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interviewPS - Parti socialiste· 10 décembre 2022 38 min

« Avec la NUPES, nous disons à nouveau ce que nous sommes. »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

le premier secrétaire du Parti socialiste est avec nous aujourd'hui sur France Culture bonjour Olivier Faure bonjour soyez le bienvenu dans Science Politique Olivier Faure je me suis rendu compte que vous aviez quelques mois près le même âge que le Parti socialiste qui est né en mai 69 à Alfortville cette commune du Val-de-Marne tout à côté de laquelle vous vous êtes retrouvé en colocation avec Benoît Hamon dans les années 80 il y a comme ça beaucoup de hasards prémonitoires dans votre parcours donc le Parti socialiste va sur ces 54 ans il est pas question tant que vous aurez le premier secrétaire pas question d'en changer le nom la question a été posée plusieurs fois moi je suis attaché à non pas un nom je ne suis pas fétichiste mais à une histoire et cette histoire va bien plus loin que les 54 ans n'en va vous parler en fait les racines elles sont celles de Jean Jaurès de Léon Blum et c'est un parti qui a plus de 100 ans d'histoire et histoire glorieuse aussi donc je ne suis pas sûr enfin moi je préfère les gens qui font moins de marketing et plus de politique et donc je ne suis pas sûr que le nom change grand chose à l'histoire donc nous en sommes à évoquer le flacon ensuite on parlera de l'ivresse mais sur le flacon encore il a fallu quitter le siège historique de la rue de Solférino pour des raisons financières aux États-Unis à Ivry-sur-Seine avec le projet ai-je lu de revenir rapidement à Paris intra-muros cité Malesherbes dans le 9e là où siège la SFIO et puis le PS jusqu'en 75 encore une fois la force du symbole où on est de vous de cet acte immobilier refondateur nulle part en fait pour des raisons que je vais pas détailler sont qui sont trop longues à expliquer mais enfin pour des raisons qui sont liés à la capacité des locaux c'est un échange que nous devions faire et l'échange ne peut pas se faire pour des raisons vraiment totalement factuel je veux pas c'est pas l'intérêt mais enfin on est bien à Ivry aussi et je dois dire que moi je n'aime pas beaucoup tous ces gens qui ont glosé sur une forme de déclassement parce qu'on aurait quitté Paris intra-muros pour gagner la première couronne honnêtement il y a des gens qui devraient mieux se taire est-ce que c'est la réalité c'est que les Français ils vivent aussi là ils sont nombreux à y vivre et quand on arrivait Ivry pour tout vous dire le voisinage partout les gens sont venus nous voir en nous disant on est tellement fiers que vous arriviez ici et bon on est entouré d'artistes etc qui sont venus exposer dans nos locaux et j'avoue que j'étais très heureux et très fier de cette réaction et je me suis dit c'est un bon présage des artistes de gauche qui vivaient à Ivry Jean Ferrat cela le preste fut de cela tout ça des jolis symboles le Parti socialiste tiendra son congrès à Marseille dans un peu plus plus d'un mois on va pas rentrer non plus dans le détail d'émotion parce que c'est pas le principe de l'émission mais c'est un moment vous arrivez à un moment de votre histoire ou la synthèse ne sera pas chose facile parce que le Parti socialiste est peut-être à la croisée des chemins et un de ses chemins un peu menés aux précipice françois hollande président de la République PS jusqu'en 2017-2017 Benoît Hamon candidat PS 6,35 à la présidentielle 2022 Anne Hidalgo candidat de PS un 75 quel est le sens Olivier Faure le sens historique du congrès de Marseille pour les socialistes mais tout simplement dire à nouveau ce que nous sommes ne pas chercher ces synthèses parfois un peu futile qui nous ont aussi perdu synthèse molle où on ne sait pas très bien quel est le choix est-ce qu'on est macroniste est-ce qu'on est de gauche est-ce qu'on est ailleurs quel est l'espace qu'on entend occupé et moi je le dis simplement en fait quand le choix a été nécessaire entre la gauche et puis la droite version Macron nous avons fait un choix simple un choix clair un choix définitif pour ce qui me concerne moi je choisis la gauche depuis la catastrophe électorale de la présidentielle et dans la foulée l'accord avec les insoumis les écologistes et les communistes pour les législatives sûrement cela que vous dites avoir choisi la gauche c'est la question qui anime et qui divise le PS nup ou pas Nupe pour bien comprendre les tenants et les aboutissants de cet enjeu quel sens avez-vous voulu donner Olivier Faure vous le premier secrétaire à la nuque au moment de commencer la campagne législative est-ce que c'était un accord électoral programmatique un accord d'une éventuelle organisation à pérenniser c'était quoi à ce moment-là à ce moment-là c'est d'abord un accord électoral dicté par des rapports de force qui sont ceux de la présidentielle et puis ça devient aussi depuis l'élection un lieu de dialogue d'échanges permanents entre 4 formations politiques qui ont peut-être enfin compris une chose c'est que on peut toujours rêver d'être le plus puissant parmi celles et ceux qui subissent à défaite mais c'est toujours la défaite et ça fait trois fois en 20 ans 2002-2022 que la gauche est remplacée au second tour de l'élection présidentielle par l'extrême droite donc la question c'est stop ou encore bien moi je dis stop et je le dis d'ailleurs depuis longtemps je ne l'ai pas dit simplement cette occasion là ça fait quatre ans que je dis mettons-nous d'accord sur un contrat de coalition et ensuite cherchons l'incarnation qui la plus à même de porter cette coalition au pouvoir pourquoi je dis ça c'est parce que tout simplement quand on se bat quand on fait de la politique ce n'est pas simplement pour avoir une fonction qu'on occupe pendant des années à l'Assemblée au Sénat ou ailleurs c'est bien parce qu'on cherche à changer la vie des gens et si vraiment nous croyons à ce que nous disons si vraiment nous sommes de ceux qui prétendons que nous n'avons pas de temps à attendre par exemple pour la transition écologique alors ça suppose d'aller vite et pour aller vite il faut y aller ensemble et c'est ce que je plaide et que je continue à plaider parce que je ne crois pas ni au gauche qui réconciliable et je ne crois pas davantage à la capacité pour qui que ce soit aujourd'hui de conquérir seul le pouvoir face à une extrême droite qui est en progression permanente et face à une droite qui se maintient grâce au subterfuge Macron trois candidats à votre succession Olivier Faure vous-même ça fait un Hélène Geoffroy qui émerge de Vaulx-en-Velin et qui a l'appui de quelques-uns ce qu'on appelait les éléphants du PS les historiques et puis Nicolas maillet Rossignol le maire de Rouen soutenu par des personnalités comme Carole Delga ou Anne Hidalgo qui se présente comme une sorte de troisième voie entre la direction sortante et les nostalgiques de François Hollande vous êtes le seul des trois vouloir poursuivre l'aventure de la Nupe Olivier Faure à quoi cela doit ressembler pour ne pas être une dissolution du PS dans un nouveau parti de gauche quelle garantit vous donnez à vos camarades socialistes et quelle garantie vous réclamez à vos camarades insoumis par exemple mais tout simplement il faut se faire confiance vous avez une expérience qui est quand même une expérience fameuse quand François Mitterrand devient premier secrétaire en 71 il décide il appelle un changement stratégique de faire une alliance avec le Parti communiste Oni par une partie de la gauche et l'année suivante en 72 il bâtisse qu'on a appelé le programme commun le peste à 5% le Parti communiste à 22%. le Parti communiste de l'époque Jean-Luc Mélenchon est un boyscout à côté en fait le Parti communiste de l'époque c'est parti communiste qui a accepté l'invasion de la Tchécoslovaquie qui a accepté de soutenir Nasser contre les Israéliens dans toutes les gars israélo-arabe c'est le parti qui va approuver l'invasion de l'Afghanistan c'est ça le Parti communiste des années 70 et c'est logement et c'est Georges Marchais et pour autant François Mitterrand dit il faut être unitaire pour un pour deux pour trois pour 10 même quand le programme commun est rompu par le Parti communiste il conserve l'essentiel et c'est ce programme là qui le porte au pouvoir le 10 mai 81 pourquoi parce qu'il a compris une chose c'est que le peuple de gauche qu'on appelle le peuple de gauche ces gens qui espèrent avec la gauche et bien ils espèrent d'abord de l'unité ils n'en peuvent plus de nous voir nous diviser bien sûr que nous sommes différents bien sûr qu'il existe des divergences sur un certain nombre de sujets internationaux notamment européens etc mais est-ce que ça justifie le fait qu'on soit toujours frontalement les uns contre les autres qu'on s'occupe davantage de savoir qui dominera la gauche pour savoir qui dominera le pays et moi ce qui m'intéresse la seule question qui m'intéresse c'est de savoir demain qui gouvernera et pourquoi faire et c'est quand même la question essentielle que nous pose des Français et la question de survie pour le Parti socialiste quand même parce que en lisant de nombreuses interviews que vous avez donné depuis juin Olivier fort la nuque même si vous y êtes favorable dans la durée j'ai l'impression que c'est quand même aussi une solution par défaut c'est le dernier canon de sauvetage avant le avant le naufrage si vous me permettez l'expression donc est-ce que vous appelez vous alors vous avez play vos militants pas au dogmatisme mais à l'hyperréalisme c'est ça à ouvrir les yeux la lucidité ah ben bien sûr qu'il faut être lucide il faut aussi être lucide sur ce que nous avons nous-mêmes donné comme image ce qu'est le Parti socialiste pour une partie des Français et les français et notamment pour les plus jeunes qui n'en ont pas l'image du parti qui a ouvert les grandes libertés publiques au mois de mai 80 qui n'a il n'est pas le grand parti qui a permis de grands changements il est un parti plutôt ringard plutôt affaibli et dont on ne sait plus très bien ce qu'il porte donc la question pour nous c'est de nous réencrer complètement à gauche d'arriver à faire comprendre ce que j'appelle socialisme écologique arrivé à faire comprendre ce tournant que nous avons pris qui n'est pas simplement à la reproduction à l'identique de ce que nous avons fait dans les décennies passés mais d'engager un changement profond un changement qui me permet à la fois d'allier la question sociale la question démocratique et la question écologique on va pas s'arrêter sur les petites phrases des uns des autres parce que une fois encore ce n'est pas le principe de l'émission mais davantage par les programmes justement Bernard Cazeneuve l'ancien ministre est ancien Premier ministre qui explique qui quitte le parti socialiste parce qu'il est contre votre décision de de création et de vous enraciner dans la nuque il propose et ce qu'il souhaite c'est une gauche sociale démocrate républicaine humaniste et écologique bon ça c'est imparable je pense de François Mitterrand vous-même aucun des 13 premiers secrétaire de l'histoire du PS n'aurait prétendu autre chose vous vous à partir de votre diagnostic des réalités quel traitement de fond précis vous préconisez en plus de cela mais d'abord la première chose c'est que on ne peut pas prétendre rassembler la gauche quand on commence par à dire que on jette des oucases sur les uns et sur les autres nous sommes différents mais nous avons besoin de faire converger le plus grand nombre sur des positions qui ont des positions qui peuvent être acceptées par les Françaises et les Français et c'est le rôle que je nous donne c'est-à-dire arriver à redevenir une phrase centrale une force qui permet d'agréger et non pas une force qui au contraire décapite le voisin pour se penser plus grand c'est pas la bonne façon de progresser la bonne façon de progresser c'est non pas de se penser plus grand en cassant les jambes du voisin mais au contraire de ce de s'élever un autre niveau et d'aller chercher les Français sur les thèmes qui aujourd'hui les préoccupent et donc ça veut dire quoi ça veut dire que je reprends ce que je disais tout à l'heure en fait Jean Jaurès que nous dit-il et nous dit il est un homme d'utiliser siècle et nous dit la grande question du 19e siècle c'est la question du régime est-ce qu'on est pour l'Empire pour la pour la République pour la Révolution il dit ce sera la démocratie et la République et puis il y a la grande question naissante de l'époque qui sont sociales et elle dit je vais faire certains entre les deux et en 1893 il appelle à une république sociale République sociale sur laquelle nous avons tous vécu depuis plus d'un siècle et qui a amené tous ces grands progrès que nous connaissons si vous avez aujourd'hui dans à la fois en France mais sur le continent européen une sécurité sociale si vous avez des congés payés si vous avez des droits et des libertés comme on en a nulle part ailleurs dans le monde et je dis bien dans le monde c'est tout simplement parce qu'elles socialistes sociales des mangas des travaillistes qui ont contribué alors maintenant qu'est-ce qu'on fait ce monde là c'est pas un monde fini et ensuite il y a de nouveaux nouvelles menaces qui sont apparues notamment ce qu'on appelle l'anthropocène le fait que l'activité humaine conduise à la destruction de la planète et donc comment est-ce qu'on est et donc comment est-ce qu'on fait pour lier le social enfin le social la démocratie et maintenant l'écologie pour arriver à promouvoir un monde qui soit un monde durable c'est c'est cette vision là qu'il faut développer comment est-ce qu'on fait pour que on change complètement de modèle comment on passe de la surconsommation comment on passe de la surexploitation à la fois de l'homme et de la planète à un système où on arrive à un système apaisé durable ou celles et ceux qui nous survivrons auront la chance de connaître encore des girafes et des tigres France Politique Arnaud Bousquet nous allons découvrir la première des trois archives sonores réglementaires de l'émission Olivier Faure et parmi les trois il y a forcément un ancien discours une ancienne interview de notre invité on va commencer par cette archive là on va donc vous entendre Olivier fort je ne donne pas le contexte c'est vous qui nous expliquerait dès que vous l'aurez identifié puis ensuite on s'arrêtera évidemment sur le sens de votre intervention savoir ça je sais que mon nom est cité parce que par fonction je suis aujourd'hui président de groupe et donc dans avec une direction collégiale 28 forcément moi je fais figure de chef de façon mais je ne souhaite pas accaparer tous les pouvoirs moi je ne suis pas Jupiter et je ne souhaite pas que nous aurions comme signal comme modèle le fait d'avoir des gens qui finalement passent d'une case à l'autre et toujours en pensant d'abord à leur propre destin moi je voudrais que nous pensions collectivement et qu'après avoir dit beaucoup je on puisse dire à nouveau nous et donc c'est un fait que je suis devenu Premier secrétaire non pas par accident puisque j'ai été élu et que j'ai choisi de me présenter à un moment donné mais c'est vrai que initialement j'avais appelé Najat Vallaud-Belkacem à devenir première secrétaire parce qu'elle avait la notoriété et parce qu'elle avait été ministre d'un gouvernement qu'elle avait cette ce carnet d'adresse qui fait que vous avez peut-être plus de facilité à être invité à tel ou tel endroit peut-être aussi plus faciliter à réunir des experts qui peuvent vous aider vous accompagner et donc je pensais qu'il y avait quelqu'un de mieux placé que moi donc là on est le 3 novembre 2017 vous êtes l'invité de LCP Public Sénat et donc le 29 mars 2018 vous devenez premier secrétaire du Parti socialiste quel est à ce moment-là le sens de votre élection en mars 2018 si ce n'est pas par défaut qu'est-ce que vous souhaitez à ce moment-là incarner pas par défaut parce que une fois que je choisis d'être je suis candidat et je veux assumer cette fonction ce qui est vrai ce qui est difficile c'est que j'arrive dans un moment qui est un moment où tout le monde a déjà prononcé notre raison funèbre où tout le monde pense que le parti dont je deviens le premier secrétaire est un parti dont l'histoire est terminée qu'elle s'est achevée en 2017 et que jamais rien ne reparaîtra et que c'est fini c'est pas la première fois ça je crois qu'en 2017 vous distribuez justement aux militants et aux journalistes les titres de la presse en 71 me semble-t-il où on me disait que le PS était un Sandrine et 10 ans après François Mitterrand était élu donc vous croyez en 2017 à cette roue qui tourne une fois de plus alors sans doute que je crois trop à une roue qui tourne et peut-être que je me laisse aussi griser à l'idée que il suffira que les socialistes restent ce qu'ils sont pour être à nouveau entendu et qu'il y a une forme d'alternance quasi naturelle ça n'est pas le cas et la réalité c'est que nous sommes aujourd'hui dans une forme de tripartition de la vie politique l'extrême droite la droite et puis la gauche et que dans l'ensemble de la gauche nous ne sommes pas aujourd'hui la force prépondérante mais évidemment je crois non pas simplement à la force d'un parti ça n'a pas de sens un parti c'est un outil c'est un moyen d'avancer de faire avancer quoi des idées parce que les idées se dépassent pas toutes seules elles avancent parce qu'il y a un moment des femmes des hommes qui se regroupent pour les faire avancer et donc moi ce que je crois c'est que le socialisme n'a pas terminé son histoire et qu'il a encore une capacité une force propulsive et que si elle s'est adaptée au temps nouveau et c'est pour ça que je vous parle de socialisme écologique parce que le soci quelle est leur mission historique c'est la vie meilleure pour tous cette vie meilleure elle passe forcément par bien sûr le maintien de l'action sociale et la question démocratique mais aussi la question écologique et donc c'est comme ça que nous pouvons être à nouveau entendu et que nous pouvons à nouveau être une force de proposition qui peut revenir au premier plan et même je dirais qui doit revenir au premier plan si nous voulons que la gauche gouverne 5 ans plus tard vous allez briguier un troisième mandat Olivier Faure vous expliquer que maintenant quelque chose c'est libéré en vous quel est le sens de cette libération c'est tout simple à expliquer en fait quand je deviens premier secrétaire je le suis dans des conditions qui sont un peu exceptionnelles on ne sait pas très bien qui on a élu personne ne me connaît ni socialiste ni les Français parce qu'en face de vous vous aviez Stéphane Le folle Stéphane Le folle notamment et donc le choix s'est fait à ce moment-là sur une base qui est ce qu'on reconduit les éléphants ou est-ce qu'on passe à autre chose et je suis l'autre chose bon ben voilà c'est comme ça et maintenant la question qui est maintenant la question est un peu différente la question dans le Congrès qui vient c'est de savoir si on continue sur une base qui est celle que j'ai cherché à projeter depuis 4 ans c'est à dire faire en sorte que nous soyons à nouveau l'un des moteurs de l'Union pour redevenir un jour le moteur principal de l'Union ça c'est l'objectif c'est l'ambition et puis ceux qui au contraire disent mais non pas du tout en fait l'union ne sert à rien on peut tout faire à l'extérieur et on le fera à l'extérieur comme autrefois bien voilà il y a maintenant il y a un stratégique qui est posée dans ce congrès et j'espère bien que les socialistes me suivront et auront la lucidité de comprendre que c'est la seule façon de parvenir à nos fins alors synthèse ou pas synthèse ce sera le mois prochain vous avez finalement des votre naissance du goûter à l'art délicat voire impossible de la synthèse puisque vous êtes Olivier fort petit-fils d'un grand-père qui partage les idées d'extrême droite de Charles Moras et d'un grand-père vietnamien qui appartient au lendemain de la chute de Diane fou un gouvernement vietnine donc on peut difficilement en faire plus opposé vous allez très vite être confronté au racisme à l'intolérance à la question de l'intégration à la problématique épineuse aussi du débat politique en famille en quoi tout cela vous a construit forcément en fait à la fois on peut se dire à première lecture que je veux être un être très fracturé mais c'est pas du tout le cas c'est tout l'inverse j'ai vu en fait j'avais effectivement un grand-père qui était un grand père d'extrême droite et qui a au départ accueilli ma mère avec circonspection une petite femme jaune aux yeux les cheveux noirs en baguette bon ça c'était pas tout à fait couleur locale et en même temps je l'ai vu aimer ma mère comme si elle avait été sa fille et je me suis dit en fait tout est possible il y a quelque chose de formidable dans l'humanité c'est qu'à un moment y compris les contraires peuvent se comprendre et puis même s'apprécier même s'aimer et donc voilà conditions de quoi de débattre à condition de se comprendre à condition de de faire le choix non pas de se regarder de loin et de vivre de préjugés mais d'essayer de comprendre ce que porte l'autre et voilà c'est c'est aussi une façon d'avancer et j'ai toujours considéré que rien n'était complètement impossible et d'ailleurs je sais pas si je dois te dire des secrets mais ma femme m'a dit il y a très longtemps elle m'a dit mais en fait tu es à l'époque vraiment j'avais rigolé elle m'avait dit au fond tu es le seul qui pourrait rassembler le socialiste avec Jean-Luc Mélenchon et j'avais bien ri à l'époque et finalement c'était un compliment à l'époque c'est elle le voulait comme un compliment moi je le prenais plutôt comme non pas comme un défi mais comme une forme de moquerie et la réalité c'est que effectivement quand je regarde ce que nous sommes à gauche socialiste écologiste communiste insoumis je nous vois dans nos différences mais je vois aussi ce qui nous rassemble profondément et moi je préfère avoir un débat avec des insoumis sur le fait de savoir tu as 60 ans c'est possible ou pas plutôt que de savoir si j'aurai un débat avec Emmanuel Macron et dans Philippe ça va sur la partie à 67 ans ou 65 ans ce débat là ne m'intéresse pas le seul débat qui m'intéresse c'est le débat qui permet le progrès pour le plus grand nombre et c'est pour ça que je me suis engagé vous faites référence à moins sur personnel j'ai grandi dans un quartier très populaire et la plupart de mes copains n'ont pas franchi la barre de la cinquième beaucoup sont morts au jour où on se parle alors que je n'ai que 50 ans vous étiez bien alors non à l'époque j'étais dans un quartier qui s'appelle les Blossières à Orléans et donc c'est c'est avec eux que j'ai grandi et franchement pour pour la famille pour ce que nous avons vécu ensemble pour ces quartiers qui aujourd'hui souffrent c'est pour ça que je me suis engagé en politique et c'est pour cette raison là que la seule raison qui me motive chaque matin à faire ce que je fais c'est parfois un grade je peux vous dire que ce boulot pour un secrétaire c'est pas tous les jours uniquement de la rose comme on dit et donc accepter de prendre des coups accepter d'être parfois décrié parfois d'être moqué etc je le fais parce que je sais que je travaille il peut être utile à des millions de Français et de français on va revenir justement à vos premiers pas et à cet engagement à gauche Olivier Faure on va commencer si vous le souhaitez par découvrir ce que vous nous avez apporté voilà l'extrait sonore que vous voulez entendre avec nous sur France Culture on va l'écouter et puis vous nous expliquerez ensuite le sens que vous lui donnez je vais vous laisser le soir en quelques secondes de nous présenter cette archive Olivier Faure c'est le 10 mai 81 on achète au Chinon et François Mitterrand parle il vient de gagner cette victoire est d'abord celle des forces des forces du travail alors c'est le création [Musique] force du renouveau qui se sont rassemblés dans un grand élan national pour l'emploi la paix la liberté thème qui furent ceux de ma campagne présidentielle et qui demeureront ceux de mon septennat elle est aussi celle de ses femmes de ces hommes humbles militants pénétré d’idéal qui dans chaque commune de France dans chaque ville chaque village toute leur vie ont espéré ce jour où leur pays viendrait enfin à leur rencontre le cri d'un monsieur qui est très content derrière c'est pas Roger Hanin lequel était juste derrière François Mitterrand mais très calme ce soir là François Mitterrand Château-Chinon 22h21 précisément le dimanche 10 mai 1981 Olivier Faure vous avez 12 ans et demi où êtes-vous et que ressentez-vous je suis vends ma télé je suis dans une famille qui n'est pas une famille très à gauche comme vous l'avez compris et mes parents ont je crois voté le 10 mai 81 malgré tout professeur Mitterrand donc on se réjouit mais modérément et je ne comprends je ne comprends que c'est important je vois mon quartier qui était en liège pour la première fois un quartier de paradis meuble où tout le monde est dans la rue et tout le monde crie je suis content et je comprends vraiment dans les jours qui suivent la portée que ça a pour des millions de Françaises et de français notamment parce que d'abord à l'école je suis assis à côté d'un garçon qui lui vient du centre-ville et qui visiblement n'a pas les mêmes idées en tout cas ses parents n'ont pas les mêmes idées que que les Français qui ont voté majoritairement pour François Mitterrand et qui grave avec son compas sur la table dit mai 1980 jour de deuil national je comprends que c'est à la fois une formidable défaite pour les uns et un espoir gigantesque pour les autres François Mitterrand ce jour-là a réveillé un espoir que c'était assoupi pendant 23 ans et il donne cette bouffée d'oxygène ça le coup les gens se sentent libérés on a sentiment que quelque chose peut changer qu'on peut aller à l'usine dans l'entreprise et qu'on va pouvoir regarder dans les yeux le contremaître ou le chef il veut c'est formidable dans cette première allocution les forces de la jeunesse du travail de la création l'appel la liberté le retour de l'emploi est-ce qu'avec le recul du temps et puis votre expérience politique votre expérience de vie tout simplement Olivier fort on peut dire vous pensez que François Mitterrand et socialiste de gouvernement ont été au rendez-vous de leur valeur de ces valeurs on n'est jamais complètement au rendez-vous parce que la réalité c'est que ce monde est terriblement injuste et qu'il faut des décennies pour arriver à corriger mes regardez ce qui était fait au mois de mai 80 et dans les mois qui ont suivi l'abrission de la peine de mort pour la société la dépénalisation d'homosexualité voilà pour le côté sociétal mais les radios libres c'est pas rien mais surtout sur le plan social le SMIC est augmenté la sanctionné 5e semaine de congés payés en fait à 60 ans en fait les lois Auroux pour permettre dans l'entreprise de protéger les salariés faire en sorte que d'un seul coup ce monde étriqué dans lequel les années 70 avaient enfermé les Français d'un seul coup tout explose et avec cette possibilité de se dire oui je compte ma voix compte enfin je suis enfin représenté je vais enfin pouvoir alors voilà maintenant est-ce que tout a été réussi la réponse est non c'est une évidence mais est-ce que nous ne sommes pas condamnés finalement à chaque fois à rater une part de ce que nous avions promis sans Olivier Faure 84 vous avez 16 ans vous prenez le pack intégral c'est l'UNEF le syndicat étudiant et le Parti socialiste j'ai cru comprendre que c'était une amie qui vous avait convaincu la compagnie au-delà de cette gentillesse quel sens l'adolescent que vous êtes donne à ce premier pas d'engagement c'est le moment les années c'est pas la période la plus simple pour le PS4 non non la réalité c'est que je suis un peu rentré j'ai même j'aimais beaucoup la politique m'intéressait voilà ça m'intéressait de participer au choix de société etc mais je savais pas très bien où aller j'aurais pu être entraîné pour la première fois au parti communiste à Lutte Ouvrière ou je ne sais où peut-être aurais-je eu un autre parcours bon je crois pas malgré tout que je serai allé à la gauche dans la gauche radicale mais j'ai une amie effectivement qui me dit mais écoute vient chez disque ça coûte rien tu viens une fois et puis après si ça te plaît pas tu repars j'y viens je trouve ça assez folklorique en réalité au départ je trouve des gens qui s'appellent chaque amahan qui s'envoient des courriers avec marqué à la fin amitiés socialiste dont je n'avais pas encore compris ça pouvait resoler beaucoup parfois le perversité aussi mais en tout cas je trouve ça charmant et je me dis après tout pourquoi ne pas continuer avec eux et puis voilà quelques décennies plus tard je suis premier secrétaire drôle d'histoire France Culture sens politique Arnaud Bousquet Olivier fort nous sommes au mi-temps des années 80 c'est un moment intellectuel politique très important pour le jeune adulte que vous êtes qui n'imagine pas effectivement quel drôle d'histoire que 30 ans plus tard il serait le patron du PS moments important parce que la jeunesse nourrit une sorte de d'idolâtrie apaisée rassurante à la statue du Commandeur c'est l'époque de des slogans la France Mitterrand tonton laisse pas béton etc etc vous vous allez prendre une option moins en vogue et moins tranquille c'est le rocardisme expliquez-nous ce que ça veut dire devenir à 20 ans je ne retard bien avec des conditions qui s'appellent alors par exemple Manuel Valls ou Benoît Hamon il y avait cette volonté de concilier le cœur et la raison d'être non pas et peut-être à la lumière aussi de ce qui avait été les années qui avait précédé et même si je ne les ai pas vécu comme socialiste en tout cas pas au premier certainement pas au premier plan mais j'avais compris que il y avait quelque chose qui ne pouvait pas fonctionner c'est à dire qu'il fallait concilier à la fois les engagements que l'on prend devant les Français et en même temps ce qu'on peut tenir et donc qui avait chez Michel Rocca cette idée que il faut à chaque fois avoir cette cette capacité à toujours se confronter au réel et ne jamais finalement payer ce pays de mots et donc il y avait cette volonté là et puis chez Michel Roca il y a quelque chose qui faisait encore plus c'était cette idée de ne pas vivre en vase clos de ne pas faire de la politique à huis clos et donc d'aller chercher la société civile organisée de faire en sorte que il y a une interpénétration entre celles et ceux qui produisent en dehors des partis politiques syndicalise association mutuelle ONG intellectuel penseurs en tout genre qui ont aussi une voix apportée et la réalité c'est que depuis que je fais la politique je dois dire que les partis politiques ne sont pas le seul lieu même loin s'en fout où on continue à imaginer et que la politique est surtout le lieu où on est le réceptacle on est finalement le lieu où et bien on peut devenir un débouché politique pour des tas de gens qui ont conçu des choses en dehors de vous et vous êtes l'ensemble billet la fin du second c'est peut-être François Mitterrand et crépusculaire il y a la mort qui rôde le suicide de Pierre Bérégovoy le cancer du président les révélations sur Vichy les premiers scandales politiques officiels le Parti socialiste est aux portes du néant tout laisse à penser que l'heure de Michel Rocard l'antithèse de Mitterrand est enfin venu nous sommes le 17 février 1993 tout près de la ville de Tours à Montlouis-sur-Loire le berceau de la famille Debré mais ce soir-là c'est la gauche qui se réunit Michel Rocard qui n'est alors plus que maire de Conflans-Sainte-Honorine s'avance à la tribune à quelques jours d'élections législatives perdues d'avance par le PS bien sûr je sais et vous aussi sûrement que la période immédiate se prête mal à ce Big Bang politique auquel j'aspire mais dès les législatives passées nous devons bâtir d'urgence le mouvement l'instrument de transformation dont la France a besoin avec tous ceux dont les valeurs ou les références sont compatibles avec les nôtres même si certains d'entre eux sont actuellement nos concurrents socialistes je suis depuis toujours et socialiste je mourrai c'est ainsi que je définis ce à quoi je crois mais ce qui est un élément d'identification sur le plan individuel et devenu un élément de confusion au plan collectif mais que dire du parti lui-même qui peut croire qu'il pourra une société close attachée à ses rites pratiquant les querelles de chapelle ou les luttes de courant et prétendant offrir à l'extérieur un discours monolithique par rapport auquel tout désaccord est un drame toutes déviation à sacrilège et en acceptant d'allier que dans la soumission dans ce vasteur rassemblement chacun devra trouver sa place et c'est pourquoi attaché fermement que je suis au scrutin majoritaire je crois indispensable d'y ajouter une certaine dose de proportionnelle Olivier Faure c'est 90 secondes de très haute volée d'un Michel Rocard lucide sur ce qui attend le PS juste après au législatif ça suscite chez vous quelles émotions et quel sentiment figurez-vous que j'étais dans la salle au fond de la salle effectivement pour ce discours de jouer les tours de la salle quand même et donc je suis pas sûr d'en avoir mesuré toute la portée à l'époque mais effectivement j'aspirais à cette espèce de Big Bang à cet oxygénation et je ne savais pas que vous passez ça extrême et voyez je suis assez content sur cette volonté de ne pas nous maintenir dans un huis clos politique de chercher en permanence avec l'extérieur de nous-mêmes faire en sorte que la vie rentre dans la vie politique je dois reconnaître que c'est assez stupéfiant de me rendre compte en préparant l'émission la transposition évidente et quasi intégrale de ses propos à la situation du PS aujourd'hui avec vous à sa tête Olivier Faure et la question de l'Alliance pérenne au sein de la nuque je rappelle le verbatim retardième 93 j'invite les socialistes à une rupture avec les erreurs et les clivages du passé à bâtir un mouvement socialiste ouvert aux écologistes centrist et communiste rénovateur finalement la seule différence ce sont les centristes oui mais moi je suis ouvert à toutes celles et ceux qui sont prêts à faire bouger ce pays et dans un sens qui soit celui du progrès humain et bien sûr que nous n'avons avec la nuque réussi qu'une partie du problème nous n'avons fait que 151 députés il en faut plus de 300 pour être majoritaire donc nous avons besoin de continuer à nous ouvrir et il y a des forces dans ce pays je pense à celles et ceux qui parfois nous ont accompagnés sans partager l'intégralité de ce que nous portions mais je pense des questions de gauche qui se sont parfois agrégés à notre aventure je pense à des gens qui parmi les démocrates ont aussi cherché à la voix qui pouvait permettre le progrès humain et donc bien sûr que nous allons continuer à avancer et à chercher à nous ouvrir à d'autres on n'est pas c'est pas une secte la Nupe c'est au contraire c'est le début d'une histoire d'un récit qui reste à construire et que nous devons élargir on en sort le reportage dont le discours qu'on vient d'entendre dans le journal de 22 heures de FR3 le 17 février 93 notre concurristine au crainte présentait Michel Rocard comme le candidat naturel du PS pour la présidentielle de 95 bon finalement ça s'est joué entre Lionel Jospin et Henri emmanuely est-ce que vous considérez jusqu'à la fin de vos jours un peu comme avec Philippe Seguin dans le camp d'en face vous considérez que le Parti socialiste a gâché Michel Rocard iste a gâché beaucoup de monde donc bon Michel Rocard voilà je regrette effectivement qu'il n'est pas connu un destin supérieur à celui qui l'a connu mais bon je crois que la dernière fois que j'ai eu l'occasion de parler avec lui il était c'était à peu près un an avant son décès je trouvais qu'il y avait chez lui cette fraîcheur que beaucoup n'ont pas n'ont pas conservé je trouve beaucoup d'aigreurs chez beaucoup socialistes qui sont parce qu'ils ne sont plus ils sont loin le ressentiment permanent etc lui qui aurait pu obtenir beaucoup qui avait vu passer le destin tout près de chez lui et bien il était de ceux qui étaient encore dans l'enthousiasme qui est encore dans ceux qui voulaient entraîner passer le témoin à chercher celles et ceux qui pourraient prolonger cette chaîne socialiste il a dit socialiste je suis nécessaireiste je mourrais et c'est effectivement socialiste qu'il est mort et il n'avait aucune intention de trahir cette maison qui était parfois une maison qui difficile dur avec lui mais qu'il avait toujours soutenu peu près sur la même période vous évoquez vos vos derniers contacts avec Michel Rocard avant sa disparition en 2016 dans son dernier entretien sa dernière interview il expliquait que François Mitterrand le considérait lui regarde comme quelqu'un de maladroit ça voulait dire qu'en plaçant l'éthique au dessus de tout il ne saurait jamais commencé prendre pour s'imposer politiquement et gagner quoi que ce soit est-ce que finalement et peut-être malheureusement Mitterrand n'avait pas raison pour ocar et plus généralement l'intellectualisation l'éthique absolue pourront jamais être compatibles avec la conquête du pouvoir d'abord je ne suis pas sûr qu'on puisse dire de Michel Rocard qu'il était éthique sans aucun doute mais enfin il était parfois maladroit je ne suis pas sûr qu'on puisse le canoniser non plus enfin je veux pas non plus qu'on donne l'impression qu'il y avait d'un côté le diable tout est Dieu le père c'était pas tout à fait ça et dans la vie politique il y a forcément une dimension stratégique tactique et il n'est pas inutile d'être parfois habile mais enfin ça ne peut pas justifier effectivement le manque à l'éthique élémentaire et donc je pense par exemple aujourd'hui aux violences sexistes et sexuelles ou vous avez des parties où on continue à protéger et puis des parties comme le mien dont je monore qu'il est un parti qui a fait le choix parfois des choix très difficiles de sanctionner des gens qui n'étaient pas conformes à ce que nous voulions étant je vois aujourd'hui des gens qui sont dans mon opposition interne et qui eux continuent à promouvoir des gens qui ont été justement condamnés par nos propres soins je trouve que c'est dommage merci Olivier Faure c'est la fin de ce sens politique

« Avec la NUPES, nous disons à nouveau ce que nous sommes. » — Olivier Faure · Pourquijevote