Opération Prométhée : ce que faisait la France dans le golfe Persique pendant la guerre Iran-Irak
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Nous exigeons d'être respectés et nous ferons en sorte de l'être. Nous avons besoin de protéger, de riposter. [musique] Je doute que devant la puissance que nous représentons, les Iraniens chercheront à nous attaquer.
Le jour où la France a envoyé des navires à l'entrée du golfe Persique, on vous présente l'opération Prometé. Retour en 1987. À ce moment-là, la guerre entre l'Iran et l'Irak fait rage depuis presque 7 ans.
Déclenché en 1980 par l'avasion de l'Iran par Saddam Hussein, le conflit sans lce dans une guerre d'UR sans véritable avancée décisive de part et d'autre. Les combats prennent une nouvelle forme de violence et le golfe persique situé aux frontières de ces deux pays en devient le théâtre. L'Iran et l'Irak attaquent les navires civils des alliés de l'adversaire.
On appelle ça la guerre des tankers. L'Irak a détruit h navires. Le président iakien Saddam Hussein a réaffirmé avec véhémence sa détermination à obtenir par tous les moyens le blocus total de l'île de Carg que son pays dit-il sera prochainement en mesure de détruire totalement.
À l'heure actuelle, le trafic est pratiquement paralysé dans le golf. La plupart des pétroliers attendent à l'entrée du détroit d'Ormouse. La France en fait les frais une fois de plus en juillet 1987.
Le porte-conteneur ville d'envers est attaqué par deux vedettes iraniennes. Son commandant raconte. J'ai été attaqué sans sommation, sans appel quelconque.
Ils sont arrivés, ils nous ont tiré dedans avec des canons, avec des RPG7, il y a pas eu du tout de blessés dans les dans l'équipage. Tous les gens étaient à plavant dans les aménagements pendant le feu. C'était du tir pour tuer.
La France est d'abord hésitante sur la réponse à apporter, craignant d'internationaliser le conflit. Ce qu'il faut bien voir, c'est que c'est une zone dangereuse dans lequelle il y a une guerre des justes positionositions de marine qui pourrait donner des mélanges explosifs et chacun comprendra que la France agissant seule est obligé d'être d'une grande prudence. Chacun comprendra aussi que nous ne pouvons pas à nous tout seul assurer la liberté de navigation à plusieurs milliers de kilomètres de chez nous dans une zone dans laquelle il y a une guerre.
Mais cette position va évoluer depuis plusieurs semaines. Les relations entre la France et l'Iran sont très mauvaises pour deux raisons. D'abord, Paris est l'un des principaux fournisseurs d'armes de l'Irak.
Ensuite, un important incident diplomatique oppose les deux pays. La France soupçonne l'Iran d'être impliquée dans l'importante vague d'attentat qui frappe le pays entre décembre 85 et septembre 86 dans l'attentat de la rue de Rennes qui fait 7 morts et 55 blessés le 17 septembre 1986. Le juge Gill Boulock chargé du dossier souhaite interroger un des employés de l'ambassade iranienne à Paris Waid Gorgi sur ses liens avec Fuad Ali Sal principal accusé.
L'Iran refuse et attaque la France. "Ceux qui ont voulu faire passer W Gorgi pour un terroriste, a dit en substance monsieur Hadadi représente un clan dans le gouvernement français opposé au rapprochement entre l'Iran et la France qui avait fait récemment des progrès considérables. Pour prouver ses dire, monsieur Hadadi cite le nom d'un diplomate français qui lui a voulu protéger l'Iranien Didier Destrément.
Le quedors a immédiatement démenti. Cette affaire W Gorgi va provoquer la rupture des relations diplomatiques entre la France et l'Iran. C'est en prenant en compte ce contexte particulièrement dégradé entre Paris et Teran que le premier ministre Jacques Chirac menace.
Alors nous avons un conflit avec l'Iran, chacun le sait. Nous n'avons aucune intention agressive mais nous exigeons d'être respecté et nous ferons en sorte de l'être. [musique] Pour protéger ces navires, la France décide finalement d'envoyer quelques bâtiments dans le golfe Persique pour accompagner les portes conteneurs et les tankers français.
Nous avons pu joindre au téléphone tout à l'heure le commandant de l'un de ces bateaux, le Florial. Écoutez, c'est un témoignage exceptionnel. Nous étions accompagnés hein par le Victor Schlasher et cet accompagnement je pense a eu un effet dissuasif à l'égard des Iraniens qui ne nous ont même pas interpellé pour nous identifier ou pour s'assurer que mais il nous avait il nous avait reconnu hein.
Ça on l'a su. La France fait même appareiller le fleuron de sa marine, son porte-avion le clémenceau. 14h appareillage du Clémenceau.
Allé par les remorqueurs de la marine nationale, les 30000 tonnes du porte-avion sont tirés vers le large. Le comptebour est terminé. Le Clémenceau quitte Toulon pour la mission de protection des intérêts français en Méditerranée et en océan Indien qui lui a été confié par le gouvernement.
Ce départ est très commenté mais la France cherche simplement à protéger ses navires. Comme les journalistes le rappellent, la mission est avant tout défensive. Techniquement, le Clémenceau pourrait à pleine vitesse, 31 nœud environ 60 km/h, raller l'océan Indien en 7 jours.
Mais il est évident que pour l'instant, il n'a aucune raison de le faire. Son simple appareillage de Toulon est déjà une dissuasion. Alors, dans un deuxième temps, le porte-avion rejoindra-t-il la force navale française en sentinelle en mer à l'entrée du D3 d'Ormous ?
Tout dépendra bien sûr de l'évolution de la situation, mais il est évident que la puissance de feu qu'il affiche maintenant en Méditerranée et plus tard dans l'océan Indien affirme bien la détermination du gouvernement français. Après l'arrivée du porte-avion Clémenceau au large du golfe d'Omane, la situation diplomatique se tend de nouveau. Monsieur Madelin, ministre de l'industrie, a annoncé le jeudi 6 août qu'il avait demandé aux compagnies pétrolières opérants en France d'arrêter leurs importations de pétrole iranien.
Le gouvernement a donc franchi une étape supplémentaire dans la restriction des importations d'origine iranienne. Après une première patrouille de plus d'un mois au large du golfe d'Oman, le Clémenceau fait escale à Jibouti pour 2 semaines avant de revenir sur zone. Au côté des États-Unis et de la Grande-Bretagne, principale puissance présente dans la région, la France affiche sa force.
Amiral avec tous ces moyens, avec tous ces avions, si une vedette iranienne, si une unité iranienne vous attaque ou vous cherche des ennuis, que faites-vous ? Et bien, nous ne sommes pas en guerre avec l'Iran et je doute que devant la puissance que nous représentons, les Iraniens chercheront à nous attaquer. S'ils le font, conformément aux ordres que le gouvernement me donnera, je ferai ce qu'il est nécessaire de faire.
Mais que redoutez-vous le plus ? Les avions, les vedettes, les unités, les commandos iraniens ? Ni les uns ni les autres.
Au-delà d'une mission dissuasive, la marine française envoie également des navires dragueurs de mine dans la merdomane. C'est ici, au large des côtes des Émirats qu'attendent les pétroliers au mouillage. Une sorte de salle d'attente devant le Détroit d'ormous que ciblent les Iraniens en minant la zone.
Le groupe antimine arrive dans le golf d'an et s'attelle à la tâche. Une longue, une minutieuse traque à l'aide de ces curieux poissons jaunes. De véritables robots sous-marins qui scrutent, détectent et même neutralisent les mines.
Leur caméras passent au peig fin le fond de la mer à l'affu du moindre objet suspect. Les mines du golfe sont de modèles plutôt classiques. Donc les procédés de déminage restent eux conventionnels.
Descente de flotteurs. Défilement de milliers de mètres de câble et mise à l'eau de cisaill pour couper l'orin. Autrement dit le câble qui relie la mine entre deux eaux à son crapau.
Au fond de la mer. La marine française poursuit sa mission pendant plusieurs mois dans des conditions épuisantes pour les marins. Ici à bord du porte-avion Clémenceau.
À la fatigue habituelle s'ajoute pour cette mission dans l'océan Indien la chaleur. Une chaleur moite, épaisse qui colle au corps et aux machines. Là, nous avons une panne toute bête, fanne de laveglace qui va nous prendre au moins 3h.
Le Hangar sous le pont d'envol, il est 2h du matin, température 40°, humidité 100 %. En décembre 1987, alors que l'opération Prometté se poursuit, le président de la République François Mitteran donne une interview depuis le porte-avion Clémenceau pour rappeler ses objectifs. Cette force qui est là pour préserver nos intérêts. et nous avons besoin de protéger, de riposter, d'assurer en somme notre présence qui correspondent aux intérêts les plus évidents non seulement d'une grande puissance la France, mais aussi d'un pays qui a besoin de s'approvisionner en pétrole.
Cette force est là en réserve, elle se fait respecter. Face au coût important de l'opération, environ 30 millions d'euros par mois, les journalistes interrogent aussi François Mitteran sur sa poursuite. La mission n'est pas achevée.
La guerre entre l'Iran et l'Irak continue malheureusement. À partir de quel moment déciderez-vous du retour du groupe aéronaval vers la France ? Je ne pourrais pas vous le communiquer à l'instant.
Si je le savais avec précision, je ne suis pas sûr que je vous le dirai. Mais ce que je puis vous dire en tout cas, c'est que ce moment n'est pas arrivé. L'opération Prometé prend fin juste après la paix entre iranien et irakien en septembre 1988.
Elle aura duré 415 jours et nécessité l'engagement de 33 navires. Il s'agit encore à ce jour de l'une des plus grandes opérations de la marine française.
Charles de Gaulle