Mélenchon futur président ? - l'Actu de la semaine
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C'est grâce à vous qu'on fait backseat, je vous le rappelle, et là, on a besoin de vous. Alors, l'actualité cette semaine, elle a été marquée par le Festival de Cannes, avec l'ombre de Vincent Bolloré, suite à une tribune signée par plus de 600 cinéastes, acteurs, techniciens, producteurs et distributeurs. La tribune s'appelle Zappé Bolloré et elle dénonce la mainmise idéologique du patron de Canal+. Enfin, du propriétaire de Canal+. Le patron de Canal+, Maxime Saada, a contre-attaqué cette tribune en déclarant que Canal ne travaillera et ne financera plus les signataires de cette tribune. Emilio, raconte-nous ce que raconte cette tribune, justement.
Oui, alors qu'il ne s'appelle pas Zappé Bolloré. Zappé Bolloré, c'est le nom du collectif qui est à l'origine de la tribune. Et ensuite, le titre de la tribune, vous l'avez vu, c'est celle qui était affichée, c'est dans l'IB. Parce qu'en fait, c'est important. Au départ, c'est vraiment un petit groupe qui est ensuite élargi à signature pour avoir dans un premier temps 600 signateurs dans l'IB. Maintenant, on a dépassé les 2000. On va dire que même les 3000, parce que voilà la conséquence de la décision de Maxime Saada d'établir une liste noire, tout simplement, dans le monde du cinéma français. Qu'est-ce qu'elle dénonce, cette tribune ?
Elle dénonce l'emprise, la mainmise de Vincent Bolloré sur le monde du cinéma. Parce que depuis 2014, il est propriétaire de Vivendi, qu'il a racheté, et donc en fait du groupe Canal. Canal qui est le premier financeur privé, le mention est avant, non, privé du cinéma français, avec des obligations de financement du cinéma pour avoir le droit de diffuser les films en avance par rapport aux chaînes gratuites. C'est ça qui justifie que Canal demande un abonnement, qui est cher. L'abonnement ciné de Canal, c'est à peu près 30 euros par mois. Et donc, ils ont besoin d'avoir des films, un renouvellement du catalogue. Sauf que Vincent Bolloré, on connaît tous son agenda politique.
On le voit avec le groupe des médias qu'il possède, CNews, le JDD, Europe 1 notamment. Et Vincent Bolloré, il a décidé d'agrandir son empire en achetant d'ici 2028 100% des parts du GC, qui est le troisième groupe d'exploitation de salles de cinéma en France, jusqu'à 55 salles, c'est 55 cinémas et 510 salles en France et en Belgique, ce qui lui permettrait à cet horizon-là de détenir la possibilité d'agir sur l'ensemble de la chaîne de financement d'un film. Je le rappelle, c'est interdit aux États-Unis. Un studio ne peut pas posséder une salle de cinéma. Sérieux ? Au state ? Oui, l'estate, c'est plus réglementé que chez nous en la matière. Je ne savais pas, c'est incroyable.
On a pu lire que les pétitionnaires, dans lesquels il y a des noms du cinéma, il y a Swan Arlo, Anna Moulalis, Juliette Binoche, Jean-Pascal Zaddy, des gens qu'on connaît. Il y a aussi des techniciens, des producteurs, des productrices. Il y a tous les métiers du cinéma qui sont représentés. On a pu lire et on a entendu aussi que c'est des gens qui criaient avant d'avoir mal. Parce que Bolloré, en réalité, pour l'instant, il n'a pas trop, trop touché. C'est vrai que j'ai entendu ça, oui. Il n'a pas trop, trop touché, ce qui n'est pas totalement vrai. Il y a quelques cas d'interventionnisme de Bolloré. Il a retiré son financement à Grâce à Dieu en des films qui parlaient de...
L'affaire Prénat. Voilà, l'affaire Prénat, la pédophilie dans le monde de l'Église. Il a fait réécrire une partie du scénario de la série Paris 1905 parce que ça parlait de la laïcité. Oh là là, c'est très grave. Et l'année dernière, c'est Christophe Honoré, le cinéaste, qui disait dans Trois Couleurs, le magazine de cinéma, que lors d'une session de validation des financements par canal, Bolloré était là et qu'il aurait dit, dans mes films, je cite, pas de PD, pas de syndicaliste. Or, il y avait deux films qui étaient présentés. Celui de Christophe Honoré, plaire aimé courir vite sur l'homosexualité et le film de Stéphane Brisé en guerre sur le syndicalisme. Donc, il agit.
Et donc, il ne crie pas vraiment avant d'avoir mal. Mais surtout avec Bolloré, il faut crier avant d'avoir mal parce qu'on sait très bien qu'à la fin, on va finir par avoir mal. Et tous les hommes dans les médias, l'autre.
Alors, en l'occurrence, la réaction du patron de Canal+, envoie un message assez clair au monde du cinéma. Vous vous soumettez ou vous dégagez ?
C'est important ce qu'il a dit parce que de parler de ce qu'a dit Christophe Honoré. Moi-même, je discutais avec une monteuse qui a travaillé pour Canal, là, il n'y a pas longtemps. Et elle me disait assez vite, il y a eu deux sujets tabous. Voilà, notamment tout ce qui est lié à l'Église et puis, bon, Sarkozy aussi. Et donc, c'est un patron qu'on sait interventionniste. On le sait. Et il y a un des arguments qu'on entend souvent dans la bouche de ceux qui veulent défendre Bolloré. En fait, c'est un argument que Bolloré a utilisé lui-même. Regardez, j'ai fait l'histoire de Suleymane, quand même. Il y a eu l'histoire de Suleymane.
Et ensuite, le dernier Dominique Molle, Dossier 137, qui parle de violences policières, quand même. Et quand vous entendez des gens qui défendent Bolloré en disant « Oui, mais quand même, il y a Dossier 137 et il y a l'histoire de Suleymane. » En fait, ça, c'est l'argumentaire. C'est leur argumentaire. C'est-à-dire, c'est vraiment les arbres qui cachent la forêt de films qui n'ont pas pu se faire parce qu'ils financent quand même moins le cinéma qu'avant. C'est des budgets qui ont globalement baissé. Ils essaient de renégocier pour avoir à financer encore moins la prochaine fois. Et pourtant, ils gardent une place centrale et ça se chie dessus.
Franchement, vous regardez les réactions à gauche, à droite. C'est vraiment impressionnant de voir que le milieu entier est pétrifié. C'est un petit peu ce que je disais l'autre fois quand je parlais de Grasset sur ce plateau. Je souviens que tu parlais de Grasset sur ce plateau et tu disais… Justement, ils n'ont pas crié avant d'avoir mal. Ils ont crié après. Et en mode, ça ne va pas nous arriver, nous, il ne va rien nous faire, il suffit de faire le doron et ça va bien se passer. Et puis, bam, il y a eu le licenciement d'Olivier Nora. Et là, ils ont fait une tribune un peu trop tard pour dire. Et donc là, le cinéma a enfin réagi alors que ça fait dix ans qu'ils font le doron.
Donc, ça fait du bien. Ça conflictualise un petit peu la question et ça force tout le monde à se placer. Pas seulement les acteurs du cinéma, mais aussi les politiques.
Alors, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, a réagi dans Libération en assurant avoir, je cite, « entendu l'émotion, l'inquiétude qui s'extrime dans le secteur du cinéma » et en disant qu'il ne fallait pas alimenter ces polémiques qui fragilisent le cinéma français en attaquant ses différents piliers accusés d'être au service d'idéologie politique. C'est timoré comme sur de la part de la ministre de la Culture.
Parce qu'il faut quand même remettre dans le grand-là ce que dit Maxime Saadal, patron de Canal+, en disant, finalement, on ne travaillera plus avec ces gens-là. C'est ni plus ni moins qu'une discrimination sur la base des opinions politiques, en fait. Et même plus largement que les opinions politiques. C'est proprement illégal. Voilà, c'est tout simplement illégal. Et en fait, face à ça... C'est illégal parce qu'il y a des gens qui répondent, les gens qui défendent Bolloré, certains répondent, il fait ce qu'il veut, c'est sa boîte, c'est son pognon.
Oui, mais justement, je trouve que dans notre société extrêmement individualiste, il y a des choses comme ça qu'on commençait à imprégner dans la société, comme quoi finalement, je suis le payeur, donc je décide de ce que je veux. Ah non, en fait, ce n'est pas vrai. C'est réglementé déjà. Et de base, il y a un droit du travail. Et en plus, la question du financement du cinéma, il est encore plus réglementé. Emilio l'a très bien dit, ce n'est pas un mécène Bolloré dans le cinéma. Il fait de l'achat et du pré-achat de films. Il est obligé de le faire. Il est obligé de le faire pour avoir son modèle-là. Et c'est un truc qui date de bien avant Bolloré. C'est constitutif de Canal+.
Et donc, moi, ce qui me marque, c'est qu'on est dans ce monde où il y a quelqu'un, un grand patron, qui ose dire tout haut qu'il ne va pas respecter la loi, et le gouvernement est là en disant « Pas de vagues, du calme ». Et ça me fait penser, moi, à la polémique sur le 1er mai, d'une certaine manière. Je veux dire, un petit patron, un boulanger qui ouvre, le Premier ministre l'appelle pour dire « T'inquiète, gars, on ne va pas bouger ». Ce qui m'a fait penser à Uber aussi, dont je parlais juste avant, où Uber est arrivé à chaque fois en ne respectant pas les règles. Et après, au pire, on changera les règles, etc. Donc, eux, ils tapent, et après, les politiques les temporisent.
Rachel, cette réaction, cette demi-réaction de la ministre de la Culture qui, vraiment, ne se mouille pas beaucoup, est-ce que tu y vois la volonté des macronistes de donner des gages à Bolloré, à un an d'une présidentielle ?
Alors, il y a plusieurs manières de le voir. Il y a une manière plus modérée qui est de dire, au fond, comment dire, de… c'est rigolo parce que le débat qu'on avait avant sur la chaîne de l'UMA, c'était sur ce sujet-là et… On va le refaire, c'est pas grave. Non, non, mais c'est pour renvoyer vers ça. D'un côté, la socialiste qu'on avait avec nous, Aïda Adizadeh, disait « Les socialistes, ils aiment les gens qui font de l'argent, au fond, ça leur parle, ils ont ce côté, voilà, on n'aime pas la réussite en France, voilà, quelqu'un qui réussit. » Louis Boyard, lui, était plus dans une vision…
Non, mais il n'était pas fondamentalement désaccord, mais il insistait plus sur le fait qu'il y a peut-être une convergence idéologique aussi. Moi, j'ai l'impression que les macronistes, ils sont pétrifiés face à Bolloré, et donc, du coup, ils se disent qu'en étant sympa avec Bolloré, « Ce sera moins pire. » Je crois qu'eux aussi, ils auront mal à un moment donné.
Pour équilibrer, il faut que je donne la parole à l'humain, Emilio.
Non, mais dans le prolongement de ce que dit Rachel, il y a aussi la position qu'a exprimée le président de l'Arcom, notamment le président de l'Arcom, qui a demandé à… Redescendre un peu. Oui, voilà, il faut redescendre un peu. Le cow-boy, là, pardon, mais un peu arbitre, on redescend les amis. On dirait la BD de François Ruffin, tu vois. Tout le monde a équidistance. Respectez la police, et vous respectez votre uniforme. Du coup, tout ça me fait me dire qu'il faut citer… Ce n'est pas pour faire la promo de ce que j'ai fait cette semaine, mais j'ai fait un entretien avec un amourg d'Alice cette semaine, qui fait partie des signataires que vous pouvez retrouver sur le site de l'humain.
Le titre de cet entretien, c'est « Le silence ne sauvera personne ». Et ça vaut à la fois pour les personnes du monde du cinéma, qui pensent qu'en faisant le dos rond, en disant « Non, non, mais Bolloreux fait quand même bien son travail, Canal+, fait quand même bien son travail, comme l'a fait Mathieu Kassovitz, ne serait-ce que ce matin ou hier. Il a dit « Jusqu'ici, tout va bien, quasiment ». Voilà, « Jusqu'ici, tout va bien », mais il a oublié la fin, c'est l'atterrissage qui compte. Et les autres, mais ça vaut aussi pour les macronistes. Faire le dos rond, ça ne sauvera personne, ça ne les sauvera pas plus, eux, que les gens du cinéma.
C'est un rouleau compresseur qu'ils ont en face, ils se servent d'armes quasiment déloyales. L'Empire Bolloré, c'est aujourd'hui une force de frappe sans équivalent dans le monde des milliardaires, parce qu'il ne fait pas de pognon avec son empire médiatique. Autant avec Canal, c'est une machine à cash qui lui permet de faire rentrer justement de l'argent en même temps que ses possessions en Afrique. Mais voilà, par contre, il a une tête de pont de son empire qui est son empire médiatique. Et ça, il perd du pognon avec ça, Bolloré.
Mais il s'en fout parce qu'il a bien compris que c'est grâce à ça, et en faisant tapis de bombe, comme le fait l'extrême droite sur à peu près tous les sujets, qu'ils gagneront. Et les macronistes vont être balayés par ça. Soit ils vont se laisser embarquer justement parce qu'ils veulent collaborer, c'est le débat du moment, ou alors il faudra résister. Mais il n'y a pas de « je reste là en comptant les points, en regardant les balles passées ».
Jules, c'est quoi le pouvoir de nuisance de Bolloré à ce stade ?
Là, il y a un truc, c'est qu'il s'attaque à la société civile. C'est-à-dire qu'il s'agit vraiment de pétrifier la société civile, c'est-à-dire les gens qui pourraient prendre la parole, etc. Donc dans l'édition, les auteurs qui commencent à prendre la parole, peut-être qu'ils l'auraient fait avant, s'il n'était pas chez Grasset, par exemple. Donc à partir du moment où tu tiens tout un milieu, et où tu peux perdre ton taf si tu l'ouvres contre lui, alors là, du coup, ce qu'a fait Maxime Saada, au moins c'est clair. Je pense que ça va aider.
D'ailleurs, beaucoup de gens ont rejoint la pétition depuis, parce que la violence de la réaction de Maxime Saada dimanche a donné raison à ceux qui avaient fait la tribune à la base. Et donc il y a beaucoup de gens qui sont arrivés en mode, bah oui, évidemment. Donc là, l'idée, c'est de pétrifier vraiment la société civile. Et c'est assez inquiétant parce qu'il a vraiment procédé secteur par secteur. Il y a des secteurs assez insoupçonnés. Quand tu sais qu'avec l'édition, il va avoir les manuels scolaires, etc. Mais cet après-midi, je lisais que... Oui, avec Hachette.
Cet après-midi, je lisais que, par exemple, une de ces sociétés a gagné l'exploitation du Marathon de Paris pour les cinq prochaines années. Donc, les marathoniens, les sponsors, je ne sais pas quoi, les coureurs, je ne sais pas, je ne cours pas moi, mais... Est-ce qu'il y en a qui vont dire, moi, je ne vais plus dire de mal de Bolloré, sinon je ne pourrais plus aller au Marathon ? Jusqu'où ça va aller ? Les boutiques officielles de la Tour Eiffel, c'est Bolloré, par exemple. C'est un peu comme ça. La Tour Eiffel ? Les boutiques. La Tour Eiffel, pas encore.
Non, non, mais les boutiques, d'accord. Les boutiques. Il y a des boutiques à la Tour Eiffel ? Non, mais d'accord. Oui, il y a deux, trois boutiques. Non, mais il y a les relais dans les gares et tout. Non, non, l'Empire Bolloré est quand même assez impressionnant. Tous ces sujets nous font tourner autour du pot de la concentration des médias. Est-ce que ça va être un sujet central dans l'élection présidentielle 2027 ? Toi, je crois que tu es assez dubitative, Rachel. Qu'est-ce que tu en penses ?
Il faudrait, bien sûr, que c'est un enjeu démocratique de première importance. On en avait parlé un peu la dernière fois. Moi, la démocratie, ce n'est pas juste les élections. Vous avez compris que j'adore ça, mais c'est des conditions d'exercice. C'est tout ce qui se passe entre deux élections. C'est ce qui se passe avant une élection. C'est de l'éducation. C'est des médias libres, indépendants, divers, pluralistes, qui peuvent faire des enquêtes, qui ont les moyens de travailler. Sans ça, vous votez, mais vous votez sans savoir trop pourquoi, en vérité. Donc, ça devrait être un sujet. Je crois que ça ne le saura pas, parce que c'est un peu perçu.
J'en ai peur, peut-être que je me bats un peu trop ma coulpe, mais je pense que c'est perçu comme un débat de parisien, un peu élitiste. Et j'ai peur que ça passe à l'as un peu à cause de ça. Un peu comme le débat institutionnel, qui passe, et ce n'est pas totalement illogique, qui passe derrière les sujets du pouvoir d'achat, de la guerre éventuellement. Mais c'est tout un tas de sujets sur lesquels la France ne s'est pas vraiment prononcée depuis très longtemps, et on en aurait besoin. Et en même temps, la bolosphère a réussi à politiser, voire à intéresser des gens, avec la question de la neutralité du service public.
On aurait pu considérer que ça ne va pas prendre, ça ne l'intéresse pas, mais il y a quand même eu une campagne, où maintenant tu as des gens... Enfin, je pense que ça a un peu pris dans l'électorat de droite, cette campagne contre le service public de l'audiovisuel. Je pense qu'ils n'étaient déjà pas acquis avant ? Je pense qu'il y a plein de gens, pour te contredire, y compris dans les classes populaires, y compris de partout, qui voient bien que Bolloré est un milliardaire raciste, qui a des chaînes racistes, payées pour déverser sur ce pays du racisme, et monter les gens les uns contre les autres. Il y en a pour qui c'est assez évident, plein de catégories de la population.
Donc, ce n'est pas seulement une question de la concentration des médias. Moi, ce que j'aimerais, c'est même qu'on pose la question du pouvoir des grandes fortunes sur ce pays, du pouvoir des milliardaires. C'est un thème récurrent chez moi, mais est-ce que ce n'est pas en train de bouffer la démocratie comme c'est fait aux Etats-Unis ? Et est-ce que dans 50 ans, on ne regardera pas cette période en se disant mais les milliardaires avaient le droit de faire tout ça ? Mais vous m'étonnez que ça n'a pas marché le truc et qu'on s'est retrouvé avec Bardella ? Pas du tout, pas du tout. Jean-Luc a gagné, au final, dans le futur.
Sans doute qu'il y a plein de gens qui pensent ça et c'est heureux, mais est-ce qu'ils vont considérer ça en premier dans leur choix de priorité au moment du vote ? En tout cas, j'ai entendu Mélenchon dire ça, c'est dans les premiers trucs qu'il faut qu'on arrive à faire quand on est au pouvoir et dans les premiers mois.
Exactement, Jean-Luc Mélenchon en a fait un enjeu de campagne, il a déclaré qu'il souhaitait démanteler les groupes de presse privés dès le premier trimestre suivant son élection. Alors ça sous-entend qu'il remporterait les élections législatives déjà et qu'il ferait passer parmi les premiers projets de loi un truc sur la concentration des médias. Est-ce que ça pourrait être un espèce de marqueur de quinquennat important ?
En tout cas, on dit déjà que c'est possible la première chose parce qu'il y en a plein de gens qui pensent que ce n'est pas possible. J'ai vu la question dans le chat, est-ce qu'on peut comme ça dissoudre ? Non, on ne dissout pas, mais il y a plusieurs options. On peut obliger, via des lois, à empêcher cette concentration des médias, c'est-à-dire qu'on ne peut pas posséder une télé, un journal et une radio, et un site internet, et un magazine. En fait, on peut mettre des conditions, ce qui fait qu'il sera obligé, pour se mettre en conformité avec la loi, de vendre. On peut aussi nationaliser. J'ai vu des propositions qui disent, pourquoi en fait on ne nationalise pas Canal ?
Comme ça, c'est directement... Hop, le CNC, on le met avec le CNC. Par exemple. Après, je ne sais pas si je le... Non, mais je ne le pense pas. Mais non, mais... Non, je ne dirai rien, je ne dirai rien. Mais exprime-toi, c'est la liberté d'expression, je continuerai à travailler avec toi, contrairement. Aussi, peut-être parce que c'est toi mon boss, là.
Contextualement. Non, non, non, mettons tout dans le CNC, il faut juste changer les règles du CNC, c'est tout. Enfin bref, c'est un autre débat. Ça devient France Ciné. France Ciné, c'est pas très bien.
France Création. Voilà. Mais en tout cas, voilà, c'est possible et ce serait forcément un marqueur d'un potentiel quinquennat, même s'il sera peut-être plus court, parce que si Jean-Luc Mélenchon arrive, il y aura la Signe République, normalement pas au bout de cinq ans, mais on en reviendra. Je rappelle que CNews peut être débranché, là, facilement, demain. Il suffit que l'Arcôme se bouge le cul, il y a tout, les textes de loi, ils ont le droit. Ils ont le droit de suspendre le canal. Ils ne respectent pas leurs engagements, en l'occurrence.
Il faut le rappeler, voilà, les chaînes d'information, sur toutes les chaînes privées, utilisent un canal, une fréquence publique qui leur est donnée gratuitement, en échange, du pluralisme et de respecter tout un tas d'obligations. Alors, TF1 ne l'a jamais respecté, par exemple, en mettant, en tout cas, en jouant avec les règles, par exemple, en mettant toute la création, la culture, la nuit, quand personne regarde, de l'opéra et truc bidule, pour mettre des conneries de télé-réalité, genre Secret Story. et CNews ne les respecte pas plus. C'est ce qu'a montré la fermeture aussi de C8 et les travaux de Claire Sécaille, la politologue, l'avaient très bien montré auparavant.
Juste d'un mot, sur le fait que c'est possible, des lois antitrust, puisqu'en fond, c'est ça, c'est une loi antitrust, c'est quelque chose qu'on a fait très régulièrement dans l'histoire et notamment aux Etats-Unis, sur le lot du contrôle.
Mais en France, sur la presse, la loi R100, c'était une loi antitrust. Bien sûr. Aujourd'hui, il est interdit de posséder plus d'un certain nombre de titres de presse quotidienne nationale. Ça ne s'appelait pas la régionale. Avec Internet, ça a totalement explosé le champ. Donc du coup, c'est complètement... Mais il faut revoir ces lois, bien évidemment. Mais bon, écoutez, à discuter et peut-être que ce sera un enjeu de cette campagne présidentielle.
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Il s'est passé pas mal de choses en un moins dans le paysage politique. À gauche, d'abord avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Il a officialisé sans surprise sa candidature à l'élection présidentielle. C'était le 3 mai dernier. Une candidature qui n'a surpris personne. Rachel, toi, ce qui t'a surpris, c'est le tempo par contre.
Tu trouves ça tôt ou tard ? Alors, effectivement, vu l'historique présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, c'est plutôt tard puisque la dernière fois, avant 2022, il s'était déclaré fin 2020. Un an et demi avant. Donc, très longtemps avant. Là, on est moins d'un an avant le second tour de la présidentielle. C'est vrai que sur le papier, je me suis dit, tiens, c'est bizarre, c'est tôt parce qu'au fond, Jean-Luc Mélenchon, il était déjà en campagne. Il remplissait déjà des salles de meetings aux quatre coins du pays.
Et je me disais qu'il n'avait pas forcément besoin du petit bump normalement que vous avez quand vous déclarez votre candidature aujourd'hui et qu'il pouvait laisser tout le monde un peu patauger dans sa gadoue dans le reste de la gauche et pas que. Et en fait, force est de constater après presque trois semaines que c'était plutôt bien joué parce qu'en fait, cette petite pichenelle, puisque comme tu l'as dit, il n'y a pas de surprise, elle a suffi à faire effondrer le château de cartes du reste de la gauche. Château de cartes qui n'était déjà pas ouf. Qui n'était déjà pas ouf. Ils seraient tombés sans ça. Ils n'ont pas les meilleurs architectes pour faire des châteaux.
Non, ils n'ont pas ni les meilleurs matériaux. Abatté le château de cartes !
Qu'est-ce que vous en pensez les autres, cette candidature qui effectivement, sans être une surprise, a eu cette espèce d'effet de souffle parce qu'il y a une espèce de puissance de la France Insoumise en campagne présidentielle qui a déjà été acquise à l'occasion des deux précédentes campagnes présidentielles et qui semble inarrêtable à gauche.
Il n'a pas de tort Mélenchon quand il dit chez nous c'est carré, on a un programme, un candidat. Comment ça marche une campagne ? Ça c'est de la kryptonite pour les autres. Comment ça se passe quand tu es électeur de gauche ? Tu dis je regarde les options qui s'offrent à moi dans le paysage de gauche. Tu pouvais dire moi je me pince un peu le nez avec les Insoumis parce que blablabla. Il y a des raisons aussi. Des raisons objectives de ne pas être d'accord, etc. En fait, tu regardes à côté et tu fais et en fait tu regardes ce qui est le plus solide.
Tu vois qu'aujourd'hui en plus ses adversaires le font monter l'extrême droite et le bloc macroniste enfin l'extrême droite parce qu'en fait ils se disent eux on a tout intérêt à l'affronter au deuxième tour parce qu'ils pensent que c'est le meilleur candidat qu'ils pourraient battre et en fait les macronistes le font monter parce qu'en fait ils en font l'adversaire principal parce que c'est lui qui est aujourd'hui en position de leur empêcher d'accéder au deuxième tour.
De toute façon c'est la tripolarisation du paysage politique qui fait que tu as l'ERN, la France Insoumise et les macronistes et tout le reste du champ politique en fait joue en série B quoi.
Puis pour des électeurs il faut aussi voir que quelque part les électeurs ont fini par s'habituer j'ai envie de dire que même à gauche il y a une résignation chez les non-mélenchonistes une résignation non seulement à ce que bon bah Mélenchon on connait putain les Insoumises ont encore tout préparé il y a déjà la batterie de meetings de prévu sans doute un programme qu'ils vont feuilletonner il va y avoir des annonces de trucs je suis sûr que ça va être construit il y a un truc il y a un projet en fait ils savent où ils vont ils donnent l'impression d'avoir un plan c'est quand même assez rassurant et surtout pour un électeur de gauche qui vote depuis depuis 15 ans là il se dit ouais par contre et puis le reste de la gauche je l'ai jamais vu faire un truc bien c'est-à-dire qu'au bout d'avant il y a de l'expérience le reste de la gauche je les ai vus le PS j'ai vu le score d'Hidalgo j'ai vu même Hamon on l'aimait bien bah il s'est planté aussi Jadot le machin enfin les autres options sont même pas crédibles elles vont sans doute pas être mieux cette fois-ci donc même par expérience tu te dis d'avance on y va
puis t'as aussi le vote utile t'as aussi un vote utile qui va carburer pour Jean-Luc Mélenchon parce que beaucoup d'électeurs de gauche en ont ras-le-bol de pas voir la gauche au second tour d'une élection présidentielle depuis 15 ans et voilà et donc je ne sais pas si il fonctionne de la même façon
cette fois-ci ah oui tu ne penses pas ? alors peut-être que le risque de voir l'extrême droite l'emporter à la fin et une troisième élimination de la gauche au deuxième tour de l'élection présidentielle peuvent changer la donne mais j'ai quand même l'impression qu'il rebute encore davantage une partie de la gauche Jean-Luc Mélenchon voilà j'ai des expériences j'ai autour de moi des gens qui sont très mélenchonistes et des gens autour de moi qui sont très anti-mélenchonistes mais t'as des gens autour de toi qui sont très politisés oui mais non pas que sincèrement pas que dans ma famille par exemple alors des bourgeois
pardon
je sais pas mais ils ont le droit de l'autre je te parlerai plus tard de ma famille d'accord peut-être hors antenne mais ça a commencé assez tôt dans le quinquennat en fait dès l'affaire Catenins on a vu une partie du mouvement féministe c'est quand même compliqué il y a eu l'imbroglio disons autour du communiqué du 7 octobre et la façon dont ils ont mené le combat dont ils ont mené le combat pour la Palestine certains considèrent qu'ils l'ont rendu minoritaire que ça a été mal géré voilà et donc il y a tout un tas d'électorats qui ont pu s'agréger en se disant Mélenchon plus jamais alors moi je n'y crois pas forcément à ce Mélenchon plus jamais parce qu'en fait à la fin le risque c'est Bardella mais aussi ils peuvent avoir peur en se disant Bardella ou Le Pen qu'au deuxième tour parce que les sondages ils valent ce qu'ils valent mais en tout cas ils sont martelés notamment par l'Empire Bolloré et c'est si on regarde les sondages pour l'instant le plus mauvais candidat potentiel de ceux qui peuvent potentiellement arriver au deuxième tour voilà et donc moi je ne pense pas du tout qu'ils soient à 25% au deuxième tour comme l'annoncent les sondages mais ça peut être un truc dans l'électorat de gauche qui est un électorat stratège
sur la doctrine de la France insoumise en l'occurrence toi Usul tu notes qu'il y a un raidissement de Jean-Luc Mélenchon sur le Grand Capital il propose la nationalisation de Total par exemple je ne sais pas
mais je le trouve offensif voilà mais plus qu'avant sur Bolloré ou voilà d'avancer direct en disant on va démanteler ce truc là day one et sur Total là ça y est je me souviens quand on était justement à la fête de l'Huma et j'avais Mélenchon là tu vois et j'ai pu au moins poser 2-3 questions pendant qu'il parlait t'avais pas de micro
t'as réussi à remplacer une
t'avais pas de micro alors oui on avait un micro pour deux donc je dis je vais reprendre le micro à Jean-Luc voilà mais je lui avais demandé et sinon on nationalise Total et il me fait oh là doucement et je sentais que voilà c'était pas le moment et là alors même qu'il arrive en phase c'est sa phase pas de pire assurant qu'il va essayer de développer mais pourtant même ça il se dit on peut quand même aller sur nationalisation de Total et des revendications qui sont pas des revendications juste de slogans mais qui sont des options stratégiques de la même manière qu'il va falloir lutter sur les grands enjeux il va falloir lutter contre les GAFAM il va falloir lutter et c'est vrai que j'ai assez confiance dans le fait qu'il va partir sur du stratégique dans le programme en tout cas il va y avoir des questions sur l'IA etc je fais pas confiance au macronisme mais il va aussi chercher des thématiques moins clivantes
on est toujours dans la stratégie des diabolisations de Jean-Luc Mélenchon aller chercher aussi des thématiques moins clivantes comme on l'avait déjà vu faire sur la nutrition sur la santé sur l'environnement etc Rachel ?
eux quand on les interroge ils parlent pas du tout de dédiabolisation non c'est moi qui utilise le terme c'est Papy Jean-Luc non mais surtout ils disent pas du tout on ne se modère pas c'est vraiment pas du tout ce qu'ils disent ils ont pas du tout l'intention d'aller chercher un électorat enfin en tout cas ils comptent pas faire d'efforts pour aller chercher proactivement un électorat social-démocrate disons le problème c'est que pour revenir un peu sur ce que disait Emilio tout à l'heure moi j'ai aucun doute que Jean-Luc Mélenchon peut réussir une bonne campagne présidentielle j'ai aucun doute qu'il peut attirer du vote utile de gauche à cette campagne présidentielle je dis pas que c'est fait mais c'est tout à fait possible par contre je pense qu'il y a une partie de l'électorat de gauche qui encore en 2022 a considéré que le vote utile pour Jean-Luc Mélenchon était une option ce qui l'a amené à 22% qui là risque d'avoir peur sur le côté si je veux absolument éviter Bardella ou Le Pen il faut peut-être que je vote pour un autre candidat que Jean-Luc Mélenchon et peut-être même un autre candidat qu'un candidat de gauche c'est Thomas Legrand qui écrivait ça dans l'Ib mais c'est pas que Thomas Legrand qui l'écrit c'est un truc moi je crains que c'est quelque chose qui existe si des gens de gauche sont prêts à voter Edouard Philippe au premier tour j'ai envie de dire je leur retire leur carte de gauche mais en 2017 mais on peut leur retirer leur carte de genre de gauche comme Macron il est de droite et de gauche mais oui mais sauf qu'en fait en 2017 il y a des gens qui ont eu peur d'un second tour Fillon-Le Pen à un moment donné et qui se sont dit quand même mieux voter Macron alors qu'il n'y a aucune chance de l'autre côté une partie de ces gens-là ils ne sont jamais revenus à gauche et ça fait en sorte que la gauche elle est aujourd'hui à un tiers des voix donc peut-être que là il y aura des gens qui se diront bah là il faut sauver le truc je veux le moins pire possible je vote là mais ils ne reviendront pas tous et à la fin c'est une gauche qui se recroqueville toujours un peu plus quand même et bah c'est Macron on verra mais bon déjà il y a d'ici la prochaine par rapport aux dernières élections il y a plein d'eux qui seront morts il y a plein de jeunes qui vont arriver mais tous les jeunes ne sont pas insoumis tous les jeunes ne votent pas les insoumis ont quand même recruté vachement de monde il y a eu un apport de forces militantes qui peuvent être cruciales personne ne dit qu'ils sont faibles que ce soit notamment et ça c'est plus que la dernière fois je veux dire je pense qu'ils ont un nombre de troupes il suffit de voir le temps qu'il leur a fallu ils partent de plus haut ils partent de plus haut mais ils partent de plus haut en masse c'est à dire que là aujourd'hui on peut dire que c'est un des seuls partis de masse en tout cas ce qui ressemble le plus à un parti avec des militants à gauche il n'y a aucun doute le PCF n'est pas dégueulasse ça veut dire que c'est eux qui vont faire les caravanes les caravanes insoumises l'été ils vont essayer d'inscrire des jeunes sur les listes électorales des jeunes et des malins c'est peut-être qu'à Paris mais moi j'ai l'impression qu'on me distribue un traque de la France Insoumise toutes les 10 minutes oui ils vont coller comme des malades mais là en tout cas ils sont vraiment dans une phase active il y a un meeting de Jean-Luc Mélenchon qui est prévu à Saint-Denis le 7 juin le 7 juin donc effectivement il y a cette chose là moi je suis enfin je partage une partie des choses que dit Rachel sur le fait que l'état-major insoumis ne dit pas on va on va se modérer pour essayer de conquérir un électorat mais il y a quand même un changement de stratégie c'est la fameuse mitterrandisation de Mélenchon parce qu'en fait entre deux élections entre deux élections présidentielles la France Insoumise a une stratégie qui est claire c'est-à-dire on choisit des sujets qui clivent énormément en s'adressant à une partie de l'électorat voilà ils sectorisent et les électorats qui vivent ce qui est normal ce que fait chaque partie sauf qu'eux ils l'assument plus que d'autres voilà on choisit un sujet qui clive puis on passe à un autre en pensant que c'est ça qui fait s'agréger des petites strates de l'électorat et arriver à un moment de l'élection présidentielle puisqu'il pense avoir et c'est sûrement le cas d'avoir agrégé suffisamment de monde pour avoir une base électorale solide passer à l'étape supérieure qui est celui de pouvoir agréger justement le vote utile parce qu'il pense qu'à la fin ce fameux électorat Sosdem qui ne cherche pas à draguer je ne sais plus parmi je crois que c'est Manel Bompard qui me l'avait dit de toute façon ils finiront par voter pour nous ok je vais le dire autrement parce que moi ça m'emmerde un petit peu cet argument de cette analyse selon laquelle ils clivent pour faire exprès pour bien consolider leur base d'arabes et de jeunes non pas d'arabes et de jeunes non mais j'ai pas dit ça j'avoue t'abuses un peu là c'est un petit peu mais non sur l'écologie c'est sur tous les sujets mais c'est pas du tout un problème c'est une stratégie assez assumée d'ailleurs de la part de la France est-ce qu'on peut pas justement juste supposer que éventuellement il y a une colonne vertébrale politique qui est assez cohérente et c'est que quand il y a des raidissements et qu'en face tout le monde on sait pas où ils vont on sait pas ce qu'ils disent on sait pas ce qu'ils veulent chez les insoumis au moins tu sais à peu près toujours ce qu'il va y avoir un peu de radicalité un petit peu de résistance et une colonne vertébrale politique ils choisissent les sujets qu'ils mettent en avant et que in fine ça finit par payer parce qu'on leur fait plus confiance qu'à d'autres oui mais je dis pas du tout le contraire je dis que dans leur stratégie de communication médiatique ils choisissent de mettre tel ou tel sujet en avant pour s'adresser à tel ou tel parti je sais pas s'ils y arrivent tant que ça mais quand ils mettent en avant la constitutionnalisation de l'IVG c'est qu'ils s'adressent à un public féminin féministe notamment pour pouvoir leur dire regardez nous allons améliorer vos droits si nous arrivons au pouvoir c'est pas simplement les arabes et les cartes populaires ils le font sur tous les secteurs de l'électorat parce qu'ils savent que selon les catégories de personnes le déterminant du vote ne se situe pas au même endroit tu veux dire que la France insoumise segmente aussi l'électorat comme Glucksmann tout le monde segmente bien sûr et c'est normal en fait c'est une évidence de la stratégie électorale d'un mot ça marche c'est vrai mais pour l'instant je dis bien pour l'instant ça marche que juste pour être le roi du cimetière ah ça c'est une formule de Tondelier ça ben oui non mais c'est un peu vrai
alors on va parler du reste de la gauche justement parce que se pose la question de ce qu'elle fout le reste de la gauche qui était déjà pas bien le château de cartes c'est le cimetière voilà c'est le cimetière parlons du cimetière quelques jours après l'annonce de la candidature de Mélenchon on a appris que Boris Vallaud le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale et rival d'Olivier Faure claquait la porte de la direction du parti socialiste qu'est-ce qui s'est passé qu'est-ce que c'est que ce merdier ils étaient alliés ils sont plus alliés le fond du problème c'est la primaire on est d'accord Rachel ou Emilio non vas-y Rachel moi j'en ai marre franchement j'ai prévu 5 minutes on peut faire 5 minutes on peut faire 5 minutes sur le PS parce qu'il se passe quelque chose
alors eux ils maquillent ça c'est pas totalement faux non plus sur un manque de collégialité au parti socialiste sur le fait que ça travaille pas bien ensemble voilà en fait Fort et Vallaud formait une majorité qui dirigeait le PS depuis le congrès d'il y a pile un an et Vallaud considère qu'il n'est jamais associé à ce qui se passe donc au bout d'un moment il a dit c'est bien gentil mais je m'en vais et évidemment que là-dedans il y a aussi la question de la stratégie pour l'élection présidentielle Olivier Faure a priori toujours une primaire dans le Sokol périmètre de Ruffin avec Duxman alors que Boris Vallaud lui il n'est pas contre ce périmètre là mais sans primaire voilà à peu près pour le dire simplement
sur la question de la ligne politique du PS j'ai l'impression que 9 ans après le départ du pouvoir de François Hollande le PS n'a toujours pas réglé la question de qu'est-ce qu'on fait du quinquennat Hollande on en est on est vraiment sur un parti encore aujourd'hui entre une moitié qui est plutôt pour assumer le quinquennat Hollande le revendiquer autour de François Hollande lui-même Bernard Cazeneuve Raphaël Luxman ce sont des gens qui sont plutôt sur cette ligne qui sont pas au PS qui sont dans l'espace de la droite du PS en tout cas ceux avec qui la droite du PS ont envie de faire une fédération et de l'autre côté on peut dire la gauche du PS si on veut autour d'Olivier Faure qui est beaucoup plus critique du bilan de François Hollande avec Chloé Riedel qui a sorti le programme qui a été largement critiqué par les hollandistes etc je trouve ça ouf que 10 ans plus tard le PS est toujours dans cette crise ouverte en 2016 avec la primaire et qu'en fait ils n'ont pas réussi à dépasser le problème parce qu'ils passent leur temps
à la fois à faire des exacts stratégies qu'on ne comprend plus si on fait la liste Glucksmann 2019 Anne Hidalgo ensuite on fait la NUPES ensuite on fait Glucksmann ensuite on fait le NFB donc déjà on ne sait plus dans quel espace il se situe ensuite sur la question de la ligne aujourd'hui nous on veut fédérer la gauche non-mélenchoniste la gauche mélenchoniste c'est pas une ligne politique être contre quelqu'un pardon non-mélenchoniste c'est pas la gauche non-mélenchoniste pardon c'est pas une ligne politique ça c'est la deuxième chose et puis il y a un problème il y a un problème de fond c'est qu'effectivement c'est bien enfin le Parti Socialiste nous propose un projet construit jusque là on ne savait pas ce que pensait le PS sur la plupart des c'est vrai que c'est une nouveauté moi je ne m'attendais pas à ce que le PS ait un programme avant un candidat et donc tout ça à la fin ça donne raison à l'analyse que faisait Jean-Luc Mélenchon en 2008 au moment de quitter le PS c'est que cette logique de courant qui fracture le Parti Socialiste ce qu'eux appellent la démocratie interne socialiste ils passent quand même leur temps à tricher dans les congrès peut-être moins à Nancy qu'au précédent à Marseille mais en tout cas c'est quand même régulier et disons que cette logique là qui fait que les socialistes passent leur temps à se foutre sur la gueule entre eux ce qui fait que ça crée un cafarnaum pas possible et que ça empêche de donner une direction une ligne claire à la France insoumise c'est certes il y a un peu moins de démocratie interne ah bah c'est pas carré non mais alors ils votent ils votent pas de la même façon pas sur les mêmes choses on peut pas dire que les militants insoumis ne sont jamais consultés c'est pas vrai ils sont pas juste consultés de la même façon c'est plutôt quelque chose de une sorte de référendum en fait c'est des référendums des plébiscites tu veux dire c'est du tirage au sort c'est des plébiscites mais en tout cas voilà un côté il y a les zigzags et l'autre côté il y a une ligne
exactement en tout cas la ligne ça marche mieux sur des élections très incarnées comme une élection présidentielle LFI est un parti très présidentialiste de ce point de vue là il cartonne aux élections présidentielles ça marche moins bien aux élections locales mais les zigzags
ça va jusqu'à voter la censure ou pas voter la censure quasiment collaborer avec le corps nu pour machin donc les zigzags pour un électeur de gauche c'est compliqué quand t'as voté PS avec le NFP et que tu vois que ça vote pas la censure et que ça négocie des trucs qu'on a même pas au final à la fin ou qui sont rayés à la première occasion ensuite bon
de l'autre côté c'est vraiment pas de bol pour la gauche non mélanchoniste parce qu'en ce moment elle enchaîne les casseroles on a François Ruffin qui a sorti une BD qui a fait beaucoup débat à gauche pour son syndrome du white savior et on a Raphaël Glucksmann aussi de son côté avec une petite note qui a fuité dans la presse qui ne l'arrange pas beaucoup sur la segmentation des électorats Qu'est-ce que t'en penses Rachel ?
D'abord sur la note bon d'abord il faut se dire un truc que tous les partis tous les candidats essayent de comprendre quel est leur électorat et quels sont les électeurs qu'ils ont prioritairement à mobiliser quels sont ceux qui peuvent aller conquérir ça c'est le boulot de n'importe quelle campagne électorale que vous soyez à la France Insoumise Macroniste LR ou ailleurs ça c'est une première chose même si tout le monde prétend parler à tout le monde parler à la nation parler à la république la vérité c'est que même si je peux entendre que vous ayez l'intention de parler à tout le monde la vérité c'est que les mots que vous utilisez ils ne touchent pas tout le monde de la même façon de toute façon et ils sont un aussi si vous faites une bonne campagne présidentielle ils sont aussi un peu calibrés pour ça On peut le formuler autrement comme Rémi Lefebvre le dirait le but des partis politiques c'est d'arriver à créer une coalition sociale la plus large possible d'en exprimer le mieux possible les attentes et de proposer à cette coalition sociale un débouché politique là il y avait deux choses premièrement c'est une note pour en avoir parlé avec des gens qui font ce genre de travail extrêmement caricatural et de quoi tu parles Rachel de la Rochelle ah oui j'avais pas compris la blague ok c'est dans ça donc je ne suis pas Nathalie de Nantes ni Gérard de Guérande Romain de Romainville Romain de Romainville il est bien sûr Gérard de Guérande qui est quand même retraité à plus de 5000 euros par mois ça fait pas un énorme électorat non c'est pas ouf bon donc extrêmement caricatural et surtout c'est pas une note qui vient d'un cabinet extérieur c'est une note qui vient de qui a été faite en interne dans la campagne dans le parti c'était une question que je me posais
qui a conduit cette note
c'est interne à la repasse publique j'ai plus son nom mais c'est un mec c'est quelqu'un qui est plutôt une pointure enfin plutôt qui avait plutôt une bonne réputation jusqu'à aujourd'hui il va finir chez McKinsey et donc là il sort un truc extrêmement caricatural et où en plus et ça c'est le deuxième effet qui se coule mais le plus important où il semble dire ben voilà ces électorats faut pas du tout aller les voir parce qu'ils veulent pas de nous enfin je sais pas quoi c'est marrant il a dit on veut pas aller voir la droite Glucksmann qui dit on veut pas aller parler à la droite alors qu'en fait c'est ce qui motive quand même une partie de sa candidature et cet électorat même si il faut être lucide l'électorat que vise Glucksmann c'est aussi un électorat de gauche il est bien plus bourgeois mais c'est un électorat qui a voté à gauche par le passé ben c'est le coeur de l'électorat de gauche où il dit ben de toute façon j'ai rien à faire là et fatalement c'est un peu problématique pour un candidat qui malgré tout est dans cet espace là du côté ce qui est assez étonnant aussi dans cette note c'est que le but c'est 6 millions d'électeurs quoi oui oui vraiment ça n'a rien de sens ça veut dire que si ça marche ça va pour le deuxième tour ça perd et ça c'est beau une défaite avec le panache ça vous dit bien ce à quoi sert Glucksmann et l'ambition qu'il a c'est à dire faire perdre la gauche et gratter des voix ben si je suis désolé
du côté du rassemblement national est-ce qu'on peut dire qu'il y a comme une forme de quasi-certitude qu'ils seront au second tour c'est comme ça c'est ça le deal c'est ça le jeu auquel on va jouer pendant un an trouver qui sera face au rassemblement national au second tour à l'élection présidentielle parce que il peut gloser en vol bar de la hausse alors justement c'était une question que je me posais ça va faire partie des grandes inconnues de cette campagne présidentielle moi j'ai déjà digéré Marine Le Pen pour moi elle ne sera pas candidate la justice va la condamner c'est fini d'ailleurs l'électorat du rassemblement national lui aussi a digéré Marine Le Pen c'est un peu pareil c'est fini pour eux c'est Jordan maintenant il est fort il est beau c'est le meilleur il va gagner Jordan etc donc ils sont très mobilisés l'électorat du RN derrière Jordan Bardella mais est-ce que ce sera suffisant est-ce que Jordan Bardella peut se planter dans cette campagne c'est déjà une question et ensuite là aussi d'un point de vue de la ligne politique on a vu des attermoiements et des virages du côté du rassemblement national où Bardella et Marine Le Pen n'étaient pas tout à fait d'accord sur les mesures sur le soutien sur la taxation des profits sur les retraites sur l'augmentation de l'essence etc
ils sont même foutus sur la gueule sur le supprimé ou pas le CNC alors ça va loin le truc où ils se tapent dessus mais tu vois
on parlait de virage tout à l'heure en parlant du PS qui ne sait pas où il habite etc moi je trouve que le RN est dans une forme olympique alors qu'on ne sait toujours pas très bien ce qu'il pense c'est moins grave
tu n'habites pas quand tu es à 35 dans les sondages voilà il y a ça même si je pense qu'effectivement Bardella peut exploser en vol et qu'en réalité si c'est Bardella c'est qu'il y a quand même plus de chances qu'il soit bas étant donné qu'en plus les sondages ont toujours l'habitude de surestimer assez fortement le rassemblement national par exemple je regardais il n'y a pas si longtemps que ça les sondages de 2022 alors un an avant l'élection Marine Le Pen était donnée à 29-30 à l'affini environ 7 points de moins qu'annoncé donc 7 points de zemmour soyons honnêtes peut-être peut-être mais en l'occurrence il était aussi plus tard il a été testé zemmour elle a été testée elle a été testée plus haut moi je ne suis pas d'accord avec vous je pense que Marine Le Pen elle n'est pas totalement enterrée et c'est d'ailleurs pour ça justement qu'ils n'ont pas fait le deuil et que Marine Le Pen elle se dit à la fin c'est quand même moi la bosse et qu'il y a 2-3 trucs sur lesquels ils ne sont pas d'accord par contre là où ça ne pose pas forcément de problème du point de vue de leur électorat c'est que l'un des déterminants principaux de l'électorat c'est la question de l'immigration or là-dessus un ils ne se mettent pas sur la gueule et deux ils n'ont quasiment même plus besoin d'en parler parce qu'ils sont tellement identifiés dans le débat comme étant nos immigrations que en fait le reste ça peut leur permettre en réalité même de parler à 2 électorats différents un électorat beaucoup plus bourgeois un électorat de droite que Jordan Bardella peut plus se draguer avec sa princesse et Marine Le Pen continue à vouloir parler à son électorat avec son je ne sais pas qui est le prince en tout cas avec ses chats à parler à un électorat qui habite dans les terres de la déindustrialisation je ne veux pas utiliser le mot social parce que c'est une imposition sociale ceux du nord et ceux du sud et de l'est aussi et de l'est aussi mais justement là-dessus il y a une note d'Antoine Bristiel qu'on connait un petit peu ici qu'on aime bien qu'on aime bien qui est très instructive sur les quatre piliers de l'électorat RN à la fois les deux qui lui sont déjà attachés la France des oubliés c'est comme ça qu'il dit et la France libérale identitaire et les électorats qu'il peut conquérir tout ça ça donne quand même à quelque chose qui ressemble à un parti un peu attrape-tout une coalition comme on le disait tout à l'heure pas forcément facile à tenir mais d'une certaine manière c'est le destin de n'importe quel parti qui a lui tout seul semble pouvoir peut-être réunir plus de 30% des voix au premier tour forcément ça donne des choses c'est sur une ambiguïté et ils incarnent l'alternance mais pour revenir à ta question de base sur Bardella est-ce qu'il peut se planter est-ce que c'est sûr qu'il est au second tour il peut se planter mais il a la marche par contre je pense que c'est pas là-dessus qu'il faut compter si votre stratégie politique c'est de toute façon il va se planter ça va pas marcher par contre je pense qu'il peut y avoir un scénario médian si je puis dire c'est-à-dire un RN certes presque sûr d'être au second tour mais nettement moins haut que ce qu'il est aujourd'hui parce qu'effectivement je dirais pas que le RN est surestimé par les instituts de sondage longtemps avant l'élection mais c'est surtout qu'en fait longtemps avant l'élection le RN c'est un peu la seule marque politique qui existe et plus on se rapproche de l'élection plus on se rapproche de l'élection plus il y a de nouveaux acteurs qui rentrent plus les gens se mettent dans l'élection présidentielle et ben font un peu leur marché et donc peuvent éventuellement aller vers d'autres candidatures c'est le destin de Marine Le Pen en 2012 en 2017 en 2022 où elle est très haut très tôt et beaucoup plus bas à la fin
on verra et ça fait partie des choses qu'on regardera évidemment dans Backseat ce seront les dynamiques de campagne du côté d'un Éric Zemmour qui peut grappiller des voix précieuses au Rassemblement National du côté éventuellement d'un Bruno Retailleau qui lui aussi s'il réussit une campagne présidentielle peut faire perdre des voix précieuses à Marine Le Pen c'est pas encore gagné du côté du bloc central ou des macronistes appelons-les comme on veut on sait que Gabriel Attal doit s'exprimer dans les prochains jours à propos de sa candidature à l'élection présidentielle il a dit quoi ?
Meeting le 30 Meeting le 30 d'accord je vais essayer de streamer ça je vous garantis rien on va essayer de voir ça mais on va regarder évidemment ce que Gabriel Attal a à nous dire alors je te préviens tu seras là ? tu m'invites pas ? tu seras là ? non non je serai seul chez moi en Charentaise je fais mes streams à la maison mais ça fait déjà c'est ma troisième présidentielle sur Twitch t'inquiète je stream les meetings on va faire les meetings ça va être trop bien on parle d'un pacte qui aurait été dealé entre Gabriel Attal et Edouard Philippe c'est quoi ce pacte ? ils sont lancés dans quoi là tous les deux ?
ils ont dîné ensemble le soir d'un meeting des municipales de Port-Nazelle à Paris ah de Port-Nazelle ouais et ils ont convenu qu'ils pouvaient pas y aller tous les deux et qu'il fallait que si fallait qu'il y en ait un des deux qui se retire pour l'autre à un moment quand même parce que l'espace était pas si grand que ça on pouvait pas faire Chirac-Baladur ensemble et le risque surtout
c'est Mélenchon-Le Pen au second tour
et ça c'est intolérable voilà exactement donc alors tous ceux à quoi répondent les sondeurs eux-mêmes en fait sont un peu en panique parce qu'ils disent bah vous êtes mignons oui on va vous donner des sondages parce que finalement c'est la jouée aux sondages mais c'est quand même ils sont jamais testés tous les deux pour l'instant enfin ils sont rarement testés et d'habitude les sondeurs prennent le postulat qu'ils seront unis et donc quand il y a des sondages ils sont toujours testés ensemble là où la gauche il y a toujours 4 options et moi je sens l'embrouille je sens les deux qui se lancent je sens les deux qui se lancent parce que bah Horizon je crois qu'il a du pognon Attal il a tout l'argent Attal il a tout l'argent de Macron du parti à Macron quand même Horizon je pense que ça ils peuvent partir tous les deux c'est vrai qu'ils ont du fric ils sont pas sur le même
ils auront 500 signatures tous les deux
donc ils peuvent partir tous les deux et voir en janvier lequel se désire pour l'autre c'est vrai que dans ces cas là il peut y avoir aussi des accords où les uns se remboursent une partie de la campagne de l'autre
c'est possible techniquement après t'as des dettes de pognon entreparties
ça fait des problèmes ça s'est déjà fait enfin c'est pas un truc qui freine quoi non ce qui risque de freiner c'est à quel moment tu t'arrêtes et tu dis stop dans les sondages et tu dis là le sondage je suis devant toi tu te retires est-ce que l'autre dit pas oui bah attends peut-être dans deux semaines je repasse devant non mais ça peut complètement tourner à ce genre d'embrouille
c'est ce qu'on appelle
dans le jargon
une primaire sauvage moi j'aime beaucoup cette expression
j'ai presque envie de l'espérer ton scénario là il me fait rêver franchement on les tape sur la gueule jusqu'au bout comme ça est-ce qu'ils arrêtent en janvier est-ce qu'ils arrêtent en février et celui qui est derrière il va dire on attend un peu quand même je peux me refaire donc moi j'ai envie de voir ce à quoi ça peut ressembler ils ne sont pas dit qu'ils voyaient ça je pense que le pacte
ça se trouve il est nul je crois que c'est Noël prochain l'objectif en gros c'est à Noël celui qui est devant ils ont dit Noël ils ont dit Noël janvier ou Noël je crois après je pense que
je vais être peut-être un petit peu moins optimiste que vous moi je pense que même s'il y a plusieurs candidats de cet espace-là de l'espace qui nous gouverne depuis 2024 c'est-à-dire les macronistes Philippe, LR je crois que les électeurs du centre enfin de cet espace-là ils ne sont pas plus maîtres que les électeurs de gauche ils voteront utile utile à fond
je suis grave d'accord avec toi surtout si la perspective qu'il y a c'est Mélenchon Bardella au second tour hors de question je vote utile
je pense que les électeurs de ce camp-là ils peuvent d'une petite piche nette très facilement
éliminer la gauche moi ça fait partie des questions que je me pose à haute voix c'est qu'est-ce qu'il va devenir de cet électorat macroniste de cet électorat qu'a soutenu Macron en 2017 en 2022 il y en avait un peu moins en 2022 qu'en 2017 mais ils sont toujours là surtout c'est pas le même surtout c'est pas le même ça a un peu bougé voilà qu'est-ce qu'il va devenir de cet électorat est-ce qu'il va rester effectivement unis derrière une candidature y compris pour des raisons de vote utile est-ce qu'il va se disperser est-ce que ça va aller vers du gluxman vers du retaillot les légitimistes voilà les légitimistes est-ce que
quand t'es légitimiste tu votes vraiment Attal je sais pas non mais Attal il est trop haut
est-ce que Emmanuel Macron accordera son soutien à un candidat à un moment dans cette présidentielle il viendra le dire sur le plateau de Brexit peut-être on en sait rien mais ça fait partie des questions aussi moi j'ai d'autres questions
à lui poser quand même
non mais je m'occupe des questions chiantes tu feras les bonnes questions
je pense que Edouard Philippe a un boulevard avec soutien des médias et tout alors que c'est beaucoup plus compliqué pour Gabriel Attal il a énervé plein de monde y compris dans son propre camp il est jeune il est arrogant enfin il est insupportable je croyais qu'il a énervé
tout le monde dans son camp je croyais qu'il avait plein de soutien
il a même dépassé Brigitte Macron parce que tu sais j'ai lu le bouquin sur les petits secrets elle aime pas Gabriel j'ai lu la moitié c'est pas mal déjà bah non parce que il l'a un peu dragué de manière parce qu'il sait que pour avoir des trucs de Macron il faut être gentil avec Brigitte et au bout d'un moment quand il est devenu Premier ministre c'est le régime de cour et quand il est devenu Premier ministre après il a beaucoup moins calculé et tout donc elle elle est vexée et Macron Macron il est vexé elle a essayé de les rabibocher quand même un peu parce que c'était son préféré un petit peu comme Bernadette Chirac avec Sarkozy un petit peu de ça le petit arrogant la dame l'aime bien je sais pas comment ça s'est passé pour la suite mais je trouve qu'il a pas Gabriel Attal non non je le sens pas c'était profond au doigt mouillé je voilà
non mais il est insupportable à tes yeux oui mais aux yeux d'un électeur macroniste il est formidable il est jeune il est frais il a de l'énergie c'est toujours pareil je veux dire tu trouves du charisme
là où t'as envie d'en voir c'est peut-être ton défaut surtout tu parlais cet électorat macroniste qu'est-ce qu'il va devenir je suis pas si sûr qu'il soit autant en déliquescence que ça mais non moi non plus je suis d'accord avec toi alors s'il perd la prochaine présidentielle ça rebart un peu l'écart je suis d'accord mais moi je trouve que c'est assez solide là ce bloc qui veut surtout pas de la gauche et qui veut une droite assez nette mais plus propre sur elle que le rassemblement national j'ai l'impression que ça rassemble quand même beaucoup de gens et moi j'ajoute à ça que l'une des leçons alors c'est pas la leçon qui fait loi pour la présidentielle mais des municipales c'est quand même que les électorats de droite et d'extrême droite s'agrègent systématiquement contre la gauche particulièrement quand elle est unie elle crée une surmobilisation du camp adverse et donc une fusion des électorats par la base qui moi m'inquiète quand même beaucoup je suis d'accord Paris est une exception là dessus
oui oui c'est vrai parmi les événements de campagne qui peuvent arriver qui peuvent un petit peu changer les destins il y a les affaires on se souvient de François Fillon évidemment ça a changé son destin lui ça c'est clair voilà ça a changé le destin de la France non non mais bon il s'est passé de trois trucs notamment Edouard Philippe qui est visé par une information judiciaire ouverte par le parquet national financier pour favoritisme détournement de fonds publics prise illégale d'intérêt dans une affaire qui concerne le Havre et la métropole du Havre bon point d'interrogation sur est-ce que ça va porter atteinte à la candidature d'Edouard Philippe qui se défend pas trop mal dans les sondages jusqu'à présent de l'autre côté on a comment il s'appelle Dominique de Villepin qui est visé pour un recel de détournement de fonds publics pour des statuettes de Napoléon qui s'est fait offrir quand il était ministre j'adore je préfère les statuettes parce que moi c'est comme les costards de c'est le même c'est le même mec c'est le même mec
c'est Robert Bourgi c'est Bourgi en plus il fait des cadeaux à tout le monde il fait des cadeaux puis il note tout et puis après quand tu lui as fait une crasse et c'est exactement
ce qui s'est passé il lui a fait une fillon il lui a fait une fillon bon c'est encore c'est encore early game dans cette campagne présidentielle on sait pas encore ce que la justice va dire est-ce qu'elle va se prononcer est-ce qu'elle va se prononcer dans un délai raisonnable voilà je sais pas ce que vous en pensez
moi ce que je constate dans la presse en tout cas pour l'affaire Edouard Philippe c'est une mensuétude c'est vraiment oh c'est rien c'est une opposante en fait au Havre qui a déposé la lanceuse d'alerte en l'occurrence oui bah eux ils vont franchement ils y vont vraiment ils le ménagent le Edouard Philippe ça sent le prochain chouchou des médias ce sera vraiment lui parce que c'est rien c'est pas fillon vraiment mais jusqu'à libération et jusqu'à Patrick Cohen le matin qui vient nous dire ça n'a pas l'ampleur de l'affaire Fillon et tout donc c'est énormément minimisé attendez-vous à ce que la campagne se passe sans qu'on en parle trop sauf s'il y a des développements un peu foufous mais cette histoire d'attribution de trucs à une asso créée par des proches à lui et en fait du coup l'argent dans l'assaut je sais pas quoi eux ils ont décidé dans les grands médias franchement on a décidé que c'était pas grave je pense qu'il en faut un peu plus quand même pour que ce soit dérangeant pour Edouard Philippe si ça s'arrête là j'ai peur que ce soit insuffisant
si c'est une information judiciaire qui traîne pendant trois ans et qu'à la fin il y a à peine une condamnation et à peine un procès je sais pas j'en sais rien les autres candidats par définition on sait pas on a pas encore d'informations enfin on a pas encore j'espère pour eux qu'il n'y a pas d'informations à avoir
vous avez votre information judiciaire vous ?
non vous pouvez pas de candidat si le PNF t'as jamais cherché des poux dans la tête c'est que t'es pas vraiment un homme politique c'est pas tout à fait faux exactement oui c'est ça
en plus c'est pas passionnant c'est vrai que Fillon c'est visuel il y a les costards c'est pour ça que je te parlais des statuettes j'ai appris bien des statuettes il y a la vidéo de Pénélope qui dit qu'elle foutait rien ouais ouais il y avait des trucs croustillants c'est vrai qu'on se marrait les jeunes vous vous souvenez pas de la campagne du début 2017 mais tous les mêmes qu'on a eu vraiment on s'est régalé
en vrai on a beaucoup rigolé on a aussi la question de la nomination d'Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France ça fait une moulette ça fait un bout de temps qu'il est mort Emmanuel Moulin c'est l'ancien secrétaire général de l'Elysée qui est devenu hier le nouveau directeur de la Banque de France gouverneur pardon tu as raison de la Banque de France le Parlement n'a pas utilisé son droit de veto il existe une procédure depuis 2008 qui permet aux commissions de l'Assemblée Nationale et du Sénat de bloquer une nomination du Président de la République avec un vote au 3-5ème en l'occurrence c'est passé de peu mais c'est passé quand même cette nomination est évidemment très critiquée par les opposants d'Emmanuel Macron qui y voient à nouveau le fin du prince et la volonté de Macron de verrouiller les institutions à moins d'un an de son départ de l'Elysée
alors il faut rappeler que du coup il y a eu plus de voix contre lui que pour lui mais pas assez de voix contre pour bloquer sa nomination j'ai suivi moi hier l'audition parce qu'il était auditionné par les deux commissions moi j'ai suivi celle à l'Assemblée Nationale c'était assez frappant de voir d'ailleurs que personne ne remettait fondamentalement en cause sa compétence même les groupes de gauche même Coquerel qui est président de la commission des finances l'insoumis ils disent voilà c'est pas du tout une question personnelle c'est pas du tout ils disent même pas parce que vous êtes Macroniste c'est pas le sujet mais ce que disait la gauche au fond c'est que il y en a eu d'autres des gouverneurs de la Banque de France qui ont été dans des cabinets ministériels tout ça sauf qu'en fait ils n'avaient jamais été nommés par les gouvernements qu'ils ont servi or Emmanuel Moulin il était secrétaire général de l'Elysée jusqu'au 4 mai il était il a été dans alors il était la direction générale du Trésor qui est une direction d'administration à Bercy sous Macron mais il était au cabinet de l'ancien ministre de l'économie Bruno Le Maire Bruno Le Maire donc voilà donc il a servi cet exécutif et il en a absolument le droit voilà c'est un job comme un autre ça peut arriver à tout le monde il ne faut pas avoir peur d'avoir des idées il ne faut pas avoir peur d'avoir des idées effectivement ce qui choque notamment c'est comme pour Amélie de Montchalin qui s'est directement retrouvée du ministère du budget à l'organisme qui doit contrôler le budget c'est-à-dire la Cour des comptes et donc là qui passe directement de l'Elysée à la place de gouverneur de la Banque de France les gens trouvent que c'est un peu rapide et c'est vrai que c'est un peu rapide
la Banque de France si vous ne connaissez pas j'avais fait un super stream en partenariat avec eux la Banque de France c'est une institution importante puisqu'elle s'occupe de la politique monétaire de la France et surtout de l'Europe puisqu'il y a le conseil des gouverneurs des banques nationales de tous les pays européens de la zone euro et la France a un siège là-bas évidemment elle s'occupe de la politique monétaire et donc de la politique de lutte contre l'inflation c'est pas rien et c'est assez important
Emilio oui il faut rappeler aussi les conditions dans lesquelles tout ça s'est passé c'est qu'on a le gouverneur de la Banque de France précédent Geoffroy Villedroit de Gallo François Villedroit de Gallo Benoît François Armand j'en sais rien du tout il est parti avant la fin du terme normal de son mandat et il a démissionné parce que a priori c'est ce que disent les bois de couloir la potentielle arrivée de l'extrême droite au pouvoir fait que au terme de son mandat initial c'est potentiellement un président d'extrême droite qui aurait été nommé c'est le cas aussi pour Pierre Moscovici à la Cour des Comptes tout à fait qui lui avait atteint l'âge limite pour partir il devait partir en septembre et finalement il est parti au 1er janvier donc dans tous les cas c'était Macron en réalité qui le nommait mais du coup j'en ai perdu il se pourrait que ce soit pareil pour Christine Lagarde il y a la rumeur pour Christine Lagarde à la baissée alors c'est pas Macron qui nomme mais ce serait pour qu'il puisse peser de tout son poids pour qu'il y ait au moins une personnalité française qui soit dans les institutions supranationales parce que si Christine Lagarde s'en va il n'y en aurait plus et tout ça fait que les LR en grande partie ont voté pour la nomination d'Emmanuel Moulin et tout cela serait issu d'un deal avec LR pour pouvoir avoir l'un des postes vacants à ce moment-là qui était celui de défenseur des droits que la journaliste Claire Hédon occupait jusque-là elle s'en va et pour avoir François Noël Buffet a priori qui est un sénateur LR qui est anti-mariage pour tous qui avait dans toutes les manifs dans toutes les manifs de l'époque le défenseur des droits c'est vraiment la personne qui s'occupe des discriminations vraiment en général c'est un poste important parce que c'est-à-dire que si vous subissez une discrimination vous pouvez saisir personnellement le défenseur ou la défenseur des droits pour les faire valoir et pour recevoir une aide pour pouvoir porter en justice faire presque aussi du lobbying auprès d'élus sur des sujets en particulier c'est vraiment un poste stratégique important c'est un peu comme si on nommait Aurore Berger ministre des discriminations ouais par exemple voilà à aucun sens ça serait fou qu'on fasse ça quoi j'ajoute à ça qu'il refusait aussi la constitutionnalisation de l'IVG donc c'est un profil qui fait extrêmement peur qui a déjà été occupé par des gens de droite Jacques Toubon Jacques Toubon qui n'était pas le dernier en plus niveau droite
qui était à la fête de l'Huma
qui était à la fête de l'Huma
justement c'est qu'il a fait un virage à gauche en devenant défenseur des droits assez impressionnant Jacques Toubon tout à fait
et vu le profil de François-Honel Buffet pour l'instant moi j'ai des doutes sur la toubonade sur la toubonade
en tout cas c'est dur de faire de faire confiance
à ça c'est la fin de quinquennat tout le monde essaie de
entre nous pardon mais est-ce que c'est pas aussi un attribut du pouvoir essentiel de la 5ème République ce pouvoir de nomination est utilisé par tous les présidents de la République pour nommer des proches et quand Jean-Luc Mélenchon sera président de la République il nommera des proches et c'est normal c'est un problème quand même
il y a 5 à 10 000 postes qui sont nommés quasiment sans contrôle il y en a 55 qui sont contrôlés par les marins sur les 5 à 10 000 parce qu'en fait il y en a tellement il y a des préfets il y a des directeurs d'administration centrale on ne sait même pas combien tu achètes des fidélités et les gens restent parce que t'es replacé derrière enfin c'est vraiment la 5ème République ça pue un peu la merde donc c'est pas parce que d'autres l'ont fait avant et encore il y en a qui ont parfois même Sarkozy a pu être élégant et nommer des gens de gauche à certains postes en disant soyons la politique d'ouverture de Sarkozy était assez impressionnante c'était Didier Migaud
à la commission des finances à l'Assemblée personne ne lui avait demandé de le faire
il y a quand même un truc en plus parce qu'effectivement il faudrait revenir sur tout ça absolument mais encore une fois il y a comment dire et c'est très souvent dans le macronisme on pousse les potards à fond c'est à dire que là si je peux le faire je le fais exactement et je peux nommer mon principal collaborateur immédiat pas il y a 10 ans aujourd'hui je le fais si c'est pas interdit je le fais actuellement alors que c'est vrai qu'il y avait des usages d'élégance de fair play des usages républicains ouais ouais
mais c'est intéressant la question des usages ça s'appelle l'extrême centre avec le rassemblement national au pouvoir comme sur Richard Ferrand au Conseil constitutionnel ça s'appelle l'extrême centre sur la pratique du pouvoir et sur le respect justement d'un certain nombre d'usages d'équilibre de respect des institutions dans leur fonctionnement etc c'est comme quand Emmanuel Macron a dissous l'Assemblée nationale sans consulter le président du Sénat il s'en était pas plein
à l'OGG je dissous et je crois que l'archer considère que c'est pas une vraie consultation c'est pas tu m'informes que tu vas c'est on se rencontre on en discute je te donne mon avis après t'es censé toi qui décide mais au moins tu m'as consulté mais moi je suis d'accord avec toi c'est pas à l'OGG j'appuie sur le bouton
et ciao c'est ça qu'on appelle un usage républicain c'est à dire que si demain c'est un SMS pour dire bonjour je te le dis
je dissous dans deux heures je crois d'ailleurs que l'archer lui dit vous considérez que c'est ça la consultation avant la dissolution il lui fait remarquer mais même Gabriel Attal dit qu'il a pas réellement été consulté alors que la constitution l'a consulté les trois c'est le premier ministre
oui premier ministre aussi
président de l'Assemblée Nationale
Gabriel Attal a pas été consulté il était quand même dans les discussions au moment où il a proposé sa démission en échange etc bon il a quand même été informé disons que la consultation s'est très mal passée une heure avant une heure avant