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videoyoutube.com· 11 juillet 2026

Audiovisuel public : 4 MILLIARDS pour ça ? La ministre prise au piège à l’Assemblée

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Cette audition devait être une simple présentation de la feuille de route de la ministre de la Culture. Mais très vite, le sujet central revient sur la table, l'audiovisuel public. France Télévisions, Radio France, France Inter, les milliards d'euros de financement public, les accusations de partialité, les soupçons de dérive, les conflits d'intérêt, le manque de neutralité, tout remonte d'un coup.

Et ce qui est intéressant ici, c'est que la ministre ne se fait pas seulement attaquer par un camp. A droite, on l'accuse de fermer les yeux sur un système audiovisuel public devenu idéologique, coûteux et hors sol. A gauche, on l'accuse au contraire de participer à une politique culturelle soumise au marché, aux milliardaires et à la Macronie.

Autrement dit, tout le monde tape sur le même ministère, mais pas pour les mêmes raisons. Et au milieu de tout ça, il y a une question simple. Pourquoi les Français devraient-ils continuer à payer aussi cher un audiovisuel public dans lequel une partie du pays ne se reconnaît plus ?

Regardez bien cette séquence, parce qu'elle résume le malaise. Merci Monsieur le Président, Madame la Ministre. Vous avez reçu Delphine Ernotte et Sibylle Veil lundi.

J'espère que vous leur avez dit, c'est pas Versailles ici. Votre toute première interview à France Inter, alors que vous veniez d'arriver, a été pour critiquer notre commission d'enquête sur l'audiovisuel public, la tenue des auditions et la façon dont le rapporteur, Charles Aloncle, menait les débats. Mais aussi pour vous en prendre à CNews, comme c'est original et courageux.

Une ministre de la Culture ne devrait pas dire ça, ni donner de leçons à une chaîne privée. En revanche, vous avez applaudi lundi le retour de Merwenn Benlazard sur le service public, alors qu'il déclarait « mon allégeance à la République a des limites ». On l'avait compris au sexisme méprisant et religieux de ses tweets à l'égard des femmes.

Je rappelle que selon la Cour des comptes, vous avez été maintenu à la tête du château de Versailles, sans aucune compétence particulière et malgré le dépassement de la limite d'âge des mandats d'établissement public dans une forme de détournement de pouvoir. Je cite la Cour des comptes. C'est aussi vous qui avez autorisé l'ignoble vagin de la Rennes dans les jardins de Versailles.

Plutôt que de critiquer nos travaux parlementaires sur une antenne du service public, vous devriez en saluer les révélations. Cette commission a mis au jour des dérives graves, atteintes à la neutralité et au pluralisme, conflits d'intérêts, gabegies financières, dépenses somptuaires, soupçons de prise illégale d'intérêts, de corruption. Autant de manquements que votre ministère, pourtant chargé de la tutelle de ces entreprises, n'a jamais su ou voulu dénoncer.

Il s'agit de 4 milliards, la moitié du budget de la culture. Il s'agit surtout de l'argent des Français. J'imagine que vous avez lu le rapport de Charles Laloncle.

Quelles préconisations allez-vous en tirer ? Et quels leviers concrets envisagez-vous pour réformer l'audiovisuel public ? Là, Caroline Parmentier vient de poser le cœur du problème.

L'audiovisuel public n'est pas un petit dossier secondaire. On parle d'environ 4 milliards d'euros. C'est colossal.

Et ce n'est pas de l'argent magique, c'est l'argent des Français. Quand une chaîne privée dérape, les citoyens peuvent ne pas la regarder. Mais quand le service public est accusé de manquer de neutralité, de gaspiller ou de protéger un entre-soi, le problème est beaucoup plus grave, parce que tout le monde paie.

Et c'est exactement pour ça que la question de la confiance devient centrale. Un service public peut être fort, il peut être utile, il peut même être nécessaire dans certains domaines. Mais à une condition, qu'il soit réellement au service de tous.

Pas au service d'un camp, pas au service d'un milieu, pas au service d'une caste culturelle parisienne qui parle entre elles, se félicite entre elles, se protège entre elles, et s'étonne ensuite que les Français décrochent. Le vrai problème de l'audiovisuel public aujourd'hui, ce n'est pas seulement son budget, c'est la rupture de confiance. Merci chers collègues pour le groupe Ensemble pour la République, Madame Céline Calvez.

Merci Monsieur le Président. Madame la Ministre, vous portez les rênes d'un ministère qui n'est pas un ministère comme les autres. C'est celui qui dit ce que nous sommes, ce que nous transmettons, ce que nous voulons léguer.

Dans un contexte de tensions internationales croissantes, de polarisation, radicalisation, de débats publics et des bouleversements technologiques sans précédent, la culture n'est pas un luxe, c'est une ligne de front. Et nous, députés de groupe Ensemble pour la République, serons à vos côtés pour la défendre. Défendre la culture, c'est défendre l'émancipation et d'abord garantir que chaque jeune Français et Française puisse y accéder.

C'est précisément ce que le pass culture permet. Vous en avez parlé, les chiffres l'attestent. Ça a permis de toucher plusieurs millions de jeunes, leur a ouvert des portes que certains n'osaient même pousser.

À ce titre, pouvez-vous nous confirmer non seulement sa pérennisation, mais aussi l'ambition d'approfondir cet outil de démocratisation culturelle, peut-être même au-delà des jeunes. L'accès à la culture, c'est aussi l'accès à une information fiable, dans un espace médiatique qui tient ses promesses démocratiques. Les états généraux de l'information ont posé un diagnostic et des recommandations, et nous sommes nombreux à en attendre toujours la suite.

Le combat contre la désinformation exige des régulations adaptées, une éducation aux médias renforcées et un audiovisuel public qui assume pleinement et puissamment sa singularité. Aussi, quelles mesures entendez-vous prendre afin que notre espace médiatique reste un espace de confiance et non un terrain abandonné à la désinformation et aux logiques algorithmiques ? Enfin, l'intelligence artificielle constituera sans doute le défi le plus structurant de votre action.

Et c'est l'objet aussi d'une mission d'information de notre commission. Alors que nous assistions hier soir à l'excellente première représentation d'une pièce que Molière aurait pu écrire, une œuvre née de la rencontre entre l'intelligence artificielle, la recherche et la dramaturgie classique, le projet Molière ex machina, est l'illustration parfaite de ce que nous défendons. La technologie n'est pas les nuits de la culture, ça peut en être le souffle nouveau.

L'IA ouvre des possibilités inédites de création et de diffusion, c'est une chance, mais nous devons néanmoins être vigilants à ne pas laisser aspirer son contrepartie, notre patrimoine culturel immatériel qui constitue un véritable actif stratégique pour nos industries culturelles et créatives. Alors Madame la Ministre, comment entendez-vous faire de la France non pas un spectateur de cette révolution, mais l'un de ses auteurs ? Et maintenant, changement total de registre.

Après la charge venue de la droite, voilà la charge venue de la gauche. Et c'est là que la séquence devient politiquement intéressante. Parce que LFI ne reproche pas au gouvernement de protéger un audiovisuel public trop idéologique à gauche.

Elle l'accuse au contraire de livrer la culture à la Macronie, aux milliardaires, à Bolloré et à l'extrême droite. Le diagnostic est opposé, mais le résultat est le même. L'audiovisuel public, la culture et le ministère sont au centre d'un énorme procès politique.

A droite, on dit, vous gaspillez l'argent public et vous ne respectez plus la neutralité. A gauche, on dit, vous cassez la culture publique et vous laissez les puissances de l'eau privée prendre le contrôle. Dans les deux cas, cela montre une chose.

Le modèle actuel est arrivé à un point de tension dangereux. Quand tout le monde accuse le système, même pour des raisons différentes, c'est qu'il y a un problème de fond. Merci, chers collègues.

Pour le groupe LFI, Madame Sarr-legrin. Merci, Monsieur le Président. Madame la Ministre, vous voulez donc charger de poursuivre la politique culturelle de Rachida Dati et d'Emmanuel Macron, dont vous avez été la conseillère.

Une politique de destruction et de répression qui pavent le chemin au fascisme. Le bilan de 9 ans de Macronie, c'est une culture exsangue, livrée à l'extrême marché et à l'extrême droite. C'est l'état d'urgence culturelle, 208 millions d'euros en moins dans le dernier budget, de nouvelles coupes imposées en cours d'année.

Un plan social massif dans le spectacle vivant, structure et compagnie asphyxiée, fonds de peps asséchés, régime des intermittents menacés, artistes-auteurs privés de droits et de revenus, et des écoles d'art qui sombrent. C'est la démocratisation culturelle réduite au pass culture, finalement sabré à son tour. Ce sont des musées sommés de s'autofinancer, leurs travailleurs précarisés, leurs collections mises en danger et en guise de l'ouvre-renaissance, un l'ouvre à l'agonie.

Mais surtout, 9 ans de Macronie, ce sont des atteintes à la liberté de création, des artistes que vous abandonnez aux haines racistes, sexistes, LGBTphobes, voire que vous pourchassez vous-même quand vous n'aimez pas leurs idées. Vous laissez le CNC suspendre un fonds d'aide à la création numérique, sur demande de l'extrême droite qui le harcèle et qui rêve de sa disparition. Vous laissez le cinéma, les festivals, les médias, l'édition, aux mains de milliardaires comme Bolloré, qui conservent ses news, s'emparent du GC, qui imposent ses affidés et ses idées, au JDD, chez Fayard, chez Grasset.

Vous laissez publier l'abjecte rapport à l'oncle, dicté par le même Bolloré, pour achever un audiovisuel public déjà affaibli par vos coupes et discrédité par votre mise au pas idéologique. Oui, mise au pas. Car vous, macronistes, donnez déjà dans la censure réactionnaire quand vous faites virer les humoristes, perquisitionner des libraires, persécuter des associations, annuler des concerts.

Avec vous, désubventionner rock en scène pour cause de musiciens pro-palestiniens, c'est ok, mais contester la programmation d'un réhabitant accusé de viol, c'est être une sale conne. Alors ne vous en déplaise, l'art est politique. Nombre d'artistes résistent et dessinent un autre monde.

Et je leur dis, dans moins d'un an, on tourne la page. Avec nous, ce sera 1% du PIB pour la culture, la fin de ces news et l'Empire de Bolloré et une politique culturelle émancipatrice à l'image et au service de la Nouvelle-France. Cette séquence est révélatrice.

La ministre de la Culture arrive pour parler d'avenir, de création, de culture, d'intelligence artificielle et de patrimoine. Mais l'Assemblée revient immédiatement sur le sujet qui fâche l'audiovisuel public. Et c'est normal.

Parce que tant que la question de l'argent public, du pluralisme et de la neutralité ne sera pas réglée, tous les discours sur la culture sonneront creux. Les Français peuvent accepter de financer un service public exigeant, ambitieux, utile au pays. Mais ils accepteront de moins en moins de financer un système qu'ils soupçonnent d'être fermé, politisé, arrogant ou incapable de se remettre en question.

La droite et la gauche ne sont pas d'accord sur les causes, mais elles pointent toutes les deux une crise. Et cette crise, la ministre ne pourra pas l'éviter longtemps. Parce qu'au fond, la question est simple.

L'audiovisuel public appartient-il encore à tous les Français ou seulement à ceux qui le dirigent ? Merci.