BFM Politique: L'After RMC: Xavier Bertrand répond aux questions de Véronique Jacquier - 13/04 6/6
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir Véronique Jacquier. Bonsoir Apolline. Vous avez écouté tout ça avec attention.
On va plus loin avec vous. Oui, bonsoir Xavier Bertrand. Alors, pendant toute l'émission, je me suis dit, ça y est, le Xavier Bertrand nouveau est arrivé.
Vous n'avez eu qu'un mot à la bouche. La vérité, le langage de vérité. Et donc, critiquer une façon de faire de la politique, on va écouter deux petits extraits.
L'une des leçons également que j'ai pu bien noter, c'est qu'on n'est pas assez concret. En fin de compte, je crois que ce dont j'avais besoin, c'est...
Et ce que j'ai décidé de faire, c'est parler moins, écouter plus, et puis aussi travailler plus. Alors, la marque du Xavier Bertrand nouveau, c'est la vérité, rien que la vérité. C'est le deuxième extrait ?
Je dis les choses comme je les pense. Et ça plaît ou ça ne plaît pas. Mais à force en politique, quand j'ai commencé, on cherche toujours à plaire à tout le monde.
C'est pas possible de plaire à tout le monde. Alors, il faut être soi-même. Et à partir de ce moment-là, vous plaisez ou vous ne plaisez pas.
Vous dites la vérité, ça plaît ou ça ne plaît pas. Ce que j'ai dit tout à l'heure ne plaira peut-être pas à certains fonctionnaires. J'ai du respect pour eux, mais je dis qu'à l'avenir, les choses seront différentes.
Alors, c'est bien gentil, mais quand on veut être président de la République, il faut rassembler, rassembler avec des millions de voix. Comment vous comptez vous faire élire avec un discours pareil ? Je sais que c'est antinomique ce que je dis, mais c'est ce qu'on ressent quand on vous écoute pendant plus d'une heure et demie.
Si vous dites ça, les hommes politiques vont se dire « Ah, j'ai peut-être commis une erreur ». Non, je pense le contraire. Je pense le contraire, c'est qu'il faut dire les choses clairement.
Et il se peut aussi qu'il y ait des fonctionnaires qui se disent que si les réformes, si les efforts qu'on leur demande sont justes, que ça ne pèse pas seulement sur eux, et s'ils sont efficaces, notamment pour l'avenir de leurs enfants, je crois qu'ils sont prêts à s'engager. Mais ça veut dire aussi qu'il faut donner une perspective. La France est un grand pays qui a du ressort, qui a de la créativité.
Ce pays peut être à nouveau un pays leader en Europe. Ce n'est pas le cas aujourd'hui, c'est l'Allemagne qui est le pays leader. Je veux notamment d'une France qui soit forte.
Ça permet notamment sur les réformes européennes d'être un homme fort qui est capable de peser sur le cours des choses et pas d'être un mendiant qui va demander à Bruxelles un délai supplémentaire pour les 3%. Je veux d'une France qui se redonne vraiment les moyens d'être ambitieuse. Elle a un ressort pas possible.
Oui, mais vous savez très bien que ça veut dire en permanence aux Français, on va serrer la ceinture et ça va durer un bon moment. Est-ce que c'est pour ça que les gens vont voter pour vous ? Si on leur explique que l'effort sera réparti, qu'il sera équitable, mais qu'au final, et pas dans un siècle, beaucoup plus vite qu'on ne peut le penser, la France peut reconquérir des parts de marché, faire diminuer le chômage, qu'on peut à nouveau avoir l'esprit d'entreprise, qu'il y ait aussi la politique de résultats.
Je suis pour une droite des solutions, des résultats. Une droite qui soit forte sur ses valeurs, le travail, le respect, le mérite. Une droite qui permette aussi de faire refonctionner l'ascenseur social.
On a souvent entendu cela. Mais quand vous n'avez pas eu la chance de pouvoir faire des études, est-ce que vous êtes capable, comme c'était le cas dans les années 60, 70, à l'époque il y avait les cours du soir qui permettaient justement d'acquérir une autre situation dans son entreprise, est-ce que vous êtes capable de faire des heures, de faire mieux gagner sa vie à un ouvrier qui peut devenir contre-maître, de passer des concours, le mérite ? Tout ça, aujourd'hui, ça semble ne plus fonctionner.
Et c'est l'un des drames de notre pays. Il y a le drame de l'emploi, du pouvoir d'achat et du fait qu'on se dise qu'on ne peut pas, parce qu'il y a un plafond de verre, avoir une meilleure situation que celle qu'on avait au début. Mais pourquoi votre discours de vérité porterait vos fruits ?
Et celui de Manuel Valls, puisque vous l'avez dit pendant l'émission, je parle comme Manuel Valls, lui serait tenu à avoir moins de résultats que vous, parce qu'il est au pouvoir ? Je ne suis pas sûr qu'il soit vraiment réformateur, mais je suis sûr qu'il n'est pas libre. Il n'est pas libre vis-à-vis de son électorat.
L'électorat, notamment de la gauche, on le voit bien, c'est bien souvent des fonctionnaires. Or, tous les fonctionnaires ne sont pas polymobilistes. Deuxièmement, la majorité, M.
Valls, quand vous voyez notamment l'impôt payé aux écologistes, quand on voit le succès de la manifestation d'hier de M. Mélenchon, qui en fin de compte est toujours là, tout ça, ça pèse notamment aux prévisions des élections de l'an prochain, des élections régionales, il faudra bien les...
Mais comment vous pensez qu'il y a un jour nommé ? Et celui qui est tout simplement parce que...
Qu'est-ce qui nous permet à nous de vous croire davantage, nous, que Manuel Valls ? Parce que je dis les choses en vérité, que ça plaise ou non, ce qui n'est pas...
Enfin, lui, il dit la même chose. Oui, mais lui, il dit pareil. Manuel Valls, il dit je suis libre, je dis j'ai un discours de vérité.
Vous savez pourquoi il manque 11 milliards ? C'est parce qu'il n'a pas voulu détailler les économies qui seront à faire dans le domaine de la santé. Voilà pourquoi il n'a pas dit.
Qu'est-ce qu'il a dit sur les fonctionnaires ? Rien. Vous savez, parfois, on se dit, Manuel Valls, c'est ce qu'il est de droite.
Quand il est aussi fort pour détailler les dépenses nouvelles, et aussi flou pour parler des économies, ah, je peux vous confirmer qu'il est bien de gauche. Il est bien de gauche. Alors, à propos de Manuel Valls, un autre extrait sur les réformes à Benet, puisque vous avez dit que Manuel Valls n'allait pas assez loin et n'allait pas assez vite.
On vous réécoute. Ce qu'il faut aujourd'hui, quand les réformes n'ont pas été engagées à temps, et depuis deux ans, on a pris du retard, ça veut dire qu'il faut les faire plus forts, plus vite, et il faut les faire aussi de façon plus profonde. Il faut aller plus loin, plus vite et plus fort.
Alors, ça veut dire quoi ? Prenons un exemple, la diminution des régions, telles que les a annoncées Manuel Valls. Ça veut dire qu'on lance ça tout de suite, sans débat ?
J'ai proposé le référendum dans l'année qui vient. Pas dans un siècle, pas dans un septennat, maintenant. Pour vous, c'est une faute politique que de vouloir parlementer ?
On est en train de tout focaliser sur la question du nombre de régions et des départements, alors que la question numéro un pour les Français, c'est l'emploi et le pouvoir d'achat. C'est l'éducation et l'avenir de leurs enfants.
Xavier Bertrand