Marion Maréchal - Le Pen s'exprime sur le budget 2013
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Chapitres
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« Avec un taux de prélèvement obligatoire record de 46,3% du PIB, »
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« Sur 30 milliards d'économies pour l'année 2013, les impôts nouveaux représentent les deux tiers. »
- 2:16PrésentateurChiffre
« 11 milliards sur 370, c'est tout ce que l'État consacrera cette année à l'investissement au sens strict, »
- 2:59PrésentateurFait
« Alors que la France a perdu son triple A, »
- 3:09PrésentateurFait
« certaines collectivités ou établissements publics hospitaliers ont cette année fait défaut. »
- 3:18PrésentateurChiffre
« Les 28 milliards de garanties au crédit immobilier de France, ou les 31,4 milliards cautionnés auprès du FMI pour aider les États de la zone euro. »
- 3:30PrésentateurChiffre
« aujourd'hui, elle représente 56,3% du PIB, un niveau record. »
- 4:30PrésentateurChiffre
« et que nous devrons emprunter 170 milliards en 2013, soit deux fois et demie le produit de l'impôt sur le revenu. »
Temps de parole
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Madame Marion Maréchal-Le Pen, pour 5 minutes. Monsieur le Président, mes chers collègues, Monsieur le Ministre, j'ai bien entendu la fois dernière votre volonté de sortir de la dette et d'assurer l'indépendance de notre pays. Mais ce budget ne me semble pas la mesure de la volonté affichée. Il me donne plutôt le sentiment de la facilité en cherchant à déterrer ici et là toutes les recettes de bouts de chandelle possibles pour limiter la casse. Quelle déception ! L'arrivée d'une nouvelle majorité au pouvoir était l'opportunité de rompre avec la politique économique menée depuis 30 ans. D'opérer une refonte globale de notre modèle économique, pour tenter de renouer enfin avec la postérité.
Au lieu de ça, vous continuez l'œuvre de l'UMP en amputant le pouvoir d'achat des Français au risque d'enrayer un peu plus la machine économique intérieure et d'accélérer de ce fait l'ampleur de la récession. Vous vous contentez de choix à court terme qui font peser l'équilibre sur le contribuable. Avec un taux de prélèvement obligatoire record de 46,3% du PIB, la fiscalité ne peut plus jouer le rôle de variable d'ajustement. Vous traquez ce que vous définissez comme des niches, c'est-à-dire tout ce qui ne relève pas d'une taxation maximale. Il n'est ainsi de paradis fiscaux qu'en comparaison de notre enfer fiscal. Enfer de l'instabilité chronique des lois.
Enfer de la complexité du Code général des impôts. Enfer de la pression fiscale sans cesse croissante parmi les plus élevées de l'OCDE. Sur 30 milliards d'économies pour l'année 2013, les impôts nouveaux représentent les deux tiers. Au lieu de lutter contre les dépenses supplères fues et la fraude, vous taxez davantage les familles nombreuses par l'abaissement du seuil d'exonération du quotient familial. Vous oubliez vos engagements de campagne lorsqu'ils profitent aux ménages, comme en matière des plus-values de cession immobilière. Vous découragez les entrepreneurs en pénalisant la réussite, la créativité et la prise de risque. Aujourd'hui, ce sont les Bernard Arnault qui s'en vont.
Mais bientôt, ce seront les petits et les moyens entrepreneurs, comme les plus jeunes déplômés. Combien de fois ai-je entendu dans mon entourage le désir des jeunes de mon âge de vouloir quitter leur pays dont ils n'attendent plus rien ? Mais à quoi donc servent tous ces sacrifices ? À soutenir l'emploi ? À investir ? À développer des secteurs d'avenir ? Essentiellement, non. 11 milliards sur 370, c'est tout ce que l'État consacrera cette année à l'investissement au sens strict, tout le reste étant des dépenses courantes de fonctionnement. Vous héritez certes d'une situation désastreuse, celle de M. Chirac et de M. Sarkozy. Mais souvenons-nous de M.
Jospin, qui continua à faire du déficit alors que la croissance était là, pour faire les 35 heures, pour embaucher plus de fonctionnaires. Ne pas profiter des périodes fastes pour inverser la tendance, c'est une responsabilité que vous portez. Face à cette spirale de la dette, dénoncée depuis des années par la Cour des comptes, et sans l'aide de l'inflation faute du monnaie adaptée, nous en sommes presque à organiser notre insolvabilité. Alors que la France a perdu son triple A, certaines collectivités ou établissements publics hospitaliers ont cette année fait défaut.
Insidieusement, c'est ce à quoi vous nous préparez avec un article 43, en apparence anodin, permettant à l'État de rééchelonner ces échéances. Il faut encore fermer les yeux sur tous les faramineux engagements hors budget. Les 28 milliards de garanties au crédit immobilier de France, ou les 31,4 milliards cautionnés auprès du FMI pour aider les États de la zone euro. Voilà 35 ans que nous ne cessons d'augmenter la dépense publique. Aujourd'hui, elle représente 56,3% du PIB, un niveau record. Le respect de la norme zéro, ou le gel de la dotation aux collectivités, est un pas, je vous le concède.
Même si je note que cela ne vous empêcha pas pendant des années de conspuer le gouvernement précédent sur l'insuffisance des dotations aux collectivités. Aujourd'hui, il est de votre devoir d'assainir durablement la dépense publique. L'Europe, l'immigration sont autant de dépenses qui méritent d'être sereinement analysées et réduites. En parallèle, si comme vous le laissez croire, vous n'êtes pas des ultra-libéraux, affranchissez-vous de la politique de libre concurrence européenne, en misant sur un protectionnisme ciblé et mesuré, qui permettra non seulement de relancer la compétitivité, mais générera de nouvelles recettes.
Revenez sur les principes hérités de la loi de 1973, qui oblige l'État à emprunter sur les marchés, plutôt qu'auprès de sa banque centrale. Ne vous contotez pas de taxes dérisoires sur les transactions financières, qui excluent au demeurant les produits les plus lucratifs, que sont les produits dérivés. Il le faut, car les intérêts de la dette sont en phase de devenir le premier poste de dépense du budget de l'État, et que nous devrons emprunter 170 milliards en 2013, soit deux fois et demie le produit de l'impôt sur le revenu.
Il le faut, car sinon la pression de créanciers nous conduira demain, quand ce n'est pas déjà le cas, à céder nos entreprises stratégiques, notre patrimoine, nos services publics à des investisseurs étrangers. Quelques pansements sur une hémorragie ne suffiront pas. Vous avez vendu aux Français le changement. Vous serez, comme vos prédécesseurs, le quinquennat de la désillusion, et je le regrette sincèrement.