Budget 2026 : Bayrou déjà dans le dur ? - Reportage #cdanslair du 21.07.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Son plan a généré pour l'instant beaucoup de colère et de frustration. - Le budget, c'est comme une étape de montagne sur le Tour de France. Il faut attaquer au bon moment.
Alors, F.Bayrou a-t-il fait ses annonces beaucoup trop tôt cette semaine? Le budget ne sera disputé qu'en octobre.
Ca laisse le temps de dérailler. - F.Bayrou: On a 2 mois devant nous pour que ce plan trouve son achèvement. - Le Premier ministre veut donc gérer son effort, tout en demandant des économies.
Suppression de 2 jours fériés, année blanche, baisse des dépenses de santé...
Objectif: réduire le déficit de 40 milliards d'euros en 2026. E.Macron soutient son Premier ministre.
Il était en déplacement à Lourdes. Pour réduire la dette, il veut des réformes, pas des miracles. - E.Macron: Quand on regarde les choses, c'est ce dont notre pays a besoin, d'avoir plus de monde au travail.
Il faut continuer d'accompagner la juste rémunération du travail et que les classes moyennes puissent bien vivre de leur travail. Il faut aussi responsabiliser par des réformes. Ce qui est proposé sur l'Assurance maladie et autres. - Le camp présidentiel peut compter sur l'instant sur le soutien du camp républicain.
La droite va accompagner la réforme et donner des idées. C'est normal. Leur chef, B.Retailleau, est ministre de l'Intérieur. - B.Retailleau: Nous sommes un parti de gouvernement.
Il est hors de question de protester sans proposer. L'idée, c'est que l'on puisse, sur un certain nombre de points, comme sur les fameux 2 jours fériés, obtenir une formule sur laquelle on mettrait plus de travail dans l'économie mais aussi en valorisant ce travail. Il faut qu'on fasse ces propositions ensemble. - Mais certains alliés critiquent quand même F.Bayrou.
Pour l'ancien Premier ministre E.Philippe, candidat en 2027, les annonces budgétaires présentées sont insuffisantes. ...
D'autres vont encore plus loin. Pourquoi pas remettre en question les 35 heures ou renoncer à une semaine de congés payés contre rémunération? De l'huile sur le feu pour les oppositions. - Au nom de cadeaux aux plus riches, on attaque le monde du travail, on attaque l'Etat, la protection sociale. - Nous n'hésiterons pas s'il s'agit de protéger les Français et la compétitivité des entreprises françaises, à renverser ce gouvernement. - A gauche, le PS se retrouve en arbitre d'une censure.
Le PS compte peser dans les débats et imposer la taxe Zucman sur les plus hauts revenus. - Si F.Bayrou veut se maintenir au pouvoir, il va devoir considérablement revoir sa copie et reprendre des propositions que nous faisons, notamment sur la justice fiscale. - F.Bayrou critiqué à l'Assemblée, mais aussi du côté des collectivités, dans les territoires.
Les élus locaux de tous bords sont en colère. Une ligne rouge aussi pour G.Larcher.
Le président du Sénat veut limiter à 2 milliards d'euros cet effort demandé aux collectivités. Les bras de fer budgétaires ne font que commencer. - L.Sénéchal: Question. - A.Bouilhaguet: Il y en a sans doute.
On va découvrir...
Je pense qu'il a mis sur la table des pistes. Ensuite, il y a des choses qui vont disparaître et d'autres qui vont apparaître. - L.Sénéchal: Pour les jours fériés, apparemment, leurs jours sont comptés. - A.Bouilhaguet: Je pense vraiment que F.Bayrou vit sa meilleure vie.
Il veut marquer l'histoire. On sait que, son référent, c'est P.Mendès France, 1954, qui reste seulement 8 mois à Matignon, mais qui dit tout haut ce qu'il faut faire. - L.Sénéchal: Sa référence, c'est un Premier ministre qui est obligé de partir? - A.Bouilhaguet: Oui.
Je pense qu'il estime qu'il a déjà fait le boulot, quelque part, qu'il est allé au bout de la logique, qu'il aura prévenu, qu'il aura été celui aux responsabilités en disant: "Attention, on va dans le mur, c'est l'avant-dernier arrêt avant la falaise." Dire qu'on est dans un scénario à la grecque...
Ce qui est intéressant, c'est l'atonie de ses alliés. G.Attal, il aura fallu attendre 24 heures, 17h38 mercredi, pour avoir un tweet pour dire qu'il soutenait le process.
E.Philippe, comme allié, on fait mieux. Il y a les trop discrets et il y a les trop bruyants.
B.Retailleau, parce qu'il est membre du gouvernement, il semble être celui qui est le plus constructif. Mais F.Bayrou a décidé de ne se mettre dans la main de personne.
Aucune catégorie sociale et aucune catégorie politique. A l'arrivée, ce ne sont que des mécontents. - L.Sénéchal: La négociation commence. - A.Bouilhaguet: Oui. - C.Ramaux: Le patron du Medef a dit: "Je dis bravo, F.Bayrou." C'était suite à son plan.
Il sait reconnaître dans quel sens ça va. Dans le budget 2025, Barnier-Bayrou, il y avait 8 milliards d'impôts exceptionnels sur les grandes entreprises. C'est fini. - L.Sénéchal: Là, on ne parle pas de contribution... - C.Ramaux: Il y a 3 milliards, mais on ne sait pas quelle sera l'assise.
Peut-être le patrimoine. Pour l'instant, il y a 3 milliards sur les plus riches. 3 milliards sur plus de 40 milliards.
Vous faites tout de suite les comptes. Pourquoi on a des déficits? Tout le problème de F.Bayrou, là où il y a quelque chose d'irresponsable...
Le rôle d'un Premier ministre est de porter l'intérêt général et aussi d'apporter un horizon. Ce n'est pas de jouer sur la panique des marchés, de parier sur la panique des marchés pour faire passer sa politique qui ne marche pas. Or, c'est ce qu'il fait.
Son discours est anti-pédagogique. Concernant la dépense publique, il faut savoir qu'on ne discute plus des chiffres entre économistes. On peut avoir des désaccords, mais 2 et 3, ça fait 5.
S'il y a déficit, c'est parce que les recettes ont baissé de l'ordre de 3 points de PIB. Elles ont baissé en raison des cadeaux fiscaux faits principalement aux plus aisés et aux entreprises. - L.Sénéchal: La croissance tâtonne. - C.Ramaux: Ca, ce sont des faits.
Le problème, sur la dépense publique...
Un Premier ministre devrait dire: "La dette est importante, mais la dette privée est plus élevée que la dette publique." On est à 130 % de dette privée. La dette, ça permet de lancer des activités.
Elle est trop élevée. Mais il faut arrêter d'alimenter des peurs. Quand on dit 57 %, les gens se disent...
Mais non. Dans ces 57 %, il y en a à peine 1/4 qui sert à payer les fonctionnaires. Ca n'a pas augmenté depuis 40 ans.
Les 3/4 de la dépense publique, ce sont des sommes immédiatement reversées aux ménages et aux entreprises. Ca soutient leurs dépenses auprès du privé. 60 %...
Ca, c'est ce que pourrait dire un Premier ministre pour réconcilier le public et le privé. 60 % des Français gagnent plus, reçoivent plus de prestations
François Bayrou