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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 3 octobre 2023 23 min

Hausse des franchises sur les médicaments : "C'est une piste sur la table", indique Aurélien Rousseau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le ministre de la Santé et de la Prévention dans le grand entretien du 7-10. Question réaction, amis auditeurs, amis auditrices, 01-45-24-7000 et l'application de France Inter. Aurélien Rousseau, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Beaucoup de questions à vous poser ce matin, mais d'abord, votre réaction au prix Nobel de médecine, décernée hier à la hongroise Kathleen Carrico, vice-présidente de BioNTech, et à l'américain Drew Weissman, professeur de vaccinologie à l'université de Pennsylvanie, pour leur contribution à la mise au point du vaccin ARN messager et à la mise au point du vaccin anti-Covid. Saluez-vous ce prix ?

Est-ce qu'il dit à une époque où le consentement à la vaccination peut sembler fragilisé, où la suspicion à l'égard des vaccins s'est accrue ?

1:01
Aurélien Rousseau

Je pense d'abord que c'est une très belle nouvelle et que ces deux chercheurs, Kathleen Carrico et Drew Weissman, ont changé la face de l'humanité il y a quelques années. Parce que le vaccin ARN messager, tout le monde en doutait. Et puis après tout le monde l'a voulu. Puis l'histoire personnelle de Kathleen Carrico, elle est juste exceptionnelle, de cette femme née en Hongrie, partie avec son mari aux Etats-Unis, lui est ingénieur, il devient homme de ménage, sa conviction sur l'ARN messager l'a fait rétrograder à l'université. C'est aussi une histoire de ténacité, une histoire de femme.

Et concrètement, c'est ce qui a changé, qui nous a permis de stopper la pandémie, en tout cas dans l'ampleur qu'elle avait.

1:44
Invité

Vous n'êtes pas dans leur tête, mais pensez-vous que les jurés du Nobel ont aussi voulu souligner, faire un message politique, souligner la robustesse de l'ARN messager et des vaccins qui en découlent et répondre par là même aux antivax qui ont beaucoup mis en cause ce nouveau procédé, cet ARN messager.

2:01
Aurélien Rousseau

Oui, c'est sûr qu'il y a quelque chose qui est incroyable dans le monde et en France en particulier, c'est qu'il y a toujours une suspicion généralisée au pays du vaccin. Moi, j'étais il y a quelques jours avec les collègues ministres de la Santé à l'ONU, avec les collègues de l'OMS. Quand on pense à tous ces pays qui attendent un nouveau vaccin contre la tuberculose, contre les tuberculoses résistantes, qui ont attendu pendant le Covid que la générosité aussi des pays du Nord pour en avoir, je me dis qu'on a des réactions quelquefois stupéfiantes. La vaccination, c'est la prévention et c'est le progrès tout de suite. On est sorti du Covid grâce à ça.

On peut peut-être éviter la bronchiolite dans quelques semaines parce qu'on a trouvé un traitement, un anticorps monoclonal qui va nous en protéger. On peut avoir une génération sans cancer du col de l'utérus dans 20 ans. Ça s'appelle le progrès. Alors, c'est sûr que c'est troublant. Et en même temps, les Français, on les dit rétifs, etc. Quand on a lancé la vaccination ARN messager début 2021, tout le monde en a voulu. Et là, on a les stocks de Befortus pour la bronchiolite.

3:19
Invité

On va y venir à la bronchiolite, mais quand même, vous dites, on en a fini grâce au vaccin, on a fini du Covid. Bon, pas tout à fait. Là, il y a les chiffres qui augmentent nettement ces dernières semaines. Est-ce qu'on est face à une nouvelle vague ? Est-ce qu'on est face à une nouvelle vague forte de Covid ? Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur l'état du Covid en ce moment ?

3:36
Aurélien Rousseau

D'abord, j'ai dit qu'on en a fini avec la pandémie dans sa version la plus violente. Là, on est dans une reprise épidémique réelle. C'est pour ça que moi, j'ai décidé il y a 15 jours d'avancer de 15 jours la vaccination. Donc, depuis hier, on peut à nouveau être vacciné. On peut être vacciné avec un très bon vaccin. Je dis ça pourquoi ? Parce que l'an dernier, à la même date, on avait deux souches sur le territoire national. Aujourd'hui, on en a une qui est très largement dominante et le vaccin correspond à cette souche.

Donc, il faut absolument, pour les personnes fragiles, pour ceux qui sont en contact avec les personnes fragiles, pour les femmes enceintes, il faut faire ce rappel vaccinal. On n'a pas d'alerte sur la dangerosité particulière de la nouvelle souche. On a effectivement, on le voit tous autour de nous, pas mal de gens qui ont le Covid. Et il faut que, alors, je sais bien, ça paraît lassant à force de le dire, mais c'est le masque, les gestes barrières qui vont nous permettre de franchir cette étape-là. Et petit à petit, les immunités croisées, comme on dit, vont faire que l'impact sera moins fort. Mais pour l'instant, il faut protéger les personnes fragiles.

4:38
Présentateur

L'an dernier, seuls 20% des plus de 60 ans éligibles à la nouvelle dose en avaient reçu une. L'ordre des médecins parlait alors d'un déficit d'engouement. Cette année, comment vous allez les convaincre alors ? Et est-ce que vous avez un objectif sur cette classe d'âge-là ? Et en population générale, un objectif de taux de vaccination ?

4:58
Aurélien Rousseau

Je n'ai pas, pardon, d'objectif chiffré. En tout cas, effectivement, 20, c'était un chiffre beaucoup trop faible. Et je pense qu'on a une responsabilité collective vis-à-vis des personnes fragiles. Parce qu'il y a eu, encore l'an dernier, des morts et des centaines de morts du Covid.

5:16
Invité

Oui, mais en fait, on ne va pas les forcer. Donc, comment vous pouvez convaincre ce matin ceux qui nous écoutent d'aller tout à l'heure se faire vacciner ?

5:21
Aurélien Rousseau

Je leur dis qu'on a un vaccin qui est plus efficace. Il est plus efficace que celui de l'an dernier. Il correspond parfaitement aux souches. Et on a un vaccin dont maintenant, on a trois ans de recul. On sait qu'on n'a pas d'effet secondaire. Et donc, il faut y aller. Et par ailleurs, on est dans un climat global où j'espère qu'on arrive à porter sur papillomavirus, sur la bronchiolite, sur le Covid, sur la grippe. Il y a une dynamique où je veux montrer que la prévention, la vaccination, c'est le progrès.

5:53
Invité

Et que ça marche. La papillomavirus, je n'y arrive jamais. Le papillomavirus, c'est la grande campagne de vaccination que vous avez lancée hier. On rappelle que la France est très en retard. Seulement 42% des filles de 15 ans ont été vaccinées, 8% des garçons. Et si on compare par exemple à la Grande-Bretagne, c'est 80% qui sont vaccinées. L'Australie, c'est 90%. Ils ont quasiment réussi à mettre fin, à éradiquer le cancer du col de l'utérus, qui est donc le produit de ce papillomavirus. Vous avez donc décidé qu'en France, tous les enfants de cinquième, garçons et filles, pourront être vaccinés avec l'accord de leurs deux parents.

Tous les enfants de cinquième, sauf les élèves du privé, même sous contrat. C'est-à-dire 20% des élèves français. Pourquoi vous avez signé, ce n'est pas vous, c'était votre prédécesseur, avec le ministre de l'Éducation nationale de l'époque, Papendiaï ? Et pourquoi vous avez exempté les écoles privées, même sous contrat, de cette campagne de vaccination ? Pourquoi vous avez fait ça ?

6:45
Aurélien Rousseau

Aujourd'hui, il y a 7000 collèges dans lesquels il va y avoir des opérations de vaccination. Donc 1500 qui sont dans le privé. Et moi, évidemment, à la fin, ce sont les enfants et leurs parents qui décident. Mon objectif, il est très clair, c'est d'avoir la meilleure info possible. Vous l'avez dit, c'est un vaccin sur lequel on a beaucoup de recul. Il y a eu 300 millions de doses dans le monde. Et tous ceux qui agitent quelque chose autour d'eux, ça serait une incitation à la débauche ou que sais-je.

7:18
Invité

Ça, c'est les écoles privées ? Parlons clairement. Et qu'est-ce qui se passe avec les écoles privées sur ça ?

7:22
Aurélien Rousseau

Il y a un blocage ? Il y a quelque chose autour de... Si on prononce les mots, ça protège de quoi ? Ça protège du cancer du col de l'utérus, du cancer de l'anus, du cancer du vagin, du cancer de la vulve. Peut-être que certains trouvent que c'est choquant de dire ces mots. Les enfants de 5e, ils ont tous entendu ça, qu'ils soient dans le public ou dans le privé. Et je vais vous donner un scoop. On injecte un vaccin, on n'injecte pas le démon. Donc du coup, moi je le dis, que les parents et les enfants en conscience ne veuillent pas faire la vaccination, je comprends. Mais que des établissements ou des structures disent qu'on n'organise pas, là on a un problème majeur.

8:03
Auditeur

Mais vous les avez aidés ? Vous avez signé une circulaire pour leur dire que vous avez le droit de choisir.

8:08
Aurélien Rousseau

Non, aujourd'hui il y a 1500 établissements privés et on va vérifier qu'ils soient engagés. Et puis par ailleurs, c'est une campagne qu'on fera chaque année. Et donc moi je crois aussi beaucoup à ce qu'on peut collectivement progresser. Et oui, on peut éradiquer. C'est un angle mort, là, vous le reconnaissez. C'est un angle mort qui est à ce stade petit. Mais sur les 1500, il y a 7000 collèges. On a 200 équipes, on va vacciner dans les collèges. Pour l'instant, on a une assez bonne.

8:38
Invité

Pourquoi vous ne caissez pas cette circulaire ? Pardon, je ne comprends pas. C'est vous-même qui signez une circulaire pour exempter les écoles privées. Après vous nous dites que c'est un angle mort.

8:43
Aurélien Rousseau

Alors, ça n'est pas moi qui ai signé de circulaire, je le redis. Parce qu'une campagne de vaccination, pardon, c'est une logistique énorme. Donc on est parti sur cette idée aussi. Commencer une campagne par une polémique sur un petit sujet, en volume, je parle en volume. Voilà. Et moi, je pense que la raison, au sens le plus noble du terme, va l'emporter sur tout le reste.

9:11
Présentateur

Aurélien Rousseau, autre sujet. La bronchiolite, Sanofi, AstraZeneca ont commercialisé le Befortus, traitement contre cette maladie. Alors là, succès foudroyant. Vous tabliez sur 20% d'adhésion des parents. On est à 80%. Il y a pénurie dans les pharmacies. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que vous dites aux parents qui n'en trouvent pas pour leur bébé ? Patience, ça arrive ? Ou il va vraiment falloir attendre ?

9:40
Aurélien Rousseau

Alors d'abord, je retourne en arrière de quelques mois. Juste parce que mon prédécesseur, François Bronne, en mars, les labos que vous avez cités, viennent le voir en leur disant, on a un traitement, on pense que ça va marcher, on n'a aucune autorisation, est-ce que vous en achetez ? François Bronne, il a fait le choix courageux d'en acheter. Les sociétés savantes disent, on aura 10% d'adhésion parce que c'est une première. Les sociétés savantes, elles disent 10% parce que c'est une première et en France, le rapport, etc. Bon, François Bronne fait le choix d'en acheter 30% de la classe d'âge, donc 200 000 doses. Il y a 4 pays au monde qui achètent du Befortus.

Aujourd'hui, n'aurait-on pas eu l'autorisation ? On serait en train de jeter des doses d'un truc qu'on aurait acheté qui ne marche pas ? Je pense que j'aurais une autre discussion avec vous. Il se trouve, et c'est une excellente nouvelle, qu'en maternité, on a un taux d'adhésion entre 60 et 80%. Et donc, à partir de là, c'est là que le politique, d'une certaine manière, doit reprendre ses droits et décider. Et moi, je me suis entouré évidemment de scientifiques qui disent les cas les plus graves l'an dernier dans les 45 000 hospitalisations pour bronchiolites, ceux qui sont allés en réa pédiatrique, c'est les tout-petits. C'est des enfants de quelques jours.

Donc, la priorité des priorités, c'est les maternités. Donc, les maternités, elles auront du Befortus tout au long de la saison. Et il y a eu déjà 50 000 doses qui ont été mises en pharmacie. Croyez bien que chaque jour, à peu près, je parle aux dirigeants de ces labos pour augmenter les productions, pour en avoir plus, pour voilà. Mais en attendant, tous les nourrissons seront protégés, qui le voudront quand ils naissent en maternité.

11:23
Invité

Puisqu'on est sur les médicaments et les éventuelles pénuries de médicaments, est-ce qu'on va revivre les pénuries de médicaments de l'hiver dernier ? Est-ce qu'on trouvera, vous garantissez ce matin, qu'on trouvera du Clamoxylle, de l'Augmentin, du Doliprane dans les pharmacies dans cet hiver ou ça va être la galère encore ?

11:39
Aurélien Rousseau

Alors, ce que je peux vous dire, c'est que depuis l'an dernier, on a mis 450 médicaments sous surveillance. L'Agence nationale de sécurité du médicament surveille au jour le jour les stocks des pharmacies. Elle d'ailleurs, elle fera un point cet après-midi. Simultanément, on relocalise en France, et le Président de la République l'a annoncé, la production de 25 médicaments stratégiques. Aujourd'hui, et c'est là qu'il faut toujours être dans les mots prudents, aujourd'hui, d'un point de vue global, on a les stocks pour l'hiver, en matière notamment, vous citiez la moxiciline, donc l'antibiotique le plus courant.

Mais par contre, on a des répartitions, et notamment les plus grosses pharmacies, qui ont fait des surstocks, comme ça peut exister. Donc, moi j'ai pris la décision de redonner à ceux qui font la répartition, la responsabilité que toutes les pharmacies, y compris les plus petites, aient accès à ces stocks. Donc, globalement, on a les stocks d'amoxiciline, on les a, et puis, évidemment, ça va dépendre de l'intensité des épidémies. C'est pour ça qu'on se bagarre sur la bronchiolite, c'est pour ça qu'on se bagarre sur la vaccination, sur la grippe aussi.

12:49
Présentateur

On passe au standard d'Inter. Bonjour Michaela. Bonjour. Bienvenue, on vous écoute.

12:54
Auditeur

Merci. Bonjour Monsieur le Ministre.

12:56
Présentateur

Bonjour Madame.

12:57
Auditeur

Je vais être rapide concernant le Covid long. Ce que j'aimerais savoir, c'est ce que vous comptez faire pour faire avancer la recherche française et donner le moyen aux médecins qui travaillent sur ce sujet de pouvoir aider les malades et leurs familles, qui sont quand même confrontés à une maladie qu'on connaît peu et qui a des répercussions très graves sur leur vie professionnelle, sociale, etc. Mais vous le savez.

13:23
Présentateur

Vous accompagnez vous-même un malade souffrant d'un Covid long, c'est ça.

13:27
Auditeur

Oui, écoutez, je suis l'accompagne d'un malade qui souffre du Covid long depuis deux ans, dont la sœur souffre de Covid long, des formes graves de Covid long, et en étant vacciné, je précise.

13:42
Présentateur

Donc que faire, que faire pour le Covid long ? Merci. Merci Michaela. Aurélien Rousseau vous répond.

13:50
Aurélien Rousseau

D'abord, le Covid long, ça existe, donc je le redis, oui, et il faut le redire parce que quelquefois, dans les premiers mois, on a semblé dire, non, les gens se font des idées où c'est dans la tête. Ce n'est pas dans la tête, il y a des symptômes. Donc on augmente les moyens de la recherche. Il y a des équipes de recherche dans des centres hospitaliers universitaires qui font un boulot remarquable.

Le sujet aujourd'hui, c'est toujours pareil, on en reparlera peut-être sur l'endométriose, c'est que les médecins généralistes puissent orienter dans les bonnes filières de prise en charge, parce que de la bonne prise en charge de Covid long, ça peut être de la neuro, ça peut être de la kiné, ça peut être beaucoup de choses, et on a, je le dis très simplement, on a encore à s'améliorer sur cette prise en charge, mais il n'y a aucun déni sur le fait que c'est un sujet de santé publique aujourd'hui majeur.

14:39
Auditeur

Henri Ostendard, bonjour, bienvenue. Merci, monsieur le ministre. Je vis dans une ville de 12 000 habitants du sud de la France. Mon médecin traitant va prendre sa retraite incessamment, à la suite de trois autres récemment, non remplacés. Les quelques médecins encore en activité exercent sur rendez-vous et sont dans l'incapacité d'accueillir de nouveaux patients. 6 millions de Français sont, semble-t-il, aujourd'hui privés de médecins référents. Pour ce qui nous concerne, les soins les plus accessibles se déportent peu à peu à 30 voire 50 kilomètres en tenant des frais supplémentaires pour les patients.

Alors, face à cette avancée du désert médical, où ce sont les plus précaires et qui sont directement impactés, comment, monsieur le ministre, comptez-vous agir concrètement pour faire en sorte que le droit à la santé pour tous soit la norme et non pas l'exception réservée désormais aux plus aisées ?

15:29
Présentateur

Merci, Henri, pour cette question parfaitement formulée, à laquelle Aurélien Rousseau répond.

15:35
Aurélien Rousseau

Bonjour, monsieur. D'abord, on n'est pas dans la norme et l'exception. Il y a encore, évidemment, une armature et une couverture en médecin qui est exceptionnelle en France. Et oui, vous avez raison, il y a des territoires. Je le vois chez moi, dans le Gard, la recherche d'un médecin traitant, y compris pour des proches, et quelquefois, souvent, une galère sans nom.

15:59
Invité

Alors, on n'a que ça, sur l'appli d'Inter. Je vous le dis tout de suite. Ben, j'habite une ville de 40 000 habitants dans le sud-est de la France. Pas du tout un désert médical, mais cinq médecins partis cette année, certains en désaccord avec la Sécurité sociale. Timothée, je suis médecin généraliste dans les Hauts-de-Seine. Je vois mes collègues partir à la retraite ou retirer leurs plaques sans être remplacés. Que comptez-vous faire pour sauver la profession ?

16:17
Aurélien Rousseau

Sauver la profession.

16:19
Invité

Sauver la profession et lutter contre les déserts médicaux ?

16:21
Aurélien Rousseau

En 2018, le Président de la République, il a décidé de mettre fin au numerus clausus. Donc, aujourd'hui, en formation, il y a beaucoup plus de médecins qu'il n'y en avait. Et, simultanément, ce qu'on est en train d'organiser, de faire, c'est qu'autour du médecin, on a l'organisation des professionnels qui ne sont pas médecins, paramédicaux notamment, pour prendre en charge une partie de ces patients. Je prends deux exemples, parce que c'est parlant. dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, deux mesures. Vous avez une cystite, vous pouvez aller chez le pharmacien. Les cystites, aujourd'hui, c'est 3 millions de visites chez les médecins.

Une angine, vous pouvez aller chez le pharmacien, c'est 6 millions de visites.

17:06
Invité

Qui donnera les antibiotiques.

17:07
Aurélien Rousseau

Qui donnera les antibiotiques. Et puis, par ailleurs, on a aussi un sujet qui préoccupe beaucoup les médecins auxquels on veut s'attaquer, 26 millions de personnes qui posent ce qu'on appelle des lapins, qui ne viennent pas au rendez-vous. Et le cœur du cœur, c'est l'organisation entre les différents professionnels de santé en fonction de leurs compétences. Aujourd'hui, trois quarts de la population est dans ce qu'on appelle les communautés professionnelles de santé territoriale. Et on va organiser ça. Mais on a devant nous, et je ne vais pas le dire l'inverse, on a devant nous des années qui vont être tendues. Mais on s'organise. Et c'est aussi pour ça qu'on se bagarre.

17:41
Invité

Il faut 10 ans pour retrouver un nombre de médecins.

17:45
Aurélien Rousseau

Les nouveaux médecins ne travaillent pas de 7 heures à 23 heures. Mais on voit que là où ils s'installent, là où ils se mettent en groupe, ils se répartissent la tâche, ils se répartissent mieux la tâche. Et on arrive à avoir des prises en charge, notamment en les libérant des tâches administratives.

18:00
Invité

Monsieur le ministre, il nous reste 4 minutes et il y a beaucoup de questions. Je vais vous demander d'être court. On va accélérer vraiment parce qu'il y a beaucoup de sujets qu'on aimerait encore aborder avec vous. Une question, puisque vous parlez du PLFSS, du budget de la Sécurité sociale. Les arrêts maladie de plus de 3 jours délivrés en téléconsultation ne seront plus acceptés ? Vous voulez lutter contre les arrêts maladie et vous voulez mettre les médecins qui donnent trop d'arrêts maladie sous surveillance ? C'est ce que j'ai lu ? J'ai mal lu.

18:21
Aurélien Rousseau

Ça n'est pas exactement ça. D'abord, un arrêt maladie de plus de 3 jours, ça n'est pas rien. Donc oui, par téléconsultation, on veut les contrôler, sauf si c'est le médecin traitant qui les donne. Et oui, quand il y a 7% de plus d'arrêts maladie sur une année, on veut voir ce qui se passe et comprendre ce qui se passe parce que ces 7% d'arrêts maladie qu'on paye, c'est du fric qu'on ne peut pas mettre ailleurs dans le budget de la Sécurité. Vous avez une liste de médecins

18:47
Invité

qui font trop d'arrêts maladie ?

18:49
Aurélien Rousseau

Aujourd'hui, on regarde, l'assurance maladie regarde, ceux qui sont à x3 ou x4 par rapport à la moyenne.

18:54
Invité

Et ils sont quoi ? Ils sont mis sous tutelle ? Ils sont surveillés ?

18:56
Aurélien Rousseau

Il y a d'abord un médecin conseil de l'assurance maladie qui discute avec eux parce qu'ils peuvent avoir une patientèle qui est particulièrement difficile. Il n'y a pas de stigmatisation ou de mise à l'index. On doit discuter avec eux.

19:08
Présentateur

Sur le cannabis thérapeutique, une expérimentation a été lancée en France auprès de 3000 patients atteints de maladies graves et en impasse thérapeutique. Les conclusions, selon le monde de cette étude, ont montré des améliorations significatives des symptômes, pas d'effets secondaires inattendus, ni abus dans les usages, ni dépendance, n'est-ce pas un mot sur le sujet dans le PLFSS ? Pourquoi ?

19:32
Aurélien Rousseau

Il y aura des éléments sur le cannabis thérapeutique qui n'ont pas forcément besoin du PLFSS. On va, à partir de la rentrée, à partir de janvier, mettre un cadre ad hoc. On est comme beaucoup de pays, je le dis en Europe, qui avons expérimenté ça et on n'a pas, à l'échelle européenne, d'autorisation de mise sur le marché parce que c'est compliqué d'avoir des données scientifiques. Mais globalement, vous avez raison, c'est concordant sur une certaine pathologie, des douleurs profondes, etc. Donc, il y aura un cadre ad hoc et il ne va pas y avoir de rupture de la prise en charge avec du cannabis thérapeutique pour les personnes qui sont aujourd'hui prises en charge comme cela.

20:10
Invité

Vous aviez parlé de doubler les franchises médicales sur les médicaments et les consultations médicales. Finalement, dans le PLFSS, ça n'existe pas. Ça veut dire quoi ? Que les médicaments ne vont pas augmenter pour être très très clair ?

20:21
Aurélien Rousseau

Alors, non, ça ne veut pas dire ça. Ça veut dire qu'aujourd'hui, on a le budget de la Sécu et de l'assurance maladie qui va augmenter de 8 milliards. Si on laissait tout filer comme aujourd'hui, il augmenterait de 3 milliards et demi, de plus. Donc, on doit faire des économies quand même.

20:39
Invité

Ça veut dire, dites-nous exactement les franchises vont augmenter.

20:41
Aurélien Rousseau

Donc, on a dans le paysage toute une série de mesures et on en parlera, on en discutera au Parlement parce que contrairement à ce qui est dit, il y aura bien un débat au Parlement sur ces sujets-là puisqu'il y a une, dans les tableaux de chiffres du PLFSS, il y a des économies et on parlera de celles qui sont les plus pertinentes. Donc,

21:00
Invité

il y aura des augmentations des franchises de médicaments.

21:02
Aurélien Rousseau

Oui, la réponse est oui. Non, je vous ai répondu, il y aura le débat au Parlement. C'est une des pistes qui est sur la table mais on souhaite en parler.

21:10
Présentateur

Et pour les consultations ?

21:12
Aurélien Rousseau

Et pour ces franchises, si elles sont faites, ce sera sur les médicaments et sur les consultations avec un plafond de 50 euros sur les deux.

21:20
Invité

Dernière question sur la terreur du moment, les punaises de lits. On découvre qu'il y en a au cinéma, dans les TGV, dans les aéroports. Mathilde Panot, la députée insoumise, dit, ce que nous demandons, c'est que le punaises de lits soit reconnu comme un problème de santé publique. On arrête de dire aux gens de se débrouiller tout seul. Qu'est-ce que vous leur dites ? C'est un problème de santé publique aujourd'hui ?

21:36
Aurélien Rousseau

Non, d'abord, on ne dit pas du tout aux gens de se débrouiller tout seul. Moi, j'étais DG de l'ARS, directeur général de l'Agence régionale de santé d'Île-de-France il y a quelques années. On diffusait beaucoup d'éléments là-dessus. Moi, ce qui me préoccupe, c'est que les gens ne se fassent pas gruger avec des boîtes qui leur font payer 2000 ou 3000 euros. Donc, il y a des gestes simples. Il faut d'abord qu'on reconnaisse que c'est vraiment des punaises de lits. Il y a des gestes simples et il y a des professionnels agréés.

22:04
Invité

Il y a des abus là ?

22:05
Aurélien Rousseau

Oui, il y a des abus. Quand on vous fait payer 2000 balles pour votre appart, c'est un abus. Donc, il y a 450 professionnels ou 480 qui sont aujourd'hui agréés qu'on retrouve sur le site du gouvernement et on va essayer. Moi, je veux travailler à ça, notamment à la limitation de ces tarifs parce que là, il y en a qui se font du dos.

22:23
Invité

C'est un vrai problème de santé publique parce que tout le monde ne parle que de ça. Vous dites quoi ? Halte à la panique générale ? Ou non ? Il y a un vrai gros problème à un autre jour.

22:32
Aurélien Rousseau

Je pense qu'il n'y a pas de motif à une panique générale mais quand vous êtes et vous avez dû avoir autour de vous quand vous avez des punaises de lits chez vous, c'est l'enfer et voilà. Mais il n'y a pas de panique générale. On n'est pas envahi par les punaises de lits. Ça n'a rien à voir avec l'immigration. S'il fallait le redire, je le redis. Voilà. Ça n'a rien à voir

22:49
Invité

avec l'immigration ?

22:50
Aurélien Rousseau

Ça n'a rien à voir avec l'immigration. Ça a à voir avec la mobilité. Quand vous revenez de l'étranger, vous pouvez porter des punaises de lits en étant cadre et dans un avion tout nickel. Donc ce n'est pas ça le sujet. Le sujet aujourd'hui, il y a des gestes simples. Si ça ne marche pas, il y a des entreprises agréées et on va travailler à ce qui n'est pas d'abus parce que les gens après, dans ces situations-là, ils sont quelques fois prêts à payer des prix qui sont démontés.

23:16
Présentateur

Merci. Merci M. le ministre Aurélien Rousseau d'avoir été au micro d'Inter ce matin.

Hausse des franchises sur les médicaments : "C'est une piste sur la table", indique Aurélien Rousseau — Aurélien Rousseau · Pourquijevote