Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Culture — Sens politique (sur Site radio)· 7 septembre 2024 44 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleEurope & international

Lucie Castets : "J’ai tout de suite été indépendante des partis"

Au micro : Astrid De VilaineSource d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 43 %Attaque 37 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:40OuverteRéponse directe

    Qu'avez-vous ressenti le 5 septembre en apprenant la nomination de Barnier ?

  • 3:04RelanceRéponse directe

    Êtes-vous à l'aise avec la stratégie de censure immédiate contre Barnier ?

  • 4:08RelanceRéponse partielle

    Sous-entendu, vous l'avez bien cherché ? Erreurs stratégiques de votre part ?

  • 4:51FerméeRéponse directe

    Avez-vous conscience d'être manipulée par Jean-Luc Mélenchon ?

  • 6:22FerméeRéponse directe

    Gabriel Attal ne vous a jamais répondu ?

  • 6:30OuverteRéponse directe

    Êtes-vous favorable à la motion de destitution du président ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:54Invité politiqueFait
    « J'ai ressenti beaucoup de colère et de déception. J'ai pensé à ces millions d'électeurs qu'on est allés chercher, souvent un par un, pour qu'ils se déplacent entre les deux tours de l'élection législative. »
  • 2:19Invité politiqueFait
    « Or là, le président de la République, en choisissant Michel Barnier, il se met de fait dans les mains du Rassemblement National. »
  • 2:54Invité politiqueFait
    « Je pense notamment aux discours qu'il pouvait tenir pendant la primaire de la droite, où il disait, à titre d'exemple, qu'il voulait supprimer l'aide médicale à l'État. »
  • 3:21Invité politiqueFait
    « Je suis à l'aise avec cette stratégie car il est intolérable d'observer à quel point le président de la République va à rebours de la logique de nos institutions et balaye l'espoir des Français. »
  • 5:05Invité politiqueFait
    « Alors, je ne suis manipulée par personne, d'une part. »
  • 5:14Invité politiqueFait
    « Il y a Mathilde Panot, qui, comme vous le savez, est la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, qui a signé avec moi et avec les autres présidents de groupe à l'Assemblée nationale un courrier à l'ensemble des parlementaires pour dire « Nous ferons des compromis, nous irons chercher des accords texte par texte. » »
  • 5:35Invité politiqueFait
    « La seule personne qui a refusé de me parler, dans toutes celles que j'ai contactées, c'est Gabriel Attal. »
  • 10:32Invité politiqueFait
    « Je n'ai absolument rien réclamé et je n'ai absolument touché aucun euro de la part des partis. »
  • 10:56Invité politiqueFait
    « Oui, oui, je démente tout. »
  • 29:57PrésentateurFait
    « Le nouveau Front Populaire n'a pas pour objectif premier de respecter le pacte de stabilité et de croissance, donc les 3% ? »
  • 30:52Invité politiqueFait
    « tout le monde s'accorde à dire que c'est un pacte qui ne permet pas suffisamment de financer les investissements nécessaires à la transition écologique »
  • 31:45PrésentateurChiffre
    « on va faire 150 milliards d'euros de prélèvements supplémentaires d'ici 2027 pour financer notre programme et réduire le déficit public »
  • 34:01Invité politiqueChiffre
    « 9 ménages sur 10 ne payent pas davantage d'impôts »
  • 35:18Invité politiqueChiffre
    « on peut arriver jusqu'à 9 milliards d'euros supplémentaires »
  • 35:53Invité politiqueChiffre
    « Emmanuel Macron a privé les finances publiques de 40 à 50 milliards d'euros par an »
  • 36:48PrésentateurFait
    « pour un fonctionnaire dont le traitement de base est de 1500 euros, l'augmentation serait de 150 euros, alors que pour un fonctionnaire dont le traitement est de 3000 euros, l'augmentation serait de 300 euros »

Temps de parole

  • Invité politique70 %
  • Présentateur24 %
  • Invité2 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Sens Politique, l'émission qui prend le temps de connaître un invité pour décrypter avec lui son parcours, son engagement et sa personnalité au rythme de l'actualité. Personne ne l'avait vu venir et pourtant c'est bien elle qui a occupé l'espace politique cet été. Déplacement, médias, université d'été, en un mois elle est passée de parfaite inconnue à candidate à Matignon, mais le président en a décidé autrement pour lui, c'est non, malgré son avance aux élections. Depuis et après des attermoiements, Michel Barnier, homme de droite, est sorti du panier. Comment voit-elle cette nomination ?

Elle qui semblait confiante en sortant de l'Elysée avec les chefs à plumes de la gauche unie le 23 août dernier. A 37 ans, notre invitée est une haute fonctionnaire qui vient de quitter la mairie de Paris où elle était chargée du budget. Ses références, Jean Jaurès, Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir, qu'elle échoue à faire nommer marraine de promo à sa sortie de l'ENA en 2013. Ce sera finalement Jean Zet, le jeune ministre du Front populaire de l'éducation et des beaux-arts en 36 qui est retenu promo Jean Zet comme un clin d'œil à ses nouvelles fonctions. Tête de pont, trait d'union entre quatre parties qui n'ont pas toujours été bon larron. Que va-t-elle devenir ? D'où vient-elle ?

Et que pense-t-elle de la situation actuelle ? Bonjour Lucie Castel. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Bienvenue dans Sens Politique. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h30. Qu'avez-vous ressenti Lucie Castel, jeudi 5 septembre, lorsque vous avez entendu le nom du nouveau locataire de Matignon, l'ELR Michel Barnier ?

1:49
Invité politique

J'ai ressenti beaucoup de colère et de déception. J'ai pensé à ces millions d'électeurs qu'on est allés chercher, souvent un par un, pour qu'ils se déplacent entre les deux tours de l'élection législative, en leur disant qu'il était fondamental d'aller voter, qu'il était fondamental de faire barrage au Rassemblement National. Et donc j'ai pensé à eux parce qu'ils se sont déplacés. Vous le savez, les taux de participation étaient beaucoup plus élevés qu'aux précédentes élections. Ils ont massivement rejeté le Rassemblement National et son programme. Or là, le président de la République, en choisissant Michel Barnier, il se met de fait dans les mains du Rassemblement National.

Parce que Michel Barnier a sûrement dû faire des concessions très importantes au président de la République pour pouvoir s'assurer de l'absence de censure. Et on parle ici de l'absence de censure de la part du Rassemblement National. Et donc j'imagine qu'il a fait des concessions très fortes sur le plan programmatique à l'égard du Rassemblement National. Et d'ailleurs, c'est assez cohérent avec les positions que Michel Barnier a pu prendre dans les années récentes.

Je pense notamment aux discours qu'il pouvait tenir pendant la primaire de la droite, où il disait, à titre d'exemple, qu'il voulait supprimer l'aide médicale à l'État, où il disait qu'il voulait que la France ne soit plus contrainte par les arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme, etc.

3:04
Présentateur

Le nouveau Front populaire a annoncé sa volonté de le censurer avant même qu'il ait pu prononcer un mot. Vous êtes à l'aise avec cette stratégie ?

3:13
Invité politique

Je suis à l'aise avec cette stratégie, oui. J'ai signé le communiqué de presse qui est sorti hier soir de la part de tous les leaders du nouveau Front populaire. Je suis à l'aise avec cette stratégie car il est intolérable d'observer à quel point le président de la République va à rebours de la logique de nos institutions et balaye l'espoir des Français. Et là, je ne parle pas seulement des Français qui ont voté pour le nouveau Front populaire, je parle des Français aussi qui ont voté pour des élus, pour des députés macronistes, qui souvent ont gagné, pour la moitié d'entre eux, ont gagné grâce à des désistements républicains.

Et donc ces gens-là, on leur dit, vous vous êtes déplacés dans les urnes pour faire barrage au Rassemblement national et désormais, il y a une cohabitation de fait avec le Rassemblement national.

3:57
Présentateur

Vous avez entendu, Lucie Castel, toutes les critiques aujourd'hui sur le fait que vous ayez refusé aussi l'hypothèse Bernard Cazeneuve et les commentateurs ou vos opposants politiques qui disaient maintenant que vous avez Michel Barnier. Sous-entendu, vous l'avez bien cherché. Est-ce qu'il y a eu des erreurs stratégiques de votre part depuis le début de ces élections ?

4:14
Invité politique

Personne n'est jamais parfait, je dirais. Jamais que je ne fais aucune erreur, que je ne commets aucune erreur à titre personnel. Mais là, permettez-moi de vous dire que ce que je vois surtout, c'est qu'on a été beaucoup critiqués de manière totalement injuste sur le fait que nous n'aurions ouvert aucune voie aux compromis et aux dialogues. Et ça, c'est archi faux. Ma première interview écrite, elle est publiée dans La Tribune dimanche le 28 juillet. Donc elle est donnée avant le 28 juillet. Et le titre que retient La Tribune dimanche, c'est « Je ferai des compromis ». C'est en couverture de ce journal.

4:47
Présentateur

Oui, Lucie Castet. Mais une question Instagram de Christophe, par exemple. Avez-vous conscience d'être manipulée par Jean-Luc Mélenchon, sachant qu'il connaît l'issue ? Et c'est vrai que c'est ce qu'on a retenu, cette phrase qu'il a prononcée à 20h03 au second tour des élections législatives. Le programme, rien que le programme, alors que vous n'aviez pas 200 députés. Est-ce que lui a commis une erreur ?

5:05
Invité politique

Alors, je ne suis manipulée par personne, d'une part. D'autre part, il y a Mathilde Panot, qui, comme vous le savez, est la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, qui a signé avec moi et avec les autres présidents de groupe à l'Assemblée nationale un courrier à l'ensemble des parlementaires pour dire « Nous ferons des compromis, nous irons chercher des accords texte par texte. » Et nous sommes ouverts au dialogue, à la discussion. Ça, ça n'a jamais été relayé. Moi-même, j'ai eu des contacts avec beaucoup de monde pendant l'été, y compris des élus qui ne sont pas du nouveau Front populaire.

La seule personne qui a refusé de me parler, dans toutes celles que j'ai contactées, c'est Gabriel Attal. Donc j'espère que l'histoire retiendra de toute cette séquence, parce que c'est l'émotion qui est tout à fait justifiée, que ça n'est pas le nouveau Front populaire qui a fait obstacle au compromis et à la discussion, mais que c'est le président de la République qui installe un discours qui n'est pas un reflet de la réalité et qui, en fait, au fond, depuis le début, savait qu'il ne voulait pas nommer quelqu'un issu du nouveau Front populaire, simplement car il n'est pas d'accord avec la politique que l'on propose.

Or, il est légitime à regretter qu'on ne souhaite pas mettre en œuvre, poursuivre la politique qu'il a mise en œuvre. C'est son droit le plus strict. En revanche, ça n'est pas une justification audible pour refuser de demander au nouveau Front populaire de former un gouvernement.

6:19
Présentateur

Gabriel Attal ne vous a jamais répondu ? Non. La France Insoumise et certains députés écologistes comme Sandrine Rousseau ont signé une motion de destitution du président. Êtes-vous favorable, vous, Lucie Casté, à cette procédure ?

6:34
Invité politique

Moi, j'ai toujours dit que je pensais que ce n'était pas la bonne option, la meilleure option institutionnelle pour mettre fin à la situation. Je pense que la meilleure option, c'est une censure. Et ça, je l'ai toujours signifié. En revanche, je pense qu'il est normal et légitime qu'on se pose la question pendant toute la durée, ou ça a duré bien trop longtemps, cette histoire, cette mascarade. C'était tout à fait légitime de se poser la question de comment envisager institutionnellement de mettre fin à cette situation. Et j'en profite pour revenir sur votre question précédente où on m'a accusé d'être manipulée par Jean-Luc Mélenchon. En réalité, si j'étais...

C'était une question d'un auditeur. Oui, oui, bien sûr. Oui, oui. Si j'avais vraiment été manipulée par Jean-Luc Mélenchon, j'aurais tout de suite dit, ah oui, la destitution, quelle bonne idée. Or, il n'en a pas été le cas. Et j'ai tout de suite pris mes distances avec cette option, qui ne me semblait pas être la meilleure.

7:20
Présentateur

Est-ce que vous iriez à la marche organisée par la France insoumise contre, je cite, le coup de force d'Emmanuel Macron cet après-midi, samedi 7 septembre ?

7:29
Invité politique

Alors, je pense qu'il est légitime que les citoyens aient envie de manifester. Il est sain dans une démocratie qu'on puisse aller dans la rue exprimer son opinion dès lors que c'est fait pacifiquement. Moi, j'irais à cette marche uniquement si toutes les composantes du nouveau Front populaire sont réunies lors de cette marche.

7:43
Présentateur

Et à l'heure où nous enregistrons cette émission, c'est le vendredi 6 septembre au matin, le Parti Socialiste et le Parti Communiste n'ont pas encore confirmé leur venue. Qu'allez-vous faire maintenant, Lucie Castel ?

7:55
Invité politique

Alors, je vais déjà commencer par me reposer un tout petit peu. Et ensuite, ma volonté, c'est de continuer à servir cet élan qu'on ressent, on est beaucoup à ressentir parmi non seulement les militantes gauches, mais aussi les électeurs. Ça, je pense que c'est très important de le souligner, qui attendent que quelque chose se poursuive. Les gens se sont mobilisés massivement lors des élections législatives, à la fois pour porter le nouveau Front populaire en tête des élections, même si c'est une majorité relative, on l'a toujours reconnu, c'est indéniable, mais aussi pour faire barrage au nouveau Front populaire, au Rassemblement national.

Là, ce qui me paraît absolument essentiel, c'est de mettre notre énergie collectivement à continuer à porter cet élan et à travailler pour proposer collectivement un projet de gauche qui permette de rassembler la population de gauche, alors élargir l'électorat de gauche, retourner parler aux gens qui ont arrêté de voter ou qui se sont tournés vers le Rassemblement national pour leur proposer un projet crédible et qui fasse que cet élan ne retombe pas.

9:00
Présentateur

En clair, vous vous préparez à 2027, Lucie Castel ?

9:03
Invité politique

En clair, je veux mettre toutes mes forces dans un élan collectif. Je suis tout à fait désemparée de voir cette espèce de course aux petits chevaux avec Gabriel Attal qui prépare sa course. Vous n'êtes pas, vous, dans la course des petits chevaux ? Je ne suis pas du tout dans la course des petits chevaux.

9:23
Présentateur

L'hebdomadaire Marianne a révélé cette semaine que vous aviez demandé aux quatre parties du NFP, Nouveau Front Populaire, 51 000 euros de frais de fonctionnement par mois pour vos équipes et vos déplacements et 9 000 euros mensuels pour votre rémunération. C'est beaucoup 9 000 euros, Lucie Castel, quand on est de gauche pour exister toujours politiquement.

9:42
Invité politique

J'étais absolument sidérée de découvrir cet article de Marianne qui présente les choses de manière totalement mensongère. C'est d'une malhonnêteté intellectuelle totale. Ce qui s'est passé, c'est qu'au début de cette aventure, les partis politiques ont demandé si on aurait besoin de moyens pour mener cette campagne, notamment un local, des financements pour les déplacements, pour du matériel informatique et pour rémunérer une équipe autour de moi. Ils nous ont alors proposé un budget pour pouvoir subvenir à ces besoins-là. Ce budget a été discuté avec mon équipe. Ce budget de 51 000 euros ? Oui.

Alors, moi, je n'ai pas eu accès aux chiffres précis, mais apparemment, c'était ça qui a été discuté. Et ensuite, nous, nous avons décidé de ne pas y donner suite parce que c'était pendant les vacances d'été. Beaucoup d'entre nous étaient en congé, dont moi, et donc on n'a pas donné suite. Donc, vous n'avez pas demandé 9 000 euros par mois ? Je n'ai absolument rien réclamé et je n'ai absolument touché aucun euro de la part des partis. Je profite de cette question pour remercier l'équipe qui a travaillé autour de moi d'arrache-pied étonnellement, bénévolement pendant leur congé pour m'aider pendant la campagne.

Mais en tout cas, vraiment, je suis étonnée du traitement médiatique qui a été fait de cette information qui n'est pas une information... Vous démentez tout ? Oui, oui, je démente tout. Et vous allez faire un droit de réponse ? Ce que je ne demande pas, c'est qu'on nous a effectivement proposé la constitution d'un budget et nous n'avons pas choisi d'activer cette option-là. Ce budget a été proposé par les partis.

11:07
Présentateur

Et donc aujourd'hui, comment vous allez vous faire pour vivre puisque vous venez de démissionner de la mairie de Paris ? Je vais chercher un travail. Dans l'administration ?

11:15
Invité politique

Je ne sais pas encore, je me laisse toutes les options ouvertes, je ne sais pas encore.

11:22
Invité

Ils rêvent tous d'aller à Roland-Garros du 27 mai au 9 juin prochain comme ramasseur de balles. Malheureusement pour eux, ils ne seront que 2 voire 10 sur les 250 venus aujourd'hui à Honfleur pour y disputer les épreuves de sélection. Les places sont très chères. Aujourd'hui, tous ces jeunes de 12 à 16 ans se sont surpassés pour être les meilleurs pour que leur rêve se réalise enfin. Je vais faire le maximum pour réussir, mais on verra. C'est un rêve que tu vas réaliser si tu réussis ? Bah oui, comme tous ceux qui sont là, je pense.

11:50
Présentateur

C'est votre voix qu'on entend lui s'y caster à 15 ans dans un reportage télévisé de France 3 à Normandie en janvier 2002. Ça vous touche cet archive, on dirait.

11:59
Invité politique

Ouais, ça me fait sourire. Je n'avais pas revu moi cet archive-là. Je l'ai revue il y a quelques jours quand elle est sortie par Lina. Et oui, c'est rigolo de s'entendre à 15 ans.

12:07
Présentateur

Quel souvenir avez-vous de ce Roland-Garros 2002 ? Vous êtes donc ramasseuse de balles.

12:12
Invité politique

Un souvenir extraordinaire. Je me souviens, c'était l'année du brevet pour moi. On quitte le collège quelques semaines. C'est extrêmement intense sur le plan physique. C'est aussi extrêmement spectaculaire. C'était la première fois de ma vie que je mettais les pieds à Roland-Garros. Je n'avais jamais eu la chance d'aller à Roland-Garros. J'avais toujours regardé Roland-Garros à la télé avec mes parents. Je jouais au tennis, mais je n'avais jamais eu la chance d'aller à Roland-Garros. Je n'habitais pas à Paris. C'était quelque chose de lointain, très prestigieux. J'avais décidé de m'inscrire. C'était mon prof de tennis qui m'avait dit « Tu devrais tenter ta chance ».

J'ai un souvenir assez fou de ce moment de sélection très intense où tout le monde... Je ne pensais pas du tout que ça allait marcher. C'était une grande aventure. Finalement, ça a marché. Sur le moment Roland-Garros, c'était très dur. Il y a une très forte pression sur les ramasseurs de balles. On est tous très jeunes. On nous met une pression énorme. On n'est parfois pas très bien traités par les joueurs. Par les joueurs et à l'époque, par le staff, qui était très dur. On était très surveillés. On était évalués tous les jours pour voir sur quels cours on allait pouvoir ramasser. Il y a une hiérarchie très forte entre les ramasseurs de balles. C'est assez dur.

L'ambiance managériale, comme on dirait aujourd'hui, était assez dure.

13:30
Présentateur

Quel match aviez-vous suivi ? Je rappelle qu'à l'époque, c'est Serena Williams, c'est Albert Costa qui remportait.

13:36
Invité politique

J'avais eu la chance d'être choisie pour apporter la coupe de la finale à Albert Costa. J'avais été très marquée par le poids de la coupe.

13:45
Présentateur

Une image qu'il faudra retrouver sans doute.

13:46
Invité politique

Mais elle existe. Je l'avais retrouvée il y a longtemps sur une vieille cassette vidéo. Elle existe. C'est rigolo. On me voit porter cette coupe très inquiète de ne pas chanceler sous le poids de cet objet magnifique. J'ai des souvenirs assez grandioses de ce moment-là.

14:02
Présentateur

West France vous consacre alors un grand article avec photo intitulé « Lucie ramassera les balles à Roland-Garros » et note une application et un mental presque surprenant chez une jeune adolescente. J'ai deux questions. Quelle adolescente étiez-vous, Lucie Castet ? Est-ce qu'à cette époque-là, vous pensiez déjà vous engager en politique ?

14:20
Invité politique

Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu des fortes convictions politiques. j'avais un cousin dont j'étais très proche qui a un an de plus que moi avec qui était mon acolyte de politique. On parlait beaucoup politique. Je me souviens qu'on partait en vacances ensemble quand on était très jeunes, une dizaine d'années, et on s'enfermait le soir dans notre chambre, on dormait dans la même chambre et on parlait de programmes politiques, on parlait de politique. Donc j'ai toujours été passionnée par la politique. De gauche ? De gauche, évidemment. Vous êtes d'une famille de gauche ? Je suis d'une famille plutôt de gauche, oui.

Et par ailleurs, j'étais une adolescente, j'ai toujours été très sportive, je faisais beaucoup de sport et j'étais aussi... J'étais très créative au sens où je faisais beaucoup de films, de courts-métrages, j'écrivais des scénarios avec mon frère cette fois. Cette créativité, en revanche, je l'ai un peu quittée avec le temps, malheureusement. Surtout quand on va à LNA ensuite ? Oui, c'est vrai que ce n'est pas très propice à la créativité. Qu'avez-vous appris à LNA ? J'ai appris quand même la camaraderie, que j'avais déjà appris avant dans mes études, mais je trouve qu'il y avait quand même une bonne ambiance, une ambiance un peu de soudé dans l'adversité.

Ce n'est pas une période facile, LNA. J'ai appris beaucoup pendant mes stages. Je dirais que c'est vraiment les moments les plus formateurs. Le stage en préfecture, moi je me suis retrouvée catapultée à Montauban, la secrétaire générale de la préfecture, qui est en gros la chef des équipes de la préfecture, partait en congé maternité. J'étais très jeune, j'ai découvert la vie d'une préfecture, et donc j'étais placée en situation d'être la secrétaire générale par intérim. J'ai trouvé ça extrêmement difficile. C'était une mission difficile. J'ai trouvé ça passionnant de découvrir ce que faisait l'État dans un territoire rural comme le Tarn-et-Garonne.

16:08
Présentateur

Vous n'êtes pas loin d'Albi à ce moment-là. Est-ce que c'est pendant ce stage en préfecture que vous vous penchez sur le parcours de Jean Jaurès, et notamment son discours à la jeunesse de 1903, qui, dites-vous, vous inspirent beaucoup ?

16:21
Invité politique

Oui, je l'avais découvert avant, pendant mes études, mais je pense que, effectivement, quand on est près d'Albi, on se rappelle forcément de ce genre de référence. C'est quelque chose qui fait beaucoup écho en moi aujourd'hui, parce que je pense que, pendant cette élection législative qui s'est achevée il y a maintenant un peu plus de deux mois, on a vu une mobilisation massive de la jeunesse. Ça me rappelle, moi, mes premières mobilisations en 2002, quand Jean-Marie Le Pen arrive en deuxième position au premier tour des élections présidentielles.

Et je pense qu'il ne faut jamais oublier de s'adresser à la jeunesse, quel que soit le moment historique dans lequel on est, et je pense aujourd'hui en particulier.

17:06
Présentateur

Qu'est-ce que ça a eu sur votre personnalité comme effet d'avoir deux parents psychanalystes ?

17:10
Invité politique

On me pose très souvent cette question. Quand j'étais enfant, tout le monde me disait « Ah, tes parents, ils soignent les fous ! » C'était à une époque où c'était beaucoup moins courant, la psychanalyse, il n'y avait pas beaucoup de gens qui allaient... Enfin, c'était une autre époque. Aujourd'hui, beaucoup de gens vont voir un psy. Qu'est-ce que ça a fait chez moi ? Je dirais que ça a forgé à la fois peut-être une forme de lucidité sur mes propres mécanismes internes à l'œuvre, et ensuite une forme de de doute permanent et puis ensuite une forme de sérénité le temps passant.

17:48
Présentateur

Vous avez même

17:49
Invité politique

vous-même suivi une analyse ? Oui.

17:52
Présentateur

Dernière question sur votre parcours, Lucie Castet. À la sortie de l'ENAV, vous hésitez entre le Quai d'Orsay et le Trésor, les finances publiques, ce qui n'a quand même rien à voir. Pourquoi vous vous tournez vers le Trésor ?

18:03
Invité politique

Alors, le Trésor, ce n'est pas les finances publiques. Il y a une direction spécifique à Bercy qui s'appelle la Direction Générale des Finances Publiques, la DGFIP. La Direction Générale du Trésor, c'est la direction qui fait la politique économique de la France. Moi, j'ai toujours été passionnée par l'économie. Je pense que ça fait partie des matières qui sont très souvent, qui sont trop souvent laissées aux mains de la droite. Je pense que la science économique qui est tout sauf une science exacte est un outil formidable pour changer la vie des gens.

quand on la maîtrise, on peut dire plein de choses et on peut participer à mettre en œuvre des politiques publiques qui vont changer la vie des gens. Et ça, c'était une conviction profonde que j'avais. On pourra y revenir si vous voulez. Je pense que c'est vraiment un sujet qui, moi, me tient beaucoup à cœur. Et j'ai hésité beaucoup avec le Quai d'Orsay parce que j'ai toujours eu une vie d'aventure et que je trouvais ça... J'ai moi-même vécu à l'étranger plusieurs années pendant mes études et donc j'avais toujours cette petite chose qui me trottait dans la tête où j'avais envie de retourner à l'aventure et donc c'était ça l'objet de mon hésitation. C'est l'aventure, la diplomatie pour vous ?

C'est pas toujours l'aventure et c'est pour ça que je ne l'ai pas choisi.

19:13
Invité

France Culture Sens politique Astrid De Villene L'idée que Bernard Cazeneuve ou d'autres Karim Warnrad ou d'autres puissent puissent accepter d'être Premier ministre dans ces conditions pour non pas assurer la stabilité du pays mais pour assurer la continuité de la politique d'Emmanuel Macron. Eh bien moi je vous le dis ça ce n'est pas acceptable et nous ne l'accepterons pas et vous ne l'accepterez pas et vous ne l'accepterez pas car nous ne voulons pas de sa politique mais je ne dis pas que tu le feras Karim. Exactement et alors Karim dit qu'il ne le fera pas donc nous ne l'en fons pas et nous serons soudés.

20:00
Présentateur

La voix de Clémentine Autain aux universités du Parti Socialiste à Blois dans le Loir-et-Cher vendredi 30 août vous êtes sur scène vous Lucie Castel aux côtés de Léon Desfontaines ou Olivier Faure comment vivez-vous cette séquence ? Je rappelle que Karim Warn le maire de Saint-Ouen socialiste est au premier rang et que Clémentine Autain venue de la France insoumise le fait presque huer.

20:24
Invité politique

En fait je pense que Clémentine Autain n'avait pas du tout l'intention de faire huer ses personnalités. Moi je suis voilà un tout petit peu je suis contrariée du fait qu'il y ait des hués à ce moment-là je pense que c'est jamais bien de huer les gens ça fait pas partie de ma façon à moi de voir la politique je pense que mais je pense que c'est un moment aussi un peu de ferveur parmi les militants socialistes c'est une période difficile au Parti Socialiste c'est un secret pour personne donc je pense qu'il y a quelque chose qui se passe à ce moment-là voilà moi je c'est pas bon je

20:57
Présentateur

une question sur Instagram de François à Tours quelle légitimité pensiez-vous avoir pour occuper le rôle de première ministre alors que vous n'aviez jamais été élu

21:06
Invité politique

alors c'est une question qui revient souvent donc je ne l'évacue pas d'un revers de main puisque si elle revient souvent c'est que les gens se la posent j'ai la légitimité du fait que j'ai été désignée par les quatre parties qui sont arrivées ensemble en tête à l'élection législative je trouve que c'est particulièrement notable car c'est une coalition qui est la seule coalition de partis à s'être présentée en tant que telle c'est-à-dire en tant que coalition face aux électeurs et donc ma légitimité vient de là du soutien de ces quatre parties et ensuite on peut se poser la question de pourquoi ils m'ont choisi moi et je crois qu'ils m'ont choisi moi parce que je porte des combats qui sont centraux pour ces quatre parties de gauche et je m'en réjouis d'une part le combat contre le rassemblement national et d'autre part le combat en faveur de services publics forts et efficaces en France

22:01
Présentateur

il y a eu plusieurs hypothèses à gauche si on se replonge un petit peu dans cette période c'est 15 jours avant que les quatre parties tombent d'accord sur votre nom Huguette Bello présidente de la région Réunion Laurence Tubiana de la COP21 qui n'ont pas fait consensus comment s'est déroulée votre nomination au sein de cette coalition

22:18
Invité politique

il faudrait poser la question aux personnes qui étaient derrière ses portes closes moi ce qui s'est passé pour moi c'est que j'ai eu un coup de fil d'Olivier Fort le lundi midi je suis sur mon vélo je m'apprête à rejoindre un ami pour déjeuner et il m'appelle et il me dit je voudrais te consulter sur quelque chose et je me dis mais sur quoi donc Olivier Fort va-t-il me consulter il se trouve que j'avais son numéro dans mon téléphone donc je vois que c'est son nom qui s'affiche parce que j'avais un peu moins d'un an auparavant animé un débat entre tous les chefs des partis de gauche au festival des idées qui est un festival politique mais non partisan ou transpartisan qui a lieu tous les ans à la charité sur Loire je suis très proche d'un des organisateurs qui s'appelle Christian Paul et donc il m'avait proposé d'animer ce débat et donc il se trouve que j'ai le numéro d'Olivier Fort dans mon téléphone et quand il sonne je décroche et je lui dis oui bonjour Olivier et il me dit je veux te consulter sur quelque chose il commence par me parler de la situation politique française donc je lui dis bah oui je lis les journaux je me dis sur quoi veut-il me consulter et puis à mesure que la conversation se passe je commence à voir la chose venir et je suis étonnée et donc il finit par me dire est-ce que tu serais d'accord pour que je teste ton nom auprès des autres forces politiques et donc je lui marque tout de même ma surprise je lui dis si ça peut te rendre service de proposer mon nom vas-y mais tu ne dis pas que tu m'as parlé parce que moi je veux pouvoir me retourner quand même à ce moment-là moi je crois qu'il y a plusieurs personnes sur cette liste donc vous acceptez d'une certaine manière assez rapidement j'accepte que mon nom soit testé mais j'ai l'impression que l'enjeu là c'est fluidifié

23:54
Présentateur

mais vous vous sentez capable sans vous faire offense mais à 37 ans haute fonctionnaire à la mairie de Paris on va parler de votre bilan sur le budget mais vous vous dites tout de suite oui

24:05
Invité politique

je suis prête à être première ministre non je ne me dis pas tout de suite oui je vous dis la discussion qu'on a c'est moi je pense à ce moment-là quand il m'appelle je me dis il cherche à fluidifier les discussions à proposer des noms etc donc je n'ai pas en tête directement et après je lui dis mais si cette hypothèse doit avancer bien sûr qu'il faut qu'on se reparle voilà et en fait tout est allé très vite ensuite parce que ce que je comprends c'est que les insoumis ont donné un accord assez rapide mais ça moi je ne savais pas en fait j'ai appris qu'il se mettait d'accord sur mon nom très peu de temps avant que ce soit annoncé et donc en réalité je n'ai pas eu beaucoup de temps moi pour y réfléchir et pour donner une réponse formelle

24:44
Présentateur

et puis alors ensuite vous faites tous ces déplacements pendant l'été notamment à l'usine du Ralex certains ont moqué cette stratégie en disant que vous vous croyez déjà première ministre vous faites même vous avez un article dans Paris Match au sein duquel vous dites que vous êtes homosexuel vous avez fait tous les passages obligés de la médiatisation politique en un mois est-ce que vous avez eu du média training est-ce que ça s'est fait de manière spontanée comment êtes-vous entré dans les petits souliers de la candidate parfaite à Matignon à gauche

25:14
Invité politique

alors candidate parfaite déjà je prétends vous êtes la seule qui avait réussi

25:20
Présentateur

à mettre d'accord ces quatre parties

25:23
Invité politique

alors beaucoup de gens pensent que le jour qui a suivi l'annonce de mon nom j'avais des communicants des éléments de langage qui s'empilaient sur mon bureau et des conseillers politiques dans mon appartement et il n'en est rien les partis n'ont pas été c'est pas ce qui s'est passé les partis n'ont pas fourni des gens en particulier j'ai jamais reçu un seul élément de langage comme on dit de la part des partis avant des interviews avant des sorties médias moi j'ai eu des gens autour de moi qui se sont rassemblés parce que ce sont des amis parce que ce sont des camarades parce que ce sont des copains avec lesquels j'ai travaillé dans le passé soit dans ma sphère professionnelle soit dans le collectif nos services publics vous étiez prête en un sens Lucie Castet je ne dirais pas que j'étais prête je ne dirais pas que j'étais prête personne n'est prêt à ça c'est une tâche immense c'est vertigineux en fait on apprend à mesure que le temps passe c'est une tâche qui est difficile je pense que ça s'est bien passé en réalité parce que j'ai été tout de suite indépendante des partis ils m'ont laissé beaucoup de place ils m'ont laissé de la légitimité ils m'ont traité d'égal à égal et donc ça ça m'a donné de la place et de la sérénité

26:42
Invité

France Culture Sens Politique Astrid De Vilaine

26:47
Présentateur

et nous sommes toujours en compagnie de Lucie Castet l'ex-représentante ou peut-être toujours vous allez nous dire pour Matignon du nouveau front populaire Lucie Castet en 2020 vous êtes recrutée par Emmanuel Grégoire premier adjoint à la maire de Paris à Nidalgo pour devenir conseillère sur le budget à la mairie de Paris en octobre 2023 vous devenez la directrice des finances et des achats de la ville de Paris gérant un budget de 11,3 milliards d'euros et là on a beaucoup de réactions notamment de la droite parisienne qui critiquent la gestion des finances de la ville de Paris et on a eu aussi beaucoup de questions sur Instagram comme par exemple Mick qui nous dit est-il vrai que vous avez ruiné la ville de Paris alors déjà la ville de Paris n'est pas ruinée la ville de Paris c'est vrai que depuis

27:32
Invité politique

qu'Anne Nidalgo a pris ses fonctions il y a quand même 4 milliards de dettes en plus quand on regarde donc souvent c'est la droite parisienne qui dit ça quand on regarde les séquences gouvernementales successives on voit que c'est à chaque fois à la droite quand elle est au pouvoir à l'état qui creuse le plus le déficit et augmente le plus la dette donc ceci étant dit vous parlez d'Emmanuel Macron et de Bruno Le Maire oui d'Emmanuel Macron et de Bruno Le Maire mais aussi de Nicolas Sarkozy et de ses gouvernements successifs ceci étant dit je pense qu'il est extrêmement important de rappeler que la ville de Paris s'endette contrairement à l'état uniquement pour financer des projets d'investissement la maire de Paris c'est indéniable à financer massivement des investissements en faveur de la transition écologique on parle évidemment des pistes cyclables et de la végétalisation mais aussi de l'isolation des bâtiments publics et du logement social on a investi massivement dans le logement social etc.

donc je pense que l'endettement ça sert précisément à ça ça sert à préparer l'avenir et donc la ville de Paris n'a pas à rougir de cette stratégie ensuite il faut remettre les choses en perspective et il faut comprendre comment fonctionne une collectivité le rôle d'une direction des finances dans une collectivité c'est d'accompagner les choix politiques qui sont faits par l'exécutif et donc c'est précisément ce que j'ai fait pendant mes fonctions de directrice des finances c'est accompagner ces choix-là et permettre de les financer c'est-à-dire par exemple émettre des obligations sur les marchés financiers s'endetter à des taux extrêmement raisonnables je rappelle que la ville de Paris est la collectivité la mieux notée par les agences de notation et donc elle s'endette dans des conditions très favorables une question d'Edouard justement à Paris

29:04
Présentateur

quels sont vos rapports avec Anne Hidalgo ? ils sont très bons Est-ce que vous soutenez son idée de réduire à 50 kmh la vitesse sur le périphérique parisien ?

29:14
Invité politique

Je n'ai pas réfléchi à cette question particulièrement je pense qu'il est extrêmement important de lutter contre les accidents de la route qui sont nombreux que par ailleurs quand on roule moins vite on pollue moins et donc je pense que c'est un sujet intéressant mais il faudrait que je m'y penche plus sérieusement pour avoir une réponse définitive

29:32
Présentateur

Encore une question sur Instagram de Samuel Danslesson doit-on rembourser la dette de l'Etat Lucie Castel ?

29:40
Invité politique

Alors la dette de l'Etat elle est remboursée au fur et à mesure donc elle se rembourse la dette on dit que la dette elle roule l'Etat rembourse chaque année les tombées de dette donc oui l'Etat doit rembourser sa dette

29:54
Présentateur

Parce que vous avez déclaré dans la tribune dimanche le 28 juillet le nouveau Front Populaire n'a pas pour objectif premier de respecter le pacte de stabilité et de croissance Donc les 3%

30:04
Invité politique

Je vais répondre de manière si vous voulez bien complète et un peu séquencée Oui l'Etat doit rembourser sa dette c'est une question de crédibilité sur les marchés L'Etat français doit s'inscrire dans le cadre des institutions européennes et donc respecter le pacte de stabilité et de croissance ça veut dire que là par exemple on a plusieurs années pour proposer une trajectoire de rétablissement des finances publiques Je rappelle que cette procédure de déficit excessif ça s'appelle comme ça a été ouverte du fait de la politique économique menée par Emmanuel Macron et son gouvernement Donc pour vous il faut respecter les 3% des critères de maîtrise Je complète pardon Donc je pense qu'on ne peut pas s'abstraire de ce cadre là En revanche ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas réouvrir des discussions avec nos partenaires européens pour que ce pacte de stabilité et de croissance qui a déjà été légèrement révisé il y a quelques mois ne soit pas encore complété par exemple tout le monde tout le monde s'accorde à dire que c'est un pacte qui ne permet pas suffisamment de financer les investissements nécessaires à la transition écologique Donc ce que je dis moi c'est qu'on ne peut pas s'abstraire des contraintes financières D'ailleurs la gauche ne s'abstrait jamais des contraintes financières Les collectivités de gauche je me permets de le mentionner sont souvent les mieux gérées et les gouvernements successifs de gauche ne sont pas ceux qui ont été les plus dispendieux sur les finances publiques donc ça c'est important de le noter et je m'étonne à cet égard qu'il y ait une sorte de présomption de crédibilité en matière de politique économique et de finances publiques pour la droite alors que c'est précisément la droite qui est la plus dispendieuse sur les finances publiques ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas remettre en question le cadre et que ça on ne peut pas en discuter avec nos partenaires européens au contraire c'est un sujet extrêmement important

31:41
Présentateur

qui doit faire l'objet de discussion Dans ce même entretien à la tribune dimanche je vous disais on va faire 150 milliards d'euros de prélèvements supplémentaires d'ici 2027 pour financer notre programme et réduire le déficit public et on a cette question de Terrence toujours à Paris le nouveau Front Populaire et son programme économique est-il réaliste sans impôts punitifs ?

32:01
Invité politique

Alors moi je ne sais pas je ne sais pas ce que ça veut dire je ne sais pas ce que Terrence a en tête quand il parle d'impôts punitifs Moi en tout cas

32:07
Présentateur

ce que j'ai en tête c'est est-ce que vous pouvez nous expliquer votre réforme fiscale est-ce que c'est celle de Jean-Marc Ayrault donc passer à 14 tranches en gros qui serait concerné par les hausses d'impôts que vous préconisez dans ce programme et pour financer quoi si vous arrivez à le dire en quelques mots Lucie Castet on a du temps mais vous ne voulez pas

32:25
Invité politique

que je m'égare sur ce sujet Non non je trouve que c'est très important C'est très important Déjà ce qu'on a toujours dit et c'est aussi un signe de notre crédibilité et notre sérieux et je pense qu'il faut quand même en prendre acte On a toujours dit tout dépend du budget qu'on arrivera à faire voter si jamais on arrivait au pouvoir si Emmanuel Macron nous désignait pour former un gouvernement on a toujours dit on ne financera on aura des dépenses supplémentaires que si elles sont financées par des recettes supplémentaires Donc là c'est important de dire ça on ne financera pas nos mesures supplémentaires par un nouveau déficit Donc il y a des impôts Ça c'est important de le dire Il y aura des impôts Pour qui ?

Contre qui ? Il existe aujourd'hui dans notre système fiscal des anomalies et des injustices flagrantes Par exemple on sait que les revenus du capital sont beaucoup moins bien taxés beaucoup moins taxés que les revenus du travail ce qui fait que les gens qui vivent principalement de leurs revenus du travail donc les gens qui ont un salaire donc la plupart de la population sont proportionnellement taxés davantage que les gens qui vivent de revenus du capital Donc ça c'est par exemple c'est une injustice c'est-à-dire que les classes moyennes

33:35
Présentateur

Mais très concrètement Lucie Castel Vous textez qui ? Les entreprises ? Les grandes entreprises ? Les hauts revenus ? A partir de quel niveau ?

33:41
Invité politique

C'est pas très clair ça J'essaye de développer ma pensée Donc concrètement ce qu'on a dit qu'on allait faire c'est qu'on va changer on va faire évoluer plein de formes d'imposition Sur l'impôt sur le revenu vous en avez parlé on propose de créer davantage de tranches pour que le système d'imposition soit plus progressif et là on a dit qu'on calibrerait cette évolution des tranches de manière à ce que 9 ménages sur 10 ne payent pas davantage d'impôts Et comme on entend tout de même que cette réforme apporte des recettes ça veut dire que l'effort se pèsera sur la dernière tranche c'est-à-dire les personnes qui sont les plus aisées qui sont les plus riches A hauteur de combien de pourcents ?

Ça je ne sais pas parce qu'on n'a pas encore calibré c'est des discussions précisément nous on respecte le Parlement et donc ce qu'on proposait c'était de dire on va faire 14 tranches et ça on discutera des modalités au Parlement

34:24
Présentateur

Mais c'est vrai que vous pouvez comprendre que les milieux économiques soient inquiets si vous ne leur dites pas Alors là on ne parle pas des milieux économiques on parle des ménages on parle de l'impôt sur le revenu Alors les plus hauts revenus en tout cas est-ce que vous pouvez leur Pourquoi vous ne leur dites pas ?

34:38
Invité politique

Mais parce que précisément ces choses-là doivent être encore calées au Parlement je pense qu'il est extrêmement important de considérer que les députés et que les sénateurs ont leur mot à dire et leur pierre à apporter dans la création d'un consensus et on a des objectifs politiques qui sont très clairs et ensuite les curseurs doivent être discutés au Parlement Mais je prends d'autres exemples on nous a dit oui la gauche c'est du matraquage fiscal etc Quand j'ai eu des discussions cet été avec des députés de Lyot on a eu des discussions très intéressantes par exemple sur la proposition de loi qui avait été déposée par Lyot sur la taxe sur les transactions financières Eux ils proposent de la renforcer quand on regarde les contours ça dépend en fonction des types de propositions mais on peut arriver jusqu'à 9 milliards d'euros supplémentaires là je vous donne un chiffre vous m'en demandez je vous en donne un 9 milliards d'euros supplémentaires 9 milliards c'est pas du tout par an c'est pas du tout anodin 9 milliards C'est quelque chose que vous pourriez déposer au Parlement C'est quelque chose qu'on pourrait déposer au Parlement en accord avec Lyot et ça montre encore une fois qu'on est prêt à avoir des discussions et qu'on n'est pas les seuls à dire que l'outil fiscal doit être utilisé je pense même que la commission européenne dans le cadre de la procédure de déficit excessif dont on parlait tout à l'heure sera satisfaite de voir que la France est prête à activer le levier fiscal et y compris les marchés financiers quand le président de la République a annoncé des baisses drastiques d'impôts je rappelle qu'Emmanuel Macron a privé les finances publiques de 40 à 50 milliards d'euros par an ces marchés financiers s'inquiètent parce qu'ils s'inquiètent priver l'Etat et la puissance publique de recettes fiscales ça veut dire rendre notre dette plus difficile à rembourser et donc y compris les marchés financiers s'inquiètent de ça ce que cherchent les marchés financiers c'est de la stabilité et nous on est capable de proposer de la stabilité en disant voilà ce que l'on propose en réforme fiscale ce sont des réformes fiscales qui s'attaqueront qui pèseront sur les plus riches à la fois les plus grosses entreprises qui ont les moyens de payer ces impôts là et aussi pour les ménages les plus riches une dernière question programmatique

36:28
Présentateur

attention elle est longue elle nous est parvenue d'Eric qui nous a écrit sur la boîte mail de Sens Politique et je l'en remercie dans le programme du nouveau front populaire il est prévu d'augmenter le point d'indice des fonctionnaires de 10% je suis un peu surpris de cette proposition qui me semble aller à l'encontre de l'objectif d'aider en priorité les plus défavorisés et il donne un exemple pour un fonctionnaire dont le traitement de base est de 1500 euros l'augmentation serait de 150 euros alors que pour un fonctionnaire dont le traitement est de 3000 euros l'augmentation serait de 300 euros le gain en valeur absolue de pouvoir d'achat serait donc le double pourquoi n'avez-vous pas choisi d'attribuer à chaque fonctionnaire un supplément identique de point d'indice ce qui offrirait le même gain de pouvoir d'achat à tous et permettrait à coût global égal d'accorder un peu plus aux fonctionnaires situés en bas d'échelle et en particulier aux fonctionnaires débutants alors vous Lucie Castéquette haute fonctionnaire et spécialiste des finances publiques je suis sûre que vous avez la réponse pour Eric

37:20
Invité politique

alors c'est une question qui est très intéressante et je remercie Eric de l'avoir posée toutes ces questions se posent dans les discussions programmatiques que le NFP a menées et d'ailleurs on est toujours en train de réfléchir à l'approfondissement du programme enfin ça c'est écrit noir sur blanc sur le programme pour lesquels

37:36
Présentateur

les électeurs ont voté augmenter les salaires par le passage du SMIC à 1600 euros et par la hausse de 10% du point d'indice des fonctionnaires j'ajoute que vous compensez

37:45
Invité politique

pour les collectivités territoriales oui tout à fait parce que les collectivités territoriales comme vous savez emploient énormément de fonctionnaires et là récemment il y a eu des augmentations notamment dans le cadre du Ségur de la santé et il y a des augmentations qui ont été décidées unilatéralement par l'état sans discussion et sans concertation avec les collectivités et ça pèse énormément sur le budget des collectivités

38:01
Présentateur

alors la réponse à Eric

38:02
Invité politique

La réponse à Eric donc on a oui effectivement décidé d'augmenter de 10% le point d'indice ça c'est d'abord une mesure de rattrapage on sait que la rémunération des fonctionnaires a totalement décroché depuis plusieurs années là où les salaires dans le privé augmentent insuffisamment mais augmentent quand même le salaire des fonctionnaires baisse la rémunération des fonctionnaires puisqu'il ne s'agit pas de salaire mais le traitement des fonctionnaires baisse c'est à dire que compte tenu de l'inflation le pouvoir d'achat des fonctionnaires diminue

38:33
Présentateur

Donc vous êtes à l'aise vous avec cette idée de faire d'un coup

38:35
Invité politique

On est à l'aise avec le fait qu'il faut augmenter de 10% le point d'indice des fonctionnaires Ensuite ce qu'on a dit je l'ai dit par exemple lors de notre conférence de presse lors de la rentrée scolaire lundi à la Courneuve on a dit qu'il serait nécessaire pour des professions qui sont particulièrement dévalorisées comme les enseignants qu'il faudrait des coups de pouce supplémentaires et des rémunérations une augmentation des rémunérations plus ciblées pour les professions dont les rémunérations sont particulièrement faibles au regard de ce qu'elles fournissent comme travail

39:04
Présentateur

Et ça vous le financez avec les hauts impôts

39:06
Invité

Oui Sens politique L'archive de l'invité Voici notre estimation du résultat du premier tour de l'élection présidentielle En tête Jacques Chirac 20% des voix Énorme surprise Jean-Marie Le Pen semble devoir être le second avec 17% des voix Viennent ensuite Lionel Jospin 16% François Bayrou 6,6% Arlette Laguillet 6,4% Jean-Pierre Chevènement 5,3% Noël Mamère 4,9% Olivier Besancenot 4,7% Jean Saint-Jos 4,6% Robert U 3,6% Alain Madelin 3,5% Bruno Maigret 2,5% Christiane Taubira 1,7% Corinne Lepage 1,6% Christine Boutin 1,1% Daniel Gluckstein 0,5% Énorme surprise Donc Jean-Marie Le Pen serait au second tour

40:05
Présentateur

Le 21 avril 2002 sur France 2 David Pujadas annonce les résultats du premier tour de la présidentielle Vous êtes où Lucie Casté à ce moment précis Vous avez 15 ans Est-ce que vous vous en souvenez ?

40:16
Invité politique

Je suis chez mes parents sur le canapé et l'archive que vous repassez là même si je l'ai réentendu depuis

40:22
Présentateur

C'est votre choix

40:23
Invité politique

Oui tout à fait provoque encore de l'émotion chez moi c'est un séisme je l'ai dit tout à l'heure moi j'ai toujours été j'ai toujours été baignée dans la politique et j'ai toujours été très intéressée par la politique mais là je pense que ça marque une forme de tournant pour moi mais pas seulement pour moi pour tous les gens de ma génération c'est un séisme et ça nous apparaît à ce moment là comme une forme d'anomalie de l'histoire et malheureusement avec le recul on s'en compte encore plus aujourd'hui au moment où on se parle précisément pour cette émission ça n'est plus une anomalie Pourtant le front républicain a fonctionné vous voulez dire là aux dernières législatives comme en 2002 oui le front républicain a fonctionné mais n'empêche que le RN donc à l'époque le FN est un acteur politique de premier plan moi en 2015 je vais dans la rue pour manifester et je me dis c'est une fois et c'est la dernière fois la France c'est pas ça donc ça a forgé une forme d'engagement politique chez moi encore plus disons avant j'avais toujours eu des convictions mais là ça a forgé ça m'a mise dans la rue et ça a forgé la conviction qu'il fallait être mobilisé par ailleurs j'étais je réécoutais les résultats qui sont égrenés c'est la gauche divisée et c'est extrêmement important qu'on s'en rappelle ça fait écho aujourd'hui à mes réflexions sur le fait que la gauche est plus forte quand elle est unie et à ce moment là aussi quelque chose qui est important alors sur le moment je m'en rends pas compte on est en 2002 j'ai pas beaucoup de recul politique je suis jeune je suis très jeune mais avec le recul de l'analyse je me dis j'ose pas il dit oui je suis socialiste mais mon programme n'est pas socialiste et il a un discours qui est beaucoup en contre et là moi je me dis c'est fondamental aujourd'hui plus que jamais ça l'aurait été aussi en 2002 d'avoir un discours en pour de proposer quelque chose aux électeurs parce qu'on a beaucoup de choses à leur proposer

42:19
Présentateur

et c'est ce que vous allez faire Lucie Castet merci d'avoir été notre invitée dans Sens Politique vous pouvez réécouter cette émission et toutes les autres sur franceculture.fr et sur l'application Radio France merci à Lucas Liberati qui m'a aidé à préparer cette émission à la réalisation comme chaque semaine Luc Jean-Rénaud à la technique Marie-Claire ou Mabadi à la vidéo Vincent René à samedi prochain bel après-midi sur France Culture Sous-titrage Société Radio-Canada