Budget : "Encore une fois, les entreprises vont payer le prix fort", alerte Jean-Guilemme Darré, du Syndicat des Indépendants et des TPE
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 25 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:33OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une bonne chose pour vous ?
- 1:34OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous diriez comme un Bernard Arnault ou un Patrick Pouillonnet qu'il y a trop de pression fiscale ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Il y a une mesure dans ce budget post-commission mixte paritaire qui fait que davantage de petites entreprises vont devoir s'acquitter de la TVA.
- 3:02OuverteRéponse directe
Quelles conséquences ça peut avoir, une telle mesure ?
- 3:30OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il faudrait faire sur cette question-là, plus largement, cette question de l'exemption de TVA ou pas ?
- 4:17OuverteRéponse directe
Comment vont-ils aujourd'hui, vos adhérents ? Comment abordent-ils 2025 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:46InvitéFait
« Le budget tel qu'il est conçu, il y a une augmentation des prélèvements obligatoires et il n'y a pas de baisse, en tout cas en volume, pour le budget de l'État. »
- 1:45InvitéPromesse
« Nous, on a parlé de froid entrepreneurial assez tôt, en juillet dernier, et c'est intéressant de voir que les grandes entreprises nous rejoignent sur ce thème. »
- 2:14InvitéFait
« Mais on ne voit pas aujourd'hui, encore une fois concrètement, en quoi l'état, lui, prend sa part. »
- 4:20InvitéChiffre
« On a réalisé une enquête récemment, 88% d'entre eux nous disent qu'ils n'ont pas le moral. »
- 5:35InvitéChiffre
« L'année dernière, il y a eu une augmentation de 19% des défaillances. Il y a 68 000 entreprises qui ont fermé leurs portes, dont 92% d'entreprises de moins de 10 salariés. »
- 5:52InvitéChiffre
« Il y en a eu 160 000 l'année dernière, c'est-à-dire des personnes qui disent « Ouais, c'est bon, j'en peux plus, on n'y arrivera pas, je ne vais pas y arriver. » »
Temps de parole
- Invité73 %
- Présentateur27 %
≈ 6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir à toutes et à tous, François Bayrou face aux motions de censure. Il y en a deux, le Premier ministre a eu recours au 49-3 pour faire passer le budget de l'État et celui de la sécurité sociale. La France Insoumise a déposé ses motions qui devraient être rejetées. Bonsoir Jean-Guilhem Daré. Bonsoir. Vous êtes délégué général du syndicat des indépendants et des très petites entreprises, les TPE, l'immense majorité du tissu des entreprises françaises. On va voir ce qui se passe dans les heures qui viennent, mais normalement le gouvernement devrait tenir et le budget être adopté. Est-ce que c'est une bonne chose pour vous ?
Le fait qu'on entre peut-être dans une phase de stabilité politique est un élément positif, à la fois pour les consommateurs et pour les entreprises. Maintenant je ne vous cacherai pas que le budget tel qu'il va passer potentiellement ne nous satisfait pas entièrement.
Parce que vous écrivez dans un communiqué, la stabilité politique obtenue dans la préparation du budget se paiera au prix fort pour nos entreprises et notre économie. Oui, je pense qu'on peut dire que ça ne vous satisfait pas. Non. Qu'est-ce qui ne va pas ?
Ça va coûter cher parce qu'on va avoir, en fait c'est simple, le budget tel qu'il est conçu, il y a une augmentation des prélèvements obligatoires et il n'y a pas de baisse, en tout cas en volume, pour le budget de l'État. Donc c'est encore une fois, les entreprises qui vont payer, elles vont payer au travers d'augmentation de taxes, au travers d'augmentation de charges, au travers de la baisse de certaines aides, les aides sur les salaires, les aides au niveau de l'apprentissage. Et donc encore une fois, ce sont les entreprises qui vont payer le prix fort pour cette stabilité.
Est-ce que vous diriez comme un Bernard Arnault ou un Patrick Pouillonnet qu'il y a trop de pression fiscale ?
Je crois que nous, on a parlé de froid entrepreneurial assez tôt, en juillet dernier, et c'est intéressant de voir que les grandes entreprises nous rejoignent sur ce thème. Peu importe, quelle que soit la taille de l'entreprise, à partir du moment où la fiscalité pure ou que ce soit les charges sociales étouffent les entreprises, on n'y arrive pas.
Est-ce que vous entendez l'argument, voilà l'état des finances publiques, il faut un peu que tout le monde prenne sa part ?
Alors oui, simplement ça fait des années, budget après budget, on voit que ce sont toujours les mêmes qui prennent leur part, mais on ne voit pas aujourd'hui, encore une fois concrètement, en quoi l'état, lui, prend sa part.
Il y a une mesure dans ce budget post-commission mixte paritaire qui fait que davantage de petites entreprises vont devoir s'acquitter de la TVA. Là, le seuil d'exemption diminue, il y avait plusieurs cas de figure, mais là, il est ramené à 25 000 euros de chiffre d'affaires annuels. Ça fait bondir la Fédération des auto-entrepreneurs. Vous, qu'est-ce que vous en pensez ?
C'est vrai que c'est un coup dur pour les micro-entrepreneurs, très clairement. Maintenant, pour un certain nombre, voire peut-être pour la totalité des entrepreneurs individuels classiques, qui, eux, acquittent cette TVA, ça représente quelque part une modification de l'équilibre économique et peut-être ça rétablit une certaine égalité entre les différentes formes d'activité.
Quelles conséquences ça peut avoir, une telle mesure ?
Au niveau des micro-entrepreneurs, vraisemblablement, il y en a un certain nombre qui vont cesser leur activité parce qu'on n'est pas du tout dans la simplification administrative, pour le coup. Et pour d'autres, ils vont vraisemblablement limiter leur chiffre d'affaires.
Limiter leur chiffre d'affaires, ça veut dire diminuer leur activité ou du travail dissimulé ?
Ça peut être les deux. Diminuer le chiffre d'affaires, effectivement, se limiter dans son activité ou poursuivre une activité, mais pour une part dissimulée.
Qu'est-ce qu'il faudrait faire sur cette question-là, plus largement, cette question de l'exemption de TVA ou pas ?
Écoutez, la micro-entreprise existe maintenant depuis 2009. On a beaucoup parlé de cette histoire de concurrence, dans quelles conditions on paye la TVA ou pas, quelles étaient les charges sociales, les charges fiscales. Les micro-entrepreneurs aujourd'hui sont inscrits dans le paysage, ça représente 64% des nouvelles structures qui sont créées chaque année. Mais néanmoins, leur part est extrêmement faible dans l'apport économique. Ça représente en gros 5% du chiffre d'affaires qui est réalisé à l'année par l'intégralité des entreprises de moins de 10 salariés.
Mais ils sont là, ils ont un rôle à jouer et il faut réfléchir de façon globale à la place de ces micro-entrepreneurs dans notre structure économique.
Comment vont-ils aujourd'hui, vos adhérents ? Comment abordent-ils 2025 ?
De façon très négative. On a réalisé une enquête récemment, 88% d'entre eux nous disent qu'ils n'ont pas le moral. Voilà, très clairement. Mais en miroir finalement à ce qu'ils voient auprès de leurs consommateurs, qui sont moins présents, qui dépensent moins, qui sont inquiets de l'avenir. Qu'est-ce qu'on va devenir ? Alors, encore une fois, on en parlait tout à l'heure, la stabilité politique, déjà encore une fois, elle va se payer au prix fort pour les entreprises, mais elle est encore extrêmement fine finalement. On ne sait pas vraiment ce qui va se passer dans l'avenir. On s'inquiète parce qu'on sait très bien que le budget tel qu'il est prévu aujourd'hui, bon, il est juste.
Ce qui va se passer en 2025, on le sait à peu près, ce qui va se passer en 2026, ça pourrait être encore pire.
Pas le moral, pas de confiance, donc pas de recrutement ?
Pas de recrutement, pas d'investissement. Ça, on nous le dit depuis le mois de juillet, extrêmement lié à l'attente finalement de ce qui va se passer. Bon, là on va voir si effectivement la motion de censure n'est pas votée. On va voir comment vont évoluer les choses, à la fois au niveau des recrutements et des investissements. Néanmoins, compte tenu de la pression fiscale, ça va être très difficile d'avoir un rebond économique.
Vous avez eu des défaillances aussi ?
L'année dernière, il y a eu une augmentation de 19% des défaillances. Il y a 68 000 entreprises qui ont fermé leurs portes, dont 92% d'entreprises de moins de 10 salariés. Mais ça, c'est presque la partie émergée de l'iceberg, parce que vous avez aussi ce qu'on appelle les cessations volontaires d'activité. Il y en a eu 160 000 l'année dernière, c'est-à-dire des personnes qui disent « Ouais, c'est bon, j'en peux plus, on n'y arrivera pas, je ne vais pas y arriver. » Et avant que ce soit trop tard, avant qu'on vienne me prendre mes biens, avant que j'y laisse des plumes, j'arrête mon activité.
En un mot, si vous aviez un appel à lancer à l'exécutif, ce serait quoi ?
Tenir en fin compte des entreprises dans leur globalité, des petites entreprises évidemment de façon plus importante, baisser le budget de l'État de façon importante, et avoir la possibilité aussi, pourquoi pas, d'augmenter la durée du travail dans nos entreprises, de façon à ce qu'on puisse payer mieux nos salariés, parce qu'ils travailleront plus, parce qu'on créera plus de richesses, et auquel cas tout le monde y gagnera.
Jean-Guilhem Daré, vous êtes le délégué général du SDI, le syndicat des indépendants et des très petites entreprises. Vous étiez ce soir l'invité Éco de France Info.