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Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 6 février 2022 41 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & familleImmigration & asileJusticeSécurité

CEUX QUI NE SONT RIEN DEVIENDRONT TOUT | TAHA BOUHAFS, JULIEN THÉRY

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00TAHA BOUHAFSFait
    « il y a des assignations résidence des perquisitions administratives et nous on voit et on le ressent dans notre vie au quotidien quand on va à la mosquée on est pris en photo par des policiers »
  • 9:00TAHA BOUHAFSFait
    « il y a une généalogie presque directe en réalité entre les méthodes utilisées pour appliquer une répression coloniale sur des peuples indigènes sur des peuples colonisés qu'on a appliqué ensuite au quartier populaire »
  • 12:00TAHA BOUHAFSFait
    « ces femmes là elles ont mené une lutte que je qualifierais d'exemplaires 22 mois de lutte en tenant le piqué »
  • 15:00TAHA BOUHAFSChiffre
    « il y a eu des centaines de milliers de manifestants et beaucoup beaucoup de jeunes qui sont sortis dans la rue et qui sont politisés sur ces questions de liberté publique »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

mais on s'autorise à penser dans les milieux autorisés alors ça c'est encore un autre truc les milieux autorisés vous y êtes pauvres [Musique] bonjour à tous c'est un épisode un peu spécial aujourd'hui de Ozap on s'autorise à penser nous recevons quelqu'un qui travaille aux médias et alors ta tu as fait un livre tu en tête des ventes j'ai bien compris oui pareil ça s'appelle ceux qui ne sont rien et c'est ton histoire ton itinéraire depuis 2016 à peu près depuis 6 ans une des choses qui m'a vraiment saisi en te lisant parce que je fais de l'histoire parce que je suis historien c'est que ton histoire à toi tu la racontes aussi comme l'histoire de beaucoup de monde l'histoire précisément de ceux qui ne sont rien l'histoire de ces acteurs de la vie sociale et politique française pendant ces six années et c'est aussi donc une histoire générale de la France sous Macron c'est déjà un livre en réalité un récit collectif c'est adressé à la première personne donc la forme c'est le jeu donc je raconte ce point de départ qui est à ce moment-là ma condition en tant que jeune homme arabe des quartiers populaires ayant voilà des conditions un peu matériel d'existence qui sont assez difficiles ça a été très très difficile d'utiliser le jeu parce que voilà moi j'ai été formé à l'école militante et c'est vrai que qu'on utilise beaucoup plus le le 11 le nous le discours qui se veut plus collectif et ce jeu ça a été surtout un jeu de forme bon déjà pour avoir un récit plus fluide pour pour que les gens puissent s'identifier et pour donner ce point de départ donc le livre commence en 2016 c'est ma première manifestation c'est manifestation contre la loi travail j'ai pas encore 18 ans je travaille dans des chambres d'hôtel je nettoie les chambres d'hôtel dans les stations de ski et la semaine je travaille dans un dans un snack qui s'appelle le tacos de Lyon il y a plein de choses qui m'emmènent à un moment donné me retrouver dans cette manifestation contre la loi de travail et je me retrouve donc à rencontrer des gens qui m'aurait été un peu difficile de rencontrer dans le cadre de ma vie de tous les jours enfin des profs à la des profs de socio des militants des chercheurs des et tout un tas de gens que je rencontre et qui par ces rencontres là m'amène à voilà une forme de militantisme une forme d'engagement politique je me retrouve donc dans ces manifestations contre la loi de travail et j'y trouve entre guillemets ma place il y a ensuite nuit debout et pendant nuit debout donc je vais entamer une forme de d'apprentissage politique de tout un tas de notions que j'aurais peut-être dû apprendre finalement à l'école qu'on m'a pas transmise et donc ça passe par juste des trucs de de base d'économie de philosophie de politique d'histoire etc mais aussi des récits des histoires de de nos héritages d'héritage des luttes ouvrières des luttes sociales de comprendre un peu les structures qui sont à l'oeuvre dans la société et la raison pour laquelle nous vivons notamment dans les quartiers populaires voilà dans des dans des traitements un peu d'exception dans l'accès au service public à à la santé à tout ce qui fait la vie d'un citoyen normal et donc je fais ce g cet engagement à nuit debout et pendant ce mouvement loi travail qui intervient aussi dans une période un peu particulière il faut le rappeler c'est la période de 2016 un an après les attentats de Charlie Hebdo je suis un jeune musulman c'est une période qui est particulièrement difficile pour les musulmans et les musulmans voilà c'est Manuel Valls qui est premier ministre qui tient voilà des discours de division de haine on a un débat sur la déchéance de nationalité il y a les mesures de l'état d'urgence qui se déploient donc des mesures voilà une justice d'exception qui se déploie sur toute personne supposée musulmane il y a des assignations résidence des perquisitions administratives et nous on voit et on le ressent dans notre vie au quotidien quand on va à la mosquée on est pris en photo par des policiers on comprend ce que c'est mal d'être ce que l'on est c'est-à-dire simplement des personnes qui ont une croyance qui est l'Islam et et donc que je vis ce moment en tout cas où je me construis en tant que jeune adulte déjà dans une forme de relégation sociale en tant que citoyen de seconde zone qui n'a pas un accès à des droits civiques et sociaux les plus basiques ou en tout cas pas de la même manière que les autres et en même temps ce truc d'identité un peu fracassé moi je suis en Algérie donc je suis j'ai aussi déjà ce ce truc où je suis pas entièrement je peux pas me revendiquer entièrement de l'histoire de France je peux pas me revendiquer ouais je suis arrivé à 4 à l'âge de 4-5 ans donc je peux pas me revendiquer entièrement d'histoire de France je peux pas me revendiquer entièrement de l'histoire de l'Algérie et donc je me construis un peu dans ce truc déjà d'identité fracassée et on a tous ces discours de gens qui au gouvernement dans un gouvernement qui est censé être un gouvernement de gauche un gouvernement socialiste qui parle de déchéance de nationalité qui parle de de séparatisme en tout cas si c'était pas ce mot là qui était utilisé il y avait et voilà il y avait des termes guerriers même à l'endroit des quartiers populaires de reconquête de ces territoires perdus de la République qui sont en réalité en vérité des territoires délaissés par la République et et donc je me construis à ce moment là et voilà nous on a c'est la double peine à ce moment-là parce que on a d'une part un peu voilà ce cette tristesse et ce et ce drame national où on a des journalistes qui se font tuer pour avoir fait des caricatures et de l'autre côté et bien la suspicion généralisée on nous fait un peu porter la culpabilité la responsabilité de ce qu'il sait dérouler bon ça intervient dans ce contexte là qui est particulièrement difficile quand tu te construis voilà en tant que jeune adulte et donc il y a ce truc de politisation j'arrive avec mes problèmes de mec de cité tu vois c'est la première fois que j'entends parler de féminisme que j'entends parler d'écologie au début bon ça me semble un peu un peu lointain tout ça et puis au fil du temps au fil des discussions je comprends que finalement tout ça tout ça est lié c'est le même c'est un même système qui écrase et que en réalité il y a des alliances il y a des il y a des liens il y a des fils à relier justement entre entre toutes ces questions donc je fais ce mouvement debout je me politique j'apprends un peu au fil au fil de cette école qui est le mouvement social parce qu'en réalité les mouvements sociaux sont des écoles politiques des écoles de la vie chaque génération de militants s'est formée en réalité avec un mouvement social on a la génération 2005 CPE la génération 86 avec deux vaquer la génération 95 bon moi c'est il se trouve que c'est 2016 et et ce mouvement contre le gouvernement Hollande et gouvernement Valls et donc je je fais ce mouvement là et puis un jour bon on se prend cette cette douche froide qui est le 49-3 qui est voilà cette mesure particulièrement anti démocratique pour faire passer la loi de travail et les semaines avant c'était arrivent le mouvement s'essouffle chacun rentre à la maison et je dis non je dis cette phrase en livre ou je dis et je retourne à Échirolles comme on retourne à une case départ parce que évidemment chacun rentre fait sa vie bon les étudiants avec qui je militais chacun les avancer pas par maman les autres vont préparer leur année en erasm etc et puis moi je me retrouve là je me dis il manque un truc tu vois je me retrouve à la case départ de mon quartier et en fait c'était là c'est l'été où meurt Adama Traoré en juillet 2016 et à ce moment-là de ma vie je me pose plein de questions ou je suis dans une situation même socialement qui est difficile ou en colère ou j'essaie de trouver des réponses à tous ces questionsnements ça a une résonance particulière moi il y a déjà eu des violences policières dans le quartier il y a même déjà eu des morts suite à des interventions de police mais là c'est à ce moment-là de ma vie ça a une résonance particulière et donc je commence à regarder tout ça un peu plus près et à suivre sur Twitter à suivre un peu il y a des révoltes à Beaumont-sur-Oise mais puis je tombe sur une page et un texte qui qui me parle beaucoup et c'est un texte qui a été publié par un membre du F8 le Frontier de l'immigration et des quartiers populaires et donc je découvre qu'il y a une section enfin c'est que c'est une organisation politique qui qui est un peu dans toute la France qui a été formé enfin par le sociologue Saïd Bouamama et donc je vais dans ce local du fuqp à Grenoble et je discute avec ces gens qui sont là c'est militants c'est limitant antiraciste et je découvre toute une en réalité un monde c'est une grille de lecture qui me manquait enfin je vécu le racisme toute ma vie sans pouvoir réellement tu vas comprendre les structures à l'oeuvre comprendre ce qu'il était réellement quel but il servait etc et quand on me raconte justement cette histoire de la marche pour l'égalité contre le racisme qui pour moi était avant la marche des beurre la marche du Parti socialiste de SOS racine de tous ces gens qui en réalité ne me représentaient pas et dans lesquelles ouais c'est cette pour l'égalité à la marche des beurre quoi exactement et là je passe de la marge de bord à la marche pour l'égalité contre le racisme on me raconte cette histoire des mouvements d'immigration du mouvement de l'immigration et des banlieues du mouvement des travailleurs arabes du mouvement des travailleurs immigrés et là c'est une libération énorme parce que je me rends compte que il les gens avant moi qui ont rencontré les mêmes difficultés qui se sont posées les mêmes questions que moi et qui sont organisées et qui ont lutté et qui ont obtenu même des choses le titre de séjour à 10 ans la fin de la double peine et qui ont et que quelque part j'ai qui ont laissé un héritage un héritage certes qu'on nous a cachés qu'on nous a pas appris à l'école à la télévision dans les films et c'est quelque chose qu'on nous a un peu cachés et je découvre qu'il y a tout ça que que en fait il y a cette forme d'héritage et pour moi c'est une libération énorme parce que tu sais je dans le livre je dis ça me libère de ma propre colère je crois qu'il y a vraiment un aspect où quand on ne comprend pas les structures qui sont à l'oeuvre quand on ne comprend pas les systèmes et les schémas y compris de domination qu'on vit on peut parfois se tromper de conclusion tirer des conclusions qui sont très mauvaises et rediriger peut-être sa colère contre soi-même ou contre les gens comme comme nous quoi combien de fois j'ai entendu au quartier des discours ah mais regarde non non non les Arabes ce qu'il c'est à cause d'eux les Français ils sont racistes etc et c'est ne pas comprendre en réalité et même des discours misogynes qui sont portés par des femmes etc ça existe parce que on ne comprend pas bien ce qui est dès lors que je comprends que justement le racisme en réalité est un système de domination politique qu'il sait qui sert des intérêts capitalistes qui a été mis en place c'est des siècles de discours pour rendre acceptable pour rendre justifiable à l'époque la spoliation la réduction en esclavage la colonisation pour en acceptable aux yeux de d'une partie de la population le fait qu'on puisse traiter leur semblable d'une autre manière et donc il faut rendre ça acceptable et donc pour ça il faut il a fallu théoriser une hiérarchie entre les races à l'époque c'était des des théories biologiques où on expliquait que la race blanche était physiquement supérieur aux autres races et c'est comme ça qu'on a pu rendre acceptable la spoliation de terre la réduction de l'esclavage le commerce triangulaire et ça a été tout ça a été déjoué en réalité par la révolte des peuples esclavagés des peuples colonisés et toutes ces théories ont été mises à mal y compris dans des dans des luttes et parfois des luttes armées y compris contre le régime nazi et depuis la chute en réalité du régime nazi c'est des discours qui sont beaucoup moins en réalité audible sur la question du racisme biologique et aujourd'hui on est passé à un autre type de racisme c'est le racisme culturel en réalité qu'il s'agit il s'agit de dire que finalement bon il est établi que les races biologiquement il m'a pas dit il y a pas réellement hiérarchie physique mais par contre il y a des cultures qui seraient supérieures à d'autres et par exemple la culture blanc la culture occidentale ou la culture française universaliste des lumières qui surpasseraient les eaux de la culture par exemple supposée musulmane qui serait par essence archaïques arriéré sexiste patriarcale contrairement à celle de des lumières et universaliste en faisant l'impasse y compris sur toute l'histoire voilà de collaboration de de régime coloniaux et esclavagistes etc le ministre Sarkozy qui avait dit quand même faut bien reconnaître il était ministre que la civilisation occidentale et super aux autres et c'est ce qui a justifié par ailleurs en plus des colonisations de peuplement en Afrique du Nord y compris dans cette forme de mission civilisatrice où on nous explique que finalement si on va en Afrique du Nord pour pour prendre les terres en réalité dans un intérêt capitaliste géostratégique etc et bien c'est pour apporter la lumière apporter la civilisation à des peuples indigènes complètement arriérés etc et on a toute cette imagerie coloniale notamment moi une image qui m'avait marqué qu'on avait vu à l'école où en fait on a Marianne qui descend d'une barque avec une sorte de torche et elle descend en Afrique du Nord comme ça et donc elle apporte et tu vois tu vois les autochtones les indigènes un peu comme ça etc et qui leur apporte la lumière en réalité qu'il rapporte l'universalisme c'est que tous nos républicains aujourd'hui ont la bouche tout le temps l'universalisme comme arme de domination bien sûr totalement et donc cette mission civilisatrice d'une civilisation supérieure une culture supérieure et donc on est dans ce racisme là qui aujourd'hui contribue à en réalité perpétuer des politiques racistes de relégation sociale et ce qui justifie aujourd'hui par exemple dans les quartiers populaires un certain nombre de politiques d'exception que ce soit en termes de justice d'accès aux services publics de fin avec la police etc de maintenir cet ordre social qui est aussi un ordre un ordre en ordre un ordre racial moi j'ai été confronté je parle par exemple de mon rapport à la police à la BAC qui a été un rapport violent des expériences de violences policières et toi même ou filmer mais je viens mais quand je suis jeune il se trouve que voilà je me prends une gif par un policier quand j'ai 12 ans je alors que je me balade dans le centre ville de Grenoble j'ai 12 piges je vais c'est le jour de l'Aïd en fait on parle de 15 balles pour aller au cinéma et au kebab et je me balade dans centre-ville en fait finalement je décide d'acheter un granita tu vois et je rencontre la route de la police qui me demande de mettre contre le mur pour qu'il me contrôle je refuse j'ai rien fait enfin je suis un gamin je et là je me prends une gifle et à ce policier qui me dit cette phrase toi tu t'es pas assez pris de gifle dans ta vie et et donc c'est et c'est des expériences qui vont se répéter notamment avec la BAC et en fait quand tes gamins tu comprends pas tu te dis mais peut-être que peut-être quand j'ai fait un truc mal peut-être qu'en fait les gens comme moi enfin peut-être que d'être comme je suis c'est quelque chose de mal et en fait quand je comprends en fait d'où ça vient et par exemple là-bas que si on prend la généalogie il y a un sociologue que j'adore qui s'appelle Matthieu rigoust qui a bossé sur sur un peu le la la la continuité et les généalogies y compris colonial de la gestion du maintien de l'ordre de de la police et qui a ok il y a pas longtemps et il a travaillé sur les archives de la gendarmerie nationale de la police nationale et donc il remonte le fil est notamment en ce qui concerne la BAC la d'où ça vient il y a un gars qui s'appelle Pierre bollotte qui est au fonctionnaire au colonies et qui a été en Indochine qui a été chef du cabinet du préfet d'Alger qui s'est y compris formé dans ces dans ces méthodes de contrat sur actionnaires contre révolutionnaire où il y a eu de la torture où il a géré notamment par exemple à Alger les BNA les brigades de surveillance des Nord-Africains qui étaient une police des Arabes comme il y a eu une police des juifs comme il y a eu une police des lois donc une police spécifiquement pour les musulmans et et donc il fait tellement bien son travail lui à Alger qu'on l'envoie ensuite en 67 en Guadeloupe il est préfet de Guadeloupe et on parle beaucoup de Mai 68 et des révoltes de Mai 68 mais eu des normes révoltes en mai 67 en Guadeloupe et c'est lui qui va donner l'ordre d'ouvrir le feu à balle réel sur les manifestants et donc pour être remercié pour être remercier justement de d'avoir maté des révoltes de peuple colonisés d'avoir maintenu entre guillemets un ordre républicain colonial etc on va l'envoyer dans un nouveau département qui est fraîchement créé qui s'appelle la Seine-Saint-Denis et c'est un département où on va mettre justement toutes les immigrations issues des anciennes colonies et donc il va être nommé préfet de Seine-Saint-Denis et une des premières choses qui va faire c'est quoi c'est superviser la création de ce qu'on va appeler les bacs les brigades anti-criminalité sur le modèle de de ce qu'il a expérimenté dans les colonies des brigades de surveillance d'un Africain etc et c'est sur ce modèle là que se déploie la BAC d'abord et en premier lieu en Seine-Saint-Denis sur ses immigrations issues des anciennes colonies et donc il y a une généalogie presque directe en réalité entre les méthodes utilisées pour appliquer une répression coloniale sur des peuples indigènes sur des peuples colonisés qu'on a appliqué ensuite au quartier populaire les flash-ball les LBD toutes ces méthodes armes qu'on a d'abord expérimenté en réalité sur les quartiers populaires et qui [Musique] nouvelle forme de population et même des gens qui sont pas issus de l'immigration ah oui mais parce que mais et là on le voit on a l'exemple et c'est flagrant ça marche avec les violences policières au début c'est les Arabes et les Noirs ensuite c'est les Cédric chouvia ensuite c'est les mecs les Jérôme Rodriguez n'importe quel gars en manif là les manifs aujourd'hui c'est n'importe qui ça rate pas les LBD le flash-ball d'abord c'est réservé au mec à Grigny à Villemomble la gare etc puis ensuite tu peux être un petit blanc de province de France périurbaine que tu t'en prends sur les Champs-Élysées et ça marche pour tous l'état d'urgence au début c'était pour les Muslim ensuite ça a été pour les écolos empêcher de participer à la manif Hollande l'a utilisé de merde parfaitement et aujourd'hui et encore une fois toutes celles et ceux qui ont fermé les yeux sur la dissolution d'organisation de défense des musulmans comme le CCIF etc aujourd'hui et on l'avait on en avait prévenu à l'époque on a dit si vous fermez les yeux là-dessus parce que vous avez un peu peur d'entachez votre respectabilité républicaine sachez que les prochains c'est les syndicats c'est les partis politiques et là on l'a vu avec Darmanin qui demande la dissolution de notre révolter notre révolté dérange les flics et voilà mais dès qu'on laisse passer et ça ne rate jamais dès qu'on laisse passer qu'on laisse grignoter sur nos libertés quand on vise une population marginalisée etc et qu'on laisse faire on peut être sûr que le pouvoir ensuite l'étendra au corps contestataire et ensuite on fera une règle générale qui sera applicable à toutes et tous c'est ça ne rate jamais et donc j'essaie de raconter justement de dérouler ce fil de d'apprentissage d'apprentissage politique et de comment est-ce que y compris par l'expérience de l'arbitraire de l'état de la violence de l'État il y a des alliances qui se sont créées et ce que je dis c'est que c'est vrai qu'on a beaucoup reculé sur nos libertés c'est vrai qu'on a beaucoup reculé sur y compris nos droits sociaux etc mais il y a eu des victoires politiques des victoires politiques pour moi ça a été ces rencontres ces alliances c'est Jean dans le mouvement des gilets jaunes qui par exemple au début du mouvement des gilets jaunes voyez pas la difficulté à ce qui est des gens du Front national dans les assemblées générales et on finit la fin du mouvement à manifester pour Clément Méric ou à Beaumont-sur-Oise pour Adama Traoré et je raconte dans le livre ce gilet jaune qui vient à Beaumont-sur-Oise pour les trois ans de la mort d'Adama Traoré s'excuser et dire pardon de ne pas avoir voulu voir pendant toutes ces années ce que l'État faisait dans les quartiers populaires le comportement de la police et cetera maintenant marcher ensemble et ces victoires là fin tu vois je raconte beaucoup dans le livre à chaque fois comment est-ce que la plus grande peur en réalité du pouvoir ce soit que justement tous ces rien tous ces gens un peu qu'on a tenté d'opposer qu'on a mis en compétition socialement économiquement symboliquement culturellement etc comment est-ce que ça terrifie le pouvoir que ces rencontres se fassent quant à sa Traoré le comité Adama l'intergar avec l'appel du comité Saint-Lazare appelle au mouvement des gilets jaunes dès le l'acte 2 qui font un appel en disant à la gauche parce pose des questions à ce moment-là qui se dit mais qui sont pas chaud complètement en plus dépasser en réalité par une forme de débordement populaire et et qui se pose des questions il y a cet appel qui se fait pour manifester avec les gilets jaunes euh novembre 2018 en fait dès le début enfin vraiment à l'acte 2 ou 3 et donc il y a cet appel qui se fait gare Saint-Lazare il faut savoir que je raconte ça quand on arrive à la gare Saint-Lazare au départ de la gare Saint-Lazare il y a un tel dispositif policier je crois que le dispositif policier était aussi important que la vraie manifestation sur les champs parce qu'en réalité il voulait pas qu'il y ait des mouvements irracistes des gens du mouvement social qui se retrouvent sur les Champs-Élysées avec les gilets jaunes à scander de slogan anti capitaliste il y avait quasiment enfin on a avancé il y avait déjà quatre cinq camions à haut devant nous des bataillons de gendarmerie mobiles etc et c'est en réalité ça leur faisait très très peur et c'est ce convergent et c'est ce qui s'est passé pendant mon déjeuner jeune la droite et l'extrême droite ont été chassés idéologiquement des revendications quand il y a eu on l'a vu quand il y a eu l'assemblée des assemblées à Saint-Nazaire quand il y a eu la liste des revendications du monde gilet jaune il y avait pas une seule revendication d'identité que des revendications sociales de pouvoir d'achat de justice fiscale sociale de démocratie de plus de démocratie etc de plus de représentativité et ils ont été ont fini par le reconnaître et par le regretter par condamner les infiltré par les gauchistes c'est fini c'est devenu c'est devenu de gauche exactement ils ont été chassés idéologiquement et physiquement de la rue parce qu'il y a eu des bagarres dans les sur les Champs-Élysées il y a eu des bagarres pendant des manifestations ou les antifascistes ils ont fait le travail ils ont sorti des éléments des mecs violents y compris moi je me souviens de de figure etc de petits miliciens qui étaient allés dans le Donbass etc faire du paramilitaire et donc les camarades d'anti fascistes ils ont aussi fait le travail c'est à dire que y compris physiquement et bien il fallait une présence de la Gauche anticapitaliste anti-rac etc et ça c'est une victoire énorme en réalité parce que ces gilets jaunes qui ont manifesté pendant un moment des gilets jaunes et qui sont politisés et qui sont politisés de façon très rapide comme moi en 2016 comme d'autres pendant plein de mouvements sociales et ben ces gens-là ils ont pas quitté le pavé on les a retrouvés pendant les les marches contre la réforme des retraites on les a retrouvé dans les manifs quant à l'eau sécurité globale on les a retrouvé etc etc etc et donc je crois qu'il y a eu des rencontres assez importante et des enseignements politiques inestimable tu vois enfin moi quand je vois par exemple la lutte et je raconte c'est le dernier chapitre la lutte des femmes de chambre de libye-batignolles ce sont des femmes qui sont à l'intersection de tellement de d'oppression de domination de de l'immigrations scolaire ils sont aussi victimes de violences sexistes et sexuelles au travail on parle de de viol on parle de mains au cul du patron quand il passe etc on s'imaginant que rien ne te pourra se passer et bien ces femmes là elles ont mené une lutte que je qualifierais d'exemplaires 22 mois de lutte en tenant le piqué en perdant du salaire on est en même avec les enfants etc devant le piquer à Noël à au jour de l'an pendant les fêtes en hiver qu'il vendent qu'il neige qu'il fasse soleil et dans toute la France ils sont elles sont rentrées elles ont installé un rapport de force avec le groupe Accor où à chaque fois où elle se déplacer en France elle rentrait dans un hôtel du groupe Accor sont à mercure que ce soit animé elles ont pas lâché pendant 22 mois comme elles disent elles les ont agrippé par la cravate elles ont obtenu une victoire au bout de 22 mois de quasiment 95% de revendications avec des augmentations de salaire de la baisse des cadences des paniers repas l'internalisation la fin de la sous-traitance etc et c'est précisément en réalité les victoires que dont notre corps a besoin de de se rappeler a besoin de célébrer et a besoin de dire que en fait si ces femmes qui sont qui sont dans enfin tu vois l'intersection de d'autant de domination et de pression etc elles arrivent à trouver le courage elles arrivent à trouver la force d'aller se battre contre le groupe accorde et de le faire plier si les mecs des quartiers nord des McDonald's de Marseille ils arrivent à devenir les mecs les ennemis numéro 1 de la multinationale et faire même en passe de faire capoter toute la politique salariale de McDonald's c'est qu'à un moment donné les camarades on n'est pas derrière on n'est pas derrière et si on se met tous ensemble on finira peut-être par devenir tout la façon dont tu procèdes dans ton livre elle reflète très bien tout ce que tu viens de dire t'es pas le seul à parler même si tu dis jeu même si c'est ton itinéraire qu'on suit au départ tu racontes toutes ces luttes dans lesquelles entre lesquelles tu passes que tu découvres et tu donnes la parole à ceux qui mènent ces luttes ton livre il est scandé d'une part par les interventions les témoignages de six personnes six acteurs des luttes il y a le gars Kamel du McDonald's de Marseille des quartiers Nord il y a Rachel de l'Ibis dont il vient de parler il y a un gilet jaune un intérimaire qui bosse dans les outils automobiles tu leur donnes la parole à certains moments de ton livre et ça scande le livre et tu Scandes aussi le livre par opposition en quelque sorte alors que tu donnes la parole à ceux qui sont rien à toi même d'abord et puis aussi aux autres tu le Scandes avec des citations d'Emmanuel Macron puisque ton titre tu le dois à une citation d'Emmanuel Macron à l'une de ses nombreuses des nombreuses expressions de son manque de considération pour l'humanité de sa condescendance puisque c'est la fameuse citation oui dans une gare il y a ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien c'est une idée de l'homme qui est radicalement inégalitaire il faut une sélection cette phrase qu'il prononce en fait il la prononce à la station F qui est un peu la pépinière de toutes les startups qui représente un peu son en réalité son identité politique de ces gens un peu startupisés mondialisé tout ce que tu veux et cette phrase il la prononce au début de son quinquennat en 2017 on est en juin 2017 et il dit dans les gares on croise de tout on croise ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien et c'est marrant parce que il dit pas ceux qui n'ont rien ou ceux qui ne font rien qui ne sont rien et enfin moi cette phrase elle a elle a résonné enfin je me suis dit mais c'était tellement violent mais ça va complètement avec une autre phrase que tu cites qui est tout aussi choquante quand il dit aux Comores les pirogues elle ramène pas seulement du poisson quoi ça quoi ça s'appelle le nom le nom des pirogues elle ramène pas ça moi les poissons elle ramène aussi du comorien du comorien c'est une blague mais le les blagues elles ont toujours un rapport d'esprit avec la conscience mais c'est les les c'est pas des gens c'est de la matière quoi c'est des choses il faut les gérer comme des choses sur les marchandises mais évidemment c'est ça raconte complètement son rapport aux gens aux pauvres aux gens la majorité de gens en fait qui font qui font ce pays et donc cette phrase c'est la vérité c'est comme tu le dis c'est en vérité la première d'une longue série d'insultes de phrases de mépris etc c'est vrai que c'est vraiment pour ça que moi ce que les années Macron ce que j'appelle les années mépris je crois c'est ce caractérise le plus parce que politiquement c'est un peu la continuité de 40 ans de politique néolibérale austéritaire le mec voilà c'est un exécutant de la bourgeoisie il a une feuille de route celle de la Commission européenne et puis l'acceptif c'est vrai qu'il accélère dans une forme de continuité et de logique néolibéral austéritaire etc machin mais par contre ce qui est le caractérise peut-être le plus après moi je dis ça tout en étant assez jeune parce que du coup j'ai pas j'ai pas été sous Sarkozy sushirac etc je me souviens pas de j'ai enfin mais en tout cas ce qui caractérise vraiment le mandat de Macron c'est le mépris des gens c'est c'est cette forme de vraiment de déconnexion de quand il dit que je qui traverse la route et qui trouve du boulot mais va dire ça à quelqu'un qui a 50 piges qui viennent se faire virer de son taf et qui va pas en retrouver en fait qui habite dans une zone rurale où il y avait qu'une usine qui a été délocalisée par tes petits copains quand tu vas voir des gens tu dis tu me fais pas peur avec ton t-shirt la meilleure façon de se payer un costard c'est de travailler quand il dit les fainéants les cyniques quand il dit les diplômes en chocolat quand il dit le Jojo le gilet jaune quand il dit mais maintenant on écoute Jojo le gilet jaune comme si c'était un ministre on lui donne la parole en fait c'est toutes les idées qui traînent c'est des vieilles idées de la droite dure la vieille droite radicalement classique mais emballé avec un gars qui est jeune qui est progressiste qui va proposer les avancées dans certains domaines et donc j'ai voulu vraiment dans ce livre tu vois mettre ces citations entre chaque chapitre parce que bon déjà dans les chapitres je raconte des réformes des mouvements sociaux des machins donc déjà on voit la violence sociale du quinquennat Macron c'est à dire sur la vie des gens la conséquence sur la vie des gens etc la répression des mouvements sociaux mais donc entre chaque chapitre il y a ces phrases de Macron qui rappelle les normes violences quand même symbolique de ce quinquennat et face à ça il y a c'est il y a ces il y a ces Verbatim que je fais avec ces gens des luttes etc et face à ce mépris il y a en fait en réalité cette dignité immense cette force de ces gens qui sont opposés à ce pouvoir en étant jamais respectueux tu vois enfin tu vois quand tu perds ton œil quand tu te fais tirer dessus gratos quand tu es un manif etc tu as toutes les raisons de vriller tu vois tu as toutes les raisons de partir en live de te mettre à insulter de te mettre à être violent etc et en fait en réalité à chaque fois et ça ne manque jamais des gens qui ont gardé une forme de sagesse tu vois cette phrase qui dit à Geneviève Legay qui dit je vous souhaite une forme de sagesse et donc je voulais vraiment faire ce contraste entre la dignité de ces gens et le mépris et le mépris du pouvoir c'est un livre aussi sur tout qui une invitation à l'engagement j'ai eu la chance moi dans mon parcours de rencontrer des gens de d'avoir d'être dans ces mouvements d'avoir été dans ces moments d'avoir pu avoir ses enseignements mais en réalité on va pas se mentir les gens juste suivre l'actualité c'est un temps plein alors y être dans les mouvements sociaux dans toutes les manif dans tous les trucs c'est impossible les gens travaillent c'est compliqué et donc je me suis dit j'ai eu cette chance moi de pouvoir de pouvoir parcourir ces luttes de pouvoir rencontrer tous ces gens et il fallait en réalité que je restue ça tu vois je me suis dit comment est-ce que je peux être utile dans cette séquence présidentielle et bien je me suis dit bah en racontant ça c'est mon travail de journaliste de raconter et je me suis dit que j'allais raconter ces six dernières années et c'est un livre que j'aurais aimé lire tu vois quand j'avais 18 ans et que j'étais en train de me politiser c'est un livre qui invite à l'engagement dès qu'on le ferme le but c'est que on se dit bah Go tu vois on n'est pas derrière on y va c'est possible etc et c'est aussi un livre de célébration de nos luttes de nos vies de nos combats de nos valeurs parce qu'en fait elles sont belles nos valeurs notre projet de société il est beau on peut en être fier même la couverture du livre tu vois j'ai voulu faire un truc un peu beau etc parce que tu vois les femmes de chambre de luxe Batignolles quand elles ont mené leur bagarres elles étaient pas là avec des mines des fêtes morose c'était beau en fait c'était elle dansait genre j'étais des confettis c'était coloré c'était et en fait voilà c'est ça l'image que j'ai envie de donner c'est c'est aussi un truc de fierté de nos luttes de fierté de nos héritages etc et de et d'y aller quoi si ça peut redonner un peu la pêche à des gens qui ont mené des bagarres et donner envie à d'autres de nous rejoindre bah le but le livre il aura il aura atteint son but tu vois ton livre se termine en disant mais de quoi est-ce qu'on se souviendra est-ce qu'on se souviendra du mépris de Macron ou est-ce que on se souviendra de nous de tous ceux qui sont censés être rien et qui ont su lutter et qui ont su être heureux malgré tout et qui ont su se mobiliser en fait voilà pour moi ton livre c'est c'est une manière de faire de l'histoire populaire parce que les Italiens appellent l'histoire populaire c'est-à-dire l'histoire qui consiste non pas à faire ce qu'on a toujours fait c'est à dire donner les à pouvoir la parole au vainqueur ce qui domine mais considérer le point de vue et faire l'histoire du point de vue de ceux qui ne sont rien au regard de l'institution universitaire pour regarder publicité absolue de reprendre la main sur le récit selon récit collectif sur de raconter nous-mêmes nos histoires et quand je dis à la fin on se souvient pas on se souviendra pas de Macron parce que en réalité c'est vrai non je sais pas dans 50 ans dans 60 ans dans 70 ans je pense qu'on se souviendra des gilets jaunes je pense pas qu'on se souviendra qu'on se souviendra d'Emmanuel Macron parce que c'est qu'un exécutant comme ça de la bourgeoisie et je crois que c'est important de cet aspect j'en parlais tout à l'heure je reviens mais cet aspect de fierté de ce que nous sommes de fierté de célébrer cette lutte de célébrer ses colères parce qu'elles sont légitimes et parce que en fait il y a aussi une bataille culturelle à la monnaie il faut faire des films il faut faire des livres il faut faire de la musique il faut raconter notre point de vue etc parce que on est sans cesse abreuver du regard dominant du regard riche du retard policier le regard policier par exemple tu allumes la télévision depuis que tes gamins tu es sur NT1 sur machin sur truc en quête d'action on est embarqué avec la bague 75n un gendarmerie de Nice sur les plateaux de télévision on a les chroniqueurs qui sont là qui ont pignon sur rue et bien c'est à nous aussi d'irrigué et de mener cette bataille culturelle et dire que tu as l'extrême droite ils ont beaucoup fait ce truc de bataille culturelle ou sur YouTube sur machin sur truc ils ont récupéré les codes d'Internet ils ont fait des livres ils ont fait des des vidéos des trucs un peu ils ont parlé et ils ont récupéré ils ont récupéré le monopole du tu vois de la de la rébellion du coup du et aujourd'hui ce qui est cool entre guillemets c'est d'être réac ce qui est cool c'est de l'humour aujourd'hui l'humour cool c'est l'humour qui est contre les minorités contre les femmes contre les Arabes contre les Noirs etc ils sont de plus en plus violents ils sont de plus ils se débattent de plus en plus et je pense beaucoup à la question des violences policières on a beaucoup avancé sur cette question effectivement au prix un certain nombre de personnes blessées mutilés etc mais politiquement on n'a jamais autant remis en cause l'ordre policier on n'a jamais autant remis en cause la police on n'a jamais autant posé la question politique de la question de la gestion du maintien tu remarqueras que par exemple dans les médias parlent plus de bavure policière quand même on met plus de guillemets à violence policière il y a d'énormes débats sur la question de l'IGPN sur la question du contrôle de la police etc et c'est pas anodin quand le comité Adama réussi à rassembler des dizaines de milliers de personnes devant un tribunal quand la semaine d'après il réussit à réunir 100 000 personnes place de la République aujourd'hui dans le monde entier on connaît le nom de Adama Traoré parce que à Beaumont-sur-Oise en 2016 il y a eu ses amis et sa famille qui ont mené une révolte et qui ont construit une lutte qui sont allés confronter la gauche qui sont allés dans les mouvements sociaux sur les lieux sur les universités sur les piquets de grève et qui ont mené un travail politique qui ensuite apporter ses fruits il y a encore une bataille judiciaire à mener mais on a fait de la question ne serait-ce que tu vois de la mort d'Adama Traoré un combat universel un combat pour l'égalité pour tous les à se redit pour tous les Adamas Traoré et donc ça c'est une énorme victoire politique il y a aussi cet aspect ou par exemple sur la loi sécurité globale fin c'est quand même une loi qui a été faite sur mesure parce que justement il y a eu tout un tas tu vois on a documenté les violences policières pendant le moment des gilets jaunes il y a David Dufresne qui a recensé ses violences c'est mutilations etc et le chiffre était tellement imposant le résultat était tellement massif qu'à un moment donné personne ne pouvait plus ignorer l'aspect y compris systémique de ces violences là et donc à partir de là il y a eu une forme de de riposte de l'État ou on a on s'est dit ah ouais plus tard là leurs images ça nous les images de ces journalistes des images de le média les images de la Bastille j'y suis les images de Gaspard gland des images d'un etc de ta bouffe là ça nous faut vraiment dans la merde il faut qu'on réagisse ils ont commencé par produire leur propre image par créer des cellules de communication par essayer de voilà rentrer dans cette guerre d'image etc et ils sont rendu compte que là ils y arrivent pas non plus donc ils ont fait une loi sur mesure avec un article article 24 qui consistait à criminaliser la diffusion d'image de violences policières d'image de de policiers simplement qui pouvait se sentir psychologiquement blessé de voir un biais pour exactement mais en tout cas c'était menacé en réalité c'est un article qui vise à criminaliser non pas la diffusion d'images de policiers parce qu'on sait qu'on aura toujours droit à des documentaires et le jeu sponsorisés par la préfecture on a d'ailleurs appris que tous ces documentaires étaient d'abord les bandes étaient examinées par la friture de police ou par le ministère de l'Intérieur pour ensuite être diffusé mais parfois c'est le truc sur un terrain et compagnie je sais pas si c'est encore un terme mais tu vois les tu vois le genre de reportage tu vois et mais par contre lacriminalisation d'image de violences policières et et en fait il y a eu avec englobé dans toute une loi qui s'appelle la loi sécurité globale avec un tout un tas de dispositions y compris pour l'élargissement des prérogatives des polices municipales des polices privées de l'armement de policiers en dehors de leur travail de surveillance de drones de capacités y compris à faire peut-être de la reconnaissance faciale de retransmission directe des images de de embarquer dans les postes de commandement en direct donc en réalité le contrôle d'identité de tout le monde est en temps réel et si on pouvait résumer on pourrait résumer cette loi par l'État veut voir sans être vu et donc une question en réalité de liberté publique liberté fondamentale et il y a eu des centaines de milliers de manifestants et beaucoup beaucoup de jeunes qui sont sortis dans la rue et qui sont politisés sur ces questions de liberté publique c'est inédit c'est pas une loi qui touche au portefeuille c'est pas une loi qui touche à des conditions de travail c'est pas c'est un une un pour les libertés et on a vraiment deux mouvements aujourd'hui voilà qui s'affrontent un mouvement voilà de de répression sécuritaire et un mouvement d'émancipation pour les libertés auxquelles toute une partie de la jeunesse aujourd'hui participe et ça c'est et ça c'est une victoire inestimable parce que si on me dit qu'il y a quelques années que il y aurait une jeunesse qui serait descendue dans la rue pour manifester contre la reconnaissance faciale les drones et l'armement de police municipale et privée on te dit c'est pas vrai et pourtant ça a été le cas il y a eu plein d'artistes aussi qui sont mobilisés donc il y a eu des victoires politiques et c'est la raison pour laquelle l'État va de plus en plus loin et de plus en plus vite avec des lois comme la loi séparatisme enfin on est vraiment dans une dans un moment on a un point de bascule en réalité aujourd'hui voilà c'est ça en temps vers la révolution vers vers l'émancipation sont envers le fascisme et vers la contre-révolution et ça c'est Marine Le Pen c'est Éric Zemmour et on aujourd'hui on est vraiment un point de bascule là et en attendant de voir la suite mais mais en tout cas moi j'ai bon espoir tu vois et c'est pour ça que je fais ce livre c'est pour te redonner la pêche pour remotiver les troupes et je pense qu'on a avancé ces cinq dernières années et je pense qu'on peut on peut on peut on peut encore faire quelque chose faire attention au plus fragile dans la société à nos aînés aux plus jeunes de se battre quand tu as sélectionné de se battre pour que on est accès à une retraite descente c'est ce qui est cool c'est ce qui est beau et c'est et c'est pour ça que on doit aussi reprendre la main y compris sur nos récits et et les célébrer tu vois et en être fier tu vois ça me fait penser au nom de la petite maison d'édition avec laquelle tu as fait cohabiter ton livre parce que c'est pas ça dans la découverte c'est les nouvelles vagues les nouvelles vagues c'est important les nouvelles vagues merci merci beaucoup ta pour ce livre qui est à la fois ton histoire et notre histoire l'histoire de de ceux qui lutte contre les les inégalités radicales contre les dominations de toutes sortes

CEUX QUI NE SONT RIEN DEVIENDRONT TOUT | TAHA BOUHAFS, JULIEN THÉRY — Emmanuel Macron · Pourquijevote