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interviewRMC — Apolline Matin (sur Podcast)· 3 juin 2026 4 min

Voix de droite : "Pour la droite, l'unité ou la défaite" - 03/06

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC, Apolline Matin, Voix de Gauche, Voix de Droite. C'est le mercredi, le mercredi c'est Voix de Droite, c'est Louis Sarkozy. Bonjour Louis. Bonjour Apolline. Laurent Wauquiez, le patron des députés LR, met en garde contre, je cite, une machine à perdre à droite pour 2027. Il constate le rapprochement des divers candidats de droite et du centre dans les sondages. Il appelle à une primaire qui irait de Gérald Darmanin à Saracnafo. Pour vous, c'est l'union ou la mort ?

0:29
Invité

Une maison divisée sur elle-même ne peut pas tenir. C'est l'évangile et c'est surtout Abraham Lincoln à la veille de la guerre de sécession. Eh bien, la droite et le centre français habitent aujourd'hui cette maison-là. Leur plus grand obstacle, c'est ni Mélenchon, ni Le Pen, c'est eux-mêmes. Laurent Wauquiez a parfaitement raison. La division, c'est la défaite assurée.

0:49
Présentateur

Vous avez un exemple en tête ?

0:51
Invité

A ma petite échelle, oui. Aux élections municipales de Menton, j'ai fait la fusion entre les deux tours. Pas par plaisir, pas par responsabilité. On ne perd pas une ville pour le confort d'un égo refusé de fusionner. C'est précisément ce que Chirac appelait la droite la plus bête du monde. Ça n'a pas marché. Merci de me le rappeler. C'est très agréable de vous voir le matin. Ça ne nous a pas suffi à Menton pour sécuriser la victoire. Vous l'avez bien souligné. Mais la logique reste la même. Et à l'échelle nationale, on est en train, à droite, de refaire la même bêtise.

1:18
Présentateur

Le problème, c'est que chacun va dire « c'est moi le plus incarné, c'est moi le plus prêt, c'est moi qui vais gagner ».

1:23
Invité

Et regardez les autres. La France Insoumise a un chef, Mélenchon. Un programme. Unis, motivés, prêts. Au second tour, Glucksmann, fort, toute la social-démocratie. Attendez-vous bien qu'ils se rangent tous derrière la France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon. Le RN, lui aussi, va tenter de rassembler. Attendez-vous à la même chose. À droite et au centre, on n'a pas une tête. On en a 30. Philippe, Attal, Borne, Darmanin, Retailleau, Bertrand, Lysnard, Dupont-Aignan, Le Maire, De Villepin, Bayrou, Barnier, Knafau. Ce n'est plus une famille politique. C'est un exercice de respiration.

On ne peut pas manger à terrasse à Paris sans être à côté de quelqu'un qui se croit le prochain président de la République. Donc quoi ? Une primaire ? Il aurait fallu une primaire ouverte, une primaire large, qui rassemblait. Mais c'est trop tard. Enfin, moi, personnellement, je n'y crois plus. Reste donc la négociation. Qu'ils se mettent d'accord. Qui est le plus rassembleur ? Qui peut prétendre à la meilleure alternance ? Qui est le plus énergétique, le plus vivant, le plus visionnaire, le plus cohérent ? Qui a le plus de gravitas ? Je ne demande qu'une seule chose. Qu'ils s'entendent, qu'ils négocient ou que l'un d'eux tue les autres.

2:23
Présentateur

Bon, et puis vous imaginez qu'il y ait vraiment une alliance entre droite et centre ?

2:27
Invité

Mais elle existe déjà en vérité. Sur le terrain, cette année, le député Charles Rodwell, macroniste, a fait adopter la loi dite « Philippines » sur l'allongement de la rétention des étrangers sous OQTF. 145 votes, 145 signataires de la droite jusqu'au centre. Voilà comment on fait. Renaud Muselier, président Renaissance de la région sud, monte aujourd'hui avec Laurent Wauquiez, patron des députés LR, les Jeux Olympiques d'hiver qui auront lieu en France en 2030. Un Renaissance et un Républicain, main dans la main, portant un projet d'État. Quand il y a un cap, une mission, une vocation, ça marche. Le problème n'est pas technique, le problème il est de volonté.

3:01
Présentateur

Et pour la présidentielle, ça marche ?

3:02
Invité

Écoutez, j'ai un exemple en tête. Sarkozy en 2007, pardon de le citer.

3:06
Présentateur

Sarkozy, vous voulez dire Nicolas ?

3:07
Invité

Sarkozy perd, bien évidemment. En bâtissant une coalition, on l'a déjà rappelé, allant de Ramayad à Patrick Puisson, c'est-à-dire de la gauche modérée pro-laïque à la droite identitaire. C'est ça rassembler. Et avec cette coalition-là, rappelons-le, il ne fait que 53%, c'est-à-dire l'étroitesse de la marge. Aujourd'hui, de toute manière, sans coalition, sans chef légitime, sans programme commun, la droite et le centre se présentent à un combat avec un fusil sans cartouche.

Et vous me permettez une prédiction, si je peux me le permettre, si le Rassemblement National a Marine Le Pen comme candidat, je pense que c'est la prochaine présidente de la République, mais si c'est Jordan Bardella, la droite a un coup à jouer.

3:42
Présentateur

Louis Sarkozy, la voix de droite, demain ce sera la voix de gauche. Cécile Dufloy.