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interviewLe Média· 9 octobre 2020 15 min

SUEZ / VEOLIA : LA MAGOUILLE DES OLIGARQUES

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Salut à toutes et à tous. Nous sommes le vendredi 9 octobre 2020. Par hasard ou comme tous les vendredis, vous regardez L’Actu démasquée, le rendez-vous d’info commentée, de la web-TV indépendante Le Média.

Aujourd'hui nous parlerons des énièmes nouvelles, sur le front d’une étrange lutte contre le “séparatisme”, qui vire, sur Télé-Bolloré, au championnat de propos racistes. De l'immense opération de destruction d’emplois, qui a lieu actuellement en France, en toute discrétion, et qu’un collectif d’observateurs, a décidé de monitorer au quotidien. De la scandaleuse fusion entre les groupes Veolia et Suez, et de la conjonction d’intérêts, qui la rend possible, avec l’Elysée qui feint de ne pas en vouloir, mais active en douce, la CFDT.

Mais aussi du coronavirus, de Donald Trump, de son coronavirus. [générique] Qui, parmi vous connait Mohamed Henni ? Eh bien moi je ne le connaissais pas, jusqu'à ce que mon collègue, Téo Cazenaves m'en parle.

Vous ne connaissez pas Téo Cazenaves ? Il est très sérieux, il est le futur Edwy Plenel, si l'on en croit sa moustache. Le code de déontologie pour lui, c'est un peu les 10 Commandements.

Téo c'est la cheville ouvrière des enquêtes au Media. Il les vérifie, les corrige, les complète, mais bon ! Personne n'étant parfait, il connait, donc il regarde Mohamed Henni le youtubeur supporter de l'OM, qui casse les télés, à chaque défaite de son équipe. – T'es nul, t'es nul et nul.

C'est un tour de magie, oulla, c'est un tour de magie, c'qu'il a fait c'est incroyable. – Bon ! C'est clair que le bilan carbone de ce youtubeur est une catastrophe, et que lui-même est un sacré farceur, mais quand même !

Des fois, on se prend à rêver, que des millions de Français, lassés des chaînes d'info en continu, se mettent, eux aussi, à casser leur petit écran. Faut dire que ça n'arrête pas, sur télé-Bolloré ! Depuis qu'Emmanuel Macron, leur a donné à ronger l'os du séparatisme, et de sa loi fourre-tout, c'est racisme au petit-déjeuner, au déjeuner et au souper. – Moi je crois profondément, que la séduction de nos sociétés, avec tous ses défauts, est quand même forte, et qu'ils n'ont pas gagné la partie d'avance, mais regardons quand même la démographie, ils font trois enfants ½, quand on en fait à peine deux. – Euh !

J'ai pas compris ! C'est qui "ils" ? Et c'est qui "on" ? – J'ai pas compris l'argument sur le nombre d'enfants. – La communauté musulmane fait plus d'enfants que la nôtre.

C'est tout ! – La nôtre, la nôtre ! C'est qui ce "nous", qu'on entend derrière le mot "nôtre" ? – Ce sont des Français, à priori. – Des Français, mais qui pratiquent une religion qui, parfois, a des dérapages insupportables.

Nous avons donc, régulièrement, chez Télé-Bolloré, des séparatistes violents, qui découpent la communauté nationale à la tronçonneuse, le tout en dénonçant le séparatisme. Nous sommes en 2020, année où, un ancien ministre de l'Éducation Nationale peut dire la chose suivante, à propos de l'enseignement optionnel, à l'école de l'arabe, 4ème langue la plus parlée au monde : "– Donc c'est le meilleur moyen de booster la prolifération d'écoles coraniques, ou d'écoles confessionnelles." – Petit point de contexte : Luc Ferry, le ministre, avait été critiqué, pour avoir choisi de scolariser deux de ses enfants, à l'époque, dans l'enseignement confessionnel.

Mais c'est pas pareil ! Il s'agissait d'école confessionnelle catho. Ouf !

Mais sans blague, pourquoi E.Macron, s'est-il embarqué dans cette séquence politique ? Pourquoi choisit-il de faire une grande loi, pour régler plein de petits problèmes, différents, spécifiques, et pas toujours reliés à une quelconque volonté de séparatisme ?

Surtout que des lois existent déjà, souvent pour régler ces problèmes, Par exemple la polygamie. – D'une part toute personne étrangère, qui est en situation de polygamie, ne sera pas acceptée, sur le territoire français, n'aura pas de titre de séjour, et d'autre part, quand une situation de polygamie sera révélée, nous proposons de retirer le titre de séjour de la personne qui vit en situation de polygamie… – Donc expulsée. Expulsion. … Oui, jusqu'à ce que la personne se mette en conformité. – Le hic c'est que des dispositions similaires existent depuis 1993, et les lois Pasqua.

Il faut croire, qu'avec Marlène Schiappa, on va voir ce qu'on va voir ! – Nous devons mettre fin à la polygamie de fait, qui existe, qui est parfois révélée, par des contrôles, notamment de la CAF, etc. – Après la dépénalisation de 1975, Marlène Schiappa veut donc re-pénaliser, l'adultère, disons les adultères installés dans la durée.

Au fait, qui veut enquêter sur les polygames de "fait", au sein du gouvernement et dans les cabinets ? On va bien rigoler ! Bref, tout ceci n'est pas sérieux !

Comme le disait François Bayrou : – Il y a une chose qui me frappe, c'est qu'on est un peu comme on était, sous les années Sarkozy, c'est-à-dire il y a un fait-divers, aussitôt on fait une loi, on fait des déclarations publiques, on ne réfléchit pas. – Bon on va se calmer, hein ! Il le disait sous François Hollande.

Souvenons-nous : juste avant les élections municipales, il y avait tout un ramdam médiatique, sur les listes communautaristes, qu'il était question d'interdire, via une nouvelle loi finalement mort-née. Mais revenons-y, c'était quoi cette histoire de listes communautaristes ? – Il y a une semaine, réunion avec Monsieur le préfet de Seine-Saint-Denis, je lui ai posé la question, je savais que nous allions nous voir, et que j'ai d'autres rendez-vous médiatiques.

J'ai dit : "Monsieur le préfet, combien de listes communautaires avez-vous ciblées, et combien en avez-vous interdites ? " Il m'assigne, Monsieur le député : "zéro ! " Ça veut dire que ce sujet n'existait pas. – On nous invente de faux problèmes, ou on grossit de petits problèmes, alors que nous avons de vrais problèmes.

Parmi eux, la destruction massive, d'emplois qui se produit, à l'ombre de la crise sanitaire, et qui va s'accentuer, avec un semi-confinement qui ne dit pas son nom. Heureusement un collectif citoyen a commencé à documenter ce phénomène. Il s'inspire ouvertement du "Allô Place Beauvau", du journaliste David Dufresne, qui est parvenu progressivement, à mettre la question des violences policières, au centre du débat médiatique, lors du mouvement des Gilets Jaunes.

Et du coup, ils commencent leur post par : "Allô Bruno Lemaire". L'effet cumulatif est angoissant, et c'est le but recherché. Mais nos activistes numériques préfèrent rester dans l'anonymat pour l'instant.

Nous avons pu tout de même, joindre l'un d'entre eux. – Ce qu'on voudrait, l'ambition c'est quoi ? Eh bien, c'est que les gens, et par "les gens" on entend tout le monde, les médias ou les salariés, se saisissent du tableau d'ensemble, le comprennent, et puissent mesurer l'écart abyssal, qu'il y a entre, les déclarations publiques, que ce soit de la part du patronat, ou des responsables politiques, et puis, la réalité des plans de licenciements. – Les animateurs du compte Tweeter : "Plans de licenciements", pratiquent aussi, ce qu'on appelle en anglais, le "name and shame". – Souvent quand une usine ferme, les ouvriers licenciés, ne savent pas vraiment, qui est derrière le "plan social".

Donc on va indiquer une méthode, qui est que, quand vous vous faites virer, allez chercher l'actionnaire. – C'est une histoire de fou, qui nous montre que ceux qui nous dirigent, nous prennent décidément pour des cons ! C'est l'histoire de la cession de Suez, numéro 2 français, de la gestion de l'eau et des déchets, à Véolia, numéro 1 français du même secteur.

A priori c'est moins grave, que le rachat d'Alstom, fleuron industriel français, par le groupe américain General Electric, qui s'est pressé de le démanteler. Mais cette histoire Suez/Veolia, est porteuse de nombreux problèmes. Des problèmes assez bien résumés, par l'ancien ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg, dans une lettre, adressée au 1er Ministre Jean Castex, et rendue publique.

Le premier problème, qui n'est pourtant pas apparent, est qu'on se dirige, certes indirectement, vers un scénario ressemblant à celui d'Alstom – Le second problème est que cette fusion, va fatalement détruire des emplois. Le 3ème problème est que, cette fusion aboutira, au final, à une augmentation du tarif de l'eau, quasi monopole oblige. Souveraineté, emploi et pouvoir d'achat, les Français ont tout à y perdre.

Mais le plus choquant dans tout ça, c'est la manière, dont cette opération a été menée. Plus précisément, l'opération a consisté, pour le groupe énergétique Engie, à céder à Véolia ses actifs dans Suez, c'est-à-dire 29,9% des parts. Pour mieux comprendre ce qui s'est joué, il faut visualiser le conseil d'administration d'Engie : 13 administrateurs, dont 4 représentants des salariés, 2 CFDT, 1 CFE-CGC et 1 CGT, 3 représentants de l'État, et 6 administrateurs dits "indépendants".

À la base, seule la CGT est hostile au projet. Le gouvernement est pour cette cession, qui signe indirectement, la prise de contrôle de Suez par Veolia. Mais finalement, Bruno Lemaire, estime que Veolia, ne donne pas assez de garanties, notamment en terme d'emplois.

Officiellement, l'État change d'avis, et s'oppose à la vente. La CFDT-Énergie suit. Dans un communiqué la CFE-CGC exprime son hostilité à l'offre Veolia.

Et dans le même temps, une offre concurrente, portée par Ardian, un fonds de capital d'investissement français, émerge. Elle permet de ne pas tuer Suez, à petit feu, garantit l'emploi, a les faveurs des salariés. On se lève tous pour Ardian ?

Euh… Non ! – Donc, vous avez un vendeur, Engie, qui ne veut pas faire jouer la concurrence, entre acheteurs, pour obtenir un meilleur prix. Et vous avez surtout l'État, qui dit officiellement "NON", à l'offre de Véolia, mais qui torpille la concurrence de Veolia.

L'épisode le plus étrange de cette drôle d'histoire, a lieu le 5 octobre. La concurrence neutralisée, le conseil d'administration d'Engie, doit valider ou rejeter l'offre Veolia. Sur le papier le match est serré.

L'État, et les représentants des salariés, sont a priori hostiles. Les 3 représentants de l'État, votent effectivement contre, la CGT aussi. Et la CFDT : coup de théâtre !

Ses deux représentants quittent la salle, et refusent de voter. Le corps électoral passe de 13 à 11. Le camp du "oui" à Veolia, a mathématiquement gagné.

La CFE-CGC n'a plus qu'a voler au secours de la victoire. – "Moi j'ai dit bizarre ? Comme c'est bizarre ! " – Et comble de la bizarrerie, si l'on en croit Médiapart, c'est l'Élysée, en la personne de son secrétaire général, Alexis Kohler, présenté comme le vice-président de Macron, qui a convaincu la CFDT de "tuer le match".

Mais ça veut dire quoi tout ça ? Soit l'État faisait semblant de combattre le projet Veolia, soit l'Élysée a torpillé Bercy, dans tous les cas c'est un scandale ! Laissons le mot de la fin à Arnaud Montebourg Pour l'instant, la 2ème vague de Covid 19 est là.

Les mesures restrictives de libertés, s'imposent à nous, et leur ampleur dépendra notamment, des capacités des hôpitaux à gérer, ce qu'on peut considérer comme une réplique sismique. Et Emmanuel Macron, on ne se refait pas, fait la leçon aux professionnels de santé. – Là, ce qu'il faut comprendre, de toute façon, c'est pas qu'une question de moyen, c'est une question d'organisation.

Vous avez à vivre avec les unités COVID. – Ah, Non, non non ! L'organisation, on sait s'organiser quand on a les moyens. – Attendez, vous pouvez m'écouter jusqu'au bout ?

Non, mais le Covid qui arrive, ce n'est pas une question de moyens. On va pas créer des postes et des lits, parce que le Covid arrive-là, c'est impossible… – [ Brouhaha de protestations ] – A l'allure où vont les choses pourtant, bientôt notre bien aimé président, n'aura plus personne à qui expliquer la vie. Malgré le Ségur de la santé, et les modestes augmentations de salaires, de nombreux soignants quittent l'hôpital public, et plusieurs postes ouverts ne trouvent pas de preneurs.

Dans un article assez riche, le site 20minutes.fr, recueille la parole des blouses blanches en souffrance. Si la 2ème vague s'avèr eaussi difficile à vivre que la 1ère, il y a fort à parier, que certains balcons ne se contenteront pas d'applaudir les soignants, ils hueront les gouvernants.

C'est bientôt fini, mais prenons d'abord, des nouvelles de Donald Trump, le président américain, il va mieux, il a un message pour nous. – Qu'est-ce qu'il faut comprendre ? Que ceux qui meurent, sont juste des fragiles, qui se laissent dominer par la peur ?

En réalité, Donald Trump a eu droit à un traitement de luxe, inaccessible pour des millions d'Américains. C'est pour cette raison que le site spécialisé Statnews, lui rappelle gentiment, que même le coronavirus, est une question de privilèges, au pays de l'oncle Sam Ce n'est donc pas une question, de pensée positive, comme vous semblez l'affirmer, Mister Président ! Voilà, c'est fini pour aujourd'hui, on se retrouve vendredi prochain.

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SUEZ / VEOLIA : LA MAGOUILLE DES OLIGARQUES — Bruno Le Maire · Pourquijevote