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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 24 avril 2025 8 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergie

Décarbonation de l'industrie : "Les patrons portent fort ce message", affirme le directeur général d'Equans France

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 2 %Défensif 3 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:14InvitéChiffre
    « Seulement 43% des petites industries européennes ont concrètement mis en place des actions de décarbonation. »
  • 1:30PrésentateurFait
    « Il n'y a pas de problème parce qu'en fait 90% d'entre eux, c'est-à-dire 9 sur 10, disent connaître les solutions. »
  • 4:34InvitéPromesse
    « Il y a une volonté gouvernementale d'accompagner ces entreprises, ces industries sur ces questions ? »

Temps de parole

  • Présentateur74 %
  • Invité26 %

2,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Info.

0:03
Invité

Bonsoir à toutes et à tous, nous parlons décarbonation de l'industrie ce soir. Bonsoir Pierre Ardoin. Bonsoir. Vous êtes directeur général d'Equence France, spécialiste de l'énergie et des services. Vous faites partie du groupe Bouygues, ancien filial d'ENGIE, racheté il y a trois ans. Vous nous dévoilez un sondage réalisé pour vous par Opinion Way, mené auprès de plus de 1330 patrons européens qui nous disent ceci. Pour 90% des décideurs de PME et ETI, ça ce sont les entreprises de taille intermédiaire entre une PME et un grand groupe. Pour 90% des dirigeants de ces industries européennes, la décarbonation est une nécessité pour réagir face à l'urgence climatique.

Si je résume, c'est on est conscient qu'on fait partie du problème, on veut aussi faire partie de la solution ?

0:45
Présentateur

C'est une excellente nouvelle ce sondage. Vous savez pour nous, nous sommes des spécialistes thermiciens, des spécialistes électriciens. Nous sommes en France dans plus de 800 endroits. Donc nous avons les pieds dans ce monde industriel et que les patrons portent fort ce message et une conscience extrêmement aiguë de l'importance d'avancer et de décarboner l'industrie. Eh bien c'est un enseignement majeur de ce sondage et c'est une très bonne nouvelle. La prise de conscience est là, le mouvement est en place, c'est très bon.

1:11
Invité

La prise de conscience est là. Mais si je continue de lire votre sondage, seulement 43% des petites industries européennes ont concrètement mis en place des actions de décarbonation. C'est quoi le problème ?

1:21
Présentateur

Il n'y a pas de problème. Il y a des hésitations, il y a des complexités. 43% c'est ceux qui ont commencé. Mais quand vous prenez par exemple l'agro, l'agro qui a démarré plus en avant, ils sont à plus de 66% à avoir déjà implémenté une solution. Donc il n'y a pas de problème parce qu'en fait 90% d'entre eux, c'est-à-dire 9 sur 10, disent connaître les solutions.

1:42
Invité

Il n'y a pas de problème mais il y a des freins.

1:44
Présentateur

Mais il y a des freins. Le premier des freins, c'est doser. Doser avancer et doser parce qu'un patron industriel, vous savez, on est avec eux sur le terrain. Ils ont deux objectifs. Le premier, c'est d'assurer la performance économique, la continuité de leur activité. Et puis le deuxième, c'est de mettre en place cette solution. Donc il faut qu'on les aide, qu'on les encourage, qu'on les apporte, qu'on leur apporte du financement. Et en la matière, le plan de l'État qui est en train d'arriver sur France Industrie 2030 est une excellente nouvelle. Nous sommes en 400 millions d'euros pour la décarbonation.

400 millions d'euros, dont très ciblés sur des appels à projets pour justement les ETI industrielles.

2:18
Invité

Donc allons-y dire un frein, le financement.

2:19
Présentateur

Le financement. Deuxième frein, la complexité normative. Il faut simplifier nos processus pour avancer. Par exemple, la géothermie est aujourd'hui, et d'ailleurs ici, vous avez une géothermie, j'ai appris. La géothermie qui est un des principes importants pour nous permettre d'avoir de l'énergie verte est encore trop complexe à mettre en France. Vous allez aux Pays-Bas, 96% des bâtiments que nous construisons aujourd'hui font appel à de la TES, donc du stockage et de la récupération d'énergie dans le sol. En France, 60% du territoire est éligible, ça n'a pas encore commencé. Donc simplifier, simplifier nos normes. Et puis, trois, les accompagner. Parce qu'en fait, comment ?

Ils ont compris, 9 sur 10 ont compris qu'il y avait des solutions. Mais il faut trouver la bonne solution. Il faut la mettre en œuvre en préservant leur compétitivité économique et en les accompagnant sur des solutions. Et vous, que pouvez-vous faire ? Eh bien, nous avons créé CarbonShift. CarbonShift, c'est 150 à 200 ingénieurs, thermiciens, électroniciens et spécialistes du numérique qui sont en capacité d'accompagner nos industriels, de faire un bilan de ce qu'ils font, de ce qu'ils consomment et de leur proposer des solutions.

De leur proposer des solutions, potentiellement d'amener des financements et de séquencer la mise en œuvre de ces solutions pour qu'ils soient en capacité de continuer leur production tout en se décarbonant. Et ils ont bien compris l'intérêt de la décarbonation.

3:42
Invité

Je poursuis votre sondage, Pierre Ardent, ce sondage qu'a réalisé Opinion Web pour les coins. Il y a un autre chiffre. 52% des dirigeants français sondés et c'est un peu plus bas que la moyenne européenne qui, je crois, est à 59%, considèrent, je vous lis, que les discours politiques récents freinent leur transition. Si on traduit, ça veut dire quoi ?

3:59
Présentateur

Ça veut dire que nos industriels nous disent arrêtons de parler de la décarbonation. Faisons-la. Donc, plutôt que d'en parler, faisons-la. Et des discours qu'on peut imaginer de temps en temps freinant cette tendance, eh bien, peuvent ralentir le mouvement. Au contraire, ils nous disent nous, nous sommes convaincus. 9 sur 10 portent ce message. Donc, continuons ensemble de pousser. C'est bon pour la souveraineté économique, c'est bon pour la compétitivité française, c'est bon pour l'énergie. Donc, portons un message positif sur ce sujet.

4:30
Invité

Vous avez l'impression qu'il y a, on parle de politique, qu'il y a une volonté gouvernementale d'accompagner ces entreprises, ces industries sur ces questions ? Je pense que oui.

4:35
Présentateur

On évoquait France 2030 il y a quelques minutes. Bercy a annoncé, au début du mois, ce plan d'appel à projet de 400 millions pour accompagner, justement, la mise en œuvre de projets dans l'industrie.

4:47
Invité

Et si on rentre concrètement, une petite PME, petite moyenne entreprise, ou une ETI, comment, qu'est-ce qu'elle peut faire pour décarboner ? Quels sont les leviers ? L'isolation, la rénovation thermique, les flottes de véhicules, c'est quoi les options ?

5:01
Présentateur

Le premier sujet, le plus classique, qu'on voit beaucoup dans l'industrie aujourd'hui, c'est la récupération de chaleur fatale. Alors, c'est quoi la chaleur fatale ? C'est de la chaleur qu'on perd parce qu'on chauffe pour faire un processus et puis la chaleur qui reste, elle s'en va. Eh bien, on récupère cette chaleur et on l'utilise. Ça permet de consommer moins. Très concrètement, je vais prendre, par exemple, un data center. Ça chauffe énormément, on récupère cette chaleur, on la met dans un réseau de chaleur et c'est capable de réchauffer le quartier d'habitation qui est autour. Je prends une confiserie du sud de la France qui crée du froid.

Et quand on crée du froid, il vient à côté de toi. On crée du chaud. On le récupère ce chaud, on met une pompe à chaleur et ça alimente tout le système d'eau chaude de l'usine. Moralité d'histoire, 50% d'économie de coûte. Je prends une incosserie agroalimentaire qui va être en capacité sur son processus, même chose, de récupérer la chaleur via une pompe à chaleur de la montée en température et là aussi d'alimenter son processus. Donc, la récupération de chaleur dans l'industrie a des dizaines de solutions qui permettent d'éliminer de la production de CO2 en supprimant de la chaleur faite par de l'énergie fossile par de l'énergie renouvelable.

6:07
Invité

Si on continue à se parler d'innovation, on a beaucoup parlé, il fut tentant, d'hydrogène vert. On en est où de cette question ?

6:13
Présentateur

L'hydrogène aujourd'hui est une solution long terme. L'application à très court terme dans l'industrie commence seulement dans les très gros électro-consommateurs, la sidérurgie par exemple. Dans le monde des ETI et des PMI, l'important et la première source d'énergie renouvelable qu'ils sont en train de mettre en œuvre, ce sont les panneaux photovoltaïques. Panneaux photovoltaïques couplés à des bornes IRVE pour décarboner leur flotte de véhicules sont des approches qui sont implémentées, ce sont des solutions qui existent, qui marchent, qui sont accessibles et qui sont très solides, très résistantes.

6:45
Invité

Et quand une entreprise veut se décarboner, il y a aussi la question de sa stratégie d'achat avec ses fournisseurs. Vous, par exemple, c'est quelque chose que vous surveillez chez EQUONS ?

6:53
Présentateur

Là, bien sûr, il est essentiel d'associer nos fournisseurs au scope, c'est le fameux scope 3, 3A, des entreprises.

7:00
Invité

On va préciser simplement pour nos auditeurs.

7:03
Présentateur

C'est l'impact CO2 des composants que nous achetons qui rentrent dans notre processus de fabrication. Et donc, nous associons nos fournisseurs à nous proposer des solutions qui sont décarbonées ou qui ont un impact carboné très inférieur. Et donc, chez EQUONS, nous avons des solutions pour nos clients qui intègrent soit des composants classiques, soit des composants qui ont un impact sur le CO2 et les émissions de gaz et les effets de serre réduits. C'est une approche essentielle pour donner le choix et montrer que des solutions décarbonées existent.

7:33
Invité

La décarbonation, c'est aussi un métier, plusieurs métiers, même est-ce que vous arrivez à recruter ? Est-ce qu'il y a la main-d'oeuvre humaine là-dessus ?

7:40
Présentateur

Nos métiers sont des métiers d'hommes et de femmes de réalisation. EQUONS, ça veut dire résoudre des équations. Et donc, en France, nous sommes presque 35 000 sur le territoire, partout sur le territoire et nous recrutons énormément. Près de 6 000 recrutements ont été effectués l'an dernier.

7:57
Invité

Merci beaucoup Pierre Ardoin, vous êtes directeur général d'EQUONS France, spécialiste de l'énergie et des services et vous étiez ce soir l'invité Éco de France Info.

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