Sylvie Goulard : "L’Union Européenne doit se réformer, mais ça n’est pas une raison pour perdre son sang froid"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:22OuverteRéponse directe
Est-ce que vous craignez en Italie une vague du camp adverse emmenée par le populiste Bébé Grillo et son parti, le mouvement 5 étoiles ?
- 0:56OuverteRéponse directe
Bébé Grillo demande des élections anticipées, est-ce que ça risque de favoriser le parti populiste qu'il représente ?
- 1:40OuverteRéponse directe
Après l'incertitude politique en Italie, y a-t-il aussi des craintes pour l'avenir économique de l'Italie ?
- 2:17OuverteRéponse directe
Est-ce que cette victoire du non en Italie peut contribuer à une sortie de l'Italie de la zone euro ?
- 3:08OuverteRéponse directe
Vous l'évoquiez à l'instant, Nobberhofer en Autriche a été battu par l'écologiste Alexander Van der Bellen. Pour vous, c'est un signal positif ?
- 3:45OuverteRéponse directe
Qu'y a-t-il de commun à tous ces mouvements anti-européens que l'on qualifie de populistes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34Invité politiqueFait
« Les grillines, comme on dit en italien, étaient déjà forts avant le référendum, ils ne vont pas être moins forts »
- 0:47Invité politiqueFait
« Ce n'était pas des élections à proprement parler, c'était la confirmation ou non d'une réforme institutionnelle et effectivement, sur ce chapitre-là, M. Renzi a échoué. »
- 1:53Invité politiqueFait
« Oui, la situation économique en Italie n'est pas très bonne, notamment la situation du secteur bancaire. »
- 2:01Invité politiqueFait
« Mais nous avons adopté ces dernières années dans l'Union européenne toute une série de mesures de supervision, de contrôle des banques et éventuellement d'organisation de leurs faillites »
- 2:25Invité politiqueFait
« Non, je crois qu'il faut rester raisonnable. À ce jour, les Italiens ne sont pas massivement favorables à la sortie de la zone euro. »
- 2:31Invité politiqueFait
« Je dirais que cette sortie n'est pas prévue et que quand on voit ce qui se passe au Royaume-Uni, plus de cinq mois après le référendum, le gouvernement britannique n'a toujours pas indiqué comment ils en sont procédés. »
- 3:16Invité politiqueChiffre
« Oui, encore une fois, le candidat d'extrême droite a obtenu un score tout à fait alarmant. »
- 3:57Invité politiqueFait
« Ce qui est certain, c'est qu'à mon avis, le problème numéro un en Europe, c'est la mollesse et l'indifférence dans le camp des modérés. »
- 4:05Invité politiqueFait
« Si vous réfléchissez, vous regardez, par exemple, ce que la France a proposé en matière européenne depuis des années. »
- 4:10Invité politiqueFait
« Je ne parle même pas seulement de ce gouvernement, je dis depuis des années. C'est une espèce de gestion des affaires courantes au fil de l'eau. »
- 4:16Invité politiqueFait
« La relation franco-allemande n'a pas la vigueur qu'elle devrait avoir. »
- 5:18Invité politiqueFait
« Les libéraux ont pris à ce stade une autre décision. »
- 5:29Invité politiqueFait
« peut-être qu'il y aura des rebondissements, d'autant plus que la nécessité d'un débat sur ce qu'est le Parlement européen, ce qu'il doit être dans les deux ans qui viennent »
Temps de parole
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Votre invitée ce matin, Éric Delvaux, par téléphone, c'est la députée européenne Sylvie Goulard, issue du modèle.
Oui, question ce matin sur un éventuel effet domino des politiques populistes en Europe après le Brexit, après la défaite hier soir de Matteo Renzi en Italie. Bonjour Sylvie Goulard. Bonjour. La démission annoncée de Matteo Renzi, comme il s'y était engagé en cas d'échec de son référendum sur la réforme de la Constitution, est-ce que vous craignez en Italie une vague du camp adverse emmenée par le populiste Bébé Grillo et son parti, le mouvement 5 étoiles ?
Les grillines, comme on dit en italien, étaient déjà forts avant le référendum, ils ne vont pas être moins forts, mais je crois qu'il faut expliquer aux auditeurs que le président de la République italienne va probablement nommer un nouveau gouvernement de cette majorité-ci. Ce n'était pas des élections à proprement parler, c'était la confirmation ou non d'une réforme institutionnelle et effectivement, sur ce chapitre-là, M. Renzi a échoué.
Il a échoué et donc, concernant les populistes évidemment, Bébé Grillo demande des élections anticipées, est-ce que ça risque de favoriser le parti populiste qu'il représente ?
Il va demander ces élections, mais encore une fois, je ne suis pas certaine qu'il les obtienne dans les médias. Il faut qu'on attende un petit peu pour voir ce que les Italiens vont décider. Il faut savoir aussi que Matteo Renzi était arrivé au pouvoir en février 2014 sur un espèce de coup de force. Il avait renversé le gouvernement précédent. Vous savez, la vie politique italienne est souvent riche en rebondissements. Nous allons voir quelles décisions ils prennent. Je tiens à souligner aussi qu'hier, il y avait des élections en Autriche qui, elles, ont plutôt marqué un coup d'arrêt à la progression de l'extrême droite.
On va parler de l'Autriche dans un instant. D'abord, pour en finir avec l'Italie, après l'incertitude politique en Italie, y a-t-il aussi des craintes pour l'avenir économique de l'Italie, dont on va rappeler qu'elle est la troisième économie de la zone euro ?
Oui, la situation économique en Italie n'est pas très bonne, notamment la situation du secteur bancaire. Mais nous avons adopté ces dernières années dans l'Union européenne toute une série de mesures de supervision, de contrôle des banques et éventuellement d'organisation de leurs faillites qui font qu'on n'est pas du tout dans la situation dans laquelle on se trouvait au début de la crise financière de 2008-2009.
Est-ce que cette victoire du non en Italie peut contribuer à une sortie de l'Italie de la zone euro, comme l'aimerait BP Grillo ?
Non, je crois qu'il faut rester raisonnable. À ce jour, les Italiens ne sont pas massivement favorables à la sortie de la zone euro. Je dirais que cette sortie n'est pas prévue et que quand on voit ce qui se passe au Royaume-Uni, plus de cinq mois après le référendum, le gouvernement britannique n'a toujours pas indiqué comment ils en sont procédés. Je crois qu'il faut vraiment dire aux auditeurs qu'une chose est de faire des discours sur des tribunes électorales, une autre est de gérer des dossiers qui sont aussi complexes et manifestement contraires à l'intérêt d'un pays.
Donc encore une fois, l'Union européenne doit se réformer, la zone euro a un certain nombre de difficultés qu'elle doit surmonter, il ne s'agit pas de le nier, mais ça n'est pas une raison pour perdre son sang-froid.
Et les banques italiennes qui sont vacillantes. Question de Catherine Boulay.
Vous l'évoquiez à l'instant, Nobberhofer en Autriche a été battu par l'écologiste Alexander Van der Bellen. Pour vous, c'est un signal positif ?
Oui, encore une fois, le candidat d'extrême droite a obtenu un score tout à fait alarmant. Il ne faut pas se le cacher. Mais il est heureux, effectivement, que M. Van der Bellen soit élu, et il soit élu avec une majorité confortable. Ces premiers discours ont été, comme on s'y attendait de sa part, particulièrement favorables à la poursuite de l'intégration européenne.
Que ce soit en Autriche, avec le FPE d'extrême droite, ou en Italie, le mouvement 5 étoiles de BP Grillo, qu'y a-t-il de commun à tous ces mouvements anti-européens que l'on qualifie de populistes ?
Je crois qu'il faut se garder de mettre tous les pays et tous les partis dans le même sac. Ce qui est certain, c'est qu'à mon avis, le problème numéro un en Europe, c'est la mollesse et l'indifférence dans le camp des modérés. Si vous réfléchissez, vous regardez, par exemple, ce que la France a proposé en matière européenne depuis des années. Je ne parle même pas seulement de ce gouvernement, je dis depuis des années. C'est une espèce de gestion des affaires courantes au fil de l'eau. La relation franco-allemande n'a pas la vigueur qu'elle devrait avoir.
Donc, il est vrai qu'il y a une voie ouverte à des partis qui dénoncent les faiblesses de l'Europe, d'autant plus large que ceux qui devraient les corriger ne s'y attellent pas. Mais encore une fois, en Autriche, on a affaire à un parti d'extrême droite, dans un pays dont la situation économique est très bonne. En Italie, on a un parti relativement inclassable, qui d'ailleurs, quand il arrive au pouvoir comme à Rome, ne montre pas toujours une grande capacité à gérer les affaires et qui prospère dans un pays où il y a à la fois de la récission et des problèmes financiers. Donc, je crois qu'il ne faut pas tout confondre.
Et pour ma part, ce qui me préoccupe encore plus, c'est la France, parce que je crois que nous ne sommes pas vraiment en mesure de donner des leçons aux autres Européens sur la montée des forces extrêmes.
Une question plus personnelle pour terminer, Sylvie Goulard. Pourquoi n'êtes-vous plus candidate pour remplacer Martin Schulz à la présidence du Parlement européen ? Vous ne vous êtes pas suffisamment senti soutenu par vos collègues libéraux ?
Les libéraux ont pris à ce stade une autre décision. C'est la seule chose que je veux dire. À ce stade, ils ont pris une autre décision, mais peut-être qu'il y aura des rebondissements, d'autant plus que la nécessité d'un débat sur ce qu'est le Parlement européen, ce qu'il doit être dans les deux ans qui viennent, sur ce que pourrait être le bon profil d'un président, un homme, une femme, quelqu'un étant polyglotte ou pas, quelqu'un ayant un certain lien avec des pays d'importance en ce moment, comme l'Allemagne et l'Italie. Toutes ces questions-là demeurent. Donc je suis ravie d'avoir lancé un débat que certains voulaient étouffer d'emblée, et on verra comment tout cela se terminera.
Voilà, parce que pour l'instant, c'est le belge Guy Ferrofstadt, le patron du groupe libéral au Parlement, qui est candidat pour remplacer Martin Schulz à la tête du Parlement européen. Et on a bien compris que vous auriez aimé que ce soit une femme, et pourquoi pas vous, pour assumer cette tâche. Merci Sylvie Goulard, invitée ce matin du 5-7 de France Inter, et bonne journée.
Sylvie Goulard