Coronavirus : déclaration du Président Emmanuel Macron aux côtés des équipes du SAMU de Paris
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00E. MacronChiffre
« 85% de celles et ceux qui seront positifs au Covid-19 et qui donc auront ce virus auront une forme bénigne de celui-ci »
- 5:00E. MacronFait
« À partir des prochains jours, suite au décret qui a été pris par le ministre hier, les téléconsultations seront possibles »
- 7:00E. MacronFait
« Nous ne sommes plus vraiment dans ce qu'on avait appelé la phase 2 »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
... -E.
Macron : Bonjour à toutes et tous. Nous étions donc ici avec le ministre et le directeur général de la santé et l'ensemble des équipes au SAMU de Paris. Et je veux avant toute chose remercier l'ensemble des équipes, les équipes du SAMU, du centre 15, de l'ensemble de la région parisienne, mais tous les SAMU de France, et d'ailleurs le président des SAMU de France était également avec nous pour la mobilisation extraordinaire tout au long de l'année mais en particulier au coeur de la crise que nous sommes en train de vivre.
Nous avons vu des femmes et des hommes extraordinairement motivés, courageux, qui sont sur le pont et en première ligne. Je veux les en remercier et je veux aussi dire à l'ensemble de nos concitoyens que cette première ligne, elle tient avec courage avec intelligence, avec mobilisation. Depuis plusieurs semaines, nous nous préparons collectivement à affronter cette épidémie.
Et vous avez dans les SAMU de France et ici, dans ce SAMU parisien, des équipes qui sont extraordinairement motivées, compétentes, prêtes à répondre à ce qui est leurs coeurs de métier qui sont évidemment les urgences vitales, les cas les plus complexes, mais qui ont aujourd'hui aussi à répondre à un afflux d'appels devant la montée de l'épidémie, l'angoisse qui se fait jour. Il y a aussi une formidable innovation et une mobilisation collective. Nous avons vu des innovations qui ont commencé aujourd'hui à se mettre en oeuvre, des étudiants de médecine qui sont aujourd'hui mobilisés.
Nous allons ainsi mobiliser au sens large la réserve et nos capacités aussi larges pour que ces centres 15 soient justement ainsi accompagnés qu'il puisse y avoir tous les professionnels qui soient à leurs côtés. Et je veux aussi saluer la formidable mobilisation de la médecine générale de ville. On a vu plusieurs médecins de ville qui étaient là, aux côtés, justement, des régulateurs, aux côtés des médecins du SAMU, pour, justement, participer à ce travail.
Des ambulanciers et ambulancières, les infirmiers et infirmières, les médecins de l'hôpital, les urgentistes, les médecins de ville, tout le monde est là pour que ce premier front tienne et réponde à la crise. Je veux saluer cette mobilisation exemplaire. Nous sommes au tout début de cette épidémie.
Il faut être très clair, lucide, le ministre, le directeur général de la santé n'ont cessé de le rappeler. Nous sommes organisés et en particulier nos SAMU affrontent les débuts de cette crise. Je veux ici rappeler aussi pour nos concitoyens que 85% de celles et ceux qui seront positifs au Covid-19 et qui donc auront ce virus auront une forme bénigne de celui-ci et que donc la lucidité et la transparence dont nous faisons preuve doit aussi s'accompagner de beaucoup de calme, en rappelant ce chiffre, 85% de forme bénigne, parce qu'il faut pouvoir réserver le temps utile, le temps médical aux formes évidemment les plus graves.
Maintenant, je voudrais aussi envoyer un message d'organisation collective et de responsabilité. Face à cette épidémie qui monte, nous avons chacune et chacun une responsabilité individuelle. La première, c'est de nous protéger et de protéger les autres par des comportements qui relèvent du civisme.
Lorsqu'on a de la fièvre, des premiers symptômes, qu'on est malade, de ne pas aller dans les transports en commun, de réduire sa vie sociale et de ne pas aller au travail le temps d'être sûr de ce que l'on a ou d'être guéri. Ensuite, c'est d'adopter ces mesures barrières, de protection, se laver les mains avec du savon ou avec du gel, comme nous l'avons dit systématiquement, ne plus s'embrasser, ne plus se serrer la main, se tenir à cette distance d'un mètre pour éviter, justement, la contagion. Respectez l'ensemble des consignes qui ont été données selon les territoires par les ministres et l'ensemble des directeurs compétents.
C'est aussi d'avoir soi-même un comportement civique lorsqu'on ne se sent pas bien, et je veux ici rappeler les règles. Lorsqu'on revient d'une zone à risque ou lorsqu'on est dans un territoire qui est aujourd'hui touché par l'épidémie et les départements qui sont les plus sensibles, comme d'ailleurs le département francilien, les territoires franciliens où nous sommes, dès qu'il y a les premiers symptômes, un risque, il faut appeler le 15. Et ensuite, ce sont ces équipes du 15 qui répartissent les choses grâce à cette mobilisation.
Lorsqu'on est dans un territoire qui n'est pas touché encore aujourd'hui par l'épidémie, qu'on a des premiers symptômes légers, il est important de continuer, justement, à appeler le 15 de manière systématique et de le faire à chaque fois qu'il y a un doute. Maintenant, dans ces zones qui sont les plus touchées comme la nôtre où nous nous trouvons, si on a des symptômes qui sont les plus légers, il faut aussi penser à son médecin traitant. Vous avez des médecins généralistes qui sont tout à fait compétents, qui sont pleinement mobilisés qui participent de cet effort général, et donc il est important dans ces départements qui sont aujourd'hui touchés par l'épidémie de ne pas les oublier, de pouvoir aussi les appeler en première intention et ils vont pouvoir répondre dans ces territoires où l'épidémie est la plus présente, à vos questions les plus fondamentales, vous orienter éventuellement vers les urgences en fonction de ce que vous leur décrirez ou vous amener en consultation et traiter votre cas.
Je rappelle aussi qu'à partir des prochains jours, suite au décret qui a été pris par le ministre hier, les téléconsultations seront possibles, ce qui va faciliter également beaucoup de choses. Voilà. Je voulais rappeler ces messages, ces consignes individuelles, collectives, et vous dire que nous sommes toutes et tous mobilisés.
Je veux ici remercier l'ensemble des soignants, remercier tous les SAMU de France, avec eux, tous les soignants qui se sont mobilisés, et remercier toutes celles et ceux qui contribuent à l'effort, les étudiants de médecine, les réservistes, les retraités qui sont revenus, j'en ai vu plusieurs, pour prêter main forte, et l'ensemble des médecins généralistes de ville, des spécialistes aussi de ville qui participent de cet effort collectif. Nous ne sommes qu'au début de cette épidémie. Nous avons anticipé, nous nous sommes préparés.
J'ai vu là des équipes formidables, des soignants professionnels, innovants et courageux. Nous serons derrière eux, nous le serons dans la durée, et à chaque moment de la phase montante et de cette épidémie, nous saurons adapter la réponse pour apporter, justement, les réponses que nos concitoyens sont en droit d'attendre. Je vous remercie. -Qu'en est-il d'un éventuel passage au stade 3 ? -E.
Macron : Ecoutez, je pense qu'il faut être très pragmatique. Les différentes régions, même les départements sont dans des stades qui sont très différenciés, aujourd'hui. Le ministre l'a rappelé hier soir et ce matin, il y a des foyers où l'épidémie est là.
Dans ces foyers, nous avons déjà adapté les choses. Nous ne sommes plus vraiment dans ce qu'on avait appelé la phase 2. La réponse que je viens d'ailleurs de vous dire le montre.
Quand je vous dis, quand nous sommes dans ces zones où l'épidémie est là, il ne faut plus systématiquement appeler le 15, mais quand vous avez des symptômes légers, pensez à appeler le généraliste. On adapte les choses. on a adapté, par exemple en fermant certaines écoles là où l'épidémie était la plus présente.
Donc nous avons commencé à différencier les choses. Et donc je pense qu'il ne faut pas considérer qu'il va y avoir à un moment donné, à une heure donnée, dans notre pays une grande bascule où tout va changer. Il faut qu'on reste extrêmement adaptables, et donc qu'à chaque moment, selon la différenciation des territoires, nous sachions nous adapter aux conditions de l'épidémie.
C'est ce que nous avons fait à chaque moment. Il y a plusieurs départements où l'épidémie est là, et donc où nous devons adapter notre offre de soins, nos urgences, nos hôpitaux, la mobilisation de la médecine de ville la distribution de tous les matériels. C'est ce que fait le ministre et l'ensemble des services.
Il y a des départements qui sont aujourd'hui moins touchés, et donc il faut garder l'organisation que je viens de rappeler. Et nous continuerons à nous comporter de cette même façon, c'est-à-dire sur une base scientifique, nous apporterons la bonne réponse. Cette réponse, elle est simple.
Elle doit être d'abord de freiner l'épidémie, et donc nous assumons d'avoir, partout où on peut freiner l'épidémie, une réponse qui est un peu contraignante sur le plan individuel, j'en ai rappelé les mesures, et sur le plan collectif, pour ne pas que l'épidémie accélère trop vite. Ensuite, cette réponse, elle est toujours proportionnée. C'est pour ça qu'il faut pas avoir de comportement de panique et considérer qu'on doit apporter une réponse totale, absolue, d'abord parce qu'il n'en existe pas tout à fait, ensuite parce que, comme je le rappelais, nous ne sommes qu'au début de l'épidémie, et donc la réponse proportionnée, c'est celle avec laquelle on peut vivre durablement.
Il faut d'ailleurs penser aussi à des réponses qui peuvent être à certains égards réversibles. On l'a déjà vu sur certaines mesures qu'on avait prises par exemple en phase 1 sur les scolaires. Et la réponse, il faut assumer qu'elle sera différenciée parce que cette épidémie, d'ailleurs comme toutes les épidémies, elle n'est pas la même partout sur le territoire.
Chaque année, les épidémies de grippe, de gastro-entérite, de bronchiolite, elles se développent en France de manière très différenciée selon les territoires et nous assumons d'avoir une réponse qui est différente selon les territoires. Et nous continuerons de faire de la sorte avec beaucoup de transparence, beaucoup de lucidité et une très grande détermination. Mais encore une fois, je veux ce matin redire toute notre mobilisation et ce remerciement pour tous les SAMU de France et toutes celles et ceux qui y contribuent.
Merci à vous. ...
Emmanuel Macron