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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 3 décembre 2021 24 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileEurope & internationalSécurité

Françoise Fressoz : "Valérie Pécresse va essayer d'incarner l'héritage chiraquien, difficilement"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:01OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous analysé les résultats du premier tour de la primaire LR ?

  • 2:43OuverteRéponse directe

    Même question pour vous Jérôme Jaffray : qu'est-ce qui vous a surpris dans ces résultats ?

  • 5:21OuverteRéponse directe

    Comment expliquer la défaite de Xavier Bertrand ?

  • 6:41OuverteRéponse directe

    Valérie Pécresse incarne-t-elle la droite de gouvernement au sens classique ?

  • 10:48OuverteRéponse directe

    Réaction aux propos de Philippe Juvin sur la droite libérale et européenne ?

  • 11:35OuverteRéponse directe

    Analyse : la droite libérale pèse-t-elle autant que le score de Philippe Juvin (3%) ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:21InvitéChiffre
    « 112 000 votants à la primaire d'hier, on a changé d'univers. »
  • 3:36InvitéChiffre
    « La primaire écologiste qui a eu lieu il y a quelques semaines, c'est 106 000 votants. »
  • 9:49InvitéChiffre
    « Un quart à peu près des électeurs Fillon de 2017 qui déclarent pour le premier tour vouloir voter Emmanuel Macron. »
  • 13:50InvitéFait
    « Il y a des sondages récents qui sont parus d'ELAB ou de l'IFOP qui sont extrêmement importants sur la pénétration des thèmes. »
  • 14:00InvitéFait
    « Ce n'est plus le pays que vous connaissez, la France. On se sent étranger dans son propre pays. »
  • 15:30InvitéFait
    « Ça dit qu'il y a quand même une France qui ne se reconnaît pas du tout dans le macronisme, une France qui est radicalisée. »

Temps de parole

  • Invité45 %
  • Invité 230 %
  • Présentateur21 %

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0:00
Présentateur

Deux invités dans le grand entretien du 7-9 ce matin, la première est journaliste, éditorialiste politique au quotidien Le Monde, voix bien connue des auditeurs d'Inter dans l'émission « Questions politiques » sur notre antenne le dimanche. Le second est politologue, chercheur associé au Cevipof. Vous pourrez dialoguer avec eux dans une dizaine de minutes environ, au 01 45 24 7000, sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Françoise Fressoz, Jérôme Jaffray, bonjour. Bonjour Nicolas, bonjour à tous. Et bienvenue ce matin dans le 7-9, on va analyser avec vous la semaine que vient de vivre la droite dans cette pré-campagne présidentielle.

Le paysage commence à être plus lisible, mardi c'est Éric Zemmour qui déclarait sa candidature, hier les adhérents LR portaient au second tour de la primaire, Éric Ciotti et Valérie Pécresse arrivaient dans un mouchoir de poche, 25,89% des voix pour le premier, 25% pour la seconde, on saura demain qui l'emportera. Et sera donc le ou la candidate LR. Comment avez-vous analysé les résultats de ce premier tour, Françoise Fressoz ? Qu'Éric Ciotti arrive en tête, que Xavier Bertrand soit éliminé. Beaucoup d'enseignements à tirer. Qu'est-ce qui vous a surprise ?

1:15
Invité

Alors, je pense que cette primaire est très intéressante parce qu'au fond elle a l'effet d'un miroir grossissant, peut-être aussi un peu déformant. Je m'explique. Qui était appelé à voter à cette primaire ? Ce sont les adhérents, c'est-à-dire les personnes qui ont adhéré à LR, sans doute par anti-macronisme, parce que par volonté d'arrêter, de mettre fin à l'hémorragie au fond d'une partie de la droite républicaine vers Emmanuel Macron, donc des personnalités très convaincues. Les cinq candidats se sont adressés à ces personnes, mais ils l'ont fait en même temps devant des téléspectateurs qui débordaient.

Donc on a vu au fond, avec en toile de fond, toute l'imprégnation du climat qui avait été faite par Éric Zemmour sur le grand remplacement, le déclin, la décadence. Et tout de suite, ce qui a frappé dans cette primaire, c'est la survalorisation des thèmes de l'immigration, de la sécurité, et ça a donné la prime à celui qui, là-dessus, était au fond le plus cohérent et le plus clair, parce qu'il allait jusqu'au bout de cette théorie, et je parle d'Éric Ciotti, qui au fond a repris à son compte la théorie du grand remplacement, qui s'est dit ami d'Éric Zemmour, et qui a développé un programme extrêmement identitaire.

Donc je pense que c'est pour ça qu'il a gagné d'une courte voix, c'est qu'au fond ça a été la prime à la radicalité, à la cohérence.

2:43
Présentateur

Même question pour vous Jérôme Jaffray, que dit ce premier tour de la primaire, en rappelant ce que disait Thomas Legrand tout à l'heure, à savoir que c'est un corps électoral très étroit, Françoise le disait aussi à l'instant, qu'on ne connaît pas ce corps électoral. Qu'est-ce qui vous a sauté aux yeux hier, quand on a appris les résultats ?

3:01
Invité

Je ne serais pas très éloigné de l'analyse que vient de développer Françoise Fressos, c'est une petite primaire à forte signification politique, et peut-être à grand effet pour la suite des choses. C'est une petite primaire, effectivement. 4 200 000 votants à la primaire de 2016 pour désigner François Fillon. 112 000 votants à la primaire d'hier, on a changé d'univers. Et pas seulement en nombre, on a changé d'univers, parce que les adhérents des Républicains ont une position idéologique qui est particulièrement marquée, effectivement. Songez que la primaire écologiste qui a eu lieu il y a quelques semaines, c'est 106 000 votants.

Nous sommes donc dans un univers en nombre qui ramène la famille des Républicains, qui est une des deux grandes familles des partis de gouvernement, au niveau... Alors les écologistes, on avait le droit de s'inscrire pour aller voter, c'est la différence. Mais quand même, on voit bien les choses. Forte signification de cette primaire, c'est qu'effectivement, le proie du zémourisme, zémourisme entendu comme une composante idéologique, a pesé très lourd, effectivement. La campagne d'Éric Ciotti, c'est le copier-coller du zémourisme appliqué aux Républicains. Et le fait qu'il soit en tête, même si ses chances de victoire au second tour sont évidemment réduites, c'est un événement politique.

Vous savez, les deux candidats arrivés en tête, l'un propose un Guantanamo à la française, et la seconde, qui est arrivée, deuxième Valérie Pécresse, elle dit, elle, des peines de prison différenciées selon les quartiers où on habite. On voit bien où on est, c'est-à-dire une situation où la notion d'État de droit, d'égalité des citoyens devant la loi, de droit à une justice, sont mises en cause. Ce sont des mesures qui, si elles devaient être appliquées au niveau gouvernemental, seraient rendues inacceptables par le Conseil constitutionnel et seraient évidemment censurées. Donc on est dans une situation, on va très loin. Je dirais, poids du zémourisme, relatif faible poids du macronisme.

C'est-à-dire que nous avons une situation dans laquelle Emmanuel Macron avait choisi avec insistance Xavier Bertrand comme son adversaire pour la présidentielle. Et ses visites dans les Hauts-de-France, et ses poignets de main interminables et glaciales pour regarder son futur adversaire,

5:20
Présentateur

et bien tout cela n'a rien pesé. Alors justement, Françoise Fresseuse, comment expliquer la défaite de Xavier Bertrand ? Il était parti le premier, porté par de bons sondages pendant l'été, il finit quatrième, avant-dernier.

5:32
Invité

Alors moi j'y verrais idéologiquement la défaite de ce que j'appelle le gaullisme social, en fait l'héritage du gaullisme social. Je m'explique. Xavier Bertrand, il est parti en campagne avec deux idées. Un, Emmanuel Macron est trop impopulaire, il ne pourra pas être réélu. Deux, il faut que je fasse l'alliance des anti-Macron, mais sur un spectre extrêmement large. Et souvenez-vous, au début de la campagne, il va même chercher Montebourg. Et qu'est-ce qu'il cherche à ce moment-là ? C'est au fond l'électorat populaire sur la question sociale. Et ça a été sans doute l'un des candidats qui a voulu le plus mettre en avant la question du pouvoir d'achat.

Et au fond, il s'est fait rattraper par la patrouille, c'est-à-dire il s'est fait rattraper par la radicalité de la droite sur les questions d'immigration et de sécurité. Et ce n'était pas le meilleur sur ce sujet. Et par ailleurs, je pense que ce qui a joué, c'est au fond l'idée qu'il a quitté le parti, qu'ensuite il est revenu, qu'il ne voulait pas de la primaire fermer et puis finalement il l'a accepté. Et il y a eu un problème d'insincérité à la fin. Au fond, qui était Xavier Bertrand pour commencer sur une stratégie et en finir sur une autre ?

6:35
Présentateur

Jérôme Jaffray, face à la ligne incarnée par Éric Ciotti, la ligne défaite de Xavier Bertrand, qu'incarne Valérie Pécresse ? Est-ce que c'est la droite de gouvernement au sens classique, on l'a dit, chiracienne de gouvernement ? Est-elle dans cette lignée, selon vous ? Et faudra-t-il qu'elle en sorte en 2022 si jamais elle est désignée ?

6:55
Invité

Oui, c'est toute une série de questions. Valérie Pécresse, c'est d'abord une campagne organisée, méthodique. Son directeur de campagne, c'est Patrick Stefanini. C'est lui qui dirigeait la campagne de Chirac en 1995, la campagne de Fillon en 2007. C'est un travail très abouti. Il y a eu également une capacité dans les débats à faire sortir, je dirais, Michel Barnier de sa position de favori, qui a été un très joli travail politique. Maintenant, les atouts de Valérie Pécresse, c'est le sérieux, c'est la volonté de réforme, c'est le punchline qui a marqué en partie la campagne et frappé les adhérents sur Macron. Il a cramé la caisse.

Derrière, on voit bien la campagne qui aura lieu contre Macron, si Valérie Pécresse l'emporte samedi. C'est une situation dans laquelle l'argument, c'est qu'il n'a pas fait les réformes, il a reculé devant la réforme des retraites, il n'a pas la volonté de faire les choses. Et puis, il y a l'argument qui a peu joué, à mon avis, dans le vote hier et de vote d'aujourd'hui, une femme. Nous en sommes à la onzième élection présidentielle depuis 1965. On a déjà élu huit présidents de la République. L'argument qui serait quand même temps qu'une femme devienne présidente de la République en France est un argument qui va beaucoup compter, je pense, dans la campagne présidentielle.

Donc, elle a de vrais atouts. Vous êtes d'accord avec ça, Françoise Fressose ? Oui. Alors, ce qui est très intéressant, je pense, dans le cas de Valérie Pécresse, c'est qu'au fond, ce qui se passe pour la droite aujourd'hui, c'est... Est-ce qu'il y a une transgression ? C'est-à-dire, est-ce qu'une partie de la droite plaide pour se rapprocher de l'extrême droite ? Pour, au fond, créer une grande formation conservatrice, identitaire, et très marquée ? Ou est-ce qu'on essaye encore de défendre ce qui a été l'héritage chiracien ? Et je pense que ça, c'est Valérie Pécresse qui va essayer de l'incarner.

Difficilement, parce qu'au fond, elle est coincée d'un côté par Emmanuel Macron, de l'autre par Éric Zemmour et par Marine Le Pen. Mais, et du coup, il y a une sorte de synthèse, c'est-à-dire qu'elle est à la fois chiracienne, mais comme le dit Jérôme Jaffray, elle flirte aussi avec l'État de droit, c'est-à-dire que si elle est élue, quid du Conseil constitutionnel, quid, au fond, même de la législation européenne. Donc, elle est obligée d'aller très loin de l'autre côté pour essayer de sauver sa famille. Et on voit qu'au fond, tout ce qui pousse quand même, en ce moment, la dynamique, c'est quand même un rapprochement vers l'État de l'extrême droite. Jérôme Jaffray ?

Et en même temps, si je puis dire, l'intérêt tactique de la droite, de la candidate ou du candidat qui sera désigné, c'est que la division de l'extrême droite entre Zemmour et Le Pen offre une opportunité de qualification pour le second tour de scrutin. Et les vraies réserves de voix, elles se trouvent dans l'électorat que rassemble aujourd'hui dans les intentions de vote Emmanuel Macron. Il y a un quart à peu près des électeurs Fillon de 2017 qui déclarent pour le premier tour vouloir voter Emmanuel Macron.

La réserve, elle est en réalité là, qui va du coup obliger au recentrage politique la personne désignée dans les prochaines semaines, peut-être pas tout de suite, mais dans les prochaines semaines. Il va falloir essayer que cette... Il y a plusieurs droites. Vous avez évidemment une droite identitaire, alors celle-là, elle est d'une puissance extraordinaire aujourd'hui. Une droite régalienne, où évidemment Valérie Pécresse essaye d'occuper le terrain, elle y est parvenue dans cette campagne. Une droite libérale conservatrice, évidemment, l'élu de Versailles la représente assez bien. Et puis il y a la droite moderne et européenne, pro-européenne, que Macron a captée.

Et donc il faut pour Valérie Pécresse arriver au moins à récupérer la droite moderne européenne, libérale et conservatrice, et régalienne, pour arriver à se construire cette synthèse que René Raymond n'aurait pas reniée quand nous l'avions comme professeur à Sciences Po pour un certain nombre de nos auditeurs.

10:48
Présentateur

J'aimerais, Françoise Fresseuse, vous faire réagir à ces mots de Philippe Juvin, qui était l'un des prétendants dans cette primaire LR, qui est arrivé dernier, et qui sur France 2, mardi dernier, au terme du débat, a eu cette déclaration. J'incarne une droite que vous connaissez, c'est la droite libérale, humaniste, qui se soucie de l'autre, la droite européenne, la droite qui a gouverné, celle de Nicolas Sarkozy, celle de Jacques Chirac, celle de Valéry Giscard d'Estaing.

Aujourd'hui, cette droite libérale européenne modérée, elle pèse autant à LR que le score de Philippe Juvin, à savoir 3%, ou est-ce qu'il faut prendre les choses à l'inverse et dire, Éric Ciotti a fait 25%, les 75% qui restent sont plutôt du côté de cette droite-là que décrit Philippe Juvin. Quelle est votre analyse ?

11:36
Invité

Non, mon analyse, c'est qu'il y a eu une hémorragie, effectivement, de la droite libérale et européenne vers Emmanuel Macron pendant tout ce quinquennat, et qu'au fond, c'est vrai que Valérie Pécresse va devoir essayer de la récupérer si elle est élue, mais moi, ce que je trouve difficile, c'est la tonalité. Au fond, ce qu'incarne Emmanuel Macron, c'est une France qui est dans l'adversité, mais qui a l'optimisme de croire qu'elle va s'en sortir. Et tout ce qui a imprégné la primaire de la droite, c'est au fond une France extrêmement sombre, une France du déclin, une France qui est obligée de faire des grandes opérations, y compris anti-européennes, pour essayer de se retrouver.

Et donc, comment est-ce qu'on peut récupérer cette droite optimiste et européenne sur le message qui a renvoyé la primaire ? Moi, c'est l'interrogation fondamentale que j'ai. Mais ce qui est sûr que ce qui s'est joué là, depuis le quinquennat, c'est au fond la perte de vitesse de la droite libérale européenne dans la structure du parti républicain, parce que, mais Nicolas Sarkozy, il avait d'ailleurs bien mille doigts dessus en 2007, c'est qu'elle est travaillée par la question identitaire, parce qu'elle veut récupérer l'électorat de l'extrême droite, qu'elle n'y parvient pas, et que la question qui se pose, c'est comment faire sauter cette digue.

12:53
Présentateur

Jérôme Jaffray, sur ce point, votre analyse ?

12:56
Invité

Elle n'est pas radicalement différente. On en revient, si vous voulez, à la puissance du zémourisme. C'est-à-dire que, bon, Éric Zemmour a multiplié les faux pas, les impairs, ces derniers temps, et donc on voit bien qu'électoralement, il n'est pas promis à la victoire présidentielle. Ce qui est effectivement intéressant, c'est la base idéologique. Ça vous en êtes certain quand vous dites ça ? Certain. J'ai appris la prudence au fil du temps. Je ne suis certain de rien. Mais malgré tout, on voit bien que la dimension présidentielle ne lui est pas reconnue et c'est une personnalité qui clive très durement le pays alors que le pays ne souhaite pas. Le pays est en attente d'une cohésion.

Il n'offre pas quelque chose d'optimiste. Mais, en revanche, les questions qu'il soulève imprègnent la campagne électorale jusqu'à présent, expliquent en partie combien la gauche est inaudible parce qu'elle est complètement à l'écart de ça. Il y a des sondages récents qui sont parus d'ELAB ou de l'IFOP qui sont extrêmement importants sur la pénétration des thèmes. Je prends quelques exemples. Est-ce qu'on est d'accord ou pas d'accord avec des phrases, des formules prononcées par Éric Zemmour ? Ce n'est plus le pays que vous connaissez, la France. On se sent étranger dans son propre pays. La question n'est plus de réformer le pays mais de le sauver.

Eh bien, vous avez 40 à 50 % des personnes interrogées dans ces sondages, l'ensemble de l'échantillon, qui se déclarent d'accord avec ces propos. Et dans l'électorat Fillon 2017, ça atteint 70 % de ces électeurs qui pensent tout cela.

Alors, la question de fond, c'est est-ce qu'on restera sur ce thème pendant toute la campagne présidentielle auquel cas, effectivement, l'extrême droite et la droite extrême feront des scores extraordinaires et le paysage politique en sera totalement chamboulé ou bien est-ce qu'on trouvera, est-ce qu'on se déplacera vers d'autres thèmes plus optimistes, plus positifs, plus tournés vers la capacité de résoudre les problèmes des Français et à ce moment-là, la campagne évolue. Et ça, votre prudence légendaire

14:52
Présentateur

dit quoi à la question que vous posez vous-même ? Est-ce qu'on ira vers d'autres thèmes ?

14:57
Invité

Ma prudence légendaire dit que, d'une part, c'est souhaitable pour le débat démocratique et ça me paraît aussi nécessaire parce que les Français ne peuvent pas en rester à une vision crépusculaire de leur pays.

15:09
Présentateur

Quand on dézoome, qu'on prend un peu de champ, Françoise Fressose, on voit que Marine Le Pen, Éric Ciotti, Éric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan totalise 43,5% d'intentions de vote dans le dernier sondage IFOP-JDD du 28 novembre. Ça dit quoi, 43,5% de la France de 2021 ?

15:30
Invité

Ça dit qu'il y a quand même une France qui ne se reconnaît pas du tout dans le Macronisme, une France qui est radicalisée, mais une France aussi, je pense, très diverse, c'est-à-dire que l'électorat de Marine Le Pen n'est pas l'électorat d'Éric Zemmour. L'électorat de Marine Le Pen, je pense que ce qui fait sa force, c'est qu'au fond, elle a cranté l'électorat populaire sur une thématique sociale et identitaire.

Je pense qu'Éric Zemmour, lui, essaye de récupérer, au fond, il essaye de faire sauter ce verrou entre droite et extrême droite, en essayant aussi de réhabiliter par un travail de réécriture historique, redonner au fond confiance à une partie de la droite qui se sent mal aimée ou rejetée.

Par exemple, tout le travail qu'il fait sur Vichy, essayer de réhabiliter cette droite qui a collaboré, en disant que finalement, Vichy, ça n'a pas été l'horreur qu'on a décrite parce que Pétain a sauvé des Juifs, ce qui est quand même hallucinant, mais tout ça est fait pour réhabiliter et, au fond, redonner une sorte de, je ne sais pas, dans la bataille culturelle, faire en sorte que la droite, les thèses de la droite redeviennent majoritaires. Donc, je pense que c'est ça qui est en train de se travailler très fortement en ce moment. Et on voit quand même toute une partie quand même de la droite libérale qui est en résistance mais qui ne sait pas comment tenir la digue.

16:49
Présentateur

Alors, on a des questions sur l'application France Inter. Sans doute, il faut insister des auditeurs qui nous reprochent de consacrer ces minutes d'antenne à ce premier tour de la primaire LR. Franchement, que représentent les 100 000 votants par rapport aux citoyens ? Autre question, il n'y a que 600 voix de différence entre les deux finalistes, à peine 100 000 votants, vous commentez ça comme si c'était une élection nationale, ce n'est pas la France qui a voté, nous dit Frédéric. Jérôme Jaffray, que répondez-vous ? Vous le disiez tout à l'heure, c'est quand même un fait politique qui s'est passé hier. Bien sûr,

17:24
Invité

à la fois nos auditeurs ont raison, ce n'est pas la masse des électeurs et pas la masse même des électeurs de droite qui ont voté, tant s'en faut, c'est un choix d'adhérents mais la force démocratique c'est qu'à partir du moment où vous avez désigné par un processus démocratique le candidat et que ce candidat représente une force politique puissante malgré tout, vous rentrez dans l'élection beaucoup plus jusqu'à présent nous étions en pré-campagne avec la déclaration de candidature de Zemmour cette semaine et la primaire qui s'achève nous passons à une phase suivante je dis par ailleurs suivons la primaire suivons le résultat du second tour de cette primaire avec beaucoup d'attention nous le connaîtrons demain en début d'après-midi évidemment vous l'avez souligné tous les autres candidats se sont prononcés pour Valérie Pécresse très bien si Eric Ciotti passe d'un 25% au premier tour à 45% au second tour alors qu'il n'est soutenu par aucun candidat nous serons dans une situation de divergence idéologique maximale au sein de la droite si Eric Ciotti en revanche reste disons à un tiers des suffrages face à une Valérie Pécresse qui aurait deux tiers des suffrages l'ampleur de la victoire de Valérie Pécresse lui rendrait beaucoup plus facile la tâche d'unification des droites et de possibilité d'un certain recentrage vers la droite moderne et libérale du coup vous voyez l'importance politique de ces 100 000 électeurs et c'est effectivement légèrement agaçant y compris pour un électeur de droite de se dire mais je suis en dehors de ce choix qui est quand même un choix fondamental

18:55
Présentateur

Quelles conséquences pour LR dans l'hypothèse défendue à l'instant par Jérôme Jaffray d'un Eric Ciotti très fort très haut au terme du second tour Françoise Fresseauze

19:04
Invité

ça sera très compliqué à ce moment-là pour Valérie Pécresse de maintenir au fond les deux bouts qu'elle essaye de l'omelette comme on dit c'est-à-dire à la fois récupérer des macronistes et éviter l'hémorragie à droite je pense que à ce moment-là on pourra dire que le vert est dans le fruit c'est-à-dire qu'il y aura à l'intérieur de LR une faction qui est pour le rapprochement de ce que préconise Eric Zemmour

19:28
Présentateur

Or dit Jérôme Jaffray

19:30
Invité

puis on passe au standard Or si vous permettez le choix fondamental Françoise l'a dit au début et c'est absolument important faire quoi va déboucher cette élection présidentielle en termes de recomposition politique est-ce que nous allons vers le poste le pénis parce que Marine Le Pen aura à nouveau nettement échoué et vers une construction d'un grand parti d'union des droites Laurent Wauquiez Marion Maréchal Eric Zemmour sont penchés sur ce berceau en espérant voire naître ce qu'ils appelleraient le divine enfant eux donc c'est la question ou bien est-ce qu'effectivement la droite continue d'exister fortement entre l'extrême droite ne laisse pas le centre macronisme durer et arrive même éventuellement à le battre et à ce moment-là nous revenons beaucoup plus à un classique duo gauche-droite dans le pays avec une gauche aujourd'hui faible mais qui pourrait à ce moment-là nourrir l'espérance de son retour dans les prochaines années

20:25
Présentateur

Allez on file au standard où Michel nous attend Michel qui nous dit qu'elle est ancienne LR et aujourd'hui macroniste bonjour Michel bienvenue

20:35
Locuteur non identifié

bonjour à vous tous

20:36
Présentateur

on vous écoute

20:37
Locuteur non identifié

que dire des propos des LR critiquant ouvertement la politique d'Emmanuel Macron alors que de nombreuses idées de la droite ont été votées et appliquées par ce gouvernement cette droite est tout simplement rabougrie et n'est pas crédible tout simplement et puis alors que dire de la cause auprès de M. Z c'est épouvantable voilà

20:56
Présentateur

merci Michel une droite rabougrie qui n'est plus crédible et qui explique donc son mouvement de LR vers Macron Françoise Fresseuse

21:06
Invité

alors moi je pense que c'est son principal problème c'est qu'au fond qu'est-ce qu'a fait Emmanuel Macron quand il s'est fait élire c'est de dire écoutez moi j'ai l'Europe et le libéralisme pas honteux et je m'inscris au fond dans un mouvement où tout n'est pas rose mais où il y a de l'espoir et je trouve que ce qui plombe aujourd'hui la droite républicaine c'est au fond cette vision assiégée de la France une France qui serait plus elle-même une France qui serait complètement assiégée par la mondialisation et je trouve que là les candidats effectivement cette vision est extrêmement raccordie et je vois mal comment elle peut se projeter vers l'avenir alors qu'on est en train d'essayer d'inventer un modèle politique qui arrive à coller avec ce qui se passe

21:52
Présentateur

Eric Zemmour reproche à Valérie Pécresse d'être centriste et surtout de ne pas être candidate à l'élection présidentielle mais au poste de futur première ministre d'Emmanuel Macron au niveau national Jérôme Jaffray si jamais Valérie Pécresse est qualifiée demain est-ce qu'il y a trop peu de différences entre elle et Emmanuel Macron pour avoir une offre politique claire ?

22:15
Invité

C'est évidemment l'une des questions alors l'argument première ministre d'Emmanuel Macron si Valérie Pécresse est désignée comme candidate à l'élection présidentielle je crois qu'on peut l'écarter d'abord parce que je ne vois pas Emmanuel Macron désignée comme premier ministre une personne qui aura voulu être présidente de la République contre lui en plus ça ça me paraît très peu probable en revanche la notion effectivement centriste c'est le procès qu'Éric Zemmour fait et continuera de faire c'est-à-dire une droite qui en parole dit qu'elle fera des choses très importantes quand elle arrivera au pouvoir et puis quand elle arrive au pouvoir évidemment les peines différenciées selon les quartiers on oublie tellement c'est totalement inapplicable le Guantanamo à la française d'Éric Ciotti oublions également tout ça n'a pas de sens et donc c'est le thème d'Éric Zemmour mais la notion centriste en fait c'est Macron qui l'occupe ça n'est pas ça n'est pas la droite le problème de la droite c'est pas centriste ou pas centriste c'est qu'elle est en partie large partie prise en tenaille entre Macron et l'extrême droite la droite extrême et que son problème c'est d'arriver à se créer un espace politique qui soit suffisamment fort pour espérer la qualification au second tour de la présidentielle

23:28
Présentateur

Merci à tous les deux résultat des courses donc de la course LR demain merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin Françoise Fressos journaliste éditorialiste politique au quotidien Le Monde et Jérôme Jaffray monsieur le politologue chercheur associé au Cevipof

23:44
Locuteur non identifié

France Inter France Inter France Inter

23:47
Locuteur

France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter

Françoise Fressoz : "Valérie Pécresse va essayer d'incarner l'héritage chiraquien, difficilement" · Pourquijevote