Ormuz : Macron dit non, Trump se braque - C dans l’air - 17.03.2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
votre réserve d'énergie ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue. C'est un "non" clair qui ne va pas arranger nos relations avec D.Trump.
E.Macron a refusé de participer à des opérations de libération du détroit d'Ormuz dans le contexte actuel de fortes tensions. La France s'ajoute à une longue liste de pays qui n'ont pas embrayé à l'injonction américaine.
Le Japon, la Grande-Bretagne, l'Allemagne refusent d'être entraînés dans une guerre qui n'est pas la leur. D.Trump a répondu: "L'Amérique n'a besoin de personne." Il refuse l'aide des pays de l'Otan.
Washington se retrouve sous pression, alors que le blocage du détroit fait peser de grandes inquiétudes sur l'économie mondiale. Israël continue méthodiquement à éliminer les hommes-clés du régime iranien. Avec nous pour en parler, le général D.Trinquand.
Vous êtes ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU. A.Bauer, professeur émérite au Cnam, fondateur du pôle sécurité, défense et renseignement.
P.Allémonière, vous êtes grand reporter, spécialiste des questions internationales. Vous vous êtes rendue en Iran pour des reportages.
Avec nous, enfin, P.Gélie, Directeur adjoint de la rédaction du "Figaro". Bonsoir à tous les 4.
Merci de participer à cette émission. Nous allons commencer avec ces informations. Israël a affirmé avoir éliminé 2 figures-clés du régime.
Nous parlons d'A.Larijani, puissant chef de sécurité en Iran. De qui s'agit-il?
Ce n'est pas rien, son élimination. - P.Allémonière: C'était l'homme qu'avait nommé l'ayatollah Khamenei comme son bras droit, mais l'homme en charge de son conseil de sécurité.
Certains lui reprochent d'avoir orchestré l'écrasement des manifestations de 2025-2026. C'est les Bassidjis, l'homme qui était en charge du système judiciaire. - C.Roux: Les Bassidjis, c'est quoi? - P.Allémonière: Les milices chargées de la répression.
C'est l'homme qui habite à côté de chez vous, dans l'immeuble. C'est une organisation qui contrôle...
C'est une des 5 branches des Gardiens de la révolution. Leur nombre est très difficile à évaluer. Leur chef a été éliminé.
Il était l'homme qui a participé à la répression de 2025-2026. A.Larijani, c'est une volonté israélienne de l'éliminer.
C'est un dur, mais un pragmatique. Il était prêt à négocier sur le nucléaire. Il faisait le tour du Golfe.
Il allait en Russie. L'éliminer, ça coupe les portes de sortie vers une doctrine Trump, qui était la doctrine vénézuélienne, de trouver un élément dans le régime qui aurait pu, à terme, négocier. Les Israéliens ne veulent pas d'un régime qui s'auto-change en gardant les mêmes.
Les Israéliens veulent un renversement complet du régime. Ils veulent en finir avec toutes ces têtes qui auraient pu être utilisées. - C.Roux: Ca continue.
Ils savent tous qu'ils sont menacés. Je vous montre cet extrait. C'est A.Larijani qui se retrouve dans une manifestation à Téhéran.
Il fanfaronne. - A.Larijani: Le problème de Trump, c'est qu'il n'est pas assez intelligent pour comprendre que l'Iran est une nation forte et déterminée.
Plus il exercera de pression, plus la volonté de notre nation se renforcera. - C.Roux: Il sait qu'il est menacé.
Il participe à une manifestation en public à Téhéran. - A.Bauer: Comme le président Pezeshkian, qui est parti en moto.
C'est l'anniversaire de la révolution. C'est un événement qui montrait que le régime était toujours là, qu'il était solide et présent. Depuis toujours, ceux qui ont organisé la survie du régime, notamment A.Larijani...
Les Israéliens ont fait la une avec l'élimination de la soixantaine de dirigeants...
Ils continuent. A.Larijani n'était pas sur la liste.
On sait déjà qu'il y a plusieurs nouveaux. Il y a A.Vahidi, le nouveau patron des Gardiens de la révolution.
Il vient d'être nommé. Il est encore vivant. Il y a A.Jafari, qui pourrait être le remplaçant de A.Larijani.
Il a inventé la défense mosaïque. Il a dit: "On va se faire taper. Ils vont nous éliminer par strates.
Voilà comment nous allons réfléchir." Il y a le groupe des trois. Le président Pezeshkian, qui ne pèse pas grand-chose...
Il y a celui qui nomme le guide. Il n'a pas été nommé par hasard. C'est un représentant de l'aile la plus fondamentaliste.
Il y a aussi le patron du système judiciaire, homme de la répression. Il y a encore des couches. - C.Roux: Le régime tient encore, c'est ce que nous explique A.Bauer.
Même si on dit "c'est un homme-clé du régime"...
M.Khamenei, on ne sait pas dans quel état de santé il est et s'il peut assurer ses fonctions. C'est celui qui fait tourner la boutique en l'absence d'A.Khamenei. - Gal D.Trinquand: Ce qui frappe, c'est la différence de stratégie entre Israël et les Américains.
Au cours d'une coalition, il n'y a pas les mêmes objectifs. Un des protagonistes coupe l'herbe sous le pied à l'autre. C'est assez extraordinaire.
Le gouvernement de Téhéran s'est parfaitement organisé pour résister. Les couches vont tomber les unes après les autres plus du côté israélien qu'américain. Les Américains ont le problème du détroit et comment arriver à faire tomber cette pression sur le monde.
Les Israéliens ont leur stratégie établie depuis 20 ans: la fin du régime. - C.Roux: Ca ne vous interpelle pas de voir que le Mossad, qu'Israël, parvient toujours à éliminer?
Ca ne vous surprend pas? - Gal D.Trinquand: Non. - C.Roux: Malgré les précautions que doivent prendre les responsables du régime iranien, les Israéliens arrivent à poursuivre ces éliminations. - Gal D.Trinquand: Ca ne me surprend pas, mais ça a une limite.
Couper les têtes, c'est très bien. On parlait des Bassidjis et de ces gens dans la rue. Quelle pression on va pouvoir mettre pour que les gens sortent dans la rue alors qu'ils savent que le voisin peut les dénoncer tout de suite ou les abattre tout de suite?
C'est là, la grosse difficulté. Tout le monde dit depuis le début: "Ce ne sont pas les frappes qui renverseront le régime. Ca aidera.
Il faut un mouvement à l'intérieur." Le mouvement à l'intérieur, c'est compliqué de voir, compte tenu de la résidence du dispositif, comment la population peut aider à ce renversement du régime. - C.Roux: Il y a eu des rumeurs sur l'élimination de B.Nétanyahou. - P.Gélie: Sur le fait qu'il soit ciblé.
Je n'ai pas vu d'attaque. - C.Roux: Il a répondu à ces rumeurs avec humour. - A.Bauer: 5 doigts et pas 6 doigts.
Une partie des fake lui avait donné une version à 6 doigts. - C.Roux: Il a répondu à ces rumeurs. - Des gens disent que vous êtes mort. - B.Nétanyahou: Je mourrais pour un café comme je mourrais pour mon peuple.
Leur comportement est fantastique. Vous pouvez compter mes doigts? - Montrez-nous. - B.Nétanyahou: Santé. - C.Roux: Petite allusion au nombre de doigts.
L'IA se trompe parfois sur le nombre de doigts. - A.Bauer: Le deepfake n'avait pas bien marché. - P.Gélie: La question posée, c'est: malgré l'organisation remarquable du régime pour se survivre à lui-même, il y a quand même probablement une limite quelque part à sa capacité de se régénérer à l'infini.
Il y a clairement un affaiblissement. Il y a une autorité moindre de ceux qui succèdent aux personnalités de 1er plan. Il y a une désorganisation...
Nos reporters ont des témoignages qui disent qu'au niveau de la troupe, c'est très désorganisé. Beaucoup de Gardiens de la révolution se déguisent en ambulanciers...
Ils essayent de passer inaperçus par rapport aux menaces extérieures, tout en continuant la répression à l'intérieur. - C.Roux: Question. - P.Gélie: Il n'y aura pas de soulèvement pendant les bombardements.
C'est irréaliste. Rien de ce qu'ont fait les Américains et les Israéliens n'a préparé à cela. Vous pouvez l'envisager si, depuis des mois ou des années, vous avez semé des graines, aidé un certain nombre de groupes d'opposition, voire de luttes armées.
Là, rien de tout cela n'a été préparé, à l'instar de ce qui se passe dans le détroit d'Ormuz. On ne peut pas l'espérer. On peut imaginer un scénario à la Milosevic.
Un an après des frappes, la rue se soulève et renverse son dirigeant. - P.Allémonière: Je partage ce qui vient d'être dit.
On peut penser au scénario yougoslave après le Kosovo où, au bout de 67 jours de traque, il y a eu un cessez-le-feu. Les gens sont sortis dans la rue après. Il y a encore des têtes importantes qui restent.
Le chef des Gardiens de la révolution, le puissant, échappe toujours. Celui qui a été nommé arrive à se cacher. Que font les jeunes dronistes?
Je sors la voiture de mon garage. Je mets le drone sur ma voiture. Je tire et je rentre vite dans mon garage.
Il y a peut-être moins de volontaires à sortir...
C'est difficile de savoir sur le terrain ce qu'un jeune soldat a fait. Pour l'instant, l'armée tient encore. - C.Roux: On va revenir sur ce sujet avec une démonstration de force de la part des Iraniens, qui ont sorti ce week-end un missile dont on va parler. - Gal D.Trinquand: Je veux ajouter qu'on a très peu de visibilité.
J'ai des échos de groupes qui se forment, armés, et qui attendent. R.Pahlavi a fait passer un message en disant: "Ne sortez pas maintenant.
Préparez-vous. Vous sortirez à ce moment-là." - C.Roux: Pour renverser le régime. - Gal D.Trinquand: Quelle est l'ampleur?
On n'en sait rien. Maintenant, on voit qu'ils ont peur, eux aussi. "Avant, nous avions peur.
Maintenant, eux aussi ont peur." - C.Roux: Nous en venons à l'information de l'après-midi.
La France a dit non à D.Trump. Le président américain avait lancé un appel à ses alliés, à l'Otan et à la Chine, pour ouvrir le passage du détroit d'Ormuz.
Le chef de la Maison-Blanche a manié la menace, les coups de pression...
La réponse des autres pays est assez anonyme. Tous craignent de se voir entraînés dans une guerre qui n'est pas la leur. Pendant ce temps-là, Israël poursuit l'élimination des hommes-clés du régime iranien. - A la télévision israélienne, alors qu'un reporter est en plein direct... - Nous avons une confirmation officielle...
A.Larijani a été neutralisé. - Oui.
Nous voyons une confirmation officielle. C'est une énorme information. - Un nouveau succès pour Israël, un revers majeur pour l'Iran.
A.Larijani était l'un des principaux dirigeants du régime iranien, depuis la mort d'A.Khamenei. - B.Nétanyahou: Ce matin, nous avons éliminé A.Larijani, le chef des Gardiens de la révolution, le chef d'une bande de gangsters qui dirigent l'Iran.
Nous avons éliminé le commandant des Bassidjis, les auxiliaires de ces gangsters qui répandent la terreur dans les rues de Téhéran. - Alors que ces dernières heures d'intenses frappes ont touché Téhéran, en Irak, à Bagdad, l'ambassade américaine a essuyé des attaques de drones. Une guerre qui s'enlise et, chose rare, un président américain qui demande du soutien. - Le président Trump lance un appel direct à la communauté internationale pour aider les Etats-Unis à sécuriser le détroit d'Ormuz afin d'éviter une crise mondiale de l'approvisionnement en pétrole, tout en affirmant que les Etats-Unis pourraient défendre le détroit par eux-mêmes. - Conférence de presse à la Maison-Blanche.
Le président américain demande à ses alliés de s'impliquer dans le conflit tout en confirmant à affirmer... - D.Trump: Nous n'avons besoin de personne.
Nous sommes la nation la plus forte du monde. - Fidèle à son style, Trump distribue les coups. Le Premier ministre britannique... - D.Trump: Il devrait s'engager avec enthousiasme. - E.Macron... - D.Trump: Sur une échelle de 0 à 10, je lui donnerais un 8.
Ce n'est pas parfait. C'est la France. - D.Trump, décidément très agacé par ses alliés. - D.Trump: Il y a des pays où nous avons 45 000 soldats, d'excellents soldats qui les protègent du danger.
Nous avons fait un excellent travail. Quand nous leur demandons s'ils ont des démineurs: "Nous préférerions ne pas nous impliquer." "Vous ne voulez pas vous impliquer dans quelque chose d'aussi mineur?" - Le retour de l'interventionnisme américain rattrapé par la réalité et le risque d'une crise mondiale sur les hydrocarbures.
Hier, une attaque de drones a provoqué un incendie sur une zone pétrolière aux Emirats arabes unis. Un nouveau tanker a également été attaqué. Une liste qui s'allonge, preuve de la paralysie qui gagne le détroit d'Ormuz.
Cet après-midi, E.Macron répond à D.Trump, rappelant la position française. - E.Macron: Nous ne sommes pas partie prenante au conflit.
Jamais la France ne prendra part à des opérations d'ouverture ou de libération du détroit d'Ormuz dans le contexte actuel. Nous sommes convaincus qu'une fois la situation plus calme, nous sommes prêts, avec d'autres nations, à prendre la responsabilité... - Malgré le blocage, quelques navires ont traversé le détroit avec l'autorisation de l'Iran, comme ce tanker indien. - C.Roux: Nous serons dans un instant en direct de Washington avec S.Dridi.
Question. - Gal D.Trinquand: Je reviens à une histoire pas si éloignée que ça, 2003.
A l'époque, les Américains avaient cherché à convaincre tout le monde à l'ONU. Ca avait duré des mois. Ils ont cherché... - C.Roux: On parle de la guerre. - Gal D.Trinquand: Là, pas une coordination, pas une demande à personne.
On fait ça en tête à tête avec Israël. On y va. Quand on est embêté, à ce moment-là, on demande aux alliés de venir.
Je ne suis pas très surpris que les alliés disent: "Ecoutez, vous ne nous avez pas demandé." - C.Roux: C'est juste parce qu'il n'a pas demandé la permission? - Gal D.Trinquand: Non.
Tout le monde était opposé à cette guerre. Tous les pays du Golfe l'avaient dit. Tous les pays européens ont dit de ne pas le faire.
La réponse du président, c'est: "Ce n'est pas en état de guerre qu'on pourra débloquer le droit d'Ormuz. On pourra y revenir." Attendons que les choses se calment.
A ce moment-là, on pourra intervenir sur le déminage, où les Européens sont assez bons, s'il y avait du minage. - C.Roux: La France dit: "Sur le principe, il y a cette mission qui intervient au nom de l'Europe en mer Rouge, certainement pas à ce niveau-là du conflit." Cette réaction de la France est alignée sur d'autres pays.
Sur le cas de la relation entre E.Macron et D.Trump, qui lui met un 8 sur 10...
Le président français s'aligne sur la position des autres pays européens? - A.Bauer: La France est un des rares pays à avoir des dragueurs de mines.
Elle est puissante, mais pas capable de se protéger elle-même contre de nouveaux types d'attaques, comme les drones. Nous n'avons pas les mêmes dotations d'équipement. Nous n'avons pas les commandes pour le mettre en place.
On risque de perdre des bâtiments dans un goulet extrêmement étroit. Le détroit est long, mais il n'est pas très large à son endroit le plus compliqué. Il y a un souci particulier.
On ne peut pas organiser un convoi comme on le faisait dans l'Atlantique Nord. Il y a une compréhension technique du problème. Quant à la 1re question du téléspectateur sur le soldat...
La France a une tradition...
Elle a toujours été tentée de faire en sorte que nous n'oubliions jamais qui tue nos soldats et de faire en sorte qu'ils ne l'emportent pas au paradis. Je pense que nos amis du pseudo groupe de la grotte qui dort, qui sont en fait des Kataeb Hezbollah bien connus et identifiés depuis 2019, ne devraient pas rester très longtemps et devraient retrouver leur créateur rapidement. Je leur souhaite d'aller au paradis... - C.Roux: On sait qui a visé les soldats français? - A.Bauer: Oui.
Un jour ou l'autre, dans un délai bref, je pense qu'ils vont pouvoir cesser d'exister. Nous leur souhaitons bonne chance. - C.Roux: Ca ne restera pas sans réponse.
On va revenir sur la position des autres pays européens et ce "non" choral des pays cités par D.Trump dans son appel à l'aide. S.Dridi, vous êtes correspondante aux Etats-Unis pour LCI et France 24.
Depuis que tous ces pays ont dit "non", Trump est en colère? - S.Dridi: Oui.
C'est L.Graham, un sénateur républicain, l'un de ceux qui a le plus poussé et encouragé D.Trump à intervenir en Iran, qui a dit qu'il avait parlé à D.Trump juste après ce message posté sur les réseaux sociaux.
Il a appris que la plupart des pays de l'Otan ne voulaient pas aider les Etats-Unis. Il a dit: "Je ne l'ai jamais entendu autant en colère." Il y a peu, à la Maison-Blanche, on l'a entendu dans le bureau Ovale.
Il a encore dit sa déception à l'égard des pays de l'Otan. Il dit: "On les aide depuis des années. Ils ne veulent pas nous aider." Il dit que c'est un test pour les Etats-Unis de voir si les alliés de l'Otan sont là ou pas. - C.Roux: Il faut toujours essayer de suivre ce que dit D.Trump.
Il dit aussi: "Au fond, c'est pas grave. On n'en avait pas besoin. L'Amérique est puissante.
Elle peut se débrouiller toute seule." - S.Dridi: C'est ce qu'il m'avait dit quand je lui avais posé la question à propos de l'aide de la France.
On sent une grande frustration de la part de D.Trump. Il parle beaucoup de ces pays de l'Otan.
Il y a quelques jours, il a dit au "Financial Times" que l'avenir de l'Otan serait sombre s'il n'aidait pas les Etats-Unis. Pour lui, c'est un échec. Il pensait que l'Iran allait capituler avant de pouvoir fermer le détroit d'Ormuz.
Il avait une telle confiance dans l'armée et la Navy américaine...
Il pensait que ce ne serait pas un problème. Il se sent un peu coincé. - C.Roux: Il y a cette phrase beaucoup commentée en France, lorsqu'il a dit...
Je ne sais pas si c'était dans le bureau Ovale ou au Kennedy Center...
Il a dit: "Nous avons été choqués." Personne ne pensait que les Iraniens allaient frapper dans le Golfe. D'après les informations des experts de "C dans l'air" et de la presse américaine, il y avait eu des alertes sur cette stratégie iranienne. - S.Dridi: C'était une déclaration assez surprenante et très révélatrice.
Un journaliste lui a dit: "Ca fait plusieurs fois que vous dites que vous avez été surpris par les représailles iraniennes sur les pays du Golfe, mais aucun expert ne vous a prévenu." Il a répondu: "Non, personne ne m'a prévenu." Ca confirme ce que disaient des médias américains.
Il a été surpris par le niveau de représailles. Certains disent que c'est peut-être du poker menteur. Non.
Il s'attendait à des représailles sur des bases américaines dans certains pays de la région, mais il a été surpris par le niveau de représailles. Il a continué à parler en disant: "Les émirats, c'est la banque de l'Iran. Je ne comprends pas pourquoi ils ont frappé autant." Les militaires américains l'avaient prévenu de plusieurs scénarios.
D.Trump ne pensait pas que ça aurait été si loin. - C.Roux: Dernière question.
On doit beaucoup en parler à Washington ce soir. La démission d'un haut responsable de l'antiterrorisme américain, J.Kent...
Il a partagé sa lettre de démission sur les réseaux sociaux. Il dit: "L'Iran ne représentait aucune menace imminente pour les Etats-Unis." D.Trump a répondu en disant: "C'est pas si grave.
J'ai toujours pensé qu'il était très faible en matière de renseignement." C'est important, pour l'administration américaine, ce qui s'est passé? - S.Dridi: C'est significatif.
Même si l'administration essaye de minimiser cette démission, D.Trump a dit qu'il était faible...
Beaucoup disent qu'il aurait dû être viré depuis longtemps. Ils jugent qu'il était responsable de fuites à la presse. C'est significatif.
Il explique, dans ses lettres, que l'Iran n'était pas une menace pour les Etats-Unis. Il dit que D.Trump, il l'a vu être approché par les officiers israéliens, les figures médiatiques américaines qui ont tenté de le convaincre en lui disant que ce serait une guerre rapide.
C'est important pour l'administration. C'est ce que pensent une partie des électeurs Maga de D.Trump. - C.Roux: Merci d'avoir été en direct avec nous.
Beaucoup de choses ont été dites. - A.Bauer: D'abord sur la réaction de Trump vis-à-vis de ses alliés.
Il n'a pas très bien compris comment ça fonctionnait. Quand on fait une coalition, on ne donne pas des ordres et les gens exécutent. On discute avec eux.
On trouve un point. On met son poids dans la balance. On donne au moins l'illusion qu'ils sont partie prenante.
Là, il est déçu parce qu'il donne un ordre, d'une certaine façon, et qu'il n'est pas exécuté. C'est pas très surprenant. C'est un apprentissage de ce qu'est une coalition. - C.Roux: Le ministre de la Défense allemand dit: "Qu'est-ce que Trump pense qu'une poignée de frégates européennes pourrait faire dans le détroit d'Ormuz que la puissante marine américaine ne peut pas faire?" Qu'est-ce qu'on peut faire que les Américains ne peuvent pas faire? - Gal D.Trinquand: Il faut beaucoup de bâtiments pour protéger un convoi militaire.
Il faut 3 bâtiments militaires. Ca nécessite une forte puissance. Il y a 3000 navires, dont 54 français.
Le détroit n'est pas bloqué. Une centaine de navires sont déjà passées. Iraniens, mais pas seulement.
Il y a aussi des Grecs, des Indiens et des Chinois qui vont livrer du pétrole, essentiellement à la Chine et aux pays asiatiques. Le détroit n'est pas fermé. Il n'est pas miné.
La seule question, c'est: quelles sont les cibles éventuelles des Iraniens? Ces cibles sont moins des mines...
L'affaire du drone sous-marin nous a posé beaucoup de problèmes. On ne l'avait pas pu venir. Les drones peuvent faire des dégâts considérables. 16 bâtiments ont été attaqués ou détruits.
Qui bloque le détroit? C'est pas les mines. Ce sont les assureurs. - C.Roux: Quand B.Pistorius se demande pourquoi il nous appelle à l'aide: pourquoi la marine américaine ne peut pas sécuriser le droit d'Ormuz pour laisser passer les navires?
Pourquoi nous, on pourrait venir au secours des Américains? - A.Bauer: La marine américaine n'a pas les moyens de son ambition.
C'est une vieille marine. Elle a détruit, en janvier, la quasi-totalité de ces dragueurs de mines. Le timing n'était pas parfait.
A.Larijani a écrit une lettre personnelle à D.Trump par l'intermédiaire du sultan d'Oman pour dire ce qu'il allait faire si les Américains les attaquaient. - P.Allémonière: Ce que D.Trump veut, c'est pas forcément nos bateaux.
Il veut qu'on s'implique dans cette guerre pour montrer qu'il n'est plus seul avec Israël. Il a besoin, par rapport à l'international et aux enjeux politiques, de voir l'Europe qui participe. Nous faire participer par cette petite flottille serait pour lui complètement se sortir de ce guêpier et de ce face-à-face avec l'Iran.
Il n'est pas tombé de la dernière pluie, D.Trump. C'est un art du deal.
C'est un homme qui a écrit ce livre où il dit "pression maximum et après, tout le monde signe ou s'aligne". La pression maximum avec l'Otan...
Là, on ne s'aligne pas. Il réagit comme un enfant à qui on refuse son jouet. - C.Roux: En quoi ce sont les affaires de l'Otan?
Pourquoi il appelle l'Otan? - P.Gélie: Ce ne sont pas les affaires de l'Otan.
L'Otan n'a pas été attaquée est en cause. Il faut écouter Trump et traduire, parfois. Dire "je n'ai plus besoin de vous", ça veut dire que son état-major l'a convaincu que ce n'est pas faisable.
C'est pas en mettant quelques navires européens que ça changera la donne. Deux, quand il nous traite comme des supplétifs et pas des alliés...
C'est le monde de Trump. Le monde des alliés, c'est le monde d'avant. Le 3e point, c'est qu'en grande partie, le sort de l'Otan se joue dans le détroit d'Ormuz.
On confirme à Trump ce qu'il a toujours pensé. Même si le raisonnement est biaisé, il est...
Pour Trump qui passe son temps à dire "nous vous avons protégés de toutes les menaces pendant des années, et le jour où nous aurons besoin de vous, je pense que vous ne serez pas là", c'est la confirmation de ce qu'il pense profondément. Il dit: "L'Otan est une voie à sens unique." On est en train de lui démontrer que même si le raisonnement n'est pas fondé, on est en train de lui démontrer qu'il a raison, dans sa psychologie. - C.Roux: Question. - Gal D.Trinquand: Le seul cas qui pourrait se présenter... - P.Gélie: Il pourrait le faire!
Qu'est-ce qui l'en empêche? - Gal D.Trinquand: Il n'est pas attaqué. - P.Gélie: Ce sont des représailles. - C.Roux: Vous avez le droit de ne pas être d'accord. - Gal D.Trinquand: Chypre ne fait pas partie de l'Otan.
Le seul cas, c'est la Turquie. La Turquie s'est bien gardée de faire appel à l'article 4 ou 5. Aucun pays de l'Otan n'a été attaqué et n'a réclamé...
Aucun pays n'a été attaqué ni n'a demandé que l'article 5 soit activé. Le seul cas aurait été la Turquie. Elle se garde bien de le faire.
Aujourd'hui, il ne peut pas. Il n'est pas attaqué. C'est lui qui attaque. - C.Roux: Pourquoi vous pensez...
Chacun votre tour. On dirait qu'on fait une émission politique, D.Trinquand.
Pourquoi vous pensez qu'il pourrait activer l'article 5? - P.Gélie: Je pense qu'il n'a aucune limite dans le recours aux instruments dont il dispose.
Si celui-ci en est un à ses yeux et lui permet de mettre ses alliés devant leurs contradictions, il peut très bien l'utiliser. Je ne dis pas qu'il va le faire demain. On ne va pas s'arrêter au simple constat des faits juridiques que vient de faire le général, à juste titre, que l'Amérique n'a pas été attaquée.
On est bien au-delà de cette logique. - C.Roux: Il pourrait demander à la Turquie de le faire? - A.Bauer: D.Trump peut tout faire.
Il faut arrêter de rationaliser et d'européaniser D.Trump. On est dans cette espèce de truc incroyable où il devrait être européen et fonctionner comme nous.
C'est pas le cas depuis 1987. Ca fait 40 ans. Il faut retomber sur Terre.
L'article 5 n'a rien d'automatique. Ce n'est pas parce qu'ils le demandent qu'on doit le faire. Il peut demander.
Je suis d'accord. Ca peut lui passer par la tête, de la même manière qu'il peut expliquer que sa principale collaboratrice a le début d'un cancer au milieu d'une conférence de presse sur la guerre ou qu'il est très content de la rénovation du Trump Kennedy Center. C'est comme ça.
C'est Dégressif, provocateur, bizarre, divagant et, de temps en temps, il arrive qu'on arrive à un truc qu'on ne veut pas voir venir. On se dit qu'il ne va pas le faire et il le fait. Il y a un calcul derrière.
D.Trump fait des parties de poker menteur spécifiques depuis 40 ans. C'est toujours la même logique.
Il voit que s'il a un jeton de plus à la fin qu'au début, il a gagné. Qu'est-ce qui a manqué à D.Trump dans l'analyse du processus de garantie?
C'est des strates. Elles sont cohérentes. Il y a, dans une guerre, ce qui est prévu et ce qui marche.
Il y a aussi ce qui est prévu et ce qui ne marche pas. Il y a ce qui est imprévu...
A ce moment-là, il y a une évolution. Quand D.Trump a dit: "Je ne pensais pas qu'ils attaqueraient autant..." Vous comprenez que dans la tête des Iraniens, il s'est passé quelque chose.
Quand ils attaquent l'émirat, il y a l'oléoduc de secours. Quand ils attaquent l'Azerbaïdjan, ils attaquent l'endroit où il y a l'oléoduc qui fournit Israël en pétrole. C'est important, quand il n'y a plus rien qui passe dans le Golfe.
Tout ça est extrêmement cohérent pour les Iraniens. C'est surprenant pour D.Trump, alors qu'il avait pensé que la puissance de sa marine et de tout ce qu'il avait monté suffirait à faire effondrer l'Iran.
Ca marchera. Un nouveau système va casser, mais pas aussi vite qu'il ne l'espérait. - C.Roux: Question. - P.Allémonière: C'est toute la question qui se pose.
Les Européens, sur les questions internationales par rapport à Trump, même s'il a des divergences, même si les Anglais s'y mettent tard, si le chancelier allemand change de position...
Néanmoins, ils tiennent par rapport à Trump. Ils tiennent sur le Golfe. A chaque fois, c'est très étonnant.
Ils tiennent beaucoup plus au bout de 15 ou 10 jours que sur les questions économiques. Trump ne supporte pas qu'on ne plie pas. Comme il nous considère comme des vassaux, à partir du moment où il fait pression sur nous, on doit s'aligner sur ses positions.
Aujourd'hui, sur le plan international, sur le Golfe, on ne plie pas, même si on a des divergences. - C.Roux: E.Macron A mis les formes. - P.Allémonière: Ils mettent tous les formes.
On navigue à vue, avec Trump. On ne peut pas se fâcher. On veut affirmer notre idée du droit sur un plan international. - P.Gélie: On ne le suit pas parce qu'on ne peut pas le suivre.
Il est dans une logique... - C.Roux: Militairement? - P.Gélie: On n'est pas dans le même schéma de pensée.
Trump essaie toujours de défier les lois. Il l'a fait toute sa vie. Il défie les lois de l'économie avec les droits de douane.
Maintenant, il défie les droits de la guerre. Vous avez des objectifs, en découlent une stratégie et des moyens. Lui, il met des moyens sur la table et regarde ce qu'il peut récolter.
Il dit: "C'est peut-être pas assez. Je vais racheter quelques marines, etc." Je pense qu'il est dans une phase de délibération pour savoir s'il continue de la même manière, mais ça commence à tourner en rond.
Est-ce que je plie les gaules et je dis que j'ai gagné, j'ai détruit 6000 cibles et toutes les rampes de lancement, avec le risque que l'Iran me démente? Et je continue à tirer sur les voisins arabes? Ou alors, est-ce que je monte en puissance?
On est devant une inconnue. - Gal D.Trinquand: Sur l'hypothèse que c'est un test pour l'Otan...
Le 1er point, c'est que les Européens ont répondu. Ca le conforte peut-être dans le fait que ça ne sert à rien. Je dis "excellente nouvelle pour les Européens".
Au moins, les Français sont toujours sur le même truc avec l'autonomie stratégique...
Les autres Européens ne sont pas comme ça. Ils veulent s'accrocher aux Américains. Comme ils donnent la preuve qu'ils ne rendent pas la monnaie de leur pièce à Trump, peut-être qu'il va vraiment lâcher.
C'est une excellente nouvelle pour la défense de l'Europe. - C.Roux: Il va lâcher quoi? - Gal D.Trinquand: L'Europe.
L'Ukraine, il s'en fout. - C.Roux: Il a déjà lâché l'Europe.
La question est de savoir s'il lâche l'Otan. - P.Allémonière: Il ne lâchera pas l'Otan. - C.Roux: Il a distribué les paires de gifles, notamment à K.Starmer, son ami anglais, en disant qu'il était très déçu par lui.
On a eu cette déclaration de F.Merz, le chancelier allemand, qui est allé dans le bureau Ovale. Il a dit: "Cette guerre n'est pas la nôtre." Parlons de l'Iran et des capacités militaires.
Selon l'armée israélienne, 70 % des lanceurs de missiles balistiques iraniens ont été détruits, tout comme 80 % des systèmes de défense aérienne. Pourtant, l'Iran continue de faire parler sa capacité de nuisance. Il y a des frappes et une démonstration de force ce week-end avec le 1er vol d'un missile balistique d'une portée de 2000 km, le Sejjil. - Immense, rapide et dévastateur.
Voici le missile balistique iranien Sejjil utilisé pour la première fois depuis le début du conflit. Il fait la fierté de Téhéran, comme le montrent ces images publiées cette semaine par le régime. Arme de guerre et de communication dans l'escalade au Moyen-Orient. - Compte tenu du déclin des capacités défensives de l'ennemi et des dommages infligés à ses systèmes de défense aérienne, l'ennemi est arrivé au bord du précipice et ne pourra plus imposer un ordre fondé sur ses désirs et ses caprices. - Le Sejjil, une arme stratégique. 25 m de long, 31 t, une charge explosive de 700 kg et, surtout, une portée qui approche les 2500 km, suffisant pour atteindre l'Europe de l'Est.
Il y a quelques jours, c'est un autre type de missile qui avait été lancé sur Israël, comme ici, à quelques kilomètres au nord de Tel-Aviv. A l'intérieur, 80 projectiles explosifs se dispersent sur un large territoire, jusque dans les villes. - C'est dangereux.
C'est comme un champ de mines dans la rue, au milieu des gens. Quand la guerre sera terminée, il est probable que nous trouvions dans les hôtels, les hôpitaux, les écoles beaucoup de petites bombes que nous n'aurons pas vues ni remarquées pendant la guerre. - L'Iran, pourtant seul et affaibli, maintient la pression sur les Américains aussi, comme le montre cette vidéo d'un drone kamikaze iranien.
L'engin survole une base militaire américaine en Irak. Il s'approche de plusieurs bâtiments avant de piquer vers sa cible, sans provoquer de dégâts majeurs. L'Iran semble se préparer à une guerre d'usure.
Il lui resterait plus d'un millier de missiles balistiques, 150 lanceurs, moitié moins qu'au début de la guerre, et un nombre inconnu mais vraisemblablement élevé de drones Shahed. La menace est prise au sérieux par les Etats-Unis, qui s'inquiètent même désormais de leur sécurité intérieure. - Le FBI prévient que l'Iran pourrait lancer une attaque de drones sur le territoire américain dans l'ouest du pays. - Le FBI a alerté la police de Californie.
L'Etat pourrait être frappé par des véhicules sans pilote, type drones, alors que la tension monte au Moyen-Orient. - Plusieurs menaces sont envisagées par le FBI, l'activation d'agents dormants sur le sol américain, des attaques de drones lancées depuis des bateaux au large de la Californie ou depuis le Mexique, avec l'aide des cartels de la drogue. - Par le biais de ses agents, de ses relais, de ses liens avec des organisations criminelles, l'Iran dispose de l'expertise, du personnel et de l'accès aux équipements nécessaires pour attaquer les Etats-Unis. - L'inquiétude aussi après le survol d'un avion pas comme les autres, le Doomsday plane, l'avion de l'Apocalypse, aperçu dans le ciel de Californie.
Ce bolide, conçu pendant la guerre froide, a pour mission d'abriter le président américain en cas de catastrophe majeure, comme une attaque nucléaire. Dépourvu de hublots, c'est un mini-Pentagone volant. - Il dispose d'un espace de commandement, d'une salle de conférence, d'une salle de briefing et de communication.
Il peut rester en vol jusqu'à une semaine. Il est protégé contre les impulsions électromagnétiques et possède un blindage. - L'administration parle d'un simple exercice de routine, mais une large majorité d'Américains estiment que la guerre en Iran rend leur pays moins sûr, selon un sondage. - C.Roux: L'avion de l'Apocalypse...
Ce sont des exercices? - Gal D.Trinquand: Bien sûr.
Ce sont des exercices que l'avion doit faire pour être toujours prêt. Il y a le vice-président ou le président...
L'un sera enterré et l'autre en l'air. C'est ce qui s'est passé le 11-Septembre. Il est parti immédiatement.
Il faut l'entraîner régulièrement. - P.Allémonière: Ce que je trouve intéressant dans le sujet, même si ce sont des images de propagande, c'est de voir que les Iraniens essaient de suivre la course technologique.
Ca prouve que ce régime s'est doté d'une génération d'ingénieurs. Ils ont 3 gros sites militaires où ils font des recherches très avancées avec des ingénieurs de haut rang. Les Israéliens les ont éliminés régulièrement dans des attentats rocambolesques, mais ils fournissent chaque fois.
C'est ce qui les a piégés dans le système. Ils ont créé une élite intellectuelle, des jeunes chercheurs, des jeunes femmes diplômées, et ce sont ceux qui sont sortis dans la rue en décembre. C'est le paradoxe de ce régime qui a créé ces élites qui nous menacent, mais en même temps qui nous rejoignent avec les gens dans la rue. - C.Roux: Question. - A.Bauer: Oui, des drones, massivement par des missiles, non, parce que les sites de production de missiles ont tous été détruits, y compris par une opération de B2, dont on s'est demandé où elle allait.
Il s'agit d'un missile plus efficace que le Sejjil. Il est plus moderne. Par contre, les drones, il y en a des dizaines de milliers.
On sait désormais combien coûte un drone en Iran: 6000 dollars au lieu de 60 000. Ils ont réussi à miniaturiser et à développer une production de manière invraisemblable. Le coût de production et la qualité de production et de reproduction, y compris avec des imprimantes 3D, dont ils ont été les grands commanditaires, ça permet d'avoir ces équipements qu'ils ont fabriqués en grande quantité. - C.Roux: Ils pourraient être tentés de monter en gamme dans les missiles qu'ils utilisent, les Iraniens, vu la situation dans laquelle ils sont?
Y a-t-il des choses qu'ils n'ont pas encore sorties? - A.Bauer: Il y a un Sejjil 2.
Tout le monde améliore son missile en fonction des événements. Le problème, ça a été l'utilisation des armes à sous-munitions. Les Israéliens ont eu beaucoup de mal à anticiper ce problème.
Avant, ça faisait un trou là où ça tombait. Là, ça fait des centaines de sous-munitions. - P.Gélie: Même quand vous l'interceptez... - A.Bauer: Là, c'est une nouveauté, les sous-munitions.
Ils ont réussi à en placer une dizaine avec une partie dans le désert, mais aussi ailleurs, sur des sites habités. C'est un vrai sujet. Ils ont encore des Shahab-3, des Khorramshahr-3...
Le missile, une fois qu'il part, le lanceur est détruit. - C.Roux: On apprend qu'il y a eu une attaque contre l'ambassade américaine à Bagdad, en Irak, avec de fortes explosions.
Ce n'est pas la 1re fois que l'ambassade américaine est ciblée à Bagdad. Les Iraniens tentent-ils d'entraîner l'Irak dans la guerre? - Gal D.Trinquand: D'abord, ils utilisent tous leurs proxys.
Ca fait partie de leur stratégie, embraser totalement la région pour arriver à bloquer l'opération en montrant qu'ils sont dans une impasse. Ils vont utiliser tout ça, bien sûr. - C.Roux: L'ambassade américaine est-elle protégée?
J'imagine que oui. Surprotégée. C'est un symbole que les Iraniens cherchent. - P.Allémonière: L'ambassade américaine, c'est dans la zone verte, une ville dans la ville, en quelque sorte.
Il y a eu des manifestations de l'opposition, des chiites devant l'ambassade américaine. Elle a été régulièrement frappée par des roquettes, etc. Qu'elle soit attaquée...
Ce serait intéressant de voir par quoi elle a été attaquée. Est-ce que c'est un drone Shahed, un missile? - C.Roux: Qu'est-ce que ça change? - P.Allémonière: Un drone Shahed, tous les missiles irakiens qui travaillent pour l'Iran en sont équipés.
Ca viendrait de l'Iran et ça n'aurait pas été intercepté...
Le nombre de roquettes qui sont passées avec toutes les protections font que l'ambassade américaine est une cible. - C.Roux: Les frappes israéliennes sur le Liban se poursuivent avec des incursions terrestres dans le sud du pays.
Tsahal intensifie son opération militaire pour éradiquer le Hezbollah. Nos équipes ont pu pénétrer dans un bastion de la milice chiite. - C'est un quartier bombardé chaque jour depuis le début de la guerre.
On est dans la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah. Exceptionnellement, notre équipe a été autorisée à y entrer. - Je n'ai pas dormi à cause des explosions.
Comment vous dire...
La situation n'est pas bonne du tout. - Que Dieu préserve le quartier et tous les nôtres. On n'a plus de travail, de maison.
Il ne nous reste plus rien. On dort dans la rue. Ma maison a été bombardée.
Je ne suis pas le seul. - Depuis la reprise des combats, le quartier s'est presque entièrement vidé de ses habitants. Ceux qui restent soutiennent le Hezbollah. - Laisse-moi te dire: on a confiance en nos combattants.
Ce qu'ils nous disent de faire, on le fait car on a confiance en eux. - Au déclenchement de la guerre, le Hezbollah a visé le nord d'Israël avec ses roquettes. Israël a répliqué et, depuis, ne cesse d'intensifier ses attaques.
Sa cible: les bastions de la milice chiite. Ce jour-là, direction le coeur de la vallée de la Bekaa, dans l'est du Liban. Le Hezbollah a organisé une visite pour la presse étrangère. - Combien de blessés? - Beaucoup.
Combien y a-t-il de blessés, monsieur? 32. Les Israéliens visent les habitations civiles pour faire pression sur la population.
C'est ce qui nous brise le coeur. - Le Hezbollah tient à garder la main sur la communication, à écrire son récit de la guerre. - C'est important de faire venir la presse ici.
Nous voulons que le monde entier, les journalistes et les médias voient la justice et les crimes d'Israël alors qu'ils se présentent comme des victimes. Nos ennemis ne sont pas des victimes. Ce sont eux, les oppresseurs.
Ils sont avides de conquête. Leur rêve ne se réalisera pas. - Les Israéliens ont déjà détruit Gaza.
La bande de Gaza, ici...
Tout cela est lié. Nous sommes chez nous. Nous avons le droit de résister quand quelqu'un vient occuper notre terre.
Quand les nazis ont occupé la France, les Français se sont défendus et ont résisté pour se débarrasser d'Hitler. - Le Hezbollah va-t-il tirer profit de cette situation? Ailleurs, au Liban, la colère monte et certains l'expriment.
Pierre Bou Assi est député des Forces libanaises, un parti principalement soutenu par les chrétiens. Il dénonce la responsabilité du parti chiite, mais aussi celle de l'Etat libanais. - Le Liban n'aurait pas dû être jeté dans cette guerre.
C'est une décision iranienne, non libanaise. C'est la faiblesse de l'Etat qui a laissé les acteurs régionaux s'imposer à travers leurs outils, leurs proxys, pour servir ces puissances régionales, au détriment du Liban, du peuple libanais, et son droit à la paix et à la stabilité. - Le Liban, encore une fois dans le piège de la guerre.
Depuis la reprise des combats le 2 mars, le pays compte plus de 800 personnes tuées et 1 million de déplacés. - C.Roux: Les autorités libanaises évoquent 886 victimes.
Cette question... - Gal D.Trinquand: Au Liban, Israël continuera le combat.
Ca fait partie de la stratégie de B.Nétanyahou. Il veut tout éliminer, toutes les menaces.
Il y a une menace résiduelle au Liban, à la frontière nord d'Israël. Ils oublient que c'est l'éternel recommencement. J'étais au Liban en 92.
Le Sud-Liban était occupé par Israël. Ils sont partis en 2000 et sont revenus en 2006, en 2024...
A chaque fois, ils ont dû repartir. C'est là où il y a un changement du côté du gouvernement libanais. Il donne la carte au Hezbollah, l'affichage "résistance".
C'est le nom que se donne le Hezbollah pour résister contre Israël. Ce qui est proposé par la France, c'est que les Israéliens et les Libanais discutent ensemble pour éliminer le Hezbollah. Le Hezbollah est un ennemi d'Israël et un ennemi du Liban.
C'est la politique de Téhéran qui est appliquée au Sud-Liban, pas la politique de Beyrouth. Le gouvernement libanais a pris position là-dessus. Mais l'armée libanaise est trop faible pour faire ça toute seule. - C.Roux: On l'aide, nous, les Français? - Gal D.Trinquand: Oui.
Sans les Américains et les Français, l'armée libanaise n'existerait plus. On leur donne des rations, de l'armement...
C'était la résolution 1701, en 2006, qui devait conduire au désarmement. Ca a commencé il y a un an et demi. Ca ne va pas assez vite, évidemment.
La Finul s'arrête en décembre 2026. Les Libanais vont devoir se débrouiller tout seuls. Il faut mettre l'accélérateur.
Il faudrait qu'Israël arrête de considérer le Liban comme un ennemi et simplement le Hezbollah comme un ennemi. - C.Roux: Si on fait un pas de côté par rapport à la situation au Liban et pour reprendre la question posée...
Imaginons que Trump dise qu'il a gagné, qu'il se désengage de cette guerre décidément très compliquée. Israël serait tenu de se désengager de la même manière, notamment concernant l'Iran? - A.Bauer: Israël n'aurait pas les moyens de continuer une guerre totale contre l'Iran.
L'effondrement ne serait plus à l'ordre du jour, mais l'élimination pourrait continuer de manière structurelle. Il faut se rappeler un élément...
Les premières roquettes ont été tirées sur Israël non pas par le Hezbollah, mais par les Gardiens de la révolution apportées au Liban. Le parti chiite Amal a dénoncé pour la 1re fois cela. Le Liban a déclaré la guerre à Israël en 1948 et ces 2 pays n'ont jamais signé de paix.
Quand la question a été posée par le président de la République pour la 1re fois cette année...
Il a dit qu'on pourrait faire une rencontre avec les Israéliens. Quand la question de la négociation de paix a été posée, c'était immédiatement non. Ils sont en guerre, techniquement, depuis longtemps.
C'est plus compliqué avec l'Iran, qui passe son temps à déclarer la guerre à Israël et aux Etats-Unis. Le Liban, dès la création de l'Etat d'Israël, a déclaré la guerre. Ils ne se sont jamais engagés dans des dispositifs de paix. - C.Roux: Nous revenons à vos questions.
Question. On l'a un peu entendue, la Chine, notamment après l'appel à l'aide de D.Trump qui citait la Chine. - P.Allémonière: La Chine, c'est très compliqué.
Elle ne veut pas s'engager officiellement. Il y a cette rencontre hypothétique.. - C.Roux: Elle a été reportée. - P.Allémonière: D.Trump a dit qu'il allait la reporter.
On va voir comment les Chinois réagissent à ce report. La Chine aide l'Iran dans la construction des missiles. Il y a 7 ou 8 jours, un bateau est parti de ports chinois pour se diriger dans l'océan Indien et près des côtes iraniennes pour livrer des précurseurs qui participent à la fabrication des missiles.
La Chine aide, effectivement. - C.Roux: Elle a envoyé de l'aide humanitaire. - P.Allémonière: C'est intéressant.
Elle envoie de l'aide humanitaire à certains pays: la Jordanie, l'Irak, l'Iran, le Liban et aussi au Yémen, je crois. Je n'en suis pas sûre. Ce sont des pays, sauf la Jordanie, qui sont dans l'axe iranien. - Gal D.Trinquand: La Chine compte les points.
Elle a un navire espion dans le coin. Elle regarde tout ce qui se passe. Elle engrange les données.
Ca peut être des données très utiles pour un éventuel conflit dans la région de Taïwan, compte tenu de ce que les Etats-Unis auront dépensé et compte tenu des moyens mis en place par les Etats-Unis. - C.Roux: C'est étonnant que D.Trump demande l'aide à la Chine, en plus des Européens et de l'Otan? - A.Bauer: Le ministre des Affaires étrangères chinois a eu un discours en 2 morceaux.
Le 1er morceau dénonçait l'impérialisme des Américains. Dans la 2e partie, il a dit que les relations n'avaient jamais été aussi bonnes. Les Chinois détestent le chaos et le désordre.
Mais ils fournissent du perchlorate de sodium pour faire fonctionner les missiles. Ils fournissent le système antiaérien, le renseignement. Le bateau espion le plus moderne de l'histoire est accompagné de 3 bâtiments de guerre.
C'est la 1re fois que les Chinois sont aussi près d'une zone de guerre. L'intérêt pour D.Trump, c'est que l'essentiel de la production pétrolière, de très bonne qualité, iranienne, va vers la Chine.
Il voulait pousser la Chine à rétablir la circulation dans le détroit sans s'engager dans la guerre, en faisant une espèce de découpe: "On fait la guerre. Tu t'occupes de la libre circulation." Les Chinois ont négocié directement avec les Iraniens pour que les bateaux chinois ou qui vont vers la Chine continuent à circuler. - C.Roux: Question.
C'est l'un des responsables du renseignement américain. J.Kent a claqué la porte en disant qu'il n'y avait pas d'urgence à frapper l'Iran. - P.Gélie: Il se construit dans l'adversité.
Il aime avoir des ennemis. En plus, il ne respecte que ceux qui lui résistent. - C.Roux: Il était quand même agacé par l'attitude de ceux qu'il considérait comme ses alliés, à géométrie variable. - P.Gélie: Il les considère comme ses vassaux et les traite comme ses supplétifs.
Il attend qu'ils lui obéissent. - P.Allémonière: Un Britannique a fait une grande déclaration et a dit, comme le conseiller américain, que les Iraniens avaient fait des avancées phénoménales 2 jours avant la guerre.
Il a participé de près et de loin aux discussions avant la guerre. J.Kushner et S.Witkoff sont pratiquement sortis de la salle... - C.Roux: Trump a dit qu'il avait été déçu par K.Starmer. - A.Bauer: Pour la 12e fois. - C.Roux: Question.
Pourquoi pas? - Gal D.Trinquand: C'est ce que le président V.Zelensky avait dit: "Je donne des drones, vous me donnez des Patriot." L'important, c'est la levée de l'embargo américain sur le pétrole russe, qui est un scandale.
Ca permet aux Russes d'engranger beaucoup d'argent pour pouvoir continuer à faire la guerre. C'est là qu'on attend les Etats-Unis. C'est sur la pression économique à mettre sur la Russie.
Ils ne vont pas fournir beaucoup d'armement, mais la pression sur le pétrole est très importante. - C.Roux: On apprend à l'instant Que 201 spécialistes des drones ukrainiens sont envoyés au Moyen-Orient pour partager leur savoir-faire, notamment dans la lutte contre le Shahed.
Question. - Gal D.Trinquand: Il y a 2 options.
La 31e force expéditionnaire a quitté Okinawa. Il lui faut 15 jours pour arriver. La 82e Airborne est en alerte.
Est-ce qu'elles joueront pour faire pression Ou pour agir réellement? Je n'en sais rien. Ce sont les 2 points stratégiques.
L'un est le coffre-fort des Pasdaran... - A.Bauer: Tu coupes sans détruire la distribution de pétrole.
La question, c'est que tout le monde revient, y compris les Chinois, les Indiens, sur le thème "il n'y a plus rien qui sort". La question est d'éliminer une partie des défenseurs. - Gal D.Trinquand: Il y a déjà eu des frappes importantes... - A.Bauer: Le détroit, c'est une autre paire de manches. - P.Allémonière: Il peut y avoir des pertes américaines.
C'est proche des côtes iraniennes. - C.Roux: Question. - Gal D.Trinquand: C'est ce que je disais tout à l'heure! - C.Roux: Question. - P.Gélie: C'est l'histoire.
Ce pays a besoin de nous, honnêtement. S'il y a un endroit où la diplomatie française se doit d'être, c'est là. - C.Roux: Question. - A.Bauer: Par principe.
C'est comme ça qu'il fonctionne. Ca ramène au général de Gaulle, en 61: "Nous voulons être des alliés, pas des vassaux." Il est sorti du commandement intégré. - C.Roux: Question. - Gal D.Trinquand: Je pense qu'ils ont vraiment suivi la stratégie israélienne, qui aura peut-être baratiné.
B.Nétanyahou a peut-être baratiné D.Trump en disant: "On va y arriver." - C.Roux: Merci.
Fin de cette émission. On retrouve A.-E.Lemoine. - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
A.Souchon mis à l'honneur par la Comédie-Française. On recevra T.Marx.
La petite cuisine électorale avec des tractations...
Emmanuel Macron