotrafic. Il y avait un débat au Parlement hier, à l'Assemblée, au Sénat, le Premier ministre qui donc annonce de nouvelles mesures. Ça veut dire que la précédente loi est déjà insuffisante, les moyens ne sont pas suffisants pour lutter contre le narcotrafic ?

4:13
Invité

– Ce que je sais que c'est que c'est un combat sur lequel nous devons tous être mobilisés. C'est un véritable fléau, il alimente par ailleurs les revenus du narcotrafic, il alimente par ailleurs le terrorisme et toutes sortes de mots. On voit que les phénomènes de violence se sont terriblement aggravés dans les villes, dans nos cités et qu'il y a urgence à agir. Alors j'ai envie de dire que tous les moyens sont bons. Peut-être faut-il prendre des mesures réglementaires supplémentaires, faut-il déployer des moyens supplémentaires. – Cibler plus les consommateurs ?

4:45
Présentateur

Parce que là Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu ils ciblent beaucoup les consommateurs.

4:48
Invité

– Oui, je pense parce que ça fait partie de la chaîne aussi de responsabilité, quelque part, on ne peut pas le nier, mais les consommateurs, certains d'entre eux, notamment nos plus jeunes, ils sont les victimes aussi. Donc il faut savoir pouvoir les protéger. Ce que je note c'est que le Sénat a impulsé cette mobilisation face au narcotrafic. Je voudrais rappeler les travaux de mes collègues parlementaires sur ce sujet, du texte qui est parti du Sénat, et également aussi de la mobilisation de Bruno Rotaillot qui a été ministre de l'Intérieur sur cette question. Il faut que ça se poursuive.

5:19
Présentateur

– Vous venez de vous, de Seine-Maritime, le port du Havre, il est considéré comme l'une des principales. – Exactement, il a souvent été évoqué. – De la cocaïne, oui. Du coup, est-ce que les moyens sont suffisants ?

5:29
Invité

– Il faut renforcer les moyens, parce que c'est un combat qui est difficile, très clairement. Il faut que tous les moyens soient en tout cas mobilisés pour éradiquer ce fléau. On a beaucoup parlé en effet du port du Havre dans le cadre de la commission aussi d'enquête. Il y a une vraie fragilité ici, donc il faut pouvoir sécuriser tout cela.

5:51
Présentateur

– On va passer à un autre sujet, c'est le budget, qui est toujours évidemment au cœur de l'actualité. Demain, députés et sénateurs vont se réunir pour tenter de trouver un accord, sauf qu'une phrase de Roland Lescure a mis le feu aux poudres. Après le vote du Sénat, il a considéré que le déficit était trop élevé, il a jugé ça inacceptable. Ça n'a pas du tout plu au sénateur. On va voir ce qui s'est passé hier lors des questions d'actualité au gouvernement.

6:15
Invité

– Parole d'être ministre de l'Économie et des Finances, M. Roland Lescure. S'il vous plaît, laissez le ministre répondre. – Merci M. le Président du Sénat. J'ai eu l'impression, quelques minutes, de me retrouver pas très loin d'ici à l'Assemblée nationale, mais c'est bien à la Chambre haute que je suis.

6:43
Présentateur

– Alors c'est vrai que c'est une situation pas commune au Sénat. C'est rare qu'un ministre soit hué comme ça pendant la séance de questions d'actualité. Il a d'ailleurs souligné avec un peu d'humour Roland Lescure. Est-ce que les relations se sont tendues entre le gouvernement et le Sénat au point d'empêcher un compromis sur ce budget ?

6:59
Invité

– Disons que le Sénat a été profondément heurté d'être remis en cause dans finalement ses travaux, dans sa position et son exigence par rapport à l'exercice budgétaire. D'ailleurs, peu ou prou, il a reconnu qu'il avait été quelque peu maladroit dans ses accusations portées envers le Sénat. En réalité, il nous a rappelé à juste titre au pourcentage à atteindre, à ne pas dépasser des fameux 5% du déficit budgétaire.

7:29
Présentateur

– Mais lui, il ne veut pas plus de 5% et là, on a 5%.

7:32
Invité

– Pour autant, il faut à un moment donné aussi que le gouvernement, même si on a confié au Parlement le soin jusqu'au bout de discuter le budget, il faut aussi à un moment donné que le gouvernement prenne position et puisse aussi trancher entre plus de taxes, toujours plus d'impôts ou alors un peu plus d'économies. C'est un peu la dichotomie à l'heure actuelle entre l'Assemblée nationale et le Sénat. Il faut que… On a interpellé en fait le gouvernement sur son positionnement. Il faut à un moment donné aussi qu'il puisse trancher. C'est la raison pour laquelle plusieurs collègues dans leurs interventions ont appelé à un 49-3.

8:07
Présentateur

– Oui, oui, effectivement, c'est un 49-3 qui est demandé. Il vaut mieux un 49-3 qu'une loi spéciale pour vous ?

8:12
Invité

– Je pense qu'à un moment donné, il faut en sortir parce que les Français, ce qu'ils attendent aussi, de toute façon, c'est un budget. Tout le monde attend un budget et qu'on en finisse avec un exercice quand même qui a beaucoup duré, dans lequel on ne comprend plus vraiment grand-chose en réalité. Donc, il faut qu'on puisse aussi traiter d'autres sujets. Vous avez parlé du narcotrafic, vous avez parlé de la crise agricole. Il y a d'autres sujets devant nous qu'il est urgent de traiter.

8:34
Présentateur

– Juste un dernier mot sur le budget, parce qu'il a quand même fait débat ce budget, y compris au sein de la majorité de la droite et du centre. – Bien sûr, c'est la loi du genre. – Mais vous n'avez pas fait le plein de voix, au final. C'est-à-dire, il a été réécrit par la majorité de la droite et du centre, mais toute cette majorité ne l'a pas voté. Est-ce qu'il y a des choses à revoir, effectivement, pour abaisser ce chiffre du déficit ?

8:53
Invité

– Sans doute qu'il y a des efforts à faire. Certains sénateurs qui se sont exprimés hier de la commission d'effigence ont évoqué des propositions plus structurelles d'économie qu'ils avaient faits qui n'ont pas été suivies des faits. Je pense qu'il faudrait aussi entendre ces propositions et peut-être entre deux exercices budgétaires, vraiment s'atteler à cette problématique et mener un travail de fond.

9:13
Présentateur

– Un mot avant de parler de votre proposition de loi sur la protection des écrans et des réseaux sociaux, puisque vous êtes membre de la commission de la culture, qui a donc été souhaité réauditionner hier. Laurence Descartes, la présidente du Louvre, elle affirme avoir fait de la sécurité une urgence absolue. Il faut la croire, vous pensez que les leçons sont désormais tirées ?

9:33
Invité

– La sécurité des musées, c'est un impératif pour tous les musées de France d'ailleurs, le Louvre, mais tous les musées en France. D'ailleurs la sécurité, je voudrais insister là-dessus, n'est peut-être jamais assez suffisamment prise en compte dans nos politiques publiques de la culture. Pourquoi ? Parce qu'on concentre davantage nos efforts, en tout cas ça a été démontré ces dernières années, notamment au Louvre, plutôt sur la politique d'exposition, de valorisation des collections, d'acquisition d'œuvres.

Or on sait que la sécurité est un coût, donc à un moment donné il faut pondérer, et peut-être que la première des priorités, c'est d'assurer la sécurité de ce qui existe déjà dans les collections. Et puis la sécurité, c'est un continuum, c'est-à-dire que forcément les présidents succédifs se remboient la balle, mais en réalité, c'est tous les jours qu'il faut, via la sécurité, mettre en œuvre les plans au fur et à mesure que les audits prouvent qu'il y a des défaillances sévères. Enfin, ça doit se faire sous le contrôle du ministère de la Culture, qui doit exiger des évaluations et des points d'étape très réguliers.

10:30
Présentateur

Comment mieux protéger nos enfants des réseaux sociaux et des écrans ? C'est ce que vous voulez faire avec votre texte qui est examiné aujourd'hui au Sénat. C'est votre éclairage, Guimet, que contient précisément ce texte ?

10:40
Catherine Morin-desailly

Eh bien, c'est essentiellement un texte qui vise à informer des dangers de cette utilisation excessive. Et pour cela, il souhaite mettre en place de nombreuses formations pour alerter sur ces dangers. Des formations, par exemple, à l'intention des professionnels de la petite enfance, de la santé ou encore de l'éducation nationale, mais aussi des actions de prévention dans les PMI, c'est-à-dire les centres de protection maternelle et infantile, cette fois à destination des parents. Le texte prévoit aussi de mentionner, sur tous les emballages des ordinateurs, des téléphones ou encore d'autres objets connectés, un message alertant sur les dangers des écrans.

Un peu, vous savez, à la manière de ces messages alertant sur les dangers du sucre que l'on peut trouver sur les emballages des sodas ou encore des bonbons.

11:22
Présentateur

Et au-delà de ce travail d'information, la profession de l'oeuvre veut davantage encadrer l'usage des écrans dans les établissements qui accueillent des enfants de moins de 6 ans.

11:28
Catherine Morin-desailly

Oui, alors cela concerne le temps passé dans les écoles, c'est-à-dire le temps scolaire, mais aussi le temps périscolaire, ainsi que le temps passé dans les crèches, par exemple. Les enfants, dès la maternelle, peuvent en effet faire des exercices sur ordinateur. On leur montre parfois des dessins animés lorsqu'il pleut, au lieu de les envoyer dans la cour, ou alors il leur arrive aussi de regarder des vidéos sur les téléphones portables des animateurs. Et bien désormais, dans chaque école, le règlement intérieur qui est établi en concertation avec tous les acteurs devrait définir les règles et les usages de tous les écrans présents dans le bâtiment en présence des enfants.

Et dans les crèches ou dans les autres jardins d'enfants, il devrait y avoir un même cadre pour tous, cette fois au niveau national. Et qu'est-ce que cela change ? Alors, ce que cela change, c'est que ça vise essentiellement à changer le regard officiel porté sur les écrans, et ce, par tous les canaux d'information possibles. Le texte instaure officiellement le message que des temps excessifs d'écran sont nocifs pour la santé et le bon développement des enfants. En revanche, il ne définit pas à partir de quand, officiellement, ce temps est considéré comme excessif, ou en tout cas non raisonné.

Il n'interdit pas certains contenus ou dessins animés potentiellement jugés addictifs en raison du rythme des images. Et surtout, il n'instaure pas d'interdiction en dessous d'un certain âge pour les réseaux sociaux. On est donc encore très loin de la volonté affichée par Emmanuel Macron il y a encore quelques jours, mercredi dernier, lors d'un débat à Saint-Malo, le chef de l'État a réaffirmé son ambition d'imposer à tous les réseaux sociaux la vérification de l'âge et de les interdire en dessous de 15 ou 16 ans. Une proposition de loi de renaissance visant justement à interdire les réseaux sociaux avant 15 ans devrait être débattue à l'Assemblée le 19 janvier prochain.

Et Guimet, vous avez des questions pour Catherine Morin de Sey. Oui, alors justement, comment les professionnels ou les parents qui nous regardent peuvent-ils définir cette consommation non raisonnée ou en tout cas excessive des écrans ?

13:25
Invité

Écoutez, les effets délétères de trop d'écrans ou de contenus inappropriés et dégradants et les phénomènes qui s'en suivent sont maintenant connus et documentés. Nous travaillons là-dessus au Sénat depuis pratiquement 2019. Nous avons alerté dès cette époque à la faveur de rapports. Donc je me réjouis déjà qu'on puisse débattre sérieusement de ce texte qui est quelque part un texte assez systémique.

C'est-à-dire que c'est un ensemble de mesures, vous les avez très bien rappelées, qui vise à mobiliser l'ensemble des adultes et des professionnels qui vont graviter dans l'environnement de l'enfant dès le plus jeune âge et même à la maternité où il faut prévenir les mamans, les futures mamans des futurs dangers. Pour autant, nous sommes dans un monde hyper connecté et d'écrans dès le plus jeune âge. L'enfant, il verra des écrans partout. Donc il faut apprendre à se servir des écrans de manière raisonnée et apprendre aussi à s'en passer. Et c'est le but en réalité de ce texte, c'est de ne pas nier le monde dans lequel nous sommes et en même temps d'alerter sur trop d'écrans.

Déjà, ça a des affaires très négatifs, on l'a vu sur les capacités d'apprentissage, de concentration, de sommeil, etc. Mais en plus, sur ces écrans, on peut y trouver des contenus tout à fait inappropriés la plupart du temps via les réseaux sociaux. Alors vous dites que je n'ai pas interdit certains contenus. Ce n'est pas la démarche. La démarche, c'est plutôt d'instaurer en réalité une hygiène numérique qui permet d'aller choisir les bons usages et surtout les bons contenus. Donc un plan massif de formation sur l'ensemble des professionnels de la petite enfance, secteur médico-social, éducation nationale, temps scolaire, temps périscolaire.

Une campagne massive d'information des trois ministères, numérique, santé, éducation, qui dure assez longtemps, qui est très documenté, etc. Ça, c'est extrêmement important. Et puis, sur la question de l'âge, je veux dire que nous avons complété notre texte à la faveur des travaux que j'ai réalisés aussi avec une proposition de résolution européenne où j'ai interpellé Bruxelles. Elle a été déjà votée. C'est la proposition de résolution du Sénat qui dit que l'on doit vérifier en réalité qu'il y a bien l'autorisation parentale pour l'accès aux réseaux sociaux avant 16 ans. Je note d'ailleurs que la position à Bruxelles a commencé à évoluer.

Donc, fort de cela, nous réitérons dans ce texte aussi cette obligation pour les plateformes. Il faut renvoyer à la responsabilité des plateformes l'obligation de vérifier qu'il y a bien l'autorisation parentale.

15:54
Catherine Morin-desailly

Alors, vous portiez déjà les mesures contenues dans cette proposition, en tout cas certaines mesures, dans une proposition de loi en 2018. Donc, ça fait plusieurs années. Qu'est-ce que, selon vous, ce retard a occasionné ?

16:05
Invité

Eh bien, on a laissé se mettre en place des mauvaises pratiques, peut-être sans s'en rendre compte vraiment. Vraiment, les parents se sont laissés déborder, entre guillemets. Je ne les culpabilise absolument pas parce que c'est compliqué de dire à son adolescent écouter trop sur ton écran, qu'est-ce que tu regardes comme contenu. Et donc, c'est pour ça que je parle un peu d'hygiène numérique qu'il faut co-construire, que la communauté éducative construise à travers les dispositifs que je précise. Ce sont des outils aussi pour aider les parents, les former et les informer à travers toutes ces actions d'éducation et de sensibilisation qui pourront être mises en place.

C'est un véritable plan de bataille. Donc, on aurait pu légiférer plus tôt. Moi, je le regrette parce que le Sénat, à mon initiative, avait voté un texte en 2019. Il n'avait pas été soutenu par le ministère de la Santé à l'époque et par le gouvernement. Donc, il n'avait pas pu prospérer. Quelques années plus tard, on se rend compte, dont le président de la République, des méfaits des réseaux sociaux et surtout des modèles toxiques que véhiculent ces plateformes sur lesquelles j'ai beaucoup travaillé à la Commission des affaires européennes, notamment sur le règlement sur les services numériques qui n'est pas assez exigeant.

D'ailleurs, nous conduisons un travail parallèlement ici au Sénat pour contrôler l'application du règlement sur les services numériques qui permet des enquêtes sur les plateformes, justement comme TikTok, qui abusent des enfants en réalité avec ces contenus et ces algorithmes complètement addictifs. Donc, nous poursuivons aussi ce travail. Mais moi, je regrette qu'on n'ait pas, en effet, pu légiférer à temps. Il y a eu du retard de prix. Il n'est jamais trop tard. Tout le monde est désormais aujourd'hui mobilisé. C'est une bonne chose.

17:40
Présentateur

Et on va voir qu'il y a des maires des communes qui se lancent aussi des défis, notamment les 10 jours sans écran. C'est le cas à Viroflé dans les Yvelines. Bonjour Olivier Lebrun. Merci d'être avec nous. Vous êtes maire d'hiver droite de cette commune de Viroflé. Alors, pourquoi ce défi et quel bilan vous en tirez dans votre commune ?

17:59
Catherine Morin-desailly

Alors, bonjour. Merci de me donner la parole. Merci, madame la sénatrice, de proposer aussi cette évolution législative. Alors, à Viroflé, ça fait deux ans que dans une école de Viroflé, une école élémentaire, ce programme avait été lancé. Ça n'avait pas été 10 jours. Ça a été une semaine parce que ça a été jugé peut-être un peu trop long, 10 jours. Mais l'idée était vraiment de faire en sorte que les enfants se rendent compte qu'on pouvait arriver à vivre sans écran. Et donc, je rejoins sur le thème de l'hygiène numérique, sur le fait que c'est important qu'ils puissent apprendre à les utiliser, voir à son passé.

Et donc, cette opération nécessite évidemment une implication forte de la part des enseignants et des parents. Et c'est ça, j'attire l'attention là-dessus sur le fait que, effectivement, la confrontation des enfants à l'écran se fait surtout, en fait, principalement dans les foyers, en fait, surtout en école élémentaire où, encore à Viroflé, tous les enfants n'ont pas de portable loin de là. Et donc, c'est un travail qui s'est fait avec les parents, les sensibiliser. et je sais que beaucoup de parents ont été très sensibles à cette démarche et ont joué le jeu de façon assez active.

Et notamment, chez eux, on fait très attention de ne pas utiliser leur téléphone, leur smartphone, leur tablette et leur télévision lorsque l'enfant était présent. Donc, certains ont très bien joué le jeu, d'autres un peu moins. C'est parfois plus difficile pour les uns et les autres. Mais cette expérience est faite deux années de suite sur une même école. Et donc, nous envisageons de l'étendre à l'ensemble des trois écoles élémentaires, voire éventuellement en matanelle, voire même au niveau des crèches dans les années qui viennent. Donc, là aussi, c'est important. Tout parle des parents, en l'occurrence, parce que c'est à eux que revient l'éducation de leurs enfants.

une chose qui était aussi importante, c'est le fait que nous avons des tableaux numériques, en fait, des VNI dans les écoles et les enseignants ne les ont pas non plus utilisés durant cette semaine pour dire, les écrans, ça fait aussi partie des écrans et donc, on peut arriver à ça.

20:29
Présentateur

Tout le monde a bien joué le jeu, monsieur le maire. Catherine Morin-de-Sé, qu'est-ce que vous pensez de cette initiative et du bilan qu'en tire le maire ?

20:38
Invité

Bilan très positif. Elle est remarquable, je l'ai dit, il faut saluer les initiatives tantôt des collectivités et de leurs élus, des enseignants, dans les PMI aussi, j'ai noté, les départements m'ont fait part de tout ce qui se passe dans les PMI. Il y a beaucoup d'initiatives qui sont prises dont il faudrait faire d'ailleurs une liste, une sorte de livre blanc qui va pouvoir servir d'inspiration.

Ce que propose le texte, c'est de mettre tout ça justement en ordre de marche et de conforter des élus comme monsieur le maire dans justement cette prise en main du sujet parce que je pense que c'est l'ensemble de la communauté éducative dont font partie les élus, je rappelle qu'ils siègent dans les conseils d'école ou les conseils d'établissement, ils fournissent aussi les équipements, donc ils sont amenés à réfléchir avec l'ensemble de cette communauté et les parents et même les élèves au bon usage de ces écrans. Quand est-ce que j'utilise ces outils ? Et je parle des outils au sens large parce que demain, c'est l'intelligence artificielle. Attention. Donc comment on les utilise ?

À bon escient ? Sur quel temps ? Donc voilà, c'est une démarche remarquable que je salue.

21:49
Présentateur

Voilà, merci monsieur le maire. Merci. Oui, un petit mot rapidement, allez-y.

21:53
Catherine Morin-desailly

Je vais préciser une chose, c'est le fait que j'avais dit que les parents s'étaient investis, notamment les parents d'élèves, les associations de parents d'élèves avaient même composé des carnets dans lesquels ils proposaient des activités aux enfants. Donc des mots fléchés, des idées de jeux, des idées de recettes à faire à la maison. En fait, les parents s'étaient fortement impliqués dans cette démarche. Donc c'est plutôt positif. Je n'ai pas de bilan sur le long terme, évidemment, mais en tout cas, c'est une très belle action qu'on peut effectivement lancer et assez facilement dans les écoles.

22:25
Présentateur

Bravo et merci, monsieur le maire de Viroflé, Olivier Lebrun, d'avoir été avec nous. On a bien compris l'opération qui va donc se poursuivre. On aura l'occasion d'en parler avec vous. Merci beaucoup. On termine en allant chez vous, en Seine-Maritime, à Rouen. Bonjour Stéphane Siré. Merci d'être avec nous, rédacteur en chef adjoint de Paris-Normandie. Stéphane, vous allez nous parler des municipales. C'est dans moins de trois mois maintenant. Et le maire de Rouen, Nicolas Maker-Rossignol, est en campagne.

22:51
Invité

Oui, absolument. Alors, officiellement, il n'est pas candidat à ce jour. Mais on voit bien sur le terrain qu'il mène campagne. Il publie des vidéos pour redresser son bilan. Il inaugure, comme beaucoup de maires sur le temps le font en ce moment. Et en face, une jeune élue centriste, Marine Caron, mène campagne. Une campagne plutôt discrète pour le moment. Mais comme vous le disiez, il reste encore trois mois de campagne. Catherine Morat de Sailly, est-ce que vous pensez que Marine Caron est en mesure aujourd'hui de battre Nicolas Maillard-Rossignol et puis de faire revenir Rouen dans le giron centriste ? C'est une ville centriste par tradition.

On se souvient évidemment de Jean-Luc Anouet et puis de Pierre Albertini qui avait été maire de 2001 à 2008. Mais depuis 18 ans, Rouen est dirigé par la gauche. Est-ce que 2026, Marine Caron va renverser la tendance ? Je l'espère. En tout cas, je soutiens sa campagne qui n'est pas si discrète que ça. En tout cas, elle peut paraître discrète parce qu'elle n'est pas peut-être suffisamment relayée, parce qu'elle était extrêmement active tous les jours sur le terrain. Elle a formulé un diagnostic et un bilan sans appel et surtout, elle a déjà formulé beaucoup de propositions. Donc, c'est du concret. C'est aussi sa connaissance très fine de la ville. C'est une vraie Rouennaise.

Je dis ça parce qu'il y a des candidats parachutés qui arrivent tout d'un coup, qui n'ont pas du tout vécu, grandi ni même travaillé à Rouen. et elle connaît extrêmement bien le terrain et elle a pour elle cet extraordinaire dynamisme, cette grande créativité et surtout, elle a surassemblé en réalité toute la droite, tout le centre et bien au-delà parce qu'elle n'en fait pas un marqueur non plus essentiel, l'ensemble de la société civile.

Donc, c'est une belle énergie et je pense qu'après 18 ans de socialisme où les Rouennais se plaignent en réalité de leur quotidien de la qualité de vie, je pense à la qualité des écoles qui se sont dégradées terriblement, les problèmes des plans de circulation n'ont pensé avec une piétonnisation nécessaire, c'est la ville de Jean-le-Cannuet, vous l'avez rappelé, mais aujourd'hui, tout est fait pour rejeter les, comment dirais-je, ceux qui souhaiteraient fréquenter la ville à l'extérieur et il y a un vrai sujet autour des mobilités par exemple, il y a un vrai sujet autour de la propriété.

Les rats, c'est terrible de le dire en tant que roadez, ont proliféré dans la ville sous prétexte de préserver les animaux, on ne traite pas suffisamment cette question qui est une question sanitaire. Voilà, bon, je vais rentrer dans des détails si vous voulez, tout ça pour dire que tout ça est pris en compte par Marine Caron.

25:32
Présentateur

Merci beaucoup Stéphane Cyré, merci d'avoir été avec nous rédacteur en chef adjoint de Paris-Normandie. Merci beaucoup et on suivra Stéphane avec vous évidemment les municipales en région normande. Merci Catherine Morand de Saïd d'avoir été notre invitée ce matin. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.