"Si on ne fait rien, on s'arrêtera": le cri d'alarme d'une association dans l'Indre
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:39OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vous posez vraiment cette question : et si on arrêtait vraiment ?
- 1:38OuverteRéponse directe
La perte des financements, c'est quoi ? C'est une menace de fermeture ?
- 2:26OuverteRéponse directe
Quand on n'a plus les moyens, comment on fait ?
- 2:58OuverteRéponse directe
Est-ce que vous me parlez de ces 2000 personnes, ça a augmenté au fil des années ?
- 3:29OuverteRéponse directe
Si on continue sur cette lancée, est-ce que vous êtes inquiet pour la santé financière de votre structure ?
- 4:10OuverteRéponse directe
Vous nous avez confié qu'hier matin, vous avez eu une réunion et vous avez dû annoncer la suppression de deux postes
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:04InvitéFait
« On vit quasi exclusivement des subventions et des aides que nous recevons de l'Etat »
- 2:44InvitéChiffre
« Nous recueillons à peu près, l'année dernière, plus de 2000 personnes qui sont passées par les services de solidarité accueil »
- 3:21InvitéChiffre
« Il y a 10 ans, on en recevait à peu près 1000 par an. Aujourd'hui, on est à plus de 10 000 »
- 3:51InvitéFait
« Nous avons déjà été obligés de procéder à des licenciements »
- 4:24InvitéChiffre
« De deux postes et demi »
Temps de parole
- Invité64 %
- Présentateur26 %
- Présentateur 28 %
- ?3 %
≈ 20,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Ici Béry, il est 7h46 et vous écoutez Ici Béry, ici nous arrêtions vraiment le cri de désespoir des associations du secteur des solidarités et de la santé Associations qui appellent aujourd'hui tout le secteur à se mobiliser, ils s'occupent de personnes âgées, d'enfants en danger, de personnes en situation de handicap, de sans domicile fixe Bref, des personnes qui sans elles seraient laissées en marge de la société Et aujourd'hui la plupart de ces structures non lucratives sont dans le rouge Bonjour Pierre Balzon, merci d'être dans les studios d'ici Béry Vous êtes le président de l'association Solidarité Accueil, depuis 40 ans votre structure accueille, soigne, mais aussi réinsère des personnes dans le besoin Et si nous arrêtions vraiment, est-ce que vous vous posez vraiment cette question
?
Oui, oui, malheureusement on se la pose vraiment
Je
dirais même que la situation que nous connaissons actuelle est suffisamment critique
Pour
se dire que si on ne fait rien dans les semaines et les mois qui viennent On s'arrêtera, j'allais dire de nous-mêmes, parce qu'on ne gagne pas beaucoup d'argent, je dirais même qu'on en perd On vit quasi exclusivement des subventions et des aides que nous recevons de l'Etat D'ailleurs, de ce point de vue-là, je tiens à souligner que nous travaillons en très bonne intelligence avec les services de la préfecture Ce qu'on appelle les services déconcentrés de l'Etat Qui eux-mêmes sont en situation un peu délicate, parce qu'ils ne
sont
pas entre le marteau et l'enclume Ils ont d'un côté des ministères de tutelle qui leur coupent un peu les vivres Qui réduisent drastiquement leur budget Et en face, des gens comme nous, qui venons les voir régulièrement pour leur demander de plus en plus d'argent Parce qu'on en a besoin de plus en plus pour répondre aux missions qui nous sont confiées
Donc justement, à Solidarité Accueil, votre structure, vous voyez, j'imagine, les effets concrets de la baisse des dotations La perte des financements, c'est quoi ? C'est une menace de fermeture
?
Oui, nous faisons, comment dire,
ce
que j'appelle moi, nous gérons des délégations de services publics C'est-à-dire que nous intervenons pour le compte de l'Etat, des services de l'Etat Et à leur demande, pour aider toutes ces personnes, à dire indigentes, qui sont à la rue Et qui ont vraiment besoin qu'on les aide, parce que sinon, ils seraient dans des situations extrêmement difficiles Ce que l'on demande aujourd'hui, c'est pas un traitement privilégié qu'on demande à l'Etat Ce qu'on lui demande, c'est simplement de nous donner les moyens de remplir les missions qu'ils nous confient eux-mêmes
Mais
quand on n'a plus les moyens, comment on fait
?
On ne peut pas, on ne
peut
pas faire, je crois qu'il ne
faut
pas se cacher derrière son petit doigt On ne peut pas faire, tout simplement
Ça
veut dire qu'il
y a
des personnes qui peuvent se retrouver totalement sur le carreau ? Des personnes qui sont déjà en très grande difficulté ?
Absolument, absolument Nous recueillons à peu près, l'année dernière, plus de 2000 personnes qui sont passées par les services de solidarité accueil Ne plus pouvoir les recevoir, c'est 2000 personnes qui vont se retrouver à la rue, absolument Et c'est un sérieux problème, c'est clair
?
Il y
a
des besoins qui augmentent, la précarité a augmenté Est-ce que vous-même, vous me parlez de ces 2000 personnes,
ça a
augmenté au fil des années ?
Bien sûr, je vais vous donner juste un chiffre qui est assez parlant Nous gérons ce que nous appelons l'accueil de jour Qui est une structure qui est avenue de la charte, qui permet de recevoir des gens à la rue Pour lesquels on peut proposer des petites collations,
on
peut leur proposer des douches, ce genre de choses Il y a 10 ans, on en recevait à peu près 1000 par an Aujourd'hui, on est à plus de 10 000
Je
crois que le chiffre parle de lui-même
A
ce stade, si on continue sur cette lancée, est-ce que vous êtes inquiet pour la santé financière de votre structure, vos employés ? Est-ce qu'on peut parler de licenciement ? Ça a été le cas aussi dans des associations à Bourges qui se sont manifestées en début de semaine On en parlait sur Isibérie, est-ce que ça peut être le cas ici, dans votre structure,
dans
l'Indre
?
Oui, ce n'est pas qu'une hypothèse, puisque c'est une réalité
Nous
avons déjà été obligés de procéder à des licenciements
limités,
en tout cas pour le moment Et on espère qu'on n'aura pas besoin d'en faire plus C'est une réalité Et si nous ne faisons pas ça, comme je vous le disais tout à l'heure On va dans le mur, et d'ici quelques mois ou quelques années, on sera mort
Vous
nous avez confié pour préparer ce moment, cette interview, qu'hier matin, vous avez eu une réunion Et vous avez dû annoncer la suppression de deux postes
Oui, l'équivalent à peu près de, enfin pas tout à fait, à un poste et demi Non, de deux postes et demi, pardon Tout à fait, oui Parce que ce sont des activités, si vous voulez, l'activité que nous faisons sur l'insertion par l'activité économique Où on aide des personnes à essayer de retrouver un emploi en leur apprenant un métier pour pouvoir les réinsérer dans la société Là, nous avons aussi des salariés qui les forment, etc Et il y a des activités qui sont parentables Nous n'avons plus suffisamment d'aide financière pour pouvoir combler les déficits que ces activités génèrent Et du coup, ben voilà, après on n'a plus le choix Si on veut pouvoir continuer à faire fonctionner au moins une grande partie de la structure Il faut, vous savez, comme on dit assez trivialement Parfois, il vaut mieux se couper un doigt qu'une main, ou une main qu'un bras
Et
donc,
c
'est ce que nous avons été obligés, à grand regret, à grand regret de faire En espérant qu'on ne soit pas obligés d'en faire plus encore dans les mois qui viennent
Dernière question pour alerter sur cette situation Est-ce que vous allez vous mobiliser, comme ça a été le cas du milieu associatif à Bourges, dans le Cher ?
Alors, malheureusement, sur Châteauroux, non On n'a pas vraiment les moyens de pouvoir faire une mobilisation générale de descendre dans la rue Parce
que c'est autant de personnes qui sont dans la rue Qui ne peuvent pas s'occuper des personnes dans le besoin
dans les
associations ?
Exactement, si on fait descendre dans la rue de nos employés Eh bien, il n
'y
aura plus personne pour s'occuper des gens que nous recevons dans nos structures Effectivement, c'est un vrai problème
Je vous remercie, M. Pierre Balzan Je rappelle que vous êtes président de l'association Andrienne Solidarité Accueil Je vous souhaite une bonne journée
Merci beaucoup à vous