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interviewCNEWS· 15 juillet 2026 4 min

David Lisnard : «La liberté est la condition de la démocratie»

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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David Lisnard

Oui, bonjour, merci à vous. Effectivement, je crois que c'est une priorité. Vous l'avez très bien dit, la liberté n'est pas l'ennemi de la démocratie, c'en est la condition, la condition incontournable. Et dès que l'on veut encadrer la liberté hors du champ de l'ordre public, c'est-à-dire la diffamation, l'insulte, etc., on tombe dans le monopole de la vérité. Et c'est pour ça que c'est orwellien. Quand vous disiez c'est orwellien, c'est totalement orwellien. C'est la bureaucratie de la vérité. C'est le ministère de la vérité. Qui va être en mesure de dire ce qui relève de la vérité ? La démocratie, c'est jamais un monopole. La démocratie, c'est toujours le pluralisme.

C'est la confrontation des idées. Alors, évidemment, le rapport parlementaire soulève des vrais problèmes. Des ingérences extérieures qui peuvent être très graves, très très graves, soulèvent le problème, évidemment, de l'opacité de certains algorithmes. Il faut la transparence de l'algorithme. Il y a des choses à faire. Mais on oublie l'essentiel. On oublie l'essentiel. C'est-à-dire que l'essentiel pour lutter contre la fausse nouvelle, c'est de permettre la pluralité du débat. Pour avoir une pluralité du débat, il faut qu'il y ait de la raison critique.

Les mêmes qui voudraient nous dire que Médecins sans frontières, ou donc l'Institut Descartes, pourquoi pas, ça a de la gueule, veut contrôler la vérité, sont les mêmes qui laissent s'effondrer l'école. C'est les mêmes qui ont abandonné la philosophie et la raison critique. Le XXIe siècle, c'est le siècle où il faut savoir coder l'informatique, évidemment. C'est le siècle de l'IA, ce sera le siècle de la robotique, de la quantique. Mais c'est avant tout le siècle des humanités, contrairement à ce que l'on pense. Il faut savoir décoder le monde. Il faut remettre la raison critique au cœur de l'instruction publique.

Et, je pourrais en parler longuement, il faut donner à la justice les outils pour sanctionner a posteriori les contournements de la loi et de la règle, mais ne plus a priori vouloir encadrer la liberté. C'est d'autant plus grave que, 24 heures avant, on nous demande un QR code pour aller voir, enfin pour les Parisiens, moi j'étais à Cannes, mais le défilé. C'est d'autant plus grave que le président de la République lui-même avait dit, dans une vision tout à fait interventionniste, étatiste, insupportable, qu'il fallait mettre des labels d'informations, c'est sur qui ? Dans le rapport, pardonnez-moi, juste quelques extraits.

Élaborer un cadre standardisé pour l'évaluation des contenus, pour distinguer la malinformation, la désinformation, le trouble de l'information. Mais juridiquement, ça veut dire quoi ça ? Le rapport recommande de créer une grille de rémunération pour les journalistes employés par les créateurs de contenus d'information, grille, à l'image des conventions collectives de l'audiovisuel public. Vous voulez qu'on continue ? Le truc est assez délirant. Derrière, il y a également cette notion de suspension d'algorithmes pendant la campagne électorale, ça ne veut strictement rien dire.

Quand vous regardez les auditions, ils interviewent les gens du YouTube France, ils disent « Mais pourquoi moi je reçois plus tel contenu ? » « Pourquoi ? Qui a décidé ça ? » C'est parce que vous avez consulté ça. L'algorithme, il s'adapte à vos comportements individuels, donc une incompréhension totale. Ils disent qu'ils veulent suspendre les subventions de la presse au respect de certains critères de vérité. Moi, je suis pour la suppression des subventions à la presse. Au moins, ça réglera le problème. Il faut faire plaisir à Geoffroy Lejeune. – Non, mais on peut en parler. Et je suis attaché à la presse et à la liberté de la presse, évidemment. Écoutez bien ça.

Il propose de réguler directement les influenceurs dépassant une certaine audience. Donc, vous irez voir les gens de Guillaume Pley, puis vous direz « Écoutez, là, on va faire gaffe. » Et ce serait, bien sûr, l'ARCOM qui ferait ça. Donc, oui, c'est un ministère de la vérité. Et souvenez-vous, dans le livre d'Orwell 1984, il y avait écrit, en gros, sur le fronton du ministère de la vérité, « La liberté, c'est l'esclavage. » Voilà. – Et donc, c'est la société dans laquelle on… – Sous-titrage Société Radio-Canada