Fabien Roussel invité du Grand Rendez-vous Europe 1, CNEWS, Les échos
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 52 %Défensif 18 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 56 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:32OuverteRéponse partielle
Quelles sont vos propositions sur l'immigration ? Est-ce encore un tabou à gauche sur ce sujet et d'autres ?
- 0:59OuverteÉludée
Est-ce bien le rôle de la palme de transformer ainsi cette récompense en tribune politique ?
- 5:18OuverteRéponse directe
Le 8 juin, il va y avoir une proposition de loi du petit groupe IOT pour abroger la réforme des retraites. Vous pensez que vous allez pouvoir y arriver ?
- 7:18RelanceRéponse partielle
Et si ce vote n'a pas lieu, pour vous, la réforme de retraite sera définitivement légitime ?
- 11:39RelanceRéponse partielle
Redonner la parole au peuple sur la réforme des retraites, pourquoi vous ne le faites pas sur l'immigration ?
- 12:42OuverteRéponse partielle
Il y a des sondages. Pour demander... Il y a une volonté des Français depuis des années.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:16InvitéChiffre
« On a divisé par deux le nombre de lits en psychiatrique ces dix dernières années. »
- 6:04InvitéFait
« Jamais depuis la 5e a été utilisé l'argument de l'article 40 et donc de créer des dépenses pour empêcher un texte de pouvoir être débattu. »
- 6:42InvitéChiffre
« Ça fait 4 mois qu'il y a des manifestations dans notre pays, 13 en tout. »
- 7:29InvitéFait
« Les Français, à 4 mois après, sont très majoritairement opposés à cette réforme de retraite. »
- 9:19InvitéChiffre
« J'ai été élu en juin 2022, ça fait à peine un an, j'ai déjà été privé 11 fois de mon vote. »
- 10:46InvitéChiffre
« Il y a eu 250 parlementaires qui ont signé la proposition de RIP, de tenir un référendum. »
- 16:26InvitéChiffre
« 21 lois en l'espace de 20 ans sur l'immigration. »
- 17:57InvitéFait
« Je trouve gonflé de la part de la droite qui a défendu tous les traités libéraux de l'Union européenne, la concurrence libre et non faussée, etc. »
- 18:25InvitéFait
« Quand il s'agit de privatiser EDF, quand il s'agit de démanteler la SNCM, l'ancienne compagnie maritime, quand il s'agit aujourd'hui de réclamer 5 milliards d'euros à frais de SNCF. »
- 20:10InvitéFait
« Il n'y a pas de guerre qu'en Ukraine. »
- 20:19InvitéFait
« Nous avons eu une politique migratoire commune à l'échelle de l'Union européenne pour accueillir les réfugiés ukrainiens, plusieurs millions quand même. »
- 30:18InvitéChiffre
« On a divisé par deux le nombre de lits en psychiatrique ces dix dernières années. »
- 33:48InvitéFait
« Oui, parlons de laxisme. »
- 34:06InvitéChiffre
« On a supprimé 15 000 douaniers dans notre pays. »
- 34:52InvitéChiffre
« Il y a un mort par semaine. »
- 35:05InvitéFait
« Il y a toujours un mort par semaine à Marseille. »
- 35:14InvitéFait
« J'ai parlé à ce père de famille qui a perdu son fils de 30 ans tué suite à une balle perdue dans un règlement de compte sur le fonds de trafiquants de drogue. »
- 35:59InvitéFait
« Quand l'État recule, c'est la mafia qui avance. »
- 36:43InvitéFait
« Je crois toujours dans les jours heureux que j'ai défendus lors des élections européennes. »
- 36:50InvitéFait
« La France a tous les atouts pour s'en sortir. »
- 36:58InvitéFait
« Protéger le travail des Français. »
- 38:59InvitéPromesse
« Soyons unis aujourd'hui le plus largement possible pour gagner sur cette réforme des retraites. »
Temps de parole
- Invité68 %
- Présentateur14 %
- ?11 %
≈ 43,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour
à tous et bienvenue à vous au Grand Rendez-vous. Bonjour Fabien Roussel.
Bonjour à tous les trois.
Secrétaire national du Parti communiste, c
'est
votre Grand Rendez-vous ce dimanche, au moment où la gauche se questionne ouvertement sur l'après-Mélenchon, au moment aussi dans le pays où les lignes politiques bougent, avec un président de la République qui n'hésite pas à parler de décivilisation et un ministre de l'Intérieur qui tend ce matin la main aux Républicains sur l'immigration. A ce sujet, quelles sont vos propositions ? Est-ce encore un tabou à gauche sur ce sujet et d'autres ? Pour vous interroger, mes camarades, Nicolas Barré-les-Echos. Bonjour Nicolas. Bonjour Sonia. Et Mathieu Bocoté. Bonjour à vous, Mathieu. Bonjour.
Mais tout d'abord, Fabien Roussel, hier soir, la palme d'or a été remise à la réalisatrice Justine Trier pour son film « Anatomie de la chute
».
Cette dernière a tenu un discours très engagé dénonçant la répression du mouvement sur la réforme des retraites. Est-ce bien le rôle de la palme de transformer ainsi cette récompense en tribune politique
? Bravo
aux artistes, aux créateurs français et bravo à ceux qui ont été primés. Bravo à tous les intermittents du spectacle sans qui ces œuvres ne pourraient pas être produites et diffusées. Oui, la liberté d'expression quand même de la part de Justine Trier qui en fait dénonce et la marchandisation des corps en dénonçant la réforme des retraites et la marchandisation des cultures, de la culture aussi.
Et
donc la liberté de création...
Vous pouvez dire un
bravo à l'État qui finance tout ça
?
Mais bien sûr, parce qu'on reçoit des financements publics, on n'a pas le droit de critiquer la politique de l'État.
C
'est ça le sujet ? Quand je vois que les ministres du gouvernement lui tombent dessus aujourd'hui, sous-entendus, avec l'argent public que vous avez, vous feriez mieux de la fermer, je trouve ça scandaleux. D'abord, nous devrions tous défendre la liberté des artistes et de créer et de s'exprimer. Et d'ailleurs, les Français qui suivent cette actualité devraient lire la tribune qui a été publiée à l'ouverture du Festival de Cannes par 500 cinéastes français qui, eux,
justement
tirent la sonnette d'alarme sur la liberté de création. Et ils disent que parce que le cinéma doit être rentable de plus en plus, les producteurs du cinéma français interviennent de plus en plus dans le montage final, dans le titre
du film, dans le générique, etc. Est-ce que ce n'est pas du conformisme ? La
liberté de création doit être préservée. Nous avons en France un modèle de financement du cinéma et de la création qui est unique, exceptionnel, d'ailleurs, qui a été instauré en 1946 avec cette
dimension. Et donc, bravo au
Conseil national de la résistance, bravo aux communistes et au général de Gaulle. Mais vous conviendrez que le cinéma
français
n
'est
pas soumis
au
néolibéralisme. Mais il est de plus en plus soumis à des producteurs qui ont, eux, une exigence de rentabilité sur les œuvres. Heureusement que nous avons un modèle français de financement du cinéma, de la création, que nous avons un régime des intermittents du spectacle, même s'il est à chaque fois attaqué. Heureusement que nous avons ça pour pouvoir préserver cette liberté de création. Mais donc, enfin, quand même, si on défend ici tous le modèle français et la liberté de création, laisser une réalisatrice s'exprimer
librement et y compris de
critiquer la
réforme des
retraites. C
'est ce qui est dit à
un moment particulier qui est ce festival. Par exemple, David Lysnard, le président de
l
'Association des maires de France et maires de Canada, dit que ce sont des enfants gâtés en réalité. C'est du conformisme que de dénoncer dans cet écrin qui est le festival de Cannes et une réforme des retraites.
D
'abord, il y a eu de nombreux artistes qui ont aussi signé des tribunes, certains ont défilé, contre cette réforme des retraites. Et eux aussi se sont concernés. Ils ne vivent pas hors du monde quand même. Ils vivent en France, ils travaillent, ils produisent des œuvres avec des salariés, je parlais des intermittents du spectacle, et d'autres à qui on va demander de travailler plus longtemps. Je pense justement à ceux qui sont derrière les caméras, ceux qui tirent les câbles, ceux qui font les décors, les menuisiers, les électriciens, etc. Ils ne vivent pas en dehors du monde, ceux-là. Donc
il n'y a pas de
déconnexion entre ces festivals
et ceux qui subissent. Une
réalisatrice, un auteur, une autrice qui travaille dans le cinéma, quand ils produisent des films, vivent avec des hommes et des femmes qui travaillent aussi, et bien sûr qu'ils ont le droit de s'exprimer.
Donc vous vous seriez levé ?
Vous
vous seriez levé ? Mais alors vous
vous rendez compte de
ce que vous êtes en
train de me dire
? Je pose des questions.
On ne peut pas voter, on ne peut pas voter sur cette réforme des retraites à l'Assemblée nationale, on n'a pas eu de vote, on a eu un 49-3, on manifeste dans la rue, on n'est pas entendu, et on s'exprime quand on reçoit un prix, on se fait tapis sur les doigts. Vous nous dites où est-ce qu'on peut parler ? On ne vous dit pas, on
vous demande si c'est bien le lieu pour poser un débat
politique. Pas par exemple, puisque vous en venez à l'Assemblée nationale. Le 8 juin, il va y avoir quelque chose de particulier qui affole la majorité et la Macronie. C'est une proposition de loi du petit groupe, l'IOT pour abroger...
Petit
par son nom, peut-être grand pour vous par la qualité de son travail pour abroger la réforme des retraites. Vous pensez que vous allez pouvoir y arriver ?
Mais j'espère.
Malgré les manœuvres politiques qui se
préparent
? Ce serait sans précédent,
dans
l'histoire de la 5e, depuis 1958,
ce
serait sans précédent,
qu
'un gouvernement ou une majorité empêche un groupe parlementaire d'utiliser sa niche. On en a une par an, une fois par an, entre 9h et minuit. On a une journée entre 9h et minuit, on n'a pas le droit de dépasser minuit, on ne peut pas commencer avant,
pour
présenter des textes de loi à notre initiative. C'est une initiative parlementaire. On a une fois par an. Jamais depuis la 5e a été utilisé l'argument de l'article 40 et donc de créer des dépenses pour empêcher un texte de pouvoir être débattu.
Et
si ça arrive ? Si ça arrivait...
De
quoi ce serait le
signe ?
On rentre dans l'inconnu. Quand je dis qu'on rentre dans l'inconnu, c'est qu'on va rentrer dans une crise démocratique grave. Et je dis l'inconnu parce qu'on n'a jamais vécu ça avant, il n'y aura pas eu de précédent. C'est une atteinte forte contre le Parlement, contre l'Assemblée nationale. Ce texte de loi de la retraite à 64 ans n'a pas été voté à l'Assemblée nationale. Ça fait 4 mois qu'il y a des manifestations dans notre pays, 13 en tout. Et il y en a une 14e prévue le 6 juin. Et d'ailleurs, je me permets de dire à vos téléspectateurs qui sont là, dimanche matin, en train de regarder la télévision, je leur dis, le 6 juin, non seulement c'est important de manifester
pour
dire notre opposition contre cette réforme de retraite, mais ce sera important de manifester,
ce
sera deux jours avant ce débat à
l
'Assemblée nationale, ce sera important de manifester pour dire au gouvernement, laissez les députés voter sur ce texte de loi qu'il y ait au moins un vote, qu'il y ait au moins un vote
sur la
retraite à 64 ans.
Et si ce vote n'a pas lieu, pour vous, la réforme de retraite sera définitivement légitime ? Mais elle est déjà, pour moi, largement entachée de légitimité, dans la mesure où il n
'y
a pas eu de vote à l'Assemblée nationale, dans la mesure où les Français, à 4 mois après, sont très majoritairement opposés à cette réforme de retraite, dans la mesure où l'intersyndicale et les syndicats n'ont pas eu l'occasion de débattre des propositions qu'ils ont mis sur la table, ils ont été bâchés, humiliés. Donc franchement, elle est entachée d'illégitimité. Mais alors, si maintenant, alors qu'il y a un groupe
qui
dépose un texte de loi visant à abroger cette réforme de retraite, et que le gouvernement empêche, empêche, moi je leur dis, mais si vous n'êtes pas d'accord, votez contre, venez avec vos arguments,
votez
contre, laissez le vote avoir lieu. Mais là, c'est même pas ça. Ils empêchent, ils ne
l
'ont pas encore fait, ils veulent empêcher le vote d'avoir lieu. Donc, j'alerte, j'alerte la Première Ministre, j'alerte le Président de la République, ne fracturez pas la démocratie,
ne fracturez
pas la démocratie, ne provoquez pas, qui n'ont jamais été utilisés depuis 1958, ne provoquez pas une crise démocratique institutionnelle grave, dont je ne sais pas dans quel état nous sortirions. Et d'ailleurs, demain, il va y avoir des élections, dans quelques mois,
il
va y
avoir
des élections, européennes notamment, il
y
a les sénatoriales, mais c
'est
les grands électeurs qui votent, et il
y
a des européennes, dans un an. Et là, s'il y a un taux d'abstention énorme, on dira quoi ? – Et pourtant… – On va disserter de l'abstention,
encore une fois. – Et bien, moi, j
'attire l'attention là-dessus. Moi, j'entends des gens qui me le disent, moi, en tant que député, dans
ma
circonscription.
– Donc, vous leur dites attention, vous allez basculer
dans une crise démocratique grave et inconnue.
– Oui, oui. – Mais ce n
'est
pas seulement la faute
du
gouvernement, l'abstention, –
Non, mais
quand on
est privé, vous vous rendez
compte
que
j'ai été élu en juin 2022, ça fait à peine un an, j'ai déjà été privé 11 fois de mon vote. J'ai été privé 11 fois de mon vote, pas sur des petits textes, excusez-moi, du peu, sur le budget de l'État, le budget de la nation, sur la sécurité sociale, et maintenant sur la réforme des retraites. J'ai fait une fête des voisins
dans ma rue, à Saint-Amand-les-Eaux,
chez moi, la semaine dernière. Je me retrouve avec les voisins de ma rue, on discute, on fait le barbecue, on mange un coup, et puis là,
j'ai… –
Message subliminal
à quelqu'un, le barbecue ? – Non, pas du
tout, mais là, j'ai mon voisin d'en face, Olivier, qui me dit, de toute façon, Fabien, bon, j'ai voté pour toi, mais ça sert à quoi
? Tu
sers à quoi
? Vous
servez à quoi, les
députés ?
– Qu
'est-ce que vous lui
répondez ?
– Mais c'est des arceaux,
non.
–
Mais
je lui dis, enfin, député, c'est voter, mais c'est aussi se battre,
c
'est porter des idées, c'est les défendre, c'est écrire des textes de loi, c'est les amender. Mais quand il voit lui, qu'est-ce qu'il voit lui ? Il est ouvrier, il travaille dur, il est mal payé, il n'a pas d'augmentation de salaire. Et on lui dit, tu vas travailler deux ans de temps. Et je suis son député, et il me dit, ça change quoi pour moi
?
Enfin, et alors, je vais aller le revoir, dans quatre ans, pour lui dire, allez, on continue de se battre, il faut… – Donc
l'exécutif, monsieur Roussel, c'est quand même extrêmement grave. – L'exécutif est le
principal responsable pour vous de cette fracturation aujourd'hui, de cette archipélisation, on va employer beaucoup de mots, du débat et de la situation démocratique du pays. Il est le principal responsable pour vous ?
–
Ah oui,
oui, je
pense que, et c'est la raison pour laquelle je fais une proposition,
que
je remets sur la table là, nous faisons une proposition de nos partis communistes français. Il y a eu 250 parlementaires qui ont signé la proposition de RIP, de tenir un référendum. Il y a une intersyndicale, unie, qui est encore unie aujourd'hui. Et puis il
y
a les forces de gauche écologistes, que nous sommes réunis au sein de la NUPES. Eh bien, je propose que tous ensemble, tous ensemble, nous, nous puissions organiser ce référendum que nous n'avons pas eu. Organisons une votation citoyenne. Nous pourrions le faire par nous-mêmes. Redonnons la parole au peuple. Ouvrons des lieux de vote dans les villes, dans les mairies, avec les élus qui souhaiteraient l'organiser sur
les
places
des marchés.
Eh bien,
on
nous prive de cette légitimité de pouvoir voter. Eh bien, moi, je demande à que nous puissions l'avoir. Il faut redonner la parole au peuple,
redonner la parole aux Français une bonne fois pour tous, pour sortir
par le haut de cette crise démocratique.
Redonner la parole au peuple sur la réforme des retraites, pourquoi vous ne le faites pas sur l'immigration
?
D'abord, parce que, attendez, là, vous changez de sujet. Aujourd'hui...
Ce sont des préoccupations des Français
?
Non, non, non, je vous réponds directement.
Non, mais là, vous me prenez de court, on passe de la réforme des retraites à l'immigration.
On parle d'une vie démocratique.
On parle de deux sujets qui intéressent les Français.
Même pas peur. Je vous réponds. De eux, ça fait quatre mois, quand même, qu'on manifeste sur les retraites, qu'on parle de conditions de travail, des salariés, de salaire, d'emploi. C'est le sujet qui nous préoccupe tous. Il y a l'inflation, le pouvoir d'achat qui baisse, et c'est en lien direct avec ce mouvement social, quand même. Bon. Et c'est la raison pour laquelle, et en plus de ça, un gouvernement qui nous empêche de pouvoir voter sur ce sujet. Nous demandons un référendum là-dessus, parce que pour nous, c'est le moyen de sortir de cette crise. Vous
avez
entendu.
Bon,
je ne dirai pas que sur les questions de l'immigration, il y a des manifestations massives toutes les semaines.
Il y a des sondages.
Pour demander... Il y a une volonté des Français depuis des années. En même temps,
en même temps, si
vous voulez... 10% des Français sont pour un référendum. Il y a aussi des propositions de référendum sur l'immigration.
C'est un sujet important.
Comment vous avez
peur de la réponse ?
Pas du tout. C'est un sujet important. C'est un sujet très important, mais tout pays doit avoir une politique en la matière qui réponde aux questions, et d'ailleurs aux évolutions, y compris du monde.
Et
donc, c'est important
d'avoir une politique... Et donc là, la politique actuelle ne vous convient
pas.
On a donc besoin de définir une politique sur ce sujet. Ce qui m'a étonné cette semaine, c'est que quand la droite décide de travailler et de produire des idées, ils n'ont pas produit beaucoup ces derniers temps, mais quand ils décident de produire des idées et de dire qu'on va s'attaquer à un sujet prioritaire pour les Français, poum, ils vous pondent une loi sur l'immigration.
Je
suis désolé, mais pour moi aujourd'hui, ma préoccupation, mon cœur
qui
bat aujourd'hui, c'est pour ces hommes et ces femmes qui travaillent et qui n'arrivent pas à vivre de leur travail. Attendez, c'est la question sociale,
c
'est-à-dire la question des salaires, du pouvoir d'achat. Il y a une inflation à 15%. Le SMIC augmente de 2,5%.
Les autres salaires n'augmentent pas. Pas à 15% en général sur les produits alimentaires. Vous parlez sur les produits
de
la consommation. Je vous citerai, Fabien Mossem. Les produits
à
la consommation
sont
l
'inflation sur les produits
de l'alimentation. Vous
parlez
du prix démocratique. C
'est
15%.
Le SMIC augmente de 2,5%.
Les autres salaires n'augmentent pas. C'est un sujet
illégitime, ne
tombe pas ? C'est énorme. C'est un sujet illégitime, ne tombe pas ? Non, mais tous les sondages vous disent... Ce n'est pas une préoccupation
des Français ? Tous les sondages vous disent aussi
que
la priorité des Français aujourd'hui, c'est l'inflation et c
'est
le pouvoir d'achat. Et donc, moi, j'aurais bien aimé connaître les propositions des Républicains sur ce sujet. D
'accord.
Soit, maintenant, c'est l'immigration, parlons-en. Donc, justement... Je réponds à vos questions. Vous, justement, vous parlez de prix démocratique. La question de l'immigration est une constante dans les vies politiques depuis plusieurs années en France. Et plusieurs disent que les Français n'ont jamais été véritablement consultés sur cette question fondamentale. Les Républicains,
ils
ne sont pas les seuls, disent référendum. En quoi est-ce une idée illégitime
?
D'abord, avant de parler de référendum, parlons des propositions qui sont sur la table.
Pardonnez-moi juste sur le référendum. Pourquoi ne pas
donner la parole aux Français sur ce sujet comme sur les autres sujets ? Pourquoi
ne pas être... Ne
me prenez pas sur le ton du référendum. Je suis de ceux, ma formation politique, fait partie de ces formations politiques qui souhaitent redonner la parole au peuple à chaque fois que de besoin sur des sujets importants pour lesquels il
y
a besoin d'un débat, pour lesquels, des fois, il y a des désaccords dans le pays. Et donc, il faut pouvoir donner la parole au peuple autant que de besoin. Donc, ne me dites pas...
Moi, je suis... Mais avant d
'arriver...
Donc, vous êtes favorable à un
référendum
sur l'immigration. Mais
avant de poser la question... Mais aujourd'hui, la question ne se pose pas d'un référendum sur l'immigration.
Mais
si, les Français le souhaitent dans tous les sondages.
La question se pose de quelle
politique nous devons avoir dans ce domaine.
Et je... Vous
balayez d'un revers de main la question.
Moi,
je
vais insister. Non, je ne balaye pas d'un revers de main. Si, si,
monsieur Roussel, c'est important. Dans les sondages, les Français, une nette majorité. Et d'ailleurs, quels que soient les clivages politiques sont pour un référendum sur ce sujet. Ça vous met mal à l'aise de dire que... Pas
du tout. Je vais vous dire ce que je souhaite, moi.
Je
souhaite que sur ce sujet qui est important, qui est grave, qui concerne nos compatriotes, et qui concerne aussi des centaines de milliers de personnes, hommes, femmes et enfants, vivant sur notre sol étrangère, parfois depuis longtemps avec des papiers travaillant, parfois travaillant sans papier, parfois au titre du droit d'asile parce que persécutés chez eux ou fuyant un pays en guerre. Au nom de tout cela, nous devons avoir une politique digne
de ce nom.
Très
bien, nous devons. Ça fait 40 ans que je souhaite. Vous avez des
propositions ? C'est pire que ça. 21 lois en l'espace de 20 ans sur l'immigration. Si à chaque fois, il y avait dû faire un référendum, bonjour. 21 lois en 20 ans. Pas
un référendum, monsieur Roussel.
21
lois,
pas
un référendum.
Il n'y a pas un souci démocratique.
Mais bien sûr.
Et
pourquoi ne nous fixerions-nous pas de travailler
un
consensus républicain sur ce sujet ? Allons-y. Posons les termes du débat.
Les voici dans le
Parisien. Travions-y
tous ensemble. Et travaillons à obtenir le consensus le plus large sur ce sujet, avec un débat approfondi avec nos concitoyens, sur cette question. Allons-y.
Il va du RN jusqu
'à la NUPES ? Sans faire la course à l'échalote à celui qui sera le plus proche des positions de l'extrême droite, mais
en prenant les problèmes... Mais là, vous n'en répondez pas. Et donc, vous, c'est quoi ? Un
consensus sur le nombre
de
personnes accueillies en France chaque année ?
Mais parce que c'est beaucoup
plus... Mais parce que la question de l'immigration, elle est beaucoup plus large que de prendre que la question du droit d'asile. Et on a énormément de sujets à aborder.
Alors, un sujet précis. Il y a la question de... Monsieur Roussel, s
'il vous plaît, un sujet précis. Dans le Parisien, Gérald Darmanin, ce matin, pose ses conditions, justement pour un accord, et il affirme que s'éloigner des traités européens, comme le proposait LR, ce serait flirter avec un Frexit. Est-ce que c'est votre avis ? Est-ce que la souveraineté nationale doit être soumise à la souveraineté européenne et qu'il faut agir sous le parapluie des traités européens ?
Parce que, comme le disent les LR,
on peut s'en éloigner
? Oui,
je trouve gonflé de la part de la droite qui a défendu tous les traités libéraux de l'Union européenne, la concurrence libre et non faussée, etc. Je les trouve gonflés aujourd'hui de dire qu'il faut sortir des traités européens concernant la question migratoire. Je suis curieux d'entendre leur discours quand nous serons en campagne des élections européennes. Parce que, franchement, pour nous faire avaler des couleuvres quand il s'agit de privatiser EDF, quand il s'agit de démanteler la SNCM, l'ancienne
compagnie
maritime, quand il s'agit aujourd'hui de réclamer 5 milliards d'euros à frais de SNCF, alors là, la droite, on ne les entend pas, elles ne sont pas là disparus aux oubliettes et il
n
'y
a
pas de dérogation à voir. Mais, sur la question migratoire, il faudrait en avoir une. Moi, je suis pour qu'au sein de l'Union européenne, la France puisse déroger à des règles.
Je
suis de ceux. Et quand nous défendrons nos propositions aux élections européennes, nous porterons cette idée de pouvoir déroger à certaines règles, notamment pour préserver nos services publics, répondre aux défis climatiques.
Et ça, nous le ferons.
Par contre,
sur
les questions... Mais
c
'est une
métrie variable qu'on s'éloigne des traités européens, oui, pour ces sujets, et
non pour l'immigration.
Mais ce sont des choix politiques. Oui, pour l'écologie,
pas pour l'immigration. Et
ce sont des choix politiques. En revanche, pour la question de l'immigration, je pense, au contraire, que nous avons des politiques communes à avoir à l'échelle de l'Union européenne d'accueil, et de s'attaquer à cette crise de l'accueil que nous avons pour pouvoir accueillir décemment et humainement celles et ceux qui fuient des conflits, comme ceux d'Afghanistan, en Libye, en Syrie. Nous avons eu une politique migratoire commune à l'échelle de l'Union européenne pour accueillir les réfugiés ukrainiens, plusieurs millions quand même. Et donc, nous ne pouvons
pas
dire... On
ne vous parle pas
de
ça, c'est l'immigration illégale.
Et on ne parle pas d'asile.
C
'est évident sur
l'asile.
Et bien donc, je dis... Oui, mais il ne peut pas y avoir deux politiques en la matière. Le droit d'asile. Le droit d'asile, c'est pour les personnes fuyant la guerre,
Nous vous parlons de tous ces
mouvements
illégaux.
Il n'y a pas de guerre qu'en Ukraine.
Et
il n
'y a
pas de détournement du droit d'asile. Il n
'y
a pas de guerre qu'en Ukraine. Et je ne vois pas pourquoi il y aurait deux types d'accueil, selon que l'on soit ukrainien, afghan, malien. Voilà. Donc, je souhaite que l'on ait les mêmes conditions dignes d'accueil. Et nous travaillerons avec M. Darmanin sur le texte de loi. Nous ferons des propositions. Le Parti communiste fera des propositions.
Et nous les défendrons. Vous allez nous le dire dès maintenant. On va marquer une pause. Vous allez nous le dire.
On le fera quand le temps sera venu. Dès que le débat sera là, on y travaillerà.
En
tout cas, moi, j'y travaille déjà.
On vous entend. Parce que vous parlez d'Europe. On va aller du côté du Danemark. C'est devenu un modèle du côté de la droite. Qu'en pensez-vous ? Parce que c'est la gauche. En tout cas, ce sont des sociodémocrates qui sont au pouvoir.
On va
aussi parler un petit peu de la situation sociale en France,
de nos entreprises, de nos industries,
du défi climatique.
Et on
se retrouve sur tous
ces sujets avec Fabien
Roussen, notre invité ce dimanche.
En
Monaco, pour un pilote de F1, c'est très spécial.
C
'est quelque chose d'unique.
On
est à 300 km heure. On est au milieu des
immeubles. C
'est
ce qu'il y
a
de plus difficile. C'est un circuit où la faute ne pardonne pas.
Il
y
a
des endroits qui sont fous.
On
prend de l'élévation, on monte, au fur et à mesure, on voit la mer en bas.
Très
chaud, très risqué. Passer au millimètre.
Hyper
dangereux, c'est le rail ou le mur.
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Et
notre invité ce dimanche, en forme et en verve, le secrétaire national du parti communiste qui appelle à une sorte de consensus républicain sur l'immigration. Alors soit vous vous bercez de douces illusions, Fabien Ancel, soit vous avez un scoop qui nous affirme que du RN à la NUPES, il est possible de s'entendre sur un
sujet qui va ? Non mais si
on présente, si justement on envisage cette question-là comme ça, dans des rapports politiques, politiciens je dirais, et d'opposition,
on
ne
va
pas s'en sortir par le haut. C'est une question importante, grave, avec des vies humaines derrière. Il y a des questions de droit de l'homme, il y a des questions liées à la dignité humaine, et donc, plutôt que de s'écharper, de faire la course à l'échalote derrière l'extrême droite notamment,
pourquoi
ne travaillons-nous pas à écouter celles et ceux qui travaillent sur ces questions-là, des responsables associatifs, aux responsables d'institutions importantes qui ont eu à gérer l'OFPRA, les demandeurs d'asile, la question des travailleurs sans papier ? Pourquoi ne travaillons-nous pas ?
Ce
n
'est
pas possible.
La droite veut
l'obligation pour les demandeurs
d'asile de formuler leur requête avant d'être sur le sol. Des quotas
ou la possibilité de soumettre la politique migratoire à un référent de tout ça.
Quelles sont
les logiques de la droite ? Il faut les interroger. Qu
'est
-ce qu'ils veulent, eux ? D'abord, ils s'attaquent à
l'état
de droit. Ce qu'ils proposent d'ailleurs demande à ce que notre constitution soit révisée. Enfin, ils s'attaquent au regroupement familial. Je
pense
qu'ils ne sont pas sérieux. Mais, mais, mais, mais, ayons un débat. Ayons un débat large avec l'objectif d'avoir le consensus le plus large en donnant tous les éléments à la population. Pas des faux chiffres, pas des fake news, pas faire peur, mais travaillons ensemble ensemble
à
cette question-là qui est importante avec la crise climatique.
Bien
sûr.
Il va y avoir,
on va, on va avoir à gérer tout ça ensemble et pas que la France. Pour vous,
c
'est illégitime. Comment ? Lorsque la droite dit il faut réformer la constitution, c'est illégitime pour vous
?
Mais si c'est réformé,
vous travaillez avec des gens qui sont des 6ème républicains. Non, mais
moi, je suis pour réformer la constitution.
Moi,
je suis pour supprimer le 49.3 de la constitution.
Donc, changer la
constitution, en
soi, c
'est pas un mal. Donc, changer la constitution pour enlever de cette constitution ce qui est inscrit dans la Convention européenne des droits de l'homme, notamment lié au regroupement familial, ça me heurte. Mais à la limite, à la limite, parlons de tout ça en ayant les débats les moins passionnés possibles, les plus sereins, et avec l'objectif de trouver le consensus le plus large et que les Français aient tous les éléments en tête. Voilà, c'est tout ce que je
souhaite. Travaillons à ça. Le ministre de l'Intérieur... Il y
a d'ailleurs une tribune des propositions qui ont été formulées par un collège de personnalités préfets,
Mais on n'a pas attendu le début d'une proposition de votre
part.
Directeur, l'ancien directeur de l'OFPRA que j'ai rencontré, Pascal Brice, notamment à Saint-Brévin. Bref, il y a des propositions sur la table. Étudions tout ça sereinement et nous avancerons. Et nos propositions et le Parti communiste français sur cette question importante fera des propositions qui concerneront autant les personnes, les étrangers qui viennent dans notre pays, le droit d'asile, le travail, mais ça concernera aussi les travailleurs français. Nous sommes tous concernés par cette question-là et nous ferons
des propositions... Vous parlez de
sérénité, Fabien Roussel, au moment où c'est un autre mot qui a déclenché un vif débat autour de la situation dans notre pays qui est le mot de décivilisation. C'est ainsi qu'Emmanuel Macron a qualifié le processus de violence et qu'il a appréhendé en réalité les différents drames lourds que nous venons de connaître ces derniers jours. Vous avez dit votre position à ce moment.
Mais
alors, que diriez-vous ? Quel diagnostic vous faites avec ce qui s'est passé entre la mort de ces trois jeunes policiers percutés par un chauffard alcoolisé et drogué, entre cette infirmière poignardée par cet individu ? Il a fait le lien, le président de
la
République. Ça vous a choqué ?
Oui,
ça ne me choque pas forcément, bien sûr, que l'on s'exprime sur ces drames atroces. Une infirmière tuée, trois jeunes policiers tués aussi dans un accident de la route provoqué par une personne sous emprise de l'alcool, de la drogue. Et jusqu'à ce maire de Saint-Brévin, j'étais à la manifestation de soutien.
que
l'on parle de tout ça, bien sûr, mais qu'on le traite avec un terme des civilisations comme si on rejetait la faute sur la société. Manière de dire, c'est pas moi, c'est la société qui déraille. Je trouve ça un peu facile.
C'est un aveu d'échec, d'Emmanuel Macron
?
Je trouve ça
un peu facile parce que quand même, hier, j'étais à Avignon, justement, pour célébrer le Conseil national de la résistance.
Et
je rencontre une infirmière en soins psychiatriques et qui... Mais à chaque fois que je rencontre, j'ai le même discours, on a divisé par deux le nombre de lits en psychiatrique ces dix dernières années. Et on s'étonne qu'il y ait des personnes qui ont atteint de graves troubles psychiatriques dans la nature. Et on a des drames comme ça. Il en faudra combien d'autres de drames à l'encontre de nos soignants avant que l'on remette des moyens dans nos hôpitaux publics et en psychiatrie ? Le maire de Saint-Brévin, le maire de Saint-Brévin,
le
maire de Saint-Brévin, c'est de la décivilisation qui lui est arrivé. Alors oui, ah oui, l'extrême droite qui menace nos maires, ah oui, mais c'est surtout l'extrême droite qui aujourd'hui alimente des discours de haine et de violence y compris contre les maires.
Mais
le
maire de Saint-Brévin, c'est intéressant. Mais le maire de Saint-Brévin, qu'est-ce qu'il a dit ? Et quand il y a les
discours anti-polis, quand il y
a
les
discours au sein même de votre formation ? Non, non, mais je
ne
suis
pas concerné par ça, Seigneur Mabouk.
Mais pardon, je vous pose la question dans le débat politique. Vous faites
partie d'une
formation qui est à NUPES.
Je suis partie d'une formation... Non. Non, la NUPES n
'est
pas une formation politique.
Je
fais partie d'une formation politique qui s'appelle le Parti communiste français et nous sommes clairs là-dessus. Je l'ai été pendant l'élection
présidentielle. Permettez-moi une question.
Vous
avez raison de dire que l'extrême droite peut
nourrir ce qui s'est passé.
C
'est très
grave vis-à-vis
du maire de Saint-Brévin. Est-ce que
quand on a
des discours contre la police, ça nourrit des agressions contre les
policiers ?
Je ne tiens pas de discours contre
la police. Vous les condamnez ? Bien
sûr, mais je les condamne. Elles
viennent d'extrême-gauche quelquefois. Elles viennent de la gauche.
Oui,
mais
je les condamne. Je n
'ai
pas d'état d'âme là-dessus. Une certaine
gauche
en appelle à la violence. Mais invité là, cette gauche
-là, puis parlez-leur.
Mais je ne suis pas... Mais j'ai toujours condamné les violences...
Donc elles
viennent.
Mais oui, bien sûr. De droite et de gauche.
Enfin. Mais là, le maire de Saint-Brévin... Non, mais c'est pour ça que le président de la République, il est gonflé, lui, en disant décivilisation. Le maire de Saint-Brévin, il accuse qui
?
Nommément...
Préfet.
Le sous-préfet. Le
sous
-préfet.
Le préfet.
Le procureur de la République. Et de graves accusations de menfons. Non, mais c'est
grave. Imaginez que moi, à votre antenne, je dénonce un préfet et un procureur de la République. Moi, on
va
me traiter d'insurrectionnel et d'attardant à
nos institutions.
Il
a parlé d'abandon, ce qui est très grave. C'est un maire qui le fait.
Et alors, les trois jeunes policiers
sous
l'emprise, tués par un homme sous l'emprise de la drogue. Mais là aussi, interrogeons nos politiques en matière de santé publique, de lutte contre les trafics de drogue, de soins des personnes dépendantes
de la drogue. Mais ce n'est pas ce que dit le président de la République. Le président de la République parle d'un processus de violence
désinhibée, déshumanisée ou dans un pays, dit-il, de ce que je comprends de la décivilisation, on peut être tués pour
rien. Mais la
violence, aujourd'hui, elle grandit
dans
notre société. Je l'ai déjà dit,
nous
sommes dans un pays où on ne se parle plus et où on s'invective. Et nous sommes dans un pays où, quelque part, c'est l'individualisme et le repli sur soi qui dominent. Nous perdons ce qui fait lien. Nous perdons ce qui fait nation. Nous perdons ce qui fait égalité entre nous
et qui
fait
qu'on se respecte. Vous le doutez depuis quand ? Nous perdons...
Et quand je vois le recul des politiques publiques et des services publics... Excusez-moi, mais la question de la santé et de la psychiatrie, c'est tellement symptomatique de ça. Bien sûr qu'il y a des drames horribles derrière. Et la question de la drogue. La question de la drogue. Et ces policiers qui meurent, des jeunes policiers, pères de famille, enfin, c'est horrible ce qui s'est passé. Pourquoi on n'a pas une politique beaucoup plus forte pour empêcher cette drogue d'arriver sur notre territoire d'une part et de l'autre côté... Pourquoi
on n
'a
pas à se dire qu
'il
y
a
une forme de
laxisme ?
Oui, parlons de laxisme. Oui, les gens
me
le disent d
'ailleurs.
Le président, il parle de décivilisation, mais il pourrait lui parler de laisser aller, de laxisme dans notre pays parce que oui, on ne contrôle pas assez nos frontières pour empêcher cette drogue d'arriver. On manque de douaniers. On a supprimé 15 000 douaniers dans notre pays. On manque de gendarmes mais de policiers. On manque d'enquêteurs pour s'attaquer à ces trafics. On manque d'enquêteurs spécialisés pour aller taper dans les banques l'argent des narcotrafiquants. Enfin, ce n
'est
pas parce qu'on met un quart de CRS pendant deux heures devant un quartier, devant un point de deal qu'on règle le problème, M. Darmanin. Je vous le dis. Voilà, il en faut, mais ce n
'est
pas que ça. Il faut s'attaquer à la tête de ces trafiquants. Il faut s'attaquer au blanchiment de l'argent dans les banques.
On
ne s'attaque pas aux banques. On
est dans un pays où on a laissé tout ça aller et que le président finalement
fait un aveu d
'échec. Et derrière, c'est la violence, la guerre, des morts, des drames atroces. C'est la guerre dans des quartiers. Enfin, il y a un mort par semaine. Une
guerre dans des quartiers ? C'est la guerre dans
des
quartiers. Mais ça ne date pas d'Emmanuel Macron.
Un mort par semaine. Non, mais ça fait sept ans qu'il est président de la République. Et avec des grands discours avec M. Darmanin qui ont fait des caisses en disant j'ai fait ci, j'ai fait ça. Résulte à des courses. Il y a toujours un mort par semaine à Marseille.
J
'étais donc hier dans le Vaucluse. J'ai parlé à ce père de famille qui a perdu son fils de 30 ans tué suite à une balle perdue dans un règlement de compte sur le fonds de trafiquants de drogue. J'ai vu son épouse et son petit bébé. Ces drames ne devraient pas arriver. Ceux qui vivent dans ces quartiers
où
existent ces trafics, ils ne vivent plus. C'est monsieur et madame tout le monde qui travaillent qui ont des métiers parfois difficiles, des petits salaires, des petites pensions et en plus ils se tapent des trafiquants de drogue et des balles perdues. Donc là, vous rejoignez la loi
finalement. Je veux de la dignité
pour tout le monde.
Je
veux une
politique
de tranquillité publique, de sécurité publique mais avec des moyens et pour lutter contre la drogue mais aussi des services publics dans ces quartiers. Quand on parle de services publics,
c
'est remettre l'État, la France dans des quartiers où l'État a reculé.
Quand l'État
recule, c'est la mafia qui avance.
Quand l'État recule,
c'est la mafia qui avance.
En vous écoutant depuis tout à l'heure sur différents sujets, je l'ai dit, en verve, on a l'impression presque toujours en campagne permanente mais
dans
le bon sens du terme pour répondre aux aspirations de nos
citoyens.
Bon, l'après-Mélenchon a commencé.
Comment ?
L'après-Mélenchon.
C'est une question ?
Non. Non, mais c'est pas... Vous êtes d'accord sur le constat
?
Je ne sais pas, moi, c'est à lui qu'il faut poser la
question. C'est lui-même qui
le dit en
parlant vers que moi, je suis tous les jours en campagne pour mon pays, pour les Français. Je crois toujours dans les jours heureux que j'ai défendus lors des élections européennes. Nous avons des convictions, j'ai des convictions, j'ai la conviction aujourd'hui que la France a tous les atouts pour s'en sortir.
Et d'autres non.
Que nous pouvons faire nation, que nous pouvons protéger le travail, protéger le travail des Français, porter une ambition pour nos enfants, pour l'écologie. Je crois dans tout ça et je suis en campagne pour faire vivre ça pour mon pays. Il vous faut des alliés.
On
peut dire que la NUPES quelquefois connaît quelques tensions en disant le polymain. De l'autre côté, peut-être faites-vous un peu de l'œil ou vous faites de l'œil à Bernard Cazeneuve. L'avenir de la gauche, c'est Roussel-Mélenchon ou Roussel-Cazeneuve
? Votre
question est tordue. Pas tant que ça. C'est compliqué.
Votre réponse va tout
réparer.
Allez-y. Je vous écoute religieusement. Vous
êtes plutôt
proche
de Mélenchon ou plus proche ? Mais vous me parlez de proche de qui, de ça, etc.
C'est important. C'est une alliance avec la NUPES. Non, mais moi... La
prochaine gauche est
une alliance NUPES ou une alliance Cazeneuve-Roussel, les deux. Oh là là là là ! Quelle cuisine ! C
'est compliqué
! C
'est
un
barbecue,
c'est du moins.
Je ne me
retrouve pas dans tout ça.
C
'est pas le sujet. Mais non, en fait... Mais non, mais on n'est pas du tout... Excusez-moi, on n'est pas dans le même cerveau, heureusement. Mais je ne pense pas comme vous. Je ne
pense
pas comme vous.
Vous n'avez
pas besoin d'alliance. Je pense... Non. Je suis pétri
content,
mais depuis... Là, depuis la campagne des présidentielles où j'ai marqué cette campagne avec des propositions fortes que j'ai faites. Depuis, je continue de marquer. Je continue
de défendre la France...
Roussel-Ruffin. La France du travail.
Mais il y a un fauteuil pour deux, M. Roussel. M.
Ruffin nous dit la même chose, avec autant de verve, d'ailleurs, et de conviction.
Eh bien, François est un pote. Je le vois à la télé. Salut, François. On se connaît super bien. On travaille ensemble. On partage beaucoup d'idées. Mais c'est tout. Mais aujourd'hui, aujourd'hui, enfin, vous vous rendez compte qu'on parle de présidentielle d'après Mélenchon, des machins, des... Les Français ont besoin aujourd'hui qu'on soit là pour gagner des victoires avec eux. On a besoin de victoires.
Est-ce que Jean-Luc Mélenchon est le chef de la France ? Que
l'on soit tous ensemble. Et je dirais au-delà de la NUPES,
c
'est-à-dire bien au-delà des quatre forces politiques que nous sommes. Soyons unis aujourd'hui le plus largement possible pour gagner sur cette réforme des retraites, pour
obtenir des augmentations de salaires.
Mais c'est ça. Vous êtes pour l'unité
tous ensemble. Parce que dans l
'œcuménisme, il y a l'œcuménisme aussi.
Merci.
Si j'ai bien compris, vous êtes pour la gauche. Roussel, Roussel. Merci, Fabien Roussel.
Merci à vous.
C'était votre grand rendez-vous ce dimanche. Alors, j'invite... Je remercie mes camarades, évidemment. Nicolas,
c
'est un plaisir de vous retrouver dans cette émission. Et Mathieu, j'invite les auditeurs d'Europe 1 à suivre le débrief. On va parler de vous, Fabien Roussel, mais...