Emmanuel Macron verrouille nos institutions pour en conserver le contrôle !
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française français. Alors qu'il s'apprête à quitter le pouvoir dans quelques mois, le président Macron cherche à verrouiller nos institutions dans l'espoir d'en conserver le contrôle et de prolonger son influence. La nomination d'Améine Montchalin à la Cour des comptes pour une durée indéterminée soulève un conflit majeur.
Comment garantir l'indépendance d'une institution chargée de contrôler des budgets qu'elle a elle-même conçu puis exécuté ? Comment prétendre à l'objectivité quand on est appelé à auditer des comptes publics auxquels on a soi-même contribué à juger une politique catastrophique qui a conduit à 1300 milliards d'euros de dettes supplémentaires ? La démission surprise du gouverneur de la Banque de France alors que son mandat devait s'achever fin 2027 pose question là encore.
Comment ne pas y voir une tentative de choisir dès aujourd'hui un successeur alors que cette responsabilité revient théoriquement au prochain exécutif ? Le nom d'Emmanuel Moulin, actuel secrétaire général de l'Élysée, circule avec insistance. La manœuvre est transparente.
Au total, ce sont plus de 20 anciens parlementaires macronistes qui ont été nommés à la tête d'agences publiques ou de missions interministérielles après leur défaite aux dernières élections. On pourrait citer Emmanuel Vargon à la commission de régulation de l'énergie où Émilie Piette, secrétaire générale adjointe de l'Élysée, pressenti pour diriger RTE le réseau de transport d'électricité. Dans le même temps, le passage en force de la PPE3, la feuille de route énergétique de la France pour une décennie procède de la même logique.
Les investissements massifs dans des énergies renouvelables intermittentes font peser un risque sérieux sur les finances publiques ainsi que sur la facture énergétique des Français. Toute cette séquence rappelle ce qui s'est déroulé entre les deux tours des élections législatives de 2024 quand craignant une défaite électorale, une trentaine de haut fonctionnaires ont été nommés à la hâte à des postes stratégiques. Cette dérive se retrouve aussi au niveau européen.
Le calendrier d'adoption du prochain budget de l'Europe pour la période 2028-2034 a été délibérément avancé. Traditionnellement, celui-ci aurait dû être adopté fin 2027, laissant au nouvel exécutif français la possibilité d'exercer son évident droit de regard. La proposition d'un nouvel emprunt commun faite cette semaine par Emmanuel Macron dans les colonnes du journal Le Monde qui a perdu rappelant le toute majorité au Parlement participe du même objectif verrouiller notre avenir pour le rendre irréversible.
Monsieur le président, la démocratie ne se résume pas au seul moment du vote. Elle repose sur un équilibre fragile et précieux, la séparation des pouvoirs, l'indépendance des institutions, le respect des usages républicains et surtout la loyauté envers l'alternance. Dans une République, apaiser les institutions ne sont pas des instruments au service d'un camp.
Elles ne sont ni des forteresses à verrouiller, ni des leviers à conserver. Elles appartiennent à la nation toute entière. À l'approche d'une échéance présidentielle, une exigence particulière s'impose, celle de la retenue.
Gouverner, ce n'est pas anticiper l'avenir pour encannasser les choix. Gouverner, c'est agir dans le cadre du mandat confié par les Français sans entraver la liberté de décision de ceux qui nous succéderont. Le respect de l'alternance n'est pas une faiblesse, c'est la marque des grandes démocraties.
Il suppose que chaque responsable public accepte que son action s'inscrive dans le temps long de la nation et non dans la préservation d'une influence. Face à cette dérive illibérale d'un président en fin de règne, je veux le dire avec gravité. La République n'appartient à personne.
Elle ne se transmet pas entre proches. Elle ne se prolonge pas par procuration. Elle se confie régulièrement au jugement souverain du peuple français.
La France mérite une alternance loyale et pleinement assumée. C'est à cette hauteur d'exigence que nous devons tous nous placer.
Emmanuel Macron