Eric Coquerel : "On pense pouvoir changer les choses par les urnes"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:24OuverteRéponse directe
Est-ce que vous comprenez pourquoi France 2 n'organise pas de débat à 11 ?
- 1:29OuverteRéponse partielle
Est-ce que ça risque de donner un coup de vieux à Jean-Luc Mélenchon ?
- 2:29OuverteRéponse directe
À qui Jean-Luc Mélenchon séduit-il le public ?
- 3:31OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que Jean-Luc Mélenchon fera en cas d'attaque au gaz en Syrie ?
- 4:51RelanceRéponse directe
Donc pas d'intervention militaire ?
- 5:38OuverteRéponse partielle
Certains candidats soutiennent Poutine, Jean-Luc Mélenchon aussi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:02Invité politiqueFait
« Daesh s'est largement propagé à partir du démembrement des États, que ce soit la Libye ou autre. Soi-disant, on devait amener la démocratie. On n'a rien amené du tout. »
- 6:40Invité politiqueFait
« nous sommes dans un pays qui, soi-disant, a été gouverné à gauche avec une même politique. Donc les gens se disent, finalement, qu'ils sont peut-être tous pareils. »
- 7:14Invité politiqueFait
« c'est la croisade permanente. Parce que M. Le Pen en a rajouté sur sa phobie anti-immigrés, anti-musulmans, finalement étrangers. »
Temps de parole
- Éric Coquerel74 %
- Locuteur non identifié18 %
- Présentateur8 %
≈ 5,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est Éric Coquerel, coordinateur politique du Parti de Gauche et soutien de Jean-Luc Mélenchon.
Bonjour Éric Coquerel. Bonjour. Alors finalement, France 2 n'organisera pas de débat à 11 le 20 avril prochain. À la place, le service public propose une série d'interviews individuelles, une formule qui n'a toujours pas l'air d'emballer d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que vous comprenez pourquoi ?
Ah oui, tout à fait. Jean-Luc Mélenchon, depuis le départ, a expliqué que ce débat vaudait trop tard. Puisqu'y compris, même par rapport à la loi électorale, le fait de ne pas pouvoir, en cas de problème, en cas d'incident, en tant qu'attaque, pas seulement vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon, mais globalement, de réagir le lendemain, puisque c'est le dernier jour des élections, est problématique. Dernier jour de campagne. Pardon, dernier jour de campagne. Ce qu'avait relevé le CSA, ce qu'ont dit d'autres candidats. Donc Jean-Luc Mélenchon, depuis le début, a demandé que le débat soit anticipé, plutôt.
Mais après la série d'entretiens individuels d'un quart d'heure, écoutez, je ne sais pas ce qu'il en sera. En tout cas, la forme de débat, qui est quand même très lourde à organiser, on l'a vu mardi encore, était quelque chose de compliqué le dernier jour. On verra bien ce qui se passera par rapport à ce que propose France 2. Moi, je pense que France Télévisions aurait dû, dès le départ, dès notre demande, mettre plutôt le débat, et les choses auraient été réglées.
Sur le débat de mercredi, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud ont été parmi les plus radicaux dans leurs propos, et visiblement, ça a plu. Est-ce que ça risque de donner un coup de vieux à Jean-Luc Mélenchon, qui occupait un peu cette case auparavant ?
Ah non, Jean-Luc Mélenchon n'a pas occupé cette case. C'est vous qui l'avez mis dans cette case, c'est un autre problème. Nous, on ne s'est jamais dit d'extrême-gauche.
Je ne parlais pas d'extrême-gauche, je parlais de tonalité.
Moi, j'ai surtout entendu le contenu, notamment celui de Philippe Poutou, qui a été efficace et mordant dans ses attaques, et salutaire vis-à-vis notamment de Marine Le Pen. Jean-Luc Mélenchon, là, nous, on vise autre chose. Philippe explique, par exemple, qu'il se présente à des élections, avant tout pour faire entendre ses idées, qu'il ne pense pas que c'est comme ça qu'on va changer les choses. Nous, on pense que oui, c'est par les urnes. Donc, on vise le deuxième tour et de gagner cette élection.
Ça explique aussi cette totalité différente, mais aussi un programme différent et une stratégie différente, même si, personnellement, j'ai bien aimé ce qu'a dit Philippe, notamment sur l'immunité ouvrière, que j'ai trouvé très bien placée.
C'est la punchline, maintenant, et ça fait mouche, effectivement. Il y a incontestablement, en ce moment, une dynamique, Jean-Luc Mélenchon, une séquence favorable. Selon vous, à qui est-ce que Jean-Luc Mélenchon est en train de siphonner, en tout cas séduire le public ? Est-ce que c'est, par exemple, du côté de chez les électeurs potentiels de Benoît Hamon ? Ce n'est pas un public, c'est des électeurs, des citoyens.
Mais je pense qu'il séduit partout. Il y a beaucoup d'indécis, vous savez, et c'est difficile de les mettre, effectivement, là, pour le coup, dans une case, parce que ce qu'on remarque dans cette élection, c'est que les gens sont très désorientés. Et comment leur en vouloir, après deux quinquennats, dont le dernier, soi-disant, fait au nom de la gauche, avec la même chose que M. Sarkozy, avec le même programme que M. Sarkozy, c'était un programme de droite. Donc les gens varient beaucoup, cherchent une issue.
Et nous, ce qu'on remarque dans nos débats, nos meetings, c'est que non seulement ils sont remplis, je ne parle pas seulement de ceux de Jean-Luc Mélenchon, mais tous ceux que nous faisons en France, à travers le pays. Mais en plus de ça, les gens se posent beaucoup de questions. Moi, j'ai rarement vu ça dans une campagne. Il y a au moins un tiers des personnes qui arrivent, qui ne savent pas pour qui ils vont voter, qui cherchent à se convaincre. Et je crois que c'est ça qui va être intéressant de ces dernières semaines. Et là, je pense que l'atout de notre programme va faire la différence.
Il y a une phrase que Jean-Luc Mélenchon répète assez souvent, c'est « on ne vit pas heureux dans un océan de malheur ». Les Russes sont probablement derrière l'attaque au gaz qui a eu lieu avant-hier en Syrie. Qu'est-ce que Jean-Luc Mélenchon, au pouvoir, fera ? Est-ce qu'il faut une intervention militaire sur cette question ?
Alors, je n'ai pas entendu que c'était les Russes. J'ai cru comprendre que l'accusation se faisait sur Bachar el-Assad.
Les probabilités sont très très grandes.
J'ai cru comprendre que c'était sur Bachar el-Assad.
Pour que Bachar el-Assad soit derrière cette attaque, couvert par les Russes.
Les Russes expliquent que c'est en réalité un centre d'armes chimiques utilisé par les djihadistes qui a été attaqué. On verra bien la vérité. Mais de toute façon, nous, on a toujours à la fois regretté cette guerre, la manière dont elle se fait. Elle est terrible. Et c'est bien pour ça que depuis le début, depuis 2012, nous demandons ce que demande aujourd'hui la résolution de l'ONU. C'est-à-dire que tous les acteurs de ce conflit se mettent autour d'une table et qu'on négocie, y compris d'ailleurs en faisant pression sur Bachar el-Assad. Je vous entendais tout à l'heure dans la revue de presse l'expliquer. Il est évident qu'il faut qu'il y ait une issue démocratique dans ce pays.
On l'a dit, elle passe par les urnes. Mais pour ça, il faut mettre tout le monde autour d'une table. C'est quand même la meilleure solution. Quand d'un côté comme de l'autre, en réalité, les armes parlent et on a des systèmes...
Donc pas d'intervention militaire ?
De qui ? De la France ? Vous voulez qu'on intervienne ? Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais depuis quelques années, à chaque fois que nous intervenons, notamment derrière les Etats-Unis, ça ne fait plutôt qu'empirer les choses. Ça ne les arrange pas. Daesh s'est largement propagé à partir du démembrement des Etats, que ce soit la Libye ou autre. Soi-disant, on devait amener la démocratie. On n'a rien amené du tout. Et je pense qu'on a plutôt amené le chaos dans ces pays-là. Donc je ne crois pas qu'il faille intervenir.
La France doit par contre peser pour faire en sorte que la résolution de l'ONU s'applique et qu'effectivement se mettent autour de la table tous les acteurs, y compris d'ailleurs, je l'ai remarqué, beaucoup d'opposants à Bachar Al-Assad qui estiment que maintenant, c'est par là que ça doit passer. Il me semble que c'est raisonnable et que rajouter des armes aux armes ne va pas, à mon avis, faciliter les choses.
Derrière la question syrienne, c'est aussi le soutien de certains candidats à l'élection présidentielle envers Vladimir Poutine, que ce soit Marine Le Pen, que ce soit François Fillon ou Jean-Luc Mélenchon. Ah bon ? Jean-Luc Mélenchon a soutenu Poutine quand ? Je ne dis pas qu'il a soutenu. D'accord. Je dis qu'il est plutôt poutinophile.
Non, non. Jean-Luc Mélenchon, je vous fais remarquer, a été très sévère sur la visite de Mme Le Pen chez M. Poutine. Il l'a jugée inopportune, tout comme celle d'ailleurs des autres allant voir Mme Merkel. Et en plus de ça, il a rajouté qu'effectivement, idéologiquement, nous n'avions rien à voir avec M. Poutine, nous combattions. Après avoir une analyse géopolitique sur le fait qu'on ne se sente pas aligné derrière M. Trump vis-à-vis de M. Poutine, c'est autre chose. Et je pense que là aussi, on a intérêt dans la situation que nous vivons avec ce bruit de guerre qui se rapproche à être justement un acteur pour la paix. Et un acteur pour la paix, ça met des gens autour de la table.
La France pourrait avoir ce rôle-là.
Retour sur la campagne présidentielle en France. Environ un tiers des électeurs se disent encore indécis. Cette volatilité de l'électorat, d'abord, comment vous l'expliquez-vous à quelques jours maintenant
de l'élection du premier tour ? Je vous l'ai dit tout à l'heure, je l'explique par le fait que nous sommes dans un pays qui, soi-disant, a été gouverné à gauche avec une même politique. Donc les gens se disent, finalement, qu'ils sont peut-être tous pareils. Moi, je crois que nous, dans ces dernières jours de campagne, nous allons essayer de montrer qu'il y a trois voies pour le pays. Il y a soit l'austérité permanente, c'est M. Macron, M. Fillon, qui, les uns et les autres, ont fait assaut mardi de baisse de dépenses publiques. Je fais juste remarquer dans une situation comme ça.
Je ne vois pas très bien comment on est de la Guyane, la Guadeloupe, qui sont la partie immergée de l'iceberg et d'un pays qui va mal. Et de l'autre côté, c'est la croisade permanente. Parce que M. Le Pen en a rajouté sur sa phobie anti-immigrés, anti-musulmans, finalement étrangers, et que suivre son conseil serait déclarer la guerre à 11 millions de concitoyens puisqu'elle remet également en question le droit du sol.
Eh bien, merci. Éric Coquerel,
donc, coordinateur politique
du Parti de Gauche et soutien de Jean-Luc Mélenchon. Merci d'être venu ce matin sur France Inter. Merci.
Éric Coquerel