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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 17 décembre 2025 24 min

Joshua Hochart : « L’accord du Mercosur est l’arrêt de mort de l’agriculture française »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Jochechard, merci d'être notre invité, vous êtes sénateur RN du Nord, on va évidemment revenir sur ces actualités. Mais d'abord, on commence par la une de la presse régionale, on en a sélectionné trois. D'abord la une de la dépêche, l'Europe renonce au 100% électrique face à la crise que traverse le secteur confronté à une agressive concurrence chinoise, l'Union Européenne a donc renoncé hier à imposer aux constructeurs automobiles de passer au tout électrique en 2035. La deuxième une, celle du courrier Picard, la colère paysanne se remet en route.

Demain, les agriculteurs vont converger vers Bruxelles à l'appel de la FNSEA contre le Mercosur. La coordination rurale prévoit aussi des actions sur des mots d'ordre plus larges. Et puis la dernière une, c'est celle du Béry Républicain, entretien des églises, un sacré défi. Les communes qui sont confrontées au casse-tête de l'entretien coûteux du patrimoine religieux. Parfois, la seule solution est de se séparer des édifices. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

1:01
Joshua Hochart

On va être un peu chaud, on va parler du courrier Picard qui parle de la région Hauts-de-France mais surtout du sujet d'actualité qui est majeur en ce moment et qui risque d'embraser nos fêtes de Noël.

1:10
Présentateur

Et on l'a vu, la crise agricole, on l'a vu dans le journal, deux réunions hier, le gouvernement qui a annoncé l'accélération de la vaccination dans le Sud-Ouest. 750 000 bovins vaccinés en plus, c'est une bonne mesure ?

1:21
Joshua Hochart

Enfin, enfin, la ministre nous avait annoncé il y a quelques temps, entre 6 à 12 mois pour vacciner l'ensemble du cheptel français. Quand on s'est étonné de ce délai de 6 à 12 mois, en fait, c'est pas effectivement nos services vétérinaires sont plus efficaces que ça. C'est le délai pour s'approvisionner en doses, parce que l'Afrique du Sud est actuellement le seul fournisseur, alors que la France, avant, pouvait fournir des doses. Donc on n'est pas capable de vacciner en France l'ensemble du cheptel français, tout simplement parce que la France a perdu sa souveraineté sur tant de domaines, et notamment sur les domaines de vaccination.

1:47
Présentateur

Mais est-ce qu'on a envie de vacciner l'ensemble du cheptel ? Est-ce que ce n'est pas un risque pour nos exportations ?

1:51
Joshua Hochart

Au-delà de ça, effectivement, nous, on souhaite vacciner le maximum le cheptel. Le risque derrière, c'est que les autres pays, notamment les pays de l'Union Européenne, refusent les exportations de bêtes vaccinées. Et la France s'est créée tellement, en Europe, mais dans le monde, tellement d'inimitié qu'elle n'est plus capable d'aller négocier avec les autres pays pour pouvoir exporter nos bêtes. Parce que c'est prouvé qu'il n'y a pas de difficulté à exporter des bêtes qui auraient été vaccinées quand elles ne sont pas malades. Évidemment, la faiblesse diplomatique de la France est en cause à ce niveau-là.

2:22
Présentateur

Mais là, vous soutenez la stratégie du gouvernement, la stratégie de vaccination, la stratégie d'abattage ? Est-ce que c'est la bonne ?

2:27
Joshua Hochart

Je pense qu'elle arrive un peu tard et qu'on doit arriver à l'abattage. Moi, j'ai ces images en tête de cet éleveur qui pleure, qui perd plus de 200 bêtes dans son exploitation. Elles sont totalement horribles. Je ne suis pas scientifique, je ne suis pas vétérinaire. Pour voir le meilleur schéma, en tout cas, il faut protéger.

2:44
Présentateur

– Vous ne dites pas que c'est une mauvaise solution ? – La population. – Vous ne dites pas que le gouvernement a tort ?

2:47
Joshua Hochart

– Je dis qu'il faut effectivement lancer les négociations, qu'il faut très vite. On a déjà quelques mois de retard. Ça fait déjà plusieurs mois qu'on parle de cette dermatose nodulaire. Ça fait déjà plusieurs mois qu'on parle de la détresse des agriculteurs sur tant de domaines. Le Mercosur, on va en parler juste après. Et tout ça, en fait, vient se rajouter à la détresse des agriculteurs, qu'on n'entend pas. La loi Duplon qui a été votée au Sénat, qui a été votée à l'Assemblée nationale, a été remise en cause par toute une partie de la gauche. Le débat se lance. Il faut soutenir nos agriculteurs.

La ministre Gennevard était visiblement en grande difficulté puisque le Premier ministre Lecornu a dû venir à son secours dans cette négociation. Il a été un peu en retrait depuis quelques mois. Il vient maintenant à son secours. – Est-ce que ça peut aider la crise ? – Elle est en retrait. Elle est en retrait depuis plusieurs mois. Nous, on l'a interpellé. Déjà, il y a plusieurs mois. Plusieurs de nos députés à l'Assemblée nationale l'ont interpellé. On n'a pas eu les réponses escomptées, à la limite que les députés n'avaient pas les réponses escomptées. Soit quand les agriculteurs et eux ne le ont pas, les indemnités ne sont pas suffisantes. En tout cas, l'anticipation n'est pas présente.

3:44
Présentateur

– Parce que là, il a été rajouté 10 millions hier.

3:46
Joshua Hochart

– C'est peut-être le maître mot de ce gouvernement. Pas d'anticipation, effectivement, dans ce qu'il faut faire.

3:50
Présentateur

– On va parler, effectivement, du Mercosur. Mais juste avant de parler du Mercosur, est-ce que vous, ce matin, vous appelez les agriculteurs à lever les blocages ? Est-ce que vous dites qu'il faut dialoguer, pas bloquer ?

3:59
Joshua Hochart

– Malheureusement, actuellement, vu le silence du gouvernement, alors même s'hier, ils annoncent quelques jours, les seules mesures qui sont capables d'entendre, c'est les blocages. – Donc vous soutenez les blocages

4:08
Présentateur

qu'il faut continuer à bloquer ?

4:09
Joshua Hochart

– Je pense que les Français sont derrière les agriculteurs. Je pense que toute manifestation pacifique est à soutenir. Quand ils bloquent et qu'ils ne dégradent pas des préfectures ou des bâtiments publics, on soutient effectivement nos agriculteurs. Je pense que les Français sont derrière eux. Et opposer ceux qui nous protègent avec ceux qui nous nourrissent, comme l'a fait le gouvernement, en envoyant les blindés face aux agriculteurs, était particulièrement indiqué.

4:30
Présentateur

– Mais ils s'en ont expliqué hier, Sébastien Lecornu, ça ne vous a pas convaincu ?

4:32
Joshua Hochart

– Non, mais ce n'est pas nouveau que Sébastien Lecornu ne me convainc pas.

4:36
Présentateur

– Non mais ce n'est pas forcément contre les agriculteurs, il y avait aussi des personnes violentes qui n'étaient pas des agriculteurs, vous ne comprenez pas du coup ?

4:41
Joshua Hochart

– Bien sûr, il y a des personnes violentes qui faillent interpeller, pour bien qu'il y ait un système de gendarmerie mobile, ils ont été jusqu'à récupérer des blindés dans des différents centres en France. Je pense que ce n'était pas nécessaire d'aller aussi loin. Et ces mouvements ultra-gauches, on les connaît, il faut peut-être normalement les dissoudre, pour éviter qu'elles viennent pourrir l'ensemble des manifestations en France.

4:57
Présentateur

– Et Siv, alors que la colère monte du coup contre la politique agricole du gouvernement, le traité du Mercosur est à nouveau au cœur des débats.

5:04
Locuteur 4

– Oui, semaine de tous les périls, Auriane, pour cet accord négocié. Rendez-vous compte, depuis plus de 20 ans, pour faire court, avec cet accord, l'Europe obtiendrait une exemption de droit de douane sur plus de 90% de ses exportations vers les pays d'Amérique latine, en échange de l'Union européenne. s'engage notamment à importer plus de produits agricoles, semaine de tous les périls. Donc, hier, le Parlement européen a adopté des mesures de sauvegarde dans le détail.

Ça veut dire que si des produits comme le bœuf, la volaille ou encore le sucre voient leur prix chuter avec l'arrivée de la concurrence d'Amérique du Sud, eh bien, l'Union européenne pourra remettre en place des droits de douane pour protéger précisément ces filières, Auriane.

5:42
Présentateur

– Mais même avec ces clauses de sauvegarde, le compte n'y est pas pour les sénateurs.

5:45
Locuteur 4

– La droite demande au gouvernement de saisir la Cour européenne de justice pour empêcher la signature du Mercosur. Une proposition de résolution était ainsi discutée hier dans l'hémicycle. Les sénateurs contestent la méthode d'adoption du traité, mais aussi le fond même de ce traité pour Dominique Estrosi-Sassonne. Eh bien, celui-ci met en danger nos agriculteurs. Écoutez.

6:07
Locuteur 1

– Face à cette situation, j'ai un peu l'impression que la Commission et Emmanuel Macron nous font visiter un accord Potemkin. On veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Les prises de position du président de la République sur cet accord ont été ambiguës, contradictoires et fuyantes.

6:25
Présentateur

– Et le Sénat, qui a voté en faveur d'une saisine de la Cour européenne de justice, est-ce que le gouvernement va le faire ?

6:31
Locuteur 4

– Non, non, il s'agit d'une résolution. Elle n'est donc pas contraignante pour le gouvernement. Le ministre du Commerce extérieur a rappelé la position de l'exécutif sur ce traité. Écoutez.

6:40
Locuteur 2

– À ce stade, je ne pense pas qu'il soit nécessaire, ou en tout cas urgent, de saisir la Cour de justice de l'Union européenne. Non pas qu'il n'y ait pas, encore une fois, d'interrogation légitime sur cet accord. Et vous l'avez dit, mais parce que nous devons, dans l'immédiat, être efficaces, obtenir des résultats concrets.

7:00
Locuteur 4

– Je vous donne, Oriane, le calendrier de cette fin de semaine. Demain, jeudi, les 27 se réunissent en sommet à Bruxelles. Ils doivent voter définitivement cet accord. Et puis, dans la foulée, Ursula von der Leyen s'envolera pour le Brésil pour sceller, une fois pour toutes, cet accord du Mercosur. Ça, c'est sur le papier, monsieur le sénateur. Est-ce que la France peut, est-ce que la France doit faire capoter cet accord ?

7:24
Joshua Hochart

– La France doit faire capoter cet accord du Mercosur. Bien évidemment, l'accord du Mercosur, c'est l'arrêt de mort. De notre agriculture française, c'est négocié depuis des années. La France n'a pas su s'imposer. On a eu de nombreux vols de face sur le Mercosur. Ça a été rappelé, effectivement, hier, dans l'hémicycle du Sénat par les sénateurs.

7:41
Présentateur

– Mais de toute l'agriculture, pardon, parce qu'il y a des secteurs qui pourraient en bénéficier.

7:44
Joshua Hochart

– Globalement, c'est l'agriculture qui souffre. La volaille, le bœuf, le maïs, le porc, c'est plusieurs milliers de tonnes qui seront importées. Plus ce qui se passe dans le monde agricole actuel, on pourrait peut-être en parler, mais sur la PAC, sur la dermatose, effectivement, qui vont affaibler nos agriculteurs. Le Mercosur, c'est l'arrêt de mort de notre agriculture. Il faut absolument faire capoter ce Mercosur

8:06
Locuteur 4

pour pouvoir défendre notre agriculture. – Est-ce que tout est si noir dans cet accord ? Je ne sais pas, ceux qui produisent du vin, ils sont plutôt contents. Les barrières douanières, elles sont à 35%, on va les faire baisser. Il y a des avantages quand même.

8:15
Joshua Hochart

– On ne peut pas sélectionner les avantages dans les inconvénients. Je pense que pour la souveraineté agricole française, c'est l'ensemble de cet accord qu'il faut arrêter immédiatement. Maintenant qu'on relance des négociations sur certaines parties, les vins et les spiritueux ont une balance commerciale excédentaire en France. Et c'est très bien, effectivement, ça fait partie de notre excellence française. Il faut aussi les soutenir. – Le fromage, le fromage. – On ne peut pas se permettre de tuer 80 à 90% de notre agriculture, de nos éleveurs français. Ce serait vraiment très triste pour notre agriculture, au-delà de l'impact écologique.

La Commission européenne s'est engagée à baisser éventuellement les droits de douane si jamais des filières devaient être déficitaires. On connaît les engagements de l'Union européenne et d'Ursula von der Leyen en faveur de l'agriculture française, qui est d'ailleurs souvent plus prompte à aller défendre les voitures allemandes que l'agriculture française. Ça interroge et on ne veut pas laisser ce pouvoir-là à la Commission européenne.

9:05
Locuteur 4

– Vous dites que les clauses de sauvegarde qui sont promises, qui sont incluses dans cet accord du Mercosur, ne sont pas aujourd'hui suffisantes, satisfaisantes.

9:11
Joshua Hochart

– Non, elles ne sont pas suffisantes, elles ne sont pas satisfaisantes effectivement dans l'accord du Mercosur. L'exemple même, est-ce qu'elles seront appliquées le jour où le déficit arrivera pour ces filières ? Rien n'est moins sûr de ce que nous fait la Commission européenne et surtout au-delà de la Commission européenne qui suit le dictat allemand. Encore une fois, comme tout à l'heure, c'est la diplomatie française. La France n'arrive pas à imposer quelconque condition. Ça fait des années qu'on a une négociation sur le Mercosur. La situation du Mercosur, la France s'y était opposée, puis est revenue dessus.

9:46
Présentateur

– Il y a un vote, c'est-à-dire qu'il va y avoir une majorité et une minorité.

9:50
Joshua Hochart

– En tout cas, vous pourrez…

9:51
Présentateur

– Ce n'est pas un truc imposé.

9:52
Joshua Hochart

– Sur les patriotes européens pour s'opposer au Mercosur. Maintenant, effectivement, il y aura une majorité en Europe. Beaucoup de pays, et notamment l'Italie, vont être bénéficiaires du Mercosur et donc ont sûrement tendance à voter cet accord. C'est la France, c'est l'agriculture française qui souffre de cet accord. Mais comme tant d'autres accords, le CETA par exemple, c'est l'agriculture française également qui en subit les pires conséquences.

10:15
Locuteur 4

– Vous dites que tous les traités de libre-échange ne sont pas bons pour la France. Est-ce que vous dites ?

10:19
Joshua Hochart

– Je pense que l'intégralité des traités de libre-échange, mais les deux principaux qui sont le CETA et le Mercosur par exemple, effectivement, je pense qu'on peut les résumer assez facilement, d'aller vendre des voitures allemandes à l'étranger pour importer de l'agriculture et de l'élevage en France. Donc on favorise l'Allemagne, on détruit le sain-en-faire français. Je pense qu'effectivement, ce n'est pas bon pour la France, c'est que la France devrait se bouger.

10:39
Présentateur

– En fait, c'est la France qui ne réussit pas à réunir une minorité de blocage. Il y a plus de pays qui sont pour que de pays qui sont contre.

10:45
Joshua Hochart

– Bien sûr, parce qu'on favorise effectivement les autres pays. Ce serait tout l'intérêt de la France d'aller, elle, négocier également, soit de meilleurs accords dans l'Union européenne, mais je pense qu'elle a abandonné depuis longtemps.

10:56
Présentateur

– Là, vous avez l'impression qu'il a abandonné Emmanuel Macron, qu'il ne se bat pas sur le Mercosur ?

11:00
Joshua Hochart

– Je pense que pendant longtemps, il ne s'est pas battu, et que maintenant que le Parlement est unanime, on a eu un vote unanime au Sénat, un contre, je crois, qui défend effectivement les Français établis hors de France, et donc son électorat. Mais on a eu un vote unanime de tous les partis. À l'Assemblée nationale, c'est-à-dire d'être assez unanime contre le Mercosur. Donc je pense qu'effectivement, Macron ne s'est pas battu pendant très longtemps, et que maintenant, il rattrape un petit peu la balle au vol.

11:25
Présentateur

– Allez, on continue à parler d'Emmanuel Macron, mais sur un autre sujet, il était en déplacement hier à Marseille sur la guerre contre le narcotrafic. Les dealers sont en train de perdre la bataille, dit-il, vous êtes d'accord ?

11:34
Joshua Hochart

– Non, encore une fois, il réagit tard, mais il réagit tard, parce qu'en fait, l'opinion française se mobilise contre le narcotrafic. Il y a eu des drames que vous avez rappelés avec l'assassinat du jeune à Marseille, mais tant d'autres. quasiment, je ne vais pas dire chaque jour, mais chaque semaine, on a des drames liés au narcotrafic. Et je ne pense pas qu'il soit augmenté une amende forfaitaire délectuelle de 300 euros, de 200 à 500 euros, qui fasse peur au narcotrafic.

12:01
Présentateur

– Ce n'est pas cette mesure ? Ce n'est pas une bonne mesure ?

12:02
Joshua Hochart

– Je soutiens l'ensemble des mesures qui pourront faire baisser, mais je ne suis pas sûr que ça ait une efficacité. Ce qui va avoir une efficacité, c'est d'aller saisir les biens, d'aller les confisquer, c'est de rendre les véhicules conservés au trafic de drogue aux forces de l'ordre pour renforcer leurs moyens.

12:14
Présentateur

– Comment ça a été fait dans la loi narcotrafic que vous avez votée au Parlement à la fin de l'été ?

12:17
Joshua Hochart

– On a voté cette loi, et maintenant, je ne suis pas sûr que ce soit suffisant. Dans ces lois narcotrafic, il n'y a pas de peine planchée. Par exemple, l'ensemble, quasiment des amendements du Rassemblement national ont été refusés sur cette loi. Il n'y a pas de peine planchée, ni pour les trafics de drogue, ni même pour les récidivistes.

12:32
Présentateur

– Il annonçait que le parquet est spécialisé.

12:34
Joshua Hochart

– Alors que Gérald Darmanin avait dit qu'il n'était pas forcément opposé. C'est une bonne idée, effectivement, de pouvoir centraliser. Mais on ne va pas assez loin dans les mesures. Il faut être plus ferme et il faut contraindre aussi la justice. Notamment, je pense qu'une des mesures phares, c'est la confiscation des biens, la saisie des biens et la mise en place des peines planchées pour, à minima, les récidivistes, mais l'ensemble des trafics en drogue.

12:54
Présentateur

– Et donc vous demandez une nouvelle loi narcotrafic ?

12:56
Joshua Hochart

– Je pense qu'on va devoir y passer.

12:57
Présentateur

– Alors que la précédente n'est même pas encore complètement appliquée. Pour vous, il faut déjà la remettre ?

13:01
Joshua Hochart

– Soit il faut changer de ministre, et ça on espère qu'on pourra changer très rapidement pour un ministre qui fasse appliquer la loi et qui sorte les décrets d'application des lois. Je pense que la solution sera de changer de président de la République, mais ça on va attendre 2027.

13:11
Présentateur

– On va continuer à parler d'Emmanuel Macron, parce qu'hier il a poursuivi son tour de France de la presse régionale face à face avec les lecteurs, notamment sur les questions du numérique et des réseaux sociaux. Et c'est une question qui impacte aussi les élus locaux. On va aller chez vous dans le Nord, à Zegerskappel. Bonjour Frank Spitsch, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le maire de cette commune. La question des réseaux sociaux, évidemment, elle se pose aussi pour vous. Mais alors vous, vous avez décidé de ne pas vous mettre sur les réseaux sociaux. Pourquoi ?

13:41
Locuteur 3

– Pour plusieurs raisons. Tout d'abord, derrière les réseaux sociaux, il y a des propriétaires de type Elon Musk, etc. et je ne partage pas leur éthique, leurs valeurs. Et donc, je ne souhaite pas que ma communication ait de tels supports. Ensuite, et le principal, c'est pour moi, les réseaux sociaux sont l'exact contraire de la proximité, de l'échange et de l'authenticité. Quand vous recevez des personnes, durant une permanence, vous avez une demi-heure devant vous pour leur expliquer les choses, pour aller au fond des choses. Même si la personne peut aussi être virulente quand on est en entretien. Et vous prenez le temps de l'explication.

Et ça, ce n'est pas possible sur les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux, ces écrans interposés, ne créent pas de proximité. Ils créent de la distance entre nous. Ils manquent de recul. Ils manquent d'analyse et de contact humain. Un réseau social, ça peut permettre de passer de l'information. J'en dis ce qu'on vient pas. Mais ça ne permet pas, pour moi, d'aborder le fond des problèmes, d'engager un vrai débat de fond.

14:55
Présentateur

Mais est-ce que, du coup, ça ne vous coupe pas, quand même, d'une partie de vos administrés, notamment les plus jeunes ?

15:02
Locuteur 3

Certes. Alors, je pense que si on ne veut pas être coupé des plus jeunes, il faut mener des actions, une politique communale en faveur des jeunes. Mais c'est vrai que nous faisons un choix, effectivement, qui peut avoir des côtés négatifs sur la portée de notre communication. mais on essaie de communiquer autrement. Mais vous avez raison, les jeunes, les réseaux sociaux, ça leur parle et ils les utilisent. Mais nous faisons ce choix-là.

15:40
Présentateur

– Joshua, c'est une question que vous posez, ou la question des réseaux sociaux. Est-ce que vous comprenez ce maire qui, lui, fait le choix de ne pas y être ?

15:46
Joshua Hochart

– Oui, bonjour, bonjour, monsieur le maire. Effectivement, j'entends l'ensemble des prises de position pour ou contre les réseaux sociaux. Je pense que les réseaux sociaux sont maintenant, dans le monde d'aujourd'hui, devenus indispensables à la communication. Nos politiques n'empêchent pas la proximité. Et je salue le travail des maires, mais de l'ensemble des élus partout en France qui reçoivent dans leur permanence des personnes. Et monsieur le maire l'a rappelé, de plus en plus virulente, effectivement, parce que de plus en plus en difficulté. Je pense que vous avez raison quand vous soulignez le problème des jeunes.

Dans l'ensemble des communes rurales, comme Zegers-Capel, ou nombre de communes du département du Nord ou en France, à coupes des jeunes, qui, eux, ne participent que rarement, malheureusement, aux activités de la commune, donc qui sont difficilement rencontrables, difficilement oubliables. Je pense que les réseaux sociaux sont indispensables. Maintenant, on peut s'en séparer pour des raisons politiques. Ça a l'air d'être le cas de monsieur le maire, et moi, je l'entends, je n'ai pas de difficultés par rapport à ça.

Je crois d'ailleurs que nombre d'élus de gauche, notamment les écologistes, ont fait marche arrière, ont quitté X, anciennement Twitter, pour revenir sur X, parce que, en fait, c'est devenu, à juste titre, heureusement ou malheureusement, d'ailleurs, mais indispensable à la communication de nos jours. Maintenant, ça laisse des dérives. Nombre d'élus du Rassemblement national de gauche, autres reçoivent des menaces, des menaces de mort sur les réseaux. Je pense que c'est à prendre en compte, effectivement.

16:59
Présentateur

– Oui, vous avez des collègues, monsieur le maire, parce que c'était la une de la Voix du Nord la semaine dernière, ces maires, ces élus qui quittent les réseaux sociaux face aux violences. Est-ce que vous avez des collègues qui sont dans ce cas ?

17:13
Locuteur 3

– Effectivement, il y a des élus… Alors, je pense qu'en ruralité, on peut se permettre de ne pas être sur les réseaux sociaux. C'est peut-être un peu plus compliqué dans les grandes communes. En territoire rural, Zegerskamel est une commune de 1 600 habitants. Voilà, les gens franchissent la porte de la mairie, nous nous rencontrons sur la place, sur les marchés. On peut se permettre ce contact direct avec la population, et y compris avec les jeunes. D'ailleurs, il n'y a aucun problème là-dessus, il n'y a pas besoin des réseaux sociaux.

– Je crois qu'il faut, l'exemplarité aussi de l'image qu'on peut donner en tant qu'élu, en prenant le temps, en respectant la différence entre la vie publique et la vie privée, je pense, peut permettre aussi de redonner confiance aux personnes, des personnes envers les élus. Et tout ça est de nature aussi à casser un petit peu la distance entre la population et les élus, et donc aussi à réduire une certaine forme de violence.

18:22
Présentateur

– Merci beaucoup, monsieur le maire. Franck Spich, maire de Zegerskappel, d'avoir été avec nous ce matin. Un mot, puisqu'on était avec le maire sur les municipales, qui auront lieu dans trois mois. Maintenant, je suis au charme, quelles sont vos ambitions dans le Nord ? Est-ce qu'il y a des villes que vous pensez prendre ? Roubaix, Tourcoing, Saint-Amand-les-Eaux ?

18:38
Joshua Hochart

– Nous, on a investi un nombre important de listes, 30 ou 40 listes, je crois, dans le Nord. On fait, et on espère, effectivement, prendre des villes et faire notre grand retour, notamment sur la métropole européenne de Lille, qui est emmenée sur Roubaix, Tourcoing, Tourcoing, par le trio emmené par Mathieu Vallée, avec Céline Saïa à Roubaix, Mathieu Vallée à Lille, et Bastien-Vert-Bruges à Tourcoing, qu'on espère revenir dans ces grandes villes. On espère prendre des communes pour pouvoir changer le quotidien des habitants. En tout cas, on fera campagne à Lille pour revenir et compter sur la métropole sur Lille et sur la métropole européenne de Lille. On espère prendre des communes.

Je suis un candidat sur la commune de Denain, qui a besoin de changements, à Douchy-les-Mines, à Saint-Amand-les-Eaux, on a de nombreux de communes, et on espère avoir la confiance des électeurs. Je n'ai pas de doute sur le fait qu'on prendra des villes, mais on a annoncé lesquelles. C'est un peu tôt et en même temps, les élections municipales, c'est demain, parce qu'on a moins de trois mois des élections municipales et ça passe tellement vite. Mais oui, je pense qu'on fera des...

19:35
Présentateur

Avec un groupe au sénatorial, c'est votre ambition ?

19:38
Joshua Hochart

Comment ?

19:38
Présentateur

Un groupe au sénatorial, c'est votre ambition ?

19:40
Joshua Hochart

L'objectif derrière, c'est un peu loin. On aura 2027 entre-temps, 2026, 2027 et 2029 pour le Nord. Les sénatoriales, c'est en 2026. Exactement, j'étais sur 2029 pour le renouvellement du Nord. Il y a bien une série en 2026 et l'objectif, il est là. C'est d'avoir un groupe de sénateurs au Sénat.

19:57
Présentateur

Donc ça, c'est votre objectif affiché ? Que ces municipales vous permettent d'avoir un groupe de sénateurs ?

20:00
Joshua Hochart

C'est l'objectif affiché, en tout cas oui. C'est l'objectif qu'on peut difficilement cacher de pouvoir compter au Sénat et d'obtenir un groupe, soit avec nos élus, on l'espère, soit avec des négociations qui sont menées avec des sénateurs en place ou qui pourraient le devenir.

20:14
Présentateur

On va rester dans votre région. Autre actualité, l'Union Européenne a donc décidé hier d'assouplir l'interdiction de la vente de voitures à moteurs thermiques. En 2035, décision qui résonne évidemment dans votre région, dans votre département. On va en parler avec Pierre-Jérôme Montenot. Bonjour Pierre-Jérôme. Merci d'être avec nous, rédacteur en chef à Weo. C'est la télévision locale du Nord. Pierre-Jérôme, quelles sont les conséquences pour votre région particulièrement concernée ? C'est là que se trouve la vallée de la batterie.

20:38
Locuteur 5

Oui, je voulais poser cette question à monsieur le sénateur. Est-ce que ce recul de l'Europe, ça ne va pas fragiliser les investissements massifs qu'on fait en Haute-France sur la fabrique de batteries ? Vercors vient d'ouvrir une usine à Dunkerque cette semaine. Il y en a dans le Douaisy. C'est 8 milliards d'euros. Est-ce qu'on ne se tire pas une balle dans le pied ?

21:02
Joshua Hochart

Non, vous me parlez de cette avancée de l'Europe. Je pense que c'est une avancée de l'Europe et pas un recul de l'Europe de revenir sur cette interdiction qui aurait fragilisé le nombre de nos concitoyens au-delà de l'industrie automobile. Le Nord est connu pour être une industrie automobile florissante avec PSA à Ordin, Toyota à Onin. Et je ne pense pas que ça fragilise. Effectivement, vous avez raison de le rappeler, à Vercors, ça a été inauguré la semaine dernière, notamment par des ministres. C'est déjà le cas à Douaisy. On n'a pas interdit le véhicule électrique. On a autorisé le véhicule thermique à partir de 2035 et même jusqu'au-delà de 2040.

Je pense que ça laissera le choix à nos concitoyens de pouvoir s'équiper. Et ça ne les empêchera pas d'acheter des véhicules électriques s'ils en ont envie. On n'a toujours pas été pour interdire, mais pour laisser le choix aux personnes en fonction de leurs habitudes de consommation, de leurs habitudes automobiles.

21:48
Présentateur

Et si à chaque fois, vous pensez qu'ils iront vers le véhicule électrique ?

21:50
Joshua Hochart

Quand l'électrique sera enfin économiquement viable sur les longues distances. Vous savez, dans le Nord, on a souvent l'image du Nord avec l'île. Mais quand on quitte l'île et qu'on va à Zégrès-Cappel où on avait le maire tout à l'heure, ou qu'on va à Aven-sur-Elle pour avoir un véhicule électrique qui, des fois, a une faible autonomie, c'est un peu compliqué. Sénateur du Nord, je me vois difficilement traverser les trois heures de route du département de Dunkerque à très long avec un véhicule électrique. Sauf si demain, les aménagements sont mis en place, que des bornes sont mises en place sur les stations-service. Ça commence à arriver. On est loin d'être au compte.

On n'y sera pas en 2035. Donc je pense que plus que jamais, il est temps de laisser le choix à nos concitoyens. Et je pense que laisser le choix à nos concitoyens n'a jamais été un recul de l'Europe, mais une avancée. Encore une fois, la France a été absente de ce débat. C'est les patriotes européens qui ont porté le sujet. C'est l'Allemagne qui a porté le sujet. Je pense que la France a été absente de ce débat. On avait d'ailleurs l'application des lois européennes en France. Ça ne changerait pas grand-chose. C'est un amendement du Rassemblement national en février. Je ne sais plus sur quel texte qui avait renoncé à cette interdiction, qui n'avait pas été suivie des faits.

Je pense que c'est une avancée pour la France et pour nos concitoyens.

22:57
Présentateur

– Mais vous ne pensez pas du coup pour les entreprises de votre département, de votre région, qui ont donc investi dans l'électrique. Il y a un risque sur leur viabilité, sur les emplois ?

23:06
Joshua Hochart

– Non, je pense qu'ils continueront à investir. Ça ne les empêchera pas, les Français, d'acheter des véhicules électriques. Ça empêchera peut-être, par contre, les Chinois qui avaient beaucoup d'avance sur nous et dont les véhicules sont déjà en nombre important au port de Dunkerque, d'aller inonder le marché et de favoriser les véhicules français, par contre. Je pense que c'est un bien pour la France et pour l'Europe. Si on empêche les véhicules chinois d'envahir l'automobile française européenne, ce n'est qu'un bien.

23:29
Présentateur

– Pierre-Jérôme, vous avez votre réponse ?

23:32
Locuteur 5

– Oui, c'était les Allemands qui poussaient à ce recul. Ça ne va pas surtout faciliter et aider l'industrie automobile allemande qui est aussi notre concurrente ?

23:42
Joshua Hochart

– Indéniablement, ça aidera effectivement les Allemands. Je pense que ça aidera aussi notre industrie automobile française qui n'était pas totalement prête à changer en 2035 et ça aidera au-delà de l'industrie nos concitoyens à pouvoir acheter un véhicule quand on connaît le prix des véhicules électriques. Et d'ici là, je pense qu'on aura changé de président de la République, on aura été un président de la République qui améliore la souveraineté française et puisse enfin aller concurrencer l'Allemagne sur ce terrain-là.

24:07
Présentateur

– Merci beaucoup, merci Pierre-Jérôme Montenot d'avoir été avec nous, rédacteur en chef de Weho, la télévision locale du Nord. Merci Pierre-Jérôme et à très vite. Et merci Jouché Auchard d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure. – Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. – Sous-titrage Société Radio-Canada