Marine Le Pen candidate en 2027 : Julien Sanchez, vice-président du RN, est l'invité de Olivier Bost
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RTL Matin, Olivier Bois. L'interview de 7h40 sur RTL Olivier Bost, vous recevez donc Julien Sanchez qui est le directeur de la campagne présidentielle du Rassemblement National. Et vice-présidente du Rassemblement National, Julien Sanchez, bonjour. Bonjour. Dans la presse quotidienne régionale ce matin, voici un titre partagé, condamné mais candidate. Est-ce que vous ne craignez pas ce matin que cette question de la probité plombe la campagne de Marine Le Pen ? Que les Français y pensent au moment de choisir.
Non, parce que Marine Le Pen est une justiciable comme les autres, comme tout Français. Et donc quand on est injusticiable, on a le droit d'avoir une première instance, on a le droit d'avoir une voie d'appel et puis d'aller en cassation. Marine Le Pen est innocente et le prouvera, y compris en cassation.
Mais la probité, la plus grande sévérité avec les élus condamnés, c'est depuis longtemps la ligne du Rassemblement National. Est-ce que ça reste toujours valable ou est-ce qu'il faudra revoir certaines lois pour éviter ce genre de situation ?
Ça reste valable. En revanche, le tribunal a bien indiqué qu'il n'y avait pas eu d'enrichissement personnel, qu'il n'y a pas de corruption et encore une fois, il y a une cour de cassation. Ça, c'est vous qui le dites. Ah ben non, c'est le tribunal. Mais encore une fois, il y a la cassation et c'est en cassation que le droit sera dit.
Boris, la cassation ne fait que regarder si les conditions de la justice ont été remplies. Mais nous, on prétend que non. Boris Vallaud, le patron des députés socialistes, a dit par exemple hier soir, pour en revenir à la campagne, Marine Le Pen est une délinquante coupable de détournement de fonds publics. Est-ce que vous ne redoutez pas de l'entendre tout le temps ?
Écoutez, ça va être leur jeu, mais ça prouve bien qu'ils n'ont absolument aucun argument à nous opposer sur tout le reste parce qu'encore une fois, ils ont mis la France dans une situation catastrophique. Les uns et les autres, ils ont dirigé la France. Nous, on n'a jamais dirigé la France. Donc vous voyez, on peut essayer de nous rendre coupable de tous les maux. En l'occurrence, les nullités économiques, les crasses économiques, ce sont ces gens-là. Mais ça veut dire que les deux condamnations de Marine Le Pen, vous êtes en train de nous dire que les Français s'en fichent.
Ce n'est pas qu'ils s'en fichent, mais c'est que tout simplement, encore une fois, il y a plusieurs étapes dans une procédure judiciaire et Marine Le Pen, à partir du moment où elle se pourvoit en cassation, est présumée innocente à nouveau.
Est-ce qu'il est faux de dire ce matin que Marine Le Pen a décidé aussi de jouer la montre avec la justice, d'user de toutes les procédures pour ne pas voir sa condamnation appliquée avant l'élection présidentielle ?
Non, mais écoutez, quand on vous accuse de quelque chose que vous n'avez pas copié, à un moment, vous ne vous laissez pas salir. Donc vous utilisez toutes les voies de droit jusqu'au bout. C'est ce que fait Marine Le Pen. Elle ne comptait pas laisser son nom être traîné dans la boue.
Alors très concrètement, si la Cour de cassation n'annule pas l'arrêt d'hier, Marine Le Pen sera condamnée et aura un bracelet électronique au début de l'année prochaine, donc dans les tout derniers mois de campagne. Je rappelle que vous êtes directeur de campagne.
Non, sur les délais, encore une fois, je crois qu'on est plutôt sur 12-15 mois sur un délai normal pour avoir...
Sauf que la Cour de cassation a indiqué qu'elle pourrait rendre une décision à la fin de l'année ou au début de l'année prochaine.
Elle l'a indiqué au moment où le débat était l'exécution provisoire de la peine d'inévisibilité. Cela ayant été levé par l'arrêt de la Cour d'appel, il n'y a plus d'urgence à statuer. Donc vous dites à la justice, prenez tout votre temps ? Non, non, on dit simplement, faites comme pour tout français, voilà, ils feront ce qu'ils voudront, mais je vous donne le délai classique, et vous êtes journaliste, vous le savez, pour aller en cassation, en général, c'est 12-15 mois. Oui, mais en fait, la Cour de cassation fait ce qu'elle veut en la matière.
Vous êtes directeur de campagne, je le rappelle. Est-ce que vous imaginez un instant, en janvier prochain, votre candidate dépendre d'un magistrat pour l'autoriser à aller faire un meeting à Romorantin ou aller sur un marché à Hénin-Beaumont ? Je cite Marine Le Pen. Non, je ne l'imagine pas, non, non, voilà.
Parce que si les choses suivent leur cours normal, ce n'est pas ce qui se passera.
Je vous propose d'écouter ce que disait Marine Le Pen à la fin de l'année dernière sur RTL à propos, justement, d'un recours en cassation. Si je suis empêché et que, par exemple, la Cour de cassation me donne raison, trois mois ou quatre mois après, il sera trop tard pour faire une campagne. Alors, Marine Le Pen était au micro de Thomas Soto, c'était à la fin de l'année dernière. Pourquoi pourrait-elle faire campagne en janvier avec un bracelet électronique ? Là, vous êtes encore une fois en train de dénaturer les faits, Marine Le Pen. Non, je ne dénature pas les faits. Je donne un calendrier judiciaire qui est probable et que la Cour de cassation avait indiqué jusque-là.
Oui, encore une fois, qu'elle avait indiqué parce qu'il y avait le débat sur l'exécution provisoire de la peine d'invisibilité qui a été levée par l'arrêt de la Cour d'appel d'hier. Donc, ce sujet ne s'oppose plus.
Les Français seront juges, a dit Marine Le Pen. Cela veut dire que les Français, si Marine Le Pen est condamnée, choisiront par leur vote quelque part de la mettre à l'abri de la justice ?
Écoutez, les Français voteront pour un candidat qui représente ce qu'ils souhaitent pour la France. Je crois que Marine Le Pen est, avec Jordan Bardella, l'une des deux personnalités préférées des Français politiques. Et donc, les Français voteront pour qui ils ont envie de voter.
Mais, pour poser la question autrement, quand vous êtes à l'Elysée, c'est déjà perché. C'est-à-dire que c'est l'inviolabilité de la personne du Président de la République, protégée par la Constitution. On a connu un exemple, Jacques Chirac, pendant ses deux mandats à l'Elysée, n'a pas pu être inquiété par la justice. Est-ce que c'est cette protection que recherche Marine Le Pen ?
Non, absolument pas. Ce qu'elle recherche, c'est simplement à faire valoir ses droits. Et donc, la Cour de cassation, normalement, reconnaîtra effectivement qu'il y a eu une mauvaise application. Et donc, Marine Le Pen aura gain de cause.
Marine Le Pen sera ce matin sur le marché de la Flèche, avec Jordan Bardella. C'est une commune de 15 000 habitants dans la Sarthe, remportée aux dernières élections municipales par le Rassemblement National. Vous diriez que la campagne commence aujourd'hui ou qu'elle se poursuit ?
Écoutez, moi, je suis un directeur de campagne heureux ce matin, en tout cas, puisqu'on était un petit peu en retard parce qu'on attendait le nom de notre candidat qui était suspendu à une décision de justice. Aujourd'hui, on a pris de l'avance, puisque non seulement on a le nom de notre candidate à la Présidence de la République, mais on a le nom de notre candidat à la fonction de Premier ministre. Et on est les seuls. Donc, on a de l'avance sur nos adversaires, parce que vous ne pouvez pas aujourd'hui me citer quel serait le Premier ministre de Jean-Luc Mélenchon, de Gabriel Attal ou d'Édouard Philippe. Et en plus, on a des candidats qui sont en campagne.
Effectivement, vous venez de le rappeler, ils sont en ce moment en route vers la Sarthe. Et cette campagne, elle va être dynamique. Ils vont faire des déplacements l'un et l'autre, parfois l'un avec l'autre, parfois les deux en même temps. C'est l'avantage qu'on a quand on a les deux personnalités les plus populaires.
Je précise pour ceux qui nous écoutent que vous avez retrouvé votre sourire au moment où on parle de la campagne. Quel est le programme des jours à venir pour Marine Le Pen ? Est-ce qu'elle a besoin de vacances ? Ou est-ce qu'elle va se lancer dans une campagne avec beaucoup de déplacements ?
Écoutez, en tout cas, je crois que les Français, généralement, l'été, profitent quand même de l'été et ne s'intéressent peu à la politique. Pour autant, on va mettre cet été à profit pour travailler, puisqu'on a énormément de réunions de travail qui sont prévues avec Marine Le Pen et avec Jordan Bardella, notamment sur la finalisation du projet présidentiel. Et puis, sur le bouclage de tous les meetings, de tous les rendez-vous qu'on va donner aux Français dans les prochains mois, puisqu'on va faire une campagne de terrain offensive. Vous savez, Marine Le Pen est une lionne et elle va encore le montrer. Vous parlez de meetings. Vous êtes directeur de campagne.
Est-ce que vous avez trouvé une banque pour vous prêter de l'argent ? Écoutez, les démarches sont toujours en cours. Nous avons des pistes, évidemment. Mais vous n'êtes pas sans savoir qu'Emmanuel Macron, sur ce sujet, comme sur tous les autres, d'ailleurs, n'a pas tenu sa parole, puisqu'il n'a pas mis en place la Banque de la Démocratie. Ce serait pourtant le minimum, sauf si on est en dictature, que les opposants puissent se présenter.
À quel moment ça va devenir contraignant pour vous pour faire campagne, si vous n'avez pas un prêt d'une banque ?
Écoutez, il est clair que ce sera une campagne à l'économie si nous n'avons pas de prêt d'une banque. Mais que nos opposants se rassurent, nous serons très présents. Et puis, on peut aussi compter sur un réseau militant et sur les Français, que j'invite d'ailleurs à aller sur MarineLePen.com, s'ils ont envie de nous aider dans cette campagne, de participer au projet, et puis de militer avec nous pour participer à la victoire. Allez sur MarineLePen.com et manifestez-vous.
Pour être dans une campagne active, est-ce que Marine LePen doit abandonner la présidence du groupe des 122 députés Rassemblement National ?
Non, non, je pense qu'elle doit continuer à être présidente de groupe, parce que tout simplement, elle porte l'opposition à l'Assemblée Nationale. Il y a un gros rendez-vous, c'est quand même le budget à l'automne ? Oui, oui, oui, mais... Est-ce que de la mobiliser ? Je crois que sur ce sujet-là, Jean-Philippe Tanguy notamment et d'autres députés sont à l'offensive et très compétents et suivent ces sujets-là. Et Marine LePen assure la coordination du groupe, donc non, je pense qu'elle restera effectivement à la présidence du groupe à l'Assemblée. Et on verra ainsi qu'elle est la seule opposante.
Alors, il y a eu durant les longs mois d'attente de la décision de justice des débats, notamment sur le programme du Rassemblement National. Vous disiez que vous y travailliez encore. Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin ce qu'est la nouvelle réforme des retraites qu'a annoncée Jordan Bardella ? Alors, Jordan Bardella n'a pas annoncé de nouvelle réforme des retraites.
Une nouvelle réforme. En tout cas, il fallait retravailler la réforme des retraites. Vous avez une réforme des retraites dans votre programme. On a une réforme des retraites dans notre programme et on présentera ce sujet-là comme tous les autres à la rentrée puisque Marine LePen et Jordan Bardella présenteront aux Français leurs projets. Donc, concernant ce sujet, on essaie de faire croire qu'il y aurait une divergence entre Marine LePen et Jordan Bardella, c'est faux. Marine LePen parle de l'âge de départ en retraite. Jordan Bardella a parlé de la durée de cotisation en disant tout simplement qu'il ne faut pas que ceux qui sont au pouvoir mentent aux Français.
L'âge de départ, c'est une chose. Mais si vous avez commencé à travailler à 40 ans, évidemment, vous ne partez pas à 60 ou 62 ans.
Il n'y a pas forcément de divergence d'ailleurs entre Marine LePen et Jordan Bardella parce que Marine LePen dit aussi qu'effectivement, la question de la durée de cotisation se pose. Est-ce que ça veut dire que pour ceux qui n'auront pas cotisé 42 ans, c'est votre idée, votre programme, aujourd'hui c'est 43 ans, est-ce que ça veut dire que pour ceux-là, ils n'auront pas une retraite à taux plein ? Est-ce que ça veut dire qu'ils auront des plus petites retraites s'ils n'ont pas cotisé 42 ans ?
Non, mais c'est le cas aujourd'hui. C'est le cas aujourd'hui, pardon. Beaucoup moins. Aujourd'hui, il y a une décote qui est de faite si vous n'avez pas vos annuités. Donc c'est l'état des lieux aujourd'hui. En tout cas, nous, nous ne souhaitons pas diminuer les droits ou les acquis sociaux des Français. Vous ne nous trouverez pas sur ce plan-là. Et certains pourront toujours essayer de le faire croire, comme la France insoumise qui promet mon zémerveille à tout le monde. Mais nous, nous n'avons jamais remis en cause les droits des Français, et notamment les droits sociaux. Donc ce n'est pas notre souhait.
Est-ce que vous pensez que toutes ces péripéties judiciaires rendent Marine Le Pen plus forte ?
Oui, parce que quand on joue au chamboule-tout avec vous en permanence, je pense que ça forge le caractère. Et les Français reconnaissent au moins ça à Marine Le Pen. Ils lui reconnaissent une force de caractère importante contre vents et marées. C'est une bretonne. Et je crois qu'elle n'a pas fini de nous surprendre.
Merci beaucoup, Julien Sanchez. Merci Olivier Bost, merci Julien Sanchez. Bonne journée.
Julien Sanchez