Mayotte, François Bayrou, cumul des mandats...L'interview en intégralité de Fabien Roussel (PCF)
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Il est 8h32 sur RMC et BFM TV. Bonjour Fabien Roussel. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes le patron du Parti communiste français. Vous avez longtemps été d'ailleurs député du Nord. De nombreuses questions à vous poser sur le gouvernement à venir, sur le soutien ou non du Parti communiste. Mais d'abord une question sur François Bayrou. Hier soir, il était à Pau pour le Conseil municipal. C'était là qu'il devait être ?
Il y a une situation à Mayotte qui est extrêmement grave, terrible. Je pense que je me demande s'il mesure vraiment la situation, la gravité de la situation. J'ai pris l'initiative ce matin d'interpeller directement le président de la République. Je l'ai appelé et je lui demande, je l'exhorte, à mettre en place rapidement les mesures d'urgence, d'hébergement, des centaines de milliers de maorais qui sont aujourd'hui dans le dénuement le plus complet depuis quatre jours. Il manque d'hébergement, de vivre, de nourriture. Même les secours qui arrivent sur place au compte-gouttes ne sont pas hébergés et manquent de vivre.
Il faut avoir le courage de faire appel à l'aide internationale, aux ONG qui savent monter les campements qu'il faut en urgence pour accueillir, accueillir toutes celles et ceux qui sont dehors. C'est une urgence, mais tout le monde me le dit, autant ceux qui sont sur place que les réunionnais qui sont aujourd'hui le département qui sert de hub. J'ai eu la présidente de la région, Huguette Bello, mais aussi Emeline Kabidi, députée réunionnaise, qui siège dans notre groupe et qui me dit qu'à la Réunion, les zones de fret sont pleines, pleines de vies, prêtes à partir, mais rien pour les accueillir sur place à Mayotte, car il n'y a pas les structures d'accueil suffisantes.
C'est extrêmement grave. Chaque heure qui passe est une heure de trop. Il est urgent d'agir. C'est ce que j'ai demandé au président de la République ce matin.
Et justement, Fabien Roussel, il y a beaucoup de choses dans ce que vous dites. Je voudrais vraiment qu'on prenne le temps d'essayer de mieux comprendre les demandes que vous avez formulées. Il vous a répondu, le président de la République ?
Oui.
Vous lui avez parlé.
Oui, il vient de me répondre ce matin en me disant qu'il allait tenir une nouvelle cellule d'urgence dans une heure, qu'un A400M atterrissait avec des structures d'accueil. Là, dans les heures qui viennent, est-ce que ce sera suffisant ? Je ne sais pas. Et je ne sais pas s'il mesure véritablement le fait qu'il y ait 90% des hébergements détruits. Détruits 90% sur une île où il y a 320 000 habitants. Mais ça veut dire qu'il y a 250 000, 280 000, 300 000 personnes sans hébergement. C'est ça la réalité.
Avec un problème évidemment d'accès à l'eau, d'accès aux soins. Accès à l'eau, accès aux soins, le choléra. Mais quand vous dites, Fabien Roussel, quand vous dites, le choléra, il y a eu une épidémie de choléra, déjà avant même effectivement le chaos actuel. Fabien Roussel, quand vous dites, je lui ai dit, il faut une aide même internationale. Il ne répond pas là-dessus. Il vous a juste dit ce qui était prévu dans la journée.
Je n'ose pas imaginer que par péché d'orgueil, la France ne ferait pas appel à l'aide internationale. Pourtant, dans de telles situations qui se sont déjà déroulées sur la planète, c'est normal de faire appel à l'aide internationale. L'Union européenne, elle-même, a l'habitude d'intervenir et d'accompagner. Ce n'est pas d'argent qu'il faut là maintenant, c'est après que ça viendra. Aujourd'hui, ce sont des tentes de l'hébergement pour pouvoir protéger les gens. Et ce sont des vivres, c'est de l'eau, ce sont des soins. Les médecins là-bas n'ont même plus de matériel stérile. Presque, ils n'ont rien à faire parce que ceux qui étaient gravement malades sont malheureusement morts.
Dans les hôpitaux, qui avaient besoin de soins d'urgence, sont morts parce que pas soignés. Et aujourd'hui, ceux qui ont besoin de soins ne peuvent pas être soignés parce que les médecins n'ont pas les matériels qu'il faut.
Et je me permets de préciser, Fabien Roussel, que vous avez un lien familial avec Mayotte. Vous l'aviez d'ailleurs dit ici même. Vous avez donc des liens avec ceux qui sont sur place que vous avez au téléphone. Il est très difficile de réussir à joindre les populations. Mais à nouveau, on commence à le faire. Vous avez des nouvelles des uns et des autres. Vous avez réussi à avoir tout le monde au téléphone.
Et pas de morts, mais des dégâts très importants parmi mon ex-belle famille. Mais les mots qui tournent, ceux qui me disent, ce que l'on entend le plus, c'est où sont les gens ? Où sont les gens ? Parce qu'on dit que cet île est surpeuplé. Ils ne sont pas là. Où sont les gens ? Ils sont sous les amas de tol. Ils sont sous les manguiers qui sont tombés. Certains se sont réfugiés dans la forêt parce qu'il y a beaucoup d'enjoignés, notamment peur d'être attrapés par la police dans la forêt, peut-être abattus sous les armes. Vous imaginez, le mot c'est où sont les gens ?
C'est bien pour ça qu'il y a besoin aujourd'hui de centaines et de centaines de secours pour aller dans chaque village, dans chaque rue, pour aller relever ces tols, pour secourir, faire en sorte que les gens... Ça fait quatre jours. Il doit y avoir des centaines de morts. Ils ont besoin d'être recensés, enterrés, protégés. On n'en est pas là. On prend du retard. Chaque heure qui passe, c'est du retard supplémentaire. C'est extrêmement grave.
Fabien Roussel, le ministre de l'Intérieur, démissionnaire est sur place. M. Retailleau, le président de la République a annoncé qu'il irait sur place dans les prochains jours. Est-ce que de ce point de vue-là, il vous a semblé concerné suffisamment ? Il a annoncé qu'il y aurait également un deuil national ?
Oui, mais c'est bien. Aller sur place, un deuil national, c'est le minimum. Se rendre sur place de la part de M. Retailleau, accompagné de parlementaires maorés qui étaient là, avec qui j'ai discuté aussi, il fallait le faire. Voilà. Ma crainte, ce que je ressens, c'est que, par orgueil, nous ne fassions pas appel à des ONG, à des structures qui ont l'habitude de ce type de catastrophe et qui auraient pu déjà monter les structures, les tentes pour pouvoir héberger, apporter les premiers soins, ce qui n'est pas le cas. On veut gérer tout tout seul, comme si nous étions capables.
Il faut avoir l'humilité de se dire que face à une telle catastrophe que nous ne connaissons pas, et sur une île qui est la plus pauvre de France, qui est aujourd'hui aidée par le département de La Réunion, qui est aussi un département très pauvre. Enfin, bien sûr qu'on a besoin de l'aide d'autres pays. L'Inde, qui est à côté. La Chine, qui intervient beaucoup d'ailleurs, notamment au Comores, où elle a construit un hôpital très moderne sur l'île d'à côté. Et donc, ils peuvent envoyer rapidement des avions, maintenant que l'aéroport fonctionne.
Si tant est qu'on leur fasse appel.
Mais si tant est qu'on leur fasse appel. Et il ne faut pas avoir de honte à le faire, parce que ce sont des vies humaines, ce sont des êtres humains qui ont besoin d'être secouris le plus rapidement possible.
Fabien Roussel, je vous ai évidemment écouté dire tout cela. Je n'oublie pas que la première question que je vous avais posée, c'était de savoir si la présence de François Bayrou hier soir devait être...
Il aurait dû être là-bas.
Il n'aurait pas dû partir à peau comme ça.
Il devrait être à Mayotte aujourd'hui.
Vous estimez qu'il devrait y être sans une seconde d'hésitation.
Mais bien sûr, un département qui aurait été fauché de la même manière en Hexagone, tout le gouvernement israélien, le Premier ministre, le Président de la République, ne donnons pas à voir à Mayotte la même situation qui s'est produite à Valence, en Espagne, où les autorités ont tellement tardé à aller. Je suis content que le ministre de l'Intérieur y soit allé, et que les ministres maintenant s'y rendent. Mais quand même, pour le Premier ministre, et c'eût été justement un acte fort qu'à peine nommé, ils se rendent sur cette île. On dit toujours que nous sommes fiers de nos outre-mer. Et ça nous confère d'être la deuxième puissance maritime au monde.
Mais on ne peut pas être fiers grâce à sa deuxième puissance maritime au monde. Et quand il y a un tel drame, ne pas être à leur côté et porter tous les secours dont ils ont besoin.
– Alors à côté évidemment des mots très forts que vous venez de prononcer, et notamment les mots que vos proches vous ont dit par téléphone, avec cette question que vous nous dites, où sont les gens ? Le reste va vous paraître un peu dérisoire. Mais tout de même, il faut poser la question. Est-ce que François Bayrou qui relance dans ce contexte-là, justement, la question du cumul ou du non-cumul des mandats, est-ce que ça devait être ça la priorité ?
– Je suis désolé, madame de Manerbe, je suis désolé, je ne veux pas répondre à ça.
– Ce n'est pas moi qui ai créé le timing, justement. – Je ne veux pas répondre à ça. – C'est François Bayrou qui partant là-bas, une de ses premières déclarations, c'est de dire, vous estimez que c'est indécent de sa part de relancer ce débat-là maintenant ?
– C'est indécent. Indécent de parler du cumul des mandats, de le mettre dans le débat public, alors qu'en ce moment, on enterre des enfants, des habitants à Mayotte, et qu'il y a ce drame à nos portes. C'est indécent quand dans notre propre pays, ici, tant de gens, eux aussi, s'inquiètent de savoir comment on va payer les factures, qu'est-ce qu'on va faire comme repas au fait de fin d'année.
Quand je pense à nos PME, TPE, qui n'ont toujours pas de budget, qui ne savent pas comment ça va se passer pour 2025, quand je pense, quand je pense à ces centaines de milliers d'ouvriers, de salariés qui sont encore en train de faire des piquets de grève, parce qu'ils ne savent pas, sans ministre, ils ne savent pas comment ça va se passer aux Fonderies de Bretagne, chez Vancorex, chez Arcelor, aux coques sportifs, mais ils sont par dizaines, comme ça, d'être sous le coup de plans de licenciement sans savoir, sans rien, et on vient agiter le cumul des mandats, mais moi, c'est le cumul des mandats, moi, que je vais mettre à l'ordre du jour, parce que d'avoir des responsables politiques qui disent qu'on pourrait cumuler des mandats, alors qu'il y a des gens qui aimeraient bien cumuler des salaires, eux, et avoir de quoi se nourrir, c'est ça, moi, dont je veux parler.
Et je veux qu'on apporte des réponses aux gens qui, aujourd'hui, souffrent et s'interrogent sur leur avenir.
On va rentrer dans la question, justement, du budget, mais enfin, si je vous écoute, honnêtement, vous allez rencontrer tout à l'heure François Bayrou, ça ne va pas bien se passer.
Ah ben, j'aurais préféré qu'il ne soit pas là, qu'on reporte le rendez-vous et qu'il soit à Mayotte pour faire appel à cette...
Il n'a rien, enfin, si je vous écoute, il n'a rien compris ni au timing, ni aux priorités ?
Écoutez, il fait ses choix et il n'a pas fait le bon choix. Voilà, il a privilégié le local. Le conseil municipal de Paule. Là, on peut comprendre, moi aussi, je suis très attaché à ma ville de Saint-Amant-les-Eaux, mais quand on est Premier ministre et qu'on a une responsabilité nationale, à ce point, on va se pencher sur le sort de centaines de milliers, on parle de centaines de milliers d'habitants qui sont aujourd'hui au bord du précipice.
Il y a cette loi spéciale, vous parliez à l'instant du budget, on va revenir bien sûr sur les consultations de François Bayrou, mais puisque vous parlez de la question du budget, la loi spéciale sur la reconduction du budget 2024 pour 2025, en attendant le vote d'un nouveau budget, et cette question sur les amendements sur le barème de l'impôt. Est-ce que, d'abord, vous y aviez compris quelque chose et est-ce que vous pouvez dire aux Français quelles sont la responsabilité des uns et des autres dans ce qu'ils vont payer comme impôts ?
Oui, j'ai compris un petit peu quand même. Nous avons demandé avec les forces de gauche...
Quand vous écoutez des économistes, ce n'est pas clair.
Nous avons demandé avec les forces de gauche et écologistes de pouvoir introduire un amendement dans cette loi spéciale afin qu'elle tienne compte, justement, de l'inflation sur le barème des impôts. C'est la présidente de l'Assemblée nationale, de par son autorité, qui a déclaré cet amendement irrecevable. Et donc, cette loi spéciale a été votée, et nous l'avons votée, sans cet amendement. Nous l'avons votée parce qu'il ne faut pas que la France prenne le risque.
Donc, au moment où l'on se parle, Fabien Roussel, ça veut bien dire qu'effectivement, mécaniquement, un certain nombre de Français qui étaient exemptés d'impôts vont passer le...
Oui, mais il y a une solution. Et il y a toujours des solutions. Alors, c'est quoi la solution ? C'est une question de volonté politique.
Et la solution, c'est que dès les premiers jours de janvier, et nous pouvons y travailler maintenant, les parlementaires ont fait cette proposition-là, c'est de mettre en place, avant le projet de loi de finances, le budget, lui, va prendre du temps à être reconstruit, mais sans attendre, nous pouvons mettre à l'ordre du jour, dès le 10-15 janvier, une loi portant diverses dispositions fiscales, c'est une loi spécifique sur la fiscalité, permettant d'introduire la correction du barème, et aussi, nous le demandons, les mesures concernant l'agriculture, puisque là aussi, il y avait...
Ça fait partie aussi, 70% des choses qu'ils avaient obtenues étaient censées être appliquées avec le niveau de la France.
Et donc, dès le 15 janvier, et il y aura unanimité là-dessus, c'est pas le budget pour la France, c'est une loi portant diverses mesures fiscales qui existent, dans laquelle on peut tout de suite corriger et le barème de l'impôt, et les mesures pour l'agriculture, et si une telle... Et c'est ce que je dirais à M. Béroud ce soir, c'est de mettre tout de suite ça à l'ordre du jour, il pourrait avoir un texte de loi voté à l'unanimité, et ce serait quand même une belle chose si c'était fait dans ce cas. En tout cas, je dis à l'unanimité, je vais pas parler pour les autres.
En tout cas, il y aurait vraisemblablement un consensus suffisamment.
Il pourrait la défendre, la propose, j'ai entendu écrit Coquerel là-dessus, qu'il explique très très bien. Et donc, il y a une solution et une voie de passage.
Ça existe encore le NFP ?
Je viens de vous en parler. Oui, justement, c'est pour ça que je suis surprise. Bah non, mais...
Parce que vous allez un peu chacun en ordre dispersé, vous allez tout à l'heure voir François Bayrou, LFI a refusé cette rencontre.
Écoutez, chacun fait ce qu'il veut, comme on dit. Mais ce qui est important, c'est qu'à l'Assemblée nationale, nous continuions à taper sur le même clou, la justice fiscale, la justice sociale. Ne pas taper sur le pouvoir d'achat des Français. Nous le demandons tous, nous les 193 députés, ne pas taper sur le pouvoir d'achat des Français, leur rendre de l'argent, leur permettre de vivre dignement. Nous demandons des moyens pour les services publics, pour les communes, les collectivités. Nous demandons un plan pour l'industrie, baisser le coût de l'énergie.
Toutes ces choses-là, je peux vous dire, nous sommes alignés, nous continuerons de nous battre là-dessus et de l'exiger de ce gouvernement.
Donc, à l'Assemblée, oui, ce groupe du Nouveau Front Populaire existe encore. Ensuite, sur la question du rapport à ce gouvernement, est-ce que vous pourriez apporter une sorte d'accord de non-censure ou de compromis de discussion ?
– Bien, d'abord, il faut quand même dire que la domination de M. Béroud, ce n'est quand même pas une bonne nouvelle pour l'ensemble de nos concitoyens. C'est encore une fois le signe que M. Macron veut garder la main, ne pas changer de politique, on change les hommes, mais on garde la même politique. C'est comme dans le bocal de cornichons, on peut changer la marque, mais les cornichons à l'intérieur, ils ont toujours le même goût. – Non, mais c'est comme ça, c'est connu. Faites l'expérience, vous pouvez changer de marque, les cornichons, ils ont toujours le même goût.
– Dès que je sortirai, je vais faire l'expérience des cornichons.
– Là, c'est pareil, on change de Premier ministre, mais la politique, elle a toujours le même goût. Mais ça, les Français commencent à en avoir jusque-là, ils aimeraient bien que ça change.
– Sauf qu'il y a quand même du pire ou du moins pire, c'est-à-dire que là, on sent bien, ne serait-ce que le fait que vous alliez et que vous acceptiez de discuter, c'est quand même déjà une étape.
– Alors, tout à fait, donc maintenant, il est nommé, il est là, on ne va pas faire du boudin, on va essayer de trouver des solutions et c'est pour ça, on va essayer de trouver des solutions dans la mesure où il a quelques marges de manœuvre.
– Est-ce que ça veut dire, Fabien Roussel, que la première question, c'est est-ce que vous allez le censurer d'office ou est-ce que vous êtes prêt à discuter, à le laisser venir, à avancer ?
– On y va justement pour ça, on y va avec les propositions que nous portons, qui nous semblent pour nous essentielles, je le redis, l'abrogation de la réforme des retraites reste une priorité et nous demandons à ce que les 80-90% de Français qui la demandent puissent être entendus, ça c'est le respect des urnes, c'est le respect du peuple.
– Vous demandez la suppression de la réforme des retraites, est-ce que le gel de la réforme des retraites et une grande conférence sociale sur les retraites pourraient vous contenter ?
– Je pense que pour pouvoir obtenir l'abrogation de la réforme des retraites, en tout cas pour pouvoir faire en sorte que ceux qui auraient dû partir en retraite, sans cette réforme, puissent partir, et c'est ce que je souhaite le plus artement possible, qu'importe le mot que l'on mettra dessus. – Ça veut dire que le gel, au moins dans un premier temps, pourrait vous contenter ? – Qu'importe le mot, je sais que je vais me faire critiquer encore, on va me traiter… – C'est déjà mieux que rien quoi, si je vous écoute.
– Mais pour moi, je pense, je les vois, ces hommes et ces femmes, ils me l'ont dit, qui devaient partir en retraite et qui ont pris 9 mois, c'est comme pour la prison, ils ont pris 12 mois, ils ont pris 18 mois, à cause de cette réforme, ils sont cassés par le travail, je souhaite qu'ils puissent partir en retraite.
– Je précise bien que pour ceux qui nous écoutent, en effet, ça équivaut à une forme au minimum de gel immédiat, pour que ce ne soit pas appliqué à tous ceux qui sont au bord de la retraite.
– Je souhaite qu'on puisse mettre ça sur la table, je l'ai déjà demandé à M. Béroud, avec qui j'ai eu l'occasion d'échanger, je vais le redire ce soir officiellement avec les deux présidents de groupe, une conférence sociale, et j'ai eu l'occasion d'en parler aussi avec Sophie Binet, une conférence sociale, peut-être le moyen de l'inscrire à l'ordre du jour, si le gouvernement donne les orientations et est prêt à inscrire dans la loi de finances de sécurité sociale, le financement, les 3 milliards d'euros qu'il faudra pour pouvoir permettre le départ de ces personnes.
– Fabien Roussel, est-ce que ça veut dire que s'il dit oui à ces deux exigences que vous avez, vous pourriez accepter de ne pas faire de censure immédiate ?
– Bien, la question de la censure, elle se pose d'abord de son côté, s'il lui s'engage à ne pas faire de 49-3. S'il lui s'engage à ne pas utiliser l'arme atomique concernant le budget de la France et les grandes lois de notre pays, il est obligé, il force à la discussion. Et c'est en faisant cela que nous construirons des majorités et des oppositions, d'ailleurs ça n'empêche pas les clivages politiques, nous pourrions voter contre les textes qui sont toxiques, mauvais, soutenir ou nous abstenir sur d'autres textes, mais en tout cas, c'est comme cela que l'on pourrait avancer en respectant le Parlement, en respectant tous les groupes du Parlement, en respectant la voix des Français.
Pas de 49-3, pas de motion de censure.
– Pas de 49-3, pas de motion de censure. Emmanuel Macron qui s'est engagé également à ne pas, à nouveau dissoudre dans les mois qui viennent, l'Assemblée nationale. Est-ce que vous faites partie de ceux qui, comme LFI, demandent à ce qu'Emmanuel Macron parte, à ce qu'il y ait une destitution du président ?
– Je ne suis pas convaincu, mais pas du tout convaincu, que d'anticiper une élection présidentielle aujourd'hui permettrait de résoudre les problèmes de nos concitoyens. D'abord parce que si le président de la République, s'il y avait une nouvelle élection présidentielle, on aurait le même Parlement, donc ça n'avancerait pas plus. La deuxième chose, c'est que rentrer en élection présidentielle, plus des élections législatives anticipées plus tard, à partir des un an, fait que l'année 2025 serait encore une année d'élection. Franchement, pensez que les Français, ils ont besoin encore d'avoir une année d'élection ? Ils ont besoin d'être entendus et respectés. Ils ont voté déjà.
Et donc aujourd'hui, ils veulent que leur vote soit respecté. Donc respectons le vote, faisons en sorte que la politique, elle change en France, et nous, on est prêts à participer à ce changement, c'est-à-dire à mettre tout notre poids pour obtenir ces changements. Nous serons dans l'opposition, mais nous ferons tout pour arracher des victoires.
– Donc un peu, c'est déjà mieux que rien du tout.
Ah mais tout ce que l'on pourra obtenir pour les gens, pour les ouvriers, pour les usines, pour l'énergie, pour baisser les factures, pour les salaires, pour les retraites, nous prendrons et nous nous battrons pour.
– Est-ce qu'on peut parler d'une opposition constructive ?
– Nous avons toujours été une opposition constructive. Nous avons passé plus de temps dans l'opposition qu'au gouvernement. Quand nous sommes au gouvernement, on sait faire. Et quand on n'y est pas, je dis souvent qu'on n'est pas une force d'opposition, on est une force de proposition. et on proposera, on proposera beaucoup. Et après, c'est le rapport de force qui tranchera.
– Merci Fabien Roussel d'avoir répondu à mes questions ce matin. Vous êtes donc le patron du Parti communiste. Vous rencontrerez François Bayrou tout à l'heure et je retiens votre cri du cœur tout à l'heure, vos proches à Mayotte qui vous disent « Où sont les gens ? Où sont les gens ? » Il est 8h52 sur RMC BFM TV. – Sous-titrage Société Radio-Canada
Fabien Roussel