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interviewRTL — L'invité de 7h40· 17 mars 2026 10 min

Marine Tondelier sur les alliances avec LFI aux municipales : "La gauche qui s'allie à la gauche, c'est assez normal"

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Marine Tondelier

Va Thomas Soto, RTL Matin.

0:03
Présentateur

Elle est la chef des écologistes Marine Tondelier, l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Marine Tondelier.

0:08
Marine Tondelier

Bonjour, merci de votre invitation.

0:09
Présentateur

Je ne comprends pas.

0:10
Marine Tondelier

Ça ne m'étonne pas.

0:11
Présentateur

Je ne comprends pas. Je vais vous expliquer. Votre positionnement à vous, les Verts, en matière de maintien, de désistement, de soutien ou pas à LFI. Quelle est votre règle ?

0:18
Marine Tondelier

Notre règle, c'est qu'on est écologiste. Et qu'en tant qu'écologiste, on veut qu'un maximum de Françaises et de Français puissent avoir accès à des politiques écologistes et de gauche. Il faut savoir qu'on a un monde qui est très brutal. Vous l'entendez tous les matins et tous les soirs et à longueur de journée. On a une Europe qui n'arrive plus à nous protéger et des politiques nationales qui nous brutalisent aussi. Et donc, dans ces cas-là, avoir un maire de gauche ou écologiste, c'est une forme de bouclier social, environnemental. Une force d'interposition entre vous et les politiques nationales. Moi, je vous parle de LFI.

Et donc, moi, je vous parle de pourquoi la gauche s'allie à la gauche, ce qui paraît assez normal, en fait. Tout le monde devrait s'allier avec l'extrême droite, se désister, etc. Nous, on est de gauche et on travaille avec les gens de gauche, celles et ceux avec qui on a décidé de travailler dans ces villes. Pour offrir à des mamans célibataires des cantines moins chères pour leurs enfants. Pour offrir des transports plus nombreux, en commun, plus confortables et plus accessibles. C'est la base du travail des partis politiques, figurez-vous.

1:09
Présentateur

Mais on est dans la conviction politique forte et sincère ou dans la petite tambouille où on se partage les plats de lentilles ?

1:13
Marine Tondelier

À votre avis, M. Soto. En fait, la réalité, vraiment, c'est que moi, je pense être la chef de parti qui a fait le plus de déplacements dans cette campagne. J'étais depuis quelques semaines à plusieurs déplacements par jour, en plusieurs villes par jour. Et vraiment, les gens viennent vous interpeller sur le marché en disant, comment je fais pour payer la cantine de mes enfants ? J'en ai deux, je travaille la nuit, je suis maman solo. Je n'y arrive pas. Pourquoi je suis dans une ville de droite et je paye le même tarif que les gens de Pierre Riche qui habitent au premier étage de mon immeuble ? On leur dit qu'il faut un maire de gauche écolo.

Et notre travail, c'est qu'un maximum de villes de gauche écolo, le reste...

1:43
Présentateur

Vous me parlez maire de gauche écolo et moi, je vous parle de la France insoumise.

1:46
Marine Tondelier

Et que les maires de droite soient battus pour que d'autres accèdent enfin. Quand vous voyez, à la fin de la semaine, peut-être qu'Amiens et Saint-Etienne auront des maires socialistes. Peut-être que Limoges et Toulouse auront des maires insoumis. Peut-être que Nîmes aura un maire communiste. Et peut-être que Villepinte, Lorient et Bagnolet auront un maire écolo. C'est que les villes qui étaient à droite juste avant. Et donc, quand vous dites peut-être que la vie de millions de Françaises et de Français va changer, ben oui, on fait des alliances. Moi, je suis écologiste, je ne suis pas insoumise. Mon parti, c'est l'écologie, je porte l'écologie.

Et quand il s'agit de faire des alliances au deuxième tour, vous savez, on dit toujours, au premier tour, on choisit, au deuxième tour, on élimine. Eh bien, quand je dois éliminer, je sais qui j'ai éliminé.

2:22
Présentateur

Oui, mais quand même, justement, Marine Dondelier, il y a moins d'une semaine, vous disiez encore pique-pendre de Jean-Luc Mélenchon. Il ne veut pas que nous gagnions les municipales et fait tout pour que nous les perdions tous pour être le roi du cimetière.

2:30
Marine Tondelier

C'est vrai, c'est pour ça que je me bats deux fois plus fort.

2:32
Présentateur

Vous aviez tweeté, ça suffit, après son numéro, sur Epstein, Epstein, Glucksmann, Glucksmann. Le PS dénonçait ses propos antisémites intolérables et là, comme par miracle électoral, vous le retrouvez fréquentable.

2:42
Marine Tondelier

Pas par miracle, parce que vous voyez, par exemple, à Saint-Etienne et à Amiens, il n'y a pas d'alliance de deuxième tour avec la France Insoumise. Dans d'autres villes, il y a des alliances, on va dire, sincères, motivées, avec des combats et des programmes partagés. Parce que, vous savez, Jean-Luc Mélenchon, je ne sais pas sur quelle liste il est candidat au municipal, à ma connaissance, aucune. Donc, nous, on travaille localement avec les candidats.

3:01
Présentateur

Mais votez Mélenchon, non ?

3:03
Marine Tondelier

Ça, c'est vous qui le dites, vous n'arrêtez pas de le dire. C'est vous qui le faites, c'est vous qui le faites, c'est vous qui le faites Mélenchon, à force d'en parler tout le temps. Votez RN, votez RN. M. Choton va encore passer une matinale entière à ne parler que de Jean-Luc Mélenchon. Il est très fort, quand même.

3:15
Présentateur

Clarifiez, il y a un deuxième point.

3:15
Marine Tondelier

Moi, je vous parle des Françaises et des Français. Donc, si vous me laissez terminer ma réponse à la question précédente, même celle d'avant, en réalité, ce qu'on a fait dans plusieurs villes, ce sont des accords techniques. Par exemple, à Grenoble, la France Insoumise dit, nous, nous ne siégerons pas avec vous. Nous siégerons dans l'opposition. Donc, on se met d'accord sur un accord technique qui garantit quelques places, des éléments sur lesquels ils voteront et d'autres sur lesquels nous ne sommes pas d'accord. On acte nos désaccords. Et par ailleurs, il avait été question de clarification nécessaire.

3:40
Présentateur

Ces clarifications ont été demandées. Une analyse technique, c'est-à-dire qu'on vote pour une liste et après, quand ils seront au Conseil municipal, ils seront opposants.

3:46
Marine Tondelier

Ça veut dire qu'on ne fait pas un exécutif ensemble. Ça veut dire qu'il n'y a pas d'adjoint insoumis qui, au nom du maire, mène telle ou telle politique. Ils ont un groupe, à part dans la majorité ou dans l'opposition, ils font ce qu'ils veulent. Mais nous sommes dans une majorité qui ne les comprend pas. C'est ce qui s'est passé dans certaines villes. Pas dans toutes. Il y a des villes où il y a eu des alliances, où on a décidé, par exemple, la tour, où il y avait une équipe sortante qui était composée de socialistes, d'insoumis, d'écologistes. Oui, mais c'est parce que les municipales, vous voulez, vous, depuis Paris, en avoir une lecture nationale.

4:14
Présentateur

Vous voyez, tout le premier tour, on m'a parlé que des étiquettes et des alliances de deuxième tour.

4:22
Marine Tondelier

Le saviez-vous, en France, il y a 35 000 communes. 92 % de ces communes font moins de 3 500 habitants. Il n'y a ni deuxième tour, ni étiquette. Nous, d'ailleurs, nous avons fait élire, au premier tour, des dizaines de maires, dont un nouveau maire écolo de 25 ans dans l'Aveyron, premier maire écologiste de l'Aveyron, à Marciac, Léon Thébault, que je salue, il n'avait ni étiquette, ni deuxième tour, ça ne se passe pas comme ça.

4:43
Présentateur

Donc, LFI est un parti fréquentable, aujourd'hui ?

4:45
Marine Tondelier

Mais ce n'est pas mon parti. Je ne suis pas ni porte-parole, ni avocate de la France insoumise. Ce que je constate, c'est que, pas partout.

4:54
Présentateur

Pas partout. Alors, vous dites, LFI, c'est pas Jean-Luc Mélenchon, il n'est pas candidat municipal. Vous avez parfaitement raison. Prenons un autre cas. David Rigaud, candidat LFI, en passe d'être élu à la mairie de Roubaix.

5:02
Marine Tondelier

Et donc, là, ce débat, il ne s'appelle pas David Rigaud. M. Rigaud, c'est un élu Rassemblement national des Hauts-de-France, vous voulez dire David Guiraud.

5:08
Présentateur

Guiraud, pardon, c'est un lapsus. David Guiraud, le lendemain du 7 octobre 2023, et des attentats du Hamas en Israël.

5:14
Marine Tondelier

Mais vous parlez de Roubaix, M. Soto, ce n'est pas sérieux. À Roubaix, nous ne sommes ni sur la liste de M. Guiraud au premier tour, ni sur sa liste au deuxième tour. Donc, vous démontrez ce que je vous dis. Il y a des candidats que nous avons décidé de soutenir, parce que localement, on travaille bien ensemble, et on va continuer à le faire. Il y a des partis et des candidats avec qui nous ne travaillons pas bien ensemble, et avec qui nous n'avons décidé de ne pas travailler. Et ce n'est pas moi qui prends ces décisions.

Par ailleurs, ce sont les militants qui, dans chaque ville, savent à quel projet ils ont à faire, savent si c'est sérieux, crédible ou pas pour leur commune, et ont pris leur choix en conséquence. Et ce que je déplore, c'est que, vu de Paris, on veut tout inoformiser, fixer une règle qui serait décidée entre nous dans un bureau d'RTL et dire ça vaut pour toute la France. Eh bien, ça n'est pas vrai. La France, elle est multie. La France, elle est plurielle. Les partis politiques, ce sont des étiquettes nationales qui ont des réalités diverses sur le territoire. Y compris, ça vaut chez les écologistes. Les écologistes de telle ville ne portent pas forcément le même projet.

Enfin, il y a évidemment...

6:07
Présentateur

Donc, selon que vous serez ici ou là, vous ne voterez pas pour les mêmes convictions, vous ne voterez pas pour le même parti.

6:12
Marine Tondelier

Quand on vote pour les municipales, on vote pour un projet pour sa ville. C'est ça que vous oubliez. C'est pour ça que vous êtes passé à côté des municipales, et dans vos commentaires, et dans les sondages. On nous disait, l'écologie, c'est la Bérezina, c'est terminé. Jean-Michel Aulas, bientôt, on redécorait déjà son bureau de maire à Lyon. Il s'est complètement viandé. Parce que c'était un candidat des médias, qui était invité sur tous les médias d'extrême droite et autres, même sur le service public, pour expliquer à quel point il était fantastique. Mais derrière, il n'y avait rien.

Donc la réalité des municipales, c'est des gens qui votent pour un futur maire, en qui ils ont confiance, et des politiques municipales qui vont avec.

6:45
Présentateur

On peut prendre un cas pratique à Nice. Vous votez Ciotti à Nice ou pas ?

6:49
Marine Tondelier

Moi, je vote Ciotti à Nice, donc déjà je vote à Élan Beaumont, je n'ai pas de deuxième tour. Et non, je ne vote pas Eric Ciotti à Nice, je vote pour la candidate écologiste. Et vous voyez, à Nice, je vote pour la candidate écologiste.

6:59
Présentateur

Oui, mais de fait, vous allez faciliter l'élection d'Eric Ciotti. Puisque Christian Estrosi appelle un front républicain.

7:04
Marine Tondelier

Je ne suis absolument pas d'accord avec la même science interview, parce que vous dites n'importe quoi. Celui qui va faire élire M. Ciotti, c'est M. Estrosi, qui depuis des décennies, il n'était pas en duel avec M. Estrosi, il était en duo. Ils se sont fait monter les uns les autres. Et je ne vais pas non voter pour M. Estrosi, qui sur sa liste a des gens qui refusent de marier des homosexuels, qui a comme conseiller des anciens conseillers de Jean-Marie Le Pen, parce qu'ils auraient décidé de s'embrouiller et de ne plus être d'accord pour la première fois depuis des décennies. Ce n'est pas comme ça que ça marche la politique. Est-ce que vous proposez de faire là ?

Ça, pour le coup, c'est une tambouille. C'est dire M. Estrosi, on est dans son opposition.

7:38
Présentateur

Non, ça s'appelle ce que vous avez toujours défendu, le front républicain.

7:41
Marine Tondelier

Vous savez, la République, moi, je suis à Élan Beaumont. En 2008, on m'a dit qu'il faut à tout prix que vous désistiez, il faut que vous votiez pour Gérard Dallongeville. Pourquoi ? Parce que sinon, c'est l'extrême droite. Élan Beaumont, 75% pour le réel, 78%. Attendez, je vous parle de 2008. Vous ne mettez pas bien cette interview parce que vous mélangez tout. Je vous parle de 2008. On nous demandait de voter au nom du front républicain pour un maître qui a fini en prison pour 18 chefs d'inculpation. M. Estrosi, il est mis en examen dans 6 affaires. S'il y avait un concours d'affaires entre M. Estrosi et M. Strotti, ils auraient tous les deux gagné.

Parce que ce sont des record-man de l'affairisme. Et donc non, appeler à des gens, à voter pour quelqu'un d'affairiste, contre un autre affairiste, ce n'est pas ça le front républicain. Et ça desservirait le front républicain dans la cinquième ville de France de dire notre meilleur exemple du front républicain, c'est Ciotti contre Estrosi.

8:27
Présentateur

Et on rappelle que les mises en examen sont présumées innocentes parce que ce n'est pas juste.

8:30
Marine Tondelier

D'accord, à la 6ème, on peut se poser des questions quand même.

8:32
Présentateur

C'est vrai que Sébastien Lecornu vous a appelé en personne pour hier ou pas ?

8:35
Marine Tondelier

Vous ne saurez pas parce que je n'ai pas l'habitude de faire état de mes conversations privées. Et si c'est le cas, vous imaginez que la réponse que j'ai pu lui apporter qui sera la même qu'à votre antenne.

8:44
Présentateur

Donc c'est non. Vous voulez dire non notamment sur le cas. J'ai encore une petite question parce qu'on se demande quand même

8:49
Marine Tondelier

les conséquences de ce second tour sur 2027.

8:53
Présentateur

Pourquoi Jean-Luc Mélenchon ? Non, je vous demande ce qui vous reste en commun avec Raphaël Glucksmann ce matin.

8:57
Marine Tondelier

Je pense qu'on a des valeurs en commun. Mais ce que je lui reproche, c'est de considérer qu'il aurait le monopole des valeurs, le monopole de la vertu et que la position qu'il a défendue le soir du premier tour conduit très concrètement, s'il y a des suivis jusqu'au bout, à ce que des millions de Françaises et de Français, soit qui vivaient dans une ville de gauche vivent dans une ville de droite, soit qui vivent dans une ville de droite n'est pas le droit de vivre dans une ville de gauche. Et je suis désolée. Ce n'est pas pour ça qu'on fait de la politique parce qu'à la fin, c'est le quotidien des Français et leur avenir qui est en jeu. C'est très, très concret.

Alors peut-être que quand on est propriétaire parisien, on ne voit pas la différence entre une ville de droite et une ville de gauche quand on dépend du CCAS. Je vais vous donner l'exemple de Brest où j'étais il y a quelques jours où dans le Finistère, le conseil départemental fait de la chasse, vraiment il n'y a pas d'autre mot, aux bénéficiaires du RSA. Si vous avez gagné 30 euros au quai no, ils vont vous demander je ne sais combien de formulaires pour démontrer que vous avez bien gagné ces 30 euros au quai no, sinon vous êtes radié. Et quand vous êtes radié du RSA, vous n'avez plus rien.

Donc si vous avez plus le CCAS à Brest, si ça bascule à droite dimanche, c'est des milliers de personnes qui se retrouvent sans filet de sécurité. Donc oui, M. Glucksmann, des fois on fait des alliances pour y arriver. Je ne pense pas que M. le maire de Brest soit un fan de la France insoumise, mais il va le faire et il sait pourquoi il va le faire.

10:01
Présentateur

Merci Marine Tonto, ça tend à les élections municipales.