Cancer : comment vivre avec ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation. La mutualité française présente [musique] et la santé, ça va ? Bienvenue dans et la santé, ça va. 433000 nouveaux cas chaque année, mais seulement entre guillemets 160000 morts par an.
On recense aujourd'hui en France près de 3800000 personnes vivantes [musique] avec un cancer. des cancers qui deviennent le plus souvent chroniques, c'est-à-dire on vit avec [musique] question comment précisément vit-on avec un cancer ? Comment travaille-t-on ?
Comment notre système de [musique] santé peut-il mieux nous accompagner ? Quelle piste pour améliorer le traitement et la prise en charge de ce cancer ? C'est le sujet de cette émission intitulé Cancer, comment vivre avec ?
Nos invités Sonia de la Provoé, vous êtes sénatrice centriste du Calvados, vous êtes à l'origine de la proposition de loi sur le registre du cancer qui permet de recenser précisément les cancers et leur évolution à l'échelle nationale. Et professeur Fabrice André, vous êtes directeur de la recherche de l'Institut Gustave Roussi. C'est le premier centre européen de prise en charge du cancer.
Merci de participer à cette émission. Euh d'abord professeur André, en 20 ans, le nombre de cancers a augmenté chez les hommes de 34 % et chez les femmes de 43 %. Comment expliquer une telle progression et de quel type de cancer parle-t-on ?
Alors, d'abord, il faut il faut bien dire que cette augmentation, elle est quand même beaucoup liée à l'âge. Donc, au plus la population vieillit, au plus la probabilité de faire un cancer augmente. Quand on regarde le risque de cancer ajusté à l'âge par tranche d'âge, il y a pas une augmentation si importante que ça.
C'est important de le dire parce qu'on parle beaucoup de cancer chez les jeunes. Alors, on parle aussi de cancer chez les jeunes, c'est-à-dire de moins de 40 ou 50 ans selon les définitions. Là, il y a pour certains types de cancer très particuliers, notamment le cancer du colon, le cancer du sein, il y a une augmentation modérée qui est détecté.
Donc, les chercheurs s'intéressent à cette question. Voilà. Mais c'est quelque chose que qui est très précis sur des des cancers très précis.
Ensuite, il y a des différences selon le type de cancer, mais globalement quand même, il y a on augmente l'espérance de vie, donc mathématiquement, on augmente le risque de cancer en se rappelant que la moyenne d'âge du cancer à peu près c'est 68 à 70 ans selon les hommes ou les femmes. Chez les femmes, c'est le cancer du sein numéro 1 suivi par cancer du colon et du poumon. Exactement.
Et chez les hommes, c'est la prostate en numéro 1 et à nouveau colon poumon. Alors Sonia de la proveuté. Tous ces chiffres dont on parle, ce sont des estimations, mais maintenant on va avoir des chiffres précis.
Et d'ailleurs, bravo hein, grâce à votre proposition de loi. C'est vous qui êtes à l'origine de ce registre national du cancer qui n'existait pas. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ?
Alors, ce registre national des cancers de la dune parce qu'il existait déjà pour euh pour les enfants euh dans notre pays, euh en réalité euh donc les chiffres que nous avons là sont le fruit d'une extrapolation à partir de 24 % de la population qui sont couverts précisément euh par des registres locaux euh et qui de traitent d'une donnée absol exacte sur des territoires bien précis dans notre pays. Et donc, on n pas la véritable donnée, c'est on appelle l'exhaustivité des cas, l'identification des cas. en fonction de l'organe mais aussi du sexe, de l'âge, du diagnostic, du lieu du diagnostic, ce qui nous permet pas derrière de pouvoir identifier lieu du diagnostic, on sait qu'il y a beaucoup de parle vers la Rochelle, il y a des explosions de cancer d'enfants dont on se demande quelles en seraient les causes.
Je votre contrôle he c'est exactement ça. C'est-à-dire que en fait d'avoir l'exhaustivité des cas et notamment le lieu du diagnostic et le lieu d'habitation évidemment c'est surtout ça le plus important de de la personne qui a été diagnostiquée permet de mettre en évidence ces fameux cas groupés et comme on a un registre national des cancers pédiatriques et ben pour le coup on identifie ces cas groupés et le fait d'avoir un registre national avec des données que l'on peut comparer d'une année sur l'autre permet de voir si cette évolution si d'abord un si ce cas groupé est le fruit d'une réalité notamment pour les cancers rares ou si c'est pas le fruit du hasard parce que ça peut arriver aussi hein d'avoir plusieurs diagnostics en même temps et l'année d'après on les a plus. Et dans ce cas-là, cette comparaison dans le temps et c'est ça l'intérêt aussi d'un registre, c'est la reproduction de la donnée et permet de savoir si finalement ce qui a groupé est une réalité, si elle se maintient dans le temps, auquel cas il y aurait une exposition, une raison locale particulière à la présence à l'apparition de ces cancers, de détecter des cancers émergents très vite.
Euh, professeur André, je le disais en introduction, 3800000 français vivent avec un cancer. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est plus un épisode le cancer.
Enfin, c'est une maladie chronique. Ça veut dire que c'est un état qu'on vit avec qui a beaucoup de français, on ne le soupçonne pas d'ailleurs qui vivent avec un cancer. Alors là, je pense qu'on parle de l'après cancer, c'est-à-dire que c'est des personnes qui ont eu un diagnostic et là il y a deux situations différentes et c'est important pour la suite des mission.
Il y a la première situation où on dit il y a eu un diagnostic, un cancer localisé à l'organe d'origine. Les traitements ont été réalisés, il y a une rémission dans le sens où il n'y a plus de cancer visible et c'était localisé au départ. Donc ça là, on rentre ensuite dans ce qu'on appelle vraiment l'aprèscancer notamment certains de ces patients ou patients do avoir des traitements chronique certains effets indésirables et aussi il faut gérer les séquels liées au cancer initial ou autre.
Et après, quand il y a rémission dans ce cas-là, est-ce que c'est voilà, c'est terminé, vous êtes comme tout le monde ou bien non ? Il y a quand même un suivi euh post cancer guéri. Alors là encore, il y a deux situations différentes.
Une première situation où le cancer est de bon pronostic et dans ce cas-là, on essaie quand même à être rassurant pour les patients parce qu'on sait que si on est rassurant, les choses vont aller mieux en suit. Donc ça c'est le bon pronostic. Et après, il y a une deuxième situation qui sont les patients qui vivent avec un cancer, c'est-à-dire qui ont une maladie détectable existante, il n'a pas disparu.
Donc là, ils ont des traitements chroniques parce que le cancer est visible. Donc je pense pour démarrer, c'est bien d'avoir cette cartographie, cette distinction parce qu'on parle pas du tout de la même chose quand on dit il y a trois plus 3 millions de personnes qui vivent avec un cancer. Souvent, c'est de l'après-cancer aussi.
Ça peut être de la maladie active. Alors, je vous propose de voir le quotidien de Francine qui a le cancer, qui est devenu pour elle une maladie chronique. Donc, comment réorganiseon sa vie quand la maladie s'est installée dans votre vie ?
Reportage. On a de la chance parce qu'il fait vraiment super beau là. Difficile pour Jean-Ren de suivre sa femme Francine 65 ans.
Cette retraitée [musique] hyper active qui habite Villeneuve la Guyarde en Lyonne enchaîne les activités. Quand on fait le tour de la commune, ça fait à [musique] peu près 7 km quelque chose. Le mardi, c'est Aquajim.
Mercredi après-midi, les petites filles. Jeudi après-midi, cinéma. Les autres jours s'est randonné avec les copines sans parler de ses activités de bénévolat à la bibliothèque et au sein de sa mairie un petit café une [musique] petite Madeleine.
Mais en mai dernier, lors de sa mammographie de contrôle, le radiologue a détecté une anomalie, m'a dit de faire rapidement une biopsie. J'ai été étonnée parce qu'en fait, j'avais pas du tout mal au sein. J'avais mal au sternum ou à la côte en dessous ou dans le dos.
Ça me faisait un point dans le dos mais pas du tout mal au sein. Et là tout s'est enchaîné de la confirmation du cancer et puis par la suite tous les rendez-vous jusqu'à l'opération le 8 juillet. Francine subit une tuméroctomie.
On lui enlève la tumeur mais pas le sein. Son cancer est cependant diagnostiqué comme étant semi-agressif. [musique] S'en suivent donc cinq séances de radiothérapie à l'Institut Gustave [musique] Roussi en région parisienne.
En fait, c'est cinq séances qui en valent 15 et en fait on vous fait en une semaine les cinq séances plutôt que 15 séances. C'était sous respiration avec un tuba. Moi, je m'étais renseigné avec mes amis, elles avaient pas eu ce traitement-là.
Et euh bon, la première fois, j'ai eu très peur. Et puis après, bon voilà, tu à la dernière séance le samedi, je suis sortie de ma séance et les petites dames m'ont dit "Bon ben c'est la dernière séance et ben au revoir madame et après donc on sort, on est comme ça, on est lâché dans la nature. On se dit bon bah j'espère que tout va bien se passer quoi." 15 à 20 % des cancers du sein récidifent dans les 10 ans.
Pour l'empêcher, Francine doit suivre une hormonothérapie. traitement qui bloque l'action de certaines hormones pour éviter qu'elles stimulent le cancer, non sans certains effets secondaires. On n'est pas toutes pareil devant les effets secondaires.
Donc, j'ai entendu des personnes depuis 2 3 ans et elles sont toujours fatiguées. Il y a des personnes qui ont des des effets secondaires plus importants qui arrêtent carrément le traitement. Donc en fait, il faut se dire que c'est ça qui empêche la récidive.
Tant que c'est supportable, il faut se surveiller quoi. Son prochain rendez-vous de contrôle est programmé [musique] des mois plus tard, ce qui nourrit ses inquiétudes. Le terme semi-agressif en fait est resté un peu bloqué et euh là en ce moment par exemple, j'ai mal au dos mais comme je fais beaucoup d'activités, je me dis c'est peut-être mes activités mais peut-être pas.
Je peux pas m'empêcher de penser euh qu'il est migré quelque part ou euh donc de toute façon euh c'est vrai qu'il faut essayer de pas s'angoisser, ce qui est pas évident. Sonia de la provoter. C'est vrai qu'il faut essayer de pas s'angoisser.
C'est pas évident. On voit Francine franchement qui fait bonne figure, j'allais dire. Est-ce que c'est pour mieux dissimuler l'angoisse qu'on a tous vis-à-vis de ce mot cancer ?
Euh dissimuler, je sais pas. Chacun a les moyens, ses propres moyens pour avec cette angoisse, mais l'angoisse est réelle. Quelle que soit quelle que soit la personne, elle fait bonne figure, en même temps, elle l'exprime aussi.
Euh et surtout ce qui est important dans son témoignage, c'est le sentiment de parfois de se retrouver seul face à face à son cancer et ça c'est peut-être le plus anxiogène pour elle. C'est d'où l'intérêt d'avoir un entourage notamment médical qui vous conseille, qui vous accompagne parce que on peut pas rester avec des questions alors que son cancer reste une épée de damoclè qu'on a qu'on a au-dessus de la tête. Euh et comme le dépistage d'ailleurs hein, parce que le dépistage du cancer à chaque fois qu'on qu'on fait le test de dépistage, on a toujours cette question de il y a l'avant et il y a l'après quoi.
Et au moment du dépistage, à chaque fois c'est une angoisse. Donc en fait le cancer c'est euh c'est qui explique une femme sur deux fait le dépistage de la mammographie, hein. C'est une c'est une des raisons qu'il y a plein de raisons.
Il y a des raisons techniques et pratiques, territoriales d'accès au dépistage. Euh tout tous ces sujets-là, il y a il y a une absence aussi peut-être de rigueur vis-à-vis de de la maladie et vis-à-vis de sa santé. Enfin, de de s'en emparer soi, mais il y a aussi la fuite en avant et et l'angoisse justement de la mauvaise nouvelle et elle l'exprime d'ailleurs assez bien du jour au lendemain.
C'est c'est la tempête qui arrive dans la vie. Cette patiente a vraiment une façon de d'aborder les choses en ayant une vie sociale très développée et qu'elle a cherché à maintenir. Mais toutes les femmes et tout tous les tous les hommes n'ont pas forcément cette ressource là en eux pour pouvoir affronter ce sujet de la permanence de la vie avec un un cancer ou se doute éventuel d'une rechute ou d'une récidive.
Professeur Fabrice André Sonia de la Provoté parlait de la solitude. Solitude au moment du diagnostic et même solitude après le traitement. on se retrouve au fond, on on a l'impression d'être c'est un combat qu'on mène un peu seul, c'est face à son cancer.
Alors, peut-être qu'il faut dire donc c'est ce que nous on appelle au niveau scientifique hein, le donc l'aprèscancer. Donc il y a toute une recherche sur l'après canancer et effectivement ce qu'on voit c'est qu'il y a une sorte on va dire d'isolement. Le patient qui a un cancer à traité, il est il y a beaucoup de personnel médicals, beaucoup d'infirmières pendant plusieurs mois, parfois ils ont de la chimiothérapie et du jour au lendemain, on dit bah voilà, on vous revoit dans 4 mois.
Donc nous, on met en place sur de périodes de transition. Donc il y a une consultation de transition où on explique aux patients la suite. À la fin, c'est toujours une une affaire d'explication.
Donc on explique aux patientes que on est disponible. Mais là en fait, là où je veux en venir, c'est que nous aussi, il faut qu'on forme un ensemble de personnel pour prendre en charge les patientes et les patients dans l'après cancer. Nos collègues médecin généralistes, il a il y a tout plein de formations à faire des infirmières qui doivent pouvoir être disponibles et et formé aussi à ça.
Voilà. Et ensuite pour ce qui est du suivi, de plus en plus, il y a quand même énormément maintenant d'outils digitaux qui permettent d'aider les patients et les patients. Donc réponse aux symptômes, le patient rentre les symptômes, il y a des outils donc digitaux qui répondent.
Donc petit à petit, l'arsenal se met en place pour répondre aux besoins des patients dans l'aprèscancer. Mais rappelons-nous pourquoi on parle de ça aujourd'hui ? On en parlait pas il y a 10 ans.
C'est aussi parce que il y a des progrès sur la prise en charge des cancers qui font que de plus en plus de patients et de patientes sont vivants. Et donc du coup maintenant c'est parce qu'on le guérit mieux qu' a plus de français qui vivent avec le cancer. C'est la bonne nouvelle.
D'ailleurs, on a des meilleurs traitements qu'avant. Il y a plus de personnes qui vivent du cancer, qui vivent avec un cancer et qui vivent après un cancer. Et c'est pour ça que ça a donné lieu maintenant à un vrai champ scientifique et champ de recherche où on commence à voir quels sont les problèmes et ben quelles sont les solutions.
Sonia a de la pauvreté. Je je reprends ce chiffre 3800000 français qui vivent avec un cancer. La vie post cancer alors c'est quoi ?
Donc il y a de la souffrance, il y a de la solitude, il peut y avoir de la douleur. Est-ce qu'il peut y avoir de la discrimination ? Je vois ce chiffre.
Une personne sur 5 perd son emploi dans les 5 ans après le diagnostic. Comme si le monde du travail avait toujours peur du cancer. Et d'ailleurs, est-ce qu'un salarié le le dit forcément à ses est-ce qu'il a intérêt à le dire autour de soi qu'il a un cancer ou est-ce qu'il vaut mieux le cacher justement pour ne pas avoir ce regard de l'autre un peu apitoyé sur vous ?
Il le dit pas forcément mais il le dit à son médecin du travail en tout cas quand il y a vraiment une relation de confiance. Euh moi dans mon métier, j'ai je j'étais médecin, je suis ailleurs toujours médecin du travail. Je je j'ai été confronté de nombreuses fois à cette situation.
En réalité, il y a les salariés. Donc les collègues ne se doutaient pas qu'il était il suivait un traitement du conseil. Ça ça arrive assez régulièrement euh pour d'abord c alors les raisons sont très différentes.
Certains c'est parce qu'ils ne veulent pas être considérés comme étant un poids ou ou moins opérationnel ou moins utile au collectif de travail au fonctionnement de de l'entreprise. D'autres parce que pour eux c'est un c'est un sujet intime et ils ne veulent pas le partager avec les autres. considère que dans le lieu de travail, c'est pas l'endroit où on parle de ça.
Euh et puis d'autres enfin le cachent parce que euh ils ont peur que ce soit un sujet de discrimination euh et pour le coup euh le risque étant euh éventuellement une perte d'emploi euh euh à terme et en tout cas ils veulent pas se résumer être résumé à à cette personne qui a eu un cancer ou qui est encore porteuse d'un cancer vis-à-vis de vis-à-vis des collègues. Mais sur les sur le ceux qui ne retrouvent pas le travail, il y a plusieurs raisons. D'abord, il y a effectivement un certain nombre de cas où il est difficile de revenir sur son poste de travail pour des raisons physiques, pour des raisons psychologiques, de fatigue et puis des et puis d'autres raisons qui empêchent sur des travaux sur des métiers extrêmement physiques de pouvoir avoir autant de de capacité physique qu'avant. il y a une parfois une fatigualité plus grande mais aussi des pertes de compétences et des et de capacité à faire.
Et donc ça c'est tout le tout le travail du médecin du travail pour et en lien avec l'entreprise pour aménager le poste de travail quand c'est possible de façon à ce que la personne puisse réintégrer son poste euh dans les meilleures conditions possibles. Pour ça aussi, il y a besoin d'une transition et pour ça c'est ce qu'on appelle il y a on a des outils comme le mi-temp thérapeutique et on commence par travailler des demi-journées. Après, on fait une journée complète, on voit si on tient sur une journée complète tous les deux jours et puis parfois et bien c'est pas possible de reprendre sur le poste, c'est pas possible de l'aménager parce qu'il y a plein de raisons à ça parce que l'entreprise est toute petite et qu'il y a pas beaucoup de solutions de reclassement et qu'on peut pas forcément retrouver une solution, un plan B.
Et à ce moment-là, c'est la formation, c'est réfléchir à ce qu'on veut pour soi, à réorienter et trouver un nouveau métier. Alors, comment se reconstruire après un cancer ? comment se réapproprier son corps.
Je vous propose de retrouver Francine, la patiente qui est qui est atteint d'un cancer devenu chronique et qui participe à des soins support qui sont proposés par l'Institut Gustave Roussi à ville-juive donc dans le Val de Marne. Aujourd'hui, Francine a rendez-vous à Cheviller la rue. Bonjour messieurs dames.
Bonjour madame madame Marx. Ju pour la journée de transition. Bonjour.
L'Institut Gustave Roussi a développé ici un site dédié uniquement à l'accompagnement [musique] des patients. Bonjour mesdames. Pendant et après les traitements, vous avez un charmant médecin qui va s'occuper de vous.
D'accord. Très bien. Dans la salle d'attente ce matin, des patientes en rémission de leur cancer du sein.
Il y a un peu de travail. Elles vont recevoir pendant une journée entière des réponses à toutes leurs questions, notamment sur leur traitement d'hormonothérapie qui divisent le risque de rechute par deux [musique] mais qui peut s'accompagner d'effets secondaires importants. Mais ça c'est le bénéf pour renforcer la puissance de médicaments, des traitements, ça ça entraîne des effets secondaires notamment liés à une baisse du taux hormonal donc des hormones féminines dans le dans le corps humain.
Ça va aller vite donc il faut suivre. [rires] tout en gardant les bras écartés. Au cours de la journée, elle participe [musique] à plusieurs ateliers : consultation de psychologues, nutritionnistes, conseils pour le retour [musique] au travail mais aussi activité physique adaptée.
Une approche globale prise en charge à 100 % pour mieux supporter l'aprèscancer. [musique] Le symptôme qui ressort le plus chez nos patients, c'est de la fatigue chronique qui s'installe avec le repos. Plus on se repose, plus c'est [musique] on est fatigué.
Donc pour lutter contre cette fatigue, il faut bouger un petit peu. À l'initiative de ce dispositif, le professeur Florian Scoté, oncologue. Des études montrent que face à la lourdeur des traitements, près de 30 % des femmes les interrompent, augmentant ainsi le risque de rechute.
D'où l'importance d'informer et d'accompagner les patientes. Les soins de support sont nécessaires dans le traitement de la maladie puisqu'ils vont permettre d'une part de limiter les toxicités des traitements, améliorer la tolérance, du même coup améliorer l'adhésion des patients, l'observance au traitement et la possibilité de maintenir une dose, une efficacité des des traitements maximales. Et faites aussi attention quand vous achetez des compléments alimentaires parce qu'il y a souvent du soja.
Mise en place dès le début du parcours de soins, ce [musique] dispositif permet également d'anticiper et de mieux affronter d'autres difficultés [musique] souvent sous-estimé qui surviennent après la fin des traitements. Les patients guéris de leur cancer, en rémission de leur de leur cancer risquent de souffrir de séquel de séquel de la maladie mais également des traitements. Classiquement, on a la fatigue, on a des douleurs qui peuvent également être présentes, on a tous les impacts financiers qui sont aujourd'hui sous-évalués.
On a des impacts en terme de santé intime, en terme psychologique, d'anxiété ou de dépression. Donc toutes ces séquels potentiels doivent être pris en charge très précocément, d'où le développement très précoce des soins de support. Bon ben bon appétit mesdames.
Pour Francine, l'objectif de cette journée est atteint. Elle ressort rassurée et déterminée à poursuivre son traitement. Si on a pass cette journée, bah je pense qu'on est un petit peu dans le flou total. on se fait peut-être ses idées euh toute seule dans notre coin et puis là comme ça bah ça nous conforte dans le fait de continuer les le traitement.
Par exemple, moi l'hormonothérapie, je sais que ça empêche vraiment la récidive et que c'est important même si je suis fatiguée de continuer. Depuis leur lancement en 2022, 1000 patientes ont bénéficié des journées de transition. Le dispositif a été élargi au cancer de la [musique] prostate et du poumon.
Professeur Fabrice André, votre regard sur ces soins support qui ne sont pas généralisés et je je vous donne ce chiffre qui montre leur importance pour un peu plus de 63 % des patients en situation de post-traitement, de lourdes séquelles dégradent durablement leur qualité de vie hein. La vie post cancer elle est compliquée, hein. Alors, elle est compliquée.
Là encore très des signants très différentes selon les patientes et les patients effectivement et en distinguant deux choses les séquel du cancer et des traitements chirurgicaux et locaux et les traitements en cours. Dans le reportage ils expliquaient assez bien que des traitements au long cours comme l'hormonothérapie ils ont leur toxicité et là je dirais que c'est un combat quotidien. C'est tellement lourd que on le disait dans le reportage, il y a une femme sur trois qui décide d'arrêter.
Voilà. Au bout de 3 ans, les études suggèrent que c'est à peu près 30 % des patientes qui arrêtent les traitements et souvent malheureusement sont les patientes qui ont expérimenté une toxicité qui vont arrêter au bout d'un certain temps. D'où l'importance aussi de prévenir les toxicités et d'expliquer.
Donc là ce qu'on a vu dans le reportage c'est ce qu'on appelle la journée transition. C'est vraiment une transition entre il y avait beaucoup de soins et ensuite on va vous laisser un un petit peu dans la nature, excusez-moi l'expression. Et donc on fait une transition pour bien expliquer aussi bah c'est quoi les traitements dans l'après cancer ?
C'est quoi les traitements euh ça c'était le premier cas. Voilà. Et le deuxième cas donc c'était pour le deuxème cas ce sont des des séquelles au long cours de traitement.
Par exemple si une chirurgie a pu enlever et c'est normal un petit ner et peut avoir des douleurs chroniques. Sonia de la provauté. La bonne nouvelle c'est qu'on guérit de cancer.
Il faut maintenant apprendre à vivre mieux avec le cancer. puisque ça devient, on l'a dit, c'est le sujet de cette émission, une maladie chronique. Oui, il faut apprendre à à vivre mieux.
En tout cas, on écrit une nouvelle page de sa vie, c'est une certitude. Ça vous change déjà dans la tête, hein, quand on a par on parle des séquelles physiques, mais il y a aussi des séquelles psychologiques par l'épreuve qu'on vient de de séquel psychologique. Pourtant, on pourrait se dire chaque jour est un cadeau que la vie est belle une fois qu'on a surmonté une épreuve comme ça.
Ou alors alors c'est pas le cas de figure le plus fréquent en tout cas dans mon expérience. Euh souvent c'est plutôt euh euh un cette angoisse de voilà de de voir réapparaître cette maladie ou une autre. Euh et et il y a vraiment euh cette angoisse-là et puis euh euh il y a le fait que on a l'impression que on est différente de la personne qu'on était euh qu'on était avant.
Euh alors parce que il y a des réels séquels physiques ou parce que euh on on il y a une espèce de de comment dire de on se sent pas bien, on se sent plus faible, on a du mal à retrouver euh son énergie, euh on a moins confiance en soi, il y a une perte de confiance en soi. Enfin tout en fait c'est tout un tas de questions auxquelles la personne doit pouvoir répondre et pour ça il faut l'accompagner pour qu'elle puisse y répondre. Même si la bonne nouvelle, c'est qu'on en guérit de plus en plus quand même.
On guérit, c'est moins une condamnation à mort quand on est diagnostiqué d'un cancer que ça ne l'était il y a 10 ou 20 ans. Exactement. Avec pour certains types de cancer des améliorations importantes depuis les 20 dernières années, cancer du Saintemple.
Mais si je puis me permettre pour revenir parce que après je vais oublier sinon dans le cadre dans le sé de Francine, elle a dit quelque chose qui est très important. Elle dit euh ailleurs ou il y a un certain temps j'aurais reçu 15 voire même beaucoup plus de séances de radiothérapie. Maintenant j'en reçois plus que cinq.
Donc c'est ce qu'on appelle la désescalade thérapeutique. Et ce dont elle décrit là, c'est ce changement de pratique, c'est issu en partie de d'études cliniques française faite avec les financements publics français, c'est-à-dire nos impôts. Je veux juste faire une petite parenthèse montrer que le financement public de la recherche française a des retombées pratiques et qu'on voit là dans cette situation et qui sont très importantes.
Et du coup, j'en profite puisque vous êtes professeur à l'Institut Gustave Roussi pour dire que le lauréat du prix Gustave Roussi 2026 a été remis et on lui adresse toutes nos félicitations au docteur Louis Diaz qui a montré que certains cancers identifiés par une anomalie génétique appelée MSI peuvent être très bien traités par l'immunothérapie ce qui a changé la façon de soigner de nombreux patients. Félicitations aussi à tous les chercheurs qui permettent d'améliorer les traitements et notre espérance de vie. Euh pour terminer, je rappelle la ligne Cancer info au 0805 123 124.
Il y a également le site cancer-info.fr. Voilà et la santé ça va c'est terminée.
Merci de nous avoir suivi. Cette émission est à retrouver sur [musique] la plateforme publicsena.fr et à bientôt pour un prochain numéro. [musique] Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation.
C'était et la santé ça va avec la mutualité française.
Sonia De La Provôté