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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 10 avril 2024 6 minContradictoireActualité / polémiqueSantéNumérique

Taxe lapin : "Cette décision est inapplicable en l'état", assure Frédéric Bizard président de l’Institut Santé

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 57 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteRéponse partielle

    Comment la mettre en place ?

  • 0:39OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qu'on sait de ces rendez-vous non honorés ?

  • 2:06OuverteRéponse partielle

    Et les raisons de ce refus, enfin de ces rendez-vous non honorés ?

  • 3:06OuverteRéponse partielle

    Vous comprenez la décision de Doctolib ?

  • 3:49OuverteRéponse partielle

    On fait comment pour ceux qui sont victimes d'électronisme ?

  • 4:30OuverteRéponse partielle

    Donc c'est le rôle des plateformes, ce n'est pas le rôle, par exemple, de l'assurance maladie ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15InvitéChiffre
    « 5 euros pour tout rendez-vous chez le médecin non honoré et non excusé. »
  • 0:50PrésentateurFait
    « il n'y a pas de chiffre officiel, parce qu'il n'y a pas d'études officielles »
  • 2:38PrésentateurFait
    « Ce que je vois, je me suis renseigné avant de venir ici, auprès de syndicats de médecins, auprès de leur dire, et qui disent non mais tout ça, ce sont des mesurés, tout ça n'a pas d'importance. »
  • 4:52PrésentateurFait
    « la plupart, la grande majorité, sont des médecins libéraux. »
  • 5:29PrésentateurFait
    « elle est de toute façon inapplicable dans la nature. »
  • 5:39PrésentateurFait
    « sans aucune concertation, ni avec les plateformes, ni avec les professionnels de santé »

Temps de parole

  • Présentateur79 %
  • Invité21 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Bonjour Frédéric Bizarre, économiste de la santé, vous êtes professeur d'économie à l'école supérieure de commerce de Paris et président de l'institut santé, institut de recherche autour de la refondation de notre système de santé. Alors Gabriel Attal a confirmé le week-end dernier la mise en place d'une taxe lapin, 5 euros pour tout rendez-vous chez le médecin non honoré et non excusé. Comment la mettre en place ? Le gouvernement a évoqué la possibilité de laisser son empreinte bancaire au moment de la prise de rendez-vous, notamment sur les plateformes de réservation.

Doctolib, et c'est une information, France Inter refuse d'y aller et on va y venir, mais rapidement pour qu'on comprenne bien Frédéric Bizarre, pardon je vais y arriver.

0:36
Présentateur

Bizarre.

0:37
Invité

Bizarre, je sais que c'est complet. Qu'est-ce qu'on sait de ces rendez-vous non honorés ? Il y a beaucoup de chiffres qui circulent.

0:43
Présentateur

Oui, il y a beaucoup de chiffres qui circulent parce qu'il n'y a pas de chiffre officiel, parce qu'il n'y a pas d'études officielles, parce que c'est un phénomène qui n'est absolument pas documenté, autre qu'il y a une étude qui a été faite par l'Union régionale des professionnels de santé d'Ile-de-France qui a à peu près évalué ça entre 10 et 27 millions en le généralisant à l'ensemble du pays par rapport à ce qui se passe en Ile-de-France. Et l'Ile-de-France n'est pas forcément la France, donc vous voyez le manque quand même d'études sérieuses.

Mais en tout cas, c'est un phénomène qui existe et qui est plutôt en croissance et qui montre quand même, à mon avis, deux phénomènes, mais qu'il faut étudier encore une fois. Parce qu'il y a, un, c'est la relation entre les Français et les médecins, comme on voit la relation entre les Français et les enseignants, comme la relation entre les Français et ceux qui sont détenteurs d'un service public qui se dégrade. Il y a un manque de respect de base, on le voit, ça c'est une réalité. Deuxièmement, c'est que qui sont ces Français qui n'honorent pas les rendez-vous ? Je pense que ce serait intéressant sociologiquement de les connaître. Est-ce que ce sont des gens qui sont très précarisés ?

Est-ce que ce sont simplement des hypochondriacs ? Mais en tout cas, ce n'est pas les Français qui, tout d'un coup, se mettent à pas honorer les choses. C'est important parce que dans le traitement et dans les solutions qu'on va mettre en place, on voit que là, c'est une solution généralisée qui va probablement imposer à tous les Français de déposer leur carte bancaire avant de prendre un rendez-vous.

2:06
Invité

Et les raisons de ce refus, enfin de ces rendez-vous non honorés ?

2:10
Présentateur

Encore une fois, je pense qu'il y a des raisons sociologiques qui font qu'il y a une précarisation de la société, une partie de la société française qui fait qu'on tombe dans des gens qui ne respectent pas, qui ont un manque, qui n'honorent pas des rendez-vous qui sont une évidence pour une très grande majorité des Français. C'est là où je pense. Mais encore une fois, je suis très gêné pour vous répondre parce qu'il n'y a aucune donnée. Tout ça repose sur du sable autre que, encore une fois, c'est un phénomène qui existe. Mais est-ce que c'est un phénomène d'une telle ampleur ?

Ce que je vois, je me suis renseigné avant de venir ici, auprès de syndicats de médecins, auprès de leur dire, et qui disent non mais tout ça, ce sont des mesurés, tout ça n'a pas d'importance. Je n'entends pas quand même sur le terrain de gens qui nous disent on a un phénomène massif qui nous pose un problème massif. Dernier point, il faut savoir que les médecins ont plus un problème d'honorer, eux, les rendez-vous de pouvoir répondre à la demande, qu'un problème de manque de demande.

3:03
Invité

Frédéric Bizarre, ce matin, on l'a donné, Information France Inter, Doctolib, la plus grosse plateforme, dit non à l'empreinte bancaire au nom de l'égalité des soins. Vous comprenez la décision de Doctolib ?

3:13
Présentateur

Non, je ne la comprends pas, parce que moi je pense que la solution, c'était justement les plateformes. On n'est plus à une ère où on prend les rendez-vous comme ça par téléphone. Donc je pense que la solution, elle est technologique. C'est-à-dire que comme nous sommes tous obligés en tant que citoyens de passer par ces plateformes numériques, ces plateformes numériques ne peuvent pas juste avoir des droits et pas des devoirs. Donc il faut que cette plateforme s'assure. D'abord, on doit avoir avec les données, une analyse des données, mieux connaître ce phénomène-là. Et on doit obliger ces plateformes à avoir une analyse et à sortir ces impétueux patients.

3:45
Invité

Oui, mais on fait comment pour ceux qui sont victimes d'électronisme ? On dit 15%. Ceux qui n'ont pas de carte bancaire, 5%. On fait comment pour eux ?

3:52
Présentateur

Ça, il faut que ça se traite. C'est-à-dire que si on ne peut pas... Bon, d'abord, c'est une ultra-minorité, mais cette ultra-minorité, elle doit être traitée en s'assurant qu'on peut avoir un contact avec son médecin, et c'est quand même le cas, sans passer par Doctelib. Mais ça, vous voyez, on sort de ce sujet-là. C'est que vous avez aujourd'hui une numérisation qui a pris toute la place, mais qui n'apporte pas un service si qualitatif que ça aux médecins. Mais je pense que c'est à ces plateformes numériques de s'assurer que ça soit de bons rendez-vous. Et quand ce n'est pas des rendez-vous honorés, de regarder. Il faut avoir une analyse.

4:27
Invité

Donc c'est le rôle des plateformes, ce n'est pas le rôle, par exemple, de l'assurance maladie, comme le souhaitent certains syndicats ?

4:33
Présentateur

On peut reprocher beaucoup de choses à l'assurance maladie, mais enfin là, l'assurance maladie n'est quand même pas pour grand-chose, du fait qu'il y ait des patients... Mais vous savez, c'est un phénomène qui est beaucoup plus profond qu'il en a l'air, parce qu'on n'a pas des fonctionnaires en France de médecins, la plupart, la grande majorité, sont des médecins libéraux. C'est-à-dire que ce sont des médecins qui sont indépendants, normalement, même si on les a mis sous la tutelle de l'État aujourd'hui. Donc le fait qu'il n'y ait plus du tout de paiement, par exemple, en relation où on va chez le médecin, on y va, sa carte vitale vaut carte bleue.

Aussi, il perd la relation et la responsabilisation, ou une relation saine entre le médecin et son patient. Donc tout ça, je pense que ça fait partie d'une sorte de dénaturation de la relation entre le médecin et ces choses. Mais ce qu'il faut voir, c'est que c'est cette relation-là qu'il faut reconstruire. Ce n'est pas parce que vous avez du numérique entre le médecin et le patient que ça doit dénaturer complètement cette relation.

5:23
Invité

Frédéric Bizarre, la décision de Dr. Lube, est-ce que ça veut dire que la taxe lapin est morte-née ?

5:29
Présentateur

Oui, non mais elle est de toute façon inapplicable dans la nature. La vraie... Vous savez, on a des génies de toute façon au pouvoir qui ont réglé en un week-end l'essentiel de la désertification médicale. Donc de toute façon, sans aucune concertation, ni avec les plateformes, ni avec les professionnels de santé, on a pris cette décision-là qui est inapplicable en l'État. Alors, sauf à transformer complètement notre relation avec les médecins où vous allez devoir déposer tous, parce qu'on ne va pas sélectionner les patients qui vont mettre leur carte bancaire sur ces plateformes, ou pas.

Donc soit on va tous devoir mettre notre carte bancaire dans les plateformes électroniques, soit elle est inapplicable. Et vous savez, il y a un problème avec... On ne manque pas de médecins, on manque de médecins devant les patients. Et là, on est en train de charger en tâche administrative le médecin puisqu'on a dit que ça va être les médecins qui vont décider si on applique cette taxe ou pas.

6:18
Invité

Merci Frédéric Bazar, économiste de la santé, pour cet éclairage. Vous étiez l'invité du 5-7.

Taxe lapin : "Cette décision est inapplicable en l'état", assure Frédéric Bizard président de l’Institut Santé · Pourquijevote