JULIEN ODOUL : « Jordan Bardella est totalement en phase avec les Français » (Europe 1)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:23OuverteRéponse directe
Est-ce que vous allez soutenir les Bleus ce soir ?
- 0:37OuverteRéponse directe
Pensez qu'ils peuvent y arriver ?
- 1:04ComplaisanteRéponse partielle
On ne va pas ne parler que foot.
- 2:06OuverteRéponse directe
Ce texte peut-il éviter ces drames comme celui de Philippines ?
- 2:42RelanceRéponse directe
Pourquoi pensez-vous qu'il va juste retarder ?
- 3:23RelanceRéponse directe
Avec 210 jours, est-ce qu'on n'a pas le temps nécessaire pour obtenir ces laissés-passés ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:12Invité politiqueFait
« Ce texte est l'une des réponses. »
- 2:29Invité politiqueFait
« Ce texte est né de l'émotion après le drame du meurtre de Philippines. »
- 2:46Invité politiqueChiffre
« Il va effectivement... Là, aujourd'hui, on est à 90 jours de rétention. »
- 4:56Invité politiqueFait
« Nous, nous privilégions la sécurité des Français plutôt que le confort d'étrangers qui ne devraient pas être sur notre territoire. »
- 7:24Invité politiqueFait
« Marine Le Pen et le groupe Rassemblement National proposent un projet d'autonomie insulaire. »
- 7:32Invité politiqueFait
« L'autonomie insulaire, ça signifie quoi ? Ça signifie qu'il y a une particularité corse que tout le monde peut mesurer. »
- 7:46Invité politiqueFait
« La Corse fait partie intégrante de la France, pour autant il y a des spécificités, des particularités qui doivent être respectées. »
- 14:52Invité politiqueFait
« Non, c'est surtout l'influence du pragmatisme. »
- 15:06Invité politiqueFait
« Nous regardons la situation telle qu'elle est et nous regardons les besoins de la société française. »
- 20:23Invité politiqueFait
« S'il y en a un qui comprend la vie des Français, c'est bien Jordan Bardella. »
Temps de parole
- Julien Odoul58 %
- Présentateur20 %
- Locuteur 109 %
- Locuteur 33 %
- Locuteur 23 %
- Locuteur 72 %
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Europe 1 Info, 13h-15h, Clélie Mathias.
Bienvenue à vous si vous nous rejoignez sur Europe 1, c'est Europe 1 Info qui se poursuit avec les grands entretiens politiques. Dans une demi-heure, je recevrai Thomas Alex Hauser, le maire de Beuzeville en Normandie, secrétaire général des centristes, porte-voix de Nouvelles Énergies. Mais avant cela, c'est Julien Audoul, député de Lyon, porte-parole du Rassemblement National qui est en studio. Bonjour Julien Audoul. Bonjour. Soyez le bienvenu. Est-ce que vous allez soutenir les Bleus ce soir ?
Bien sûr, je suis un supporter des Bleus et j'espère que ce premier match sera une victoire pour commencer un beau parcours qui, je le souhaite, nous mènera le plus loin possible.
Pensez qu'ils peuvent y arriver ?
En tout cas, ils ont l'équipe pour créer un exploit. Mais je me méfie un petit peu puisque c'est vrai qu'en 2002, si on fait le parallèle avec ce premier match qui s'était soldé par une défaite 1-0 contre le Sénégal, on avait à l'époque le meilleur buteur du championnat français, le meilleur buteur du championnat italien, le meilleur buteur du championnat anglais. Et on n'avait pas marqué un but. Donc attention, on a les meilleurs joueurs, on a Dembélé, on a Mbappé, on a Douai, mais restons prudents et surtout humbles.
Alors, on ne va pas ne parler que foot. À l'Assemblée Nationale, aujourd'hui, il va y avoir un vote définitif sur la loi dite « Philippine » qui prévoit d'allonger notamment les délais à 210 jours dans les centres de rétention administratives. C'est en tout cas la mesure phare de ce texte qui est porté par le député EPR Charles Rodwell. Il est revenu d'ailleurs sur les affaires Liana, sur les affaires Philippines. C'était dans la grande interview ce matin sur Europe 1 et CNews. Et il dénonce à chaque fois l'inefficacité de la République.
Les causes, a priori, du décès de Liana et du décès de Philippines n'ont pas grand-chose à voir l'une avec l'autre. Mais elles ont un point commun. C'est que ce sont deux jeunes femmes qui ont été violées et assassinées. Enlevées, violées et assassinées. Enseignent une petite fille. Et je crois que l'on peut dire assez simplement que la République a perdu sa capacité de protéger tous ses enfants. Et par les propositions de loi que nous portons et par l'action à la fois du gouvernement et de la justice, nous devons redonner à la République le pouvoir de protéger ses familles et ses enfants.
Alors, ce texte, Julien Audoul, peut-il éviter ces drames ? Comme celui de Philippines.
Ce texte est l'une des réponses. C'est-à-dire augmenter la durée de détention pour des gens considérés dangereux, pour des gens étrangers qui ne devraient pas être sur le territoire national. Effectivement, ce texte est né de l'émotion après le drame du meurtre de Philippines. Pour autant, ce n'est pas la panacée. Mais attention, ne croyons pas que ce texte va protéger les Françaises et les Françaises.
Pourquoi est-ce que vous pensez qu'il va juste retarder, finalement ?
Il va effectivement... Là, aujourd'hui, on est à 90 jours de rétention. Je dis bien rétention, ce n'est pas la détention. Ce serait allongé à 210 jours. Mais ce qu'il faut, c'est d'une, en amont, que notre pays ne soit plus attractif pour toute l'immigration de la Terre. Et de deux, que nous ayons les laissés-passés consulaires, donc que nous engagions quelquefois des bras de fer diplomatiques avec les pays de départ, pour qu'ils reprennent leur brebis galeuse. C'est là où on a un véritable problème. Parce que, très clairement, si nous avions ces laissés-passés consulaires, nous pourrions expulser plus facilement ces individus qui constituent une menace pour la sécurité des Français.
Mais avec 210 jours, est-ce qu'on n'a pas le temps nécessaire, justement, pour obtenir ces laissés-passés ?
Certains vous diraient que, normalement, en 90 jours, on aurait le temps nécessaire pour obtenir ces laissés-passés. Alors, 210 jours, effectivement, ça permet qu'ils ne soient pas relâchés dans la nature. Il faut aussi renforcer, quand même, à la fois le personnel, renforcer la sécurité autour des centres de rétention administratives. On a en tête, évidemment, des évasions spectaculaires qui sont assez navrantes. Mais, je le redis, la solution, en tout cas, c'est, en amont, de faire en sorte que notre pays ne soit plus attractif pour l'immigration de peuplement et l'immigration anarchique.
Et, en aval, que nous puissions expulser beaucoup plus facilement, beaucoup plus rapidement, les individus qui constituent une menace pour notre sécurité.
Mais vous nous avez dit déjà que ce texte était un pas, un effort supplémentaire. Il y avait eu une loi similaire qui avait été déposée il y a un an, un an et demi, et qui avait été retoquée par le Conseil constitutionnel. Est-ce que cela pourrait arriver de nouveau, là ? Qu'est-ce que vous en pensez ?
Quel scandale ! Il faut se rappeler que c'était sur ces înes des groupes de gauche de la France insoumise, notamment, qui a privilégié le confort d'étrangers jugés dangereux. Les groupes de gauche ont refusé que les étrangers jugés dangereux, ceux qui, effectivement, ont pu agresser, attaquer ou tuer des Françaises et des Français, puissent être maintenus en détention. On mesure quand même la gravité de cette décision. Nous, nous privilégions la sécurité des Français plutôt que le confort d'étrangers qui ne devraient pas être sur notre territoire.
Alors, la gauche maintient quand même que ces centres de rétention, qui ne sont pas des centres de détention, et vous-même avez fait le distinguo, parce que les conditions de sécurité n'y sont évidemment pas les mêmes, et qu'en plus, ces centres sont, pour la plupart, totalement engorgés, saturés.
Alors, ils le sont, mais ça rejoint le problème de l'amont. C'est-à-dire que notre pays, étant dans l'incapacité à la fois d'expulser et accueillant toujours plus d'immigration, et une immigration qui n'est pas une immigration de travail, on ne le rappellera jamais assez, effectivement, ces centres de rétention administrative, qui sont entre les deux, au cœur du système, mais qui subissent à la fois l'afflux d'étrangers et en même temps l'incapacité du gouvernement d'expulser ceux qui devraient être expulsés, sont une réponse, mais un palliatif aussi. J'observe que dans ces centres de rétention administrative, ceux qui sont en insécurité, c'est aussi les surveillants.
C'est aussi des policiers qui, je le dis, ne sont pas armés, puisqu'on est dans un univers très particulier, et qui effectuent un travail capital, un travail extrêmement humain, nécessaire, à la fois pour assurer la sécurité des retenues, et aussi pour permettre que le système tienne debout.
Julien Audoul, parlons de l'autonomie de la Corse, puisqu'il va être en débat, c'est un débat qui est assez délicat. Écoutez, Alexis Brézet, ce matin, sur Europe 1, sur ce projet de loi constitutionnelle, il dénonce les dangers de cette autonomie Corse, si jamais, bien sûr, elle est votée.
Cette autonomie qu'on veut conférer à la Corse, c'est ni plus ni moins que la reconnaissance d'un communautarisme, qui demain pourrait être invoqué par les Basques, les Bretons, les Occitans, et puis pourquoi pas, par la communauté musulmane. C'était bien la peine de faire des lois contre le séparatisme, pour finir par installer le séparatisme en majesté, dans notre constitution, afin de permettre à la communauté Corse, de déroger aux lois qui s'imposent aux autres citoyens, et d'instaurer cette préférence Corse à une certaine préférence nationale, qu'on rejette avec indignation quand il s'agit de l'appliquer à tous les Français.
Voilà Alexis Brézet qui craint que cela fasse tâche d'huile. Et Marine Le Pen a donné une longue interview à Corse ce matin, et au RN, vous avez mis en place un contre-projet sur cette autonomie de la Corse. Expliquez-nous, c'est-à-dire que vous êtes en faveur de cette autonomie, mais pas comme ça ?
Alors Marine Le Pen et le groupe Rassemblement National proposent un projet d'autonomie insulaire. L'autonomie insulaire, ça signifie quoi ? Ça signifie qu'il y a une particularité corse que tout le monde peut mesurer, que tout le monde peut constater, une singularité géographique, culturelle, linguistique, historique, qui correspond à l'âme corse. Voilà, c'est une réalité. La Corse fait partie intégrante de la France, pour autant il y a des spécificités, des particularités qui doivent être respectées.
Et notre projet vise à faire en sorte que les préoccupations des Corses, qui ne sont pas forcément et pas exclusivement identitaires, elles le sont pour une partie d'entre elles, elles sont culturelles bien évidemment, mais elles sont aussi liées au pouvoir d'achat, puisque la Corse est un territoire extrêmement pauvre, où les Corses sont confrontées à une précarité grandissante. Ce statut, il permet à la fois de s'attacher aux singularités, aux particularités corse, et en même temps de maintenir la cohésion de la République française, sans qu'il y ait d'ambiguïté sur des volontés de dislocation du pacte républicain.
Mais est-ce que les Basques, les Bretons ou autres ne vont pas vous dire « mais nous aussi on a des particularités, nous aussi on a des singularités ».
C'est pour ça que c'est un statut d'autonomie insulaire. Et force est de constater que la Corse, contrairement à d'autres territoires, est une île. Je le redis, c'est un territoire qui a fait la France plus grande qu'elle n'a jamais été, puisqu'elle a donné naissance notamment à Napoléon, qui a fait la France plus grande qu'elle n'a jamais été. La Corse et la France sont liées. Pour autant, il faut accepter, et je pense qu'il faut, et c'est l'honneur de la République, de reconnaître qu'il y a des particularités qui doivent être prises en compte.
Parce que c'est une île, en gros.
Parce que c'est une île, parce qu'il y a aussi une dimension historique, culturelle, linguistique.
Oui, mais les autres régions peuvent vous dire la même chose aussi. Oui, mais sauf si, évidemment, ce ne sont pas forcément des îles,
mais quand même, il peut y avoir des singularités. Oui, bien sûr, mais c'est bien différent. On ne peut pas comparer la Corse à l'Alsace, on ne peut pas comparer la Corse à la Bretagne. Nous, ce que nous disons, c'est qu'attention, effectivement, à tout projet qui pourrait conduire, effectivement, à un morcellement de la République française, mais il faut reconnaître la particularité de la Corse, et permettre, justement, par des politiques publiques, à la fois de reconnaître ce territoire comme étant français, et surtout permettre d'aider les Corses, tout simplement, à maintenir leur culture, à maintenir l'enseignement de la langue. Tout ça est extrêmement important.
Mais il n'y a pas d'ambiguïté, nous, dans notre projet. Il peut y en avoir dans les projets des autres.
C'est ce que j'ai dit. Donc, vous n'allez pas voter cet après-midi, le groupe RM ne va pas voter celui-là, mais il dépose son contre-projet.
Nous, nous souhaitons, effectivement, défendre ce projet d'autonomie insulaire qui marche sur deux jambes. Particularité Corse, oui, mais unité de la République française.
Julien Audoul, député de Lyon, porte-parole du Rassemblement national et l'invité des grands entretiens politiques d'Europe 1 Info. On va parler des retraites dans un instant, puisque Marine Le Pen ouvre la voie à une part de capitalisation volontaire. On y revient. Il est 14h13 sur Europe 1.
13h15, Europe 1 Info. La 7e édition du prix littéraire Europe 1 GMF a récompensé Les évadés du convoi 53 de Benjamin Fogel. Un livre parfaitement en phase avec les valeurs humaines défendues par le prix.
Les valeurs défendues par GMF, moi, ça résonne tellement avec ma démarche, notamment les enjeux autour du collectif, du vivre ensemble. Le fait que ce soit ressenti et compris par le jury, ça m'a fait très plaisir.
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Julien Audoul. Décidément, les choses bougent au Rassemblement National puisque vous êtes favorable finalement à une sorte d'autonomie pour la Corse. Vous n'étiez pas habitués dans votre parti. Et puis là, sur les retraites, on va écouter Marine Le Pen. Elle était dans Dimanche en politique sur France 3.
Je pense qu'il faut évidemment proposer aux Français les moyens pour qu'ils puissent se constituer une retraite complémentaire par capitalisation. Mais je suis bien consciente que ça ne suffit pas puisque l'objectif prioritaire, c'est de protéger les retraites de ceux qui n'ont pas les moyens de mettre en œuvre cette capitalisation volontaire. En tout cas, ce qui est sûr, M. Letellier, passer d'un système par répartition déficitaire à un système par capitalisation, ça n'est pas possible. Il n'est pas possible de passer de l'un à l'autre sauf lorsqu'on a un système excédentaire et ça n'est hélas pas le cas de la France.
Une dose de capitalisation volontaire, bien sûr, quand même. Mais c'est l'influence de Jordan Bardella qui fait bouger Marine Le Pen, qui fait bouger les lignes ?
Non, c'est surtout l'influence du pragmatisme. Et nous, contrairement aux autres, sur un sujet aussi important que celui des retraites, aussi sensible, nous regardons la situation telle qu'elle est et nous regardons les besoins de la société française. Nous ne sommes pas mûs par une idéologie comme l'extrême-gauche qui nous parle de retraite à 60 ans sans que ce soit finançable et comme les autres qui nous disent continuez de travailler plus longtemps, jusqu'à 67, 70 ans, 75 ans demain. Nous nous disons, il faut préserver le système par répartition et nous disons surtout que pour sauver ce système, il faut deux axes, la relance de l'intelité et la relance de la croissance.
Il faut que ce système soit juste, c'est-à-dire, je schématise, plus on a commencé à travailler tôt et plus on peut partir tôt, plus on a commencé à travailler tard et plus on partort avec une retraite à taux plein. Mais il faut aussi permettre aux Français qui le peuvent et qui le souhaitent de capitaliser pour leur retraite. C'est un système qui est extrêmement juste et efficace économiquement.
Il y aura toujours un âge de départ ?
Oui, il y aura un âge légal, bien évidemment. Mais il y a surtout un système qui est progressif. C'est-à-dire qu'à partir de 20 ans, vous avez commencé à travailler à partir de 20 ans, vous pouvez partir avec 42 annuités travaillées pour une retraite à taux plein. C'est-à-dire que vous avez commencé à travailler à 23 ans, vous partez à 65 ans avec une retraite à taux plein. Je pense que les Français peuvent comprendre que plus on a commencé à travailler tôt, ça signifie qu'on a eu un emploi manuel, un travail difficile. Et donc, on a été usé par la vie professionnelle et qu'il faut partir le plus tôt pour bénéficier d'années de vie en bonne santé. Parce que c'est ça le sens de la retraite.
C'est vrai qu'on parle beaucoup d'économie, c'est très important de savoir quelles économies on va faire, quel argent on va pouvoir mettre dans les caisses de l'État. Mais ce qui compte, c'est surtout comment on fait bénéficier à des Français qui ont travaillé d'années de vie en bonne santé. Et malheureusement, l'espérance de vie en bonne santé a tendance à reculer pour les catégories populaires, celles qui ont souffert de travaux difficiles.
Mais finalement, on a l'impression que vous parlez moins de l'âge de départ légal, à 62 ans. Oui, parce que ce qui, bien sûr... C'est un peu comme Gabriel Attal, finalement.
Non, non, non, c'est aux antipodes de Gabriel Attal.
Non, mais lui aussi, l'âge légal, il veut s'en...
Ce qui compte, c'est la durée de cotisation. Ils veulent s'en échapper. Ce qui compte pour les Français, c'est la durée de cotisation. C'est ce système progressif. C'est à partir de quel âge on a commencé à travailler et les annuités qu'on va pouvoir engranger pour partir avec une retraite à taux plein. Donc, c'est plus en plus cette dose de capitalisation. Il faut repartir plutôt à 62 ans, mais avec une décote. Ça, ce sera la liberté de chacun. Mais ce système progressif est le plus juste socialement parce qu'il s'adapte à la carrière de chacun et c'est le plus efficace économiquement aussi. C'est plus souple, en tout cas.
C'est beaucoup plus souple, mais ça tient compte des réalités de la vie professionnelle et, j'allais dire, aussi des différences entre les Français. Il y a des Français qui ont commencé à travailler tôt, il y a des Français qui ont eu des carrières hachées, il y a des Français qui ont commencé à travailler tard parce qu'ils ont fait de longues études.
Ce que vous venez de nous décrire comme programme, en tout cas comme proposition pour les retraites, ce sera dans le programme officiel, c'est ce qui sera annoncé, que ce soit porté par Marine Le Pen ou par Jordan Bardella, quelle que soit la décision de la justice le 7 juillet ?
Ce sera le programme retraite, quel que soit le candidat ou la candidate, effectivement. Et c'est peut-être ce qui nous différencie des autres, c'est que nous avons un socle commun, nous avons deux candidats de très grande valeur et nous aurons un programme aussi qui correspond aux attentes, aux préoccupations et aux espoirs des Français.
Il n'y a pas de dissonance entre les deux ?
Non. Non. Je sais que certains rêveraient qu'il y ait des divergences, qu'il y ait des oppositions, mais non. Il y a eu quelques divergences,
même sur la démission de Gérald Darmanin. Alors finalement, Marine Le Pen a dit non, non, mais il a eu raison de dire ça. Mais là aussi, il y a eu quelques...
Non, certains essayent, en fait, de trouver des différences dans des modes d'expression différents. Ils sont différents, ils ne mettent pas le point-virgule au même endroit, ils n'ont pas la même tonalité, ils n'ont pas la même expérience, ils ne parlent pas de la même façon. Heureusement, ce n'est pas des clones. On n'a pas deux robots, on a deux personnalités, une femme d'État et un homme d'État, qui ont le même programme, qui ont la même vision, et qui l'exprimeront à leur manière. Et c'est très bien ainsi.
Est-ce que Bardella, Le Pen et Mélenchon, c'est exactement la même chose ? Vous savez qui a dit ça ?
C'est un sinistre personnage qui rêve d'être, pour une fois, adoubé par les Français, ce qui ne l'est jamais, qui s'appelle Xavier Bertrand.
Alors, je vous laisse le mot et l'adjectif sinistre. Oui, Xavier Bertrand, qui songe, qui se prépare, en tout cas, à être candidat, c'est ce qu'il a dit. Et sur BFM TV, ce matin, le président de la région des Hauts-de-France a dénoncé l'absence de Jordan Bardella à la marche blanche pour l'IANA. Écoutez-le.
Quand vous êtes un responsable public, un responsable politique, que vous aspirez aux plus hautes fonctions, vous comprenez ce que peuvent ressentir d'autres personnes. Les gens ne disent pas aux responsables politiques « Vivez notre vie », mais comprenez notre vie. Et là, de comprendre la douleur et le respect qui, à mon avis, étaient indispensables, cette marche blanche, puis après, ils vont nous faire leur grand cinéma. C'est insupportable. Mais il ne faut pas tomber dans le panneau. Et vous savez, Bardella, Le Pen, Mélenchon, c'est exactement les mêmes.
Qu'est-ce que vous lui répondez, donc, à Xavier Bertrand sur cette marche blanche ?
Xavier Bertrand est pathétique. Il est pathétique puisqu'il instrumentalise la douleur d'une famille qui n'a pas souhaité que les politiques soient associées. Et ils ont bien raison. Il l'instrumentalise pour faire de la politique politicienne. S'il y en a un qui comprend la vie des Français, c'est bien Jordan Bardella. Ce n'est pas M. Bertrand. Je ne pense pas qu'il comprenait la vie des Français quand il a mis en place le RSI, par exemple. qui a poussé au suicide des centaines d'entrepreneurs qui ont été étranglés par ce système totalement fou.
Je ne pense pas que Xavier Bertrand a compris les Français quand il a soutenu des majorités, quand il a soutenu des politiques, qu'il a participé à des gouvernements qui ont fragilisé profondément le pacte social et qui ont mis en insécurité les Français ou qui ont ouvert les frontières. Je ne le pense pas. S'il y a bien quelqu'un qui est déconnecté, qui a des années-lumière de ce que veulent les Français, c'est bien Xavier Bertrand.
Jordan Bardella au Grand Prix de Monaco, c'était une erreur ?
Encore une fois, Jordan Bardella, je sais qu'on aimerait qu'il vive dans une bulle. Je sais qu'il n'a pas le droit à l'erreur que chacun de ces faits gésestes ait scruté, analysé, laserisé. Pour tous les candidats, vous le savez, surtout à un an de la présidentielle. Oui, mais encore une fois, Jordan Bardella a le droit d'aller à un Grand Prix. Il a le droit d'avoir une relation. Il a le droit, encore une fois, de sortir. Est-ce que dans les faits, dans ses déclarations, dans les politiques qu'il met en œuvre, dans son combat politique, est-ce qu'il est en adéquation à ce que veulent les Français ? Je le pense.
Et on juge un responsable politique, non pas sur ses sorties privées, mais sur ses déclarations publiques et sur les actions qu'il met en œuvre pour respecter la parole du peuple français. Et en cela, Jordan Bardella est totalement en phase avec ce que veulent les Français.
Je reviens sur ce qu'a dit Xavier Bertrand. Il dit Bardella, Le Pen, Mélenchon, c'est exactement les mêmes. Et lui, donc, se place. Il veut occuper, en tout cas, le créneau de l'unité nationale contre des excrêmes qui seraient clivants, justement, brutaux aussi.
Il veut devenir un candidat d'extrême-gauche. Il a aussi dit qu'en France, il ne faisait pas bon être arabe ou noir. Voilà, reprenant des thèses racialistes totalement délirantes de l'extrême-gauche et de Jean-Luc Mélenchon. Alors, je lui dis d'une, que le créneau est pris et de deux, que ce n'est pas en s'abaissant à ce niveau qu'il arrivera à se faire entendre et avoir un petit peu de lumière. Parce que Xavier Bertrand, ça fait des années qu'il essaie d'exister, les Français n'en veulent pas. Ils n'en veulent pas. C'est quelqu'un qui est d'une insincérité, d'une hypocrisie totale, qui est d'une haine et d'une morgue hallucinante.
Et je pense que les nombreux scrutins au niveau national où il a essayé de percer ont montré, notamment dans les primaires, ont montré qu'il était à des années-lumière d'obtenir les objectifs qu'il souhaiterait.
Et vous ne pensez pas que le constat qu'il fait est juste sur cette France ?
Non, pas du tout. À un moment donné, il faut être sérieux. Je sais que certains aimeraient que la France soit raciste. Aimerait que certains de nos compatriotes soient martyrisés, persécutés, discriminés en fonction de la couleur de la peau. C'est faux. C'est factuellement faux. Et si c'était le cas, je ne pense pas que notre pays serait aussi attractif pour une immigration, principalement originaire du Maghreb ou d'Afrique subsaharienne. Je ne pense pas que si la France était raciste, il y aurait 530 000 personnes qui viendraient chaque année dans notre pays.
Je ne pense pas que si la France était raciste, il y aurait l'aide médicale d'État qui offre la palette de soins aux clandestins, qu'il y aurait la préférence pour le logement social ou tout un réseau d'aides et de prestations sociales pour les étrangers. Je ne le pense pas. S'il y a bien un pays qui est généreux, quelquefois beaucoup trop, et qui offre une préférence étrangère que n'a pas ses propres concitoyens, je pense que c'est la France.
Merci Julien Oudoul, je rappelle que vous êtes député de Lyon et porte-parole du Rassemblement national.
Julien Odoul