Geoffroy Didier : "Le mouvement des Gilets jaunes doit se poursuivre"
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Vous êtes secrétaire général délégué du parti Les Républicains, député européen, vice-président de la région Île-de-France. Vous avez manifesté hier ?
- 0:43OuverteRéponse directe
Quel bilan faites-vous de cette journée ?
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Jean-Franc Didier, vous souhaitez que ce mouvement se poursuive ?
- 2:06RelanceRéponse directe
Est-ce qu'on n'est pas dans une situation dangereuse, voire incontrôlable par moment ?
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François de Rugy dit que le gouvernement poursuivra la fiscalité écologique. Que répondez-vous ?
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Que devrait faire le gouvernement pour apaiser cette colère qui se poursuit ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« la politique du gouvernement, contrairement à ce qu'elle prétend, décourage le travail, décourage l'initiative et décourage l'effort. »
- 3:23Invité politiqueChiffre
« Si vous prenez un vol Paris-New York, c'est 250 litres de kérosène par passager. Si vous parcourez la France en voiture, c'est 20 litres d'essence par passager. »
- 4:25Invité politiqueChiffre
« Nous avons aujourd'hui le record européen des prélèvements obligatoires. Près de 46% du PIB. »
- 4:37Invité politiqueChiffre
« 4,5 milliards d'euros d'impôts et de taxes supplémentaires depuis l'arrivée du président Macron. »
- 4:50Invité politiquePromesse
« Ce que nous demandons au sein des Républicains, c'est l'annulation pure et nette de ces taxes. »
- 7:43Invité politiqueChiffre
« Nous avons fait des véritables propositions qui permettent d'économiser 20 milliards d'euros par an. »
- 8:41Invité politiqueFait
« Le premier responsable de cette colère, c'est le gouvernement. »
- 10:08Invité politiqueFait
« Ce n'est pas Emmanuel Macron qui est responsable de cet accident. »
- 10:17Invité politiqueFait
« c'est Emmanuel Macron qui est responsable de la colère. »
- 12:33Invité politiqueFait
« Tant qu'on ne baissera pas la dépense publique, on ne pourra pas rendre l'argent aux Français. »
- 14:27Invité politiqueFait
« Je crois que ce qui s'est passé hier est une première secousse sismique qui appelle de nombreuses répliques populaires. »
- 15:51Invité politiqueFait
« N'étant pas Marseillais, je ne peux pas me rendre compte de la situation locale. »
Temps de parole
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Il est 8h21, les gilets jaunes, 283 000 manifestants hier, 2000 rassemblements, parfois tendus, qui ont entraîné des accidents. Bilan 1 mort, 227 blessés. Geoffroy Didier, bonjour. Bonjour. Vous êtes secrétaire général délégué du parti Les Républicains, député européen, vice-président de la région Île-de-France. Vous avez manifesté hier ?
J'y suis allé, je suis allé sur les Champs-Élysées, mais j'y suis allé discrètement, humblement et respectueusement. Pourquoi ? Parce qu'il s'agit d'un mouvement social inédit, parti de la base. Mais j'estime aussi que les représentants du peuple, dont je fais partie, devaient précisément être aux côtés du peuple, à un moment où ils souffrent et à un moment où ils subissent une profonde injustice. Quel bilan faites-vous de cette journée ? Je crois que les Français sont à bout, et ceux avec lesquels j'ai échangé hier me l'ont démontré.
Ils n'en peuvent plus parce que le 15 ou le 20 du mois, ils n'ont plus que quelques dizaines d'euros, alors même qu'ils doivent véhiculer leurs enfants, leurs parents, parfois des personnes à mobilité réduite, et que la politique du gouvernement, contrairement à ce qu'elle prétend, décourage le travail, décourage l'initiative et décourage l'effort. Jean-Franc Didier, vous souhaitez que ce mouvement se poursuive ? Oui, je le crois. Il doit se poursuivre de plusieurs manières. Il doit évidemment se poursuivre à travers le discours politique que nous portons, à travers les représentants du peuple, mais il doit aussi se poursuivre spontanément, comme l'ont fait ces centaines de milliers.
Mais vous savez, on peut en France manifester sans bloquer. On peut exprimer une colère, une exaspération légitime, sans chercher à entraver la circulation ou la liberté des autres. C'est ce qui s'est passé dans l'immense majorité des cas hier, et j'estime que les Gilets jaunes doivent poursuivre leur action tant que le gouvernement poursuit la politique qui est la sienne. Mais ce que je souhaite surtout, c'est que les Gilets jaunes n'aient demain plus de combat à mener, parce que le gouvernement aurait entendu la colère.
Est-ce qu'on n'est pas dans une situation dangereuse, voire incontrôlable par moment ?
La situation est dangereuse socialement, et le premier responsable de la colère qu'il véhicule, c'est le gouvernement. Et c'est cette morgue, c'est cette condescendance d'un gouvernement qui est à la fois décalé des réalités et sourd à la colère, qui est particulièrement dangereux.
Alors François de Rugy, le ministre de la Transition écologique, dit dans Le Parisien ce matin que le gouvernement poursuivra la trajectoire prévue en matière de fiscalité écologique. Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, dont le JDD, il affirme, il y a une angoisse sincère, on la respecte, mais ce n'est pas la rue qui gouverne.
Le gouvernement s'entête, manifestement, et surtout il trompe les français, parce que le véritable scandale depuis le départ, c'est le fait qu'en réalité ces taxes ne servent pas la transition énergétique, ou en tout cas bien trop peu. Lorsque vous observez que même pas 20%, 19% très exactement, des TICPE, c'est-à-dire de ces taxes, servent à la transition énergétique. Lorsque vous voyez que le gouvernement a décidé de taxer aussi bien le diesel que l'essence, mais qu'il ne taxe pas par exemple le kérosène. Aujourd'hui, si vous prenez un vol Paris-New York, c'est 250 litres de kérosène par passager. Si vous parcourez la France en voiture, c'est 20 litres d'essence par passager.
Pourquoi le gouvernement s'attaque-t-il toujours aux plus faibles, aux petits, à tous ceux qui ne peuvent pas se défendre ? Et c'est précisément ce qu'ils ont voulu manifester hier, c'est-à-dire, ils se sont dit, ce sont toujours les mêmes qui payent, et c'est le président aujourd'hui de l'injustice, le président de la vie chère auquel ces gilets jaunes ont tenté effectivement de s'attaquer hier. Et vous savez, le président Macron s'était rêvé en roi soleil, mais il est de plus en plus en train de se comporter comme Louis XVI.
Jean-François Didier, que devrait faire le gouvernement pour apaiser cette colère qui se poursuit, puisqu'il y a ce matin encore de nombreux blocages ?
Renoncer à l'augmentation des taxes insupportables. Nous avons aujourd'hui le record européen des prélèvements obligatoires. Près de 46% du PIB, de la production de notre pays. Nous avons 4,5 milliards d'euros d'impôts et de taxes supplémentaires depuis l'arrivée du président Macron. Et tout cela va continuer, puisqu'en janvier, nous aurons une nouvelle augmentation de l'essence comme du diesel. Tout cela, les Français n'en peuvent plus.
Vous souhaitez que le gouvernement annule cette augmentation sur l'essence et le diesel ?
Ce que nous demandons au sein des Républicains, c'est l'annulation pure et nette de ces taxes qui sont celles qu'il a engendrées depuis le début de son quinquennat.
Jean-François Didier, la hausse du prix des carburants prévue en janvier 2019, on dit, les manifestants l'ont dit hier, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Mais que répondez-vous à ceux qui disent que ce vase de la fiscalité des Français, que les Français ne supportent plus, vous l'avez aussi bien rempli quand vous étiez au pouvoir ?
Bien sûr, mais moi j'assume totalement le passé et parfois même le passif de mes prédécesseurs de droite. Mais c'est précisément aussi le rôle de la nouvelle génération que nous portons autour de Laurent Wauquiez. Ce n'est pas uniquement de regarder la vie avec un rétroviseur, mais c'est précisément de tirer les enseignements du passé. De voir ce qui a été bien fait et de ce qui ne l'a pas été. Et lorsque j'entends des membres du gouvernement dire, mais ils l'ont fait aussi, est-ce une excuse ? Est-ce précisément parce que des erreurs auraient pu être commises par le passé qu'il faudrait absolument les renouveler ? Ça, ce n'est pas possible.
En tout cas, j'imaginais que le nouveau monde, c'était autre chose. C'est la raison pour laquelle j'ai assez souvent une pensée émue pour tous ceux qui ont cru qu'Emmanuel Macron serait un président qui ferait de la politique autrement et qui serait le réformateur que la droite attendait, notamment d'ailleurs avec François Fillon. Eh bien, en réalité, c'est précisément parce qu'Emmanuel Macron ne met pas en œuvre les véritables réformes de structure que nous appelons nos voeux qu'il se sent obligé et qu'il est obligé, contraint, d'aller prendre l'argent dans les poches des Français.
Si des manifestants décident de bloquer, comme hier, des ronds-points, est-ce que ce n'est pas vraiment une claire marque de défiance envers vous, l'opposition politique à Emmanuel Macron ? Vous n'êtes plus le relais légitime du mécontentement. Vous acceptez ce constat ?
Oui. D'abord, les premiers responsables, encore une fois, ce sont les membres du gouvernement qui, autour d'Emmanuel Macron, s'entêtent dans l'hystérie fiscale qu'ils sont en train de réaliser. Et puis, le rôle de l'opposition républicaine, c'est d'accompagner, mais aussi de dénoncer ce qui ne convient pas. Et nous sommes le premier mouvement, ça c'est factuel, nous sommes le premier mouvement politique à avoir dénoncé le raquet des automobilistes, puisque nous avons fait campagne sur ce thème depuis près d'un an. Le fait qu'ensuite, il y ait un mouvement spontané qui véhicule cette exaspération légitime, j'estime que c'est une heureuse nouvelle.
En revanche, n'attendez pas des républicains qu'ils renoncent à leur conviction, sous prétexte qu'il y aurait ce mouvement spontané. Nous l'accompagnons, nous le soutenons, dans un esprit à la fois de liberté, mais aussi de responsabilité.
Le pouvoir d'achat, qu'est-ce qu'il faudrait faire pour améliorer le pouvoir d'achat des Français ?
Se constituer des marges de manœuvre financière. Et pour cela, il faut baisser la dépense publique. Nous cessons, nous cessons de le dire, et nous avons fait des véritables propositions qui permettent d'économiser 20 milliards d'euros par an. Le gouvernement est non seulement sourd à la colère des Français, mais aussi sourd aux propositions de l'alternative républicaine. Et ça, c'est une double faute.
Vous dites que vous accompagnez ce mouvement de protestation actuellement. Sébastien Lecornu, qui est le ministre des collectivités territoriales, met en garde, aujourd'hui dans le JDD, il met en garde ceux qui veulent récupérer politiquement le mouvement des Gilets jaunes. Ils en seront pour leurs frais.
Écoutez, chacun est face à ses responsabilités. Le gouvernement sera pour ses frais s'il s'entête dans la politique qu'il mène. L'opposition républicaine est là pour écouter, accompagner, soutenir ce mouvement populaire parce qu'il est légitime.
Il y a eu des incidents graves hier. Qui est responsable de ces violences auxquelles on a assisté lors de cette journée de manifestation, Geoffroy Didier ?
Le premier responsable de cette colère, c'est le gouvernement. Je vous le dis avec constance. Il y a bien sûr eu des violences qui sont regrettables. Il y a même eu un accident qui est évidemment encore plus regrettable. Mais le premier responsable de la colère, c'est le gouvernement. Et surtout, le seul qui peut aujourd'hui y remédier, c'est ce même gouvernement. Et c'est Emmanuel Macron qui est manifestement bien sourd à la colère.
Il est 8h30 sur France Inter. Geoffroy Didier, secrétaire général délégué du parti Les Républicains, député européen et vice-président de la région Île-de-France. C'est notre invité. Patricia Martin, une question pour notre invité.
Oui, de toute évidence, c'est vraiment la personne du président de la République qui est mise en cause, qui est remise en cause. Hier, Nicolas Dupourignan disait combien de morts faudra-t-il pour que le gouvernement fasse la paix avec les Français. Donc ça veut dire qu'implicitement, il rend responsable le président de la République, Emmanuel Macron, de la mort d'une femme. Est-ce que vous ne croyez pas que c'est quand même aller un peu loin et assez grave de la part d'un responsable politique de dire ça ?
C'est un accident dont il s'agit et un accident triste et évidemment éminemment regrettable. Donc il ne s'agit pas de créer des responsabilités par rapport à un accident alors qu'encore une fois, il s'agit d'un triste accident. La seule chose que je vous dis, et c'est la différence que j'ai avec Nicolas Dupont-Aignan, c'est que ce n'est pas Emmanuel Macron qui est responsable de cet accident. En revanche, c'est Emmanuel Macron qui est responsable de la colère. Et moins il entendra la colère, plus il y aura des manifestations, voire des blocages avec des risques d'accident évidemment regrettables.
Au standard, au 01-45-24-7000, des appels ce matin, standard d'interactive, Jean est à Chartres et souhaite interroger Geoffroy Didier. Bonjour Jean.
Oui, bonjour M. Veil, bonjour M. Didier et bonjour Patricia Martin. Quand je constate que M. Wauquiez se joint au gilet jaune et à leur revendication fourre-tout, je suis scandalisé, monsieur. Le programme de M. Fillon prévoyait des mesures beaucoup plus violentes qu'une augmentation du prix du pétrole, dont le prix en France, et il faut le répéter, reste comparable, voire inférieur, à ceux de nombreux pays d'Europe. Et pourtant, monsieur, j'ai des yeux de chimène pour Mme Pécresse.
Geoffroy Didier, l'intérêt d'avoir une nouvelle génération avec Laurent Wauquiez, avec Valérie Pécresse aussi, c'est précisément, comme je l'ai dit, de renoncer aussi au passé et aux erreurs qui ont pu être commises par la droite. Donc, le programme de François Fillon n'est pas le même que le projet de Laurent Wauquiez aujourd'hui pour les Républicains. Et ce que demande Laurent Wauquiez, c'est que nous renonçons à cette addition de taxes mortifères, et que nous fassions enfin des véritables réformes structurelles qui nous permettront de dégager des économies budgétaires pour pouvoir les rendre aux Français.
Il s'agit, monsieur, il s'agit, Jean, de vous rendre l'argent et de rendre l'argent aux Français qui n'en peuvent plus et qui sont assommés de taxes. On peut avoir cette différence, vous et moi, mais en tout cas, nous l'assumons et nous ne nous estimons pas responsables de tout ce qui a pu être dit ou fait par le passé, parce que sinon, ça ne sert plus à rien de défendre des convictions.
Mais je me souviens que Nicolas Sarkozy, président de la République, disait en son temps, les caisses sont vides. Je me souviens de François Fillon, Premier ministre, qui disait, je suis à la tête d'un pays en faillite.
C'est bien pour ça, c'est bien pour ça, monsieur Veil, qu'il faut se retrouver des marges de manœuvre, comme je l'ai dit dans la première partie de cette émission, à travers des économies budgétaires. Tant qu'on ne baissera pas la dépense publique, on ne pourra pas rendre l'argent aux Français. Donc, nous sommes obligés de passer par la case A, c'est-à-dire baisse des dépenses publiques, pour pouvoir rendre aux Français l'argent dont ils ont furieusement besoin, parce qu'ils n'en peuvent plus de cette hystérie fiscale dont ils sont les premières victimes.
Et j'observe d'ailleurs que les premières victimes en sont les plus fragiles, les plus exposées à la crise, tous ceux qui se réveillent tôt le matin et qui n'ont pas d'autre choix que de prendre la voiture pour véhiculer, pour se véhiculer soi-même ou pour véhiculer un membre de leur famille. Mais cette pression fiscale, c'est pour combler les déficits. Et c'est bien ce que je vous dis. C'est-à-dire que tant qu'on ne se constituera pas de nouvelles marges de manœuvre à travers une baisse de la dépense publique, pardon de ma constance et de ma persévérance... Mais ces déficits, vous les avez aussi creusés quand vous étiez au pouvoir. Depuis Vercingétorix, il doit y avoir du déficit en France.
Si vous voulez effectivement que je vienne vous parler uniquement de la politique des origines à nos jours, ça ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse, c'est ce que nous pouvons et ce que nous comptons faire pour les Français à l'avenir. Je vous parlais juste de la période pendant laquelle vous avez gouverné. Oui, Nicolas Sarkozy est devenu président de la République en 2007. Souvenez-vous, il en est sorti en 2012. C'était il y a 6 ans.
Emmanuel Amiens, bonjour. Emmanuel.
Oui, bonjour. Merci de prendre la question. Moi, j'ai une petite question. Il y a une première réflexion déjà sur la défiance des hommes politiques, des Français face aux hommes politiques. Et deuxièmement, j'ai l'impression que le mouvement des Gilets jaunes est un peu la résultante du mépris qu'on a pu avoir vis-à-vis des catégories, des classes intermédiaires que représentent les syndicats. Les syndicats n'ont rien pu passer dans les réformes ces derniers temps. Et en fin de compte, on se retrouve aujourd'hui avec des gens qui disent, puisque les corps intermédiaires ne passent pas, on va s'y prendre autrement. Et on a une espèce de corps émanant qui émerge. Voilà.
Geoffroy Didier, ce constat d'Emmanuel ? Oui, je le partage.
Je crois que ce qui s'est passé hier est une première secousse sismique qui appelle de nombreuses répliques populaires et que les mouvements politiques, que les corps intermédiaires, que les syndicats ne maîtrisent pas et ne contrôlent plus. Est-ce pour autant qu'ils ne doivent pas l'entendre, l'accompagner et les soutenir ? Je ne le crois pas.
Mais cet affaiblissement du politique, ce n'est pas dangereux pour la démocratie ?
Non, c'est une nouvelle forme de démocratie qui émerge. C'est aussi une cyberdémocratie dont nous sommes obligés de prendre acte. Bien sûr que je crois que la vie politique, comme le dialogue social, a besoin de repères et de structures. C'est la raison pour laquelle je crois beaucoup au mouvement politique. Mais nous devons aussi nous adapter aux colères populaires, aux exaspérations de la base, à tous ces Français qui ont du mal à joindre les deux bouts, qui ne veulent surtout pas être instrumentalisés, récupérés, mais qui ont aussi besoin d'être soutenus. Nous sommes des représentants du peuple. Le minimum, lorsqu'on est un représentant du peuple, c'est d'accompagner le peuple.
Vous parliez de colère populaire. On l'a vu cette colère tout récemment à Marseille. Partagez-vous, Geoffroy Didier, le constat fait par le président Les Républicains du Conseil Régional Sud-Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier, qui dit que Jean-Claude Godin, le maire de Marseille, est lâché par les Marseillais.
N'étant pas Marseillais, je ne peux pas me rendre compte de la situation locale. En revanche, ce que je peux vous dire, c'est qu'au sein de la région d'Île-de-France, avec Valérie Pricresse, nous avons pris à bras le corps ce défi de société qui est celui de la lutte contre l'habitat indigne et les marchands de sommeil.
Vous ne me répondez pas, est-ce que Jean-Claude Godin doit quitter ses fonctions ?
Non, ce n'est pas la question. Je vous dis juste que je suis vice-président de la région Île-de-France, en charge du logement, en charge de la lutte contre l'habitat indigne, et qu'il y a des solutions comme celles que nous avons mises en œuvre et qui, en tout cas, je l'espère, permettront d'économiser beaucoup de vie à l'avenir.
Jean-Claude Godin reste à son poste. Il n'est pas responsable de la mort de ces huit personnes dans ces immeubles effondrés ?
Ce n'est pas à moi de juger les responsabilités des uns et des autres. Mais c'est à lui, au conseil municipal, à son entourage. En tout cas, j'imagine qu'aujourd'hui, il fait ce qu'il peut.
Geoffroy Didier était l'invité ce matin de la rédaction de France Inter. Merci.
Merci.
Geoffroy Didier