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Podcast / conversationIn memoriam pueri· 21 août 2026 30 minPortrait personnelJustice

Affaire Grégory : André Jacob, le suspect oublié ?

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:03Fait
    « André Jacob était précisément dans cette position privilégiée pour tout savoir, car il se trouvait fréquemment chez Albert et Monique Villemin, assistant à beaucoup de conversations, témoin de toutes les confidences. »
  • 10:06Fait
    « Le long appel reçu par Jean-Marie Villemin à Autocoussin en avril 83. Le père de Grégory est persuadé que c'est Roger Jacquel qui l'a appelé. »
  • 17:02Fait
    « La femme aurait dit, c'est Dédé Jacob, le cerveau de l'affaire. »
  • 18:29Fait
    « J'ai appris par mon frère André qui était le cerveau de l'affaire. »

Temps de parole

  • ?100 %

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Non speech

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Locuteur

La liste des suspects est déjà longue. les Jaquis, Roger Jacquel, les Verdus. Nous allons rajouter un personnage qui détonne un peu par rapport aux autres. La cible de Jean-Marie Villemain, c'était plutôt Roger Jaquel et Jackie et Liliane. Il ne pensait pas forcément au verdale, une hypothèse qui a prospéré au fil des repas dominicaux et des discussions impromptues. Les doutes sur les verdus sont survenus également à une période durant laquelle la famille était à vif en cette fin 82 début. harcelé de toutes parts par le corbeotage qui se déchaînait. Dans la panique, une certaine paranoïa bien compréhensible s'installe et les vilemains enquêtent à tout va.

Et de ce tumulte, une nouvelle personne va attirer les regards. Un personnage que tous les villemains connaissent. Un membre de la famille, le frère de Monique, André Jacob. André Jacob était âgé de ans en 1983. Il occupait une position particulière dans cette famille car il était l'un des confidents privilégiés de Monique Villemain qui a participé à la propagation des informations à l'intérieur mais aussi à l'extérieur de la famille. Et dans une affaire où le corbeau semblait connaître les moindres détails de la vie familiale, cette proximité allait inévitablement susciter des questions.

Selon Jackie, André reçoit également les confidences d'Albert qui le mettrai au courant de tous ses problèmes. Liliane Villmain sur en chérie dans son audition de 1984. Elle confirme qu'André Jacob prendait très souvent visite à ses beaux-parents et qu'il était donc au courant de tous les potins de la famille. Les informations fournies par le couple sont intéressantes et expliqueront peut-être comment s'est formé le soupçon sur André Jacob en 1983. Cette proximité avec Monique et Albert Vilmain fera d'André Jacob un suspect logique pour ceux qui cherchent quelqu'un ayant accès aux informations familiales. Le corbeau connaissait tout.

les disputes, les promotions professionnelles de Jean-Marie, les déplacements, les tensions. Or, André Jacob était précisément dans cette position privilégiée pour tout savoir, car il se trouvait fréquemment chez Albert et Monique Villemain, assistant à beaucoup de conversations, témoin de toutes les confidences. Cette proximité, André Jacob ne la nie pas. Il reconnaîtra lui-même lors de ses auditions post-crimes du 16 octobre entretenir de bonnes relations avec le couple et être au courant qu'ils étaient importés par des appels anonymes.

Il admettra même avoir écouté des cassettes rapportant la voix du corbeau sans être parvenu à la reconnaître avant d'attester le fait qu'il n'avait jamais reçu d'appel ou de lettres anonymes comme le reste de la famille Jacob. D'ailleurs, André Jacob était un personnage singulier dans cette famille aux idées politiques majoritairement de gauche. On le sait, par exemple, Jacquy Villemin était partisan du parti communiste alors qu'Albert était plus proche du Parti socialiste. Même Jean-Marie qui a pourtant été qualifié de Giscar en premier lieu par Jean-Paul Jacob avait indiqué avoir voté Mitteran à l'élection de 1981. Jackie le signalera sans détour. le dénommé André Jacob en revanche et RPR.

Seul homme de droite parmi eux, il détonnait politiquement dans le paysage familial mais aussi local dans une vallée où le vote ouvrier était majoritaire. On peut également soulever un autre point qui le caractérise du reste de la famille. Le frère de Monique a exercé de multiples professions, à l'inverse la plupart du temps des villemins qui ont été employés aux industries textiles une grande partie de leur carrière. Ainsi, André Jacob a été agent d'assurance, ouvrier dans une Syrie, représentant en vain. En 1984, il était aussi pompier volontaire à Grange sur Bologne et travaillait chez Stépha Confection, une entreprise de couture.

Employé par monsieur Crouveier, il était chargé entre autres de passer chez les ouvrières à domicile et y récupérer le matériel produit. Ainsi, il lui arrivait de se rendre chez Liliane pour chercher ses pièces cousues. Cette fonction l'amenait à se déplacer constamment dans la vallée, à connaître les horaires, les habitudes de nombreuses personnes. Quelle relation pouvait avoir le reste de la famille avec André Jacob ? On l'a dit, il avait plutôt des relations cordiales avec le couple Albert et Monique. Mais qu'en était-il avec Jean-Marie qui était focalisé sur les jaquis ? Bien, a priori leur rapport était plutôt bon. André Jacob était même l'un de ses oncles préférés.

Dans sa jeunesse, André avait fait preuve de générosité envers Jean-Marie. Il avait par exemple accepté que le jeune homme dorme sur son terrain, lui prétend même une tente lors d'un été où Jean-Marie travaillait à proximité. Jean-Marie et Christine confirmeront plus tard aux enquêteurs avoir de bonnes relations avec le frère de Monique depuis toujours. Christine indiquera qu'elle le rencontrait parfois chez Albert et Monique et le saluait en lui disant "Bonjour DD, le surnom qui était usité dans la famille mais sans doute aussi à l'extérieur du cercle familial.

À ce stade, il paraît difficile de percevoir ce qu'on pouvait reprocher à André Jacob puisque tout le monde semblait plutôt bien le considérer dans le clan vilmain. Pourtant, les soupçons ont vu le jour en cette fin d'année 1982 à l'époque des canulars téléphoniques. André Jacob, qui avait soufflé le nom d'André Verdu à Albert va cette fois être pointé du doigt par sa sœur Monique. et la raison de ces premiers soupçons est pour le moins surprenante. Monique, désemparée par le harcèlement qu'elle subit, est allé consulter une cartomancienne. La voyante lui annoncera que l'homme qui les importunait exerçait ou avait exercé la profession de représentant et qu'il portait un uniforme.

Or, André Jacob cumulait ses deux caractéristiques. Il avait été représentant en vain parmi ses multiples professions et il était pompier volontaire à Grange. La description semblait correspondre parfaitement. Il faut comprendre le contexte. La famille était harcelée depuis 1981. Des dizaines d'appels, des lettres anonymes, des menaces. Le désespoir les poussait à explorer toutes les pistes, même les plus ésotériques. Et de manière surprenante, les soupçons naissant sur André Jacob vont faire leur chemin dans les esprits de Jean-Marie et Christine, mais surtout de Liliane et Jacquy. Car à cette époque, rappelons-le, la famille Villemmain est aussi profondément divisée.

Jean-Marie et Christine sont en froid avec Jackie et Liliane depuis plusieurs mois. Les tensions sont palpables lors des rares occasions où ils se croisent. On peut prendre comme exemple la soirée chourroûe d' Monzet. La soirée chourroute est bien connue par les personnes qui suivent régulièrement l'affaire comme celle qui a eu lieu chez les jaquis à Grange au mois de mai trois ou quatre mois auparavant en janvier ou février a été organisée une autre soirée choucroûe à la salle des fêtes d'onzet où une grande partie de la famille Villemain était réunie dont André Jacob Bernard Laroche et George Jacob selon Christine Villemmain Jackie et Liliane n'étaient pas prés présent.

Mais Albert et Monique Villemmain, les parents, souffraient de cette situation. Ils souhaitaient ardemment que leurs enfants renouent le dialogue. C'est par cette volonté d'apaisement qu'une tentative de rapprochement aura lieu. Peu de temps après cette soirée chourout à Homonzet, Jean-Marie et Christine organisent un dîner chez eux à l'éponge. Cette fois-ci, Jackie et Liliane s'y étaient rendu, mais aussi Bernard Noël et Jacqueline. Inévitablement, le sujet des appels anonymes va s'inviter à la table des conversations. Comment pourrait-il en être autrement ? Ces appels empoisonnent leur vie depuis maintenant plus d'un an.

Au cours du dîner, Jean-Marie aurait évoqué les propos rapportés à Christine par Colette Méline au sujet d'un homme en uniforme aperçu comme rodant autour du pavillon. Plus qu'une simple prédiction de voyante, ce nouvel élément, bien réel celui-là vient conforter les soupçons sur entré Jacob. Ce témoignage de Colette Méline, la voisine des villemins à l'épange devient donc un élément moteur dans le développement des doutes envers le frère de Monique et notamment dans le couple Jackie et Liliane. Cette dernière indiquera qu'elle ne connaissait que deux personnes en uniforme dans l'entourage familial. Son père Roger, ancien militaire et André Jacob pompier.

Un événement va accélérer le processus. Le long appel reçu par Jean-Marie Villmain à Autocoussin en avril 3. Le père de Grégory est persuadé que c'est Roger Jaquel qui l'a appelé. Il se rend donc chez Gilian qui ne peut admettre que son père est le corbeau. En pleur, elle va proposer une autre piste. On va revenir sur André Jacob et le témoignage de madame Méline. Il faut départager les deux théories qui s'affrontent. Jean-Marie-Christine ne croyant pas réellement que la piste menant à leur oncle soit fondée. Aussi, Liliane Vilmain va prendre les choses en main.

En tant que correspondante de presse pour la liberté de l'Est, elle va utiliser une des photos qu'elle a pu prendre pour pouvoir présenter un objet de comparaison. Ce cliché a été récupéré à la mairie de Grang sur Bologne. La photo montrait André Jacob en uniforme de pompier aux côté d'autres pompiers volontaires lors d'une réunion du conseil municipal. L'idée était simple. montrer cette photo à Mame Méline pour qu'elle identifie l'homme qu'elle avait vu roder. Jean-Marie Villemmain, désespéré d'identifier le corbeau qui pourrit depuis des mois, décide de son côté d'engager un détectif privé. Il s'agira d'abord d'un certain monsieur Gorse, mais cette première tentative ne donnera rien.

Selon les termes de Jean-Marie, le détective s'avérera trop cher pour peu de résultats. Jean-Marie fait alors appel à un autre détective basé à Épinal cette fois, un certain Gill Grosseau. Le couple va lui confier une mission bien précise, celle de présenter à Colette Méline deux photos. Celle d'André Jacob est une photo datant de dix ans et prise au cours d'un mariage de Roger Jacquel. Pourquoi deux photos ? Parce que les soupçons se portaient sur ces deux personnes susceptibles de porter un uniforme. André Jacob, le pompier proche de la famille et Roger Jaquel, l'ancien militaire père de Liliane. Colette Méline doit identifier le mystérieux personnage. L'enjeu est de taille.

Si Madame Méline reconnaît formellement l'un de ces deux hommes, la famille tiendra enfin une piste solide. Après des mois de harcèlement dans le vide, il pourrai enfin mettre un visage sur leur harceleur. Malheureusement, le résultat de cette identification sera frustrant. Si Colette Melline indiquera qu'elle trouvait que le cliché représentant Roger Jacquel était le plus ressemblant, notamment au niveau de la taille, le visage ne correspondait pas. L'homme qu'elle avait vu était de plus forte corpulence. Christine ajoutera malicieusement que Roger Jaquel avait pris du poids pendant les dix ans qui séparaient la photo prise de la demande de comparaison à Madame Méline.

L'identification restait donc incertaine. Pour André Jacob, c'était encore plus flou. La taille ne correspondait pas aussi bien que pour Roger Jaquel, mais le visage non plus ne pouvait être formellement écarté. Madame Méine ne peut pas disculper complètement ni André Jacob ni Roger Jaquel. Cette tentative d'identification par le détective privé ne résout donc rien. Les soupçons demeurent sans preuves formelles. Quoi qu'il en soit, il est intéressant de relever les deux clichés qui ont été soumis à madame Méine. Ce n'est pas forcément une question d'un homme qui portait un uniforme. Chaque couple va proposer un cliché de la personne qu'il soupçonnait le plus.

Rog et Jacquel pour Christine et Jean-Marie. André Jacob pour Liliane et Jacquie. Car sans l'avouer, les deux couples ne croient pas forcément à l'hypothèse qu'il n'est pas la leure. Jean-Marie ne soupçonne pas réellement André Jacob et les jacis ont écarté la piste menant à Roger Jaquel. Avant leur rupture définitive, les deux couples semblent faire un pas l'un vers l'autre pour montrer leur bonne volonté et apaiser les tension familiales devenu insoutenable. Mais les grandes manœuvres autour d'André Jacob ne vont pas s'arrêter là. Sur suggestion ou avec l'aide de la gendarmerie, ce point n'étant pas tranché, les deux couples vont décider de monter un piège au frère de Monique.

L'idée consistait à lancer un faux bruit directement à André Jacob et à voir si celui-ci en ferait état par la suite s'il était le corbeau. Le principe est simple. On donne une fausse information uniquement à André Jacob, quelque chose de précis et vérifiable. Si cette information ressort ensuite dans un appel ou une lettre anonyme, c'est qu'André Jacob est bien le corbeau. C'est une technique policière classique, donner une information différente à chaque suspect pour voir laquelle ressort. Jackie ajoutera même un détail important dans ces témoignages. Si cela ne marchait pas avec André Jacob, il était convenu avec les gendarmes de passer à une autre personne.

Le piège n'était donc pas uniquement destiné à André Jacob. Cette technique pouvait être transposée à différents suspects jusqu'à identifier le bon. Autre problème, qui pouvait être au courant de ce piège ? Pouvait-il y avoir d'autres personnes que les gendarmes, les Jacky et Jean-Marie et Christine ? C'est une question cruciale. Pour qu'un piège fonctionne, il faut qu'il reste secret. Si André Jacob apprend d'une manière ou d'une autre qu'on lui tend un piège, évidemment ça ne fonctionnera pas. Jackie et Lilian affirment avoir gardé le secret entre leurs deux couples et les gendarmes de Corsieux.

Personne d'autre n'était censé savoir, mais Christine Villemmain contredit formellement cette version. Elle indiquera sans équivoque possible dans une audition qu'elle et son mari avaient informé Albert et Monique de ce stratagème. Si les parents de Jean-Marie étaient au courant de ce piège et qu'André Jacob était un confident privilégié de Monique à qui elle racontait tout, le piège était-il encore efficace ? Monique a-t-elle pu, même involontairement, révéler quelque chose à André Jacob ? C'est une question qui ne sera jamais résolue mais qui jette un doute sur toute l'opération.

Malheureusement, nous n'avons retrouvé aucune trace pour confirmer ou infirmer si ce piège a réellement été tendu ou s'il n'est resté qu'au stade des idées. On ne connaît pas la nature exacte de la fausse information qui devait être transmise à André Jacob. Car peu de temps après avoir décidé la mise en place de ce quet à Pan, les gendarmes de Corsieux reçoivent un appel anonyme troublant. Le gendarme Marcia aurait été en communication téléphonique avec une femme qui aurait signalé qu'André Jacob était le corbeau. Jay confirme : "La femme aurait dit, c'est d'aider Jacob, le cerveau de l'affaire." Notez bien l'expression utilisée, le cerveau de l'affaire.

Pas seulement le corbeau, mais le cerveau, celui qui tire les ficelles. Et la plante utilise le surnom familier DD Jacob. Tout le monde dans la famille appelé André Jacob DD. Cela peut faire penser que la personne connaît bien la famille de l'intérieur. Même si DD est le surnom naturel est très usité pour André. Mais arrêtons-nous un instant sur cet épisode. Le cerveau de l'affaire ne vous dit-il pas quelque chose ? Rappelez-vous le documentaire une enquête sans fin qui avait été diffusée en 2021 sur TF1 à la suite de la série Une affaire française ? Ce reportage était notamment revenu sur le cas de Monique Villemain. Le journaliste Christophe Dubois était allé l'interviewer à son pavillon.

Il lui avait notamment présenté des feuillets tirées de son carnet intime. Sur cette page pour laquelle j'ai tenté de faire une transcription, on s'aperçoit que la mère de Jean-Marie évoque différents canulars téléphoniques avec des annonces de la mort d'Albert, par exemple. Mais ce qui nous intéresse, ce sont les quatre lignes suivantes. J'ai appris par mon frère André qui était le cerveau de l'affaire. Cela m'a fait très mal. Il pleuriait sur le trottoir à Grange.

Beaucoup de personnes ont interprété ce passage comme quoi André avait fait une confidence à sa sœur dans laquelle il lui avait révélé l'identité du corbeau, ce qui lui aurait procuré ensuite beaucoup de chagrins, le menant à s'épencher sur le trottoir de la ville. J'ai une autre interprétation de ce paragraphe. Quand on reprend la page du carnet de Monique, on s'aperçoit de la présence de fautes d'orthographe et de syntaxes qui sont récurrentes. Ainsi, Monique a tendance à employer de manière régulière la terminaison EZ de manière erronée. Mais ce qui nous intéresse, c'est la manière dont elle utilise le qui.

Je pense qu'il ne faut pas lire "J'ai appris par mon frère André qui était le cerveau de l'affaire", mais j'ai appris par mon frère André qu'il était le cerveau de l'affaire, ce qui change radicalement le sens de la phrase. Pour appuyer mon propos, on se réfère juste à la phrase du dessus dans laquelle Monique utilise le qui à la place du Christine m'a répondu qui viendrait dès qui sera là. Si on retient cette hypothèse, André Jacob ne connaissait pas le cerveau de l'affaire.

Et ce qui le faisait pleurer sur le trottoir de Grange, c'était surtout le fait qu'on l'accusait lui d'être le cerveau de l'affaire et c'est cela qui l'a fait craquer et qui a fait très mal à sa sœur qui l'appréciait beaucoup. Cette théorie nous paraît collée parfaitement au déroulement des événements du printemps 83 et notamment de l'appel anonyme à la gendarmerie de la femme qui l'avait accusé. C'est d'aider Jacob le cerveau de l'affaire. D'ailleurs, Monique dans le documentaire justifiera ce court passage écrit en le resituant dans le contexte se rappelant que j'ai appris par mon frère André qu'il était le cerveau de l'affaire. Ceci m'a fait mal.

Ah oui, c'est quand tu en avais jugé Mar Détait le corbeau. Mais ça ça veut dire quoi alors cette phrase ? Moi je sais pas. C'est mon frère André et il est décédé là. Mais donc le le cerveau c'est c'est qui ? Le cerveau je connais pas je connais pas mon affaire. Le cerveau de la pai certains esprits peut-être mal intentionnés souligneront que Monique avait fait un lapsus avec son petit frère Marcel et que donc ce dernier était le véritable corbeau. Je pense que cette idée est fantaise. La vieille dame évoquant sans doute Marcel suite aux questions précédentes des journalistes qui ont dû l'interroger sur son petit frère.

On pourrait donc conclure que cet épisode n'a malheureusement que peu de valeur. L'enchaînement des faits est plutôt logique. Cela ne démontre la culpabilité d'aucun protagoniste de l'affaire. Juste un frère qui avoue à sa sœur qu'il n'accepte pas qu'on l'accuse d'être le corbeau tant recherché. Mais l'histoire prend un tour encore plus étrange. Selon Jackie et Liliane, quelques jours après l'appel de la femme, le même gendarme Marcia aurait appelé Lilian et Jackie accusant la mère d'Éric d'avoir passé le coup de fil anonyme pour accuser André Jacob. La situation devient cavayenne.

Ceux qui désirent monter le piège pour débusquer les imports anonymes sont désormais suspectés d'être eux-mêmes les corbeaux. C'est un retournement de situation complet. Jackie et Lilian sont convoqués à la gendarmerie de Corsieux. Ils se sentent trahi, piégé à leur tour. Liliane nit farouchement. Les gendarmes informment alors le couple que Jean-Marie, avec lequel ils sont régulièrement en contact, continue de les soupçonner. La convocation à la gendarmerie est un moment humiliant pour Jackie et Lilian. Il pensait collaborer avec les forces de l'ordre pour identifier le corbeau et voilà qu'on les soupçonne d'être eux-mêmes les auteurs des appels anonymes.

À la sortie de la gendarmerie, Jackie et Lilian sont dans une rage folle. Ils partent directement chez Jean-Marie à l'épange pour régler leur compte et récupérer la photo d'André Jacob. Jean-Marie leur rendra la photo de leur oncle et en profitera pour leur montrer la lettre "Aieu mes chers cons" reçue quelques jours après la soirée chourrot qui s'est déroulé chez les Jacky en mai 1983. Peut-être pour leur faire comprendre qu'eux aussi étaient des victimes ou bien qu'il n'étaient pas dupe de leur stratagème. Le père de Grégory ira même plus loin. Il accusera Jackie d'être l'auteur du bris de vitre opéré sur sa porte d'entrée en 1981.

Malgré la rupture entre Jean-Marie et Jacquie, la famille continue de se voir partiellement. On peut même avancer l'idée que le clash entre les deux frères va bientôt laver André Jacob de tout soupçon. On atteste le méchoui organisé par André Jacob en juillet 1983 à l'étant du Rayo à Grange. Ce n'est pas chez André Jacob mais chez un de ses camarades qui s'occupe d'élevage de truite. Les Jacobes et les Villemmains étaient tous réunis à l'exception de Jackie et Lilian une nouvelle fois à l'écart. La rupture de mai les isolants du reste de la famille. Même Bernard Laroche, Marie-Ange et Muriel Bol ont participé à cette réunion.

Selon Claude Jacob, la journée se sera déroulée dans une bonne ambiance. Aucun heure ne sera signalé. Voyant Albert et Monique ainsi que Jean-Marie et Christine côtoyer André Jacob de manière aussi amicale, on peut se demander si les doutes à son propos étaient si profonds que cela. Albert indiquera dans ses auditions post-Crimes de 1984 qu'il avait peine à croire que le corbeau pouvait être son beau frère car Monique et lui avaient toujours été en bon terme avec André. Il confirme même entretenir avec le frère de Monique toujours d'excellents rapports. Même chose pour Jean-Marie Villemain qui attribue les soupçons envers André au couple Jackie et Lilian.

Lui-même semble plus réservé, ayant toujours en tête que le clan Jacquel était apprivilégié. André Jacob sera entendu par les enquêteurs après le meurtre de Grégory. Il déclare dans son audition entretenir de bons rapports avec sa sœur Monique. Il se dit étranger de près ou de loin à toute cette histoire, même s'il admet être au courant de beaucoup de choses dans la famille et avoir parfois écouté des cassettes. Alors, que retenir de cet épisode André Jacob ? Il est essentiel à mes yeux de resituer ce qui a pu se passer le concernant dans le contexte de l'époque. Fin d'années 2,2 début, la famille Villemin était plus que troublée.

Elle cherchait par tous les moyens à identifier le ou les corbeaux par des méthodes de moins en moins conventionnelles et rationnelles. On le voit avec Jean-Marie et Christine qui font appel à des détectives ou bien Monique qui a recours à une cartomancienne. La famille Villemmain n'a pas attendu passivement que la justice fasse son travail. Toutes ces recherches n'ont bien sûr pas apaisé les tensions intrafamiliales renforçant la paranoïa de chacun. D'un certain côté, le corbeau pouvait se satisfaire de voir ses victimes se monter les unes contre les autres.

À cela, on peut ajouter le rôle de la gendarmerie de Corsieux qui a mené une enquête assez active mais qui a semblé avoir semer la confusion entre les protagonistes. En soupçonnant à leur tour les membres de la famille qui collaboraient avec eux, les gendarmes ont concouru à maintenir un climat intenable. On ne dira pas que le nom d'André Jacob a été suggéré par erreur, mais quand on y pense, il existe peu d'éléments tangible qui pouvait le relier directement au méfet du corbeau. Certes, André pouvait être au centre de la circulation des informations par sa proximité avec Monique Albert et par son travail par lequel il pouvait capter de nombreux renseignements.

Maintenant, quel pouvait être son mobile ? On sait qu'il était proche de sa sœur et de son beau-frère. Pourquoi vouloir leur nuire ? De même, ses relations avec Jean-Marie était sans nuage. Le mobile social lié au travail ou à la lutte des classes ne tient pas non plus. André Jacob était plutôt de sensibilité de droite. On ne comprend pas pour quelle raison il s'attaquerait par exemple à la promotion liée au mérite de son neveu. Dès lors, on peut se demander si le fait d'inclure André Jacob dans la liste peu enviable des suspects ne résulteraiit pas plutôt d'une manœuvre stratégique. Printemps 1983, les Jacky étaient dans tous les viseurs.

Devant une telle pression, il a pu leur sembler profitable d'orienter les regards vers un autre suspect dont ils avaient pu relever la piste naissante dans les conversations familiales. Une diversion était indispensable. Il fallait faire tomber la pression qui s'exerçait sur leurs épaules. D'ailleurs, dans les témoignages, Jackie sera un des seuls à indiquer qu'André Jacob ne s'entendait pas si bien que cela avec le reste de la famille. Il argumentera cela en s'appuyant sur des éléments assez peu solides et restant flou. André semblait selon lui spécial. Peut-être car il faisait des crises d'épilepsie. On ne voit pas bien la cohérence dans ses propos.

Si l'on pousse encore notre analyse, on peut s'interroger sur l'identité de la femme qui avait appelé la gendarmerie de Corsieux pour dénoncer DD comme le cerveau de l'affaire. Dans le contexte de l'époque, Lilian avait tout intérêt à influencer les enquêteurs pour qu'il s'intéresse plus particulièrement à André Jacob. On rappellera néanmoins que Liliane a toujours nié avoir passé ce coup de fil anonyme. Dans notre prochaine épisode, nous nous efforcerons de recenser les dernières pistes menant au corbeaux qui ont été étudiées avant le crime du 16 octobre. Il nous reste encore à évoquer les cas des dernières personnes suspectées.

Bien qu'elle n'ait pas été soupçonnée avec la même intensité que le clan Jacquel par exemple, leur situation reste importante à analyser surtout que l'un de ces suspects a été au cœur des rebondissements les plus récents de cette affaire dramatique. Ok.