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interviewSud Radio· 8 juillet 2026 23 min

Marine Le Pen, condamnée mais candidate en 2027

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] Sud Radio, les débats de l'été 10h 13h. [raclement de gorge] Maxime Liedu. Bonjour à tous, soyez les bienvenus sur Sud Radio. 3h de débat, de discussion, d'interaction avec vous, amis auditeurs, avec un seul numéro que vous connaissez, que vous choyez, que vous appelez régulièrement maintenant, c'est le 0826 300.

Vous voulez vous installer autour [musique] de la table pour participer à la discussion ? Ça tombe bien, c'est la MizAC qui vous attend ce matin durant ces 3 heures d'antenne parce qu'on va largement revenir et je veux vos avis, je veux votre opinion sur la déclaration et sur cette surprise sur cet événement politique qui a eu lieu hier au journal de 20h de TF1 avec [musique] une candidate, celle qui pour l'instant est la plus haut dans les sondages qui s'appelle Marine Le Pen et qui malgré sa condamnation pour détournement de fond public a acté le fait qu'elle sera candidate avec en plus un fait. Elle se pourvoit en cassation, c'est-à-dire qu'elle utilise le dernier degré de juridiction du pays en estimant que celle-ci va lui rendre d'une certaine manière son honneur, sa liberté et sa respectabilité.

Et ces trois éléments, ils sont essentiels, dit-elle, pour mener campagne et d'ailleurs ça n'a pas traîné. Un site, une affiche et d'ors et déjà un déplacement avec celui qu'elle appelle son binô complémentaire a-t-elle dit hier soir. Il s'appelle Jordan Bardella.

Ils sont du côté de la Sart et de nombreuses questions sont bien sûr en cours. On va vous les poser ce matin avec nos éditorialistes, avec nos débatteurs. Ce sera à partir de 10h30.

Est-ce que pour vous Marine Le Pen a fait le bon choix ? Bien sûr, est-ce que vous il n'y a pas quelque chose qui vous gêne dans cette question d'une candidate [musique] condamnée malgré le fait qu'elle passe appelle ? Est-ce que vous vous êtes perturbé ?

Et puis hier, on avait une question un peu cynique autour de la table. On disait "Est-ce que les juges peuvent prendre une bonne décision ? La décision a été rendue.

Est-ce que cette fois-ci vous dites "Ah ben voilà, bravo les juges, bravo la justice". Et ben vous venez commenter, participer à la discussion au 0826 300 mais pour le moment il est 10h4. On revient sur cet événement et sur cette annonce historique hier soir [musique] de Marine Le Pen au 20h.

Les débats de l'été Sud Radio et pour cela, on n'est pas avec n'importe qui. Bonjour Julien Sanchez. Bonjour.

Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Je dis pas n'importe qui parce que vous êtes député européen certes, mais vous êtes surtout le directeur de la campagne présidentielle du Rassemblement national. Et ça tombe bien parce que euh tout ce dont on parle depuis plusieurs heures, c'est précisément de cette campagne qui s'est lancée hier au 20h avec Marine Le Pen.

La seule question que je vais vous poser ce matin, est-ce que vous êtes serein après tout ce qui s'est passé ces dernières heures ? Bah oui, moi je suis un directeur de campagne heureux parce que on était un petit peu en retard jusqu'à hier puisqu'on avait pas encore le nom de notre candidat. On était suspendu à cette décision de justice mais en fait depuis hier maintenant on est en avance puisque non seulement on sait qui est notre candidate à l'élection présidentielle mais on sait aussi qui est candidat à la fonction de premier ministre et ce ticket gagnant des deux personnalités préférées des Français en matière de politique et bien c'est un avantage sur nos adversaires puisque on ne sait pas qui serait le premier ministre de Jean-Luc Mélenchon, de Gabriel Attal d'Edouard Philippe.

Donc nous on est pour important que les Français sachent à l'avance le fameux ticket gagnant le fameux premier ministre. Je pense que c'est c'est une transparence. que qu'on doit au aux électeurs et c'est vrai que voilà, là c'est clair, on a à la fois la femme d'expérience.

On rappelle que le président de la République, c'est celui qui gère tous les sujets de l'image de la France à l'international, l'Union européenne également et qui qui gère bien toute l'aspect souveraineté. Le Premier ministre, c'est quelqu'un qui doit être jeune, dynamique, qui doit être capable de gérer un gouvernement et donc je pense que c'est un bon ticket. Marine Le Pen avec l'expérience, Jordan Bardella, le dynamisme, la jeunesse et l'énergie.

Julien Sanchez, vous qui êtes directeur de ces campagnes, il n'y a jamais eu de flottement entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. Je sais que vous n'allez pas dire non, mais c'est difficilement envisageable. C'est pas uniquement pour répéter ce qu'on peut entendre à longueur de temps sur les plateaux télé, mais pour tous ceux qui suivent ce duo, on a bien senti aussi qu'il y avait une montée en puissance du côté de Jordan Bellard.

Il avait lui-même dit qu'en réalité, il devait se préparer. Il n'y a jamais eu de moment hier après-midi de flottement entre ces deux personnes. Non, non, non.

Je crois que c'était une évidence. Ah oui, c'était une évidence. C'est-à-dire qu'à partir du moment où Marine Le Pen peut se présenter, à partir du moment où l'arrêt de la cour d'appel lui permet de se présenter, il n'y a pas de débat évidemment et il était logique puisqu'elle est la candidate légitime d'aller à cette élection et encore une fois c'est un ticket.

Une présidente de la République, un premier ministre, il fonctionne ensemble. Euh simplement évidemment Jordan Bardella s'était préparé euh ces ces derniers mois euh à à l'hypothèse que Marine Le Pen eth bien ne puisse pas être candidate. À partir du moment où elle peut être candidate et bien euh tout le monde euh va ensemble vers cette élection.

H vous avez euh évoqué en effet les quelques incertitudes l'attente de cette décision. Il y a encore quelques incertitudes des points de droit qu'on va pas forcément détailler ici mais d'un point en réalité le fait qu'elle se pourvoie en cassation annule la décision d'hier et certains redoutent qu'en réalité cela la ramène à la décision de la première instance qui soit extrêmement sévère pour toutes ces raisons-là et pour toutes on va dire les incertitudes qui entourent le bracelet électronique est-ce que la question ce matin est-ce qu'elle ira jusqu'au bout malgré ces incertitudes oui je crois que Marine le Pen c'est une justiciable comme les autres ni plus ni moin et Donc comme tout français, elle a droit à la fois à un jugement de première instance, à une voie d'appel et à la Cour de cassation. C'est prévu effectivement en droit français.

Donc on voit pas pourquoi elle pourrait pas aller en cassation. Tout le monde le peut et donc effectivement personne lui lui enlève le droit d'aller d'aller en cassation. C'est simplement l'idée que tout d'un coup cette décision la ramène à celle qui fut peut-être la plus sévère pour elle.

Oui, mais c'est ça n'est pas notre interprétation et je crois que aujourd'hui d'abord la le fait de d'aller en cassation lui rend sa présomption d'innocence puisque elle est désormais à nouveau présumé innocente. Euh et ensuite et bien la Cour de cassation devra se prononcer sur le droit. Est-ce que le droit a été dit correctement par la cour d'appel ?

Nous nous estimons que non et ensuite nous verrons bien ce qui se passera. Mais je crois que en tout état de cause, on connaît le délai euh de d'un pourvoi en cassation et euh il me semble compliqué que ce pourvoi en cassation puisse être eth bien euh étudié avant l'élection présidentielle. Il y a plusieurs incertitudes et avant qu'on se penche sur la campagne qui a démarré donc hier soir pour vous et c'est intéressant d'en connaître les contours, une question encore, un point d'incertitude, ça a été euh pour Marine Le Pen en tout cas, c'était un point sur lequel elle ne voulait pas discuter, qui était le bracelet électronique.

Il y a toujours quand même des incertitudes sur le fait qu'elle en qu'elle à un moment autre, elle en disposerait, elle n'en disposerait pas si le bracelet électronique devrait intervenir, je sais pas, d'ici janvier, d'ici février quoi. Elle arrêtera campagne. Non, je pense que ça n'interviendra pas à cette période là pour pour une raison assez serein là aussi.

Bah, pour une raison simple, c'est que euh là euh le le pourvoi en cassation encore une fois euh annule euh les décisions précédentes euh et la remet euh sur la présomption d'innocence. Donc tant que la Cour de cassation ne peut pas se prononcer, euh il n'y aura pas de décision euh autre. Donc elle sera sans bracelet électronique et donc la question ne se pose plus.

C'est pour ça qu'elle a aussi annoncé sa candidature dès hier. Dès hier, c'était au journal de 20h de TF1. Ça sera la 4e campagne présidentielle pour Marine Le Pen.

Pourquoi est-ce que cette campagne serait la bonne ? Je pense que aujourd'hui les Français ont mis Jordan Bardella et Marine Le Pen parmi les personnalités préférées en politique. Tout simplement parce que et bien on a eu 10 ans d'Emmanuel Macron que ça a été extrêmement violent à la fois sur le plan social, sur le plan migratoire, sur le plan sécuritaire sur le plan de la case des services publics et que les Français aujourd'hui sont prêts à élire quelqu'un du Rassemblement national.

Mais Julien Sanches arguments en rappelant que vous êtes une fois de plus député européen mais surtout le directeur de la campagne présidentielle du Rassemblement national qui s'est lancé il y a seulement quelques heures. Cet argument, moi je l'ai entendu aussi en 2022 où il y avait 5 ans déjà d'Emmanuel Macron. On peut pas dire que ce ce fut les 5 années les plus calmes de la 5e République qui avait eu les gilets jaunes.

Il y avait eu le Covid, les Français étaient saurés et on ne peut pas dire que Marine Le Pen brillé. Elle est souvent donnée en tête des sondages chré. Il y a toujours un petit effet, on va dire de dégringolage dans les songages de quelques points que tout le monde s on va dire tout le monde s'accorde sur ce point-là.

Qu'est-ce qui fait que cette fois-ci elle ne baissera pas dans les sondages et si elle arrive jusqu'au second tour, elle le remportera, elle pourra briller au second tour. Je pense qu'il y a plusieurs plusieurs raisons. D'abord, on rappelle que notre record il y a plusieurs années, c'était 18 % au second tour de la présidentielle.

Marine Le Pen nous a fait passer à 34 puis à 42 %. Donc il y a une progression constante. Ensuite, on a une implantation désormais je crois que plus de 120 députés.

Euh c'est 120 relais qui sont sur le terrain et qui nous montre sous notre vrai visage. Et puis on a aujourd'hui des maires, on a aujourd'hui vraiment cette implantation qui fait que tout le monde connaît des gens qui votent assemblement national et qu'aujourd'hui les gens n'ont plus honte. Et c'est ça, c'est qu'il faut assumer son vote parce que l'extrême gauche qui devrait avoir honte d'avoir les idées qu'elle a sur le communautarisme, sur la Nouvelle-Fance et cetera, elle n'a aucune honte.

Donc moi, je dis à nos électeurs euh assuons et euh soyez les meilleurs relais parce que pour vous, il y a tout un foyer de nouveaux électeurs sur des gens qui actuellement encore auraient, pour reprendre vos mots, encore honte de voter Rassemblement national. On a l'impression que c'est un vote qui s'est largement décomplexé. Oui, il s'est largement décomplexé.

Ça c'était vrai, je crois il y a il y a 10 ans, il y a 15 ans où les gens avaient peur de de d'avouer qu'il votaiit Rassemblement national ou Front National à l'époque. Et aujourd'hui, je crois que tout ça a disparu. Moi, j'ai je suis dans le gare et dans mon département, on a fait encore un rassemblement il y a une dizaine de jours.

On avait plus de 500 personnes. On avait des gens qui étaient des chefs d'entreprise, qui étaient des cadres de la CCI, de la la Chambre des métiers, de l'artisanat. Donc des gens qui ne venaient pas auparavant, qui n'osaient pas se montrer dans leur rassemblement.

C'est parti. Aujourd'hui, les gens osent se montrer et ils disent "Bon maintenant, ça y est, il faut il faut qu'on gagne et il faut il faut arrêter de céder au terrorisme intellectuel de la gauche et il faut y aller." Voilà.

C'est vraiment le cas aujourd'hui. Est-ce que vous vous n'êtes pas largement implanté comme que que comme vous le disiez à l'instant dans les territoires, à l'Assemblée nationale, dans les institutions, dans les médias pour encore aujourd'hui parler comme vous le faites de terrorisme intellectuel de la part de la gauche, c'est vraiment les les termes adéquats quand on voit à quel point aujourd'hui vous vous avez quand même réussi visiblement à changer votre image. Oui.

Non mais on a changé notre image mais ce que je veux dire c'est que la gauche et l'extrême gauche mènent en France un terrorisme intellectuel envers tout ce qui n'est pas de gauche ou d'extrême gauche. Ils s'en prennent même au soci. Oui, tout à fait.

Bah quand vous voyez que des antifas qui sont en permanence dans la confrontation physique euh quand vous voyez toutes les insultes qui sont qui peuvent être subis, je crois que oui, on a on a en face de nous des gens qui ne sont pas des démocrates et voilà, tout cela aujourd'hui les Français ne l'acceptent plus et ils ont envie d'assumer leurs idées. Et donc moi je les invite à le faire, d'aller sur marineepen.com, de se faire connaître pour participer à la victoire et participer à la campagne.

Sur le terrain politique, il y a aussi le risque peut-être d'une d'une petite musique. petite musique, ce sera en permanence tous les jours à chaque présence de de vous directeur de campagne, de votre porte-parole, des candidats alors les voleurs d'une certaine manière, vous avez été condamné. Est-ce que cette musique à un moment en autre ne va pas un tout petit peu pénétrer quand même dans l'esprit et dans la tête des Français ?

Non, je crois que les Français ont bien compris d'abord qu'il n'y avait eu aucun enrichissement personnel. Ça a été rappelé à la fois en première instance et par la cour d'appel. Donc déjà voilà, on n'est pas sur des faits de corruption ni d'enrichissement personnel.

Et ensuite, nous contestons euh encore une fois euh donc toute cette procédure. Voilà. Donc je crois que vous aviez monsieur Bairou ce matin qui lui-même euh est d'accord sur ce fait là.

On faut rappeler que lui-même est concerné aussi par ce type d'affaires parce que lui-même aura l'appel en septembre. Donc c'est peut-être aussi dans dans son intérêt très personnel qu'il a regardé cette question. Ça montre bien qu'à l'époque, il y avait des difficultés d'interprétation de de la réglementation du Parlement européen à la fois à la France insoumise, à la fois chez monsieur Bairou et et pour tout le monde parce que les règles n'étaient pas claires.

Donc je crois que aujourd'hui les Français ont bien compris que on allait évidemment essayer de de salir Marine Le Pen. Ça fait 15 ans qu'on qu'on lui colle ça chaque fois que qu'elle intervient. Bon, c'est je pense que les Français euh ont dépassé ça.

Hm. Et que les Français aujourd'hui, ce qui regardent, c'est le bilan politique de la France. Euh nous sommes sur un endettement record.

On les nullités, les crasses économiques, c'est ceux qui ont dirigé le pays. C'est pas Marine Le Pen. Donc on peut essayer de la rendre responsable de tous les mots, essayer de l'accuser de de tout.

Mais je crois qu'aujourd'hui les Français euh ils vivent une situation difficile et ils ont compris que la seule qui s'intéresse à leur préoccupation réelle du quotidien depuis des années, c'est Marine Le Pen. C'est elle qui peut changer les choses. Et ce sera ma dernière question, Julien Sanchez.

Euh j'imagine que parmi les gens qui nous écoutent, certains sont encore peut-être dans une forme d'hésitation vis-à-vis de mettre et de glisser un bulletin Le Pen, le Pen Bardella. Bref, appelez ce bulletin comme vous le souhaitez, un bulletin rassemblement national dans tous les cas. Qu'est-ce que vous lui dites ce matin ?

Nous on va faire campagne sur allez les trois sujets et ce sera pour vous. Comment vous pouvez le convaincre ce matin en une en 30 secondes ? Bah moi je je dirais aux gens d'abord est-ce que est-ce que vous êtes content de la situation ?

Est-ce que vous voulez refiler les clés à ceux qui ont mal dirigé le pays ? Ensuite dire que le seul bloc cohérent c'est le bloc du Rassemblement national et de ses alliés. On a bien vu que le Nouveau Front populaire c'était le bordel en permanence.

Ils sont jamais d'accord sur rien. Ils s'entendent pour les élections et après ils sont pas d'accord entre eux. Euh bon la droite elle existe plus.

Et euh bon, tant qu'il y avait Emmanuel Macron, euh c'est vrai qu' il incarnait quelque chose, mais aujourd'hui monsieur Atal, monsieur Philippe, c'est très fad et tout ça est électoraliste. Donc je pense qu'aujourd'hui on incarne euh la solidité et j'invite chacun à venir à nos déplacements de campagne, à au Migonera, à s'intéresser aussi à notre projet présidentiel lorsqu'il sera présenté. Et euh voilà, je pense que chacun doit se faire son idée par lui-même et ne pas céder au terrorisme intellectuel de la gauche et de l'extrême gauche.

Le fameux terrorisme intellectuel donc qui revient sur le devant de la scène. Merci beaucoup Julien Sanchez d'avoir été avec nous, député européen et directeur de la campagne présidentielle du rassemblement national avec énormément d'incertitudes, on les a évoqué avec vous, des incertitudes certes politiques mais ça c'est ce qu'on appelle les aléas de la vie quand on décide de prendre ce ce cheminlà. Il y a aussi des incertitudes de droits qu'on va essayer d'éclaircir dans un instant avec justement un avocat constitutionnaliste chargé d'enseignement du droit constitutionnel.

Est-ce que par rapport à tout ce qu'on entend sur les plateaux, sans rentrer dans dans l'ouverture du code pénal et de toutes ces procédures, est-ce que oui ou non ce qui se passe est vraiment un risque politique, un risque pour Marine Le Pen ? Ben restez avec nous parce qu'on va tout vous expliquer et juste après on va envoyer ira jusqu'au bout. En tout cas, elle elle ira jusqu'au bout, ça c'est sûr, mais nous on ira jusqu'au bout de 13h, ça c'est sûr.

Et à partir de 10h30, on sera avec nos éditorialistes et nos invités pour commenter cette décision historique. Notamment, est-ce que vous vous êtes prêt, amis auditeurs, à éventuellement glisser un bulletin rassemblement national malgré ces deux condamnations ? Hier, on se posait la question "Les juges peuvent-ils prendre une bonne décision ?

Est-ce que vous faites partie ce matin derrière votre radio ou en voiture à côté de votre téléphone ? En tout cas, prêt à dire bravo les juges, merci d'avoir laissé la démocratie vivre et bien vous nous téléphonez au 0826 300300 à tout de suite sur Sud Radio. Sud Radio qui est de installez-vous tranquillement [musique] avec nous sur Sud Radio.

Installez-vous autour de la table. On va continuer à s'intéresser à la décision qui est tombée hier soir bien sûr la décision qui concerne Marine Le Pen, décision de la Cour d'appel qui l'a condamné donc pour détournement de fonds public mais qui lui a aussi permis de rester éligible grâce à une peine d'éniligibilité partiellement à sortie du surcis. Bref, vous avez compris, condamnation mais souplesse de la justice pour laisser Marine Le Pen candidate avec quand même des points où même si à l'instant le directeur de campagne du Rassemblement national nous a assuré qu'ils étaient sereins, reste un tout petit peu à éclaircir et on va le faire avec vous Léonard Zerbi.

Bonjour. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.

Vous êtes avocat, constitutionnaliste, chargé d'enseignement en droit constitutionnel. Une première question assez simple ce matin, vous le spécialiste du droit, le spécialiste de ces questions-là, comment avez-vous reçu ? Comment avez-vous observer la décision qui a été rendue hier après-midi concernant Marine Le Pen ?

Ben, il m'a semblé que c'était une décision euh assez habile euh et relativement proportionnée parce que c'est un arrêt qui à la fois permet à Marine Le Pen de d'être éligible pour cette élection présidentielle, ce qui permet euh d'écarter toute critique du gouvernement des juges et toute critique à l'égard du juge et d'éviter qu'on reproche à la juridiction pénale d'empêcher Marine Le Pen de se présenter à cette élection. et pour autant euh qui malgré tout s'est prononcé sur les faits a confirmé la culpabilité de Marine Le Pen tout en diminuant les peine tout de même parce que la peine d'emprisonnement initiale en premier instant c'était une peine d'emprisonnement de 4 ans et elle est et elle est quand même réduite à à 3 ans dont de dont deux avec surcis. Donc euh j'ai trouvé que c'était une une un arrêt assez habile euh assez proportionné et qui permettait dans un contexte où on le sait, la justice est très critiquée euh et bien d'éviter euh toute critique en politisation des juges.

On va euh venir avec vous euh Léonard Zerbib sur les quelques points si vous voulez qui provoquent des incertitudes. Simplement, on sait que la justice est quand même la mal aimée et la mal comprise des institutions françaises. Est-ce qu'on peut simplement rappeler avec vos mots et avec votre pédagogie ce qu'est une première instance, ce qu'est la cour d'appel et ce qu'est ce qu'on appelle en terme un peu technique un pourvant en cassation ?

Est-ce que tout cela change à chaque fois, notamment le fait que Marine Le Pen hier soir au 20h de TF1 est annoncé en pourvoie en cassation de la pédagogie. Oui, exactement. En fait, il faut bien comprendre que dans notre état de droit euh on a le droit à un appel.

Donc vous êtes d'abord jugé en première instance par un tribunal correctionnel et ensuite quand vous allez en appel devant la cour d'appel, ce qu'a fait Marine Le Pen et les autres les autres prévenus et bien vous avez une nouvelle cour d'accord donc c'est une autre juridiction qui rejuge complètement c'est-à-dire qu'on a un nouveau procès. On rejuge sur les faits et on rejuge sur le droit. Pour la cassation c'est un petit peu différent parce que le la cour de cassation elle ne se prononce que sur le droit.

Donc en fait, on ne va pas refaire complètement le procès. Euh en revanche, euh voilà, Marine Le Pen et les autres prévenus et éventuellement le parquet si s'il se prouvoit aussi en cassation devront trouver des arguments qui sont des arguments purement juridiques. Et si la Cour de cassation accueille ces arguments, à ce moment-là, la Cour de cassation, elle ne peut pas rejuger sur les faits.

Donc ce qui se passe très régulièrement, c'est qu'elle casse en fait l'arrêt d'appel et elle renvoie une autre cour d'appel. Exactement. Elle ne juge que sur le droit.

Il y a aussi une question qui est dans dans tous les esprits des spécialistes, des commentateurs, des interviewers depuis quelques heures maintenant, c'est quand Marine Le Pen a dit "Je me pourvois en cassation, cela me rend à nouveau innocente. Je suis à nouveau présumé innocente." Certains disent hep attention certes, elle se pourvoit en cassation, ça annule ce qui s'est passé en deuxème instance, c'est-à-dire en cours d'appel, mais cela pourrait renvoyer à la décision qui a été la première, c'est-à-dire lors de la première instance.

Est-ce que elle a raison de craindre ça ? Quelle est la vérité sur ce point ? Où est-il flou réellement au point qu'il existe une véritable incertitude ?

Alors, il y a effectivement un débat euh juridique sur la question de l'effet de ce pourvoit en cassation. Bon, ce qui est certain, c'est que en matière pénale, le pourvo en cassation, il suspend les effets de l'arrêt d'appel. Donc ça veut dire que là pour le moment Marine Le Pen ne peut absolument pas faire l'objet d'un d'un bracelet électronique.

On considère que sa peine d'emprisonnement, elle elle n'est pas applicable, elle est suspendue le temps que la Cour de cassation se prononce. Donc moi, je reprends si vous voulez les propos ce matin de la la procureur générale pris la cour d'appel de Paris qui rappelle que Marie Le Pen est présumé innocente puisque la l'arrêt d'appel qui a été rendu hier n'est pas définitif. En revanche, il y a une il y a un débat juridique sur la question de savoir s'il n'y aurait pas euh une réactivation des effets de première instance lié à l'exécution provisoire.

C'est-à-dire que pour rappel, en première instance, le juge avait estimé que Marine Le Pen devait être condamné à une peine d'inéligibilité avec exécution provisoire sans attendre le le la cour d'appel. Et il y a certains juristes qui s'interrogent et notamment une jurisprudence de la Cour de cassation de 1993 qui laisse penser que il pourrait y avoir un effet persistant de de du jugement de première instance et des effets d'exécution provisoire. Bon, de toute façon, cette question là, elle sera peut-être on aura peut-être pas à la poser parce que si la Cour de cassation se prononce avant l'élection présidentielle, c'était maine, on a une décision.

C'était ma prochaine question. Léonard Zerby. En réalité, on sait que Marine Le Pen a aussi décidé de se pouvoir en cassation parce qu'elle espérait que le délai, le timing ne serait pas suffisant pour que la Cour de cassation se prononce avant l'élection présidentielle.

Est-ce que pour vous, il y a une chance que la dernière instance, le dernier degré de jurédiction se prononce avant la fin de la campagne ? C'est toute la question. C'est toute la question parce que les délais classiques devant la Cour de cassation sont des délais assez importants en moyenne entre 10 mois et 10 et 16 mois.

Donc si on applique les délais classiques, euh normalement la Cour de cassation ne devrait pas se prononcer avant le l'élection présidentielle, d'autant que euh voilà, ça suppose quand même de redémarrer un procès. Donc c'est c'est assez lourd. Il faut reprendre une instruction, il faut euh programmer des audiences.

Donc donc c'est toute la question. Maintenant, le procureur général de de la Cour de cassation avait indiqué qu'il pourrait y avoir une décision de la Cour de cassation. Et je tiens quand même à signaler que la cour d'appel aussi s'est prononcée dans des délais très rapides.

Donc euh j'ai envie de dire que tout est possible. C'est pas la voix classique. Euh il y a rien qui objectivement juste il existe, je veux dire, ce n'est pas seulement du cinéma ou ce n'est pas seulement si vous de l'entertainment de dire oui, il y a une une véritable incertitude sur le fait que la cour de cassation pourrait se prononcer avant la fin de l'élection présidentielle.

C'est un véritable risque, je le mets entre guillemets. Ah, il y a cette possibilité. Je pense qu'il ne faut pas l'exclure.

Euh Marine Le Pen n'est pas tout à fait injusticiable comme une autre. On est dans le cadre d'un procès qui est quand même très médiatique. Euh on est juste avant d'une élection présidentielle.

Je pense que si la Cour de cassation le souhaite réellement, elle a les moyens de rendre de rendre une décision avant l'élection présidentielle. Maintenant, est-ce qu'elle va aller oser ce calendrier d'urgence avec les critiques que ça peut susciter ? C'est c'est toute la question.

Et Léonard Zerbit, dernière question en rappelant que vous êtes avocat constitutionnaliste, chargé aussi d'enseignement en droit constitutionnel. Ça tombe bien, c'est pour ça qu'on avait besoin de vous ce matin. Concrètement, quelles seraient les les conséquences d'une décision de Cour de cassation qui confirmerait définitivement la la condamnation de Marine Le Pen ?

Alors, sur le plan de l'inéligibilité, il y aurait en principe aucune conséquence si l'arrêt d'appel est confirmé. Donc, dans tous les cas, Marine Le Pen pourrait bien se présenter à l'élection présidentielle formellement. En revanche, euh ça décalerait l'effet de de de la condamnation qui a été prononcée hier par la cour d'appel.

C'est-à-dire que potentiellement en fonction de la date de la Cour de cassation et bien si je dis bien si la cour d'appel cet arrêt est confirmé à ce moment-là ça voudrait dire que Marine Leven serait condamné donc à une peine d'emprisonnement ferme d'un an aménageable sous bracelet donc avec la détention à domicile et et et ça voudrait donc dire que potentiellement Marine Le Pen devrait porter un bracelet à juste avant juste avant l'élection présidentielle. Simplement une précision qui est importante et qu'il faut rappeler, c'est que si Marine Le Pen venait être élue présidente de la République, elle bénéficierait d'une immunité liée à sa fonction et donc elle ne pourrait ni faire l'objet de poursuite, toutes les poursuites seraient suspendues, ni bénéficier du bracelet électronique qui lui serait évidemment retiré puisque c'est une mesure privative de liberté. Merci beaucoup Léonard Zerbi d'avoir été avec nous, avocat constitutionnalist, chargé d'enseignement en droit constitutionnel et je vous remercie aussi d'avoir fait œuvre de pédagogie pour que on puisse enchaîner les prochaines heures et les prochaines minutes de débat avec les mêmes bases.

Dans un instant justement, nos éditorialistes, nos débatteurs