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interviewBFMTV· 10 janvier 2025

Influenceur algérien, retraites...L'interview en intégralité de Jean-Philippe Tanguy (RN)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Philippe Tanguy, merci de répondre à mes questions ce matin, vous êtes président délégué du groupe RN à l'Assemblée, vous êtes député de la Somme, vous irez tout à l'heure à Bercy pour tenter de peser sur les décisions qui vont être prises sur le budget. On va évidemment y revenir, vos lignes rouges, la question d'un éventuel retour de l'ISF, la question des retraites, mais je voudrais d'abord vous interroger sur ce qui s'est passé hier entre la France et l'Algérie.

On avait découvert ces influenceurs franco-algériens, pour certains d'ailleurs seulement algériens, c'est le cas de celui qui a été renvoyé hier en Algérie, il s'appelle Doualem, il avait proféré des discours de haine à l'endroit de la France. Il a donc été expulsé de la France vers 16h en voyage vers l'Algérie, mais l'Algérie ne l'a pas laissé rentrer et l'a renvoyé en France, il est donc de retour sur le territoire français depuis hier soir. On fait quoi ?

Écoutez, il est temps que la France se fasse respecter de l'Algérie et du régime algérien qui depuis trop longtemps, et en particulier depuis quelques mois, multiplie les humiliations contre la France et fait ce que le régime algérien ne sait que faire face à ces échecs répétés depuis l'indépendance. Le désespoir du peuple algérien, en particulier de la jeunesse, abandonner au chômage, à la corruption. On fait quoi là ?

Je suis bien d'accord, dans l'absolu vous pouvez commencer à réfléchir sur la suite, mais là on a un homme qui profère des menaces et des propos mais abominablement haineux à l'endroit de la France et des Français. Il est signalé par le maire de Montpellier. Il est immédiatement dans le viseur du ministère de l'Intérieur, interpellé.

Deux jours après il est expulsé du sol français. Jusque là, on se dit qu'il y a une forme d'efficacité. Sauf qu'aux portes de l'Algérie, il est renvoyé en France.

On fait quoi ? On fait quoi de lui ? Et on fait quoi du coup de ceux qu'on tente d'expulser ?

On fait quoi ? Il y a des rétorsions immédiates à prendre contre l'Algérie que le Rassemblement National Marine Le Pen propose depuis longtemps. Suspension de tous les visas, suspension de l'aide au développement et suspension aussi, s'il le faut, des flux financiers de la diaspora algérienne en France.

C'est-à-dire tout l'argent que les immigrés algériens renvoient dans leur pays, on peut les suspendre du jour au lendemain par un claquement de doigts. Non mais là, il faut préciser les choses. Il est algérien, il n'est pas français, il est algérien, Doualem, il n'a pas la nationalité française, il n'a qu'un droit de séjour, un titre de séjour en France.

Oui, bien sûr, mais il ne peut pas forcer la frontière algérienne. Ça, ça n'existe pas. Tout ce que l'on peut faire, c'est prendre des mesures très dures contre le régime algérien.

Mais vous ne feriez rien de plus. Vous seriez aussi, vous, contraint finalement de le récupérer, de le mettre dans un centre de rétention administratif. Le récupérer, c'est une chose.

Ne pas prendre immédiatement, depuis longtemps, des mesures de rétention très dures contre l'Algérie, notamment des mesures financières. Le régime algérien est un régime faible. C'est pour ça que je vous parlais de ça tout à l'heure, Madame de Malherbe.

C'est un régime qui ne vit partiellement que de l'argent que la France lui verse, soit sous l'aide de l'aide au développement, soit sous l'aide d'un certain nombre d'importations. Donc on coupe les aides ? Soit surtout sur les flux financiers qui viennent de France vers l'Algérie, soit à travers les immigrés algériens, soit à travers un certain nombre d'Algériens qui ont travaillé.

Qui vont voir une partie de leur salaire. Et ça, on peut le faire du jour au lendemain. La France est quand même souveraine sur les transferts financiers qui viennent de notre territoire, le territoire algérien.

Comme représailles immédiates, Jean-Philippe Tanguy, on se souvient d'ailleurs que c'était une proposition qui avait été faite par Arnaud Montebourg, issu du Parti Socialiste, qui avait dit voilà le moyen de tenir le bras de fer. Est-ce que pour vous, aujourd'hui, Jean-Philippe Tanguy, il faudrait de manière immédiate suspendre tout envoi d'argent possible à l'Algérie ? Absolument, mais c'était aussi une proposition de Marine Le Pen, c'est vrai, reprise par Arnaud Montebourg, un soulet hué à l'époque de la gauche, elle avait dû reculer le pauvre, ça prouve bien qu'il ne comprenne rien.

Il faut se faire respecter. Il y a aussi, on l'avait demandé dans notre niche à plusieurs reprises, je sais qu'Éric Ciotti le demande aussi, la suspension de l'accord suite à l'indépendance de l'Algérie, voulu par le peuple algérien, de l'accord privilégié qui donne des droits aux ressortissants algériens, supérieurs aux autres ressortissants des pays étrangers envers la France. Donc l'Algérie, je vous dis, c'est pour ça que j'ai commencé par ça, ce n'était pas pour se situer à votre question, c'est qu'il y a un vrai sujet de rapport de non-respect, la France respecte l'Algérie, respecte beaucoup trop le régime algérien, fait parfois des humiliations à M.

Darmanin qui était soi-disant très dur, était allé en Algérie pour se recueillir devant la mémoire d'un certain nombre de terroristes du FLN qui avaient tué des Français, qui avaient commis des attentats contre...

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous estimez qu'au fond, on a été trop gentils ? Bien sûr, on est soumis au régime algérien depuis plus de 50 ans.

Généralement, quand les socialistes ou les centristes sont au pouvoir, ils sont très soumis au pouvoir algérien. Ça avait d'ailleurs prévoqué des tensions avec le Maroc. Et d'ailleurs, on sait très bien que le rebond des humiliations du régime algérien envers la France vient aussi du fait qu'enfin, la France est assumée de reconnaître le Sahara occidental comme appartenant au Maroc, ce qui était l'épée de Damoclès contre le régime algérien.

On voit bien qu'ils nous font payer, entre guillemets, cette reconnaissance d'une manière très dure, d'une manière aussi très dure avec le Maroc. Parce qu'il faut voir aussi comment se comporte le régime algérien avec le royaume du Maroc. Il n'y a pas qu'avec la France qu'ils ont un comportement inacceptable.

Jean-Philippe Tanguy...

Excusez-moi, il y a quand même...

Anne, on en revient, je sais que ça vous tient à cœur. Donc, nous avons un otage français aujourd'hui, franco-marocain mais français. Vous dites otage ?

Voilà, Chansal, qui est retenu en otage un intellectuel, un écrivain, qui par ailleurs a un âge certain, c'est-à-dire que sa détention met en danger sa santé. On espère évidemment qu'il va bien, en tout cas qu'il le va au mieux. Et aujourd'hui, il n'y a rien.

Il ne se passe rien, en tout cas. Il ne se passe rien. Alors, Emmanuel Macron s'est exprimé il y a deux jours sur cette question-là, devant les ambassadeurs de France.

Il a dit que l'Algérie était en train d'entrer dans une histoire qu'il a déshonneur. Alors, est-ce que ça ne vous suffit pas ? Non, mais moi, je veux bien.

Ça veut dire qu'il ne se passe rien ? Il ne se passe rien. La France, c'est la sixième puissance au monde.

Nous avons beaucoup de pouvoir d'influence sur l'Algérie. L'Algérie n'a aucun pouvoir sur nous, en dehors de se comporter comme une tyrannie et un régime de pacotille. Donc, il y a un moment, est-ce que la France se fait respecter de l'Algérie ou pas ?

Elle ne se fait pas respecter. Elle ne s'est jamais fait respecter, de toute façon, depuis le général de Gaulle. Dans le contexte de ce fiasco, en effet, d'expulsion totalement ratée, qui nous est revenu en boomerang hier, il est évidemment plus suspicieux d'imaginer qu'il y ait une quelconque efficacité derrière les mots qui ont été dits hier par les préfets.

Mais tout de même, je voudrais vous interroger sur les propos du préfet du Barin, qui ont été suivis par une proposition du ministère de l'Intérieur à l'endroit d'une quarantaine de préfets en France. L'idée est d'aller chercher dans le dossier des parents d'enfants délinquants. C'était après les outrages et les destructions de la nuit de la Saint-Sylvestre à Strasbourg que le préfet a dit si les parents sont étrangers, alors il faut envisager que les parents de ces délinquants soient expulsés.

Proposition qui est retenue par un certain nombre d'autres préfets en France. Est-ce qu'il faut aller jusque-là ? Et puis ensuite, évidemment, savoir s'il y a une efficacité derrière, puisqu'on vient de le démontrer.

La réponse est un peu dans la question. Écoutez, quand vous avez le privilège, l'honneur d'être en France, d'être accueilli en France, d'avoir accès aux services publics français, de bénéficier des valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité de la République, si vous n'exercez pas un devoir qui est dans le Code civil sur vos enfants, que vous ne les faites pas à respecter la France, que vous ne leur faites pas aimer la France, eh bien, il n'est pas normal que vous restiez sur le territoire, évidemment. Mais est-ce que c'est aux parents de payer pour leurs enfants ?

Mais bien sûr que c'est aux parents de payer pour leurs enfants. C'est une base de la civilisation, en général d'ailleurs, et occidentale. Mais vous savez bien que beaucoup de ces enfants, ils sont souvent élevés par des mères seules, qui travaillent énormément, qui ne s'en sortent pas.

Est-ce que vous n'avez pas le sentiment que pour elles, ce sera la double peine ? Non mais, vous savez, nous, on est respectueux de l'état de droit, le vrai. Il y a toujours une appréciation du juge d'une situation individuelle.

Évidemment, vous avez un principe, vous avez l'appréciation du juge. Ça, c'est le droit français, c'est le vrai état de droit. Ce n'est pas le blabla pour désarmer l'État.

Évidemment que quand des parents sont accusés de quelque chose, notamment de ne pas s'occuper de leurs enfants, de ne pas respecter les valeurs de la République, le juge apprécie si les parents ont fait ce qu'ils avaient pu. Comment dire ? On ne peut pas, on ne reproche pas aux parents de faire tout ce qu'ils peuvent, et dès que je vais faire tout ce qu'ils peuvent, il arrive à toutes les familles de France, et des familles des Français.

Donc ce sera à l'appréciation, mais en tout cas, vous êtes favorable à cette idée ? Ça, c'est important, le débat qu'on a, parce que c'est toujours à l'appréciation du juge. Nous, on est pour la vraie séparation des pouvoirs.

On ne veut pas que les juges fassent de politique, on ne veut pas que les juges fassent le droit, et la loi à la place des femmes et des hommes politiques qui sont élus pour ça, mais on n'est pas non plus pour que les hommes politiques se substituent au rôle du juge. C'est très important de cadrer le rôle du juge, mais il y a toujours une appréciation de bonne foi, et si les parents, et des mères seules en l'occurrence, ont fait leur possible, aussi sciemment, ils ont laissé leurs enfants circuler. Mais si vous voulez, le problème de la gauche, souvent là-dessus aussi, qui est dans la position inverse généralement, c'est qu'ils dédouanent les parents.

Les parents n'ont pas d'autorité, qu'il n'y a pas d'autorité parentale. D'ailleurs, souvent, ils veulent que l'école fasse tout à la place des parents. L'éducation nationale ne se substitue pas aux parents.

Les parents, s'il n'y a pas d'autorité parentale, s'il n'y a pas de responsabilité des parents envers leurs enfants, la société ne peut pas fonctionner. L'État ne peut pas être à la place de tout, ne peut pas être partout. Ça, c'est une différence quand même fondamentale.

Et de respect de la famille, parce que tout va derrière là-dessus. Jean-Philippe Tanguy, est-ce que vous pesez encore un peu ? Bien sûr.

Vous allez tenter, en tout cas, puisque cet après-midi, vous irez rencontrer le nouveau ministre de l'économie, pour donner aussi vos exigences vis-à-vis de ce budget en construction. Si je dis, est-ce que vous pesez encore un peu ? C'est que depuis une semaine, ceux qui font la puer le botan, c'est la gauche, c'est plus vous.

Non, mais le coup nous a déjà été fait plusieurs fois. Si même les socialistes pèsent, c'est parce que nous pesons. Le gouvernement ne donnerait pas...

Non, c'est aussi pour pouvoir échapper à votre éventualité censure. Eh bien, écoutez, vous m'enlevez les mots de la bouche, si je puis dire. C'est bien parce que nous sommes puissants et que nous avons l'influence.

Mais on va vous retirer cette arme. Mais non, mais si vous voulez, c'est la nature des choses que le macronisme qui procède de la gauche, qui vient de la gauche, M. Lombard d'ailleurs s'en prévaut, négocie plutôt avec les sociotraitres du Parti Socialiste, du Parti Communiste et des Verts qui ont toujours trahi des promesses auxquelles ils ne croyaient pas, avec le NFP.

C'est la nature des choses. Est-ce qu'ils seront suffisamment tenus par M. Mélenchon pour ne pas tout trahir ?

Ou est-ce que M. Mélenchon n'a plus suffisamment d'influence pour ça ? Je vais vous dire, tout ça, ce n'est pas l'intérêt de la France.

Moi, je suis très étonné que personne ne dise la vérité sur l'attitude des socialistes. C'est quoi l'attitude des socialistes ? C'est que les élections municipales ont commencé.

C'est quoi aujourd'hui le Parti Socialiste ? C'est un syndicat d'élus locaux qui tient les grandes villes, les métropoles, les départements, les sénateurs. Les sénateurs sont élus suite aux élections municipales et en particulier des grandes villes.

Aujourd'hui, la force du Parti Socialiste, c'est leurs sénateurs. Or, ils ne peuvent pas garder leurs grandes villes, ils ne peuvent pas garder leur municipalité et donc leur poste de sénateur s'ils ne se détachent pas de LFI pour garder leur commune, c'est tout. Donc, ils nous font le grand cinéma sur les retraites.

Moi, je vous donne ma main à couper. Les deux mains à couper, il n'y aura rien. Même s'ils obtiennent quelque chose sur le papier, au terme, il n'y aura rien pour les Français.

Ça veut dire quoi, il n'y aura rien pour les Français ? Ils n'obtiendront rien, mais ils se seront séparés de LFI. Oui, c'est-à-dire qu'il y aura peut-être un prétexte sur le moment qui fera alloger d'une dépêche AFP et d'une communication flatteuse.

Vous ne croyez pas, Jean-Philippe Tanguy, à une suspension, voire une révision de la réforme des retraites ? Il y aura peut-être une suspension pour donner le change, le temps que le budget passe et qu'ils reprennent le fil des mauvais événements pour la France. Mais à terme, c'est-à-dire que quand les Français feront le bilan de cette trahison de la gauche, si elle arrive, il n'y aura rien pour eux.

Vous parlez comme Jean-Luc Mélenchon, qui dit qu'il se sent trahi. Mais je m'en fiche que M. Mélenchon soit trahi, M.

Mélenchon. Je l'ai dit hier, c'est le marionnettiste qui croyait manipuler la marionnette, et en fait, c'est lui la marionnette. Il a toujours été utilisé pour les socialistes.

Je m'étais moqué d'eux à l'époque parce qu'ils avaient déjà été trahis lors de la précédente sénatoriale, où les socialistes, après avoir été sauvés par Mélenchon, l'avaient trahi au sénatorial, ils l'ont encore trahi aux européennes. Mais c'était la sorte que M. Mélenchon se prend toujours pour un vieux sage, quelqu'un de supérieurement intelligent, il avait traité, il avait insulté à l'époque le Rassemblement National, qu'on ne comprenait rien.

Il se fait toujours avoir. Il se fait avoir par ses amis saufs-féréniens. Sur les retraites, il se fait avoir par les macronistes.

Si la réforme des retraites n'a pas été abrogée à l'Assemblée Nationale, c'est qu'il n'a pas voté la réforme proposée par le Rassemblement National. En pensant qu'il aurait la sienne, il n'a pas eu la sienne. On n'a même pas discuté de la sienne parce que les macronistes ont baladé toute la journée.

Le résultat, Jean-Philippe Tanguy, c'est que potentiellement, alors vous n'y croyez pas trop, mais la gauche, en tout cas le Parti Socialiste Europe Écologie Les Verts et le Parti Communiste ainsi que les partenaires sociaux commencent à y croire. L'annulation de la retraite à 64 ans, vous l'espériez, et ça se trouve que c'est la gauche qui va le tenir. Mais moi si ça arrive, je suis très content.

Je suis content pour les Français qui s'ouvrent. Je suis content de rendre à celles et ceux qui font tenir la France debout par leur travail difficile, qui peinent au travail, puissent bénéficier de ces deux ans de vie et de retraite supplémentaires. Je ne fais jamais la politique du pire.

C'est une promesse du Rassemblement National. Si elle est appliquée par d'autres, on prend. Nous, on est là pour les Français.

Vous lui direz quoi tout à l'heure à Éric Lombard ? Je lui dirais qu'il faut enfin faire des économies structurelles dans nos autres pays. Je lui dirais que ce n'est plus possible de toujours envisager d'augmenter systématiquement les impôts, d'accabler les entrepreneurs à la fin du travail.

Mais quand il y a 35%...

Ce serait 20 milliards d'euros ? Non, ce n'est pas 20 milliards d'euros. Aujourd'hui, madame de Malheur, c'est 20 milliards d'euros en 2050.

C'est 3 milliards d'euros l'année prochaine. Oui, d'ailleurs, je voudrais voir d'où ça vient, ces 3 milliards, ça sera intéressant. Mais c'est en 2050.

Or, en 2050, il est possible de relancer la croissance, il est possible de relancer la productivité. C'est la CGT elle-même, qui pourtant est favorable à l'abrogation des retraites, qui reconnaît que ça coûterait 3 milliards d'euros l'année prochaine. Oui, oui, j'ai entendu madame Binet, mais je n'ai pas dit que c'était faux.

J'ai dit que ça m'intéresserait de voir comment ils ont calculé, parce que ça correspond, et c'est là le fond de ma pensée, à ce qu'ils obtiennent. Parce qu'obtenir 3 milliards d'euros, ça veut dire qu'ils ont obtenu des vrais droits pour les gens. Le cabinet de Bercy n'a pas dit ça.

Il a dit qu'on veut bien une réforme qui coûte la même chose qu'aujourd'hui, ou qui rapporte la même chose. Donc ce serait une espèce de jeu de bento à somme nulle pour les Français. Est-ce que ça doit passer aussi par des hausses d'impôts ?

Nos confrères de l'Opinion croient savoir ce matin qu'il pourrait même y avoir un retour de l'ISF. Nous, on a toujours proposé une nouvelle forme d'ISF, qui fait la différence entre le patrimoine spéculatif, stérile, l'enrichissement financier, et le patrimoine productif. Évidemment, il ne faut pas que cet ISF touche les usines, le capital productif, ceux qui produisent de la richesse en France.

Par contre, il y a beaucoup de patrimoine stérile en France, et c'était l'objet de nos propositions systématiques, que la gauche a toujours refusé de voter, alors que nous, parfois, on vote des mesures qui peuvent faire consensus. Mais c'est vrai que le modem, historiquement de M. Béroud, avait proposé des formes de justice fiscale.

Donc ça, ça vous paraît assez crédible ? Oui, à une condition, il faut que cette justice fiscale donne lieu à des pèses d'impôts sur les classes moyennes et sur les entreprises. Parce que si c'est pour augmenter généralement la charge fiscale, ça ne sert à rien, parce que là, il y aura une paralysie de la croissance.

Parmi les augmentations de la charge fiscale, il pourrait aussi y avoir ce que demandait Patrick Martin à ce même micro hier matin, le président du MEDEF. Il appelle à supprimer l'abattement fiscal, officiellement pour frais professionnels, que peuvent déclarer les retraités. 7% d'abattement fiscal.

Oui, 10% même. Mais ça, c'est un vrai débat qu'il faut poser. Alors, il faut un vrai débat qu'il faut poser.

Pourquoi pas ? Oui, au Parlement, on ne s'était pas dédiés sur ce débat. Ça revient mécaniquement à une hausse de la fiscalité pour les retraités.

Mais ce n'est pas la même chose, parce que là, il y a un débat de société. Nous, ce qu'on a condamné, et ce que Marine Le Pen et Jordan Bardella ont obtenu, avec l'indexation des retraites au 1er janvier, c'est grâce à nous que les retraites ont été indexées au 1er janvier, c'était une trahison de la parole donnée. Parce que l'indexation, c'est un engagement moral entre les Françaises et les Français qui ont cotisé, et leur droit à la retraite.

Savoir s'il faut un abattement sur les preuves professionnelles, là, c'est une question politique qui mérite un débat. On est ouverts au débat, mais il faut voir les conditions. Ça ne peut pas être tout et n'importe quoi.

Il y a des retraités qui ont une activité professionnelle, il y a des retraités qui ont une activité associative. Donc, en soi, ce n'est pas un tabou, parce qu'il ne faut pas faire de la démagogie, mais tout dépend évidemment des conditions. Et surtout, il faut que ce soit conditionné à une indexation systématique, dans ce cas-là, des retraites, et qu'il n'y ait pas la double paie pour les retraites.

L'entourloupe qui a eu, et finalement, sur laquelle était revenu Michel Barnier, sur la question de la réindexation des retraites. Non, non, il n'est pas revenu dessus, il est tombé, et c'est nous qui avons fait l'indexation. Il n'est rien revenu dessus, M.

Barnier. Jean-Philippe Tanguy, sur la question également des baisses de dépenses, qu'est-ce que vous allez lui proposer tout à l'heure, Éric Lombard ? Notamment, ce qui est vraiment accessible immédiatement, c'est la trésorerie des opérateurs.

Il y a un rapport très intéressant que je remettrai à M. Lombard. Vous arrivez avec des dossiers ?

Oui, généralement des finances, qui établit qu'il y a plus de 40 milliards de trésorerie excédentaires sur les opérateurs de l'État, tout un nombre d'agences qui font des missions à la place de l'État, ou rien du tout d'ailleurs. Mais qu'est-ce que ces agences, en fait ? Il y a tout, par exemple, il y a une agence de surveillance des réseaux ferrés, je ne suis pas sûr que ce soit très utile, il y a une agence de surveillance des réseaux télécom, je ne suis pas sûr que ce soit très utile.

C'est pour surveiller quand même l'État des rails, quand on voit ce qu'on dit, les différents syndicats, tous les syndicats ferroviaires en même temps, s'inquiètent de l'État, notamment des trains ouïgos. Ça ne l'empêche pas, voilà, donc ça ne fonctionne pas. Je pense que c'est mieux que ce soit le ministère.

Ah, ce que vous voulez dire, c'est que cette agence n'a pas permis pour autant s'il n'y a pas de dégradation des trains. Ça ferait beaucoup de frais, et je pense que ce serait mieux au sein des ministères. On est pour la réinternalisation de ces missions, puis il y a des missions qui ne servent pas à grand-chose, la liste est longue.

Mais ce n'est même pas ça que je propose, parce qu'effectivement, ça se serait long à faire. Moi, je le suis de bonne foi, ça mettrait plusieurs années à réinternaliser. Par contre, il y a une trésorerie excessive.

Ça veut dire que l'IGF a analysé, puisque c'est son rôle, que les Français, par leurs impôts, versaient trop d'argent à ces agences qui n'étaient même pas utilisées. Là, il y a 3 à 4 milliards à reprendre immédiatement. Est-ce que vous estimez que le jeu est fait de bonne foi ?

C'est-à-dire le dialogue, l'écoute, vous recevoir cet après-midi, recevoir les différents partenaires sociaux, répondre à la gauche, est-ce que tout cela est fait de bonne foi ? Est-ce que la construction, la méthode Bayrou aujourd'hui, vous paraît satisfaisante ? Écoutez, sur la forme, oui, c'est toujours compliqué de faire des procès d'intention et on n'en fait pas.

Donc, M. Bayrou a reçu totalement correctement Marine Le Pen et Jordan Bardella en premier, correspondant à leur foi politique. On est reçu aimablement avec Sébastien Chenu cet après-midi.

Donc, nous, on dit à de bonne foi avec des vrais dossiers, avec des vraies propositions. Après, si vous voulez le fond de ma pensée, le fond de mon âme, ça fait 2-3 ans que je suis député, ça fait 10 fois que je vais à Bercy. À chaque fois, sur la forme, on est très bien reçu et sur le fond, il ne se passe rien.

De manière générale, c'est ça qui m'inquiète un peu dans cette rentrée politique, après avoir parlé quand même beaucoup avec les Françaises et les Français pendant cette longue pause forcée du Parlement. C'est l'inertie. On est en situation d'une inertie totale, alors que la gravité des enjeux en France et dans le monde, le monde avance, et la France ne fait rien, pas de décision prise, aucune politique majeure n'est lancée, les problèmes pourrissent, et la France ne tient que grâce à la bonne volonté des Françaises et des Français qui vont au travail, qui vont tenir le pays.

Alors sans les Françaises et les Français...

Brigitte Macron demande à ce que son mari reçoive du respect, elle le dit meurtri. Oui, moi ce qui m'a meurtri, c'est que si vous voulez qu'elle utilise quand même l'opération des pièges jaunes, c'est une opération ancienne, très digne, très populaire, pour récolter de l'argent pour les enfants malades et leurs familles, pour venir pleurnicher sur le sort d'Emmanuel Macron. Emmanuel Macron, c'est un grand garçon, il sait très bien ce qu'il fait, il sait très bien ce qu'il dit.

Le mépris, effectivement, qu'il a des Français est entièrement dû, non seulement à sa politique, mais à son attitude envers lui. Moi, j'ai du respect pour Mme Macron parce qu'elle n'a pas à être salie. Moi, j'ai toujours condamné les attaques contre l'épouse du président de la République et contre la femme indépendante et libre qu'est Brigitte Macron.

Par contre, qu'elle vienne, comment dire, pleurer sur le sort du président de la République qui a multiplié les outrances contre les Français et les Français, mais aussi à l'international, parce que c'est passé un peu à l'as avec tous les événements. Mais alors, le discours d'Emmanuel Macron devant les ambassadeurs où il a une fois plus insulté nos partenaires africains...

Disant qu'on ne lui avait pas suffisamment dit merci à la France pour notamment l'opération Barkhane ou les opérations...

Il avait qu'à faire respecter notre pays à l'époque et notamment les soldats morts pour la liberté du Mali et de la zone sahélienne. Mais ça, à l'époque, il ne l'a pas fait. Donc, si vous voulez, toujours solder les intérêts français, toujours solder l'honneur de la France et après venir pleurer, bon, au nom de la France, mais en fait, sur lui, parce que c'est lui dont il parlait.

Tout le monde a bien vu, même dans sa gestuelle, que c'est lui qu'il fallait remercier, Jean-Philippe Tanguy, de leader Massimo. Bon, la réalité, c'est qu'il est dans les tréfonds de l'impopularité parce que plus personne ne croit qu'il ait quelque chose à proposer aux Français. Et d'ailleurs, il n'a rien à proposer aux Français qu'on faire les voeux qu'il a fait à la nation où c'était le vide total.

Mais finalement, au bout de 7 ans, le macronisme apparaît tel qu'il est, c'est-à-dire le vide, la vanité. Vous irez aux obsèques de Jean-Marie Le Pen ? Oui, bien sûr.

Pourquoi oui, bien sûr ? Ne serait-ce que par respect pour Marine Le Pen et sa famille ? Donc, quand on est membre du RN, on est forcément aux obsèques de main ?

Non, moi, je ne sais pas. Vous le connaissiez personnellement, je veux dire, Jean-Marie Le Pen ? Non, je n'ai jamais rencontré Jean-Marie Le Pen.

Je n'ai jamais voté pour lui. Il est public que j'ai rejoint Marine Le Pen parce qu'elle avait exclu la ligne politique que représentait Jean-Marie Le Pen. Mais vous y allez pour sympathie pour Jean-Marie Le Pen ou pour sympathie pour sa fille ?

Déjà, par respect pour la famille, il y a la respect de la mémoire d'un homme qui aimait la France malgré tous nos désaccords à ma petite échelle parce que moi, j'ai trois ans de vie politique, j'avais 60 ans de vie politique. Des condamnations pour antisémitisme ou pour négationisme, c'est un désaccord ? Mais il y a des désaccords et il y a des propos condamnés et condamnables.

Et je vous dis, j'ai rejoint le RN parce que c'est la ligne politique qui l'a incarnée et ce n'est pas assez dérapage. C'est des propos condamnés et condamnables qui n'avaient plus leur place au Rassemblement National. Mais si vous voulez, je n'ai pas aussi de m'acheter une vertu en me comportant comme un pignouf et en considérant que la mémoire d'un homme ne mérite pas qu'on lui rende un hommage.

Vous savez que même dans nos familles, on va rendre hommage à des personnes même si on n'est pas d'accord avec eux. Et moi, vous savez, j'irai aussi aux obsèques de personnalités politiques étrangères au Rassemblement National avec qui je n'ai pas forcément d'accord mais je respecte les personnes et en particulier le parcours d'un patrimoine malgré ces condamnations. Merci Jean-Philippe Tanguy d'avoir répondu à mes questions ce matin.

Vous qui êtes donc président délégué du groupe RN à l'Assemblée Nationale.