Macron : quelles armes face au Delta ? #cdanslair 12.07.2021
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Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. C'est reparti. Olivier Véran évoque même 30 000 nouvelles contaminations par jour début août, tant la progression du variant Delta est vertigineuse. Des projections qui ne font plus aucun doute sur ce qui nous attend cet été. Le président est donc attendu ce soir, 20h, pour sa huitième allocution solennelle depuis le début de la pandémie en France. Vaccination obligatoire, passe sanitaire, baisse des jauges, déremboursement des tests PCR pour ceux qui refusent le vaccin.
Contrôle aux frontières, plusieurs pistes sont sur la table, avec naturellement un double objectif, ralentir la course du variant et accélérer la campagne de vaccination. Alors quelles sont les options du chef de l'État ce soir ? Peut-on encore empêcher le variant de plomber nos vacances ? Quelles seraient les mesures les plus efficaces ? Macron, quelles armes face au Delta ? C'est une question, c'est le titre de cette émission avec nous. Pour en parler ce soir, Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef au service politique de Paris Match. Selon votre dernier tableau de bord, IFOP pour votre magazine, la popularité d'Emmanuel Macron, qui prend la parole ce soir, ABC de 5 points.
Patrick Pelot, vous êtes médecin urgentiste au SAMU de Paris, président de l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France. Je cite également votre livre, Urgence de vivre, aux éditions du Cherche Midi. Avec nous ce soir, le professeur Yves Buisson. Vous êtes épidémiologiste, président de la cellule Covid-19 de l'Académie nationale de médecine. Swazic Kemener, vous êtes rédactrice en chef du service politique de Marianne. Et en direct avec nous ce soir, de Lyon, le professeur Bruno Lina, virologue au CHU de Lyon et membre du conseil scientifique. Bonsoir à tous les cinq. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct.
Je vais commencer avec l'épidémiologiste ce soir, avec vous Yves Buisson. Quand vous voyez les projections de Guillaume Rosier, alors Guillaume Rosier, vous savez, c'est le fondateur de CovidTracker. Il est plutôt modélisateur, plutôt mathématicien, il n'est pas épidémiologiste. Mais lui, il dit 14 800 cas le 1er août, 63 000 cas le 24 août. Ça paraît crédible comme option ? On peut tout entendre dans les modélisations. Généralement, c'est faux. Mais ça repose sur des paramètres qui sont exacts. Mais on ne contrôle jamais tout dans une modélisation. Là, je ne sais pas exactement ce qu'il a mis dans la boîte. Mais pour arriver à des chiffres comme ça, ça me semble beaucoup.
Parce qu'effectivement, on n'est pas dans les mêmes situations que l'an dernier. Qu'est-ce qui a changé ? Ce qui a changé, c'est que le virus Delta, certes, est très transmissible. Il a commencé à engendrer cette recrudescence épidémique plus tôt que ça n'était observé l'an dernier. Mais par ailleurs, il y a des gens qui sont vaccinés. On est dans saison estivale. Et bon, on n'est pas exactement dans les mêmes conditions. Il y a une inquiétude néanmoins. Pardon ? Il y a une inquiétude néanmoins qu'on a bien sentie dans la boîte du ministre de la Santé.
C'est une recrudescence qui ne va pas s'arrêter. Mais je doute qu'elle soit aussi rapide pour atteindre des taux aussi élevés en l'espace de 15 jours seulement. C'est possible, je me trompe peut-être. Mais ça m'étonnerait un peu.
Bruno Lina, sur cet aspect-là et sur la virulence de la reprise de l'épidémie, on le voit bien. Ce sont des chiffres qui doublent quasiment, parfois plus, d'une semaine à l'autre. Oui, absolument. En fait, la modélisation de Guillaume Rosé, elle repose sur une idée qui est qu'on est à toutes choses égales. C'est-à-dire que si on ne fait rien de plus, s'il n'y a pas plus de vaccinés, voilà ce à quoi on s'expose. Donc, il faut le prendre pour ce que c'est. C'est un modèle qui nous permet de rejeter un petit peu un des avenirs possibles, mais ce n'est pas forcément celui-là qu'on aura.
Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'on a quand même des données qui sont très, très parlantes en venant de Grande-Bretagne, en venant d'un certain nombre d'autres pays, qui montrent à quel point l'accroissement du nombre de cas peut être extrêmement rapide. Et donc, il convient... Alors, on ne pourra pas empêcher la circulation épidémique de ce virus, mais on peut essayer de tout faire pour que cette circulation soit le moins important possible. Avec cette spécificité, peut-être, Patrick Pelouse, et pour l'instant, on ne voit rien dans les hôpitaux. Est-ce qu'on peut imaginer...
Alors, vous allez peut-être être plus précis dans un instant, mais est-ce qu'on peut imaginer une reprise forte de l'épidémie avec aucune conséquence dans les hôpitaux à court terme, on va le dire ? Tout est possible, tout est possible, mais l'épidémie n'est pas terminée. C'est-à-dire qu'on a tous eu l'euphorie de voir le déconfinement, de voir la reprise culturelle, sociale de la société. On a eu cet enthousiasme. On l'a tous eu, on va le dire. Évidemment. Bon. Malheureusement, l'épidémie est toujours là. Donc, on a toujours un petit fond, comme ça, avec des malades, des foyers, ce qu'on appelle des clusters qui apparaissent. Mais ceux qui tombent malades n'ont pas été vaccinés.
C'est vraiment... À chaque fois, nous, on dit, est-ce que vous avez été vaccinés ? Non, je n'ai pas été vacciné, et ils sont malades. Donc, c'est ça qu'il faut voir. Alors, par rapport aux modèles et aux courbes, en effet, est-ce que dans cette modélisation, on a bien tout mis ? Parce que, dedans, vous avez quand même une vaccination qui fonctionne, maintenant, où on peut se faire vacciner et on vaccine tout le monde. Vous avez encore les gestes barrières qui sont imposés dans les lieux fermés. Donc, il y a quand même des tas de mesures qui ont été mises. La bataille continue. La bataille continue pour, justement, éviter ce qu'on craint le plus.
C'est-à-dire, comme l'année dernière, c'est-à-dire une remontée, une vague à l'automne, parce qu'a priori, ce virus aime et a une saisonnalité. Brunolina, c'est vrai que par rapport à l'an dernier, on était aussi... On pensait que c'était fini aussi. L'an dernier, on n'était pas vaccinés, mais on n'avait pas le variant Delta. Il y a une étude australienne que vous avez peut-être vu passer, Brunolina, qui montre la contagiosité de ce variant avec le médecin-chef de l'État du Queensland, qui dit qu'au départ, c'était 15 minutes de contact rapprochés, et maintenant, c'est 5 à 10 secondes, cela nous inquiète. C'est ça aussi qui change le modèle.
Certes, on est vaccinés, certes, c'est l'été, on est dehors, mais on a le Delta qui change tout. Ah oui, absolument. En fait, ce virus change la donne. Le taux de reproduction, c'est-à-dire le nombre moyen de personnes qu'une personne infecte à partir d'un cas index, c'est deux à trois fois plus élevé que celui qu'on avait l'été dernier. Et c'est ça qui change tout. C'est à la fois le temps d'exposition et la rapidité de la contamination. Et ce que l'on sait aussi, c'est que les personnes qui sont infectées produisent plus de virus que celles qui étaient infectées par les virus précédemment.
Donc, toutes les conditions sont là pour que ce virus, effectivement, soit capable de donner des épidémies très importantes. Il y a quelque chose qui est aussi intéressant de voir, c'est que jusqu'à présent, la réaction pour mettre en place des mesures de freinage ou des mesures barrières, c'était 15 000 à 20 000 par jour. Or là, on est beaucoup plus tôt. Donc, certes, on tire une seule lettre d'alarme, mais on la tire peut-être au bon moment pour que, justement, on ait un impact sur les mesures qui sont prises.
C'est intéressant ce que vous dites parce que ce serait peut-être la première fois depuis le début de la pandémie, en tout cas en France, qu'on n'attend pas d'être quasiment au pied du mur pour anticiper et à un moment donné remettre des mesures de freinage. Vous nous dites aujourd'hui, Brunolina, on n'est pas en retard pour tenter de sauver l'été, si tant est que ce soit possible. En tout cas, on réagit dans le bon timing en se disant aujourd'hui, on a un peu plus de 4 000 personnes qui sont affectées tous les jours, mais c'est très tôt quand même malgré tout. Et c'était un des indicateurs qu'on avait mis en évidence au Conseil scientifique. Il fallait réagir avant 5 000.
Donc là, on voit qu'effectivement, on met en place un certain nombre d'outils et de moyens qui peuvent nous permettre d'avoir un impact beaucoup plus rapide et beaucoup plus important. Et peut-être que vous pouvez rappeler que 5 000, ce n'était pas aux doigts mouillés, c'est que 5 000, on peut encore suivre, on peut encore tracer les nouveaux cas des contaminations.
Oui, absolument, ce n'est pas un chiffre qui sort du chapeau comme ça, mais c'est parce qu'on est capable d'avoir dans ces conditions à la fois du testé, tracé, isolé, potentiellement un petit peu de rétro-testing parce que c'est important avec ce virus Delta du fait que plus on arrive à remonter les chaînes de transmission, mieux on maîtrise la circulation du virus. On a eu un laboratoire là-dessus qui était le département des Landes où on a vu qu'avec le rétro-testing, on a réussi à maîtriser à peu près, alors pas l'éteindre, mais à maîtriser à peu près la circulation de ce virus. Donc appliquons ça à l'ensemble des régions et on ne devrait pas arriver.
Attention toutefois, en Ile-de-France, on est presque à 100 déjà. Oui. Juste, je voulais vous poser la question, Yves Buisson, sur la répartition du variant Delta sur le territoire. On voit bien qu'il y a une petite dizaine de départements qui sont déjà passés au-dessus des seuils d'alerte. Le professeur Brunolina parlait de l'Ile-de-France, mais pas que. Non, il y a l'Occitanie, puis il y a des départements qui sont situés sur le littoral là où on va voir arriver ou arrive déjà un certain nombre de vacanciers, donc où on va avoir des concentrations de personnes, des fêtes, des événements qui sont favorables bien sûr aux échanges de virus.
Donc oui, et puis ces cartes, ces répartitions de l'épidémie sur le territoire sont très changeantes, c'est-à-dire que dans une semaine, ce sera très très différent.
Mais ce qu'on sait...
C'est toujours le cas ou c'est spécifique avec le variant Delta ?
Non, je crois que c'est toujours le cas, mais là, ça ira plus vite. C'est-à-dire que le variant Delta, comme l'a dit le professeur Brunolina, se transmet tellement vite que la situation risque d'évoluer très rapidement, parce qu'on sait qu'il y en a déjà un petit peu partout sur le territoire.
La situation évolue très rapidement, disait à l'instant Yves Buisson, et Bruno Jeudy, l'exécutif l'a saisi, l'a compris. Vous avez des éléments d'information sur l'état d'esprit du ministre de la Santé vendredi. Il y avait cette inquiétude déjà, il y avait cette nécessité de dire on ne va pas attendre qu'en gros on soit au pied du mur cette fois-ci pour tirer la sonnette d'alarme. Alors sa phrase, c'est « il est encore temps d'éviter un impact sanitaire trop fort ».
Ça rejoint ce que vient de dire le professeur Lina,
donc il y a vraiment la prise de conscience qu'en agissant maintenant sur différents fronts,
On va en parler.
On va en parler, la vaccination, le pass sanitaire, les frontières, en agissant sur différents fronts, il est possible d'éviter une totale saturation, un débordement dans les hôpitaux comme on l'a déjà connu au moins à trois reprises, puisque nous en serions à la quatrième vague. Donc il y a à la fois du pessimisme chez le ministre de la Santé et en même temps source d'espoir s'il y a action immédiate, ce qui a été décidé ce matin au Conseil de défense sanitaire. De la même manière, Olivier Véran estime que l'espoir d'atteindre les 40 millions de primo-injections d'ici la fin août est tout à fait tenable. Il y a eu une bonne nouvelle.
Ici même, la semaine dernière, vos invités tiraient la sonnette d'alarme sur la baisse des rendez-vous pour la vaccination. Ça a eu un effet, la campagne du gouvernement d'un peu de dramatisation, a eu un effet positif puisque les rendez-vous sont repartis à la hausse. Donc ça, il était assez satisfait finalement de cette semaine où se sont beaucoup déployés. Souvenez-vous, la semaine dernière, on a vu le ministre, le porte-parole se déployer un peu partout dans les vaccinodromes pour essayer lui-même, essayant de convaincre des réticents par rapport au vaccin. Donc il y a cette campagne.
Après, il y a l'idée aussi d'essayer de cibler les catégories qui restent pour l'instant assez hostiles à la vaccination ou qui ne sont pas suffisamment sensibilisées. Donc le gouvernement veut réagir assez vite. Oubliez que certains, à l'image de Jean Castex, pensaient que la crise était derrière nous. Ça, c'était au mois de mai. On ne peut pas lui offrir le reproche, on l'a cru aussi. Bien sûr, maintenant on est au mois de juillet et il faut sauver l'été, comme vous disiez, et surtout la rentrée. Il faut sauver l'été, il faut sauver la rentrée. Naturellement, c'est-à-dire qu'il faut peut-être aussi sauver le quinquennat d'Emmanuel Macron.
On se souvient qu'il y a encore quelques semaines, on imaginait le rythme de reprise des réformes parce que ce sera aussi présent, sans doute, dans l'intervention ce soir à 20h. C'est aussi un chef d'État qui va sans doute annoncer des mesures fortes en matière sanitaire, mais aussi un futur candidat qui veut tenter de reprendre le fil de son quinquennat et peut-être même de sa future campagne. Oui, parce qu'Emmanuel Macron, il est à nouveau arrêté par ce variant Delta.
On voit bien, il y avait deux agendas parallèles pour l'instant de l'exécutif. Il y avait celui d'Olivier Véran et de Jean Castex qui parlaient de plus en plus de sanitaire, le porte-parole du gouvernement aussi, Gabriel Attal. Et puis, Emmanuel Macron était projeté tout entier vers 2022. Il s'agissait de faire une campagne avec un départ non pas arrêté, mais un départ lancé, comme le disait un de ses proches, c'est-à-dire qu'on commençait déjà à partir dans la campagne, on lançait des réformes et des réformes qui allaient courir au-delà de la campagne présidentielle. Donc l'idée, c'était vraiment de le mettre sur une rampe de lancement,
là, avant le 14 juillet. Cette date avait été donnée à un grand discours, ses priorités, la jeunesse, les retraites, la dépendance.
On voit bien que tout ça est compliqué par le variant Delta, d'autant qu'on sait bien, et on le voit depuis le début de cette crise, c'est que la personne qui dit que c'est grave, la personne qui sonne le toxin et qui crée la réaction chez les Français, c'est le président de la République.
Rien que le fait, c'est pavlovien, c'est-à-dire qu'il doit s'exprimer ce soir à 20h, on le sait tout de suite. On sait que c'est grave. Voilà, on sait tout de suite que c'est grave. On sait bien que, quoi que dise Olivier Véran,
quoi que dise Jean Castex, c'est toujours Emmanuel Macron qui est écouté par les Français, il est leur président, il a été élu par les Français. Et donc, tout le monde se met en position de qu'est-ce qui va nous arriver encore, mais en même temps, en position, et Bruno Jeudier disait à l'instant, de se dire, tout le monde devine un petit peu ce qui va nous effectivement insister sur la vaccination. Vous le disiez tout à ce moment, c'est quand même 200 000 personnes qui ont pris rendez-vous pour une première dose ce week-end. Donc, ça veut dire que le message commence déjà à être entendu. Ça fonctionne.
Et puis, il y a quelque chose aussi qui marche, je pense, c'est que les Français ont besoin de vacances. Olivier Véran l'avait dit il y a 15 jours, attention, enfin, il y a une semaine et demie, attention, ce virus peut gâcher vos vacances. Donc, je pense que les Français, on les aurait du grande ouvert justement, et qu'Emmanuel Macron va en profiter pour parler sanitaire, mais aussi pour dire qu'il continue à être un réformateur, un réformateur un peu empêché, en fait.
Alors, en tout cas, la pression, elle est venue ce week-end aussi, des médecins comme des politiques pour réclamer, notamment la vaccination obligatoire pour tous. Le président va trancher ce soir, alors que la progression du variant reballe les cartes en début d'été, avec 7 départements au moins au-dessus du seuil d'alerte. Pourtant, sur certaines images du week-end, c'est l'inconscience qui semble encore l'emporter. Léa Dermidjan et Michel Bouilly.
En Europe, un week-end placé sous le signe de la fête. À Wembley, peu avant la finale, ambiance électrique dans des rues bondées. À Rome, explosion de joie pour une victoire fêtée jusqu'au bout de la nuit. À Paris, les boîtes de nuit ont fait le plein après 16 mois de fermeture. Pourtant, ce week-end, le variant Delta est devenu majoritaire en France. Un variant qui circule massivement dans le Var, les Landes ou encore le Loir-et-Cher. Une progression plus rapide que prévu. Alors, le scénario d'une quatrième vague ne fait plus vraiment de doute, selon Olivier Véran.
L'épidémie est effectivement en train de repartir. Vous dites, on est à environ désormais 3 000 nouveaux diagnostics par jour. Mais avec la tendance épidémique de ce variant Delta, qui est beaucoup plus, beaucoup plus contagieux que le Covid-19 auquel nous avions affaire l'été dernier. Avec ce variant Delta, les 3 000 cas pourraient devenir 6 000 cas dans une semaine, 12 000 cas dans 15 jours et monter au-dessus de 20 000, voire plus de cas au début août, si nous n'agissons pas.
Face à cette reprise épidémique, de nouvelles mesures seront annoncées ce soir par Emmanuel Macron. Sur la table, plusieurs pistes. D'abord, l'extension du pass sanitaire, aujourd'hui réservé aux grands événements. Sera-t-il obligatoire au quotidien pour aller au restaurant, au cinéma ou à la salle de sport ? Le conseil scientifique plaide pour.
Pour l'instant, le pass sanitaire, c'était pour les rassemblements de publics de plus de 1 000. On pense, et ça a été dit dans l'avis du conseil scientifique, c'est bien d'élargir l'utilisation de le pass sanitaire.
Jusqu'au cinéma, jusqu'au restaurant ?
Alors ça, 1 000, c'est beaucoup trop élevé. Il faut le baisser.
D'autres scientifiques suggèrent même de faire machine arrière en limitant l'accès aux établissements recevant du public.
Je pense qu'il faut potentiellement revenir sur certaines des mesures qui ont été abandonnées le 30 juin, par exemple sur les jauges dans les endroits publics.
Autre piste sur la table, rendre la vaccination obligatoire. Pourtant, écartée par le chef de l'État en novembre dernier, la mesure est aujourd'hui envisagée pour les professionnels de santé.
On va vacciner les soignants pour que les soignants ne contaminent pas des patients, ce qui est le moins qu'on puisse faire. Je n'ai pas le droit de contaminer l'un de mes malades, qui par définition, en plus, est une personne fragile, donc très à risque d'une forme grave.
Dans un avis paru vendredi dernier, les académies de médecine et de pharmacie vont plus loin et recommandent une vaccination obligatoire pour tous les plus de 12 ans.
L'obligation vaccinale contre la Covid-19 constitue la seule option réaliste permettant de préserver sa santé, celle des autres, et de parvenir à l'immunité collective.
Une proposition que soutient l'un des proches du président, François Bayrou.
Ma position à moi, c'est qu'il n'y a pas d'autre issue dans cette situation épidémique que la vaccination obligatoire, pour tout le monde. Et on présente ça comme si c'était quelque chose d'attentatoire aux libertés. Chacun des bébés qui naient en France reçoit 11 vaccinations.
Trois États ont déjà rendu la vaccination des adultes obligatoires. Le Tadjikistan, le Turkménistan et le Vatican.
La vaccination obligatoire pour tous, Bruno Jeudy, comme le défendait à l'instant dans ce reportage François Bayrou, c'est une piste qui est exclue.
Oui, sauf surprise, c'est une piste qui est exclue.
D'abord, le président de la République l'avait lui-même exclue le 20 novembre. Lors de l'une de ses 8 allocutions précédentes, il l'a exclue. En revanche, ce qui chemine, et on voit bien, Jean Castex a fait tout ce travail depuis deux semaines pour essayer d'obtenir un consensus autour de la vaccination obligatoire pour les soignants des établissements de type EHPAD, d'établissements de santé, voire peut-être les aides malades, puisque la mesure pourrait être étendue. Et au-delà, on verra le périmètre qui sera retenu par le président de la République.
Mais là-dessus, il y a eu un travail qui a été fait par le Premier ministre pour obtenir un consensus politique, hormis les insoumis à l'Assemblée nationale. Il y a Accor, ce qui est nouveau, et puis aussi auprès des organisations professionnelles, les partenaires sociaux. Il y a aussi à peu près unanimité, sauf la CGT. Et puis on a vu, j'allais dire, les institutions de santé.
Pourquoi écarter la vaccination obligatoire pour tous, alors même que dans les sondages, on voit bien que les Français, ils sont favorables, avec cet argument qui est défendu encore une fois par le patron du Modem, le haut commissaire au plan, qui est de dire, les enfants, quand ils naissent, ils ont 11 vaccins obligatoires. D'abord, l'approbation des Français est différente, suivant que vous interrogez sur les personnels de santé, vous êtes à plus de 70%. Et lorsque vous êtes sur l'ensemble des Français, c'est beaucoup moins, c'est plutôt au-dessus de 50%. C'est majoritaire, mais ce n'est pas le même niveau. Déjà, il y a ce premier point.
Et évidemment, l'exécutif est très sensible à l'opinion sur cette question. Je pense qu'aujourd'hui, en plus, il y a la difficulté de le mettre en œuvre, le faire respecter. Parce que c'est une chose de prendre une décision, c'en est une autre de la faire respecter. Et là, il y a tout un travail à faire. Je ne sais pas si, aujourd'hui, l'exécutif veut se lancer. En revanche, il y a un moyen assez facile de contourner ça. C'est sans doute la piste qui va être adoptée. C'est le pass sanitaire qui peut rendre très contraignant le fait de vivre sans le vaccin.
Patrick Pelou, sur la vaccination obligatoire de tous les Français ou des soignants, est-ce que la vaccination obligatoire des soignants changerait quelque chose ? Un, c'est symbolique. Et deux, c'est nécessaire. Parce que, justement, ce qu'on a appelé, nous, la Covid nosocomiale, c'est-à-dire la Covid que les malades attrapaient, soit dans les EHPAD, au début de l'épidémie, a posé beaucoup de problèmes. Et c'est quelque chose que l'on résout par la vaccination. Alors, c'est sûr qu'il faut comprendre ce qui s'est passé au début du mois de juin-envier. On n'avait pas trop de doses, etc.
Et la classification qui a été faite par les ordres de vaccination dans les établissements de santé était compliquée. Ils l'ont mis par là. Je pense qu'il fallait mieux le mettre en fonction des risques. On avait un paradoxe de médecins qui ne voyaient aucun malade de la Covid et qui pouvaient être vaccinés, pendant que d'autres qui avaient moins de 55 ans ne pouvaient pas être vaccinés. Ça, ça a été un peu le bug. Oublions-le, ce n'est pas grave. On est au mois de juillet.
Il faut vacciner les soignants, tous les soignants, parce qu'en effet, on s'est aperçu que vous avez les médecins qui se vaccinent beaucoup, les infirmières un petit peu moins, mais elles se vaccinent, les aides-soignants un peu moins, et on descend comme ça. Donc, il faut remobiliser tout ça. Et de toute façon, je pense que c'est inéluctable. Il faudra vacciner toute la population, parce qu'on ne peut pas laisser une société à nouveau s'écrouler avec ce virus. Nous, la quatrième vague, elle est déjà présente. Ce n'est pas celle du virus Delta. En fait, c'est la quatrième vague psychiatrique et psychologique. C'est-à-dire ? C'est-à-dire que les gens ne vont pas bien.
Il y a beaucoup d'enfants. Les services de pédopsychiatrie débordent parce que les enfants, le fait qu'ils ont eu une école en pointillé, ça leur a fait perdre des repères. D'accord ? Et d'autre part, vous avez le Covid long. Il faut bien que les gens qui comprennent, quand on leur dit de se vacciner, ils évitent la maladie globalement. Et en effet, pas que les formes graves, les formes moindres, mais ces formes moindres, si ça devient un Covid long, vous avez des problèmes pour respirer, vous avez des problèmes pour vous déplacer, vous perdez le goût, l'odorat. C'est vraiment une maladie qui est arrivée sur Terre, qui va rester longtemps. Là, on a une chance phénoménale.
C'est que le vaccin est actif sur le variant Delta. Alors, est-ce que ça sera actif sur les prochains variants ? Parce que, hélas, il y en aura d'autres. Mais c'est pour ça qu'il faut préparer la population. Moi, je suis de l'avis de l'Académie de médecine et de l'Académie de pharmacie. C'est qu'il ne faut pas perdre de temps. Il faut dire que tout le monde doit se faire vacciner. – Vaccination obligatoire pour tous. Ce que disait Bruno Jeudy, c'est que, visiblement, ce n'était pas une piste qui était retenue par le chef de l'État pour l'instant. – Non, mais il peut changer. – Il peut changer d'avis, Bruno Luna, sur cet aspect-là, votre point de vue.
Est-ce que pour accélérer et gagner cette course de vitesse, vis-à-vis du variant Delta, mais peut-être vis-à-vis des autres vaccins, il faudrait aller à la vaccination obligatoire pour tous ? Et est-ce que si on se contentait de la vaccination obligatoire pour les soignants, est-ce que ce serait suffisamment efficace ou est-ce que ce serait du registre du symbole, comme l'a dit à l'instant Patrick Pelou ? – La vaccination des soignants, c'est une nécessité. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on ne peut pas accepter qu'il y ait de la transmission nosocomiale du coronavirus.
Et on sait que chaque fois qu'il y a une épidémie dans une EHPAD, dans un établissement médico-sociaux, il y a toujours des soignants dans la boucle de transmission des virus. Et comme ça a été évoqué avant, c'est les non-vaccinés qui sont malades. Donc il faut qu'on se protège tous et qu'on protège les plus fragiles. Parce qu'en protégeant les plus fragiles, en fin de compte, on protège le service de santé. Et le service de santé ne doit pas servir qu'à traiter les patients qui sont atteints du Covid. Il doit servir à autre chose. Donc ce qui est intéressant avec la vaccination des soignants, c'est que ça passe un signal. C'est un signal que c'est important, que c'est significatif.
Et derrière, ça installe une espèce de norme sociale qui est que cette vaccination est normale et nécessaire. Et donc ça aura immanquablement un effet d'entraînement pour les autres populations. Alors on va revenir dans un instant sur la vaccination. Yves Buisson, votre avis d'épidémiologiste sur les mesures qu'il faudrait prendre pour casser, si tant est que ce soit possible, la dynamique de cette reprise épidémique ? On vient de le dire. La vaccination, c'est tout ? C'est tout ? Baissez les jauges, comme on a entendu votre conseil ? La vaccination de tout le monde le plus rapidement possible,
vacciner le plus grand nombre de personnes possible. On a maintenant suffisamment de doses pour vacciner tous les Français à peu près. Donc il ne faut pas perdre de temps. On a perdu des semaines, des mois même,
à tergiverser, à dire est-ce que c'est bien ? C'est normal au début, il fallait prioriser parce qu'on manquait de doses. Alors on a priorisé, il y avait les personnes vulnérables, ce qui est normal, les soignants parce qu'ils étaient les plus exposés, et puis ils ont oublié qu'ils étaient prioritaires, parce que du moins ceux qui restent à vacciner, bien sûr il faut les vacciner de toute urgence. Et puis il y a tous les Français qui vont se déplacer, qui vont aller à l'étranger, qui vont... Et puis moi je pense aux enfants qui vont aller à l'école, au collège, à l'université, les jeunes à l'université à la rentrée, il faut qu'ils soient tous vaccinés.
Sinon ça va recommencer, on est sûr que ça va recommencer. Alors est-ce à l'étude l'idée d'installer des barnums de vaccination dans les universités à la rentrée, mais vous dites que ce sera presque trop tard ? Oui, il y a une chose, on ne sait pas ce que c'est qu'une vaccination de masse en France, pour arrêter une épidémie. On n'a pas l'expérience de ça. On l'a outre-mer, on a par exemple l'histoire,
en 1974, l'épidémie de Méningite au Brésil, avec Charles Mérieux, qui avait organisé vraiment
quelque chose d'assez extraordinaire. On avait arrêté une épidémie grâce à la vaccination, en vaccinant des millions de personnes en quelques semaines. Ça, on sait le faire en Afrique. On a vu des campagnes de vaccination massives pour arrêter des épidémies. Mais en France, on ne sait pas. On n'a pas l'habitude. C'est la seule arme, Ibuisson, c'est la seule arme. La vaccination de masse suppose justement qu'on ne demande pas tellement l'avis des gens. Oui, c'est ça, vous êtes pour l'obligation qu'on touche. Quand on fait une vaccination de masse, on vaccine tout le monde. On ne fait pas des colloques avec des éthiciens. On n'a pas le temps. Voilà, on n'a pas le temps.
Alors, vous dites en gros, c'est la seule arme. Soit dit qu'il y a plusieurs pistes sur la table. On entendait une consoeur à vous, Dominique Costa-Gliola, qui disait en gros qu'il faudrait baisser les jauges aussi, dans les endroits où on réunit du public. On va évoquer aussi la question du pass sanitaire. Qu'est-ce qu'il a comme arme, puisque c'est le titre de cette émission, ce soir, sur son bureau, le président de la République, Sazie Kemener ?
Alors, justement, il y a cette question du pass sanitaire. En fait, les armes lui ont été données par le Conseil scientifique, parce que dans son avis qui a été publié vendredi, il y a effectivement plusieurs propositions. D'ailleurs, une proposition dont on ne parle pas du tout, enfin, ça a été un peu évoqué à l'instant, mais dont on ne parle pas là pour l'instant, c'est la question de la rentrée scolaire, mais pas de la rentrée universitaire, la rentrée scolaire, parce que les scientifiques s'inquiètent. Justement, du fait qu'on ait une vaccination pour les plus de 12 ans, mais qu'il ne soit pas encore suffisant pour permettre une rentrée.
Donc, c'est une des questions qui sont posées aujourd'hui. Je ne sais pas si le président de la République y répondra ce soir,
mais c'est une des questions importantes. Ah bon, c'est plus vite sur la vaccination des 12 ans et plus. Voilà, exactement. Et puis, la question des enseignants, de l'accès aux vaccins, comme ça peut être fait, par exemple, pour la fonction publique,
Aminon Chalard, Mandaise, qui est des Barnum, pour que les fonctionnaires puissent se faire vacciner.
Elle l'a annoncé dans le JDD ce dimanche. Donc, il y a la question, évidemment, du pass sanitaire. Pour l'instant, on est à 1 000 personnes. On le voit bien, c'est en train de bouger pour le défilé du 14 juillet, même s'il y a plus de 1 000 personnes. En tout cas, c'est un signal intéressant. Pour assister au défilé du 14 juillet, qui est très étalé, qui sera sur les Champs-Elysées cette année, puisqu'il n'y avait pas eu lieu ou en format très réduit l'année dernière, il faudra avoir un pass sanitaire pour accéder aux abords des Champs-Elysées. Et un masque. Donc, ça donne déjà un signal important aux Français de la nouvelle façon dont il va sans doute falloir vivre.
Alors, on va sans doute baisser la jauge à moins de 1 000. Évidemment, on imagine mal le président de la République dire ce soir, pour entrer dans les restaurants, il faudra un pass sanitaire.
Pourquoi ? Pourquoi on l'imagine mal ?
Parce qu'il y a une difficulté, et c'est toujours sur ce jeu-là, sur ça que s'appuie Emmanuel Macron, c'est l'acceptation des Français. C'est-à-dire qu'on peut accepter de ne pas avoir accès à un concert, un méga-concert, genre les vieilles charrues, un festival, etc. Se préparer, un restaurant, on prend la décision d'aller au restaurant un peu au dernier moment. C'est des choses qui se préparent plus difficilement. Donc, ça va être plus compliqué. Et puis, tous les professionnels de la restauration vont être debout. Ça va être très compliqué pour lui. Peut-être qu'il va le faire ce soir, mais en tout cas, ce n'était pas dans les tuyaux au moment où on avait les dernières informations.
Donc, il y a cette question-là. Il y a aussi la question de savoir si on va continuer à rembourser les tests. On voit, le Conseil scientifique demande à ce que les tests PCR soient remboursés encore tout l'été, justement, pour pouvoir continuer à tracer, isoler, protéger. Mais la rentrée, est-ce que les tests de confort seront encore remboursés ?
Ça, c'est une des questions aussi qui se posent. Sur cet aspect-là, Bruno Lina, puisqu'effectivement, c'est une des recommandations du Conseil scientifique dans un rapport du 6 juillet, un pass vaccinal pour pouvoir accéder à certains espaces de liberté, tels les restaurants, les activités culturelles ou sportives. C'est faisable ? En fait, c'est une orientation, nous, après la décision politique. C'est le politique qui la prendra. Et je pense qu'il faut aussi prendre en compte la difficulté de mise en œuvre qu'il peut y avoir du point de vue des restaurateurs, etc. Donc, en fait, vous recommandez des mesures qui ne sont pas applicables au Conseil scientifique ? Non, non, non.
On passe un certain nombre de signaux en disant que, finalement, dans un pass sanitaire, tout ne se vaut pas. Quand on a sur son pass sanitaire la trace d'une vaccination, on est protégé, on protège les autres. Et quand on a juste simplement un test PCR ou un test antigénique négatif, ce que cela signifie, c'est qu'au moment où le test a été réalisé, vous n'étiez pas contagieux. Or, on a bien vu, avec une expérience dans une boîte de nuit aux Pays-Bas, que 600 personnes qui avaient tous eu un test qui avait été fait a résulté à 165 cas d'infection une semaine plus tard. Donc, on voit à quel point, finalement, il y a peut-être des niveaux de protection différents.
Il faut admettre que ça ne peut pas dire la même chose. Mais d'un autre côté, il faut qu'on donne le temps à tout le monde d'avoir accès au vaccin avant de changer de la stratégie autour de l'utilisation du pass sanitaire autour des tests. Avec cette idée, quand même, qu'il y a cette urgence qui fait qu'on imagine mal devoir reconfiner. D'ailleurs, il y a cette question qui nous est posée ce soir. L'exécutif osera-t-il un reconfinement localisé et drastique en pleine vacances d'été ?
Alors, d'abord, un reconfinement général, il ne le peut pas puisque nous ne sommes plus dans une situation d'état d'urgence sanitaire.
Il faudrait refaire passer une loi à l'Assemblée. Alors, peut-être que ce sera ajouté dans le cadre... Il y aura peut-être un texte plus large que prévu avec le texte qui sera nécessaire pour rendre obligatoire la vaccination des soignants. Ce sera un texte qui sera porté au Conseil des ministres, en principe, la semaine prochaine pour être voté à la fin du mois parce que là, il y a une course contre la monde qui s'engage. Sachant qu'il y a aussi, on n'en a pas parlé, du risque juridique. Le Conseil d'État va être consulté, peut-être le Conseil constitutionnel. C'est quand même des choses... On vit dans un état de droit et tout ça, il y a des avocats qui, déjà, sont prêts à contester.
Et donc, pour ce qui est de cette question sur... Le reconfinement. Le reconfinement, on ne le peut pas aujourd'hui. En revanche, on pourrait le faire. Les préfets auront possibilité, de manière territorialisée, de prendre des décisions. Par exemple, le port du masque qui pourrait redevenir obligatoire dans certains départements où il y aurait tout à coup un taux d'incidence très élevé. Il y a cette possibilité qui reste pour le gouvernement et l'exécutif de jouer au niveau local. Mais on voit bien que, vous le montrez sur votre carte, le variant Delta, à un moment, il va sans doute submerger l'ensemble du pays.
Donc, les reconfinements locaux seront sans doute des armes peu efficaces et pas très longtemps. Vous êtes d'accord avec ça, Brunelina ? Sur les reconfinements locaux qui, face au variant Delta, ne font pas la maille, comme on dit dans le Sud. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est arriver à freiner au maximum la circulation du virus. Donc, tous les outils qui peuvent être utiles pour faire ça, qu'il s'agisse du port de masse de nouveau, de façon renforcée, ce qui s'agit de changer les jauges, ça peut être utile. Ce qu'il faut, c'est qu'on arrive à se donner les moyens de pouvoir continuer à suivre et à tracer les personnes pour casser les chaînes de transmission.
Si jamais ça explose, à un moment donné, on va être en difficulté et il faudra peut-être prendre des mesures un peu plus coercitives. Mais de nouveau, ça, ce sera des décisions de politique. Mais comme souvent. Mais à partir de quand, il faut dire, si ça explose ? Vous nous avez expliqué tout à l'heure qu'en dessous de 5 000, on pouvait être tracé, testé, tracé et peut-être même isolé. C'est à partir de quand qu'on gère plus 10 000 ? Il n'y a pas de chiffre magique, vous savez. C'est juste qu'en fait, il faut probablement intégrer à la fois le nombre de cas et la dynamique.
C'est-à-dire que si vous avez une augmentation de plus 60, plus 70 % de façon durable sur deux à trois semaines, c'est que manifestement, il se passe quelque chose et que ce n'est pas la vaccination qui a un retard d'effet d'environ un mois à six semaines qui va pouvoir contrôler ça. Donc, il va falloir utiliser des mesures un peu plus, comment dire, organisationnelles, c'est-à-dire port de masque, distanciation. D'accord. Point de monde, fermeture de certains espaces, etc. Et nous allons poursuivre notre discussion sur les pistes qui sont à l'étude en ce moment même à l'Elysée.
En tout cas, ils sont la cible des pouvoirs publics, ceux qu'il faut convaincre encore des bienfaits de la vaccination. Ils ne font pas partie des anti-vax, comme on les appelle, mais plutôt de ce qu'on pourrait appeler les attentistes, celles et ceux qui ne voient pas l'urgence et qui espèrent surtout que les autres les protégeront en se faisant précisément vacciner. Juliette Perrault, Clément Boyer, et ils sont allés à leur rencontre.
À Paris, pas besoin d'aller bien loin ni d'attendre bien longtemps pour croiser des réticents au vaccin.
Moi, je pense que je vais le faire, mais c'est vrai que je préfère ne pas être le cobaye. C'est un peu égoïste, c'est totalement vrai, mais en fait, c'est juste qu'on a peur, vu qu'on ne sait pas trop.
Moi, j'ai déjà eu le Covid et je sais que tout mon entourage ou est vacciné ou ce n'est pas quelqu'un qui peut risquer d'avoir des maladies ou quoi. Donc moi, si je pourrais choisir, je ne ferais pas le vaccin.
Au bord du canal, même sujet de discussion entre Philippe, 67 ans, déjà vacciné, et Gérard, 49 ans, qui lui préfère attendre.
Je trouve que la précipitation ne mène jamais à bon chemin. Je suis quand même un peu le philosophe qui prend son temps, en fin de compte.
Alors tu dis, j'essaie d'être philosophe et d'attendre un peu la vie, mais bon, des fois, il y a des gens qui étaient sûrement philosophes et qui sont morts très rapidement ou qui n'ont pas eu le temps de voir le recul du vaccin ou de la maladie. Ils en sont morts.
Dans cette France qui doute,
des anciens, des jeunes, des urbains, mais aussi des ruraux pour qui le Covid semblent bien loin.
En Ardèche, 49% des habitants ont reçu leur première dose de vaccin. 10% de moins qu'à Paris, très loin, des 90% nécessaires pour atteindre l'immunité collective. Allez, je vous emmène. Donc vous allez sur le côté gauche, les Pfizer, c'est à gauche, les Moderna, à droite. Dans ce centre de vaccination, la campagne tourne désormais au ralenti.
Ce matin-là, seulement 40 injections sont prévues pour une capacité réelle de 150. En cause notamment, selon le docteur Faubry, les polémiques déclenchées dès le début autour du vaccin AstraZeneca.
À partir du moment où on a commencé à mettre en épingle le risque de thrombose
avec l'AstraZeneca, on a livré en pâture à la population des informations de santé qui, certes, sont pertinentes, mais qui sont valables aussi pour d'autres médicaments. C'est-à-dire que c'est comme si on découvrait du jour au lendemain que le vaccin, c'est un médicament comme les autres et que tout médicament a un rapport bénéfice-risque. Et là, on a livré des chiffres tout venant. Les gens ont été dans la panique et nous, on avait énormément de mal à pouvoir rattraper la chose. Des habitants méfiants et qui ne voient pas vraiment l'intérêt de se faire vacciner, comme ce groupe d'amis.
Nous, on a la chance de vivre dans les bonnes conditions sanitaires, avec des bonnes alimentations
et un bon environnement. Donc, je pense qu'il n'y a aucune raison que je tombe là-dedans.
Un non-vacciné qui met le masque, qui se lave les miens et qui se désinfecte les mains sera beaucoup plus performant qu'un mec qui a le vaccin, mais qui peut, en plus, attraper le Covid et qui peut quand même le transmettre. Il n'y a rien de vraiment négatif, mais il n'y a rien de vraiment positif. Donc, pourquoi nous vous embêter avec ?
Le sentiment d'être invincible, alors que le département est, lui aussi, touché par le Covid. Et ce n'est pas à M. le maire qui dira le contraire.
Jean-Marie, bonjour. Ça va ? Oui. Alors ? Je vais prendre un petit café.
Le coronavirus, lui, l'a côtoyé de très près.
Tombé malade au début de la pandémie, il est resté plusieurs semaines en réanimation.
La première fois qu'on m'a désintubé, ça n'a pas marché. Pas du tout. Donc, ils m'ont reposé dans le coma. Je suis passé très près. Je dirais de l'antichambre pour basculer de l'autre côté. Avec le recul, je me dis, j'ai eu la chance de la sortir.
Alors, dès qu'il en a l'occasion, Jean-Marc Michel partage son témoignage pour tenter de convaincre des récalcitrants qui parfois se trouvent au sein même de son équipe municipale.
C'est vrai que là, on hésite. Alors, on entend tellement de tout que, alors que de base, je ne suis pas forcément réfractaire. Alors, peut-être que je viendrai à le faire ou pas. Après, ça ne regarde que moi. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, c'est presque un critère de sélection. Alors, ça peut se comprendre au vu de la complexité de la situation. Mais c'est vrai que je m'interroge. Non, mais moi, je respecte son avis. Je vous ai dit, on est tellement dans l'incertitude avec le peu de recul que l'on a, je ne peux pas comprendre certaines choses. Maintenant, par rapport à ce que j'ai vécu, je le passe. Oui, mais c'est vrai. Je le passe.
Un chemin qui s'annonce encore long alors que la course contre les variants s'accélère. En France, 53% de la population a reçu une première dose de vaccin. Alors, ce reportage a suscité beaucoup de réactions sur ce plateau. On a entendu cette phrase pendant le reportage. Un monsieur qui disait, en gros, quelqu'un qui se lave bien les mains, qui met son masque, qui est moins dangereux que quelqu'un de vacciné, qui fait de la fête et qui ne prend aucun... Parce qu'il peut transmettre encore le virus. C'est totalement faux. C'est totalement faux. parce que quand vous êtes vacciné, ça a été testé, justement. Le virus, il ne dure pas très longtemps. Et c'est pratiquement impossible.
C'est quelques secondes où vous pourriez le transmettre. Vous avez calculé la probabilité. C'est impossible. Le vaccin vous protège, justement, de ça. Ça a été démontré. Et par rapport à leurs doutes, je veux dire, les témoignages du monsieur qui avait été intubé et la réalité, il y a du Covid grave. Ça n'a pas touché que les personnes âgées. Ça a touché aussi les jeunes. Et surtout, je me permets de vous dire que, notamment, là, ils n'ont pas abordé ce sujet, mais c'est par rapport aux femmes enceintes. Elles doivent se faire vacciner. Il n'y a pas de risque. Il n'y a pas de risque. D'accord ? Elles doivent se faire vacciner parce que si elles attrapent un Covid grave, d'accord ?
Ce qui vous est arrivé, en tout cas, vous avez vu des cas comme ça. Necker, ça a ému toute la communauté de Necker. Ça a été redit au Conseil national des urgences la semaine dernière avec une alerte des gynéco-obstétriciens en disant qu'il faut qu'elles se fassent vacciner si elles ont le Covid. C'est un danger pour la mère et l'enfant. D'accord ? Donc, c'est vraiment... Écoutez, on a l'impression que c'est une discussion de gens qui sont dans une oisiveté, dans une interprétation de gens. Il y a des tas de pays où il n'y a pas accès aux vaccins, d'accord ? Où les gens, ils meurent comme des mouches, d'accord ?
Et là, on oublie qu'il y a eu 100 000 morts en France, plus de 100 000 morts en France. Si on avait eu le vaccin, la plupart seraient encore là. D'accord ? Donc, il y a une responsabilité. Il y a une responsabilité citoyenne. Et on entendait ce monsieur qui disait « Mais nous, on est en Ardèche, on est dans des conditions sanitaires agréables. » Mais non, mais ça, c'est faux. Je comprends. Ils sont à l'air pur. Voilà, ils ont une chance qu'on n'a pas forcément à Paris. Mais le virus, ce que vous avez montré sur vos cartes tout à l'heure, il circule partout, partout. D'accord ? Et ça, c'est vraiment une espèce de... Voilà, c'est l'autruche de la tête dans le sable.
Et je suis désolé, ça ne fonctionne pas comme ça. Ils mettent leur vie en danger. Bruno Léna, vous voulez dire un mot ? Oui, en fait, ça fait réagir parce que les gens mélangent qualité de vie et vaccination. En fait, on peut parfaitement avoir une qualité de vie remarquable, ce que je revendique d'avoir et je suis parfaitement vacciné. Donc, ce n'est pas incompatible. C'est comme ceux qui considèrent que manger bio est incompatible avec être vacciné. Enfin bref, l'autre chose aussi qui va faire agir, c'est que dans un contexte d'épidémie, on ne peut pas faire l'éloge de la lenteur. On n'a pas le temps de prendre 5, 10 mois, 20 mois pour réfléchir s'il faut être vacciné ou pas.
En fait, il aura le temps de réfléchir, mais il aura surtout le temps d'attraper l'infection parce qu'à un moment donné, de toute façon, tout le monde va avoir des anticorps contre ce virus, soit parce qu'il aura été vacciné, soit parce qu'il aura été malade. Et ça, ça ne va pas prendre des années et des années. Ça va être assez rapide. Cette question qui nous est posée ce soir peut-être encore pour vue, Bruno Lina, le masque est-il aussi efficace contre ce variant que contre les autres ?
Pourquoi je vous pose cette question intéressante et je voudrais juste mettre dans la discussion cette phrase de Rémi Salomon, qui est président de la Commission médicale des établissements de la PHP et qui dit qu'il est possible que le port du masque ne suffise pas à bien nous protéger ? Alors, il y a une double discussion derrière ça. Premièrement, le variant, c'est du coronavirus. C'est un Covid, pas un nouveau virus. C'est juste un virus qui présente un meilleur potentiel de transmission. Le masque freine la transmission. Et donc, si vous voulez, on peut en faire un rapport mathématique.
si vous freinez de 50% la transmission avec le port d'un masque, mais que vous avez un virus qui est 60% plus transmissible, l'efficacité du masque est moins importante. À un moment donné, il a été discuté de mettre des FFP2. Mais les FFP2, ce n'est pas du tout la même philosophie que le masque chirurgical. Le FFP2 est fait pour protéger celui qui le porte beaucoup plus que l'encourage, alors que le masque chirurgical est fait pour protéger l'encourage. Donc, bien porter un masque comme il faut, garder la distance, et se laver les mains régulièrement permet de réduire la transmission, mais ce n'est pas ça qui suffira pour contrôler cette épidémie. Par contre, ça reste indispensable.
Mais le masque protège. Le masque protège. J'ai été avec mes collègues de beaucoup de SAMU, on a été en tête de ligne dès le début de l'épidémie au mois de décembre, d'accord ? On a verçu nos consignes. Donc, on portait les masques chirurgicaux, les FFP2, d'accord ? Après, j'ai soigné en réanimation masques chirurgicaux si on avait des gestes invasifs, on avait les FFP2, etc. Je n'ai pas attrapé le virus. Le masque protège. Je, voilà, vraiment, le masque protège. Oui, alors, ce masque protège, et ce qui est vrai que c'est compliqué, c'est qu'on a pris l'habitude de ne plus l'avoir en extérieur.
Est-ce qu'on va devoir, à votre avis, Yves Buisson, notamment dans les endroits où il y a du monde, certains responsables politiques locaux l'ont fait, dans les endroits très touristiques où il y a du monde, on remet le masque à l'extérieur ? Oui, c'est tout à fait logique de mettre le masque à l'extérieur dans les endroits où on est nombreux, où on est tassé, où il n'y a pas beaucoup de ventilation. C'est logique. Je crois que maintenant, le bon sens doit l'emporter. C'est évident que sur une plage, quand on est tout seul, il y a... Quand on a vu les images de l'euro, on se dit que le bon sens ne l'emporte pas toujours.
Ah non, là, sûrement pas. Oui, mais bien entendu, là, tout ce type de rassemblement où les gens sont tassés les uns contre les autres pendant plusieurs heures,
où ils crient, ils hurlent, Renforcement des mesures d'isolement, Bruno Jeudy, ça aussi, ça fait partie des armes qui sont sur la table avec peut-être aussi la question des contrôles aux frontières ?
Oui, j'allais dire, depuis le début de la crise sanitaire, ça revient à chaque fois. Alors, ça n'a pas été vraiment couronné de succès
jusqu'à présent. On va voir dans quel degré de détail va rentrer le président de la République, sachant que c'est une question qui est lancinante. Il y a eu plusieurs propositions de loi de députés, notamment sur la question de l'isolement. Alors, c'est vrai, maintenant, on a quand même l'acquis de 18 mois presque de crise. Sur le contrôle des frontières, on a vu que la France a fait un cavalier seul la semaine dernière avec une petite embardée du secrétaire d'État aux affaires européennes qui a annoncé tout de go, enfin, conseillé comme ça tout à coup qu'il ne fallait plus aller en Espagne ou au Portugal. Ça a créé un petit chahut au niveau européen.
Là encore, c'est une question aussi de concertation avec les Européens et sans doute que là, Emmanuel Macron aura un peu concerté avec ses homologues. Il n'y aura peut-être pas la solution ce soir. On l'a appris cet après-midi que Malte fermait ses frontières au non-vacciné. Une décision unilatérale prise par un pays européen. Bien sûr. Et surtout, on voit bien que la pression va être très forte sur les pays touristiques. La Grèce, par exemple, veut aller beaucoup plus loin sur le pass sanitaire, voire être disposé à passer directement au pass vaccinal. Ce qui, évidemment, au niveau européen est difficile à faire. C'est pour ça qu'il y a forcément concertation. Là, on verra.
Mais le pass vaccinal, aujourd'hui, ce n'est pas encore en question en France. Mais peut-être qu'on y va parce que c'est la question de la vaccination obligatoire. On voit bien que derrière tout ça, c'est ça la question. Jusqu'où ? Alors, le pass vaccinal, mais jusqu'où ? C'est-à-dire, jusqu'où ? On parlait tout à l'heure des restaurants. Est-ce que c'est pour aller au cinéma ? Est-ce que c'est pour aller au concert ? On voit bien que l'idée, c'est de baisser les jauges. Alors, on verra 500, 100 peut-être. Donc, ça veut dire baisser les jauges. Est-ce qu'on va jusqu'au restaurant ? Tout ce qui est spectacle, tout ce qui est événement, là, manifestement, on y va tout droit. Que fait ?
Parce que la relation commerciale, c'est aussi une relation qui n'est pas forcément basée sur « donnez-moi vos papiers, donnez-moi votre pass sanitaire ». Là, on rentre sur quelque chose qui devient beaucoup plus sensible. C'est la question de l'efficacité. Est-ce que la mesure… Beaucoup de restaurateurs la réclament, par exemple. Mais est-ce qu'ils sont tous prêts à le faire ? Est-ce qu'ils sont en capacité de le faire appliquer, de le faire respecter dans leurs établissements ? On a vu que c'était compliqué au début, ne serait-ce que pour imposer le port du masque, la question des jauges, de l'espacement entre l'État ?
N'oublions pas que nous vivons dans un pays qui a quand même dépensé 423 milliards depuis le début de la crise. Je pense qu'à un moment, ce qui va se jouer, c'est la possibilité de continuer à vivre entre vaccinés et non-vaccinés. Et ça, ce sera peut-être pas la même chose. Sois-y, Kémener, dans les questions que le président va devoir trancher, est-ce qu'il y a aussi l'idée qu'il craint une fracture, une rupture entre les vaccinés et les non-vaccinés ? C'est-à-dire qu'au tout début de la crise, quand on était tous dans la même galère, on n'avait pas le choix que d'accepter les mesures de contraintes sanitaires. Est-ce qu'il y a aussi cette donnée qui est très différente ?
C'est qu'aujourd'hui, il y a une partie de la population qui se dit « je suis vaccinée, je n'accepterai plus de contraintes ». Oui, et de l'autre côté, une autre partie de la population qui dit « je ne suis pas vaccinée,
c'est ma liberté de ne pas l'être ». Exactement. Ce qui est très intéressant pour Emmanuel Macron, c'est que ça pose la question à Emmanuel Macron, une question presque philosophique, où est la liberté ? Est-ce que c'est la liberté ou non de se faire vacciner ou c'est la liberté ou non d'être éventuellement encore enfermé, encore sous contrainte ? Et on voit d'ailleurs que dans le débat politique, c'est en train de changer. Alors, on a entendu ce qu'a dit François Bayrou, mais on aurait parlé de vaccination obligatoire il y a encore 3 ou 4 mois, ce n'était pas audible.
Alors, ce n'était pas audible parce que les doses n'étaient pas accessibles, mais c'est vrai qu'Emmanuel Macron, il va devoir trancher ça ce soir en sachant qu'il avait de toute façon toujours pris en compte les antivaxes de façon trop forte. D'ailleurs, le reproche y en a été fait au début, c'est-à-dire au mois de décembre dernier quand il était devant des responsables politiques, il était devant Bruno Retailleau, Gérard Larcher, il s'inquiétait, l'ARN messager, est-ce que c'est vraiment sûr ? Enfin, certains responsables politiques ont fait état de discussions comme celle-là avec le président de la République qui était comme les Français, qui doutaient un peu.
Et là, il va falloir qu'ils tiennent compte de la sociologie très particulière, des hésitants, pas obligatoirement des antivax, mais il y a une étude hyper intéressante qui a été faite sur 85 000 personnes, c'était en novembre dernier, mais elle est sortie juste au mois de juin. Et c'est deux chercheurs qui ont montré que c'était vraiment les catégories sociales défavorisées qui émettaient une inquiétude ou un rejet vis-à-vis de ce vaccin. C'est deux États différents. Et surtout, il y avait une corrélation très importante entre l'intention vaccinale et la confiance envers le gouvernement. Donc toute la difficulté
pour Emmanuel Macron, ce soir, c'est de parler à toute la France. De ne pas jouer une France contre l'autre. De ne pas jouer une France contre l'autre. Et on sait que c'est un président qui avait été élu aussi pour ça,
pour réduire les fractures françaises qui sont nombreuses. Et ça, c'en est une béante. Donc c'est une difficulté, évidemment, pour lui, d'autant qu'on s'approche de l'élection présidentielle. C'est un truisme, mais c'est présent aussi dans la discussion. Patrick Pollo ?
Non, par rapport à la fracture, moi, en tant que soignant, la fracture que j'ai vue, c'est toutes ces personnes qui sont décédées, qui étaient avec une santé qui allait de briquet de broc, mais souvent en bonne santé, qui ont attrapé la Covid et qui sont morts. Pour moi, la fracture, elle a été là. Après, la fracture, en effet, elle a été sur des départements comme la Seine-Saint-Denis qui est le département de l'Île-de-France où ils ne veulent pas se faire vacciner. Donc d'un coup, la fracture, elle est là. Elle est sociale, éducative, informative. Il faut aller les chercher.
Donc il faut probablement, en effet, reparler des vaccinodromes, d'aller chercher les gens qui ne veulent pas se faire vacciner, leur expliquer. Moi, ça m'est déjà arrivé de parler avec des gens qui ne voulaient pas se faire vacciner. Qu'est-ce que vous leur disiez ? Je leur disais qu'on va leur sauver la vie, que de toute façon, ce qu'on leur injecte, c'est des protéines, c'est de toute façon quelque chose. Il ne fallait pas croire tout ce qui est dit sur les injections qui sont complètement folles et que je ne reprendrai pas là parce que je ferai courir la rumeur. Donc du coup, ça marche quand on explique aux gens.
Ils ont besoin d'informations et il y a des gens qui ne viennent pas forcément chercher l'information. J'aimerais que tout le monde écoute, c'est dans l'air. Oui, moi aussi. Ce n'est pas le cas. Mais ils sont très nombreux quand même tous les soirs, vous le savez bien. En tout cas, il fait partie des départements les plus touchés en France. Dans le Var, le variant Delta représente près de 90% des nouvelles contaminations dans ce territoire prisé par les touristes. Naturellement, vous allez le voir, les mesures de traçage, de suivi ne sont pas faciles à faire appliquer. Reportage Walid Berissoul et Emmanuel Bach.
Le Var, ses plages, son Mistral et ses marchés provençaux qui font partie des derniers endroits en France où ne pas porter de masque est toujours illégal. Le masque est obligatoire, monsieur Damer. Le masque est obligatoire.
Entre les étals, Marie-Claire et son équipe de médiateurs rappellent que des restrictions sont toujours en cours dans ce département. Même les vaccinés sont concernés.
Vous pouvez le passer quand même à des gens qui ne sont pas vaccinés ou à des gens vulnérables et donc ils peuvent, eux, développer une forme grave. C'est pour ça qu'il faut continuer à faire attention, même vacciner, parce que quand on est vacciné, on se relâche un peu. Il ne faut pas. Malheureusement, pas encore.
Dans le Var, le variant Delta va plus vite que la vaccination. seulement 35% des habitants ont reçu leurs deux doses, alors que dans les prochaines semaines, le département s'apprête à accueillir près de 5 millions de touristes.
Quand ils jouent avec des rassemblements qu'il y a dans les festivals, il va y en avoir, des fêtes, des festivals. tout le monde se mêlent, surtout les jeunes. Donc il y a des gens vulnérables dans tout ça et malheureusement, le virus est là et il passe vite. Ça va très vite.
Un été de plus où l'épidémie dicte son rythme, même à l'heure de l'apéritif au bord de la plage.
On est contents, on profite, on ressort. Ça fait plaisir de ressortir, de profiter, d'avoir une méga vue.
Si on respecte tous un peu les règles, je pense qu'on va essayer de s'encircler un petit peu. Un petit retour à la vie normale, ça ne ferait pas de mal au sien.
Mais on ne s'en sortira jamais, j'ai l'impression. Pour moi, c'est hyper angoissant et on se dit que ça ne finira pas et qu'on n'aura jamais l'occasion de revivre comme avant.
Alors comment ne pas plomber l'ambiance tout en respectant les règles sanitaires ?
On a des écriteaux un peu de partout.
Marie, la patronne, joue parfois les équilibristes. Pas question par exemple de laisser à la porte des clients étourdis. Parmi ceux-là, deux ont oublié leur masque.
Je vais vous trouver ça. Il y a à ce moment-là deux qui passent et puis on vous ramène le masque. On va s'organiser. Il n'y a pas de soucis. Il y a des gens qui sont un peu plus craintifs. Il y en a d'autres, bon, ils sont... Faut royalement. Ils s'en moquent. Et donc du coup,
c'est là où nous, on intervient où à un moment donné, il y a celui qui a peur, celui qui s'en moque, il faut arriver à concorder les deux pour que ça puisse... Qu'il n'y ait pas de problème. Mais lorsqu'il s'agit de laisser une trace de son passage, en flashant un QR code
ou en laissant ses coordonnées, l'habitude n'a semble-t-il pas vraiment été prise.
Vous m'entendez bien ? Oui, je vous appelle dans le cadre de la Covid. Dans ce centre d'appel de l'assurance maladie du Var, les enquêteurs le constatent chaque jour. Ils tentent actuellement de retracer une dizaine de chaînes de contamination différentes liées à des événements comme une fête privée, un concert ou encore une soirée dans un restaurant.
Les restaurants, ils sont censés obligatoirement depuis le 9 juin vous fournir soit un cahier de rappel physique papier, soit un QR code. C'est le cas ?
Non.
C'est-à-dire ?
Malheureusement, très peu. Ah, on a raccroché. Je vais retenter.
Au milieu de l'après-midi, beaucoup de coups de téléphone sonnent dans le vide. Dans ce cas, un SMS est envoyé automatiquement. Et avec le variant Delta, l'objectif devient d'autant plus crucial.
Oui, vous m'entendez ? Il faut joindre la personne dans les quatre.
D'accord, très bien.
Il ne faut surtout pas que ces gens restent dans la nature. Les gens ont un petit peu baissé la garde, etc. Et les cas contacts se multiplient énormément. Donc ça fait une charge de travail supplémentaire pour toute l'équipe ici. D'autant plus qu'on est une région très attractive, très touristique. et on peut dire que tout est multiplié par deux, par trois. Donc les équipes restent sur le qui-vive et on est monopolisé toute la journée. Dans le Var, le variant Delta représente désormais deux contaminations sur trois. Alors que la saison estivale ne fait que commencer. Yves Buisson, après ce reportage, on se dit que ça paraît compliqué de la contenir, cette vague du variant Delta.
Dans les conditions qui sont très bien exposées dans ce reportage, on voit que pour même pour retrouver les patients qui ont été éventuellement exposés au virus, et aux variants, c'est difficile de les retrouver. D'autant que la stratégie testée, isolée, n'a jamais très bien fonctionné parce qu'en grande partie,
elle repose sur le volontariat, sur la bonne volonté des personnes. Or là, les gens sont en vacances et ils ne veulent pas s'isoler. Si on les teste,
et puis peu vont aller spontanément se faire tester, sauf s'ils ont besoin d'un pass sanitaire. C'est pour ça que ce pass sanitaire de convenance, il faudrait qu'il ne soit plus remboursé pour justement que toutes ces personnes qui ont besoin d'un pass au sens général fassent un pass vaccinal et aillent se faire vacciner. Sinon, je crois qu'effectivement, le variant se répond beaucoup plus vite que les précédents. Et la saison touristique n'arrange rien ?
Non, non, non. Le seul point favorable, c'est qu'il fait chaud, c'est qu'il fait beau, mais enfin, ça ne tient pas à la route par rapport à tous les facteurs négatifs.
Bruno Lina, votre réaction à ce reportage et sur la difficulté dans les endroits comme le Var de contenir l'épidémie ? Non, mais il y a une certaine dilettante de la prise en charge de l'ensemble de tout ce qu'il faudrait faire pour essayer de contrôler ce virus. C'est clair qu'on est dans une ambiance de vacances, donc c'est très difficile d'écouter des messages qu'on entendait quand on travaillait. Après, il y a malgré tout, quand on regarde en détail les moments de transmission et de contamination, c'est très répétitif. C'est des espaces festifs clos, c'est des endroits où on se trouve nombreux dans des espaces pas très importants.
C'est quand on sait manifestement qu'on a baissé l'ensemble des mesures barrières. Donc, c'est là où, à un moment donné, il faut que chacun prenne ses responsabilités en disant, bon, je prends mes vacances mais je ne me mets pas dans ces situations-là. Je pense que c'est malgré tout possible d'éviter d'être à 500 dans une pièce fermée et passer de bonnes vacances. C'est parce que vous n'avez pas en boîte de nuit, ça, Bruno Lina. Bon, effectivement, enfin, il y a une situation où j'y allais, mais je pense que, bon, c'est difficile de dire, mais là, c'est... C'est prendre un risque, en tout cas. C'est ce que vous nous expliquez. Cette question qui nous est posée ce soir.
Je suis vacciné, deux doses depuis fin mai, j'ai réservé en Grèce, fin août, que faire ? Annulé ? Alors, je ne sais pas qui peut répondre à cette question, mais... Il y a eu, il est vacciné, il peut y aller. Oui. Il y a eu un doute qui s'est instillé la semaine dernière avec la phrase pas très bien ajustée du secrétaire d'État. Il aurait dû dire, conseil de ne pas y aller si vous n'êtes pas vacciné. Il faut se faire vacciner. Si vous êtes vacciné, pour l'instant, vous pouvez aller dans toutes les destinations européennes, que ce soit l'Espagne, le Portugal. Certes, le variant Delta est aujourd'hui dans des prostortions plus importantes qu'ici.
Vous pouvez aussi également aller en Grèce, l'Italie, il y a même moins de cas en Italie pour l'instant qu'en France. Mais vous pouvez absolument aller. Simplement, c'est sur l'histoire des tests PCR, sans doute que là, va se poser la difficulté pour certains pays, comme l'Espagne ou le Portugal. On voit que ça devient compliqué parce que d'abord, vous avez la quarantaine, il y a des choses qui vont rendre plus contraignants sans doute les déplacements vers certains pays. C'est la question que vont se poser les Français ce soir en regardant les présidents d'un Québec.
Mais vacciner, il faut le dire,
vacciner, vous pouvez. Mais vous pouvez, c'est ça qui est rassurant parce que si vous êtes vacciné, tout est possible. Et là, par rapport à ce qu'on a vu aux images dans le Var, moi, ce que je trouve quand même intéressant, c'est qu'il y a quand même beaucoup de gens qui ont le port du masque. Vous avez vu, il y a cette restauratrice qui a mis des placards partout pour dire qu'il faut prendre précaution. C'est, soit dit en passant, ce qui nous évite pour la deuxième année consécutive l'épidémie de gastro-entérite de l'été parce que les gens se lavent enfin les mains en France. Donc ça, c'est quand même positif.
Donc, on a un peuple qui est vaillant, on a un peuple qui est courageux parce que, rappelez-vous, au début du confinement, tout le monde disait personne ne va respecter. Tout le monde a respecté. Je pense qu'il faut, en effet, que ce soit, il y a un message qui soit très clair et ça, je parie avec vous que les Français, ils obéiront parce que c'est un peuple qui est vaillant, qui est courageux et qui est plus obéissant que ce qu'on croyait. Mais il faut que le message soit clair.
Et moi, je crois en effet que si on veut vraiment faire fort et arrêter tout ça et chasser définitivement de nos idées le confinement généralisé, c'est de dire que de toute façon, il faut vacciner maintenant et de manière obligatoire toute la population. Et nous revenons maintenant à vos questions. Alors, Emmanuel Macron, pourrait-il annoncer ce soir le retour du couvre-feu, voire des attestations tant détestées ? C'est pas du tout l'idée
pour l'instant. On voit bien que l'idée, c'est de pousser la vaccination au maximum, de faire entendre aux non-vaccinés qui n'auront peut-être pas à un moment les mêmes droits ou en tout cas les mêmes libertés que les vaccinés. On est plutôt dans cette tonalité-là. Pour l'instant, on n'a pas de menaces de reconfinement qui plane. Alors, c'est vrai qu'il y a des couvre-feux
qui ont été remis en place, je pense notamment au Portugal, dans certaines régions du Portugal qui, évidemment, on regarde les autres exemples européens parce qu'on sait que quand il se passe quelque chose dans un pays européen, ça finit par arriver en France. Mais en l'état actuel de l'épidémie, c'est pas envisagé par le politique.
Il y a certaines villes, je pense à Lisbonne, qui ont repris des mesures de couvre-feu, des mesures contraignantes récemment, il y a une dizaine de jours. L'essentiel de l'allocution sera-t-elle consacrée aux variants Delta, Bruno Jeudy ? Ben non. Enfin, si, mais il est possible qu'il parle d'autre chose aussi.
Oui, il est possible qu'il parle d'autre chose parce que c'était, Soisic-Cermain le disait tout à l'heure,
de toute façon, cette intervention, elle était prévue. Il avait décidé de la décorréler des élections régionales et en même temps, il a fait le choix de ne pas le faire avec le 14 juillet et la fête nationale. Donc, il est prévu qu'il parle évidemment beaucoup de cette reprise de la crise sanitaire qui contrarie ses plans projeter dans une rentrée avec notamment la question économique et sociale parce que ce pays va devoir aussi à un moment abandonner le quoi qu'il en coûte.
Il a dépensé beaucoup d'argent justement pour pouvoir s'en sortir et ça a plutôt marché d'ailleurs parce que le pays a résisté, les faillites n'ont pas été aussi nombreuses qu'on le disait, le chômage ne s'est pas emballé parce qu'il y a eu le soutien à l'économie et c'est sans doute pour ça que le président va aussi parler de tous ces projets en matière économique et sociale. Sera-t-il entendu ?
A mon avis, c'est un peu un mélange assez acrobatique parce que les Français aujourd'hui ils entendent la reprise de la crise sanitaire, la quatrième vague et ça évidemment ça inquiète tout de suite et puis moi je pense que le dernier point c'est qu'on s'oriente vers une période peut-être de tension parce que c'est vrai que la cohabitation entre les vaccinés et les non-vaccinés si des mesures devaient être prises de manière plus coercitive risque de poser problème dans ce pays.
Tout le monde a fait beaucoup d'efforts et aujourd'hui tout le monde se dit non mais moi j'ai fait l'effort de me vacciner le voisin n'est pas vacciné et là il y a un risque quand même de fracture soit ce que je le disais tout à l'heure. C'est peut-être pour ça il y a une question qui suit vous allez voir pourquoi Emmanuel Macron a-t-il peur de rendre obligatoire la vaccination pour tous ? C'est pour ces raisons-là ? C'était la crainte d'une tension ? Alors c'est la crainte d'une tension et puis aussi c'est à l'opposé de son identité politique alors on sait bien qu'il a dû la contrarier depuis le début de la pandémie mais obliger les Français
à se faire vacciner c'est tout sauf ce qu'est le libéral Emmanuel Macron
donc on voit bien il y a une difficulté pour lui à contraindre et d'ailleurs ça avait été une très bonne intuition politique alors peut-être pas sanitaire
ça je ne suis pas compétente pour le dire mais à la fin du mois de janvier de décider de ne pas reconfiner les Français il avait senti que ce n'était pas le moment et que les Français ne l'accepteraient pas donc il joue beaucoup sur l'acceptation mais là ce qui est intéressant et on sait qu'il regarde des sondages Emmanuel Macron c'est de voir que le camp de l'obligation
est désormais plus fort en France que le camp de la non-obligation jusqu'où ça va aller ça on ne sait pas c'est fort 20h allez je suis vaccinée puis-je transmettre le virus oui ou non Dominique dans les bouches du Rhône qui vous pose cette question Bruno Lina alors c'est toujours il n'y a jamais une réponse à 100% vous le savez mais les vaccinés ne transmettent transmettent beaucoup moins beaucoup moins beaucoup moins le virus que les non-vaccinés c'est aussi simple que ça en fait un non-vacciné va transmettre le virus à des non-vaccinés à un rythme effréné alors qu'un vacciné lui si en plus il porte un petit peu un masque parce qu'il est dans un espace clos il ne le transmettra pas on a estimé ce risque qui était diminué de 12 ou de 15 fois toute personne non-vaccinée est-elle vouée un jour ou l'autre à attraper ce variant Delta toujours Bruno Lina alors ce variant Delta je ne sais pas parce qu'il est possible qu'il y ait un autre virus qui apparaît toute personne non-vaccinée à terme sera infectée par le coronavirus oui c'est le principe d'une pandémie une pandémie ça touche tout le monde il n'y a que les vaccinés qui échapperont on sera soit vacciné soit malade soit vacciné soit convalescent certains ont des symptômes d'autres n'en ont pas allons-nous devoir présenter notre passe sanitaire pour aller au restaurant au cinéma au théâtre
ça c'est la grande question qui était en suspens je ne peux pas vous répondre au moment où nous parlons mais elle est sur la table c'est-à-dire jusqu'où ira le passe sanitaire
qui existe déjà aujourd'hui mais qui ne s'applique que pour les événements avec des jauges supérieures à 1000 personnes pour le 14 juillet notamment il y a 5000 personnes mais elles devront tous montrer leur passe sanitaire et être masquées et on rappelle qu'il y a certaines villes qui ont annulé les festivités du 14 juillet justement notamment des feux d'artifice pour ne pas prendre le risque de rassembler trop de personnes en un seul et même lieu Patrick Pelou cette question pouvez-vous nous rappeler la différence entre le passe sanitaire et le passe vaccinal ?
c'est différent enfin c'est à la fois la même chose parce que vous savez c'est les QR codes qui seront réclamés et là le QR code a évolué maintenant vous avez un QR code qui est européen et donc le passe sanitaire ce sera le passe vaccinal si vous êtes vacciné ce sera le mais ce qui est mis avec c'est que souvent il y en a qui demandent et qui demandent une situation complémentaire c'est ce qu'on voit dans notamment les avions ou certains voyages qui demandent en plus un PCR voilà on manque de personnel dans les hôpitaux et les EHPAD faudra-t-il licencier ceux qui ne veulent pas se faire vacciner ?
Yves Buisson j'espère qu'on ne sera pas amené à prendre cette décision extrême mais il ne faut pas contourner il ne faut pas déplacer le problème il faut rendre la vaccination obligatoire pour tous ces personnels ça c'est évident on ne peut plus reculer maintenant alors s'il y a quelques individus qui refusent eh bien il faut accepter ce risque parce que ça n'est pas discutable maintenant
on ne peut plus admettre que des personnes qui travaillent auprès des personnes vulnérables consentent à représenter un risque de transmission donc consentent à les infecter et peut-être à les tuer donc c'est fini ça
il ne faut plus discuter de cela et je crois qu'il faut être courageux politiquement courageux et prendre cette décision j'espère qu'elle sera prise ce soir Patrick Pollo il faut des sanctions pour ceux qui ne respectent pas les règles ça se fait en Italie ça se fait en Italie les sanctions et on en a déjà quand on n'est pas vacciné sur les vaccins obligatoires à l'hôpital de toute façon donc celui-là il tombera sous le coup des autres c'est quoi les sanctions ?
c'est une injonction sinon vous ne pouvez pas travailler c'est marqué dans le code de santé publique d'accord mais c'est normal c'est éthique c'est déontologique je suis là pour soigner tous les malades je ne suis pas là pour les rendre malades voyez c'est ça avec selon l'AFP donc cette décision qui sera prise et annoncée par le Président de la République ce soir et qui sera au Conseil des Ministres la semaine prochaine ce variant est-il plus contagieux mais il n'affecterait pas les réanimations alors laissons faire c'est faux c'est totalement faux ce variant pour l'instant comme on est au début de sa propagation on ne voit pas monter de manière significative ce qui se passe en réa mais je vous garantis qu'il y aura des malades qui seront en réanimation avec le virus c'est mathématique c'est évidemment les variants Epsilon et Lambda représentent-ils une nouvelle menace Bruno Lina ?
alors ça ce sont des variants alors Epsilon c'est ce qu'on appelait le variant Californin il a 8 à 9 mois il n'a jamais réussi à prendre il est moins transmissible que le variant Alpha et il est donc encore moins transmissible que le Delta il n'a aucun avenir
d'accord
concernant le Lambda c'est un virus qui vient d'Afrique du Sud il est appelé variant Colombien qu'il diffuse au Pérou et dans l'Amérique du Sud à surveiller mais enfin aujourd'hui on a un problème c'est le Delta voilà ok on va en rester là merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h40 on se retrouve demain pour un nouveau C'est dans l'air belle soirée
François Bayrou