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interviewRMC· 8 juillet 2024

🔴 DIRECT - L'intégrale de l'interview de Clémentine Autain, députée NFP de Seine-Saint-Denis, sur...

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

C'est-à-dire qu'en fait, moi, si j'ai vérifié, il me semble bien qu'au premier tour, vous aviez l'étiquette à la fille. Oui, mais entre-temps, vous savez qu'il y a eu ce qu'on appelle une purge dans ma formation politique, puisque mes camarades, Alexis Corbière, Raquel Garrido, Daniel Simonnet, Hendrik Davy et encore un autre aussi, Frédéric Mathieu. Bref, cinq camarades qui n'ont pas été investis par la France Insoumise au dernier moment.

François Ruffin lui-même a également annoncé dans l'entre-deux-tours qu'il ne siègerait pas à la France Insoumise. Est-ce que ça veut dire qu'avec tous ceux que vous venez de citer, vous pourriez vous retrouver ensemble, soit tout seul dans un coin, soit aux côtés du Parti Socialiste ? On n'a pas décidé d'être tout seul dans un coin.

On a décidé de rester nous-mêmes, de dire très franchement qu'il faut qu'il y ait une gauche franche attachée à un projet de transformation en profondeur et démocratique. Mais vous avez été viré ou vous avez été ? C'est un enjeu.

Vous savez bien qu'il y a eu des désaccords, mais je ne suis pas venue ce matin pour vous parler de ça. Oui, mais j'avais besoin. Je vous demande pardon, Clémentine Autain, mais à 8h34, je veux qu'on prenne quand même le temps de comprendre au nom de qui vous vous exprimez encore une fois.

Il y a eu des duels fratricides parce que la direction de la France… Mais lâchez-vous, c'est pour ça que je vous pose la question. Il y a eu, avec mes camarades, je vous les ai cités, des duels fratricides qui ont été remportés. Alexis Corbière a gagné, Daniel Simonnet a gagné, Hendrik David a gagné.

Donc ça veut dire qu'un message a été envoyé par les électeurs. Assez clair dans ces circonscriptions, c'est que oui pour une force politique qui défend une gauche de rupture pour aller vite, mais non pour des méthodes qui tournent le dos au principe démocratique. C'est quoi ces méthodes ?

C'est des méthodes antidémocratiques, les méthodes de Jean-Luc Mélenchon ? Écoutez, c'est des méthodes qui ne vont pas, vous le savez bien. Et puis par ailleurs, nous avons eu un débat sur le profil politique qui est le nôtre, vous le savez.

Tout cela n'arrive pas de rien. C'est un débat qui a commencé avec l'affaire Adrien Quatennens, qui s'est poursuivi sur la façon dont n'est pas correctement organisée la France insoumise. Et enfin, avec des débats depuis le 7 octobre où il y a des nuances sur notre profil politique.

Et si Jean-Luc Mélenchon n'avait pas soustrait votre siège du nombre d'élus du premier tour ? Si j'ai bien compris, c'est comme ça aussi que vous expliquez les choses. Vous dites avoir découvert en quelque sorte en direct que vous étiez exclue de la France insoumise.

Lorsque Jean-Luc Mélenchon s'exprimant a dit qu'il n'y avait eu que 19 élus la France insoumise au premier tour, alors que vous êtes la 20e, vous avez donc compris que c'était de vous qu'il s'agissait et que vous étiez exclue du groupe ? Oui, tout à fait. En tout cas, je n'étais pas invitée à siéger dans ce groupe.

Mais vous l'auriez souhaitée ? Vous auriez préféré rester ? Écoutez, je pense que justement, il faut sortir de tout ça.

Probablement, le fait que chacun soit désormais chez soi, doit permettre de retrouver des relations apaisées. Moi, je suis une militante acharnée du nouveau Front populaire et vous le savez, je suis pour l'Union depuis très longtemps. Je pense que nous devons avoir un profil à vocation majoritaire sur une proposition politique qui permette de changer le quotidien des Français.

Je n'ai pas bougé d'un iota là-dessus. Et j'invite mes camarades insoumis qui eux aussi vont réfléchir, à savoir dans quel groupe ils siègent, à bien réfléchir. Parce que vous savez, la purge qui est arrivée à mes camarades là, demain peut arriver à d'autres s'ils bougent un orteil et qu'ils expriment des désaccords.

Ça veut dire qu'à la France insoumise, on vit sous une forme d'intimidation, en quelque sorte ? Écoutez, oui, mais je n'ai pas envie de faire l'émission sur ça. Vous vous rendez compte, c'est l'avenir des Français.

Hier soir, il y a eu un bouleversement du champ politique. L'extrême droite n'a pas été élue et c'est un soulagement immense. Et donc maintenant, la question, ce n'est pas l'avenir de la France insoumise et nos débats internes.

La question, c'est comment on gouverne et comment on trouve un Premier ministre, une Première ministre proposée par l'ensemble du nouveau Front populaire. Et comment on se met au travail pour abroger la loi sur les traites et pouvoir d'achat. Excusez-moi, mais j'ai été prise un peu de cours parce que je pense que là, on prend les choses dans un sens qui n'était pas ce que j'avais dans ma tête.

Ah, moi, je trouve ça très important puisque je ne peux pas vous définir comme députée LFI de savoir comment est-ce que je peux vous définir. Clémentine Autain, vous dites donc que vous appelez les différents députés de gauche à se mettre ensemble pour sortir en leur sein la personne qui pourra incarner ce nouveau gouvernement. D'abord, quelle méthode ?

C'est-à-dire que vous dites à tous les députés, qu'ils soient issus de LFI, du Parti socialiste, des écologistes ou du Parti communiste, on se met tous ensemble, on oublie les étiquettes, on vote ? Moi, je pense qu'il faudrait qu'il y ait très vite une réunion de l'ensemble des députés du Nouveau Front populaire qui ont une partie de la clé puisqu'il faut que le ou la nouvelle Première ministre ait l'assentiment de ces députés du Nouveau Front populaire. Les formations politiques ont également leur mot à dire, ça je l'entends parfaitement.

Donc il faut qu'il y ait une discussion à la fois avec les chefs de parti et avec l'ensemble des députés du Nouveau Front populaire et qu'au plus vite, nous soyons capables de faire à Emmanuel Macron une proposition qui nous mette en situation de gouverner. Au plus vite, dites-vous, encore un point que j'aimerais éclaircir avec vous, quand même je vous repose la question de la méthode, c'est-à-dire qu'évidemment le résultat sera différent si c'est chaque groupe qui de son côté regarde qui dans ses rangs il pourrait proposer. Et quand j'écoute Jean-Luc Mélenchon, il dit qu'il est logique que cette personne sorte des rangs de LFI et que LFI seule se réunisse pour décider par consensus qui doit être la personnalité à proposer, puisqu'en effet ils ont 75 députés là où le Parti Socialiste n'en a que 65.

Alors attendez, vous savez comment les groupes se répartissent, je pense que c'est un petit peu plus compliqué que cela. Ils n'ont pas 75 députés à LFI pour vous ? Je ne sais pas, je ne sais pas qui va siéger et qui ne va pas siéger dans le groupe LFI.

Je ne sais pas quelle est la composition du groupe socialiste. Il n'est donc pas du tout sûr à cette heure-ci que LFI soit le groupe majoritaire au Sénat ? Voilà, ça ne me paraît pas absolument certain.

Et c'est pourquoi d'ailleurs je pense que cette méthode n'est pas la bonne méthode à retenir. Ce qu'il faut, c'est qu'il y ait un consensus sur une candidature pour que tous les députés puissent s'y retrouver et non pas le fait majoritaire chez les majoritaires s'impose à tous. Et donc je pense que c'est bien d'avoir une règle qui respecte l'ensemble des députés et qui nous permette d'être crédibles aussi dans cette capacité de rassemblement.

Mais pour ça, encore une fois, c'est beaucoup de confusion. Est-ce que ça veut dire, Clémentine Notin, que je dois comprendre que dans les 24 heures qui viennent, vous, François Ruffin, vous pourriez par exemple siéger avec le Parti Socialiste, ce qui mécaniquement, c'est une histoire de vaste communiquant. Je ne vous parle pas de ça, nous n'avons pas prévu de siéger avec le Parti Socialiste.

Mais vous quittez la France Insoumise, il y a une histoire de vaste communiquant encore une fois, non ? Non, ça n'est pas communiquant. Nous ne quittons pas le groupe de la France Insoumise, ou plus exactement, nous ne sommes pas mis à l'écart de la France Insoumise pour aller rejoindre le groupe du Parti Socialiste avec François Hollande.

Ça ne va pas se passer comme ça. Ce n'est pas ce comptage-là. Je vous appelle juste à être raisonnable dans ce qu'on peut anticiper.

Donc les chiffres tels que la plupart des résultats nous les donnent, en tout cas nous les catégorisent, y compris dans les journaux ce matin, c'est-à-dire 182 députés de Nouveau Front Populaire, LFI à 75, PS 65, Europe Écologie Les Verts 33, PCF 9. Pour vous, ces chiffres ne sont pas stables ? Mais bien sûr que ça n'est pas stable.

Imaginez que nous créions un nouveau groupe politique. Ça aura des incidences serment. Donc les choses ne sont pas figées.

C'est juste ça que je vous dis. Vous appelez donc à la création d'un nouveau groupe politique ? Moi, je souhaite appartenir à un nouveau groupe politique qui soit capable à la fois de défendre fortement l'Union comme stratégie, le programme du Nouveau Front Populaire, et qui se fasse dans un cadre de démocratie, de pluralisme assumé et pas caporalisé.

C'est ça que je ne veux plus. Et je pense que c'est d'autres crédibilités aussi sur ce terrain-là de la démocratie que d'avancer vers une logique qui soit celle qui nous ressemble à ce qu'est la gauche. Et j'entends évidemment, et ça me rappelle des propos, ici même j'avais reçu Manuel Bompard au moment où il avait été désigné coordinateur de la France insoumise.

Et alors que je lui avais demandé, mais par qui et sur quelle méthode ? Est-ce que c'est un vote ? Il répondait que ce n'était pas un vote.

Par consensus, disait-il, et il avait répondu cette phrase, le vote n'est pas l'alpha et l'oméga de la démocratie. C'est bien à ça que vous répondez. C'est un désaccord que j'ai avec Manuel Bompard.

Je pense que le consensus est une bonne méthode, mais quand il n'y a pas consensus, alors le vote est la meilleure méthode démocratique. Je n'en connais pas d'autres. Avant d'en venir au programme et au contenu de ce que vous pourriez proposer, gouvernez donc avec qui ?

On a entendu Marine Tondelier tout à l'heure qui, elle, disait « Un bon Premier ministre doit apaiser le pays et fédérer dans son propre camp ». Elle dit que par conséquent, ce n'est pas parti pour être Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que là-dessus, au moins, vous êtes d'accord ?

Oui, cela me paraît tout à fait évident. Et d'ailleurs, nous l'avons dit dans la campagne fortement, nous étions très nombreux à dire, qu'évidemment, cela ne pouvait pas être Jean-Luc Mélenchon, comme cela ne peut pas être François Hollande. Et il faut bien comprendre qu'il faut trouver le barycentre de cette nouvelle construction politique.

Ni Jean-Luc Mélenchon, ni François Hollande, vous-même vous êtes candidate ? Je fais partie des noms qui sont cités, et évidemment que je répondrai favorablement s'il y a cette possibilité. Mais je pense que le moment n'est pas à dire « moi », que chacun arrive et dit « c'est moi, moi, moi ».

La bonne personnalité sera celle qui sera choisie par notre rassemblement. Est-ce que Marine Tondelier vous paraît être un bon profil ? Elle fait partie des candidatures, bien sûr.

Bien sûr. Vous avez dit, elle a dit, c'est pas parti pour être Jean-Luc Mélenchon, et pourtant, à 20h05, c'est lui qui s'est exprimé. Et je voudrais qu'on puisse l'écouter.

Le président a le pouvoir. Le président a le devoir d'appeler le nouveau Front populaire à gouverner. Le nouveau Front populaire respectera le mandat que lui ont donné les votes pour ses candidats.

La parole donnée sera tenue. Le nouveau Front populaire appliquera son programme. Rien que son programme, mais tout son programme.

Comment vous avez réagi hier soir, Clémentine Autain ? Au même moment, je crois que Marine Tondelier faisait aussi une conférence, tenait des propos publics, et les chaînes ont choisi de reproduire. Je vais préciser des choses.

Marine Tondelier savait que Jean-Luc Mélenchon s'exprimerait à 20h05. Il a été le premier à nous en informer il y a longtemps déjà, et Marine Tondelier le savait parfaitement. Comme au premier tour d'ailleurs, elle a malgré tout fait le choix de s'exprimer en même temps.

Vous comprendrez bien que Jean-Luc Mélenchon, ayant représenté la troisième force du pays aux élections présidentielles, il serait étrange que les chaînes de télévision n'en fassent pas le choix. Et elle le savait parfaitement. Alors écoutez-moi, Apolline de Malherme, je vais vous dire ce qui ne va pas.

Je vais vous dire ce qui ne va pas du tout dans tout ça. Donc ils auraient dû juste se mettre d'accord, peut-être tous les deux, pour dire on parle d'un plus. Non, ce n'est pas tous les deux.

C'est le nouveau Front populaire qui aurait dû être uni hier soir. Et à 20h10, l'image qu'on aurait dû avoir, c'est une image avec tous les chefs de parti, de l'ensemble des composantes de ce nouveau Front populaire. Et même élargie, parce que le nouveau Front populaire, ce n'est pas qu'un cartel d'organisation.

Et cela ne doit pas être seulement un cartel d'organisation. La mobilisation de la société civique, comme on dit. Vous avez eu des syndicalistes, des activistes, des militants associatifs, des citoyens et citoyens qui ont permis la bascule, qui ont fait ce barrage, qui ont envoyé des convois de la victoire.

Pour vous, ils auraient dû s'exprimer ensemble, comme ils l'ont fait au moment où le nouveau Front populaire est arrivé à un accord. Voilà. Si nous voulons gouverner dans ce pays, si nous voulons gagner, il faut impérativement que ce nouveau Front populaire ait un visage uni, cohérent, et qu'on supporte cette diversité-là.

Voilà. C'est ce message-là que je veux envoyer ce matin. Olivier Faure.

C'est que nous avons une responsabilité vis-à-vis des Françaises et des Français qui nous ont placés dans cette situation hier soir. Et je les en remercie. La France ne veut pas de l'extrême droite et c'est nous qui pouvons apaiser.

Et pourquoi nous pouvons apaiser Apolline de Malherbe ? Parce que nous avons des mesures de justice sociale. Et ce qui est demandé à corps et à cri dans ce pays, c'est plus d'égalité.

C'est que les gens arrêtent de ne pas pouvoir vivre de leur travail. C'est qu'on arrête d'avoir des services publics qui sont en décrépitude. C'est ça que demandent les Français.

Et c'est ça qu'ils peuvent rassembler et non pas fracturer. Mélenchon disait hier soir, tout le programme, rien que le programme, et il parlait de mesures qui pouvaient être prises dès cet été par décret. L'abrogation des retraites, le blocage des prix, le SMIC à 1600 euros.

Là-dessus, vous êtes pour le coup à 100% d'accord ? Bien sûr. Bien sûr qu'il faut...

Si nous gouvernons, ce n'est pas pour faire un bricolage, c'est pour essayer d'améliorer le quotidien des Français. Et sur les mesures citées, nous avons une majorité dans le pays. Les Français sont d'accord.

Les Français ne veulent pas de cette retraite à 64 ans. Les Français veulent qu'on augmente les salaires et les minima sociaux. Les Français ont un problème avec les prix.

Quiconque fait ses courses le voit bien. L'autre jour, j'étais au marché de Sevran, il y avait un monsieur, il avait 5 kilos de patates dans les mains. Il me dit, « Vous voyez, Madame Autain, ça, c'est ce qu'on va manger cette semaine. » « Vous voyez, ça, c'est plus possible. » C'est insupportable.

Et ça crée du ressentiment. 40 ans de politique néolibérale qui nous ont amenés dans cette situation de chaos, avec en plus des comptes publics, parce que je les entends tous de nous faire des leçons sur les comptes publics. C'est censé être le chaos.

Mais qui a mis les comptes publics dans le rouge ? Mais le rouge total ! Ce sont ceux qui gouvernent depuis tout ce temps-là, et notamment depuis 7 ans, la Macronie. 1 000 milliards de dettes qui ont été faites pour engraisser les hyper-riches et les grands groupes économiques.

Aurez-vous les moyens, si vous arrivez à vous mettre d'accord pour avoir un gouvernement, aurez-vous les moyens de gouverner, à la fois parce que la situation économique, comme vous le dites, est extrêmement tendue, mais aussi parce que malgré tout, à un moment, il faut quand même regarder les chiffres. 182 députés et nouveaux fonds populaires, ça ne fait pas une majorité ? Oui.

Vous êtes arrivés en tête, mais vous n'avez pas la majorité. Tout à fait. Et elle suppose donc de changer de méthode.

On peut gouverner comme l'a fait...

Alors il y a l'autre option. Bon, soit c'est changer de méthode en faisant des décrets, c'est-à-dire sans majorité, comme le dit Jean-Luc Mélenchon, soit quoi ? Vous pourriez tendre la main à d'autres formations politiques ?

Non, c'est-à-dire qu'il faut chercher des majorités au Parlement. Et sur un certain nombre de sujets, on peut trouver des majorités au Parlement. Lesquels ?

Sur quels sujets et avec qui ? Avec qui, c'est pas...

C'est chaque député. Moi, je ne suis pas en train de faire un mercato. Ce n'est pas comme ça que ça va se passer.

C'est des propositions concrètes. Chaque député, devant son bouton, en conscience, devra voter. Est-ce qu'il y a une majorité à l'Assemblée nationale totalement décalée avec le pays pour dire on n'abroge pas la retraite à 60 ans ?

Ce n'est pas sûr. D'ailleurs, il n'y a pas eu de vote. Donc, peut-être que ça se tête.

Effectivement, c'est passé par 43. Voilà. Donc, peut-être que ça se tête.

Et peut-être qu'il y a une majorité. Et la question est, chaque député, en conscience, dans son rapport au pays, qu'est-ce qu'il fait pour l'intérêt général des Français ? Pourquoi vous voulez faire sauter les groupes ?

Sauter même les partis ? Non, je ne veux pas faire sauter les groupes. Et que chacun se décide en conscience ?

Je ne veux pas faire. Les groupes politiques existent et chacun prendra ses responsabilités, à la fois comme groupe et comme individu, sur les mesures que nous proposons. Il y a cette logique de décret.

Il y a aussi la possibilité de faire des référendums sur des grands sujets, de demander aux Français, enfin, leur avis sur si ça coince. Sur quoi, par exemple ? La réforme des retraites, si ça coinçait, il faudrait demander l'avis aux Français.

Je vous assure, je pense qu'on pourrait gagner. Donc pour vous, la solution ? Ce n'est pas « je pense qu'on pourrait gagner », c'est sûr qu'on gagnerait.

Donc ça veut dire, Clément Tinotin, c'est très intéressant. Vous dites, au fond, pour contourner d'éventuelles motions de censure qui feraient qu'un gouvernement ne pourrait pas tenir, eh bien, il faut s'en remettre aux Français régulièrement. Moi, ce qui m'intéresse, c'est de gouverner avec des mesures qui ont l'assentiment de la majorité des Français.

Et je pense que notre programme...

Non, ne pas passer en force. Après, s'il y a un décalage très grand entre l'Assemblée nationale et la majorité des Français, vous voyez bien qu'il y a un problème. Et auquel cas, on peut recourir au référendum.

Mais je ne veux pas brutaliser. Je pense qu'il faut apaiser notre pays, et y compris dans la méthode. Les Français ont trop soupé de cette méthode où Emmanuel Macron, les premiers ministres...

Je comprends parfaitement ce que vous dites. ...ont gouverné à base de 49-3 contre la majorité.

Soyons un peu réalistes. Si vous vous retrouvez demain le groupe qui donne un gouvernement à la France avec vos 182 députés, vous-même, vous aurez recours aux 49-3. Vous n'aurez pas le choix.

L'idée n'est pas de passer sa vie à faire des 49-3. Oui, mais j'ai l'impression d'un dialogue de source. Mais non, ce n'est pas un dialogue de source.

Vous avez changé dans les méthodes, etc. Et en même temps, à l'épreuve de l'exercice du pouvoir, vous ne pourrez pas faire autrement, puisque vous avez encore moins de députés que n'en avaient les Macronistes. Oui, mais c'est mesure par mesure et nous verrons bien.

Nous verrons bien. Je veux dire, il faut aussi que la vérité des prix éclate, si j'ose dire. Par exemple, sur des sujets très importants pour les Français qui permettent d'améliorer le quotidien, est-ce que vous êtes sûr qu'il ne va pas y avoir des prises de conscience ?

Si on ne veut pas...

Là, on a eu un sursaut. Mais faisons très attention. L'extrême droite est en embuscade.

Et si on continue avec des politiques d'injustice sociale, si on continue avec une fiscalité qui n'est pas juste, si on continue à faire que les salaires ne permettent pas de vivre dans la dignité et que nos services publics soient délabrés, si on continue comme ça, alors le ressentiment va continuer de prospérer dans notre pays et c'est le carburant de l'extrême droite. Donc nous, ce qu'on propose, c'est de prendre le problème à la racine. C'est que si on veut apaiser, il faut qu'on ait des mesures qui améliorent le quotidien des Français.

C'est ça qui va permettre de nous renouer de la confiance aussi entre celles et ceux qui gouvernent et le pays. Clémentine Autain, Marine Tondelier dit qu'il faudra prendre des jours, peut-être des semaines. Ça prendra le temps qu'il faudra pour qu'on se mette d'accord.

Olivier Faure, à l'instant, dit qu'il faut un nouveau candidat du nouveau Front populaire, un candidat pour Matignon dans la semaine. Vous continuez à dire qu'il faut que ce soit aujourd'hui ou demain ? Le plus vite sera le mieux.

Je ne peux pas vous dire autrement. Je pense qu'il y a urgence à ce que nous nous mettions d'accord. Et je pense que c'est possible.

Si ça prend la semaine, ça prend la semaine. Si ça prend 10 jours, ça prend 10 jours. Mais je crois que notre responsabilité est en tout cas de dégager la meilleure méthode pour arriver à un consensus ou en tout cas à un vote et à dégager au plus vite une solution.

Merci Clémentine. Merci à vous. Je rappelle que vous êtes donc...

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