Laurent Wauquiez sur les taxes des carburants : "Il faut que le président comprenne qu'il a commis une erreur"
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Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 le président du parti Les Républicains, président également de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Vos questions au standard d'Inter 0145 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application de France Inter. Bonjour Laurent Wauquiez. Bonjour. L'actualité est dominée ce matin évidemment par les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Les Républicains gardent le contrôle du Sénat, les démocrates prennent celui de la Chambre des représentants. Il n'y a pas de vague bleue, mais le mouvement classique de ce scrutin qui est rarissimement emporté par le président en exercice.
Quelle lecture faites-vous du résultat ce matin Laurent Wauquiez ?
D'abord il y a un rééquilibrage. C'est un petit rééquilibrage. Et il ne faut jamais oublier qu'aux Etats-Unis, Tocqueville avait analysé très tôt sur le fonctionnement de la démocratie américaine. C'est très classique qu'au moment des mid-termes, souvenez-vous Obama avait suivi une cuisante défaite. après sa très très belle première élection. Je trouve qu'il y a des leçons qui sont intéressantes à en tirer. D'abord la première, il y a une nouvelle génération qui a émergé. Et donc clairement, dans la façon de renouveler la démocratie, cette nouvelle génération aux Etats-Unis a beaucoup pesé. Ça moi c'est quelque chose qui m'intéresse. Surtout chez les démocrates.
Surtout chez les démocrates, très clairement. La deuxième chose que je trouve intéressante, c'est que nous on a été très sensibles aux engagements d'un certain nombre de grandes stars, ou de grands noms du showbiz américain, qui ont pris parti en se disant, tiens ça va tout changer. Pas du tout. Souvent des candidats soutenus par des stars du showbiz ont échoué. Et ceux qui ont parlé, c'est les classes moyennes. C'est les middle classes. C'est ceux dont, d'ailleurs, votre chronique le soulignait, qui sont dans les suburbs, et qui ont souvent le sentiment d'être les abandonnés de la mondialisation. Et c'est eux qui se sont exprimés.
Qui dans des cas ont fait pencher pour les démocrates, dans d'autres cas pour les républicains. Je trouve que ça, c'est aussi une leçon très importante. Dans la crise actuelle de la démocratie, la clé, le point central, c'est la situation des classes moyennes.
Mais ce qu'on peut dire ce matin, Laurent Wauquiez, force est de constater qu'il y a effectivement une vaguelette bleue. En tout cas, ils reprennent la chambre, ça c'est certain. Mais il n'y a pas, deux ans après son arrivée au pouvoir, il n'y a pas de rejet de Donald Trump. Alors ma question va sûrement faire bondir certains auditeurs, mais est-ce qu'à l'issue des deux ans au pouvoir, Donald Trump est un bon président des Etats-Unis ?
Ce qui est très étonnant pour un commentaire et un observateur français, c'est que voilà un président qui nous semble quand même souvent étrange, excessif, outrancier. Dont on se dit, mais comment est-ce qu'il peut être soutenu par les américains ? Et de fait, on doit bien constater que la correction électorale qui vient de s'effectuer aujourd'hui est beaucoup plus faible que celle qu'avait connue Barack Obama. Pourquoi ? Sans doute parce que nous, il y a des signaux faibles qu'on n'a pas bien regardés, vu de l'autre côté de l'Atlantique, et qui ont beaucoup joué dans la résistance de Trump. La première chose, il a baissé massivement les impôts. Et pour les classes moyennes, ça a joué.
Il a redonné du pouvoir d'achat, et de façon importante, à des catégories d'Américains qui se sentaient progressivement appauvrés. Il y a une leçon aussi à tirer pour la situation de nos démocraties occidentales.
Ce que disait Dominique Seuss, justement, dans son édito économique, c'est qu'il n'en a pas joué des résultats économiques. Il a misé sa campagne, Trump, il aurait pu dire, regardez, les résultats sont très bons. Il l'a misé sur l'identité et l'immigration. Et donc...
Je pense que c'est une erreur. Je pense qu'il aurait dû plus fortement mettre en avant les résultats. Et au fond...
Vous, Laurent Wauquiez, vous nous dites que c'était une erreur de Trump d'avancer l'identité et l'immigration ?
Ce que je dis, c'est que c'était une erreur de ne pas mettre suffisamment l'accent sur la situation des classes moyennes et les mesures qu'il avait prises. Vous le savez, j'ai toujours plaidé pour ça. J'ai même écrit un livre, il y a maintenant quasiment dix ans, sur cette question. L'appauvrissement des classes moyennes. Le fait que le système économique de la mondialisation appauvrit ceux qui sont au milieu. Pas les premiers de cordée d'Emmanuel Macron. Pas nécessairement les derniers, ceux qui sont au milieu. Pour moi, c'est l'enjeu essentiel de notre XXIe siècle. Et je pense que c'était une erreur de Trump parce qu'il avait un bilan à mettre en avant.
Qu'il aborde les questions d'immigration, bien sûr. Elles étaient évidemment fondamentales pour les Etats-Unis. Mais ne pas avoir traité plus la question des middle class, je pense que là, il a fait une erreur.
Qu'est-ce qui peut, Laurent Wauquiez, vous inspirer chez Trump ? Après tout, c'est un homme de droite qui était un outsider, qui a réussi à conquérir le pouvoir. J'imagine que vous partagez au moins cette ambition.
Je ne cherche pas d'inspiration du côté de la houppette de Trump. En revanche, c'est toujours intéressant. Et les politiques français ont toujours aimé regarder ce qui se passait de l'autre côté des Etats-Unis. Il y a autre chose que je trouve très intéressante dans ce qu'a fait Trump. C'est sa politique de relocalisation d'entreprise. Je n'aime pas son style, je n'aime pas le personnage, je n'aime pas son caractère, je n'aime pas ses outrances. Mais je trouve que ce qu'il a mené pour dire stop, on ne peut pas continuer à perdre nos emplois au profit de la Chine sans rien faire et sans réagir. Une politique assez ferme.
Au fond, il a dit aux entreprises, je vais vous faciliter la vie sur le territoire américain, mais maintenant vous ramenez les entreprises aux Etats-Unis. Et ce qui a marché, avec des mouvements de relocalisation importants, le taux de chômage est au plus bas depuis plus de 30 ans aux Etats-Unis. Ça aussi, c'est des choses que je trouve intéressantes à regarder. Trump n'est en aucun cas une source d'inspiration. Mais regardez ce qui se passe dans la démocratie américaine, c'est toujours des leçons à tirer.
Alors justement, les leçons à tirer à 6 mois des Européennes. Matteo Renzi, qui était à votre place, l'ancien chef du gouvernement italien il y a quelques minutes, disait que c'est une bataille culturelle que nous devons mener et que nous devons gagner. Lui encourage Emmanuel Macron. Emmanuel Macron qui sonne l'alarme sur l'état de l'Europe, qui rappelle l'Europe des années 20. Crise économique majeure, fermeture des frontières, rejet de l'autre, montée de la lèpre nationaliste. Est-ce que vous récusez cette lecture et cette comparaison avec l'entre-deux-guerres ?
Non seulement je la récuse, mais je la trouve extrêmement dangereuse. Je vois très bien ce que cherche à faire Emmanuel Macron. avec ce discours consistant à résumer maintenant tout le débat politique, aux progressistes, le camp du bien, résumé à sa seule personne, contre les populistes, tous les autres, rejetés aux franges de la démocratie.
Vous êtes où, vous ?
Précisément, moi ce que je veux, c'est que les Français aient un autre choix. Et je vais essayer de vous l'expliquer. Qu'est-ce qu'ils cherchent à faire ? Il cherche à organiser en France comme en Europe une stratégie terriblement cynique consistant à dire c'est moi ou le chaos. Il n'y a au fond dans le champ démocratique plus que moi et l'extrême droite. Et il semble même désirer ce débat d'un espèce de face-à-face mortifère entre lui et Marine Le Pen en France et au niveau européen entre lui et les populistes désignés type Salvini. Je vois très bien pourquoi est-ce qu'il fait ça. Il a compris qu'il n'y aurait plus de vote d'adhésion pour sa personne.
Et donc il dit aux Français de toute façon vous n'avez pas le choix. C'est moi ou pire. Moi je me bats pour qu'on arrive, et je pense qu'il le faut aussi bien à droite qu'à gauche, pour qu'il y ait une autre alternative démocratique dans le champ républicain par rapport à ce que peut représenter Emmanuel Macron. Et je voudrais rajouter autre chose. Quand il fait ça, quand il brandit cet étendard de la lèpre populiste, qu'est-ce qu'il fait ? Moi ce que je crois c'est que quand on n'écoute pas le peuple, il se venge toujours. J'aime bien cette phrase à l'humour cinglant de Bertolt Brecht. Le peuple a mal voté, il faut dissoudre le peuple. Moi je ne crois pas à ça.
Est-ce que vous êtes populiste vous ? Moi je crois qu'il faut toujours...
Est-ce que c'est un gros mot populiste ?
Écoutez les gens, depuis quand est-ce que c'est devenu un gros mot ? Essayez de faire attention aux attentes, aux désespoirs, aux craintes qui sont parfois exprimées par ceux qui habitent dans nos pays et dans nos nations. Est-ce que c'est un gros mot maintenant dans le fonctionnement de la démocratie ?
Parce que historiquement, le mot populiste était... Je ne sais pas si c'est un gros mot, mais ça renvoie à des périodes de l'histoire européenne.
C'est pour ça que je vous pose la question.
Est-ce que vous pourriez vous dire populiste ?
Je n'aime pas ce que charrie dans l'histoire, la référence populiste qui renvoie à l'extrême droite, qui renvoie au fascisme, qui renvoie au nazisme. Je n'aime pas ça. Et je n'aime pas tout autant ce à quoi renvoie le mépris du populisme et ce qu'utilise Emmanuel Macron de la lèpre populiste. Je vais vous donner un exemple. Quand par exemple en Allemagne, Angela Merkel n'écoute pas la crainte des Allemands et qu'elle gère très mal la vague migratoire, elle aboutit à quoi ? Elle installe au Bundestag pour la première fois depuis 1945 l'extrême droite au sein de la démocratie allemande.
Quand en France, Emmanuel Macron explique aux Français qu'il n'y a pas de problème de pouvoir d'achat, que c'est des efforts qu'il faut faire et qu'heureusement qu'il est là pour faire ce qui n'a jamais été fait depuis 30 ans, sans même prendre la peine d'écouter la détresse, la désespérance qui est exprimée. Je pense qu'il a tort. Moi, mon choix, c'est toujours d'écouter et d'essayer de comprendre.
Sur l'Europe encore, Laurent Wauquiez, Emmanuel Macron, en plus de ce que vient de dire Léa sur l'histoire, fait également le constat que la Russie, par exemple, peut être menaçante, que la sécurité de l'Europe, surtout, ne peut pas dépendre uniquement des États-Unis et de leur bon vouloir, qu'il faut donc que l'Europe prenne sa défense et son destin en main. Êtes-vous, comme lui, favorable à la création d'une armée européenne ?
Vous savez, ces derniers temps, j'ai beaucoup échangé avec toute une nouvelle génération qui est en train de naître à droite, de nouveaux dirigeants qui ne se reconnaissent pas, d'ailleurs, dans cette ambivalence qu'on voit en Finlande, qu'on voit dans les Pays baltes. Je suis très frappé par leur inquiétude, très frappé par leur crainte de la menace russe et du désengagement américain. Nous avons incontestablement une responsabilité, mais il y a deux chemins pour le faire. Le premier, c'est celui qui est proposé par Emmanuel Macron d'une armée européenne. Je n'y crois pas.
Je n'y crois pas parce qu'une armée, c'est quelque chose qui nécessite une concentration du pouvoir de décision, une efficacité, parce qu'on a déjà essayé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, qu'on a échoué. Et donc, je ne crois pas à ce fantasme d'une armée fédérale européenne parce qu'il n'y a pas de souveraineté européenne. Vous proposez quoi ?
En revanche, moi, je propose que la France et l'Allemagne, ensemble, mettent plus fortement à disposition l'outil militaire qui est l'outil militaire français et allemand pour assurer la sécurité de plus en plus des frontières européennes face à la Russie et que l'Europe paye pour cela une partie du budget de l'armée française et une partie du budget de l'armée allemande pour que ce soit nos deux armées qui assurent la défense de l'Europe.
Une armée européenne mais une armée franco-allemande ? C'est ce que vous proposez ?
Mise à disposition de la protection de l'Europe. Je pense que ce schéma-là est le meilleur. Sinon, on va se retrouver à avoir quoi ? Trois bouts d'avion en Belgique, quatre bouts d'avion en Lettonie et une armée qui ne sera pas efficace. Moi, je ne crois pas et c'est ma différence avec Emmanuel Macron dans une souveraineté fédérale européenne qui se substituerait à la souveraineté des nations.
D'accord. Laurent Wauquiez, vous voulez imposer une alternative à Macron ou les nationalistes mais on ne comprend pas bien votre ligne aux Républicains. Sauf mon respect. Sur le vote d'Orban il y a un mois, quand on voit ce que vos eurodéputés LR ont voté, c'est-à-dire totalement divisé, c'est-à-dire trois ont voté contre, cinq se sont abstenus et cinq ont voté pour, qu'est-ce que ça dit à six mois des Européennes de la ligne de LR ? Vous êtes totalement divisé par exemple sur le cas Orban ?
Si. Je vais d'abord essayer de répondre sur notre ligne européenne puis ensuite je viendrai sur Orban où les choses doivent être claires. Sur notre ligne européenne, les Français auront le choix entre trois alternatives. La première, celle de Marine Le Pen, sortir de l'Europe. Transposer en réalité, même si elle l'habille d'autres mots, ce qui est en train de se passer en Angleterre avec le Brexit et la sortie de l'euro. Une folie. L'autre choix, c'est celui d'Emmanuel Macron, toujours plus, de ce qui a amené l'Europe dans le mur.
D'accord. Et la vôtre ?
La vôtre, la vôtre, la vôtre. Notre ligne. Et vous la connaissez ? J'ai toujours le même discours dessus. Pour sauver l'Europe, il faut la changer. Une Europe qui revoit totalement ses fondamentaux. Ça veut dire quoi ? Arrêter l'élargissement.
Vous avez changé de position sur l'Europe. Pardon Laurent Wauquiez. Vous avez évolué. On en a souvent parlé. Vous avez évolué sur l'Europe. Vous étiez très fédéraliste il y a 15 ans. Pardonnez-moi Léa Salamé. Vous avez basculé. Non, non, non. Non, non. Parce que vous ne pouvez pas dire que je n'ai pas changé sur l'Europe.
Léa Salamé, j'aime bien qu'on soit précis. Est-ce que j'ai changé par rapport à quand j'avais 25 ans ? Oui, bien sûr. Quand j'avais 25 ans, j'étais pour l'élection du président et je le regrette. Une Europe qui s'est trop élargie. Une Europe dans laquelle un commissaire européen nous explique qu'il ne fait plus de différence entre une entreprise chinoise et une entreprise européenne. Une Europe, je le rajoute...
Il y a quelques années, vous étiez pour une Europe à 6, Laurent Wauquiez. Vous avez changé d'avis. Maintenant, vous êtes une Europe... Non, non, non.
Je vais essayer d'aller jusqu'au bout et j'aime bien que les choses soient claires là-dessus. Je continue à croire dans l'Europe des cercles. Celle d'ailleurs qu'Edouard Balladur a défendue. Celle d'ailleurs qui est soutenue et qui était soutenue à l'époque et qui consistait à dire quoi ? L'Europe, trop de pays n'arrivent plus à décider. Je n'ai pas changé d'avis dessus. Je continue à penser qu'il faut qu'on organise l'Europe en cercles qui permettent d'avoir une organisation plus efficace.
Alors, quelle tête de liste ? Laurent Wauquiez, s'il vous plaît. Avançons. Quelle tête de liste pour LR aux européennes ? Pour reprendre la question de Léa, est-ce que vous allez prendre quelqu'un qui a voté contre les sanctions à Viktor Orban ? Quelqu'un qui a voté pour les sanctions à Viktor Orban ? Quelqu'un qui s'était abstenu de voter sur ce sujet-là ? Qui ? Vous me permettez
de répondre sur le sujet de Viktor Orban parce que j'ai esquivé la question. Il y a aujourd'hui un certain nombre de pays en Europe qui posent un problème sur le fonctionnement de la démocratie. Et je suis très frappé de voir l'indignation sélective parfois, dont d'ailleurs on fait preuve ce matin, en concentrant tous nos feux sur la Hongrie. Vous ne m'interrogez pas sur la Roumanie. Il y a une de vos confrères qui a été tuée en Roumanie, pays dirigé par les socialistes. Vous ne m'interrogez pas sur la Grèce de Tsipras qui pourtant dans les classements internationaux sur la liberté de la presse est classée en dessous de la Hongrie.
Vous ne m'interrogez pas sur Malte où là aussi une de vos confrères a été tuée dans une affaire mafieuse.
Non mais là on s'interroge sur un vote qui a eu lieu au Parlement.
Je vais vous dire clairement ce que je pense. Ce que je souhaite c'est qu'on pose globalement la question d'une évolution antidémocratique dans un certain nombre de pays européens qui peut concerner la Hongrie, qui concerne la Roumanie, qui concerne la Grèce, qui concerne Malte. Et c'est pour ça que tout à l'heure je partirai à Helsinki rejoindre l'ensemble des partis démocrates européens de droite, le Parti Populaire Européen et où nous poserons une motion destinée à réaffirmer nos valeurs à savoir la défense de ce qu'est notre conception des droits et de la démocratie.
Sur la tête de liste.
On ne voit pas le profil. Vous vous doutez bien vous n'avez pas Nicolas Hulot tous les jours. Vous vous doutez bien que je ne vais quand même pas vous donner la tête de liste. On parle mission. On ne parle pas des missions. On m'interroge sur la tête de liste. Je vous aime beaucoup mais je ne donnerai pas évidemment ma tête de liste maintenant. Non parce que je souhaite me laisser le choix et je voudrais vous expliquer pourquoi.
Non mais vite parce qu'il y a les carburants il y a encore beaucoup de questions.
La politique est trop devenue du casting et du marketing. Moi ce qui m'intéresse c'est d'abord qu'on définisse notre projet et on a du travail à faire comme vous me l'avez souligné. Et ensuite on choisira la personne pour le porter. D'abord le projet.
Allez Emmanuel Macron donc Léa le disait à l'instant sur les carburants d'y vouloir s'inspirer Laurent Wauquiez de Xavier Bertrand et de ce qu'il a fait dans les Hauts-de-France cette aide au transport des particuliers un coup de pouce d'une vingtaine d'euros par mois c'est une bonne mesure tout simplement.
Quelle est cette mesure ? C'est une mesure qui n'est évidemment pas à la hauteur de l'enjeu. De quoi parle-t-on ? Dans la région des Hauts-de-France il y a 6 millions d'habitants. Cette mesure bénéficie à 14 000 personnes. Est-ce qu'on pense sérieusement que c'est à la hauteur de l'enjeu et de la colère qui est en train de monter dans le pays ? Mon sentiment c'est que le Président de la République ne comprend pas ce qui se passe. On a juste des Français qui nous disent et je suis très frappé par l'ampleur profonde de ce désespoir. Trop c'est trop. Il y a une seule façon de répondre.
Il faut que le Président comprenne qu'il a commis une erreur ce qui peut arriver à tout le monde mais qu'elle doit être corrigée.
Vous lui demandez de reculer sur les taxes ?
Je lui demande de corriger son erreur et d'entendre ce que lui disent les Français.
Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'il y a une seule réponse à cette colère c'est arrêter les hausses de taxes sur les carburants. Tout le reste c'est juste du bricolage.
Et donc vous ne bricolerez pas dans votre région. Vous refusez ce type de dispositif.
Je vais y venir et je vous répondrai très clairement. Mais regardez dans quoi on est. Voilà un Président qui a assommé les Français avec des hausses massives de taxes pas seulement sur les carburants mais aussi sur le gaz sur plein d'autres choses. Et qui ensuite nous dit on va mettre en place des petites subventions pour corriger les hausses de taxes massives que j'ai décidées. Mais enfin on est en pleine absurdie. C'est-à-dire que ce qu'on vous prend massivement d'une poche on va feindre ensuite de vous le rendre avec une petite subvention de l'autre.
Est-ce que vous le ferez chez vous dans votre région ? Malheureusement le temps n'est pas élastique.
Et je vais même faire une proposition. Moi je ne crois pas à ce système vous l'avez compris. Ce que je crois c'est que si vous voulez protéger les Français de hausses de taxes il faut arrêter les hausses de taxes. C'est la seule chose à faire. C'est ce que j'ai fait dans ma région où je la gère bien et ça m'a évité toute augmentation de taxes. J'ai même aligné vers le bas la carte grise. Mais j'ai une proposition à faire. Ce que je propose au Président de la République c'est que moi dans ma région je suis prêt à baisser les taxes sur l'essence. J'en suis parfaitement conscient les taxes qui dépendent de la région sont très symboliques. Mais je suis prêt à les baisser.
A condition que le Président de la République lui de son côté s'engage à arrêter les hausses de taxes qu'il a décidées. Qu'inside tout le monde fasse un effort. Et que ça permette d'arrêter cette folie dans laquelle on est où on habille avec des oripeaux écologistes un discours qui consiste juste à remplir les caisses de l'Etat au détriment du pouvoir d'achat des Français.
Allez on file au standard pour donner la parole aux auditeurs d'Inter. Bonjour Jean-Pierre vous nous appelez de Lyon.
Oui bonjour bonjour M. Vauquier. Bonjour M.
Moi je voulais vous demander si à l'exemple de Trump vous pouvez nous faire rêver rêver une partie des Français une partie des Français qui agonisent fiscalement notamment les retraités une partie de cette jeunesse à qui on offre des emplois très mal rémunérés comme mettons livreurs ou ambulanciers dont la région d'ailleurs paye parfois la formation donc est-ce qu'on peut rêver rêver comme dans les années je ne sais pas 70 où je travaillais dans l'automobile à Saint-Etienne et on offrait pour quelques mois de salaire une voiture à des gens très modestes donc on leur offrait à la fois le goût de vivre la liberté voilà est-ce que vous pouvez nous faire rêver
merci merci beaucoup Jean-Pierre pour cette question Laurent Wauquiez vous répond
Jean-Pierre je n'ai pas envie de faire rêver parce que je pense qu'on a tellement voulu faire rêver et que d'ailleurs Emmanuel Macron a tellement voulu faire rêver qu'à la rivière on nourrit tellement de désillusions en revanche il y a quelque chose de très fort que j'entends dans ce que vous dites c'est que précisément qu'est-ce qui a changé par rapport aux Trente Glorieuses c'est que dans les Trente Glorieuses une famille modeste qui travaillait trouvait du travail pouvait s'enrichir par son travail et avait l'espoir d'un ascenseur social qu'est-ce que j'ai voulu dire ce matin c'est que ce que je n'aime pas dans cette mécanique actuelle de la mondialisation c'est qu'on a perdu ça et que ceux qui sont broyés c'est ceux qui sont au milieu et tout ce que moi j'essaye de faire à la fois dans notre région la vôtre et en même temps dans ce que je veux pour le programme des républicains c'est de remettre les classes moyennes au coeur de notre projet pour la France
parce que c'est elles qui font la solidité aux rêves faites-nous rêver comme Trump a fait rêver
oui mais moi je n'aime pas cette façon de faire de la politique parce que je pense que c'est précisément celle qui fait des désillusions j'essaye de le faire sérieusement à la façon par exemple de ce qu'on a fait dans notre région où tous les bacheliers qui sont des bacheliers mention très bien issus souvent de milieux modestes la région leur attribue une bourse pour les aider et les encourager ça pour moi c'est la reconnaissance de l'effort de cette méritocratie républicaine dont parlait Yves Bonnefoy et que j'aime
on retourne au standard bonjour Hassan et bienvenue
bonjour monsieur Demorand bonjour madame Salamé et bonjour monsieur Vauquiez
bonjour
monsieur Vauquiez vous faites preuve d'empathie et d'un altruisme admirable à l'égard de la dame pakistanaise Asia Bibi ma question pourquoi ne faites-vous pas autant à l'égard des réfugiés de guerre qui se noient en mer tous les jours ou encore des familles qui dorment sous les ponts dans notre région Ronnais
merci Hassan pour cette question Laurent Vauquiez vous répond
merci Hassan de la question alors je pense que les auditeurs de France Inter auront identifié Asia Bibi c'est la situation de cette femme pakistanaise
condamnée pour blasphème
exactement
et encore emprisonnée
innocentée par la cour suprême et qui est aujourd'hui devenue une victime de l'intégrisme islamiste Hassan ma position est simple je considère que l'honneur de la France est d'offrir son asile à ceux qui sont persécutés et notamment par la barbarie et je considère que dans le cas d'Asia Bibi c'est la vie d'une femme qui est en question mais c'est aussi notre conception de la civilisation par rapport à la barbarie intégriste
ça veut dire quoi cette phrase c'est parce qu'elle est chrétienne
non ça veut dire que c'est un symbole aujourd'hui et que l'intégrisme islamiste en a fait un symbole le sujet et pas sa religion
elle est un symbole
elle est devenue pour moi un symbole
ce n'est pas la civilisation donc j'essaie de comprendre ce que vous voulez dire
vous savez je ne confonds pas là dessus et heureusement une espèce de guerre qui serait une guerre de civilisation entre l'intégrisme islamiste et d'autres religions ce n'est pas ça ce que je veux dire je pense que toutes les religions participent d'une défense commune d'une certaine conception de la civilisation et que l'intégrisme islamiste lui est de l'autre côté de la frontière du côté de la barbarie et je n'ai jamais varié dessus Moutanabi d'ailleurs très beau poète du 10ème siècle de mémoire avait parfaitement souligné ce danger de la dérive d'un intégrisme au sein de l'islam une dernière question
qui appelle une réponse longue mais malheureusement on n'a quasiment plus le temps le gouvernement envisage d'amender la loi de 1905 pour encadrer notamment le financement des cultes y êtes-vous favorable Laurent Wauquiez ?
je n'y suis pas favorable parce que la laïcité est le socle du fonctionnement de la république parce que je n'aime pas quand on commence à changer les règles de la laïcité on a un sujet à traiter qui est celui de l'intégrisme on traite ce sujet mais pour le traiter on ne détricote pas la loi sur la laïcité
c'est un risque qu'elle soit détricotée
oui c'est un risque
là c'est des amendements techniques sur le financement mais vous redoutez que la comment dire le mur porteur tremble
quand le diable sort de la boutagne je le doute toujours je pense qu'on doit traiter la question de l'intégrisme et je pense qu'on doit garder la laïcité et vouloir traiter l'intégrisme en changeant la laïcité c'est une profonde erreur politique dans le cadre du contrat républicain français
merci Laurent Wauquiez d'avoir été au micro de France Inter ce matin je rappelle que vous êtes le président du parti les républicains président également de la région Auvergne-Rhône-Alpes auvergne-Rhône-Alpes
Laurent Wauquiez