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InterviewRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 30 juin 2024 11 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asileSolidarités & famille

Législative 2024 : "Près de 40 députés RN sont élus dès le premier tour de cette élection législative", retour sur les résultats avec Arnaud Benedetti

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Et au lendemain du premier tour des élections législatives, on reçoit Arnaud Benedetti. Bonjour monsieur.

  • 0:35OuverteRéponse directe

    Une élection dominée par le Rassemblement national, on le disait. « L'alternance commence », pouvait-on lire hier soir sur le pupitre de Marine Le Pen. Jordan Bardet, la Premier ministre, est-ce maintenant inéluctable ?

  • 1:31OuverteRéponse directe

    48 heures ? Qu'est-ce qui se passe en ces 48 heures ?

  • 2:08RelanceRéponse directe

    Il pourrait être dissident ? Pourquoi dites-vous cela ? Parce qu'il pourrait être dissident ?

  • 3:57RelanceRéponse directe

    Mais la probabilité reste faible, donc. Quelle est-elle ?

  • 4:59OuverteRéponse directe

    Donc, on l'entend. Quels enseignements pour Emmanuel Macron ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:52Invité politiqueChiffre
    « le Rassemblement national obtient près de 12 millions de voix. C'est-à-dire près de 4 fois plus que ce qu'il avait obtenu en 2022. »
  • 5:27Invité politiqueFait
    « deuxième défaite majeure d'Emmanuel Macron en moins de trois semaines »
  • 5:40Invité politiqueFait
    « Sous la Ve République, il est deux fois désavoué en moins de trois semaines et massivement par le corps électoral. »
  • 5:54Invité politiqueFait
    « lui, qui se voulait et qui s'était présenté comme le barrage le plus efficace à la montée en puissance du Rassemblement national »
  • 8:40Invité politiqueFait
    « s'il y avait à choisir entre un candidat du FN et un candidat du Rassemblement national, il choisirait le candidat du Rassemblement national. »
  • 9:09Invité politiqueChiffre
    « près de la moitié des troupes des députés LR risquent de disparaître au soir du 7 juillet. »
  • 10:00Invité politiqueFait
    « le premier parti, en tout cas populaire, il faut être clair, voir tel qu'il est en France, c'est le Rassemblement national. »
  • 10:25Invité politiqueChiffre
    « près de 40 députés RN qui sont élus dès le premier tour de cette élection législative »

Temps de parole

  • Invité politique80 %
  • Présentateur20 %

3,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. Et au lendemain du premier tour des élections législatives, on reçoit Arnaud Benedetti. Bonjour monsieur.

0:21
Invité politique

Bonjour à vous.

0:22
Présentateur

Rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire, professeur associé à la Sorbonne, notamment l'auteur de « Aux portes du pouvoir » RN, l'inéluctable victoire. C'est aux éditions Michel Laffont. Merci d'être en ligne ce matin. Une élection dominée par le Rassemblement national, on le disait. « L'alternance commence », pouvait-on lire hier soir sur le pupitre de Marine Le Pen. Jordan Bardet, la Premier ministre, est-ce maintenant inéluctable ?

0:43
Invité politique

Alors est-ce inéluctable ? C'est encore un peu compliqué de le dire. Mais enfin, la réalité, c'est qu'on a vu qu'on a une poussée massive du Rassemblement national. Il faut toujours comparer une élection par rapport au même type d'élection. Donc si on compare par rapport à 2022, le Rassemblement national obtient près de 12 millions de voix. C'est-à-dire près de 4 fois plus que ce qu'il avait obtenu en 2022. On revient qu'il y a là aussi une large dynamique territoriale et sociologique qui s'est amplifiée durant ce premier tour de l'élection législative. Toute la question est de savoir maintenant, comment vont se dérouler ces 48 heures ?

1:31
Présentateur

48 heures ? Qu'est-ce qui se passe en ces 48 heures ?

1:32
Invité politique

48 heures, tout simplement. C'est-à-dire que vous savez que les candidats ont jusqu'à 18 heures, moins de 48 heures d'ailleurs maintenant, ont jusqu'à 18 heures pour déposer leur candidature. Est-ce que les appels au désistement, tel qu'ils ont été prononcés par le Premier ministre, notamment Gabriel Attal, mais aussi quelque part poussés par le Président de la République, vont avoir un impact ? On verra qu'elle sera notamment l'attitude d'un certain nombre de candidats du côté de l'ensemble quant à ces appels.

2:08
Présentateur

Il pourrait être dissident ? Pourquoi dites-vous cela ? Parce qu'il pourrait être dissident ?

2:11
Invité politique

L'histoire des législatives et l'histoire de ce type d'élection nous apprend qu'il y a toujours, qu'on le veut ou non, des résistances locales qui peuvent s'exprimer.

2:21
Présentateur

C'est-à-dire des députés qui ne veulent pas se désister alors même que la consigne du parti...

2:27
Invité politique

Il y a des candidats qui peuvent très bien ne pas vouloir se désister pour la simple raison qu'ils se considèrent plus légitimes et qu'ils ne veulent pas, par exemple, se désister en faveur d'un candidat du Front populaire. Ça, c'est un premier point. Deuxième point, savoir comment l'électorat peut réagir à ce type, j'allais dire, de consigne de vote. Vous savez, aujourd'hui, ce qu'on note, c'est que quand même, depuis quelques années, on voit bien qu'il y a une érosion de ce que l'on appelait le Front populaire, c'est-à-dire le cordon sanitaire.

On l'avait déjà largement vu lors des élections législatives de 2022 et il semble que lors de ces élections de 2024, l'élection a déjà été le premier tour de près de 40 députés ARN, montre que quelque part, cette stratégie aujourd'hui est en voie d'obsolescence. Ça, c'est un troisième point. Et le quatrième point, ce qui rend encore plus difficile la constitution, si vous voulez, de ce Front républicain, c'est que l'écart idéologique entre un certain nombre d'électorats est trop important pour que ça soit, quelque part, interrompérable.

Donc, on a là, si vous voulez, une difficulté supplémentaire et toutes ces difficultés, évidemment, sont plutôt favorables aux partis qui arrivent en tête et qui disposent d'une dynamique évidente entre le premier et le second tour. Vous savez, les élections législatives sont souvent des questions de dynamique et la dynamique, pour l'instant, est en faveur du Rassemblement national. Donc, le Rassemblement national n'est pas assuré d'avoir la majorité absolue.

3:54
Présentateur

Voilà, c'est ça. Une dynamique certe.

3:55
Invité politique

Mais la probabilité est non négligeable.

3:57
Présentateur

Mais la probabilité reste faible, donc. Quelle est-elle ?

4:01
Invité politique

Ah non, la probabilité n'est pas faible, à ce stade. Que le Rassemblement national dispose d'une majorité absolue, la probabilité n'est pas faible. Elle est réelle. Elle n'est pas assurée, mais elle est réelle pour toutes les raisons que je viens de vous expliquer. Donc, bon, après, selon les instituts de sondage, on voit bien qu'il y a des nuances. Mais un certain nombre de sondages n'écartent pas l'hypothèse d'une majorité absolue en faveur du Rassemblement national, soit du 7 juillet prochain, dimanche soir prochain. Ne serait-ce que parce qu'il durera récemment un effet d'édiction dans une partie de l'électorat macroniste.

Ne serait-ce que parce que l'électorat LR pourra vraisemblablement se reporter sur des candidats du Rassemblement national. Donc, tous ces paramètres, pour l'instant, sont des paramètres, encore une fois, qui peuvent jouer en faveur d'une majorité absolue.

4:55
Présentateur

Faible efficience du barrage anti-Rassemblement national à venir dimanche prochain. Donc, on l'entend. Quels enseignements pour Emmanuel Macron ?

5:02
Invité politique

Il y a trois enseignements. D'abord, il y a un homme qui est responsable de cette situation totalement inédite sous la Ve République, c'est le président de la République, clairement, puisque c'est son initiative, la dissolution dans le calendrier, dont chacun avait considéré qu'il était un calendrier particulièrement difficile à tenir pour les candidats de la majorité, et pour les autres formations politiques. Ça serait quand même si, disons, je serai déjà la deuxième défaite majeure d'Emmanuel Macron en moins de trois semaines. Si vous voulez, pour un président de la République, c'est assez exceptionnel.

Sous la Ve République, il est deux fois désavoué en moins de trois semaines et massivement par le corps électoral. Donc, cette défaite, c'est d'abord la défaite du président de la République. Ça, c'est un premier point. Deuxième point, évidemment, ce qu'il faut noter, et ça, c'est un deuxième enseignement, c'est que lui, qui se voulait et qui s'était présenté comme le barrage le plus efficace à la montée en puissance du Rassemblement national, aujourd'hui, constater qu'il n'a pas été capable de contenir cette montée en puissance, qui plus est. Et ça, c'est très important, parce que c'est une deuxième leçon, dans un contexte de hausse de la participation.

C'est-à-dire que la hausse de la participation, le Rassemblement national, on a également profité, et parfois massivement. Ça, c'est le deuxième élément. Troisième élément, c'est que, que fait-il ? C'est-à-dire qu'en fait, aujourd'hui, il a le choix contre de mauvaises solutions, c'est-à-dire soit une majorité absolue, voire relative, très très forte pour le Rassemblement national, ou soit une situation qui rendrait de fait ingouvernable le pays. Parce qu'on ne voit pas, aujourd'hui, quand on regarde la cartographie du résultat des élections d'hier soir, comment on peut constituer une majorité de coalitions, une majorité qui permette, au moins pendant un an, de pouvoir gouverner le pays.

Parce que, si vous voulez, encore une fois, les forces sont insuffisantes pour pouvoir constituer cette majorité. Et donc, le choix, c'est entre l'instabilité institutionnelle ou l'accès du RN au pouvoir. On voit bien que ce n'est plus une question de choix. C'est presque un dilemme pour le président de la République.

7:08
Présentateur

Hier soir, sur les différents plateaux, on voyait des appels à faire barrage. Parfois, il y avait le nini. François-Xavier Bellamy, des Républicains, lui, a estimé que le danger, c'était l'extrême-gauche. Est-ce qu'on assiste aussi à des Républicains qui continuent d'aller vers l'extrême-droite ? Et aussi, est-ce qu'on assiste également à des comportements assez inédits, je pense notamment aux blocs centristes, qui hésitent à faire appel explicitement contre le RN ?

7:36
Invité politique

Oui, pour toutes les raisons que je viens d'indiquer. C'est-à-dire qu'en fin de compte, encore une fois, le réflexe qui était le réflexe républicain tel qu'il s'était finalement construit depuis l'arrivée du FN sur la scène politique est aujourd'hui profondément émoussé. On voit bien que du côté des Républicains, la crise existentielle se renforce. parce que, tout simplement, une partie de l'électorat républicain, dans un contexte où le FN est très fort, mais avec une dominante qui puisse la France insoumise, cet électorat aura du mal à porter ses voix, si vous voulez, sur un candidat du FN.

Donc, d'une certaine manière, avec une forme de réalisme, de pragmatisme, peu importe ce que l'on en pense, quelqu'un comme François-Xavier Bellamy en prend acte, mais il en avait déjà pris acte avant l'élection d'initiative, puisque même en condamnant l'initiative de son président, M. Suti avait déjà annoncé que lorsqu'il y aurait, à titre personnel, s'il y avait à choisir entre un candidat du FN et un candidat du Rassemblement national, il choisirait le candidat du Rassemblement national.

On peut s'atteindre aujourd'hui, si vous voulez, dans cet entre-deux-tours, vraisemblablement à, j'allais dire, une accélération de la scission chez les Républicains, qui d'ailleurs auront, je veux dire, de grosses difficultés, même pour constituer peut-être un groupe parlementaire. Ils y arriveront, mais on estime, au vu des résultats, que près de la moitié des troupes des députés LR risquent de disparaître au soir du 7 juillet.

9:16
Présentateur

Et dernière question, Arnaud Benedetti. Plus d'un électeur sur trois a déposé dans Lyon un suffrage pour le Rassemblement national, avec des résultats étonnants. Fabien Roussel évincé sur une terre communiste, François Ruffin en difficulté. C'est acté, le RN est maintenant le parti des ouvriers aussi ?

9:31
Invité politique

On s'est acté depuis, finalement, longtemps déjà, que le RN est le parti des ouvriers. On l'avait déjà vu par le passé dans d'autres scrutins. Aujourd'hui, si vous voulez, les nouvelles terres de mission, où d'ailleurs ils commencent à progresser pour le RN, ce sont les cadres et une partie des classes supérieures, qui d'ailleurs ont porté leur suffrage aussi, pour certains d'entre eux, sur le Rassemblement national. Aujourd'hui, le premier parti, en tout cas populaire, il faut être clair, voir tel qu'il est en France, c'est le Rassemblement national. Mais ça, ce n'est pas une surprise. Mais il est très fort, en effet.

On l'a bien vu dans les zones où l'électorat populaire est particulièrement mobilisé. D'ailleurs, il s'est surmobilisé, on le voit, sur les termes de France, pour porter déjà, dès le premier tour, un certain nombre de candidats du RN à l'Assemblée nationale. Ce matin, nous avons, je crois, près de 40 députés RN qui sont élus dès le premier tour de cette élection législative, qu'ils auraient pensé il y a quelques années.

10:33
Présentateur

Merci beaucoup, oui. 39 ou 40 candidats, effectivement, Rassemblement national éludés le premier tour. Merci beaucoup, Arnaud Benedetti, d'avoir été en ligne ce matin avec nous après cette nuit électorale, cette soirée, cette nuit électorale. Merci d'avoir pris quelques minutes pour répondre à nos questions. Je rappelle le titre de votre livre, Arnaud Benedetti. Vous vous interrogez dans ce livre, si le RN, il y a une inéluctable victoire aux portes du pouvoir. C'est chez Michel Laffont. Et on continue de parler, évidemment, ces résultats législatifs tout de suite sur RCF.