Propos d'un député RN sur l'OAS, commission des finances, droit à l'IVG... Le 8h30 franceinfo de Marine Le Pen
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Bonjour Marine Le Pen. Pour la première fois, c'est donc une femme, Yael Brown-Pivet, qui va présider l'Assemblée Nationale, même si elle n'est pas du même bord politique que vous. Est-ce que vous vous en réjouissez ?
Oui, je me réjouis que les femmes prennent la place qui doit être la leur, c'est-à-dire à l'égalité avec les hommes. Il y a d'ailleurs beaucoup également de présidentes de groupes, je crois trois, ce qui est un record également à l'Assemblée Nationale.
Votre candidat au perchoir de l'Assemblée Nationale s'est retiré après le premier tour, ce qui fait dire à Jean-Luc Mélenchon qu'il y a eu des arrangements entre vous et la majorité. Que lui répondez-vous ?
Je lui réponds qu'une fois de plus, il est en train d'enfumer les Français. La réalité, c'est que Jean-Luc Mélenchon n'a pas sorti de la tête sa volonté d'être Premier ministre et il cherche à bloquer l'institution. La réalité, c'est que Mme Brune Pivet, elle avait 242 voix. Donc on peut tourner ça comme on veut. Elle aurait été élue soit au deuxième tour, soit au troisième tour.
Troisième tour, la majorité relative suffit.
Exactement. Donc sauf à ce que Jean-Luc Mélenchon ait le souhait de voir élu Sébastien Chenu par exemple au perchoir et qu'il aurait pu nous dire qu'il avait décidé de voter pour Sébastien Chenu. Sinon, c'est Mme Brune Pivet qui aurait été de toute façon élue. Donc c'était inéluctable autant que l'opération se fasse rapidement.
Juste avant l'élection d'Yael Brune Pivet, la séance était présidée par l'un de vos élus, José Gonzalès, 79 ans, élu des Bouches-du-Rhône, qui a évoqué l'Algérie où il est né dans son discours. Mais c'est ses propos en dehors de l'hémicycle qui ce matin font parler. Je ne pense pas, dit-il, que l'armée ait commis des crimes en Algérie. Je ne suis pas là pour jouer si l'OAS, l'organisation de l'armée secrète, a commis des crimes ou pas. Est-ce que c'est un dérapage de José Gonzalès ?
Non, pas du tout. Ce n'est pas un dérapage. Il a fait un très beau discours, un discours très digne, très républicain, qui a été d'ailleurs salué quasi unanimement par des applaudissements nourris de l'Assemblée nationale. Après, un certain nombre de journalistes se sont précipités sur lui pour lui poser des questions sur l'OAS. Il a dit « je ne suis absolument pas là pour parler de ces sujets-là ». Il dit « je ne sais pas ce qu'est l'OAS ». C'est une chose très claire.
Il ne souhaitait pas s'exprimer sur des sujets qui n'avaient rien à voir avec l'événement du jour, qui était effectivement le fait qu'il était doyen de l'Assemblée et qu'il a tenu sa position de doyen avec beaucoup de dignité, ce qui n'est pas le cas de tous les députés qui étaient présents dans l'hémicycle.
Pour vous, ce qu'a dit José González, ce n'est pas un accro. On entend par exemple la gauche dire « ça c'est l'ancien RN, c'est le Front National de Jean-Marie Le Pen ».
Oui mais la gauche dit ce qu'elle veut, elle dit tout et n'importe quoi. Et permettez-moi de vous dire que je ne me détermine pas en fonction de ce que dit l'extrême gauche plutôt, non ? L'extrême gauche.
Vous êtes reçu tout à l'heure à Matignon, Marine Le Pen, par la première ministre Elisabeth Borne, qui poursuit ses consultations. On sait qu'Emmanuel Macron a fixé une ligne rouge pour la future coalition qu'il veut mettre en place. Il a dit « je ne veux pas du RN et je ne veux pas des insoumis ». Qu'allez-vous dire à la première ministre tout à l'heure ?
C'est elle qui nous consulte. Alors je vais d'abord écouter ce qu'elle a à me dire, si vous voulez. Parce que pour le coup, ce n'est pas moi qui suis demandeur d'une consultation. Moi ce que je vais dire à Mme Borne, que j'ai déjà eu l'occasion de lui dire, et j'ai eu l'occasion de le dire au président de la République, lorsque il m'a reçu, c'est de lui dire « vous ne pouvez pas demander ».
Juste pour rappeler, vous avez été reçu à l'Elysée la semaine dernière, et vous avez eu la première ministre au téléphone il y a 48 heures.
Exactement, oui, trois jours. C'est que lorsqu'il vient dire, si vous voulez, le président de la République, « je laisse 48 heures aux oppositions pour dire jusqu'où elles sont prêtes à aller ». Non mais on rêve, il renverse totalement la situation. Ça n'est pas à nous de lui dire jusqu'où on va aller. C'est à lui de nous dire jusqu'où la majorité est prête à amodier son projet pour permettre qu'il soit voté par les oppositions.
Ça ne peut pas aller dans les deux sens, il ne peut pas y avoir un...
Non, ça ne peut pas aller dans les deux sens. Un fait dans les deux... Non, non, ça ne peut pas aller dans les deux sens. C'est en tout cas lui qui doit tenir compte du résultat des législatifs, tenir compte du fait qu'il n'a pas la majorité absolue, qu'il a une majorité relative, et nous dire jusqu'où et qu'est-ce qu'il va abandonner. Par exemple, je m'attendais moi à ce qu'il nous dise qu'il va abandonner la retraite à 65 ans. Bon, jusqu'où il est prêt à amodier son projet pour éventuellement permettre à l'opposition de voter ses textes. C'est comme ça que ça fonctionne la démocratie. Il dit que vous n'êtes pas un parti de gouvernement, vous êtes d'accord avec lui ou pas ?
Non, bien entendu que je ne suis pas d'accord avec lui et on lui prouvera dans les années qui viennent.
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire que nous avons l'objectif de gagner. Mais nous travaillons tous les jours sur le terrain, nous allons travailler à l'Assemblée pour gagner la prochaine élection présidentielle, car ce que nous voulons c'est appliquer notre projet.
Emmanuel Macron, vous l'avez reproché lors du débat d'entre-deux-tours d'avoir beaucoup voté contre lors de la mandature précédente. Il vous avait rappelé que le FN avait beaucoup voté contre le quoi qu'il en coûte. Vous ne referez pas les mêmes erreurs cette fois-ci ? Il y a davantage de textes que vous voterez ?
Non, je voterai les textes qui sont bons pour les Français, qui améliorent leur situation quotidienne, qui renforcent notre pays. Et je continuerai à m'opposer de la manière la plus ferme qui soit à tout ce que je trouve toxique ou nocif. Et oui, dans les cinq dernières années, on a beaucoup voté contre. Et s'ils continuent sur la même lignée, on continuera à beaucoup voter contre. Parce que la réalité, c'est que nous sommes opposés à la politique que mène Emmanuel Macron. Mais il y a des choses pour lesquelles on a voté pour. Mais qu'est-ce qui est toxique, par exemple ? Je rentre dans le détail. Qu'est-ce qui est toxique dans son projet ? Et qu'est-ce que vous pouvez voter ?
Est-ce que vous pouvez m'expliquer quel est son projet ? Parce que pour l'instant, honnêtement, on en a une vision qui est quand même très vague. La loi pouvoir d'achat. Eh bien, prenons le pouvoir d'achat. Et on va parler, par exemple, du point d'indice des fonctionnaires. Emmanuel Macron propose l'augmentation qu'il a refusée pendant cinq ans du point d'indice des fonctionnaires. Soit très bien. Je trouve que les fonctionnaires subissent une situation qui est incontestablement injuste, puisqu'il y a un gel du point d'indice depuis 2017. Mais qui va payer ? C'est ça la question que le Rassemblement national va poser.
Est-ce que ce sont les collectivités, les mairies, qui vont devoir prendre en charge l'augmentation, sans compensation de l'État, du point d'indice de la fonction. Donc vous n'êtes pas sûr de voter cette mesure-là, par exemple ? Si c'est ça, nous allons nous battre pour exiger que l'État compense à l'europrès les augmentations qui seront celles imposées aux collectivités. Pourquoi je vous dis ça ? Parce que sinon, qu'est-ce qui va se passer ? Les collectivités vont être obligées de faire des économies sur quoi ? Sur les associations, c'est-à-dire le monde associatif, sur la culture, sur le sport, c'est-à-dire tout ce qui permet à nos compatriotes de pouvoir accéder à un niveau de vie.
Donc on a un rôle, c'est ça, la position constructive dont je parlais.
S'il n'y a pas de compensation à l'europrès, vous dites, nous voterons contre l'augmentation du dégel du point d'indice.
Ah mais ça me paraît clair. Il me paraît clair qu'il est hors de question que l'on fasse peser sur l'hôpital qui est déjà dans une situation, par exemple, extrêmement difficile, sans compensation de l'augmentation du point d'indice. Et il est hors de question que les collectivités... Parce que les Français en souffriraient, si vous voulez, y compris d'ailleurs les fonctionnaires. Donc je crois qu'il faut être cohérent, il faut être constructif, il ne faut pas perdre de vue, encore une fois, ce pourquoi aussi on a été élus, et nous on a été élus, pour défendre la France et les Français.
Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, invitée de France Info, le fil Info à 8h40 avec Sophie Allemand, et on poursuit dans un instant.
Dans les Pyrénées-Orientales, il n'y a plus de menaces directes des habitations. Selon la préfecture, près de 1100 hectares sont partis en fumée près d'Opoul. Le feu est moins dangereux qu'hier, mais n'est pas encore éteint ce matin. Après deux jours de sommet du G7 en Allemagne, le sommet de l'OTAN démarre à Madrid aujourd'hui. La Suède et la Finlandie sont officiellement invités. Les deux pays vont pouvoir entrer dans l'alliance transatlantique. Après des heures de négociations, la Turquie a levé son veto. Le rebond de l'épidémie de Covid avec 80 000 cas par jour après les recommandations de la première ministrière.
Le PDG de la SNCF invite les voyageurs et le personnel à porter le masque dans les gares et les trains. C'est la meilleure manière de se protéger, même s'il n'y a pas d'obligation, selon Jean-Pierre Farandou sur France Inter ce matin. Les coureurs positifs au Covid mais asymptomatiques pourront partir sur le Tour de France. Nouveau protocole sanitaire sur la Grande Boucle pour éviter les forfaits en cascade. Les 176 cyclistes sont arrivés à Copenhague, au Danemark. Départ vendredi. France Info
Le 8.30 France Info, Néhila Latrousse, Marc Fauvel. Toujours avec Marine Le Pen ce matin, Bruno Le Maire propose aux oppositions un deal, en quelque sorte, sur la ristourne sur le carburant de 18 centimes qui est déjà en place. Il dit que nous pouvons la maintenir à ce niveau-là jusqu'à la fin de l'année si les oppositions sont d'accord. Si elles votent cette mesure, est-ce que c'est la bonne démarche et est-ce que vous le voterez ?
D'abord, permettez-moi de vous dire que Bruno Le Maire, qui a menti pendant toute la campagne présidentielle, est obligé d'accepter de dire la vérité aujourd'hui sur le niveau de l'économie, sur la bonne santé de l'économie. Il nous avait vendu monts et merveilles pendant la présidentielle en disant que tout ça tournait à plein régime. La réalité, c'est que la présidentielle passée et les législatives passées, ils disent la vérité aux Français que nous avons exprimé pendant la campagne, à savoir que l'économie française est dans une situation catastrophique. Deux et demi de croissance. D'accord ? Non, catastrophique.
Et le mur d'inflation qui arrive devant nous va être un drame pour des millions de foyers français. Maintenant, M. Le Maire, il vient nous dire, voilà, je vous propose, c'est moins d'aide pour les Français ou beaucoup moins d'aide pour les Français. Eh bien, nous lui disons que nous n'acceptons pas cette manière de voir les choses. Moi, je veux que la TVA baisse de manière pérenne sur l'énergie en général, gaz, électricité, je le rappelle, carburant, fuel, de 20 à 5,5%. Et c'est cela que je défendrais. Et c'est pour cela que je me battrais. Car la baisse de 18 centimes, elle a déjà été absorbée.
C'est-à-dire que les prix du carburant aujourd'hui sont exactement au même niveau qu'au moment où il a décidé la baisse de 18 centimes. Parce qu'entre temps, les cours du brut ont explosé. D'accord, d'accord. Alors donc, la méthode qui a été utilisée n'est pas la bonne. Ça veut dire que si...
Si Emmanuel Macron ne reprend pas votre méthode, c'est-à-dire la baisse de la TVA, vous irez devant les Français en disant « Nous n'avons pas voté la pensée de la Ristourne ».
Bien sûr que non. Tout ce qui peut aider les Français, tout ce qui peut aider le pouvoir d'achat, nous le voterons.
D'accord, donc c'est oui pour la Ristourne, même si vous auriez préféré autre chose.
Mais encore une fois, notre rôle d'opposition constructive, c'est d'offrir le choix, un autre choix que celui du gouvernement qui est un mauvais choix. Et nous essaierons de faire voter cette baisse de la TVA parce qu'elle est essentielle. De la même manière que nous essaierons de faire baisser la TVA à 0% sur un panier de 100 produits de première nécessité parce que c'est évidemment très attendu par les Français.
Je reste sur le carburant. Emmanuel Macron hier a parlé des producteurs de pétrole et de gaz en disant « C'est des profiteurs de guerre ». Est-ce que pour vous, c'est des profiteurs de guerre et il faut aller piocher dans leurs profits ? Mais évidemment que oui. Il est évident que oui. Ce sont des profiteurs de guerre.
Il est évident que la guerre a permis à un certain nombre d'entreprises de faire des super profits et que ces super profits doivent être exceptionnellement taxés pour pouvoir financer les mesures de soutien au pouvoir d'achat des Français. Vous le proposerez à l'Assemblée ? Bien sûr. Je vous signale que c'est ce qui s'est passé en Hongrie. En Hongrie, l'intégralité des super profits a été taxée pour pouvoir financer les mesures d'aide au pouvoir d'achat. C'est une bonne démarche. C'est une démarche saine. C'est une démarche juste. Et c'est une démarche qui permet de ne pas creuser évidemment la dette ou d'envisager, comme le gouvernement semble le faire, des augmentations d'impôts.
Une taxe à combien ? Écoutez, en Hongrie, de mémoire, sur les super profits, ils en laissent un tiers aux entreprises et ils en prennent deux tiers.
D'accord. Qu'est-ce que vous appelez un super profit ?
Le super profit, c'est le profit exceptionnel qui est fait par l'entreprise par rapport à ses profits traditionnels liés à la situation de guerre.
Donc on prend le bénéfice de total en 2020, on compare avec le bénéfice 2021 et sur la différence, on prend un tiers ?
C'est exactement ça. Non, deux tiers.
Deux tiers. C'est exactement ça. Un vote important a lieu demain à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen, pour la présidence de la commission des finances. Vous avez un candidat, la NUP en a un également. Pourquoi est-ce que cette commission, pour vous, doit vous revenir ? Je précise que cette commission est importante parce qu'elle a un droit de regard sur le budget de l'État, qu'elle peut contrôler toutes les entreprises publiques et qu'elle a accès, son président en tout cas, à des documents fiscaux confidentiels.
Mais nous souhaitons avoir cette présidence de la commission parce que traditionnellement, c'est le premier parti d'opposition à qui revient cette présidence de commission. C'est aussi simple que ça.
La loi dit simplement, enfin le règlement de l'Assemblée dit simplement, c'est un député de l'opposition.
Oui, mais la tradition républicaine offre au premier groupe d'opposition ce poste de président. Or, j'ai entendu d'ailleurs un certain nombre de personnes dont on ne peut pas contester l'attachement à la République. M. Larcher, M. Bourlange, dire qu'il était tout à fait naturel que ce soit du coup le Rassemblement national, que les Français ont choisi pour être le premier groupe d'opposition, pour être à la tête de cette commission.
Le problème, c'est que vous avez moins de députés dans cette commission que les députés de gauche, qui sont plus nombreux que vous, et donc a priori la bataille est perdue, non ?
Eh bien, écoutez, le résultat est entre les mains des députés LR. Voilà, c'est aussi simple que ça, qui sont présents dans la commission. Qu'est-ce que vous leur dites ce matin ? Vous leur dites soyez républicains ? Eh bien, je leur dis, voilà, en conscience. Est-ce que vous souhaitez avoir M. Coquerel, qui est l'extrême-gauche la plus radicale, qui soit à la tête de la commission des finances, ou est-ce que vous souhaitez avoir Jean-Philippe Tanguy, qui est le candidat du... Eh bien, s'ils ne veulent pas choisir, alors ils feront élire le candidat de la France Insoumise et ils en assumeront la responsabilité. Moi, je vais vous dire une chose très claire.
Si j'étais dans la situation de LR, c'est-à-dire que si j'avais le choix entre un président de la commission, la commission des finances LR et un prix, et M. Coquerel de la France Insoumise, je n'hésiterais pas une demi-seconde à élire le président de la commission LR.
Il y a un pacte avec la droite sur ce poste ?
Non, il n'y a pas de pacte. Il y a des discussions avec la droite sur ce poste ? Non, il n'y a pas de discussions ni de pacte.
Aucune discussion, même informelle, entre vous et des députés présents dans cette commission ?
Non, il n'y a pas de pacte. Il y a juste la mise devant leur responsabilité des députés, les Républicains. Voilà. Car moi, je suis convaincue d'une chose, c'est que leurs électeurs ne souhaitent pas que ce soit M. Coquerel, encore une fois, soit l'extrême gauche de l'extrême gauche qui soit à la tête de la commission des finances.
Marine Le Pen, ce matin, Elisabeth Borne est en visite dans un planning familial parce qu'elle juge que le droit à l'avortement en France, il y a un risque qui pèse sur lui après les décisions qui ont été prises dans d'autres pays, notamment en Europe. Est-ce qu'il faut inscrire, d'après vous, l'interruption volontaire de grossesse dans la Constitution, comme le souhaite En Marche, comme le souhaite la gauche, comme le soutient la Première Ministre ?
Non, la question c'est, est-ce que nous sommes le 51ème État des États-Unis ? Voilà, c'est-à-dire en quoi une décision de la Cour suprême des États-Unis remet en cause en France, alors qu'aucun parti significatif ne remet en cause l'accès à l'IVG pour les femmes, est-ce que ça a une influence sur nous ? Non, la réalité c'est que non.
Marine Le Pen, vous avez écrit une lettre française, vous, en pleine campagne présidentielle, où vous disiez déjà que les droits, je vous cite, que nous croyons définitivement acquis, sont aujourd'hui remis en cause. Vous n'évoquiez pas, certes, l'avortement, mais vous dites bien que les droits des femmes peuvent être remis en cause.
Oui, il est remis en cause par l'islamisme, il est remis en cause par le voile, il est remis en cause par le refus par les islamistes de l'égalité homme-femme, il est remis en cause concernant les soins des femmes par la faiblesse aujourd'hui de notre hôpital, par la désertification médicale, par le fait qu'il n'y a plus de gynécologue pour les femmes. Voilà en quoi il est remis en cause. Mais le droit, honnêtement, d'accès à l'IVG n'est remis en cause par personne. Donc, moi je veux bien que parce qu'un autre pays le remet en cause, il faille l'inscrire dans notre constitution, mais est-ce qu'on va inscrire dans notre constitution qu'on n'a pas le droit de lapider les femmes ?
Parce qu'en Afghanistan, ils ont le droit de le faire. Je trouve honnêtement que c'est une diversion politique. La réalité, c'est qu'En Marche effectue une diversion politique, car il ne veut pas que le focus soit mis sur les préoccupations principales des Français aujourd'hui et leurs difficultés, qui est le pouvoir d'achat, qui est la sécurité, qui est l'immigration hors contrôle. Voilà, ce sont ça les problèmes des Français aujourd'hui, et c'est à cela que le gouvernement devrait en priorité répondre.
Vous dites, Marine Le Pen, aujourd'hui, aucun grand parti ne remet en cause...
Je vais vous dire, pourquoi pas, s'ils ouvrent une révision constitutionnelle, eh bien ça nous permettra de demander aux assemblées de se prononcer sur l'instauration du référendum d'initiative citoyenne.
Pourquoi pas, c'est-à-dire, pourquoi pas vous voteriez l'inscription du droit à l'aventement de la constitution ?
Mais moi, ça ne me dérange pas, contrairement à ce que dit Mme Aurore Berger, qui est totalement ignare sur les positions du Rassemblement National sur ce sujet. Vous le savez très bien, nous n'avons absolument jamais remis en cause de quelque manière que ce soit... Certains de vos députés, si. Non, non, mais...
Marine Le Pen, plusieurs de vos députés nouvellement élus à l'Assemblée aujourd'hui...
Jamais, jamais, le Rassemblement National...
Attendez, je termine juste ma question, je vous promets, vous devez tout le temps... Attendez, pour la lisibilité de cet entretien, c'est plus simple si on ne se parle pas en même temps. Plusieurs des députés du Rassemblement National qui siègent à vos côtés à l'Assemblée ont comparé l'IVG ces dernières années... Non, pas plusieurs des députés... Au moins trois. Non. Je vous les cite, si vous voulez. Christophe Benz, député de Haute-Marne, qui dit l'avortement est un génocide de masse. Caroline Parmentier, qui est votre conseillère presse, qui vous accompagne ce matin, qui est aujourd'hui députée, qui parle du génocide des enfants français. 200 000 parents.
Hervé de l'Épinot, élu du Vaucluse, qui comparait l'avortement au génocide arménien et rwandais. Est-ce que ces propos, aujourd'hui, vous leur demandez de ne plus les tenir ?
Mais ça n'est pas le sujet, monsieur. Le sujet, c'est qu'il y a un mouvement politique. 10 personnes remettent aussi... Non, mais il y a un mouvement politique. Ce mouvement politique, il détermine une ligne politique qui est votée par les adhérents. C'est moi qui la porte depuis 10 ans. Et par conséquent, les adhérents du Rassemblement, chacun peut avoir son avis sur des sujets qui sont des sujets sensibles. Des sujets de société dont j'ai toujours dit, d'ailleurs, qu'ils devaient être traités, à mon avis, et réglés par référendum. Mais en l'espèce, la ligne du mouvement est très claire. Nous n'avons jamais remis en cause l'accès à l'IVG. La ligne du RN, c'est pro-IVG, très clairement.
Mais c'est pas pro-IVG.
Ça veut dire quoi, pro-IVG ? Pro-IVG, ça veut dire qu'on ne touche pas à la loi.
Non, mais personne ne veut toucher à la loi. Même Mme Boutin ne veut pas toucher à la loi. Soyons sérieux. Quand on compare la loi à un génocide, je suppose qu'on veut y toucher. Soyons sérieux. Personne ne souhaite, encore une fois, toucher à la loi. Maintenant, qu'il y ait des personnes qui ne se réjouissent pas, cher monsieur, de voir qu'il y a encore 200 000 avortements par an en France, c'est pas critiquable. Personne ne peut se réjouir de cela. Et Simone Veil, elle-même, ne s'en réjouissait pas. Vous avez raison, elle avait dit que chaque avortement était un drame. C'est pas la même chose que comparer ça à un génocide. Alors, arrêtons de caricaturer, encore une fois, les positions.
La ligne du RN est claire sur ce sujet. Mais encore une fois, si on ouvre une révision constitutionnelle, nous avons beaucoup de choses à y mettre. Nous voudrons y intégrer le droit des étrangers. Nous voudrons y intégrer la suppression du droit du sol. Nous voudrons y intégrer la modification des conditions d'accès à la nationalité française. Nous voudrons y intégrer la supériorité de la Constitution sur les textes internationaux. Moi, j'aimerais bien qu'on puisse avoir une révision constitutionnelle qui s'ouvre. On va avoir des débats qui vont être passionnants sur des sujets qui sont fondamentaux pour les Français.
Marine Le Pen, vous restez avec nous. 8h52, le fil infosophie allemand.
80 000 cas de Covid par jour. L'épidémie regagne du terrain. La Première Ministre, Elisabeth Borne, recommande aux Français de remettre le masque dans les lieux fermés. Même son de cloche du PDG de la SNCF ce matin pour les trains et les gares. Invité sur France Inter. Ne pas contraindre une mesure d'attente, estime Gilles Payou, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Tenon à Paris sur France Info ce matin. Une croissance de 2,5% en 2022 et non pas 4%. Bercy revoit ses prévisions à la baisse. Ce matin, dans les échos, le ministre de l'économie Bruno Le Maire envisage de maintenir la ristourne de 18 centimes à la pompe jusqu'en décembre en cas d'accord avec les oppositions.
Donald Trump savait que ses partisans étaient armés quand il les a appelés à marcher sur le Capitole en 2021. Et il a tenté de prendre le volant d'une limousine pour les rejoindre. Le témoignage explosif d'une ancienne collaboratrice de la Maison Blanche est livrée au Congrès. Et puis la Poste lance un timbre numérique dès l'année prochaine. Un simple code acheté en ligne à recopier sur l'enveloppe. France Info. Avec Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. Donc grâce à vos résultats aux législatives, Marine Le Pen, votre parti va toucher quelques 10 millions d'euros de dotation publique par an. C'est-à-dire que vous n'êtes plus un parti pauvre.
Parti pauvre, c'était votre expression pendant la présidentielle.
Oui, nous ne sommes pas plus un parti riche compte tenu de la situation. Mais disons que cette dotation qui est parfaitement naturelle puisqu'elle est au nombre d'électeurs et sur les impôts des électeurs. Donc il est normal que les électeurs du Rassemblement National ne financent pas exclusivement la France Insoumise et En Marche. Et financent accessoirement le fonctionnement du parti qui défend leurs idées. Mais ceci nous permet d'envisager l'avenir avec une grande sérénité. Et sauver, on parlait beaucoup de la dette du RL. Non mais je n'ai jamais pensé que le mouvement était en danger. Et donc je pense que ce terme de sauver est excessif. Mais disons que nous n'avons pas de...
Encore une fois, nous envisageons l'avenir de manière extrêmement sereine.
Ça va vous permettre dans un premier temps de rembourser un emprunt que vous aviez contracté pour votre campagne présidentielle. Un emprunt russe, combien il vous reste à rembourser ?
Non, non, non, non, n'est pas n'importe quoi. Pardon, excusez-moi, mais à un moment donné, il faut être précis. Je n'ai pas d'emprunt russe pour financer ma présidentielle. Non, pas cette présidentielle-là, je parle d'une campagne passée. Bon, ce n'était pas une présidentielle.
C'était un emprunt du mouvement. C'était un emprunt du mouvement qui permettait de financer à minima des campagnes, ou en tout cas le fonctionnement de votre mouvement. Est-ce qu'il reste beaucoup d'argent à rembourser ?
Non, il ne reste pas beaucoup d'argent à rembourser.
Combien il vous reste à rembourser ?
Mais écoutez, franchement, est-ce que... C'est juste pour avoir un chiffre, Marine Le Pen. Non mais ça n'a aucun intérêt. Enfin, pardon. Peut-être, si. Voilà, on va s'intéresser aux comptes de France Info. Non, mais ça n'a aucun intérêt. Oui, de manière très claire. On est serein, ne vous inquiétez pas, on ne disparaîtra pas, on n'est pas en faillite. Contrairement à ce que vous avez raconté pendant des années, il n'y avait aucun risque d'ailleurs que nous soyons en faillite. Nous avons fait un emprunt, nous le remboursions chaque mois, alors que nous avions effectivement une subvention inférieure. Aujourd'hui, nous avons une subvention qui est doublée.
Donc voilà, on va pouvoir faire de la politique, on va pouvoir défendre les Français, parce que c'est ça le rôle d'un parti politique, c'est de défendre les Français et de participer évidemment au pluralisme politique.
C'est inscrit dans la Constitution. Vous aviez dit au mois de mai, Marine Le Pen, que vous ne seriez pas candidate en 2027, sauf événement exceptionnel, ce sont vos mots. Est-ce que 89 députés, c'est un événement exceptionnel ?
Disons que c'est un élément, c'est un des éléments effectivement qui vont probablement rentrer en ligne de compte. Mais pas seulement. Je prendrai ma décision dans quelques années. Donc il va falloir rester dans une sorte d'expectative pendant quelques années. Je réserverai ma décision pendant quelques années.
Mais en attendant, vous ne remettrez pas les pieds à la présidence du RN. C'est quelque chose que vous avez définitivement abandonné.
Je pense qu'il est assez légitime, et c'est ce que les Français ont souhaité, que je reste à la tête de ce groupe de 89 députés à l'Assemblée nationale. Du groupe à l'Assemblée, mais pas du parti. Et évidemment, il y aura un congrès où il y aura un ou plusieurs candidats, d'ailleurs, ou candidates, et les adhérents du RN. D'ailleurs, ceux qui veulent participer à ce congrès et pouvoir avoir un mot à dire sur le futur président ou la future présidente du mouvement, doivent adhérer, c'est le moment ou jamais, au RN. Et ce congrès se déroulera probablement à la fin de l'année. Et voilà, c'est la démocratie interne.
Vous voterez, mais vous ne serez pas candidate.
Voilà, exactement. Je ne serai pas candidate, et je resterai, moi, à m'occuper du fonctionnement de ce groupe à l'Assemblée nationale. Vous ne serez pas candidate ? Est-ce que vous trancherez ou vous donnerez une consigne de vote entre les deux qui se dessinent pour l'instant ?
Non, mais ça dépend.
Si dans les candidats qui sont présents... Je rappelle les deux, Jordan Bardella et Louis Alliot pour l'instant qu'on pressent comme pouvant prétendre à votre succès. Écoutez, très clairement, si dans les candidats qui se présentent, il y a un candidat qui ne partage pas du tout la ligne politique qui est la mienne, celle en laquelle je crois, et celle pour laquelle je me bats depuis 20 ans, sur laquelle j'ai été élu plusieurs fois à la tête, alors je me prononcerai.
Si les candidats, en réalité, partagent tous la ligne politique que j'ai impulsée à la tête du Rassemblement national, alors je laisserai les adhérents libres de choisir, car il s'agira là d'une question de personnalité, de vision sur le mouvement, d'organisation interne, de priorité, et je pense que ça ne méritera pas, dans ces conditions, que je prenne position. D'autant que j'ai beaucoup d'estime pour les uns et pour les autres.
Pour les deux candidats déclarés, aujourd'hui, que sont Jordan Bardella et Louis Alliot. Merci beaucoup Marine Le Pen, bonne journée à vous.
Merci.
Marine Le Pen